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Full text of "Bulletin de l'Institut archéologique liégeois"

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V.   - 


,  LS 


BULLETIN 


DE 


L'INSTITUT    ARCHÉOLOGIQUE 


l.liBOE01S. 


1 
I 


BULLETIN 


DK 


niifi 


Lî  T  TOT  AE  HE 


E 


LIÉGEOIS. 


TOME  IX. 


LiiOB 
IMPRIMERIE  DE  J  -G.  CARMANNE. 


1868 


issr^ 


STATUTS    CONSTITUTIFS 


ART.  I.  —  Une  Société  est  fondée  à  Liège  pour  rechercher, 
rassembler  et  conserver  les  œuvres  d'art  et  les  monuments 
archéologiques,  particulièrement  ceux  de  la  province  et  des 
anciennes  dépendances  du  pays  de  Liège. 

Elle  prend  le  titre  i^lmtiiuX  archéologique  Liégeois  et  corres- 
pond avec  les  Sociétés  savantes,  belges  ou  étrangères,  insti- 
tuées dans  des  vues  analogues. 

Art.  il  —  L'Institut  se  compose  : 

10  De  seize  Membres  eflfectifs  au  moins  et  de  vingt  au  plus  ; 
ils  doivent  être  domiciliés  dans  la  province  ; 

2»  D'un  Président  et  d'un  Vice-Président  honoraires,  à  savoir 
le  Gouverneur  de  la  province  et  le  Bourgmestre  de  la  ville  de 
Liège; 

3»  De  vingt  Membres  honoraires  ; 

4»  De  cinquante  Membres  correspondants  ; 

S""  De  Membres  associés. 

Art.  III.  —  Les  places  vacantes  pour  le  titre  de  Membre 
effectif,  honoraire  ou  correspondant,  seront  mentionnées  sur  les 
convocations  afin  que  l'on  puisse  procéder  aux  présentations 
de  candidats.  Ces  présentations  devront  être  faites  par  écrit  et 
signées  par  trois  membres  effectifs.  L'admission,  décidée  par 
bulletins  secrets  et  à  la  majorité  absolue  des  sufllrages,  aura 
lieu  dans  la  séance  qui  suivra  celle  oti  auront  été  faites  les 


—  6  — 

présentations,  et  dont  elle  devra  être  distante  d'au  moins 
huit  jours. 

La  moitié  au  moins  des  membres  effectifs  existants  devra 
être  présente  pour  pouvoir  procéder  à  l'élection  d'un  membre 
effectif,  et  le  tiers  après  une  seconde  convocation. 

Lorsqu'il  y  aura  lieu  d'augmenter  le  nombre  des  membres 
effectifs ,  conformément  au  §  1  de  l'article  II,  il  faudra  une 
délibération  expresse  de  l'Institut  avant  de  pouvoir  procéder 
à  la  présentation  de  candidats. 

ART.  IV.  —  Les  réunions  ordinaires  ont  lieu  mensuellement, 
sauf  pendant  les  mois  d'août,  septembre  et  octobre.  Le  bureau 
fixe  le  jour  et  l'heure  des  séances. 

Les  membres  effectifs  qui,  dans  le  courant  de  l'année,  n'auront 
pas  payé  leur  cotisation  seront,  après  avertissement,  considérés 
comme  démissionnaires. 

Aucune  résolution  ne  peut  être  prise  si  le  tiers  des  Membres 
effectifs  existants  n'est  présent  à  la  séance. 

Les  Membres  honoraires,  correspondants  ou  associés  peuvent 
assister  aux  séances.  Ils  ont  voix  consultative. 

Toute  discussion  étrangère  au  but  de  l'Institut  est  interdite. 

Les  décisions  sont  prises  à  la  majorité  des  voix.  En  cas  de 
parité,  la  proposition  est  rejetée. 

Sur  la  demande  de  trois  Membres ,  on  procède  au  scrutin 
secret. 

Art.  V.  —  Le  Bureau  se  compose  du  Président,  du  Vice- 
Président,  du  Secrétaire,  du  Conservateur,  du  Bibliothécaire 
et  du  Trésorier. 

Les  fonctions  des  Membres  du  Bureau  sont  annuelles. 
Les  Membres  sortants  sont  rééligibles.  L'élection  a  lieu  dans 
le  courant  du  mois  de  février. 

ART.  VI.  —  Le  Président  veille  à  l'exécution  du  Règlement; 
il  dirige  les  travaux  et  les  discussions  des  réunions. 

En  cas  d'absence  du  Président  et  du  Vice-Président,  le 
Membre  le  plus  âgé  en  remplit  les  fonctions 

Art.  VIL  —  Le  Secrétaire  tient  les  procès-verbaux  des 
séances,  la  correspondance,  etc. 


-  7  — 

Tout  procès-verbal  ou  décision  de  la  Société  est  signé  par  le 
Président  et  par  le  Secrétaire.  Ce  dernier  signe  seul  les  pièces 
qui  n'impliquent  aucune  décision  de  la  Société. 

En  cas  d'empêchement  du  Secrétaire,  ses  fonctions  sont 
remplies  par  un  membre  que  désigne  le  Président. 

Le  Secrétaire  a  la  garde  du  sceau  et  des  archives  de  la 
Société. 

Il  présente  chaque  année,  au  mois  de  janvier,  un  rapport  dé- 
taillé sur  les  travaux  de  l'Institut,  sur  les  acquisitions  faites  et 
sur  les  objets  et  livres  offerts. 

Art.  VIII.  -  Le  Conservateur  a  la  direction  du  Musée 
provincial. 

Il  dresse,  tous  les  ans,  un  inventaire  qui  est  vérifié  et 
approuvé  par  le  Président.  Cet  inventaire  indique  la  provenance 
de  chaque  objet  et  l'époque  de  son  acquisition. 

Pendant  les  trois  mois  de  vacances,  le  conservateur  peut, 
avec  l'assentiment  du  Bureau,  faire  les  acquisitions  qu'il  croira 
utiles. 

Art.  IX.  —  Le  Bibliothécaire  tient  un  catalogue  des  livres 
ofiferts  à  l'Institut  ou  acquis  par  lui. 

Il  rend  compte  chaque  année  des  accroissements  de  la 
bibliothèque. 

Art.  X.  —  Le  Trésorier  est  chargé  des  recettes  et  des 
dépenses. 

Il  n'eff'ectue  de  paîment  que  sur  ordonnance  signée  par  le 
Président  et  par  le  Secrétaire. 

Il  rend  compte  de  sa  gestion  dans  la  séance  du  mois  de  jan- 
vier de  chaque  année. 

Art.  XI.  -  Les  recettes  de  la  société  se  composent  de  la 
cotisation  annuelle  des  Membres  effectifs  et  associés,  et  des 
subventions  à  obtenir  de  l'État,  de  la  Province  et  de  la  Commune. 

La  cotisation  annuelle  des  membres  effectifs  et  des  membres 
associés  est  fixée  provisoirement  à  la  somme  de  dix  firancs, 
payable  chaque  année  dans  le  courant  du  mois  de  janvier. 


—  8  — 

Art.  XII.  —  Les  objets  réunis  par  la  Société  forment  un 
Musée  qui  est  la  propriété  de  la  Province. 

Les  moindres  dons  sont  reçus  avec  reconnaissance.  Le  nom 
du  donateur  est  inscrit  sur  l'objet  offert  et  dans  un  registre 
ouvert  à  cet  effet. 

Les  objets  qui  se  trouvent  en  double  au  Musée  ne  pourront 
être  échangés  qu'après  une  délibération  expresse  de  l'Institut  et 
du  consentement  des  donateurs  (cet  article  ne  s'applique  pas 
aux  monnaies  ni  aux  livres). 

Tout  objet,  même  en  double,  auquel  se  rattache  un  souvenir 
personnel,  ne  pourra  être  échangé. 

La  proposition  d'échange  devra  être  portée  à  Tordre  du  jour 
un  mois  avant  la  délibération,  afin  que  les  membres  puissent 
prendre  connaissance  des  objets. 

Tous  les  Membres  sont  invités  à  faire  hommage  de  leurs  pu- 
blications à  la  Société. 

Art.  XIII.  —  L'Institut  publie  un  recueil  intitulé  Bulletin  de 
rinstitut  archéologique  Liégeois. 

Une  Commission  spéciale,  composée  de  trois  membres,  élus 
à  l'époque  du  renouvellement  du  bureau,  est  chargée  de  tout 
ce  qui  a  rapport  à  la  publication  du  Bulletin. 

Le  Bulletin  est  distribué  à  toutes  les  catégories  de  membres 
de  l'Institut,  aux  institutions  publiques  qui  l'encouragent  et  aux 
compagnies  savantes  avec  lesquelles  l'Institut  entretient  des 
relations. 

Les  auteurs  des  articles  publiés  ont  droit  à  vingt-cinq  tirés  à 
part,  qui  devront  porter  sur  le  titre  cette  mention  :  Extrait  du 
Bulletin  de  flnstitut  archéologique  liégeois.  Ils  sont  du  reste 
autorisés  à  faire  tirer  à  leur  frais  un  nombre  indéterminé 
d'exemplaires. 

Les  tirés  à  part  ne  peuvent  être  distribués  qu'à  dater  du 
jour  de  la  mise  en  vente  de  la  livraison  du  Bulletin  d'où  ils  sont 
extraits. 

Art.  XIV.  —  Le  présent  règlement  ne  pourra  être  changé 
que  sur  la  proposition  écrite  de  cinq  membres  effectifs  ;  toute 


—  9  — 

modification  devra  obtenir  l'assentiment  des  deux  tiers  au 
moins  des  membres  effectifs  existants. 

Après  révision  des  (tisposUians  organiques  des  12  avril  1850,  18 
janvier  18S2  et  il  janvier  1857,  les  présents  stattUs  ont  été  adoptés 
par  t Institut  archéologiquej  réuni  en  assemblée  générale ,  à  liége^ 
le  20  décembre  1867. 

Pour  copie  conforme  : 

Le  Secrétaire ,  Le  Président , 

S.    BORMANS.  Ch.  GRANDGAGNAGE. 


TABLEAU 


DES 


MEMBRES  DE  L'INSTITUT  ARCHÉOLOGIQUE 


PRESIDENX  HOMOilAlltE. 

LE  GOUVERNEUR  DE  LA  PROVINCE  DE  LIÈGE. 

« 

DE  LUESEMANS  (Charles),  0.  $,  ^ ,  (^)  ancien  membre  de 
la  Chambre  des  représentants,  ancien  bourgmestre  de 
Louvain,  etc. 

VIGB-PRBSlDBlVr    HOIVORAIRE. 

LE   BOURGMESTRE   DE  LIÈGE. 

d'ANDRIMONT  (Jules),  conseiller  provincial,  etc. 

BUREAU   DE  LA  SOCIÉTÉ  POUR    1868. 

Président  ^  Ch.  Grandgagnage. 
Vice-Président,  baron  E.  de  Sélys-Longchamps. 
Secrétaire,  S.  Bornans. 
Conservateur-Trésorier,  J.  Alexandre. 
Bibliothécaire,  L.  Fabry-Rossius. 


(*)  Signe  des  décorations  :  ^  Ordre  de  Lëopold  ,  »i<  Croix  de  fer,  "^  Légion 
d'honneur,  ^  Lion  néerlandais. 


—  12  - 


MEMBRES   EFFECriFI». 


ALEXANDRE  (Joseph),  docteur  en  médecine,  etc. 

BORMANS  (J.-H.),  0.  ]gc,  professeur  émérite  à  l'Université  de 
Liège,  membre  de  1* Académie  royale  de  Belgique,  de  la 
commission  royale  d'histoire,  etc. 

BORMANS  (Stanislas),  conservateur-adjoint  des  archives  de 
l'Etat ,  secrétaire  de  la  Société  liégeoise  de  littérature 
wallonne,  etc. 

CAPITAINE  (Félix),  O.  ]g(,  ancien  président  de  la  Chambre  et 
du  Tribunal  de  commerce  de  Liège,  ancien  membre  du 
Conseil  provincial,  etc. 

CAPITAINE  (  Ulysse),  administrateur  du  comptoir  de  la  Banque 
nationale,  membre  du  Conseil  supérieur  d'industrie,  etc. 
Secrétaire  honoraire. 

DEJARDIN  (Adolphe)  capitaine  du  génie,  membre  de  plusieurs 
Sociétés  savantes,  etc. 

DEYROYE  (T.  J.)  ig[,  chanoine  et  grand  chantre  de  la  Cathé- 
drale de  Liège,  vice-président  delà  Commission  provinciale 
des  monuments,  etc. 

DOGNÉE  (Eugène  M.  0.),  3^,  avocat,  conseiller  de  l'Académie 
d'archéologie  de  Belgique,  membres  de  plusieurs  Sociétés 
savantes,  etc. 

FABRY-ROSSIUS  (L.),  agrégé  à  l'Université  de  Liège,  corres- 
pondant de  la  Société  française  pour  la  conservation  des 
monuments  historiques,  etc. 

GRANDGA6NA6E  (Joseph),  G.  0.  ®,  premier  président  de  la 
Cour  d'appel  de  Liège,  membre  de  l'Académie  royale  de 
Belgique,  etc. 

GRANDGAGNAGE  (  Charles  ),  ig[,  ancien  membre  de  la  Chambre 
des  représentants,  président  de  la  Société  liégeoise  de 
littérature  wallonne,  etc. 

HELBIG  (Jules)  peintre,  secrétaire-général  de  la  Société  d'É- 


—  13  — 

mulation  et  de  la  Commission  provinciale  des   monu 
ments,  etc. 

HENROTtE  (Nicolas)  aumônier  de  THÔpital  civil  de  Liège , 
chanoine  honoraire  de  la  Cathédrale,  etc. 

LE  ROY  (Alphonse),  professeur  ordinaire  à  TUniversité  et  à 
rËcole  normale  des  humanités  de  Liège,  etc. 

MAYNZ  (C),  professeur  ordinaire  à  l'Université  de  Liège,  etc. 

D'OTREPPE  DE  BOUVETTK  (Albert),  O.  « ,  conseiller  hono- 
raire à  la  Cour  de  Liège  et  du  Conseil  des  mines,  membre 
de  la  Commission  provinciale  des  monuments,  etc.  Prési- 
dent éChcnneur  à  vie. 

SGHOONBROODT  (J.  6.),  docteur  en  droit,  conservateur  des 
archives  de  l'Etat  à  Liège ,  ancien  membre  du  Conseil 
provincial,  etc. 

DE  SÉLYS-LONGCHAMPS  (baron  Edmond),  %,  sénateur, 
membre  de  l'Académie  royale  de  Belgique,  de  la  Société 
royale  des  sciences  de  Liège,  etc. 

UMÉ  (Godefroid),  architecte,  vice-président  du  Cercle  artis- 
tique et  littérature,  secrétaire  de  la  Société  des  Architectes 
de  la  province  de  Liège,  etc. 


liBIIBRfiS    HOMORAIRBS. 


DE  CAUMONT  (A.),  O.  jJc,  *,  fondateur  et  directeur  de  la 
Société  française  pour  la  conservation  des  monuments  his- 
toriques, etc.,  à  Caen. 

DE  DECKER  (P.)  C.  ®,  ancien  ministre  de  l'intérieur,  ancien 
membre  de  la  Chambre  des  représentants,  membre  de  l'Aca- 
démie royale  de  Belgique,  etc.,  à  Brtixelles. 

GACHARD  (L.-P.),  C.  «,  jJc,  afc,  archiviste-général  du 
royaume,  membre  de  l'Académie  royale  de  Belgique,  secré- 
taire de  la  Commission  royale  d'histoire,  etc.,  àBruxelks. 

DE  GERLACHE  (baron  E.-C),  G.  C.  »,  *,  C.  jJc,  premier  pré- 


—  14  — 

sident  honoraire  de  la  Cour  de  cassation,  président  de  la 
Commission  royale  d'histoire,  etc.,  A  Bruxelles. 

HOFFMANN  (F.-L.)»  homme  de  lettres  et  ancien  censeur,  à 
Hambourg. 

DE  LAFONTAINE  (G.-F.-J.),  ^,  ancien  gouverneur  du  grand- 
duché  de  Luxembourg,  associé  à  l'Académie  royale  de  Bel- 
gique, etc.  y  à  Luxembourg. 

LE  CLERC  (V.),  C.  3^,  doyen  de  la  Faculté  des  lettres  de 
Paris,  membre  de  l'Institut  de  France,  etc  ,  à  Paris. 

LECLERCQ  (M.-N.-J.),  G.  C.  igi,  ancien  ministre  de  la  justice, 
ancien  membre  du  Congrès  national,  procureur  générai 
près  de  la  Cour  de  cassation,  etc.,  à  Bruxelles. 

DE  MERCY-ARGENTEAU  (comte  F.-J.-C.,).  G.  0.  ^,  G.  C.  % 
ancien  chambellan  et  ministre  plénipotentiaire  de  Napoléon 
1«%  ancien  grand  chambellan  du  roi  des  Pays-Bas,  etc. 

PARIS  (Paulin)  s^c,  professeur  au  Collège  de  France,  membre 
de  rinstitut,  etc.,  à  Paris. 

VAN  DEN  PEEREBOOM  (Alphonse),  0.«,  G.  0.  ^,  ancien 
ministre  de  l'intérieur,  président  de  la  Société  archéologique 
d'Ypres  et  de  l'ancienne  West-Flandre,  etc. 

PITRA  (Son  Emin.  le  cardinal  J.-B.),  à  V abbaye  de  Solesmes 
(département  de  la  Sarthe). 

QUETELET  (L.-A.-J.),  G.  0.  *,  0.  jJc,  secrétaire-perpétuel 
de  l'Académie  royale  de  Belgique,  directeur  de  l'Observa- 
toire, etc.,  à  Bnucelles. 

m 

RAIKEM  (S.),  G.  C.  ]g(,  ^.  C.  )$(, ancien  ministre  delà  justice, 
procureur  général  honoraire  près  la  Cour  d'appel  de  Liège, 
etc^àUége. 

R06IER  (Ch.),  G.  C.  ]gc ,  ^,G.  C.  )$(,  membre  de  la  Chambre  des 
représentants,  ancien  membre  du  Gouvernement  provi- 
soire, ancien  ministre,  etc. 

ROULEZ  (J.-E.-G.),  0.  ®,  professeur  d'archéologie  à  l'Uni versité 
de  Gand,  membre  de  l'Académie  royale  de  Belgique ,  de 
l'Institut  de  France,  etc.,  à  Gand. 

DE  WITTE  (J.),  :S(,  )$(,  membre  de  l'Académie  royale  de  Bel- 
gique ,  de  l'Institut  de  France,  de  l'Académie  royale  de 
Berlin,  etc.,  à  Paris. 


-  18  — 


■IBIIBRBS  CORRBSIK>lVDAlirr0. 


B0R6NET  (A.)»  0.  :gc,  professeur  ordinaire  à  FUniversité  de 
Liège,  membre  de  FAcadémie  royale  de  Belgique,  de  la 
Commission  royale  d'histoire,  etc.,  à  Liège, 

B0R6NET  (J.  ),  %,  conservateur  des  archives  de  l'État  à  Namur, 
secrétaire  de  la  Société  archéologique  de  cette  ville,  etc. 

DE  BORMAN  DE  SGHALKHOVEN  (Chevalier  C),  conseiller 
provincial,  membre  correspondant  de  la  Commission  royale 
des  monuments,  etc.,  à  Schalkhoven. 

DE  BUSSCHER  (E.),  ]gc,  secrétaire  de  la  Société  royale  des 
beaux-arts  de  Gand,  de  la  Commission  royale  des  monu- 
ments, etc.,  à  Gand. 

GHALON  (R),  0.  igt,  membre  de  l'Académie  royale  de  Bel- 
gique, président  de  la  Société  royale  de  la  numismatique 
Belge,  etc.,  à  Bruxelles. 

GORBESIER  (  N.  ),  vérificateur  à  l'administration  de  l'Enregis- 
ment  et  des  Domaines,  etc.,  à  liège. 

DE  COSTER  (h.)^A\VQ0iQ\xv&<à\2iRevuedelanumi9mat%quehelge^ 
correspondant  de  la  Société  archéologique  du  Luxem- 
bourg, etc.,  à  Bruxelles. 

DE  CRASSIER  (L.-D.-J.  baron),  0.  ^,  s^c,  conseillera  la  Cour 
de  cassation,  membre  du  conseil  héraldique,  etc.,  à 
Bruxelles. 

DELAHAYE  (A.-J.),  0.  ^,  ancien  ingénieur  en  chef,  directeur 
des  ponts  et  chaussées  de  la  province  de  Li^e,  etc.,  à 
Namur. 

DELHASSE  (F.),  membre  de  la  Société  des  Bibliophiles  lié- 
geois, etc. 

DESNOYERS  (J.),  ^,  bibliothécaire  au  Muséum  d'histoire  na- 
turelle, secrétaire  de  la  Société  d'histoire  de  France,  etc., 
à  Paris. 


—  IO- 
DE THEUX  DE  MONTJARDIN  (chevalier  Xavier),  docteur  en 
droit,  président  de  la  Société  des  Bibliophiles  Belges,  etc., 
à  Bruxelles. 

DE  VILLE-THIRY  (Emile),  membre  de  la  Société  de  géographie 
de  Paris,  etc.,  à  Liège. 

DEYILLERS  (L.)»  conservateur-adjoint  des  archives  du  Hai- 
naut ,  membre  de  la  Société  scientifique  et  président  du 
Cercle  archéologique  de  Mons,  etc.,  à  Mans. 

DIEGERIGK  (J.),  ^,  secrétaire  de  la  Société  historique  de  la 

ville  d'Ypres,  correspondant  de  la  Société  d'Emulation  de 
Liège,  etc.,  à  Ypres. 

FIESS  (J.),  ]S^,  conservateur  de  la  bibliothèque  de  l'Université 
de  Liège,  président  de  la  Société  des  Bibliophiles  Lié- 
geois, etc.,  à  Liège.. 

GROTEFEND,  professeur  à  l'Université  de  Heidelberg,  etc. 

HAGEMÂNS,  ((>.)»  membre  de  la  Chambre  des  représentants, 
vice-président  de  l'Académie  d'archéologie  de  Belgique,etc. , 
à  Bruxelles. 

HELBIG(H.),  secrétaire  de  la  Société  de  l'Espérance,  de  la 
Société  des  bibliophiles  liégeois,  etc.,  à  Liège. 

d'HERIGOURT  (  comte  Achmet),  ^,  vice-président  deTAcad^ 
mie  d'Arras,  membre  de  la  Société  historique  et  littéraire 
de  Tournai,  etc.,  à  Souchez,  près  Arras. 

KAUSLER  (E.-H.),  conseiller  intime,  archiviste  général  du 
royaume  de  Wurtemberg,  à  Stuttgart. 

KEMPENEERS  (A.),  ancien  professeur  de  droit  canon  au 
grand  Séminaire  de  Liège,  etc. 

LAYALLEYE  (E.),  ancien  professeur  d'histoire  et  d'archéologie 
à  l'Académie  des  beaux-arts  de  Liège,  etc.,  à  liège. 

DS  LIMBOURG  (H.),  propriétaire  et  maître  de  forge»,  à  Theux. 

LOUMYER  (N.),  )gc,  chef  de  division  au  ministère  des  affliires 
étrangères. 

MARTIAL  (Ep.  ),  avocat,  membre  de  la  Société  liégeoise  de 
littérature  wallonne,  etc.,  à  liège. 


—  iT  — 

MULLER  (G.),  ]£,  membre  de  la  Chambre  des  reprë&eatants, 
ancien  membre  de  la  Députation  permanente  du  Conseil 
provincial,  etc.,  à  Liège. 

NAMUR  (Â.),  conservateur-secrétaire  de  la  Société  royale  ar- 
chéologique du  Luxembourg,  etc.,  à  Luxembourg. 

NAUTET  (  G.  ),  imprimeur-libraire,  directeur  de  la  Feuille  du 
Dimanche,  à  Venners. 

NEYEN  (Aug.)  membre  fondateur  de  la  Société  royale  archéolo- 
gique du  Luxembourg,  etc.,  à  Wiltz. 

DE  NOUE  (A.  ),  docteur  en  droit,  membre  de  la  Société  d'archéo- 
logie Rhénane,  etc.,  à  Malmédy.     ^ 

PERREAU  (A.),  agent  du  trésor,  président  de  la  Société  scien- 
tifique et  littéraire  du  Limbourg,  etc.,  à  Tongres. 

PETY-DE  ROSEN  (  J.  )  banquier,  membre  de  la  Société  royale  de 
la  numismatique  belge,  etc.,  à  Grum, 

RÉMONT  (J.-E.),  ®,  professeur  d'architecture  et  de  construc- 
tion à  l'Académie  des  beaux-arts,  membre  de  la  Commis- 
sion royale  des  moouments,  etc.,  à  liège. 

RENIER  (J.-S.  ),  peintre  d'histoire,  professeur  h  l'Ecole  indus- 
trielle, etc.,  à  Verviers. 

DE  ROBIANO  (comte  MO»  &»  sénateur,  membre  du  Gonsei 
héraldique,  etc.,  à  Bruxelles. 

m  THIER  (C),  juge  près  le  tribunal  de  première  instance  de 
Liège,  ancien  secrétaire  de  l'Institut,  etc.,  à  Liège. 

VAN  DEN  STEEN  de  JEHAY  (comte  X.  ),  membre  de  la  Société 
royale  de  la  numismatique  belge,  de  la  Société  des  anti- 
quaires de  Picardie,  etc.,  à  Bassines. 

VAN  DER  STRAETEN-PONTHOZ  (comte  F.),  vice-président  de 
la  Société  archéologique  de  la  Moselle,  membre  de  l'Aca- 
démie de  Metz,  etc.,  à  Metz. 

VAN  HULST  (F.),  ®,  avocat,  professeur^ agrégé  à  l'Université 
de  Liège,  ancien  directeur  de  la  Revue  de  Liège,  etc.,  à  Liège. 

VISSCHERS  (A.  ),  0.  Se,  membre  du  Conseil  des  mines  et  de  la 

2 


—  18  — 

Commission  directrice  des  Annales  des  travaux  publics  de 
Belgique^  etc.,  à  Bruxelles. 

WARZËE  (A.),  chef  de  division  au  ministère  des  travaux  pu- 
blics, membres  de  plusieurs  Sociétés  savantes,  etc.,  à  Bru- 
xelles. 

WURTH-PAQUET  (F.-X.),  an,ancien  ministre  de  la  justice,  ancien 
président  de  la  Société  royale  archéologique  du  Luxem- 
bourg, etc.,  à  Luxembourg. 

ZOFPL  (H.),  professeur  de  droit  à  l'Université  de  Heidelberg, 
conseiller  du  grand  duc  de  Bade,  etc. 


MEMBRES    ASSOCIÉS. 

ANGENOT  (F.),  chef  de  division  au  gouvernement  provincial. 

BURY  (Auguste),  avocat. 

GAUMARTIN  (L.),  homme  de  lettres. 

DEBRUN  (G.-L.-E.),  juge-de-paix,  à  Waremme. 

DEJARDIN  (L.  ),  docteur  en  médecine. 

DELEXHY  (M.-B.-J.),  ancien  conseiller  provincial. 

DOREYE  (L.-A.-J.),  0.  ]g[,  président  à  la  Gour  de  Liège. 

DUMONT(B.-A.),  ®,  notaire. 

FALISSE  (L.),  industriel  et  consul  de  Russie. 

FICK-SIMON,  conseiller  communal. 

FORGEUR  (Joseph),  G.  0  ®,  avocat  et  sénateur. 

FRANKINET (T.),  avocat. 

GLOESENER  (M.),  0.  ®,  professeur  émérite  à  l'Université. 

DE  GOER  DE  SPIRLET  (baron),  propriétaire. 

DE  HEMRIGOURT  de  GRUNE  (comte  Arthur),  docteur  en  droit. 

HENNEBERT  (Armand),  ingénieur. 

LEQUARRË  (Nicolas),  professeur  d'histoire  à  l'Athénée  royal. 

DE  LOOZ-CORSWAREM  (comte  H.),  sénateur. 


—  19  — 

NOPPIUS  (Lambert),  architecte  provincial. 
D'OTREPPE  (Frédéric),  0.  )$«,  propriétaire, 
d'OTREPPE  (Adolphe),  propriétaire. 

RICHARD-LAMARCHE,  <H.),«.  *,  propriétaire. 

DE  ROSSIUS-ORFAN  (C) ,  C.  ®  ,  jjc ,  Président  de  la  Société 
d'Emulation. 

DE  LA  ROUSSELIÈRE  (baron  Gaston),  propriétaire. 

THIMISTER  (Olivier),  chanoine  honoraire  de  la  Cathédrale. 

DE  TOMBAY  (Fr.  Jos.),  sculpteur. 

WAUTERS-CLOES  (Hyac),  propriétaire. 

WHETNALL  (baron  Ed.),  secrétaire  délégation. 

Membres  décèdes  depuis  la  fondation  de  Mnstltut  (1850-1868). 

DAVREUX  (Charles),  ®,  agrégé  à  l'Université,  ancien  profes- 
seur à  rÉcole  industrielle  de  Liège,  membre  de  la  Commis- 
sion administrative  des  Hospices,  secrétaire  de  la  Commis- 
sion médicale  provinciale,  membre  de  TAcadémie  royale  de 
médecine,  etc.,  né  à  Liège  le  10  septembre  1800,  décédé  en 
cette  ville  le  11  avril  1863. 

DUVIVIER  (Chevalier  Charles),  i»,  *,  curé  de  St-Jean , 
aumônier  général  des  décorés  de  la  Croix  de  fer,  ancien 
professeur  au  petit  Séminaire  de  Liège,  correspondant  de 
l'Académie  impériale  de  Mâcon,  des  Sociétés  philotechnique 
de  Paris,  d'Émulation  d'Abbeville,  de  Cambray,  etc.  ;  né  à 
Liège  en  1799,  décédé  en  cette  ville,  le  1*'  féviier  1863. 

HOCK  (Félix)  capitaine  pensionné,  trésorier  de  l'Institut  ar- 
chéologique et  conservateur-adjoint  du  Musée,  né  à  Liège 
en  1807,  décédé  en  cette  ville  le  3  mai  1867. 

HOUBOTTE  (Jacques),  ®,  ingénieur  en  chef,  directeur  des 
ponts  et  chaussées  de  la  province  de  Liège,  né  à  Liège  en 
1813,  décédé  à  Sclessin  le  5  avril  1867. 


—  ao 


MEMBRE»    HOlVORAmES. 


DE  BEAUFORT  (comte  A.-L.-L.),  C.  ®,  0.  >^,  inspecteur  gé- 
néral des  beaux-arts,  président  de  la  Commission  royale 
des  monuments,  membre  du  Conseil  héraldique,  du  Conseil 
d'administration  de  la  Bibliothèque  royale  et  du  Musée 
royal  de  peinture  de  Bruxelles  ;  né  à  Tournai  en  1806, 
décédé  à  Bruxelles,  le  29  juillet  1858. 

BOUCHER  DE  PERTHES  (  J.),  0.  yf^.  Président  de  la  Société 
impériale  d'Émulation  d'Abbeville,  etc.,  né  vers  1786, 
décédé  en  juillet  1868. 

DE  RAM  (P.-F.-X.),  0.  )gc,  recteur  magnifique  de  l'Université 
de  Louvain,  membre  des  Académies  royales  de  Belgique  et 
de  Munich,  de  la  Commission  royale  d'histoire,  de  l'Aca- 
démie théologique  et  de  l'Académie  de  la  religion  de 
Rome,  etc.  ;  né  en  1804,  à  Louvain,  décédé  en  cette  ville  le 
14  mai  1865. 

SCHAYES  (A  -G.-B.  ),  ®,  conservateur  du  Musée  royal  d'ar- 
mures et  d'artillerie,  membre  de  l'Académie  royale  de 
Bruxelles,  des  Académies  d'archéologie  de  Belgique  et 
d'Espagne,  des  Sociétés  archéologiques,  et  historiques 
d'Utrecht ,  Leyde ,  Trêves ,  de  la  Morinie ,  du  Luxem- 
bourg, etc.  ;  né  à  Louvain  en  1808,  décédé  à  Ixelles  le 
8  janvier  1859. 

DE  STASSART  (baron  G.-J.-A.),  G.  0.  ®,  ^,  G.  0.  >8r,  envoyé 
extraordinaire  et  ministre  plénipotentiaire ,  chambellan  de 
S.  M.  l'empereur  d'Autriche,  gouverneur  des  provinces  de 
Namur  et  de  Brabant ,  président  du  Sénat,  membre  de  l'A- 
cadémie royale  de  Belgique,  de  l'Institut  de  France,  etc.  ; 
né  à  Malines  en  1780,  décédé  à  Bruxelles  le  10  octobre  1854. 

WARNKOENIG  (L.-A.  ),  «,  conseiller  intime  de  S.  M.  le  Roi  de 
Wurtemberg,  ancien  professeur  aux  Universités  de  Liège, 
de  Louvain,  de  Gand,  de  Fribourg  et  de  Tubingue,  etc.,  né 
en  1794,  décédé  à  Stuttgart  le  19  août  1866. 


—  21  - 


:IIBIIBHK9    GORRESPOIVDA1IIX8. 


BÂILLEUX  (Fr.),  avocat,  conseiller  provincial,  secrétaire  de 
la  Société  liégeoise  de  littérature  wallonne,  etc.  ;  né  à  Liège 
en  1817,  décédé  en  cette  ville  le  24  janvier  1866. 

BARON  (A.-A.),  0.  ®,  ^,  professeur  émérite  à  l'Université  de 
Liège,  membre  de  l'Académie  royale  de  Belgique,  ancien 
professeur  à  l'Université  libre  et  à  TÉcole  militaire  de 
Bruxelles,  ancien  préfet  des  Études  de  TAthénée  de  cette 
ville  ;  né  à  Paris  en  1794,  décédé  à  Ans-et-Glain  le  24 
mars  1862. 

CARTON  (C.-L.),  ®,  chanoine  de  la  Cathédrale  et  directeur 
de  rinstitut  des  Sourds-Muets  et  des  Aveugles  de  Bruges, 
membre  de  l'Académie  royale  de  Belgique,  président  de 
la  Société  d'Émulation  de  Bruges,  etc.  ;  né  à  à  Pitthem  en 
1802,  décédé  à  Bruges  le  8  mars  1863. 

DE  CLOSSET  (Léon  -,  ®,  professeur  ordinaire  à  l'Université  de 
Liège,  ancien  précepteur  des  fils  de  Léopold  P^;  né  à  Liège 
en  1827,  décédé  en  cette  ville  le  31  août  1866. 

COMHAIRE  DE  SPRIMONT  (baron  C.-V.),  ancien  membre  du 
Conseil  provincial  de  Liège,  de  la  Société  de  numismatique 
belge,  etc.;  né  h  Liège  en  1817,  décédé  à  Bruges  le  6 
mars  1861. 

DELVAUX  (H.-J.-B.),  géomètre-apenteur,  ancien  bourgmestre 
de  Fouron  le-Comte,  auteur  du  Dktionnaire  géographique 
de  la  province  de  Liège  ;  né  en  1796  à  Fouron-le-Gomte, 
décédé  le  22  avril  1888. 

DE  SAINT-GENOIS  (baron  Jules),  ®,  conservateur  de  la  Bi- 
bliothèque de  l'Université  de  Gand,  membre  de  l'Académie 
royale  de  Belgique,  de  la  Commission  des  monuments , 
directeur  de  la  commission  directrice  de  la  Biographie  na- 
tionale; né  à  Lennick  (Brabant)  en  1813,  décédé  à  Royghera 
(Gand)  le  10  septembre  1867. 

DEWANDRE  (H),  0.  ^,  avocat,  ancien  membre  du  Congrès 


-  22  - 

national,  ancien  bâtonnier,  président  de  la  Société  libre 
d'Émulation,  membre  de  la  commission  administrative  du 
Conservatoire  royal  de  Liège,  de  la  commission  provinciale 
des  monuments,  etc.  ;  né  à  Liège  en  1790,  décédé  en  cette 
ville  le  30  septembre  1862. 

DINâUX  (Arthur),  )^,  directeur  des  Archives  historiques  du 
Nord  de  la  France  et  du  midi  de  la  Belgique,  membre  corres- 
pondant  de  TAcadémie  des  Inscriptions  ,  de  la  Société  des 
Antiquaires  de  France,  etc.  ;  né  à  Valenciennes  en  1798, 
décédé  à  Montalaire  (Oise)  le  15  mai  1864. 

KERSTEN  (Pierre),  ®,  directeur-propriétaire  dix  Jourtial  his- 
torique et  littéraire ,  ancien  professeur  à  l'Athénée  de 
Maestricht;  né  à  Maestricht  en  1789,  décédé  à  Liège,  le 
3  janvier  1868. 

LIBERT  (Harie-Amie),  botaniste  et  archéologue,  membre  de  la 
Société  Linnéenne  de  Paris,  de  la  Société  des  antiquaires 
du  Rhin,  etc.;  née  à  Malmedy  en  1782,  décédée  en  cette 
ville  le  13  janvier  1868. 

MATERNE  (J.-F.-C),  C.  ^,  ►!<,  C.  jjc ,  envoyé  extraordinaire 
et  ministre  plénipotentiaire,  secrétaire-général  du  Ministère 
des  affaires  étrangères;  né  à  Uuy  en  1807,  décédé  à 
Schaerbeck,  le  18  avril  1860. 

MOTTIN  (P.-B.),  archéologue,  échevin  et  secrétaire  deHannut; 
né  à  Hannut  en  1794,  décédé  le  30  juillet  1889. 

DE RENESSE-BREIDBACH  (comte  L.-J.),  0.  ®,  vice-président 
du  Sénat,  membre  de  la  Société  royale  de  la  numismatique 
belge,  etc.  ;  né  en  1797,  décédé  à  Bruxelles  le  28  mars  1863. 

DE  REUME  (Auguste),  ^,  major  d'artillerie,  membre  des  Aca- 
démies de  Besançon  et  de  Bordeaux,  de  la  Société  histo- 
rique d'Utrecht,  etc.;  né  à  Maestricht  en  1807,  décédé  à 
Bruxelles  le  2  juillet  1868. 


>î«<o* 


LE  TOMBEAU  DE  REGINARD 


ÉVÈQUE  DE  LIÈGE. 


Reginard,  que  l'on  croit  issu  de  la  maison  de  Bavière,  succéda 
en  1024  à  Durand  sur  le  trône  épiscopal  de  Liège.  L'abbé  Rupert 
et  Cilles  d'Orval  ont  écrit  qu'il  acheta  l'évéché  à  l'Empereur  ; 
mais  dans  une  savante  dissertation  écrite  sur  ce  sujet,  le  doyen 
Devaux  a  pleinement  justifié  Reginard  de  cette  accusation. 

Quoiqu'il  en  soit,  le  nouvel  évêque  administra  le  diocèse  et 
gouverna  la  principauté  naissante  avec  beaucoup  de  zèle  et  de 
sagesse.  Une  grande  disette  jointe  au  fléau  de  la  guerre  ayant 
affligé  le  pays,  les  pauvres  accoururent  de  toutes  parts  à  Liège 
pour  implorer  des  secours  et  échapper  aux  horreurs  de  la  faim. 
L'évéque  en  nourrit  à  lui  seul  jusqu'à  trois  cents  par  jours 
et  répartit  les  autres  dans  les  villes  de  Huy,  Dinant  et  Fosses. 

La  violence  des  esLUt  ayant  enlevé  le  pont  construit  sur  la 
Meuse,  Reginard  le  fit  reconstruire  en  pierres,et  en  même  temps 
exhausser  les  rues  de  la  ville.  Il  fit  élever  une  église  à  St-Nicolas 
évêque  de  Myre,  fonda  les  paroisses  de  St-Martin  en  Isle  et  de 
Si-Nicolas  aux  Mouches  et  augmenta  le  chapitre  de  St-Barthe- 
lemy  de  douze  prébendes. 

A  cette  époque  le  monastère  de  St-Laurent  était  réduit  à  une 
extrême  pauvreté.  Reginard  le  prit  sous  sa  protection,  agrandit 
les  bâtiments  et  y  fit  construire  une  église  spacieuse  qui  fut 


24  - 


consacrée  avec  beaucoup  de  solennité  le  3  novembre  1034  par 
Pelegrin,  archevêque  de  Cologne,  assisté  de  Févêque  Jean,  légat 
du  pape. 

A  la  mort  de  Reginard  les  religieux  de  St-Laurent  réclamèrent 
les  dépouilles  mortelles  de  leur  bienfaiteur  et  lui  accordèrent 
la  sépulture  dans  Téglise  même  qu'il  avait  fait  édifier.  Ce 
tombeau  était  situé  dans  le  chœur,  devant  les  degrés  du  maître 
autel  ;  il  portait  pour  épilaphe  les  vers  suivants  : 

Huic  domus,  hœc  judeXy  liœc  ejus  tota  suppelleXj 

Nec  minor  judicio  cultus  episcopio. 
Tollitur  hic  vonis  perfuncta  sorte  decembris. 
Par  et  ei  introitus  par  erat  et  reditus. 
Àtmo  Domini  MXXXVl,  obiit  dominm  Reginardus  venerabUis 

Leodiensis  episcopus. 

Vers  le  milieu  du  douzième  siècle  Everlin  de  Fooz,  abbé  de 
S.  Laurent  (élu  en  août  1181,  mort  le  21  décembre  1182)  crut 
remplir  un  devoir  de  piété  et  de  reconnaissance  en  ornant  cette 
tombe  des  vers  suivants  qui  étaient  incrustés  en  lettres  d'or  : 

FloSy  decus,  ecclesiœ  pi^œsul,  speculumque  sophiœ 
Hic,  ReginardCy  jaces,  corpore  jam  cinis  es. 

Nos  quia  frumenti  satias  pingueditie  duki, 
Paseua  sint  cœli  centuplicata  tibi. 

Te  rapit  a  tenebris  mundi  lux  quinta  decembris^ 
Splendeat  in  requie^  sol  tibi  justitiœ.  Amen  (0- 

Cinq  siècles  s'étaient  écoulés  depuis  et  le  tombeau  de  Regi- 
nard avait  échappé  aux  vicissitudes  et  aux  ravages  du  temps, 
lorsque  le  prince  d'Orange  à  la  tète  de  ses  troupes  vint  camper 


(')  Historia  imignis  mmasterii  S.  Laurentii,  dans  l'Ampli ss.  coUectio,  t.  IV, 

p.  ioeis. 


—  M  — 

ato  faobourg  de  Ste-Walburge  le  28  octobre  de  Tan  1568.  Il 
avait  déjà  par(M)oru  la  principauté  semant  le  pillage  et  Tincendie 
dans  les  abbayes  et  les  édifices  religieux.  Liège  avec  ses  nom- 
breuses églises  et  les  richesses  qu'elles  renfermaient»  était  une 
proie  bien  propre  à  tenter  la  cupidité  des  farouches  novateurs. 
Le  prince  d'Orange  songeait,  disait-on,  à  surprendre  la  ville 
lorsqu'il  sollicita  du  Magistrat  la  liberté  de  la  traverser  avec  ses 
troupes.  Mais  les  Liégeois,  après  lui  avoir  opposé  un  refus 
formel,  avaient  pris  les  armes  et  défendaient  leurs  remparts 
avec  courage.  Le  prince,  pour  se  venger  de  cet  échec,  mit  le  feu 
à  l'abbaye  et  à  l'église  de  S.  Laurent.  Langius,  auteur  contem- 
porain, décrit  ainsi  cet  événement  : 

«  L'abbaye  de  St-Laurent  ne  put  échapper  à  la  furieuse  rage 
»  des  Huguenots  lorsque,  faisant  mine  d'assiéger  la  cité  du 
»  costé  de  Hasbain  sous  la  conduite  du  Prince  d'Orange  l'an 
i>  1568,  ils  prindrent  une  honteuse  fuite  talonnés  par  le  duc 
»  d'Albe.  Et  prenant  vengeance  sur  les  lieux  sacrés  ils  mirent 
»  le  feu  au  beau  monastère  de  St-Laurent  le  4  de  novembre. 
»  L'église  fut  entièrement  brûlée  sans  qu'ordre  se  put  mettre  à 
»  la  véhémence  du  feu,  à  cause  de  l'écoulement  du  plomb  dont 
9  la  voûte,  la  nef  et  la  tour  étaient  couvertes.  Puis  la  flamme 
»  glissant  de  lieu  en  lieu  consuma  une  grande  partie  de  la  mai- 
»  son,  restant  seulement  les  murs  droits. 

»  La  dite  maison  se  va  reparant  journellement  et  se  réduisant 
»  en  sa  première  beauté.  L'église  aussi  petit  à  petit  se  remet  en 
»  ordre.  La  diminution  des  revenus,  suite  des  malheurs  du 
»  temps,  ne  permet  d'achever  de  sitôt  l'œuvre  commencée,  v 

Le  tombeau  de  Reginard  enveloppé  dans  ce  désastre  était 
sans  doute  fort  mutilé  ;  Tannée  suivante  1569,  le  19  février,  on 
en  fit  l'ouverture.  On  trouva  le  corps  de  l'évéque  entier  avec  ses 
habits  pontificaux,  la  crosse  et  un  calice  d'argent  sur  lequel  la 
rouille  n'avait  presque  pas  exercé  ses  ravages.  Ces  objets 
remarquables  étaient  accompagnés  d'une  lame  de  plomb  sur 
laquelle  on  lisait  l'inscription  suivante  : 


—  26  - 

EGO  REGINARDVS  LEODIENSIS  EPISCOPUS  EXCESSI 
DE  VITA  ANNO  AB  INCARNATIONE  DOMINI  MILLESIMO 
TRIGESIMO  OGTAVO,  INDICT.  QVINTA,  NONIS  DEGEMBR. 
ET  SEPVLTVS  SUM  IN  BASILICA  S.  LAURENTII,  QVAM, 
ADJUVANTE  DEC,  CONSTRVXI  (i). 

Ge  ne  fut  qu'en  1 604  que  le  tombeau  fut  rétabli  par  les  soins 
de  l'abbé  de  Lonchin. 

Lorsque  nous  nous  sommes  rendus  à  Gharleville  pour  dessi- 
ner les  tombes  liégeoises,  conservées  avec  soin  dans  le  parc  de 
M.  Roulé,  juge  au  tribunal  de  cette  dite  ville,  nous  avons  trouvé 
celle  de  Reginard  dépouillée  d'inscription  funéraire.  De  là  les 
conjectures  que  nous  avons  hasardées  dans  le  Bulletin  de  Fins- 
tiiut  archéologique  Liégeois  tome  VI,  p.  65,  avec  planches),  pour 
découvrir  le  nom  du  personnage  qui  s'y  trouvait  représenté. 

Depuis,  nos  doutes  ont  été  entièrement  dissipés  par  une  dé- 
couverte faite  par  M.  le  chanoine  Henrotte.  Tout  en  poursuivant 
avec  le  zèle  le  plus  louable  ses  laborieuses  recherches  sur  les 
tombes  de  notre  ancienne  principauté,  M.  Henrotte  vient  de 
rencontrer  sur  un  dessin  fait  par  le  héraut  d'armes  Van  denBerg 
l'inscription  dont  était  entourée  la  magnifique  tombe  dont 
nous  nous  étions  occupé;  celle  inscription  qui  l'entoure  a 
dû  être  gravée  sur  une  bordure  séparée  de  la  pierre  tombale  et 
aura  été  perdue  ou  abandonnée  lors  du  premier  déplacement. 
Comme  preuve  évidente  de  rapport  qui  existe  entre  le  monument 
et  la  bordure  qui  le  complétait  on  remarquera  le  nom  du  sculp- 
teur, Martin  Fiacre,  répélé  sur  les  deux  objets  ;  voici  la  lettre 
et  la  forme  du  second  : 

(  f  )  Fisen,  Historia^  pars.  I,  p.  i80. 


—  27  — 


R.  D.  OGERVS  DE  LONCHIN  ABBAS  38. 


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—  28  — 

Cette  iuscription  fait  descendre  Reginard  des  ducs  de  Bavière 
mais  cette  opinion  ne  repose,  jusqu'à  ce  jour,  sur  aucune  auto- 
rité solide.  Nous  ferons  encore  remarquer  que  la  date  de  la 
mort  de  Févêque  est  indiquée  de  deux  manières  :  la  lame  de 
plomb  dont  nous  avons  fait  mention  ci-dessus  et  Lambert  le 
Petit  donnent  Tannée  1038,  tandis  que  Gilles  d'Orval  et  Tinscrip- 
tion  de  Tabbé  Lonchin  rapportent  la  mort  de  Reginard  à 
Tannée  1036. 

En  179S,  époque  fatale  pour  nos  monuments,  la  pierre  sépul- 
chrale  de  Reginard  ne  put  échapper  aux  investigations  des 
vandales  modernes  qui  dévalisaient  notre  patrie.  Elle  fut  enlevée 
de  l'église  S.  Laurent  et  déposée  provisoirement  à  St-Denis,  à 
Liège,  ainsi  que  celle  de  Tabbé  Cromois  pour  être  expédiées  à 
Paris. 

Pour  établir  les  frais  de  transport,  on  évalua  le  poids  qui  fut 
trouvé  être,  pour  chacune  de  ces  pierres,  de  10,000  livres  (i). 

A  ces  renseignements  qui  nous  sont  communiqués  avec  tant 
de  bienveillance,  nous  ajouterons  que,  suivant  Tobservatioa 
d'un  de  nos  honorables  collègues,  les  mots  grecs  de  la  tombe 
de  Reginard  pourraient  bien  se  lire  : 

AicOBAEitE    TEAOZ    (respice  finam) 

Le  sculpteur  aurait  fait  un  A  du  premier  a  6t,  renversant  la 
lettre,  aurait  transformé  le  s  en  N. 

(  1  )  Notices  tur  les  égliset  du  diocèse  de  Uége,  par  Jos.  Daris,  1. 1 . 


NOTICE    HISTORIQUE 


SUR 


GRAND-LOOZ. 


ÉGLISE    DE    GRAND-LOOZ. 

Le  territoire  de  Grand-Looz  était,  à  Torigine,  compris  dans  la 
circonscription  de  la  paroisse  de  Looz.  Il  en  fut  démembré  et 
érigé  en  paroisse  distincte  déjà  avant  Fan  1875.  Dans  l'acte  de 
démembrement,  l'évéque  avait  réservé  au  curé  de  Looz  le  droH 
de  conférer  la  cure  de  Grand-Looz  et  d'administrer  aux  pa- 
roissiens les  sacrements  de  baptême  et  d'cxtréme-onction  et  le 
S.  Viatique,  ainsi  que  le  droit  de  célébrer  leurs  obsèques.  II  est 
même  probable  que  l'évéque  avait  maintenu  l'obligation'  qui 
incombait  aux  habitants  de  Grand-Looz  de  contribuer  aux 
réparations  de  Téglise  de  Looz. 

L'église  était  dédiée  à  S.  Servais.  Elle  ne  comprenait  aucun 
bénéfice  simple.  La  cure  était  peu  dotée  et  n'avait  pas  de  pres- 
bytère. Aussi  avant  le  XIX«  siècle  aucun  curé  de  Grand-Looz 
n'y  a  habité.  La  plupart  des  titulaires  étaient  en  même  temps 
chanoines  ou  bénéficiers  à  Looz  où  ils  résidaient.  Les  dimanches 
et  jours  de  fête,  ils  se  rendaient  à  leur  paroisse  pour  y  remplir 
leurs  devoirs. 


-  30  — 

Jean  Dickere  est  le  plus  ancien  curé  connu.  On  le  trouve 
cité  à  Fan  1397. 

Math  1  AS  Boes  cité  en  1477. 

Jean  Expalude  (Uyttenbroek)  mourut  en  1846.  Il  était  chanoine 
jubilaire  du  chapitre  de  Looz. 

Raes  Huberti  obtint  la  cure  en  1S16  et  le  bénéfice  de  la 
S*^  Trinité  dans  l'église  de  Looz  en  1827.  Il  résigna  la  cure 
avant  1839  et  mourut  en  1842. 

Lambert  de  Cellis  cité  en  1839. 

Guillaume  Van  Entbroeck  nommé  curé  en  1842,  résigna  la 
cure  en  1849. 

Guillaume  Van  Alken,  qui  avait  obtenu  en  1836  le  bénéfice 
de  tous  les  saints  dans  l'église  de  Looz,  obtint  la  cure  de  Grand- 
Looz  en  1849.  Il  résigna  la  cure  après  1866  et  mourut  à  Looz 
en  1879. 

Gaspar  Pétri  de  Houpertingen  mourut  curé  de  Grand-Looz 
en  1879  et  eut  pour  successeur  : 

Jean  Strauven,  maitre-ès-arts. 

Arnold  Pulixx  cité  en  1889. 

Guillaume  Egidii  (Gielkens  ou  Gielis)  est  cité  curé  de  Grand- 
Looz  en  1896. 

Pierre  Hassart,  chanoine  de  Looz,  fut  nommé  curé  en  1602. 

Lambert  Cell  cité  en  1611. 

Arnold  Trekels,  chanoine-chantre  à  Looz ,  était  curé  de 
Grand-Looz  en  1613,  quand  l'archidiacre  en  fit  la  visite. La  mense 

des  pauvres  possédait  à  cette  époque  un  revenu  de  8  muids 
d'épeautre.  Le  curé  mourut  en  1644  et  eut  pour  successeur  : 

Jean  Van  Entbroeck;  né  à  Looz  de  Conrard  Van  Entbroeck,  il 
y  reçut  le  13  septembre  1628  la  tonsure  du  Nonce  Pierre  Louis 


—  31  — 

Caraffa.  Il  fit  ses  études  à  rUniversité  de  Cologne  et  obtint  en 
1641  uu  co-canonicat  dans  Téglise  de  Looz. 

Corneille  Loeffelt  était  curé  de  Grand-Looz ,  quand  Tarchi- 
diacre  en  fit  la  visite  en  1658.  Celui-ci  trouva  le  mobilier  de 
relise  dans  un  état  satisfaisant,  mais  l'église  elle-même  avait 
besoin  de  réparations.  Au  mattre-autel,  il  y  avait  un  assez  beau 
tableau.  La  population  de  la  paroisse  était  de  90  communiants. 
Les  revenus  de  la  cure  ne  montaient  qu*à  cent  mesures  de 
seigles  dont  la  moitié  était  absorbée  par  les  taxes  royales.  La 
fabrique  avait  un  revenu  de  20  mesures  de  seigle  et  la  mense 
des  pauvres  possédait  six  à  sept  muids  de  seigle,  mais  au  té- 
moignage du  curé,  la  communauté  avait  engagé  quelques  terres 
de  la  mense  pour  payer  les  contributions  militaires.  Martin 
Tercaefs  en  était  le  mambour.  Les  comptes  se  rendaient  devant 
le  curé  et  la  communauté.  Ce  fut  sous  le  curé  Corneille 
Loefiëlt,  avant  l'année  1712,  que  les  sœurs  Marie  et  Elisabeth 
Copis  léguèrent  un  capital  de  SOO  florins  pour  la  fondation 
d'une  messe  quindenale  en  l'honneur  du  S.  Sacrement. 

Le  curé  était  en  même  temps  recteur  du  bénéfice  de  S.  André 
k  Looz.  Il  mourut  en  1712. 

Arnold-Henri  De  Roest,  de  1712  à  1724. 

Louis  de  Robst  naquit  à  Looz  de  Frédéric  de  Roest,  mayeur 
de  la  Cour  et  lieutenant-drossard  du  district.  Il  obtint  en  1712 
le  bénéfice  de  S.  Eloi  dans  l'église  de  Looz  et  le  20  mai  1724  la 
cure  de  Grand-Looz.  Il  mourut  à  Looz  le  1  août  1741. 

Jean  Hubert  Van  Herck  de  Looz  était  recteur  du  bénéfice  de 
S.  Odulphe  à  Looz  et  curé  de  Grand-Looz.  Après  avoir  résigné 
ces  deux  bénéfices  en  faveur  de  son  neveu,  il  mourut  à  Looz  le 
14  février  1784. 

Hubert  Van  Herck  naquit  à  Looz  le  20  janvier  1751.  Pendant 
la  révolution  française,  il  prêta  le  23  octobre  1797  le  serment  de 
haine  à  la  royauté.  Mais  il  le  rétracta  publiquement,  dès  qu'il  sut 


—  82  ~ 

qu'il  était  illicite.  Il  administra  sa  paroisse,  tout  en  résidant  à 
Looz,  jusqu'au  24  janvier  1831,  jour  de  sa  mort. 

N.  Strybos,  1832-1839. 

M.  Glaessbns  de  Rotbem,  1839-1 8S1. 

J.  J.  BoRMANS,  1851-1864. 

J.  N.  Ltbaers  de  Pael,  1864. 


IL 


COMMUNAUTÉ  DE  GRAND-LOOZ. 


Le  nom  primitif  du  village  était  Niel-S, -Servais,  Hous  ignorons 
à  quelle  époque  on  a  commencé  à  l'appeler  Grootloon^  Grand- 
Looz.  Niel  était  une  seigneurie  du  chapitre  de  S.  Servais  à 
Maestricht.  La  justice  y  était  rendue  par  une  Cour  dont  les 
raayeur,  échevins  et  greffier  étaient  nommés  par  ce  chapitre. 

L'église  de  S.  Servais  possédait,  déjà  à  une  époque  très- 
ancienne  ,  les  seigneuries  ou  villages  de  Niel-S.-Setvais , 
Tweebergen,  Vlytingen,  Hees,  Mechelen-Sur-Meuse^  Zepperen, 
Coninxiieim,  Sluse,  Heer-et-Keer,  Berg  et  Berneauw.  Ils  sont 
connus  sous  le  nom  des  onze  bancs  de  S.  Servais  On  les  trouve 
énumérés  dans  la  bulle  du  31  mars  1139,  par  laquelle  le  Pape 
Innocent  II  confirme  toutes  les  possessions  de  l'église  de 
S.  Servais. 

Ces  villages  suivirent  naturellement  le  sort  ou  l'état  de 
l'église  de  S.  Servais  sous  le  rapport  de  la  souveraineté  à 
laquelle  elle  était  soumise.  Il  n'est  pas  sans  intérêt  d'en  dire 
ici  un  mot. 

L'Empereur  Henri  IV  affranchit,  par  son  diplôme  de  1087, 
l'église  de  S.  Servais  de  tout  pouvoir  d'un  souverain  subalterne 
et  la  déclara  libre  et  impériale,  ne  reconnaissant  au-dessus 


-S3- 

d'elle  que  rautoriié  de  FEmpereur  ;  il  annexa  la  prévôté  à  la 
dignité  de  chancelier  de  FEmpereur  et  se  réserva  ainsi  qu'à  ses 
successeurs  Favoueriede  l'église.  (Mirœus  IV.  186.) 

Le  roi  des  Romains,  Henri  V,  confirma  en  H09  les  anciennes 
exemptions  et  privilèges  dont  jouissait  Féglise  de  S.  Servais 
avec  ses  biens  et  ses  personnes  ;  il  déclare,  entre  autres,  que 
les  mayeurs,  échevins  et  autres  fonctionnaires  des  villages  de 
Féglise,  ainsi  que  ceux  de  Féglise  même,  sont  exempts  des  tri- 
bunaux tant  de  la  ville  que  du  dehors,  et  que,  s*il  s'élève  de 
justes  réclamations  contre  eux,  il  y  sera  satisfait  par  la  Cour  de 
Féglise.  (Mirœus  IV.  190). 

Les  villages  de  Vlytingen,  de  Niel-S. -Servais,  de  Cminxheim 
et  de  Mechelen  étaient  situés  au  comté  de  Looz.  Le  comte 
Louis  I  s'arrogeait  certains  droits  soit  de  suzerain  soit  d'avoué 
sur  ces  villages,  principalement  sur  celui  de  Vlylingen,  dont  il 
contraignit  les  habitants  à  se  présenter  chaque  année  aux  trois 
plaids  généraux  qu'il  tenait  à  Dulcebergh.  Le  chapitre  de 
S.  Servais  en  fit  des  plaintes.  Le  roi  des  romains,  Conrard  II, 
déclara  en  1146  que  le  comte  de  Looz  n'avait  aucun  droit  soit 
de  suzerain  soit  d'avoué  à  exercer  sur  ces  villages  qui  ne 
reconnaissaient  d'autres  supérieurs  que  Féglise  de  S.  Servais  et 
l'Empereur.  (Mirœus  IV.  20:i) 

Cet  étal  d'indépendance  fut  modifié  en  1204.  L'Empire  étaft 
alors  disputé  entre  Olhon  IV  et  Philippe  II.  Celui-ci,  pour 
gagner  le  duc  de  Brabant  à  son  parti ,  lui  fit  de  grandes 
largesses  à  la  Diète  de  Coblence,  le  22  nov.  1204  ;  il  lui  donna 
en  flef  la  ville  de  Maestricht  avec  ses  justices  et  ses  dépendances 
situées  tant  en  ville  qu'au  dehors,  ainsi  que  Féglise  de  S.  Ser- 
vais avec  tous  ses  droits  de  ta  même  manière  qu'elle  avait 
appartenu  à  ses  prédécesseurs  les  empereurs  Henri  et  Frédéric  : 
ce  coficedimus  ei  et  hœredibus  suis  in  feudum  dvitatem  Trajectensem 
cum  omnibus  justiUis  et  appenditiis  suis  intra  dvUatem  et  exl^a^ 
uecnem  ibidem  ecclesiam  S.  Servatii  cum  omni  integritate  et  eo  jure 
quo  patri  nostro  Frederico  et  fratri  nostro  Hefirico  divis  romanorum 

3 


—  34  — 

imperatoribus  attinebat.  »  (Bulkens  p.  58.)  Par  suite  de  cette 
concession,  l'église  de  S.  Servais  et  par  conséquent  les  onze 
seigneuries  précitées,  étaient  devenues  un  fief  du  duc  de  Bra- 
bant.  Aussi  dès  le  12  mars  de  Tannée  suivante,  le  duc  Henri  fit 
usage  de  son  nouveau  pouvoir  sur  celte  église  en  confirmant 
Texemption,  dont  jouissaient  les  employés  de  celle-ci,  des 
tribunaux  tant  de  la  ville  que  du  dehors.  (Mirœus  IV.  224.)  Cette 
exemption  fut  confirmée  par  Frédéric  II  en  1218  (Mirœus  IV. 
228.)  et  par  Henri  VII  (i)  en  1222.  (Bul.  corn.  dChist,  III,  IX.  31.) 
Mais  ces  deux  souverains  ne  rendirent  point  à  Téglise  son  an- 
cienne indépendance. 

Cette  indépendance  lui  fut  rendue  au  mois  de  décembre  lî^32 
par  Frédéric  II  qui  confirma  la  charte  de  l'empereur  Henri  IV 
de  1087,  et  afin  que  cette  indépendance  du  duc  de  Brabant  et  de 
tout  autre  prince,  ne  lui  fût  plus  enlevée,  elle  fit  confirmer  par 
le  Pape  Grégoire  IX  le  22  nov.  1233  toutes  ses  libertés  et 
immunités. 

Henri,  roi  des  Romains,  maintint  cette  indépendance  de 
l'église  de  S.  Servais  contre  le  prince-évêque  de  Liège  ;  les 
18  mars  et  20  septembre  1234,  il  déclara  que  cette  église  ne 
relevait  que  l'Empereur  et  que  le  prince-évêque  n'y  avait  aucun 
droit  à  exercer.  (Mirœus  IV.  237.  Bul.  corn.  d:iiist.  III.  IX.  42.) 
L'empereur  Frédéric  II  confirma  cette  sentence  le  9  septembre 
1236.  (Mirœus  IV.  288.) 

Dans  les  seigneuries  de  S.  Servais  existait  la  coutume  que  les 
sœurs  ne  partageaient  point  avec  les  frères  dans  les  biens 
censaux  ni  dans  les  biens  allodiaux.  La  Cour  d'Aix-la-Chapelle 
jugea  que  celte  coutume  était  légitime  et  ne  pouvait  être  abrogée 
que  par  l'Empereur.  L'Empereur  Richard  confirma  cette  cou- 


(  i  ]  «  Statuimus  igitur  ut  omnes  ofliciales  prselaxatss  ecclesise  beati  Servatii  in 
Trsgecto  et  ministri  de  viUis  ipsius  ecclesiœ  et  ofllciaies  et  ministri  ejusdem  eccle- 
sise  ab  omni  exactione  liberi  sint  et  jure  civili  et  forensi  ccyascumque  mcrca- 

tionis  vel  negociationis  fuerint  et  in  se  proclamanlibus  sub  conductu  domini  et  ma 
gistri  sui  satisfacient.  » 


—  35  — 

tume  et  cetie  décision,  le  10  septembre  1270  ;  la  Cour  d'appel 
pour  les  seigneuries  de  S.  Servais  était  établie  dans  la  maison 
du  prévôt  à  Haestricht  et  était  composée  des  échevins  des  cours 
des  seigneuries  ;  Richard  confirma  cet  ordre  hiérarchique  par 
le  même  diplôme  et  établit  qu*on  ne  pourrait  appeler  de  cette 
Cour  d'appel  qu'à  l'Empereur.  {But.  corn.  (Thist.  III.  IX.  49.) 

L'empereur  Rodolphe  confirma  l'exemption  et  l'indépendance 
de  l'église  S.  Servais  par  ses  chartes  du  1«'  nov.  1273  (Hirœus 
IV,  228)  et  du  9  avril  1282.  (Bull,  corn,  (Chist.,  III.  IX,  49). 

Malgré  ces  confirmations  multipliées,  les  princes  voisins 
usurpèrent  assez  souvent  sur  les  droits  de  l'église  de  S.  Servais. 
Le  chapitre  exposa  à  l'Empereur  Charles  IV  que,  par  conces- 
sion de  ses  prédécesseurs,  il  avait  la  justice  haute  et  basse 
dans  les  villages  de  Niel  ou  Groitloeny  Vlytingen,  Hees^  Sltue^ 
Coninxhem,  Zepperen,  Heer  et  Bemeauiv,  qu'il  avait  le  pouvoir 
de  proscrire  et  de  priver  de  tout  honneur  tous  ceux  qui  y  com- 
mettaient des  crimes,  et  que  dans  ces  villages  il  ne  reconnais- 
sait d'autre  supérieur  que  l'Empereur;  il  lui  demanda  de  con- 
firmer cet  état  de  choses  et  d'accorder  que  les  proscrits  par  le 
chapitre  seraient  pris  pour  tels  dans  tout  IVmpire,  qu'il  pour- 
rait continuer  à  nommer  les  échevins  de  ces  villages,  qu'il 
pourrait,  en  cas  de  guerres  privées,  y  ordonner  des  trêves  et 
en  punir  les  violateurs  et  que  ces  villages  seraient  exempts  des 
exactions  des  princes  voisins.  L'Empereur  le  fit  par  la  bulle 
d'or  (fl)  du  21  déc.  1362.  Le  même  jour  il  adressa  une  lettre  à 
l'archevêque  de  Cologne  et  aux  ducs  de  Brabant  et  de  Juliers, 
pour  les  établir  les  conservateurs,  les  juges  et  les  protecteurs 
perpétuels  des  droits,  privilèges,  exemptions  de  Téglise  de 
St-Servais  avec  pouvoir  d'attraire  en  justice  les  violateurs  de 
ces  droits.  [Bullcom.  (Thist.,  III.  IV,  71). 

Les  privilèges  et  les  droits  de  l'église  S.  Servais  furent  suc- 


{ i  )  Ainsi  appelée  du  sceau  d'or  qui  y  était  appendu. 


—  36  — 

cessivement  confirmés  par  les  empereurs  Frédéric  (les  24  etî6 
juillet  1442,)  Maximilien,  (le  18  déc.  ISIC,)  Gharles-Quint,  (le  10 
mars  1534.) 

L'empereur  Frédéric  III,  par  son  diplôme  du  26  juillet  1442, 
confirma  au  chapitre  la  faculté  d'ériger  une  cour  d'appel  pour 
les  onze  villages.  Le  chapitre  organisa  celte  cour  d'appel  et  la 
composa  des  échevins  délégués  par  les  dix  cours  subalternes, 
du  grand-prévôt,  du  ry-prévôt  et  du  raayeur  de  Vlytingen.  La 
cour  dont  on  appelait,  n'y  avait  point  de  délégués. 

L'empereur  Charles-Quint  incorpora  le  1<^«^  juillet  1830  la  ville 
de  Maestricbt  au  duché  de  Brabant.  Le  chapitre  de  S.  Servais 
craignant  que,  par  suite  de  cette  incorporation,  l'église  de 
S.  Servais  avec  ses  seigneuries  impériales  ne  lût  considérée 
comme  une  dépendance  de  Maestricht  et  annexée  à  ce  titre  au 
Brabant  »  le  chapitre,  disons  nous,  s'adressa  à  Charles-Quint 
pour  obtenir  la  confirmation  de  ses  privilèges  et  de  son  indé- 
pendance ;  il  l'obtint  le  10  mars  1834. 

Des  cours  subalternes  des  onze  villages,  on  appelait  h  la  cour 
d'appel  et  de  celle-ci  aux  tribunaux  suprêmes  de  l'Empire.  Ce 
dernier  appel  étant  très-difficile  et  très-coûteux ,  le  roi  Philippe 
II  permit,  le  13  juin  1874,  que  des  onze  seigneuries  de 
S.  Servais,  on  pût  appeler  en  matière  civile  à  ses  commissaires 
établis  à  Maestricht,  mais  il  n'en  fit  point  une  obligation  et  ne 
défendit  point  les  appels  à  l'Empire  ;  d'ailleurs  il  n'en  avait  pas 
le  pouvoir.  Aussi  les  appels  à  l'Empire  eurent-ils  encore  lieu 
après  cette  époque. 

Pendant  les  longues  guerres  entre  les  Provinces-unies  et  les 
Pays-Bas,  les  villages  de  Grand-Looz,  de  Coninxheim,  de  Zep- 
peren ,  de  Sluse  et  de  Heer,  demandèrent  en  1894  au  gouverne- 
ment des  lettres  de  sauve-garde  et  de  protection,  comme  étant 
des  villages  impériaux  et  neutres  ;  ils  les  obtinrent  moyennant 
une  somme  annuelle  à  payer  sous  le  titre  de  protectie-pennin- 
gen.  L'année  suivante,  Jean  Hildernis,  receveur  du  gouverne- 
ment pour  le  quartier  de  Maestricht,  exigea  ces  protectie-pen- 


-  37  ~ 

ningm  des  villages  de  Mechekn,  Vlytingen  et  Hees,  mais  ceux-ci 
réclamèrent  près  du  Conseil  privé  à  Bruxelles  qui  reconnut 
leur  neutralité  et  leur  indépendance  par  décisions  des  28  juin 
1595,  9  août  1596  et  5  août  1597. 

Les  troupes  des  provinces-unies  s'emparèrent  de  Maestricht  en 
1632;  mais  ni  le  traité  de  capitulation  du  22  août  1632  ni  le 
traité  de  Wesphalie  de  1648  ne  donnèrent  l'église  de  S.  Servais 
avec  ses  seigneuries  aux  Etats-généraux.  Aussi  les  ducs  de  Bra- 
bant  continuèrent-ils  à  se  considérer  comme  les  protecteurs  des 
onze  villages  de  S.  Servais  et  à  exiger  les  protectie'pmningen 
de  ceux  de  Grand-Looz,  Coninxheim,  Zepperen,  Sluse  et  Heer. 

Par  la  paix  de  Nymègue  du  10  août  1678,  le  roi  de  France 
s'engagea  à  remettre  les  Etats-généraux  «  dans  la  possession  de 
la  ville  de  Maestricht  avec  le  comté  de  Vroeiihoven,  les  villages 
de  rédemption  et  les  bancs  de  S.  Servais.  »  Le  chapitre  de 
S.  Servais  réclama  contre  la  cession  de  ses  onze  villages  aux 
Etats-généraux,  comme  n'ayant  jamais  été  la  propriété  du  roi 
de  France.  L'ambassadeur  français,  le  comte  de  Davaux,  appuya 
la  réclamation  et  déclara  que  le  roi  de  France  n'avait  ni  voulu 
ni  pu  céder  les  villages  de  S.  Servais.  Les  Etats-généraux 
accueillirent  la  réclamation  et  déclarèrent  le  22  octobre  1678 
«  dai  de  selve  sullenjouisseren  en  behouden  het  regt  van  juridictie, 
die  sy  voor  daio  van  den  oorlog  tnsschen  hoogstgedachte  %yne 
konijiglyke  majesteit  van  Vranckryken  desen  staet  onstaen,  genoien 
gejouisseerd  hebben.  » 

Les  Etats-généraux  s'attribuèrent  dès  le  XVII'  siècle  le  droit 
de  protection  sur  les  onze  vilbges  de  S.  Servais  et  exigèrent 
aussi  le  payement  annuel  des  protectie-penmngen  ;  toutefois  ils 
respectèrent  fort  peu  leur  qualité  de  villages  impériaux  et 
neutres  et  ils  y  exercèrent  plus  d'une  fois  des  actes  de  souve- 
raineté. Par  suite  de  ces  conflits  entre  les  ducs  de  Brabant  et 
les  Etats-généraux,  les  onze  villages  devaient  payer  les  protec- 
tie-penningen  aux  deux  souverains;  celui  de  Grand-Looz  payait 
à  chacun  la  somme  annuelle  de  120  florins. 


—  38  — 

Onze  chanoines  du  chapitre  de  S.  Sei*vai$  étaient  les  seigneurs 
des  onze  villages  de  leur  église  et,  comme  ils  y  étaient  élus  par 
le  chapitre  dans  un  certain  ordre,  ils  portaient  le  nom  de 
Ry-proosten. 

La  communauté  de  Grand-Looz  était  régie  par  un  bourg- 
mestre, élu  chaque  année  par  la  généralité  des  habitants.  Il 
faisait  la  recelte  des  revenus  communaux  et  rendait  chaque 
année  un  compte  public  de  son  administration.  Il  y  avait  deux 
espèces  de  revenus  communaux,  la  première  était  une  contri- 
bution foncière  (Schatting)  établie  par  les  habitants  et  destinée 
à  payer  \es  protectie-peimingen  et  à  satisfaire  aux  exactions  mili- 
taires ;  la  seconde  était  un  impôt  sur  le  revenu  présumé  (de  ge^ 
bruiken)  ;  cet  impôt  était  réparti  par  six  hommes  élus  à  cet  effet 
et  il  sentait  à  couvrir  les  charges  communales  (dorplasten).  Cet 
impôt  montait  en  1712  à  la  somme  de  343  florins  et  la  contri- 
bution foncière  était  en  1749  de  9  florins  par  bonnier,  parce 
que,  pendant  ces  deux  années,  la  commune  avait  eu  à  subir  les 
exactions  des  troupes  étrangères.  L*état  actuel  des  archives 
communales  ne  nous  a  pas  fourni  d'autres  détails.  Nous  ajoute- 
rons ici  les  noms  de  quelques  bourgmestres  : 

• 

1702  Gilles  Depladt  1783  Jean  Glaes 

1703  Paul  Ghysens  1784  Richard  Meyers 

1704  Martin  Tercaefs  1796  Liévin  Copis 

1705  Gillis  Depladt  1800-1817  Liévin  Copis 

1706  Martin  Tercaefs  1817-1836  Jean  Claes 

1707  Martin  Tercaefs  1836-1864  Jean  Copis 

1708  Lambert  Malaise  1854-1867  Liévin  Deploigc 
1709-1716  Martin  Tercaefs        1867  Hubert  Deploige. 


-  39  - 


m. 


DOCUMENTS  HISTORIQUES. 

VISITE    ARCHIDIACONALE    DE    L*ÉGL1SE    DE    GRAND-LOOZ    8  OGT.     1658. 

Eadem  die  venimus  ad  Nilum  S.  Servatii,  ubi  non  repertus 
fuit  pastor  residens  Loscastri  ubi  est  etiam  capeilanus  et  loco 
parum  dissito  nempemedio  dumtaxal  milliari.  Gustos  sive  matri- 
cularius  aperuit  ecclesiam  et  retulit  D.  pastorem  exspectasse 
adventum  nostrum  toto  meridiano  tempore. 

Est  satis  pulclira  pictura  in  summo  altari.  Repertum  missale 
romanum  ;  calix  unus  parvus  totus  argenteus  ;  duse  mappse 
super  aitare,  Aux  casuisB. 

Venerabile,  ut  nobis  apparuit,  asservatur  in  inuro  à  latere 
summi  altaris,  sed  propter  absentiam  pastoris  non  potuerunt 
visitari  Sacramenta.  Non  pendet  lampas,  sed  in  candelabro 
parvo  ferreo  muro  iniixo  imposita  est  candeia ,  sed  non  lucebat. 

Tabulatum  navis  est  omnino  tritum  et  corruptum  et  ecciesia 
est  sordida  indigetque  dealbatione.  Est  sub  invocatione  S.  Ser- 
vatii  et  nulla  sunt  altaria  prseter  summum. 

Postea  supervenit  D.  Pastor  qui  est  D.  Cornélius  LœfTveit  ; 
coliator  pastor  Lossensis  ;  habet  dumtaxat  pro  sua  competentia 
circiter  cenlum  vasa  siliginis  mensurse  Lossensis  ex  quibus 
desumitur  medietas  pro  taxis  regiis  ex  quo  sit  patria  regia.  Non 
habet  etiam  domum  pastoralem  et  prseterea  nihil.  Ecciesia  est 
quarta  capella  sub  matrice  Lossensi  non  habens  primum  nec 
ultimum  sacramentum.  Reperta  fuit  pixis  cuprea  in  qua  asser- 
vatur Venerabile.  Monitus  pastor  ut  imponat  capsulam  lineam 
excorporali. 

Est  unica  campana  quî6  est  fissa. 


-  40  — 

fabrica  tiabet  circiler  vigiiiti  vasa  siligiiiis  et  unum  caponem. 
Mamburnus  est  Gaspar  Messis. 

Pauperes  solebant  habere  sex  vel  septem  modios  siliginis, 
sed  dicit  pastor  communitatem  transportasse  aliquas  terras 
spectantes  ad  dictum  membrum,  pro  solutione  onerum  et 
talliarum  his  miseris  temporibus  quse  promiserunt  redimere, 
dum  ad  meliorem  fortunam  redierint.  Modernus  mamburnus 
est  Martinus  Tercaefs  et  redduntur  singulis  annis  utriusque 
membri  computus  coram  pastore  et  communitate.  Pastor 
conscribit  librum  conjugatorum  et  morluorum  et  habet  90  vel 
circiter  communicantes. 

VISITE   ARCHIDIACONALE    DE   1720. 

Ëcclesia  parochialis  de  Grootloen  qusa  dicitur  quarta  capella 
sub  ëcclesia  matrice  Lossensi,  cujus  rector  est  Arn.  Henr.  de 
Roest»  intitutus  ab  archidiacono  ad  prsesentationem  pasloris 
Lossensi  ;  rescribitur  ad  15  modios  siliginis  percipiendos  ex 
terris  arabilibus  et  aliquot  reditibus. 

Nullum  est  beneficium  et  ëcclesia  caret  primo  et  ultimo  Sacra- 
mento  ;  non  cantatur  missâ  nisi  diebus  solemnioribus,  incolœ 
fréquentant  ssepius  ecclesiam  matricem. 

Proventus  labricas  consistunt  in  21  flor. 

Pauperum  autem  in  3  modiis  siliginis,  item  in  18  vasis  ex 
locatione  terrarum,  insuper  in  aliis  33  vasis  ex  reditibus. 

Summa  500  florenorum  pro  celebratione  missse  de  Venerabili 
feria  quinta  per  quiudenam  legata  per  Mariam  et  Ëiisabetliam 
Gopis  sorores  tiodië  est  applicata. 

Gommunicantes  sunt  i^O  ; 

Duae  campanse  spectantes  ad  communitatem  ; 

Dominus  temporalis  est  capitulum  S.  Servatii  Trajectense  ; 

Gum  nulla  sit  domus  pastoralis ,  pastor  residet  Loscaslri  ; 
communitati  mandat  arcbidiaconus  ut  quamcitodomumprocuret. 


NOTICE    HISTORIQUE 


SUR 


GOTHEM. 


I. 


ÉGLISE    DE    GOTHEM. 

L*église  de  Gothem  est  dédiée  aux  SS.  Denis  et  Nicolas. 
Elle  Tut  érigée  en  église  paroissiale  déjà  avant  1252,  mais  les 
fonts-baptismaux  furent  réservés  à  celle  de  Guttecoven  dont 
elle  était  démembrée.  La  collation  de  la  cure  appartenait  au 
seigneur  de  l'endroit.  Il  y  avait  dans  l'église  deux  bénéfices 
(déjà  cités  en  1404)  fondés  l'un  en  l'honneur  de  S.  Catherine  et 
l'autre  en  l'honneur  de  la  S^^-Vierge.  Le  premier  était  à  la  col- 
lation du  seigneur  de  l'endroit  et  le  second  était  en  1712  à  la 
collation  des  familles  De  Geioes,  De  Hinnisdael  et  D'Alcken. 

On  ignore  l'époque  de  la  construction  de  la  tour  et  de  l'église 
actuelle;  elles  paraissent  antérieures  au XVII*  siècle. 

La  Mense  des  pauvres  (déjà  mentionnée  en  1389),  possédait 
en  1726  onze  bonniers,  quatorze  verges  de  terre  arable,  dôme 
mesures  de  seigle,  trois  mesures  de  froment  et  cinq  florins  en 
rentes  annuelles.  En  1853  ses  revenus  étaient  de  983,56  francs. 


_  42  - 

Reinier  est  le  plus  ancien  curé  connu  de  Gothem.  On  le  trouve 
cité  en  1252. 

Jean,  dit  Tielman,  cité  en  1404. 

GoDEFRoi  Drossetten,  cité  en  1477. 

Simon  Buntinx,  cité  en  1517.  Il  était  aussi  recteur  du  bénéfice 
des  Trois  Rois  à  Looz  où  il  résidait.  Il  résigna  en  1517. 

Adam  van  Alcken  succéda  en  1517  à  Simon  Buntinx  dans  la 
cure  de  Gothem  et  le  bénéfice  des  Trois  Rois.  Il  résida  à 
Looz  et  fit  remplir  ses  fonctions  pastorales  par  Guillaume 
Kesers. 

Arnold  Buntinx,  cité  en  1550.  Il  résigna  en  1559. 

Gilles  Virginis,  prieur  de  Thôpital  de  la  chaîne  à  Liège, 
nommé  en  1559,  ne  résida  point,  il  résigna  sa  cure  en  1561  et 
eut  pour  successeur 

Gilles  de  Lierneux,  chanoine  de  S.  Materne  à  Liège,  qui  ne 
résida  point  non  plus. 

Thomas  van  den  Ketel  fut  nommé  eu  1564  ;  il  était  chanoine 
de  la  collégiale  de  Looz  où  il  résidait  aussi. 

Adrien  Bellarts,  chanoine-chantre  de  Looz,  fut  nommé  en 
1578.  Il  fit  administrer  la  paroisse  par  un  vicaire. 

Jean  Strauven  de  Looz,  résida  à  Looz  et  y  obtint  successive- 
ment le  bénéfice  de  S.  Jean  Tévangeliste,  un  canonicat,  la  di- 
gnité de  chanoine-chantre  en  1587 et  celle  de  chanoine-écolàtre 
en  1599.  Il  mourut  à  Looz  en  1605. 

Jacques  van  Gel  de  Looz  fut  nommé  en  1605.  Quoiqu'il  fût 
recteur  du  bénéfice  de  la  S'®-Croix  à  Looz ,  il  parait  avoir 
résidé  à  Gothem.  Il  desservit  la  paroisse  de  Looz  de  1625  à 
1627,  année  de  sa  mort. 

Arnold  Hermans,  recteur  du  bénéfice  de  la  S'^-Trinité  à  Looz, 
obtint  la  cure  de  Gothem  en  1627  et  alla  y  résider.  Pendant 


-  43  — 

répidéiiiie  de  1635  et  i636,  il  revint  à  Looz  et  y  mourut  victime 
du  fléau. 

Mathias  Hathts,  cité  en  1646  et  1651,  mourut  en  1655. 

Mathias  Van  Genechten  fut  nommé  en  1655  sur  la  présenta- 
tion de  Gérard  Van  Baeren.  Les  droits  de  chancellerie  qu'il 
paya  montèrent  à  51  florins.  Ce  fui  sous  ce  curé,  que  le  doyen 
du  Concile,  Renier  Geloes,  curé  de  Zonhoven,  fit  la  visite  de 
réglise.  On  voit  par  le  procès-verbal  qu'il  en  a  dressé,  que  le 
mobilier  laissait  beaucoup  à  désirer  et  que  la  tour  et  les  murs 
menaçaient  ruine.  La  population  de  la  paroisse  était  de  50 
communiants.  Le  curé  résida  dans  sa  paroisse  et  y  mourut  en 
1676.  Il  eut  pour  successeur 

Gilbert  Van  Haren.  L'archidiacre  qui  fit  la  visite  de  l'église 
en  1680,  la  trouva  restaurée  et  mieux  meublée.  La  fabrique  et 
la  Mense  des  pauvres  avaient,  chacune,  un  revenu  de  6  muids 
de  seigle.  La  population  était  de  50  communiants.  Le  curé 
mourut  le  20  mars  1696. 

Roland  François  Ceulers,  recteur  du  bénéfice  de  S.  Martin  et 
organiste  à  Looz,  obtint  la  cure  de  Gothem  en  1696.  II  la  rési- 
gna en  1698  après  avoir  obtenu  celle  de  Cuttecoven. 

Jean  Coelmont  ,  proche  parent  du  seigneur  de  l'endroit , 
obtint  de  celui-ci  la  cure  en  1698.  Les  curés  du  Concile  de 
Hasselt  l'élurent  doyen  vers  1702.  Il  résigna  cette  dignité  en 
1725.  Les  curés  réunis  dans  la  chapelle  des  clercs  à  Hasselt 
lui  donnèrent  pour  successeur,  le  25  mars  1725,  Hechtermans 
curé  d'Alken,  et  ils  convinrent  en  même  temps  qu'au  décès  de 
l'un  d'entre  eux,  les  autres  diraient  trois  messes  pour  le  repos 
de  son  âme.  Cette  pieuse  coutume  a  subsisté  jusqu'au  commen- 
cement de  notre  siècle.  Le  curé  Coelmont  tint  lui-même  école 
pour  les  enfants  de  sa  paroisse. 

Gilles  Pascal  Ridderbeecks  de  Hasselt  commença  sa  rési- 
dence à  Gothem  en  1739  et  administra  sa  paroisse  avec  le  plus 
grand  zèle  jusqu'au  23  avril  1790,  jour  de  sa  mort. 


-  44- 

Pierre  Hbndrix  de  S.  Trond  régit  la  paroisse  pendant  trois 
ans  (1790  à  1793)  et  fut  ensuite  promu  à  celle  de  Houpertingen. 

■ 

N.  DiRix  de  Hasselt  obtint  la  cure  en  1793,  mais  il  la  résigna 
bientôt  entre  les  mains  du  collateur.  Elle  fut  conférée  à 

Guillaume  Nartus  de  Tongres,  commença  sa  résidence  à 
Gothem  au  mois  de  juillet  1794.  Pendant  la  révolution  fran- 
çaise, il  refusa  de  prêter  le  serment  de  haine  et  fut,  pour  cette 
raison,  condamné  à  la  déportation  et  porté  sur  la  liste  des 
émigrés.  Son  église  resta  fermée  au  cuite  depuis  le  mois 
d'octobre  1797  jusqu'en  1802.  Le  mobilier  de  celle-ci,  mis  en 
vente  à  Looz,  le  12  novembre  1799,  fut  acheté  pour  la  somme 
de  27  francs  par  Jean  Wagemans  qui  le  restitua  à  la  fabrique. 
Le  presbytère  mis  en  location,  le  13  juin  1798  et  le  25  mai 
1799,  fut  loué  par  Daniel  Foury  qui  en  laissa  la  jouissance  au 
curé. 

R.  Steenen  succéda  à  Nartus  en  1807  ;  il  ne  régit  la  paroisse 
que  jusqu'en  1815.  La  cure  resta  vacante  jusqu'en  1834.  Pen- 
dant ce  temps,  Olten,  curé  de  Hendriken,  soigna  les  intérêts 
religieux  des  habitants  de  Gothem. 

N.  Vranken  fut  nommé  curé  de  la  paroisse  en  1834,  mais  il 
résigna  ses  fonctions  Tannée  suivante. 

Martin  Volders  succéda  à  Vranken  en  1836.  Le  grand  zèle 
qu'il  mit  à  soigner  les  intérêts  religieux  de  sa  paroisse  ne  fut 
guère  récompensé  par  la  reconnaissance  de  ses  paroissiens. 
Il  résigna  en  1839  sa  cure  qui ,  restée  vacante  jusqu'en  1842, 
fut  desservie  pendant  ce  temps  par  le  curé  de  Hendriken. 

N.  Wendelen,  nommé  curé  en  1842,  mourut  le  27  janvier 
de  l'année  suivante. 

Chrétien  Toppet  de  Lowaige,  1843-1855. 
J.  GoYENs  de  S.  Trond,  1865. 


48  — 


II. 


SEIGNEURIE   DE    GOTHEM. 

Gothem  n'était  pas  une  seigneurie  proprement  dite  ;  il  était 
compris  dans  le  ressort  de  la  Cour  de  justice  extérieure  de 
Looz,  dite,  banc  de  Grathen).  Le  village  donna  son  nom  à  une 
noble  famille  de  chevaliers  qui  y  possédait  de  grands  biens 
allodiaux.  Nous  mentionnerons  tous  ceux  qu'on  trouve  cités 
dans  les  chartes  du  temps. 

Guillaume  de  Gothem  est  le  plus  ancien  qui  soit  connu.  En 
1207,  il  assista  comme  témoin  à  la, paix  que  Louis  II,  comte  de 
Looz,  conclut  avec  Henri,  duc  de  Brabant  (Butkens,  p.  S8). 

En  1213,  il  combattit  sous  ses  ordres  à  la  célèbre  bataille  de 
Steppes  près  Montenacken  où  Hugues  de  Pierrepont  et  Louis  II 
comte  de  Looz,  remportèrent  le  13  octobre  une  grande  victoire 
sur  Henri  duc  de  Brabant  (Wolters,  n^"  154).  En  1216,  il  assista 
comme  témoin  à  la  charte  par  laquelle  Louis  II,  comte  de  Looz, 
déclare  avoir  vendu  la  dtme  de  Montenacken  à  Tabbaye  de  Val- 
Notre-Dame. 

Le  jeune  Conrard  de  Gothem,  fils  d'Abraham  de  Gothem, 
accompagna  le  comte  Louis  II  en  Angleterre,  lorsque  celui-ci 
s'y  rendit  en  1207  pour  en  ramener  son  épouse  Ade,  comtesse 
de  Hollande.  Il  y  fut  retenu  en  otage  avec  plusieurs  autres 
nobles  du  comté  de  Looz  par  le  roi  Jean-Sans-Terre  jusqu'en 
1216.  Ils  profitèrent  alors  de  la  révolte  des  barons  anglais 
contre  le  roi  pour  s'évader  et  revenir  dans  leur  pays  (Kluit  ii. 
383.  Reinieradan.  1216). 

LiBERT  DE  Gothem,  chevalier,  n'est  connu  que  par  un  acte 
d'usurpation  sur  le  moulin  de  Wellen,  commise  au  préjudice  de 
Fabbaye  de  Munsterbilsen  qui  en  était  propriétaire.  Arnold  IV, 
comte  de  Looz  et  avoué  de  l'abbaye,  promit  au  mois  de  mars 


—  46  — 

1236  de  la  garantir  contre  les  usurpations  du  chevalier  de 
Gothem.  (Wolters,  n«  207,) 

Abraham  chevalier  de  Gothem,  mort  avant  le  mois  de  mars 
1290,  laissa  une  fille  nommée  Aleyde  qu'on  trouve  citée  à  cette 
date. 

Nenkin  de  Gothem,  chevalier,  épousa  Ode,  deuxième  fille  de 
Louis  Surlet-le- Vieux.  Son  épouse  mourut  le  10  déc.  1266  et 
fut  enterré  dans  l'église  des  Mineurs  à  Liège.  L'inscription 
tumulaire  portait  :  hicjacet  Oda,  quoiidam  uxor  Nankhii  militis 
de  Gothem,  quœ  obiit  anno  ab  Incamatioîie  Domini  M,  CC.  LXVI 
quarto  idus  decembris,  cujus  anima  requiescat  in  pace,  amen, 
(Robyns,  p.  149).  Nenkin  mourut  le  17  janvier  1297  et  fut  en- 
terré dans  réglise  de  Gothem.  Sa  pierre  sépulcrale  y  subsiste 
encore  et  porte  l'inscription  suivante  :  Anno  Domini  M.  CC. 
nonagesimo  sexto  :  XIII  :  ha  :  febi^arii  oHt  Domin.  Nenkinus  de 
Gotheim  miles.  Anima  ejus  per  mirm  Dei  requiscat  in  pace,  ameti. 
Ils  laissèrent  onze  enfants,  savoir:  (a)  Nentdnde  Gothem^  ûls 
aine  qui  suit;  (b)  Louis  de  Gothem,  dit  de  Cumetaille,  qui 
épousa  une  des  femmes  de  chambre  de  la  reine  d'Allemagne  et 
d'Angleterre,  femme  du  roi  Richard  ;  il  en  eut  une  fille  nommée 
Marie  qui  épousa  Printe  de  Warancelle,  dont  vinrent  deux 
garçons  et  une  fille  nommée  Marie.  Gérard  Printe  de  Waran- 
celle, fils  aine,  se  maria  dans  la  terre  de  Fauquemont,  je  ne 
saurais  dire  à  qui,  ni  ce  qui  en  arriva.  Louis,  second  fils, 
épousa  une  fille  du  seigneur  de  Nayvaigne  sur  la  Meuse,  dont 
Broustem  de  Havelange  avait  eu  l'autre;  (c)  Lambert  de  Gothem, 
dit  d'Opheers,  chanoine  de  S.  Jean  l'Evangéliste  à  Liège  ; 
(d)  Fastré  de  Gothem,  chanoine  de  S.  Martin  à  Liège  ;  (e)  Jean 
de  Gothem  qui  mourut  sans  hoirs  ;  (f)  Nicolas  de  Gothem  reli- 
gieux de  S.  Jacques,  à  Liège;  (g)  N.  de  Gothem,  religieux  à 
S.  Trond  ;  (h)  Agnès,  fille  aînée;  (i)  Catherine;  (j)  Hawide, 
toutes  trois  béguines  ;  (k)  N.  religieuse  à  Milen.  (V.  Hemricourt.) 

Nenkin  de  Gothem  se  maria  au  village  de  Gothem  d'où  il  était. 


—  47  — 

Il  y  mourut  le  IS  mai  1307  et  fut  enterré  dans  l'église.  Sa  pierre 
sépulcrale,  qui  y  subsiste  encore,  porte  l'inscription  suivante  : 
Anno  uni  M.  CCC.  VIL  XVII  calendas  Junii  in  die  beati  Viti 
mris  obiit  Âmoldus  des  Nenkinus  armiger  de  Gothehè,  anima  ejus 
requiescatin  pace^  amen.  (Y.  Hemricourt.) 

Guillaume  de  Gothem,  fils  du  précédent,  se  trouve  cité  à  Tan 
iH9  dans  un  acte  du  chapitre  de  Looz.  (Doc.  hist.  de  la  ville  de 
Looz^  p.  6.)  Ses  descendants  ne  sont  pas  bien  connus>  Il  est 
probable  que  ce  furent  :  (2^)  Guilleaume  de  Gothem, qui  suit  ;  il 
hérita  de  la  maison  stipale,  du  moulin  de  Tendroit  et  du  droit 
de  patronage  sur  Téglise  qu'il  transmit  à  ses  descendants  dans 
Tordre  de  primogéniture  ;  (b)  Gérard  Printe  de  Gotliem  qui 
transmit  à  ses  descendants  un  grand  bien  allodial  situé  au 
centre  du  village. 

Guillaume  de  Gothem  fit  vers  1364  le  relief  de  ses  biens 
féodaux  après  la  mort  de  son  père  Guillaume  :  «  Wilhelmus  de 
Gothem  relevant  quinque  bonaria  terrœ  et  prati  in  quatuor  petiis  ; 
item  unum  moletidinum  jacens  in  Gotliem  et  est  similiter  feudum  de 
Duras.  Item  relevavit  advocatiam  jacentem  in  Urle  supra  quandam 
euriam  mansionariorum  d°  '  abbatis  S.  Trudonis  feudi  Lossensis 
per  obitum  Wilhelmi  de  Gothem  quondam  sui  patris.  Il  mourut 
probablement  sous  le  règne  de  Jean  d'Arkel  (1364-1378).  Ses 
descendants  ne  sont  pas  bien  connus  ;  il  est  probable  que  ce 
furent  :  (a)  Guillaume  qui  suit  ;  (b)  Jean  qui  épousa  N.  de  Lang- 
dries  dont  il  eut  plusieurs  enfants  entre  autres  :  Jacques  de 
Gothem  qui  épousa  en  1397  Cunegonde  de  Montenacken,  et  fut 
membre  de  la  salle  de  Curange,  échevin  de  Liège  et  seigneur 
de  Riddersherck  ;  Englebert  de  Gothem,  chevalier  ;  Jean  de 
Golhem,  chevalier. 

Guillaume  de  Gothem  mourut  vers  1420  et  laissa  une  fille 
nommée  Elisabeth  qui  suit. 

Elisabeth  de  Gothem  épousa  Guillaume  de  Walhoven.  CeluN 


—  48  — 

ci  fit  à  kk  salle  de  Gurange  le  rel-er  des  biens  féodaux  de  son 
épouse  :  «  Wilhelmus  de  Walhoven  îamquum  mambumus  iuœ 
uxoris  Elisabeth  de  Gotkem  relevamî  dimidium  molendmum  cum 
ujfgere  et  crescenHa  saUcum  et  aliarum  arbarum  adjacerUium  situ 
in  villa  de  Gothem  ;  item  XLVI  mrgatas  magnas  ierrœ  et  preUi 
sitas  intei*  Widdingen  et  Rollingen  per  obitum  Wilhelmi  de  Gothem 
quondam  patris  dictœ  Elisabeth  (fol.  130).  Après  la  mort  du 
grand-père  de  son  épouse,  nommé  aussi  Guillaume  de  Gothem, 
il  fit  le  relief  de  ses  biens  féodaux  le  H  février  1423  (fol.  16).  Il 
laissa  une  fille,  nommée  Elisabeth,  qui  suit  : 

Elisabeth  de  Walhoven  épousa  Gislebert  de  Vilt.  Celui-ci, 
comme  mambour  de  son  épouse,  fit  le  relief  de  ses  biens 
féodaux  de  Gothem,  le  7  janv.  1475,  après  la  mort  de  Guillaume 
de  Walhoven.  Un  de  leurs  descendants  porta  la  maison  seigneu- 
riale située  près  du  moulin  et  le  droit  de  patronage  sur  l'église, 
dans  la  famille  des  De  HariT,  seigneurs  de  Geilekirchen  au 
duché  de  Juliers.  Au  moins  trouve-t-on  Nicolas  de  Harff  et 
Adam  de  Harff  de  Geilekirchen  sucessivement  propriétaires  du 
bien  et  collateurs  de  l'église  de  Gothem  de  1560  à  1638.  Voici 
un  fragment  généalogique  de  celte  famille,  d'après  le  manuscrit 
deLefortX.  126,  132  : 

Jean  de  Harff,  seigneur  d'Alstorf,  chevalier  de  l'Ordre  de 
S.  Hubert,  au  duché  de  Juliers,  acquit,  l'an  1500,  le  château  de 
Geilekirchen  de  Guillaume,  duc  de  Juliers  et  de  Berghe.  Il 
épousa  en  secondes  noces  Agnès  Hoen  de  Hoensbroech,  fille 
de  Nicolas  Hoen  de  Hoensbroech  et  de  Jeanne  de  Corswaremme. 
Il  laissa  (a)  Nicolas  qui  suit;  (b)  Jean  de  Harff,  chanoine  de 
S.  Lambert  de  1524  à  1581  ;  (c)  Judith,  religieuse  à  Heinsberg; 
(d)  Claire,  religieuse  ^i  Heinsbergh  ;  (e)  Agnès,  doyenne  de 
Munsterbilsen  ;  (f)  Anne,  qui  épousa  N.  D'Eyss  de  Beusdaal. 

Nicolas  de  Harff,  seigneur  de  Geilekirchen  et  grand-bailli  du 
district,  conseiller  et  chambellan  du  duc  de  Juliers,  épousa 
Marguerite  deMérode  de  Schlossberg,  en  1559;  il  conféra  la 


—  4»  - 

dure  de  GMkem  à  GiUea  Jfia^im  ;  ï  1^^399  i%i  J^n  ^  ^^yf[, 
seigneur /darQûUelurcben  ;  (b)  Adtm  ifi  fimff  4MUuii  ;  j[  c  )  Al  verta 
de  Sarff. 

Aj»Aif  i>B  H^Fir  4iK)ua9  Mj^rgMerile  d'Elz  dame  hëriti^ire  de 
Drinckboren  au  pays  de  Juliers.  Il  laissa  (a)  Adam  de  #^jf  qui 
soit;  (i»)lfai*giierite  de  Harif.<iui  ^fOM^  fteinier  de3^issel  d^ 
Gimenich,  seigneur  de  Schmiden. 

Adam  w  Sarpf,  seigneur  de  Dnnckl>oren,  époi^sa  en  premières 
noces  Elisabeth  de  Binsfeld  et  en  secondes  noces  Barbe  Van 
Briel.  Celle-ci  lui  survécut  et  hérita  les  terres  de  Gothem  et  de 
Driuckboren.  Elle  épousa  en  secondes  noces  Gérard  Van  Baeren 
qui  sui|t  : 

Gérard  Van  Bwnwfi  était  qapitaiae  au  service  /^  la  Holf^nde 
et  avait  â^  d'w  vPrenuQr  mi9i;iage  un  J^l^  np^wé  Jea9-  H  leiir 
naquit  ^  Uh>z  le  ^  m^rs  i6&^9  ufi  fil3  nomrpé  Je^in-François. 
En  1I6SB,  Van  Bf^rw  exerça  sqd  dro|it  4e  pfitronjage  sur  régli$e 
de  Gotbem  en  Ja  cpnfér^t  à  Mi9t,hias  Van  Geueo^n.  Bart^ 
Van  Briel  mourut  à  Gothem  le  â6  décembre  16$5  et  Gérard 
Van  Baeren  le  3  mars  1661.  Par  testament  conjoint  fait  à 
Waestricht  le  12  Juillet  1653,  ils  léguèrent  une  rente  de  16  1/3 
mesures  de  seigle  aux  pauvres  honteux  de  Gothem,  et  une  rente 
de  1  1/2  mesure  au  curé,  sous  la  condition  d'un  anniversaire 
auquel  les  pauvres  devaient  assister.  La  tutelle  de  leurs  enfants 
mineurs  fut  confiée  à  Thierri  Van  Baeren.  Leurs  propriétés  de 
Gothem  avec  le  droit  de  patronage  sur  l'église  furent  vendus  à 
lllric  Gluts  ou  à  son  successeur  Jacques-Robert  Meyers,  sei- 
gneur de  Gothem,  vers  l'an  1683. 

Gérard  Printe  de  Gothem,  écuyer,  hérita  le  chftteau-fort 
situé  au  centre  du  village.  Il  épousa  Elisabeth  Henriette  Bol- 
len.  Il  mourui  à  Gqthem  le  34  oct.  1358  et  y  fut  enterré  dans 
régUse.  Sa  pierre  sépulcrale,  qui  s'y  trouve  encore,  porte  l'ins- 
cription suivante  :  anno  dni  M-  CCC  LVIII  vigesima  quarîadU 
mmgU  aotobri^  obUt  Gerardus  Print  de  Gothem  armiger,  oraU  pro 

4 


—  80  — 

eo.  anno  dni  M.CCCC  III  die  mensis  octobrù  IlIIobiit  domi- 
cella  Elisabeth  Hen  Bollen  uxor  dicti  Gerardi,  orale  pro  ea. 

Un  autre  Gérard  Printe  de  Gothem,  qu'on  trouve  cité  de  1376 
à  1404,  et  qui  descendait  de  Guillaume  de  Gothem,  au  rapport 
de  Hemricourt,  était  sans  doute  le  fils  du  précédent.  Sa  fille 
épousa  Jean  BoUe  van  den  Wyngaerde  et  lui  apporta  la  terre 
de  Gothem  en  dot. 

Jean  Bolle  van  den  Wyngaerde  laissa  une  fille,  savoir  : 

Marguerite  van  den  Wyngaerde.  Elle  épousa,  par  traité  de 
juillet  1463,  Arnold  de  Horion,  dit  le  riche,  seigneur  d'Ordenge, 
et  lui  apporta  en  dot  sa  terre  de  Gothem.  Elle  la  résigna  en 
faveur  de  son  fils  Guillaume  de  Horion  et  celui-ci  en  fit  le  relief 
le  11  mars  1480  :  Guilhelmttë  de  Horion  relevavit  curiam  man- 
sionariorum  cum  vivario  continente  duo  bonnaria  terrœ  sita  in 
Gothem  per  resignationem  dhi  Amoldi  militis  tanquam  mambumi 
Marguaretae  mœ  uxoris  (fol.  47)  Arnold  de  Horion  mourut  le 
15  juin  1481  et  fut  enterré  dans  l'église  d'Ordenge.  Sa  veuve 
vivait  encore  le  1  sept.  1481. 

Guillaume  de  Horion,  seigneur  d'Ordenge,  Loye,  Reckoven, 
membre  de  l'État  noble,  épousa  Agnès  de  Wyngaerde.  Il  fit 
testament  le  28  oct.  1803.  Sa  veuve  vivait  encore  en  1517.  Ils 
laissèrent  plusieurs  enfants  :  (a)  Guillaume,  seigneur  d'Ordenge; 
(b)  Arnoul,  seigneur  de  Loye  et  de  Reckoven  ;  (c)  Herman  qui 
suit;  (d)  Conrard,  qui  suit  en  second  lieu;  {e)  Marguerite; 
(/)  Marie. 

Herman  de  Horion,  écuyer,  hérita  de  ses  parents  le  château 
de  Gothem ,  qu'il  habita  probablement.  Il  vivait  encore  en  1634. 
Il  laissa  sa  terre  de  Gothem  à  son  frère  Conrard  qui  suit  : 

CoNRARD  de  Horion,  seigneur  de  Golonster,  épousa  le  20  janv. 
1828  Madeleine  De  Lamarck,  veuve  de  Gérard  de  Ghoer,  dame 
de  Golonster  et  fille  naturelle  d'Everard  De  Lamarck  d'Aren- 
bergh.  Madeleine  mourut  le  16  sept.  1855  et  Conrard  le  6  juillet 


—  84  — 

1874  ;  il  furent  enterrés  dans  Féglise  de  Tilf.  Leurs  enfants 
furent;  (a)  Conrard  qui  suit;  (b)  Guillaume  qui  suit  en  secondlieu; 
(c)  Marguerite  qui  épousa  le  32  nov.  1852  Jean  d'Oignies;  (d) 
Walburge  qui  épousa  Adam  de  Kerckom  ;  (e)  Anne. 

GoNRARD  DE  HoRioN,  Iiaut-drossard  du  comté  de  Looz,  épousa 
Barbe  de  Hochkirchen.  Il  mourut  sans  hoirs  et  laissa  sa  terre 
de  Gothem  à  son  frère  Guillaume. 

Guillaume  de  Horion,  seigneur  de  Colonster,  épousa,  par 
contrat  du  21  mai  1877,  Catherine  de  Saint-Fontaine.  Des 
troupes  espagnoles  mutinées  s*éiant  emparées  du  fort  de  Die- 
penbeeck,  après  avoir  commis  des  déprédations  dans  le  comté 
de  Looz,  le  prince-évéque  Gérard  de  Groesbeck  chargea  Guil- 
laume de  Horion  de  les  en  déloger  et  mit  des  troupes  et  de 
rartilleri0  à  sa  disposition.  Guillaume  s'empara  du  fort  le  1  oct. 
1880  et  délivra  le  comté  de  Looz  du  fléau  des  mutinés  et 
des  Vrybuyters,  H  mourut  vers  1602  et  laissa  plusieurs  enfants, 
savoir:  (a)  Gérard  qui  suit; (6)  Marie  qui  épousa Gaspar  Scheifart 
de  Mérode,  seigneur  de  Glermont  près  de  Hervé  ;  (c)  Madeleine, 
qui  épousa  Etienne  de  Geloes  de  Nyswiler  ;  {d)  Marguerite  qui 
épousa  Thierri  de  Dobbelsteyn  ;  {e)  Angèle  abbesse  de  Vivegnis 
décédée  le  18  mars  1638. 

Gérard  de  Horion  hérita  les  terres  de  Colonster,  Angleur, 
Rethinne  et  Gothem.  Ferdinand  de  Bavière,  prince-évéque  de 
Liège,  lui  engagea  le  18  nov.  1619  «  ses  terres  et  seigneurie 
de  Gothem  ainsi  qu'elle  se  contient  entre  ses  situations  et  ses 
joindants  avec  la  juridiction  haute,  moyenne  et  basse,  droits 
seigneuriaux,  etc.,  et  ce  au  moyen  de  la  somme  de  deux  cents 
rixdalers  réellement  comptés  »  ;  par  cette  acte  le  prince  engagea 
beaucoup  moins  que  la  formule  n'exprime,  car  il  n'accorda  que 
le  droit  de  porter  le  titre  de  seigneur  de  Gothem  et  un  certain 
droit  sur  la  chasse  de  la  commune.  Gérard  de  Horion  épousa  en 
en  l'«*  noces  Anne  d'Amstenraad  de  Meer  et  en  2***«  noces 
Angèle  de  Wael  de  Yronenstein.  Le  8  février  1627,  il  fut  nommé 


—  82  — 

grand  bailli  du  comté  de  Looz.  Son  épouse  mourut  le  29  déc. 
1628.  Il  lui  survécut  jusqu'au  10  oct.  1683.  Il  laissa  de  sa 
seconde  épouse  :  (a)  Guillaufne  qui  suit  ;  {b)  Angële  qui  épousa  par 
traité  du  18  août  1668,  François  Nicolas  de  Haultepenne;  (c)  Fcr- 
dinande  qui  épousa  Gérard  de  HoUogne, 

Guillaume  de  Horion,  seigneur  de  Golonster,  Angleur,  Rétine, 
et  Gothem,  épousa  par  traité  du  6  avril  1688  Anne  Catherine  de 
Dobbelsteyn.  Le  14  nov.  1684,  il  fit  à  la  salle  du  Gurange  relief 
de  ses  biens  féodaux  de  Gothem.  Le  13  avril  1660,  il  vendit  à 
Ulric  Gluts  de  Tongres  «  sa  censé,  maison,  stabilleriers,  cher- 
waige,  jardins,  preits,  terres,  bois,  hayes,  appendices'et  dépen- 
dances qu'il  a  au  village  de  Gothem  »  pour  la  somme  de 
quinze  mille  florins,  sauf  qu'Ulric  Gluts  acquittera  les  rentes 
de  trois  muids  de  wassend  et  de  vingt  florins  de  Brabant  dont  la 
terre  est  chargée.  Le  10  juillet  1661,  il  lui  vendit  aussi  la  sei- 
gneurie de  Gothem  pour  la  somme  de  cents  ducats. 

Ulric  Gluts,  seigneur  de  Gothem ,  vient  y  fixer  sa  demeure. 
Je  ne  sais  s'il  conserva  longtemps  la  seigneurie  de  Gothem. 
On  lit  dans  les  registres  de  la  Chambre  des  finances  que  le  prince- 
évéque  retira  la  seigneurie  de  ses  mains  et  la  donna  à  Jean 
Guillaume  de  Scharenberg,  seigneur  de  Houpertingen  qui  la 
conserva  jusqu'à  sa  mort,  arrivée  en  1686.  D'un  autre  côté,  on 
trouve  dans  les  Gichtregister  du  banc  de  Grathem  qu'UIric  Gluts 
'céda  la  seigneurie  de  Gothem  à  Jean  Louis  baron  dlBlderen, 
doyen  de  S'-Lambert.  Celui-ci  envoya  son  chapelain  Ernest 
Peumans,  chanoine  de  S*-Materne,  pour  en  prendre  possession. 
La  cour  de  Grathem  l'en  mit  en  possession,  le  1«'  juin  1683,  de 
la  manière  suivante  :  «  Aen  die  gemeynte  ter  gewoenlycker 
plaetse  vercondicht  met  toeslemminge  ende  applaudatie  der 
sel  ver  gemeynte  ende  alsoo  voorders  synen  geconstitueerden 
geleyt  tôt  aen  die  kerkpoorte  des  dorps  hem  aldaer  in  handen 
stellende  den  rinck  der  selver  ende  vervolgens  tôt  in  die  kerxîke 
alwaer  hem  van  gelycken  in  handen  door  ons  gelevert  is  die 


—  sa  — 

coorde  der  klocke  die  hy  getrooken  heeft,  ailes  in  teecken  van 
réelle  ende  actuele  possessie  der  veorscrevea  heerlyckheyt 
ende  vaa  allen  rechteo  ende  dominie  daervan  dependeerende, 
jure  cujusUbei  8alvo,endG  mits  den  beboorlycken  ende  gerwoon- 
lycken  eede  die  den  voorscrevea  heer  geconstitueerde  in 
aniïïMm  donUni  mi  principalis  solemnelyck  iû  onse  handen 
gepresteert  beeft,  hetwelck  in  onser  boeden  gekeert  wierdt:  » 
(fol.  99). 

Jean  Guillaume  de  Scharenberg,  seigneur  de  Gotbem,  mourut 
en  1686.  A  la  demande  des  babitants  de  Gotbem,  le  prince- 
évéque  donna,  le  l^'  février  1686,  la  seigneurie  à  Jean  Charles 
d'Oyenbrugge,  comte  de  Duras  et  son  grand  cbancelier. 

Ulrio  Gluts  vivait  encore  en  1693.  Sa  fille  Marie  Catherine 
épousa  Jacques  Robert  Meyers  de  S^-Trond  et  obtint  la  terre  de 
Gothem. 

Jacques  Robert  Meyers  parait  avoir  habité  Gothem.  La 
seigneurie  de  Gothem  passa,  après  la  mort  du  comte  de  Duras, 
au  baron  de  Tollet.  Le  i  juin  1711,  elle  revint  et  fut  réunie  à  la 
Hense  épiscopale  par  la  permutation  en  faite  avec  le  baron  de 
ToUet  contre  la  seigneurie  d'Âelst.  Le  19  avril  1720,  le  prince- 
évéque  rengagea  «  à  Jacques  Meyers  (qui  ayant  sa  résidence  au 
dit  lieu,  relevant  comme  plein  fief  de  notre  table  de  Curange,  est 
un  de  nos  vassaux)  par  forme  d'échange  et  permutation  contre 
oO  flor.  de  rente  annuelle  que  nous  lui  devons  sur  les  revenus 
de  notre  récepte  d'Alken.  »  Jacques  Meyers  ne  la  garda  que 
jusqu'au  2  mai  1738.  Le  prince  la  retira  alors  de  ses  mains  et 
rengagea,  le  16 de  ce  mois,  à  Jean  Herman  de  Stockem,  sous  la 
condition  de  payer  une  rente  annuelle  de  30  florins  à  Jacques 
Meyers.  Le  19  septembre  de  la  même  année,  la  seigneurie  fut 
retirée  de  ses  mains  et  unie  à  la  Mense  épiscopale. 

Les  villages  du  banc  deGrathem,  savoir  :  Ru llecoven,  Kerniel, 
Cutteeoven,  Gothem  et  Hendriken  intentèrent,  vers  1714,  à  la 
ville  de  Looz  un  procès  touchant  les  limites  respectives.  La 


—  84  — 

ville  de  Looz  avait  établi  une  contribution  foncière  sur  les  terres 
situées  dans  son  ressort.  Les  habitants  des  villages  voisins  , 
voulant  soustraire  leurs  terres  à  cette  contribution,  tâchèrent 
de  restreindre  les  limites  de  la  commune  de  Looz.  Il  en  résulta 
un  procès  qui,  commencé  vers  1714,  ne  fut  terminé  qu'en  1738 
par  une  transaction.  Jacques  Meyers  l'avait  soutenu  au  nom  des 
villages  et  avait  avancé  en  leur  nom  et  à  leur  charge  la  somme 
de  13765  florins  pour  en  payer  les  frais.  Il  mourut  vers  la 
fin  de  l'année  1733  et  légua  son  droit  de  recours  sur  les  villages 
à  sa  fille  Isabelle  Meyers  ,  née  à  Gothem  le  35  mars  1684  et 
béguine  à  S.  Trond.  Celle-ci  réclama  la  somme.  Il  en  résulta 
un  nouveau  procès  qui  trainait  encore  devant  les  tribunaux  en 
1749.  Les  autres  enfants  de  Jacques  Meyers  furent  :  (a)  Etienne 
Joseph  qui  suit;  (b)  Ulric  Gilles,  né  à  S.  Trond  le  1«'  octobre  1688, 
qui  servit  en  1733  en  Espagne  comme  capitaine  de  troupes; 
{c)  Jeanne  Catherine  qui  épousa  Jean  Philippe  Kieldenroy. 

Etienne  Joseph  Meyers  épousa  Eugénie  Christine  Vandermeer. 
Il  reçut  en  engagère  la  seigneurie  de  Gothem  et  la  conserva 
jusqu'en  1744.  Le  chapitre  de  la  cathédrale  la  retira  alors  de  ses 
mains  et  l'engagea,  le  7  février  1744,  à  Jean  Herman  de  Stockera 
qui  l'avait  encore  eue  en  1738.  Elle  se  trouva  en  1749  entre  les 
mains  du  baron  de  Thiribu  de  Ryckel.  Etienne  Joseph  Meyers 
habita  Gothem  et  y  mourut  le  10  février  1751.  Le  curé  lui  donne, 
dans  ses  registres,  la  belle  qnalification  de  benefactor  noster, 
Etienne  Joseph  Meyers  eut  plusieurs  enfants  ;  (a)  Jeanne  Alber- 
tine  Victoire  née  à  Gothem  le  14  septembre  1710  ;  (b)  Jacques 
Otton  qui  suit;  (c)  Jean  Dominique  capitaine  dans  les  troupes 
impériales  ;  (d)  Marie  Agnès  qui  épousa  Laurent  Guillaume 
Vandermeer,  bourgme.>tre  de  Tongres;  (e)  Albin  Balthasar  capi- 
taine des  dragons  de  Tordre  teu tonique  au  service  de  l'empe- 
reur et  chambellan  (hoeveling)  de  l'archevêque  de  Cologne. 
(/)Anne  Marguerite  qui  épousaN.  Van  Ausseloos;  (j)  Marie  Jaco- 
bine qui  épousa  Jacques  Van  Meldert. 


—  86  -. 

Jacques  Otton  Mbtbrs,  recteur  du  bénéfice  de  S.  Catherine  à 
Grottem,  habitait  le  château  de  Gothem.Ii  y  mourut  le  31  juillet 
1787.  Par  testament  du  l'''  mars  1787,  il  institua  ses  héritiers 
son  frère  Jean  Dominique  et  les  enfants  de  sa  sœur  Marie  Agnès, 
avec  charge  de  donner  une  certaine  part  aux  trois  autres 
branches  de  la  famille.  Le  19  sept.  1787,  Jean  Dominique 
Meyers  vendit  sa  part  à  ses  trois  nièces  Vandermeer  pour  la 
somme  de  20,000  florins.  Le  13  octobre  1788,  toute  la  succession 
de  Jacques  Otton  Meyers  fut  vendue  pour  la  somme  de  91,200 
florins  à  Jacques  Roelants  de  Hasselt  ;  elle  comprenait,  d'après 
Tafiiche  de  vente,  «  un  bien  do  campagne  consistant  entre  80 
et  90  bonniers  dont  une  partie  relevant  de  la  salle  de  Gurange, 
composant  un  grand  fief.  Il  y  est  attaché  un  patronat  laïcal  qui 
donne  collation  de  la  cure  du  dit  village  avec  marguillerie,  un 
bénéfice  et  une  troisième  voix  pour  un  second  bénéfice.  Il  y  a 
aussi  un  moulin  à  huile,  bonne  censé  et  quartier  de  maître.  » 

Jacques  Roelants  fit  le  relief  de  ses  biens  féodaux  de  Gothem 
à  novo  domino,  le  11  juillet  1793,  et  laissa  sa  terre  de  Gothem  à 
son  fils  Guillaume. 

Guillaume  Roelants  épousa  Isabelle  de  Stappers.  Il  mourut  à 
Gothem  d'un  malheureux  accident,  le  18  février  1803,  à  l'âge  de 
46  ans. 


III 


LA  COMMUNAUTÉ  DE  GOTHEM. 


La  commune  de  Gothem  conserva  jusqu'en  1796  son  régime 
démocratique.  Les  bourgmestres  y  étaient  élus,  le  30  mars  de 
chaque  année,  par  la  généralité  des  habitants  devant  laquelle  ils 
devaient  rendre  compte  de  leur  administration.  Ils  n'avaient 


dârïs  léUt^  attributions  <{uê  la  gestion  jorotiialfèirè  ;  i\9  fài- 
saiérit  àdssi  lia  reôeCté  ded  l'eTènns  cfomâuriaux.  Quant  aut 
9Mtei  itnportfltiltès,  eiled  étaient  réservées  à  Ifoote  la  comtou^ 
natité. 

hèë  nombreaëefs  exactiofis  des  troupes  étrangères  eontrai-^ 
gftii*ëllt  la  doihmune  à  établir,  dàils  lof  seconde  moitié  do  XVIP 
siècle,  tine  contribetion  sur  les  biens  fonds  situés  dans  sa  oir- 
conscription.  Cette  contribution  était  ordinaireiàèAft  de  3  florins 
par  bonnier  appartenant  auié  habitants  de  la  Gommune  {Imme- 
boîuiers]  et  de  2  florins  par  bonnier  appartenant  à  des  étrangers 
(buUebônders).  Les  Tiefs  nobles  en  étaient  exempts  en  vertu 
d*uH  ancien  [jrivilége  des  nobles  du  comté  de  Looz.  On  voit 
dans  le  eompte  de  17S8  quMl  y  avait  141  bonnîers  internes  et  77 
bonniers  externes  et  que  le  feriùage  des  prés  communaux  rap- 
portait 132  florins. 

I/établIssement  de  la  contribution  foncière  amena  k  nomina- 
tion annuelle  de  deux  bourgmestres  dont  Tun  faisait  la  recette 
de  la  contribution  qui  pesait  sur  les  bonniers  internes  {binnebor- 
gemeester)  et  l'autre  celle  de  la  contribution  qui  pesait  sur  les 
bonniers  externes  (buiteborgemeester). 

Depuis  Tannée  1693  jusqu'en  l'année  1734,  une  fraction 
notable  de  la  commune  se  trouva  souvent  en  conflit  et  en  procès 
avec  Jacques-Robert  Meyers,  propriétaire  du  château,  principa- 
lement au  sujet  des  couiributions  communales.  Celui-ci  soute- 
nait que  ses  biens  féodaux  en  étaient  exempts  et  qu'en  vertu  d'un 
ancien  usage,  il  ne  devait  payer  que  le  quart  dans  les  charges 
communales.  Par  une  transaction  conclue  le  17  décembre 
1694,  la  commune  accorda  h  Meyers  que  quinze  dé  ses  bonniers 
seraient  exempts  de  l'impôt  foncier,  à  titre  de  biens  féodaux, 
jusqu'à  ce  qu'il  eut  donné  un  état  détaillé  de  ce  genre  de  biens, 
mais  cet  état  ne  fut  jamais  fourni.  Le  31  décembre  1706,  il  acheta 
de  la  commune  quatre  pièces  de  prés  communaux  en  la  déchar- 
geant d'une  rente  de  69  florins  au  taux  de  cinq  pour  cent.  De 
nouvelles  contestations  furent  terminées  par  une  transaction  du 


—  W  — 

9  jtiiii  1726  ;  par  oet  aeie  Meyers  fail  oondoaaAion  à  la  eonumine 
d'un  ôapiial  de  HHQ  florins  prêtés  à  celle-ci  par  Ulric  GIaiIs,. 
ainsi  que  des  intérâts  échus  ;  la  comiaune  de  son  côté  loi  accorde 
le  retenu  du  péage  établi  sur  les  deux  ponts  sous  la  coQdJtioD 
qu'il  les  eutrelieodrat  elle  exempte  encore  ciaq  de  ses  bonniers 
de  l'impôt  foncier  et  reoonnatt  les  privilèges  de  sa  brasserie 
banale  {ban  pamhuy$).  Un  nouveau  contrat  du  H  janvier  1731 
donna  lieu  k  de  nouveaux  procès  ;  «  le  seigneur  premier  corn-' 
parant^  est-^îl  dit  dans  ce  coflUrat*  laissera  faire  aux  seconds 
oomparants^  au  travers  de  son  grand  enclos  et  de  son  long  pré» 
une  rue  ou  chemin  aussi  large  que  celle  qui  passe  devant  la 
maison  de  leur  mayeur,  en  droiture  sur  la  ligne  de  la  baie 
plantée  entre  le  jardin,  dit,  fontem  hoU  par  le  mairafs  ou  pré,  dit, 
het  virkenibroeck  jusqu'à  la  campagne  ob  il  leur  sera  permis 
d'entrer  avec  charriots  et  charrettes  pour  faire  la  récolte  et 
engraisser  ta  terre  ;  sur  quelle  rue  ou  chemin  le  sieur  premier 
comparant  se  réserve  le  droit  de  pouvoir  à  toujours  pour  son 
profit  et  de  ses  successeurs  et  représentants  planter  une  drève 
d'arbresi  comme  aussi  une  rangée  &  chaque  côté  du  ruisseau  ou 
aqueduc,  dit,  de  logenbeeek  qui  correspondent  sur  les  autres 
drèves,  sans  que  la  communauté  y  pourra  jamais  planter;  et  fera 
le  seigneui*  premier  comparant  à  ses  frais  un  autre  ruisseau  ou 
aqnéduo  depuis  le  pont,  dit,  *s  groMnbrugge ^  jusqu'à  la  dite 
drève,  dont  par  le  déeoulement  de  l'eau  tous  les  prés  de  Faten- 
tour  deviendront  une  fois  meilleurs,  et  particulièrement  le 
susdit  Venbroeck^  lequel  en  pourra  arborer  jusqu'à  la  commu- 
nauté de  Voordt;  et  domme  sur  le  dit  ruisseau  il  faudra  deux 
ponts,  le  seigneur  premier  comparant  achètera  de  son  argent 
sur  le  lieu  toutes  les  bleues  pierres  pour  ce  nécessaire,  comme 
aussi  les  briques  et  pierres  de  pavé  et  devront  tous  manouvriers 
y  travailler  ou  assister  seulement  quatorze  jours  à  leur  commo- 
dité et  les  censiers  faire  toutes  les  voitures  nécessaires;  et  le 
chemin,  dit^  dé  helstege,  restera  en  partie  pour  avoir  accès  aux 
trois  maisons  et  biens  situés  vers  l'endroit  nommé  houtebrocck. 


—  58  — 

Dont  pour  récompense  de  la  perte  de  son  fonds,  le  seigneur 
premier  comparant  profitera  des  dites  drèves  sur  le  pré,  dit, 
het  Verkensbroeck,  avec  les  deux  petites  pièces  situées  entre  le 
petit  pont  et  le  ruisseau  du  moulin  proche  le  lieu,  dit,  hemelinck^ 
comme  aussi,  des  deux  autres  piécettes  restantes  du  dit  chemin, 
dit,  helstege,  lesquelles  il  pourra  incorporer,  savoir,  sur  la  ligne 
de  la  maison  du  susdit  André  vers  le  ruisseau  et  de  la  maison 
de  Jacques  Adons  d'amont  ;  et  la  petite  pièce  qui  restera  entre 
la  dite  drève  et  le  pré  du  sieur  Melotte,  il  la  laissera  échanger 
sur  ce  que  le  ruisseau  ou  aqueduc  prendra  hors  de  ce  pré,  à 
mesure  égale,  et  en  cas  qu'il  y  eut  plus  de  mesure  que  dans 
cette  pièce,  le  seigneur  premier  comparant  devra  la  bonifier  au 
sieur  Denis  Melotte  ici  présent  et  l'agréant  sur  le  même  pied 
et  à  proprotion  que  cette  communauté  en  a  profité  du  dit 
Melotte,  bien  entendu  que  le  ruisseau  avec  encore  quatre  pieds 
au-delà  en  longueur  sera  mesuré  et  bonifié  au  dit  Melotte  par 
le  premier  comparant  à  condition  qu'icelui  et  ses  successeurs  y 
pourront  toujours  le  long  du  ruisseau  planter  pour  leur  profit 
une  rangée  d'arbres  correspondant  aux  autres  drèves  que  le 
premier  comparant  y  a  à  l'entour,  sans  que  le  dit  Melotte  ou 
ses  successeurs  y  pourront  jamais  planter.  »  Le  procès  occa- 
sionné par  ce  contrat  fut  terminé  par  la  transaction  du  29  mars 
1731  qui  confirma  tous  les  contrats  antérieurs  de  1694,  1706, 
1720  et  1737  et  mit  tous  les  frais  du  dernier  procès  à  la  charge 
de  la  commune. 

Me^ers  mourut  vers  la  fin  de  1733.  Le  17  décembre  de  cette 
année,  tous  les  habitants  se  réunirent  et  décidèrent  qu'on  prie- 
rait le  prince  d'accorder  la  seigneurie  de  Gothem  à  quelqu'un 
qui  ne  leur  suscite  ni  difiicultés  ni  procès.  Leur  prière  ne  fut 
point  exaucée.  Etienne-Joseph  Meyers  obtint  la  seigneurie  en 
engagère  et  se  maintint  en  possession  de  tout  ce  qui  avait  été 
accordé  à  son  père.  La  minorité  indépendante  des  habitants 
sollicita, dès  lors,  devant  le  Conseil-privé,  l'annulation  de  tous 
les  contrats  que  la  commune  avait  passés  avec  Jacques-Robert 


—  89  — 

Meyers,  sous  le  prétexte  que  ceux  qui  y  étaient  intervenus 
dépendaient  de  ce  dernier  et  n'avaient  pas  pu  s'y  opposer. 
Deux  députés  du  Conseil-privé,  l'archidiacre  baron  de  Horion 
et  le  baron  de  Méan,  se  rendirent  à  Gothem  au  mois  de  juin 
1734  et  réconcilièrent  les  partis,  tout  en  maintenant  les  con- 
trats antérieurs. 


IV. 


LISTE  DE  BOURGMESTRES  (»). 


1675  Sebastien  Willems. 

1676  Sebastien  Willems. 

1677  Renier  Van  Alcken. 
1696  Daniel  Daniels. 
1720  Henri  Kunnen. 

1725  Henri  Kunnen. 

1726  Henri  Kunnen. 

1727  Henri  Kunnen. 

1728  André  André. 

1729  André  André. 
i733  Lievin  Cornelis. 

1738  Hermann  de  Drye  et  Jean 

Quets. 
1741  Gilbert  Cornelis. 

1747  Daniel  Foury. 

1748  Daniel  Foury  et  Arnold 
Abeels 

1749  Daniel   Foury   et    Jean 
Quets. 

1750  André  And  ré  et  Jean  Quets. 
1781  Gilbert  Cornelis  et  Daniel 

Foury. 
17S2  Jean  Quets  et  Guil.  Van 
Eiitbroeck. 


1753  Gérard  Van  Langenacker 

et  Jean  Quets. 
1784  Daniel  Foury  et  Guil.  Van 

Entbroeck. 
1788  DanielFoury  et  Jean  Quets. 

1786  Guillaume  Van  Entbroeck 
et  Daniel  Foury. 

1787  Arnold  Renaerts. 

1788  Guillaume  Van  Entbroeck 
et  Jean  Quets. 

1763  Guil.  Van  Entbroeck  et 
Michel  Grooten. 

1764  Henri  de   Drye  et  Guil. 
Van  Entbroeck. 

1766  Guil.  Van  Entbroeck  et  Da- 
niel Foury. 

1767  Henri  de  Drye  et  François 

1768  Guil'.  Van  Entbroeck  et 
Daniel  Foury. 

1769.  Guil.  Van  Entbroeck  et 
Michel  Grooten. 

1770  Gérard  Van  Langenacker. 

1771  Daniel  Foury. 


(')  Les  aDciennes  archives  de  la  commune  ne  comprennent  plus  que  quelques 
comptes  et  quittances  et  deux  ou  trois  dossiers  de  procès.  C'est  de  ces  pièces  que 
nous  avons  tiré  les  noms  de  plusieurs  bourgmestres. 


—  m  — 

1774  Guil.  Vao  Entbpoeck.        1786  Guil.  Van  Eotbrodck  et 
1778  Guil.  Van  Entbroeck.  Jean  Foury. 

1776  Arnold  Renaerts  et  Guil.  1796  Daniel  Foury. 


Van  Entbroeck. 

1779  Jean  Foury. 

1780  Jean  Foury. 

1782  Arnold  Renaerts. 

1783  Arnold  Renaerts. 

1785  Arnold  Renaerts  et  Jean 
Foury. 


1799  Jean  Grooten. 
1800-180.4  Aubert  Briers. 
1809-1820  Daniel  Foury. 
1820-1836  Arnold  Bartholeyns. 
1836-1883  Gérard  Van  Nitzen. 
1883  Winand  Thys. 


Il  y  avait  à  Gothem  une  famille  qui  a  fourni  plusieurs  prêtres 
à  rÉglise.  Nous  en  donnerons  ici  un  fragment  généalogique  : 

Marie  Van  Algkbn,  propriétaire  de  la  ferme  qui  longe  La 
Wolfstraat ,  épousa  Gilles  Melotte,  dont  elle  eut  plusieurs 
enfants  :  (a)  Denis  Melotte  qui  suit;  (b)  Gilles  Metotte,  curé  à 
Horpmael;  (c)  Jean  Melotte  curé  à  Attenkoven  ;  (d)  Nicolas 
Melotte»  curé  à  Hex. 

Deois  Melotte  épousa  le  19  mai  1718  Anne  Bellefroid,  fille 
de  Lambert  Bellefroid,  mayeur  de  Hex.  Il  eut  plusieurs  enfants, 
parmi  lesquels  il  y  avait  :  (a)  Lambert  Melotte  ,  curé  à  Atten- 
hoven  en  1760  \(b)  Anne  Catherine  Melotte  qui  suit. 

Anne  Catherine  Melotte  épousa  en  1748  Guillaume  Van  Ent- 
broeck. Il  leur  naquit  plusieurs  enfants  à  Gothem ,  savoir  : 
(a)  Jean  Van  Entbroeck,  bénéficier  de  la  collégiale  à  Bruxelles; 
{b)  Jérôme  Van  Entbroeck,  père  récollet  à  Liège;  ic)  Denis  Van 
Entbroeck,  bénéficier  des  églises  de  Neerwinden  et  de  Raetsho- 
ven  ;  (d)  Guillaume  Van  Entbroeck,  curé  d'Attenhoven  en  1797; 
(e)  Marie  Van  Entbroeck  qui  suit  : 

Marie  Van  Enlbroeck,  née  le  21  septembre  1749,  épousa  Jean 
Wagemans  de  Wellen,  dont  elle  eut  plusieui*s  enfants ,  parmi 
lesquels  il  y  a  Isabelle  Wagemans  qui  suit. 


-  «1  — 

Isabelle  Wagbmans  a  épousé  Amold  'Bartholeyns  ;  son  fils 
Robert  Bartholeyns  fut  curé  à  Godscbeid  et  son  'fils  Henri 
Bartholeyns  est  actuellement  curé  à  lixfae. 


VL 


DOCUMENTS  HISTORIQUES. 


I. 


VISITE  ARCHIDI\CONALG   DE  l'ÉGLISE   DE  GOTHEM,  8   OCTOJNHB  ii6S8. 

Eadem  die  visitata  ecclesia  de  Gothem,  intégra,  sub  invoca- 
tione  S.  Dionysii,  eu  jus  rectorest  D.  Matheus  Van  Genechten 
absens  et  dicitur  ab  octiduo  ivisse  ad  suos  parentes  in  Gampi- 
niam  et  Brigittî&itidie.domiikiea  uUima  fècerunt  ofiicium.  GoUa- 
tor  est  Dominus  temporalis  de  Drinckborn  dominus  temporalis 
loci  et  quidam  Van  Baren  uti  possideos  coloniam  dicti  domini 
de  Drinckborn  in  hoc  pago  sitam  ultimo  loco  oontulit.  Décimas 
omnes  possidet  domina  de  Herckenrode.  Asservatur  Venerabile 
in  muro  prope  altare ,  et  est  lampas  sed  non  est  lumen  conti- 
nuum.  Reperta  pixis  Venerabilis  cuprea  salis  indecens  ;  vascula 
sacrorum  oleorum  stannea  ;  nuUa  remonstrantia  ;  calix  unicus, 
cuppa  et  patena  argenteis,  pede  cupreo  ;  sunt  très  mappse,  unum 
antipendium;  très  casulae;  très  albae.  Sunt  circiter  50  dumtaxat 
communicantes. 

Baptisterium  est  clausum  et  matricularius  non  habet  clavem 
sed  credunt  pastorem  reliquisse  in  manibus  pastoris  de  Hou- 
pertingen  vicini.  Ecclesia  est  obscura  habens  dumtaxat  ab  una 
parte  fenestras  ;  indiget  dealbatione  prout  et  chorus.  Gœmete- 
rium  non  est  bene  cinctum  et  pervium  pecoribus.  Vestibulum 
et  mûri  appendicum  prout  et  turris  minantur  ruinam  et  magna 
indigent  reparatione. 


—  62  — 

Sunt  duo  altaria  fundata  in  hac  ecclesia:  unum  sub  invoca- 
tione  B.  M.  V.  cujus  rector  est  D.  Nicolarts  canonicus  S.  Joban- 
nis;  deservitur  modo  à  pastore  de  Cuttecoven  per  missam  in 
septimana.  Aliud  est  sub  invocatione  S.  Galharinae  cujus  rector 
est  D.  Petit-Jean  pastor  de  Rockelenge  et  fructus  ob  defectum 
ornamentorum  sunt  arrestati  ;  deservitur  à  pastore  de  Gothem 
per  missam  in  septimana. 

Fabrica  habet  S  1/2  modios  siliginis  et  est  lis  pro  uno  alio 
modio.  Mamburnus  est  Nicoiaus  ab  Aiken.  Pauperes  habent 
quinque  vel  circiter  modios  siliginis.  Mamburnus  est  Johannes 
Lîbrechts.  Renovantur  autem  singulis  annis  et  redduntur  bene 
computus. 

Sunt  duse  campanae. 


II. 


VISITE  ARCmOlACONALE  DE   l'ÉGLISE    DE  GOTHEM,   1786. 

Ecclesia  parochialis  de  Gothem  quae  dicitur  quarta  capella 
de  Cuttecoven.  Rector  est  Joh.  Goelmont  institutus  ab  archidia- 
cono  ad  praesentationem  domini  Jacobi  Meyers  uti  possessoris 
bonorum  quibus  annexumest  jus  patronatus. 

Rescribitur  ad  30  modios  speltse  partim  ratione  reddituum, 
partim  etiam  ratione  terrarum  arabilium. 

A  cornu  epistolae  situm  est  altare  sub  invocatione  S.  Gatha- 
rinae  cujus  rector  est  Nicoiaus  Melotte  pastor  in  Hex  institutus 
ab  archidiacono  ad  praesentationem  dicti  domini  Meyers,  uti 
possessoris  bonorum  cui  annexum  jus  patronatus  ;  tenetur 
ad  missam  septimanalem. 

A  cornu  evangelii  stat  aliud  beneficium  sub  invocatione  B. 
M.  V.  cujus  rector  est  Richardus  Lochtenberg  institutus  ab 
archidiacono  ad  praesentationem  laicalem,  sednescitur  prsecise 
quis  sit  collator,  tenetur  ad  duas  missas  septemanales. 


—  63  — 

FabricsB  proventus  ascendunt  annue  ad  20  vasa  siliginis 
mensuraB  Lossensiset  10  boDiiaria  terrse,  oneratur  tamen  annua- 
tim  30  vasis  siliginis  ergo  matricularium,  deinde  erga  diverses 
alios  38  vasis  ;  item  tribus  florenis  annue  pastori  de  Guttecoven 
solvi  solitis  pro  recognitione  fontis  baptismalis. 

Proventus  pauperum  consistunt  in  sexdecim  bonariis  et  14 
virgatis,  item  in  12  vasis  siliginis  in  pisto  pane  distribuendis, 
item  in  tribus  vasis  frumenti  et  5  flor.  br.  —  Onera  vero 
consistunt  in  38  vasis  erga  pastorem ,  in  2  vasis  erga  matri- 
cularium  et  in  7 1{2  erga  rectorem  altaris  B.  M.  V. 

In  turri  sunt  duaa  campanae. 


NOTICE  HISTORIQUE 


SUR 


BROUCKOM 


I 


L'EGLISE  DE  BROUCKOM  (i). 


L'origine  de  l'église  de  Brouckom  est  inconnue.  Il  existe  un 
diplôme  par  lequel  Louis-le-Débonnaire  donne  à  Fuleharicus, 
évêque  de  Tongres,  pour  son  église  cathédrale»  ses  biens  situés 
au  village  de  Promhem  au  pagus  de  Vitachgowl^  savoir  :  sa  ferme 
impériale,  ses  terres  exploitées  soit  par  des  hommes  libres, 
soit  par  des  serfs,  l'église  avec  ses  dîmes,  les  esclaves  de  l'un 
et  de  l'autre  sexe,  etc.  Ce  diplôme  est  daté  d'Aix-la-Ghapelle  du 
VI  des  Calendes  de  mai,  de  la  YIII*  indiction  et  de  la  XIII« 
année  du  règne  de  l'empereur  Louis.  Il  se  trouve  transcrit  au 
premier  livre  du  cartulaire  de  S.  Lambert  écrit  vers  l'an  1300. 

(i)  Le  nom  primitif  doit  avoir  été  Broeek-Heim,  hsbitatioDS  près  des  msrais. 


—  es*— 

Aux  yeux  de' plusieurs  écrivains,  ce  PromAem*  n^est  autre  que 
Brouckom.  Ce  qui  tend  à  le  confirmer,  c'est  que  le  chapitre  de 
S.  Lambert  a  été,  dès  lès  temps  anciens,  seigneur  de  Brouckom  ; 
mais  d'un  autre  côté,  Brouckom  est  situé  dans  la  Hesbàye  (Aeu- 
pengauw)  et  le  territoire  compris  dans  la  Hesbaye  portait  d^à' 
ce  nom  avant  Tan  746.  C'est  ainsi  qu'on  trouve  les  expressions 
in  pago  hasbaniensU  dans  des  chartes  de  746,  779,  800,  83i, 
832,  837,  838,  844,  870,  etc. 

^authenticité  de  la  charte  de  Louis-le-Débonnaire  est  trës- 
contestée,  à  cause  des  grandes  difiicultés  qu'elle  présente. 

Louis-le-Débonnaire  fut  associé  à  l'empire  par  son  père  Ghar- 
lemagne  au  mois  de  septembre  813  h  la  diète  d'Aix;  mais  il  ne 
prit  les  rênes  du  gouvernement  en  mains  que  le  28  janvier  814, 
après  la  mort  de  son  père.  C'est  de  cette  dernière  époque  qu'il 
date  les  années  de  son  règne.  Les  indictions,  dont  il  s'est  servi 
dans  ses  chartes,  commencent  au  l'''  septembre,  et  partent  de 
l'an  313,  c'est-à-dire,  que  le  commencement  de  son  règne  tombe 
dans  la  YII«  indiction.  C'est  là  la  chronologie  ordinaire  des 
chartes  de  Louis-le-Débonnaire,  et  celles  dans  lesquelles  on 
trouve  une  autre  chronologie  sont  probablement  apocryphes. 

Le  VI  des  calendes  de  mai  de  la  VIII"  indiction,  date  de  la 
charte  en  question,  répond  au  26  avril  815  et  au  26  avril  830; 
l'indiction ,  en  effet,  est  une  période  de  15  ans.  Or,  ni  Tune  ni 
l'autre  de  ces  dates  ne  concorde  avec  le  26  avril  de  la  XII^ 
année  du  règne  de  Louis,  c'est-à-dire  de  l'an  826  qui  figure  égale- 
ment au  bas  de  la  charte.  On  pourrait  lever  cette  difiiculté,  en 
disant  que  dans  l'original  de  cette  charte  qui  repose  aux  ar- 
chives à  Liège,  il  faut  lire  la  XVII«  au  lieu  de  la  XIIP  année 
du  règne  de  Louis,  et ,  en  effet,  les  chiffres  romains  qui  indi- 
quent l'année  du  règne  ne  sont  pas  très-bien  écrits. 

Il  est  dit  dans  la  charte  que  c'est  Fulcharicus ,  évéque  de 

Tongres^  qui  a  demandé  cette  donation  pour  son  église;  or  c'était 

l'évéque  Walcand  qui  occupait  le  siège  épiscopal  de  810  à  832. 

Il  y  a  bien  eu  un  évéque  de  Tongres  du  nom  de  Fulcaire,  mais 

6 


—  66  — 

il  gouvernait  le  diocèse  de  746  à  768.  Cette  difficulté  nous  parait 
insoluble,  d'autant  plus  que  leXIIP  des  calendes  de  mai,  de  la 
XVIII®  année  du  règne  de  Louis,  de  la  IX*  indiction,  c'est-à- 
dire,  le  19  avril  831,  cet  empereur  autorise  Walcand,  évêque  de 
Tongres,  à  faire  avec  Norduin  un  échange  de  biens  de  son  église, 
situés  à  Villers  dans  le  pagus  de  la  Hesbaye  (V.  Chapeaville,  1, 
184).  Il  n*est  guère  admissible  que  le  même  évêque  ait  porté 
les  deux  noms  de  Walcandus  et  de  Fukharicus^  ni  que  le  notaire 
du  chancelier  se  soit  trompé  de  nom  dans  la  rédaction  de  la 
pièce. 

La  paroisse  de  Brouckom  fut  démembrée  de  celle  de  Looz  à 
une  époque  qui  m'est'inconnue,  mais  qui  est  certainement  anté- 
rieure à  Tan  1278.  Dans  l'acte  de  démembrement,  on  réserva 
plusieurs  droits  à  Téglise-mère,  à  savoir,  que  les  paroissiens  de 
Brouckom  seraient  baptisés  à  Looz  et  que  le  curé  de  cette 
ville  leur  administrerait  les  derniers  sacrements,  chanterait 
leurs  obsèques  dans  son  église  et  nommerait  les  curés  de  la 
nouvelle  paroisse. 

Les  curés  de  Looz  ont  exercé  ce  droit  de  nomination  jusqu'à 
la  fin  duXYlIP  siècle,  mais  ils  ont  renoncé  à  leurs  autres  droits 
moyennant  des  rentes  annuelles  à  leur  payer  par  les  curés  de 
Brouckom.  Déjà  avant  le  XYI""  siècle,  ils  avaient  autorisé  les 
fonts  baptismaux  à  Brouckom  contre  une  rente  de  XX  solidi  qui 
valaient  deux  florins  de  Rhin  ou  40  sous  de  Brabant  en  1888. 

L'église  de  Brouckom  était  dédiée  à  S.  Lambert.  Il  y  avait 
un  bénéfice  simple  en  l'honneur  de  la  Ste- Vierge,  fondée  avant 
l'an  1477. 

GoDEFROiD  est  le  plus  ancien  curé  connu.  On  le  trouve  cité  en 
1319. 

Lambert  cité  en  1387. 

Jacques  cité  en  1382. 

Jean  Tewis  qui  fonda  une  messe  hebdomadaire. 

Jean  Dryers  qui  fonda  aussi  une  messe  hebdomadaire. 


-67- 

Arnold  Dryers  résigna  sa  cure  et  mourut  le  10  février  1804. 
Henri  Winckelmans  résigna  sa  cure  en  1801. 

Henri  Poelmans  de  Stevoort  fuinommé  en  1801.  Il  est  encore 
cité  en  1813. 

Henri  Proesmans. 

Jacques  Humes,  déjà  cité  en  1824,  ne  parait  point  avoir  résidé. 
Il  mourut  le  13  mai  1841. 

Gobrelin  Coppen  résigna  sa  cure  en  faveur  de  Walter 
Bartholeyns  et  se  réserva  avec  l'autorisation  du  Pape  une 
pension  de  10  florins  d'or. 

Walter  Bartholeyns  ne  parait  point  avoir  résidé.  Il  fit 
desservir  la  paroisse  par  Faslrard  Persoens.  En  1889,  il  résigna 
sa  cure  en  faveur  de  Jean  Nicolai. 

Jean  Nicolai  (Jean  Glaes)  defirouckom  fut  nommé  en  1889.11 
parait  qu'il  habita  Looz  où  il  obtint  en  1878  le  bénéfice  des 
Trois  Rois.  Le  chapitre  de  Looz  l'autorisa  à  desservir  à  la  fois 
son  bénéfice  et  sa  paroisse.  Il  mourut  en  1887. 

Lambert  De  Monte  fut  nommé  en  1888  par  Gielkens,  curé 
de  Looz»  mais  Farchidiacre  de  la  Hesbaye,  se  fondant  sur  un 
droit  de  dévolution,  parce  que  la  cure  n'avait  pas  été  conférée 
dans  le  terme  voulu,  la  conféra  à  Gérard  Rouckart.  Toutefois 
celui-ci  parait  avoir  renoncé  à  ses  prétentions. 

ANDRÉ  DE  Florido  Gampo  cst  cité  OU  1897.  En  1899,  il  fut  élu 
chanoine-chanire  du  chapitre  de  Looz.  Il  est  probable  qu'il 
résigna  alors  sa  cure. 

Jean  Vandergeeten  de  Milddelheer.  Ge  fut  sous  ce  curé  que 
la  communauté  de  Brouckom  soutint  un  long  procès  contre  le 
chapitre  de  Looz  au  sujet  de  la  reconstruction  de  l'église  qui 
tombait  en  ruines.  Elle  prétendait  que  le  chapitre,  percevant 
les  dimes  de  la  paroisse,  était  tenu,  à  ce  titre,  de  reconstruire 
l'église.  L'aflTaire  fut  poi1;ée  devant  les  tribunaux  ordinaires. 


—  68  — 

Trois  sentences  conformes  en  émanèrent  en  faveur  de  la 
communauté.  Le  chapitre  recourut  au  Pape  et  lui  demanda  le 
bénéfice  de  la  révision  sous  le  prétexte  qu'il  venait  de  découvrir 
de  nouveaux  documents  propres  à  faire  réformer  les  trois 
sentences.  Le  pape  Clément  VIII  chargea,  le  13  février  1604, 
Gérard  Loers,  doyen  de  S.  Barthélémy,  de  citer  les  parties, 
d'examiner  les  nouveaux  documents  et  de  confirmer  les  trois 
sentences  ou  d'accorder  le  bénéfice  de  la  révision.  Le  doyen 
confirma  les  sentences  et  le  chapitre  fut  obligé  de  reconstruire 
l'église.  Le  curé  mourut  au  mois  d'août  1635. 

Pierre  Daniels,  1635-1685.  Il  obtint,  le  6  novembre  1642, 
l'incorporation  du  bénéfice  de  la  Vierge  à  la  cure. 

Robert  Van  Malle,  1655*1676.  Ce  fut  sous  ce  curé,  savoir,  le 
8  octobre  1658,  que  le  délégué  de  l'archidiacre.  Renier  Geloes, 
curé  de  Zonhoven  et  doyen  du  concile,  fît  la  visite  de  l'église. 
A  cette  époque,  le  mobilier  de  l'église  était  assez  médiocre,  la 
population  de  la  paroisse  était  de  100  communiants  et  les  pauvres 
avaient  un  revenu  de  6  muids  d'épeautre. 

LiBERT  Tercaefs  dc  Boeshoven  fut  nommé  curé  au  mois  d'oc- 
tobre 1676.  Il  mourut  à  Brouckom,  le  12  décembre  1694  et  fut 
enterré  au  chœur  de  l'église. 

André  Driessen  de  Genoels-EIderen ,  1695-1721.  Le  Pape 
l'autorisa  à  cumuler  avec  sa  cure  un  canonicat  de  l'église  de 
Looz. 

Jean  Wilsens,  1722-1724. 

Jean  Bohée  fut  nommé  au  mois  de  juin  1724.  Sous  son  pastO'- 
rat,  la  population  de  la  paroisse  était  de  100  communiants;  la 
Meuse  des  pauvres  avait  un  revenu  de  54  mesures  de  seigle  et 
de  24  florins.  Le  curé  mourut  le  27  novembre  1749. 

Jean  Box,  obtint,  en  1749,  la  cure  de  Brouckom  de  son  frère 
Pierre  Box  qui  en  était  collateur  en  sa  qualité  de  curé  de  Looz. 
En  1759,  le  chapitre  de  Looz  adjugea  ses  dîmes  sous  Brouckom 


—  «9  — 

pour  286  mesures  de  seigle,  134  de  froment,  134  d'orge  et  206 
d*avoine.  Ce  fut  sous  le  curé  Box,  à  savoir  en  1784,  que  le  cha- 
pitre de  Looz  fit  reconstruire  l'église  après  avoir  fait  une  con- 
vention avec  la  communauté  à  ce  sujet.  Il  fit  également  re- 
fondre par  Schaudoir  de  Liège  la  cloche  décimale  qui  pèse 
642  livres.  Box  fit  de  bons  legs  aux  pauvres  et  à  l'église  et 
mourut  le  12  août  1789,  à  l'âge  de  86  ans. 

Nicolas  Joseph  Box,  neveu  du  précédent,  obtint  la  cure  de 
Brouckom  par  la  résignation  que  son  oncle  en  fit  en  cour 
romaine.  Pendant  la  révolution  française  il  resta  fidèle  à  son 
devoir,  refusa  de  prêter  le  serment  de  haine  et  fut  pour  cette 
raison  condamné  à  la  déportation  le  4  novembre  1798  ;  cepen- 
pendant  il  ne  la  subit  point,  étant  parvenu  à  se  soustraire  à  la 
poursuite  des  gendarmes.  Il  resta  curé  de  Brouckom  à  la 
réorganisation  des  paroisses  et  y  mourut  le  14  juillet  1806. 

Guillaume  Nartus  de  Tongres,  résigna  la  cure  de  Gothem  et 
obtint  celle  de  Brouckom  en  1806.  Après  l'avoir  administrée 
pendant  17  ans^  il  la  résigna  en  1823.  Il  remplit  ensuite  les 
fonctions  de  curé,  encore  pendant  quelques  années,  à  ViUers 
S.  Siméon,  puis  il  se  retira  à  l'hermitage  de  Yryherne  où  il 
mourut  le  6  juillet  1889,  à  l'âge  de  90  ans. 

J.-B.-H.  Degreef  de  Brouckom,  1824-1839. 

EvERARD  LovERix  dc  Sussou,  1839-1847.  Ce  fut  sous  ce  curé 
que  la  commune  fit  construire  un  nouveau  presbytère. 

Martin  Neven  de  Hendriken,  1848,  qui  est  aujourd'hui  curé- 
doyen  de  Bilsen. 

Théodore  Steybns  de  Yeldwezelt,  1848-1860. 

Jean-Louis  Blavier  d'Overwinden,  1860-1868. 


-70  — 


II 


SEIGNEURIES  DE  BROUCKOM  ET  DE  SASSENBROECK. 

Brouckom  était  une  seigneurie  du  chapitre  S.  Lambert  qui 
nommait  le  mayeur,  les  échevins  et  le  secrétaire  de  la  Cour 
de  justice.  De  cette  Cour  on  appelait,  non  à  celle  de  Vliermael, 
mais  à  celle  des  échevins  de  Liège,  parce  que  Brouckom  suivait 
la  loi  Liégeoise.  Le  plus  ancien  acte  connu  de  la  cour  de 
Brouckom  est  du  1^  mars  1387  ;  à  cette  époque  elle  n'avait  pas 
encore  de  sceau,  car  elle  pria  le  curé  Lambert  d'apposer  le 
sien  à  cet  acte. 

En  1319,  il  y  eut  des  contestations  entre  le  chapitre  et 
Arnoul  V,  comte  de  Looz ,  au  sujet  «  delle  haulteur  et  justice 
délie  ville  de  Brouchhem  ».  Les  deux  parties  soumirent  leur 
différent  à  l'arbitrage  du  Conseil  communal  de  Liège.  Ce 
Conseil  prononça  le  deux  septembre  de  cette  année  que  la 
hauteur  et  justice  de  Brouckom  appartenait  au  chapitre  de  la 
cathédrale  et  l'avouerie  au  comte  de  Looz  ;  il  traça  en  même 
temps  les  limites  de  la  seigneurie  de  Brouckom.  On  voit 
intervenir  dans  ces  actes  Guillaume,  châtelain  de  Waremme  et 
sénéchal  du  comté  de  Looz,  Martin  d'Ârdingen,  fils  du  comte 
Arnoul,  Renier  de  Scurre,  Jean  (TOreilh,  chevaliers,  Jean  de 
Montenacken,  receveur  du  comte  Arnoul,  Guillaume  de  Middel- 
hem,  mayeur  de  Looz,  Godefroid,  curé  de  Brouckom,  Jean, 
châtelain  de  Montenacken,  chevalier,  Conon  et  Henri  de  Sassen- 
broeek. 

Les  affaires  de  la  commune  et  de  la  Mense  des  pauvres 
étaient  gérées  de  la  même  manière  que  dans  les  autres 
communes  rurales. 

Il  y  avait  dans  la  circonscription  de  la  commune  de  Brouckom, 
la  seigneurie  lossaine  de  Sassenbroeck  avec  une  courde justice 
qui  ressortissait  et  demandait  la  recharge  à  celle  de  Vliermael. 


—  71  — 

Guillaume  de  Sassendroeck  en  est  le  plus  ancien  seigneur  connu. 
On  le  voit  souvent  dans  la  suite  du  comte  de  Looz,  Arnoul  IV, 
et  il  figure  comme  témoin  à  plusieurs  de  ses  chartes  de  1230, 
1234,  1238  (Cf.  Wolters,  Cod.  dipL).  D'après  Hemricourt,  «  il 
épousa  une  fille  d'Otton  de  Lexhy,  chevalier.  Il  en  eut  neuf 
garçons,  tous  chevaliers  et  plusieurs  filles  dont  est  sortie 
toute  la  chevalerie  du  dit  comté.  Ces  chevaliers  furent  jadis  si 
puissants  qu*ils  faisaient  la  guerre  au  comte  de  Looz  et  osaient 
même  lui  envoyer  un  appel,  ainsi  que  nous  Tavons  appris  par 
tradition  des  anciens  qui  Font  conté  de  la  sorte  à  leurs  enfants. 
Ce  seigneur  de  Sassenbroeck  portait  d*or  à  un  chef  de  sable 
et  criait  Sassenbroeck.  »  (Miroir  des  nobles,  p.  18). 

Herman  et  Henri  de  Sassenbroeck  figurent  comme  témoins  à 
une  charte  de  1242.  (Mirœus  iv.  837).  On  trouve  mentionné  au 
mois  de  mars  lâ38  un  Henri  de  Sassenbroeck  habitant 
Hiddelheer.  (Gart.  de  Looz). 

GoNON  DE  Sassenbroeck  avait  épousé  Elisabeth  de  Mombeeck, 
qui  le  rendit  père  de  trois  fils  :  Jean,  Guillaume  et  Reinier, 
mentionnés  en  1311,  et  d*une  fille  nommée  Elisabeth.  Gelle-ci 
épousa  Arnold,  fils  de  Reinier  dit  Tattar.  Gonon  mourut 
avant  l'an  1330. 

Reinier  de  Sassenbroeck,  fils  du  précédent,  figure  comme 
possesseur  du  fief  de  Sassenbroeck  en  1330. 

Thierry  de  Hex,  dit,  Sprolant,  releva  le  domaine  et  la 
seigneurie  de  Sassenbroeck  en  1364  :  Dominus  T/ieodoricus  de 
Sprolant  miles  relevavit  mansionem,  jttëtitiam  et  dominium  villœ 
de  Sassenbroeck  cum  weriscapiis  ad  dictant  villam  pertinentibns  ; 
Item  duo  bonaria  prati  vel  vivarii  juxta  molendinum  de  Sasseti- 
broeck;  item  unam  paludem  dictam  Elsbroeck  in  territorio  de 
Hex  continentem  XII  virgatas  magnas  juxta  paltuiem  domini 
Theodorici  prœdicti  per  eum  acquisitam  erga  dominum  comitem 
Theodoricum  de  Los  bonœ  memoriœ.  Item  relevavit  adhuc  XXVI 
capones  V  stupheros  VIII  denarios  bonœ  monetœ  in  diversis  locis 


—  72  — 

ad  dictum  daminum  spectanUs  per  reporUUim&n  Johannu  de 
Gothem  quœ  acquisierat  erga  Refterum  de  Sassenbrœck.  (R^. 
rel.  fol.  iS).  Thierry  de  Sprolant  se  trouva  dans  la  suite  du 
comte  de  Looz,  à  Maestricbt,  et  y  assista  coaune  témoin,  le 
7  février  13S7,  au  contrat  de  noiariage  entre  Godefroid  de 
Heinsberg  et  Philippine  de  Juliers  (Wolt^s,  Cod.  332).  Il  faisait 
partie  de  la  noble  salle  de  Gurange.  Il  laissa  deux  fils,  Thierry 
et  Robert. 

Thierry  de  Sprolant  fit  en  1390  le  relief  du  domaine  et  de 
la  seigneurie  de  Sassenbroeck  après  la  mort  de  son  père  ; 
l'année  suivante,  il  les  releva  du  nouveau  seigneur  Jean  de 
Bavière,  prince-évêque  de  Liège  et  comte  de  Looz  :  «  Theodoricus 
de  Sprolant  relevamt  anno  1391,  dominium  de  Sassaibroeck  cum 
pahide  et  quinque  bonariis  prati,  censibus,  caponibusetsuis  appen- 
ditiis;  item  arbores  et  crescentiam  arborum  vivarii  Walteri  de 
Heers  usque  Pascherbampt . 

Jban  de  Sprolant  releva,  le  18  décembre  1424,  après  la  mort 
de  son  père  Thierry,  tous  ses  fiefs  Lossains,  mais  il  résigna 
le  même  jour  le  domaine  et  la  seigneurie  de  Sassenbroeck 
en  faveur  de  son  cousin-germain  Robert  de  Sprolant. 

Robert  de  Sprolant  en  fit  le  relief  le  même  jour  (18  déc.  1424). 
i<Robertus  de  Sprolant,  filias  Roberti  relevavit  mansionem,  domi- 
ntum,  villam  de  Sassenbroeck  cum  V  bonariis  prati,  censibus^ 
caponibus  et  aliis  suis  juribus  et  pertinetitiis  universis  cum 
arboribus  et  crescentia  Tirborum  vivarii  Watheri  de  Heers,  per 
resignationem  Johannis  de  Sprolant  qui  relevavit  per  obitum 
Theodorici  sui  patris  »  (Reg.  rel.  fol.  12S).  Robert  de  Sprolant 
vivait  encore,  parait-il,  le  14  janvier  1471.  Il  avait  épousé 
Elisabeth  de  Gutschoven,  dite  aussi,  de  Pologne. 

Jean  de  Sprolant  fit  le  relief  de  la  seigneurie  le  23  janvier  1485. 

Robert  de  Sprolant  habitait  Sassenbroeck  en  1497.  La  terre 
et  la  seigneurie  de  Sassenbroeck  passèrent  ensuite  dans  la 
famille  des  Velroux. 


—  73  — 

Amblius  oe'Velroux  en  fit  le  relief  le  7  juillet  <i506  :  i<Amelms 
Van  Velroix  relevavit  manmnem^  daminium  et  trillam  de  Saseen- 
iro^ck  eum  quinque  bimarm  prati ,  eensibus,  carponibus ,  «etc. 
Amelius  vivait  encore  en  1538. 

Jacques  de  Velroux  habitait  Sassenbroeck  de  1934  à  1572. 

Guillaume  de  Velroux  Thabitait  de  1873  jusqu'après  le  5 
août  1601,  car,  à  cette  date,  il  en  fit  le  relief.  La  seigneurie  de 
Sassenbroeck  passa  plus  tard  dans  la  famille  des  Vandermeer 
de  Tongres. 

Arnold-Joseph  Vandermeer  en  fit  le  relief,  le  8  octobre  1736, 
et  la  légua  à  son  neveu  Jean-Guillaume-Mathias  Vandermeer. 

Jean-Guillaume-Hathias  Vandermeer  épousa,  le  S  août  1731, 
Marie-Elisabeth  De  Blois  dlsendoorn.  Ils  eurent  plusieurs  en- 
fants, savoir  :  (a)  Guillaume-Joseph  qui  suit;  (b)  Mathieu^Philippe- 
Jacques  qui  suit  en  second  lieu;  ^c)  Jeaa-Frédéric,  chanoine,  à 
Heinsbergh;  (d)  André,  religieux  ;  (e)  Thérèse,  béguine,  à  Ton- 
gres; (f)  Elisabeth. 

Guillaume-Joseph  Vandermeer  eut,  par  droit  de  primogéniture, 
Sassenbroeck  et  Manshoveo.  Il  épousa,  à  Bruxelles,  Marie- 
Catherine  De  Kinder.  Il  leur  naquit,  le  2  février  1770,  à  Sassen- 
broeck, un  fils  nommé  Jacques-Pierre-Jean.  Guillaume-Joseph 
vendit  ses  propriétés  de  Sassenbroeck  et  Manshoven  à  son  frère 
Mathieu-Philippe-Jacques. 

Mathieu-Philippe-Jagques  Vandermeer,  dernier  seigneur  de 
Sassenbroeck,  épousa,  à  Heinsbergh,  Thérèse-AIoyse  Von 
Brinck;  il  habita  avec  elle  Manshoven  de  1776  à  1782,  puis  il 
se  retira  au  pays  de  Fauquemont  dont  il  devint  Haut-Dros- 
sard.  Il  leur  naquit  plusieurs  enfants,  savoir  :  (a)  Jean-Antoine- 
Henri,  le  29  août  1774,  qui  épousa  Barbe  Guisset  de  Mettet;  (b) 
Anne-Elisabeth,  le  19  avril  1777;  (c)  Thérèse-AIoyse,  le  20  sept. 
1778,  qui  épousa  en  premières  noces  Pierre-Robert  De  Belle- 
froid  et  en  secondes  noces  Jean-François  Lesire,  capitaine  am 


-  74  — 

troupes  françaises;  (d)  Catherine-Elisabeth,  le  15  juillet  1781, 
qui  épousa  François  Bocaert. 

J.-A.-H.  Vandermebr  fut  maire  de  Brouckom  de  1800  à  1806. 
Il  eut  pour  successeurs  dans  cette  fonction  : 

Lambert  Degreef,  de  1806  à  1830. 

Jean  Dbgreef,  de  1830  à  1843. 

Robert  Degreef,  de  1843  à  1867. 

Guillaume  Claykens,  de  1867. 


III 


DOCUMENTS  HISTORIQUES. 


]. 


diplôme  de  louis  le. débonnaire,  836. 

«In  no  mine  Domini  Dei  et  Salvatoris  nostri  Jesu-Ghristi 
Hludowicus  divinâ  ordinante  providentiâ  imperator  Augustus. 
Si  ea  quae  fidèles  imperii  nostri  pro  eorum  necessitatibus 
nostram  consulere  studuerint  magnificentiam,  démenti  assentire 
conabimur  miseratione,  imperîalem  exercere  videbimur  con- 
suetudinem,  et  hoc  in  posterum  jurefirmissimo  mansurum  esse 
volumus.  Idcirco  noveril  omnium  fidelium  nostrorum  pra^sen- 
tium  scilicet  et  futurorum  solertia,  quia  fidelis  noster  venerabilis 
Fulcharicus,  tungrunsis  episcopus,  nostram  expetivit  mansuetu- 
dinem,  qualiter  necessitudini  ejus  consulentes,  res  praedictae 
ecclesiae  ipsius,  regali  aucloritate  nostrâ  aliquantisper  augmen- 
tare  deberemus.  Quod  ita  et  fecimus,  petitioni  namque  ipsius 
démenti  miseratioue  faventes ,  nostrorum  consensu  fidelium, 
prsBdicto  Fuicbarico  episcopo,ad  utiiitatem  prsescriptseecclesiaa 


—  78  — 

suse,  in  pago  Vitachgowl  in  villa  Promhem  curtem  domiaicatam 
cum  mansis  ietilibus  et  serwillibus  et  secclesiam  cum  decimis 
suis,  mancipiis  utriusque  sexûs,  pratis,  pascuis,  silvis,  aquis, 
aquarumque  decursibus,  omnibosque  jure  et  légitime  ad  ipsam 
curtem  pertinentibus,  cultis  et  incultis,  qusesitis  et  inquirendis, 
totum  et  ad  integrum,  imperiali  auctoritate  contulimus»  ea 
videlicet  ratione  ut  ab  hâc  die  et  deinceps  ipsas  res  cum  omni 
iûtegritate,  per  banc  nostram  auctoritatem  atque  confirmationis 
donum ,  ipse  suique  successores  teneant  atque  possideant  et 
quicquid  exinde  ad  profectum  ipsius  sancti  loci  facere  decre- 
verint  in  elemosina  nostra,  libero  inomnibus  perfruantur 
arbitrio,  qualiter  pro  mercedis  nostrae  recompensatione  ipso 
perpetualiter  profitiant  augmente.  Et  ut  bsec  prœceptio  nostra 
firmior  habeatur  vel  per  tempera  melius  conservetur,  manu 
propria  subter  decrevimus  roborare  et  anulo  nostro  jussimus 
sigillari. 

Hirminmarus  notarius  ad  vicem  Fridigisi  recognovi  1.  -+  s. 
Data  VI  kl.  majas,  anno  Ghristo  propitio  XIIJ,  imperii  domni 
Hludowici  piissimi  Augusti  indictione  VIII.  Actum  Aquisgrani 
palatii. 

II. 

LIMITES   DE  LA  JUSTICE   DE   BROUCKOM   EN   1319. 

tt  Premiers  desous  le  ville  de  Brouckhem  au  point  que  on  dist 
tiex  Wingarlbrugbe  II  dite  justice  le  capitle  commenche  aile 
sanch  qui  est  entre  le  ville  et  le  pont  à  quatlre  pies  ou  la  entour 
près  doudit  pont  et  monte  contremont  sous  deleis  le  voie  par  le 
quele  on  vat  doudit  pont  vers  Looz  jusques  aile  voie  croisie  qui 
irespasse  de  Vorde  vers  Brouckhem  et  vers  Sassembroux  et 
demeure  liditte  voie  dou  pont  jusques  aile  voie  croisie  enclouse 
fours  délie  justice  de  Brouckhem  ;  après  délie  dite  voie  croisie 
jusques  au  lieu  ou  li  justice  de  Broukhem  soloit  seyr  ;  et  de 


—  76  — 

cil  liwe  jusques  au  lieu  condisl  Odesteghe  et  entre  ces  dois 
lieus  demeure  H  voie  enclose  entirement  dedens  la  justice  de 
Broukhem  et  doudit  lieu  d*Odesteghe  jusque  au  lieu  que  oas 
appelle  mure  fours  ;  de  voie  au  coir  d*ung  fosseit  et  de  là  ry 
alaat  entour  jusques  aile  fin  dédit  fosseit  desseure  Sassembruc, 
lequel  liw  ons  appelle  ausi  mure  ;  et  de  là  en  deskeodant  sens 
voie  jusques  à  une  sanch  derier  le  ville  de  Sassembrouc  seu  le 
grande  voie,  laquelle  voie  demeure  enclose  fours  deile  justice 
de  Broukhem;  et  de  celle  sanch  tout  selonc  ladicte  voie  aval, 
et  puis  en  trescopant  le  voie  jusques  aile  nueve  yawe  couraot 
Sérier  le  cor  de  Sassembrouk  ou  lieu  corn  apeile  Halvremulom- 
beike,  et  doudit  lieu  en  partant  ledicte  yawe  à  moitiet,  et  venant 
aval  jusques  à  une  anglée  com  apeile  brûle  ou  li  vies  yavi^e 
chiet  en  le  nueve  et  passe  oultre  ledicte  nueve  yawe  et  remonte 
contremont  les  vies  eawes  en  partant  à  moiiiet  jusques  au  lieu 
com  apeile  Emmeborne  et  de  là  jusques  au  lieu  com  apeile 
Scoederman,  et  de  che  liew  jusques  à  une  anglée  com  apeile 
Wincle  tout  deleis  ung  viez  fosseit  deleis  la  grand  voie  laquelle 
demeure  enclose  fuers  délie  justice  de  Broukhem  et  dele  anglée 
ensiwant  Tautre  partie  doudit  fosseit  jusques  aile  nuve  yawe 
desseurdicte  pardesous  le  ville  et  Tangiée  dou  prêt  com  apeile 
de  Sassembrouk  et  de  la  en  partant  ledicte  yawe  à  moitiet 
jusques  al  sanch  deleis  le  pont  don  premier  est  parleit. 

Extrait  d'an  accord  passé  le  3  octobre  i3i9  ; 
entre  le  chapitre  de  S.  Lambert,  à  Liège  et  Arnold 
comte  de  Looz  ;  archives  de  l'Etat  à  Liège,  grande 
compterie  de  la  cathédrale,  Stock,  n^  3,  f»  67. 

III. 

VISITE  ARCHIDIAGONALE   DE   l'ÉGLISE    DE   BROUCKON,   8  OGT.    1658. 

Eadem  die  visitata  ecclesia  de  Broeckem  in  qua  non  fuit 
repertus  pastor  pressens  et  diu  exspectatus  et  conquisitus  non 


—  rr  — 

rediit.  Repertum  repositorium  VenerabilisSacramenti  rétro  seu 
prope  summum  altare  apertum  et  ia  eo  reperta  pixis  satis  magna 
ex  albo  cupro  interius  deargentata  in  qua  erant  aliquot  hostis^ 
consecraise  et  vascula  sacrorum  Oleorum  slaiinea;  repertus 
etiam  calix  repositus  in  cista  prope  altare  qusB  claudebalur,  sed 
claves  erant  desuper  positdB,  cum  cratère  argenteo  et  pede 
cupreo  albo;  duaecasulse;  una  alba,  unicum  antipendium  non 
aptatum  altari  sed  nimis  longum  ;  dusa  mappse  una  tota  trita. 

Chorus  et  ecclesia  sunt  decenter  deaibati,  sed  tabuiatum  na^ 
vis  totum  tritum  et  perfractum.  Sunt  duo  altaria  extra  chorum 
quorum  unum,  ut  retulit  nobis  unus  incolarum,  est  unitum  pas- 
toratui  sub  invocatione  B.  Marias;  alterum  non  est  Tundatum.  In 
summo  altari  celebratur  super  lapide  portatili,pastor  est  mam- 
bernus  fabricse  et  matricularius  mamburnus  pauperum. 

Gapitulum  Lossense  dicitur  habere  décimas  omnes  ;  est 
quarta  capella  sub  matrice  Lossensi.  Reversus  postea  pastor 
Robertus  Van  Malle  excusavit  se  quodivisset  in  Manshoven  pro 
sepultura  coloni.  Dicit  se  habere  centum  communicantes  vel 
circiter,  estque  ecclesia  sub  invocatione  S.  Lamberti. 

Fabrîca  habet  sex  modios  speltae.  Pauperes  totidem. 

IV. 
VISITE  ARCHIDIACONALE  DU   4  JUILLET  171S. 

4  julii  1712  visitata  fuit  ecclesia  parochialis  de  Brouckem 
fllialis  sub  Loscastro,  sub  invocatione  S.  Lamberti,  ad  collatio- 
nem  pastoris  Lossensis,  cujus  rector  est  Andréas  Driessens 
jure  devoluto  institutus  ab  18  circiter  annis  ;  rescribitur  ad  48 
modios  speltae  cum  bénéficie  unito. 

Injunctum  est  quatenus  labernaculum  intus  ornetur  sertco 
seu  alia  decenti  matcria  et  auFeraniur  inde  vasa  SS.  Oleorum  et 
reponantur  alio  loco  honesto  et  clause.  Remonstrantia  est  cu- 
prea;  ciborium  et  calix  pede  cupreo  deargentato  et  cuppa 
argentea. 


-^  78  - 

Sunt  100  circiter  communicantes. 

Baptisterium  est  flssum  cum  cuppa  plumbea.  Injunctum  est 
ut  occludatur.  Est  ad  onus  fabricae.  Nescitur  à  quo  tempore 
habuerit  baptisterium  ecclesia,  pro  quo  solvitur  annue  3  fioreni 
pastori  Lossensi. 

Gonsistunt  redditus  pastoratus  in  tredecim  bonariis  terrae 
arabilis  gravatis  tribus  modiis  siliginis,  insuper  habet  in  rediti- 
bus  et  anniversariis  cenlum  triginta  vasa  siliginis  mensurœ 
Lossensis.  Habet  pastor  domum  pastoralem  quaB  intertenetur  à 
parochianis. 

Fabrica  habet  annue  83  vasa  siliginis  mensursB  Lossensis, 
trescapones,  duo  vasa  speltse  et  poculum  vini.  Hamburnus  est 
Robertus  Van  Aken. 

Mensa  pauperum  habet  annue  48  vasa  siliginis  mensurae  Los- 
sensis et  20  florenos  annue,  item  30  vasa  in  pisto  pane  distri- 
buenda,  item  4  vasa  siliginis  mensurse  Trudonensis.  Mambur- 
nus  est  Mathias  Gleykens.  Omnes  compulus  sunt  redditi  , 
exceptis  4  aut  8  annis  de  tempore  belli  pro  quo  non  fuerunt 
constituti  mamburni.  Matricularia  est  oflicium  satis  tenue. 

X. 


BATAILLE  DE  LAUFFELD. 


Une  pièce  manuscrite  trouvée  récemment  dans  les  archives 
du  château  de  Mirwart,  donne  des  détails  précieux  sur  la 
célèbre  bataille  de  Lauifeld.  Cette  relation,  contemporaine  de 
révènement,  et  destinée  non  au  public,  mais  à  un  petit  nombre 
de  parents  ou  d*amis,  offre  un  caractère  de  véracité  qu'on  cher- 
cherait en  vain  dans  la  plupart  des  comptes-rendus  officiels. 

On  sait  que  le  2  juillet  1747,  les  Français  attaquèrent  les 
alliés  entre  Tongres  et  Maestricht.  Louis  XV  assistait  à  ce  com- 
bat, mais  de  loin  et  en  simple  spectateur.  Son  armée  était  aux 
ordres  de  Maurice  de  Saxe  ;  celle  des  alliés  obéissait  au  duc  de 
Cumberland. 

Au  nombre  des  généraux  de  Tarmée  impériale,,  commandée 
par  le  maréchal  de  Bathiany,  se  trouvait  le  comte  de  Grunne, 
à  la  tête  de  six  bataillons.  Chargé  de  défendre  une  hauteur  qui 
ne  fut  pas  attaquée,  il  profita  naturellement  de  sou  inaction  for- 
cée pour  suivre  et  apprécier  les  mouvements  des  deux  armées. 

Ce  général  écrivait  souvent  à  sa  mère,  la  comtesse  de  Grunne, 
et  celle-ci  ne  manquait  jamais  de  faire  part  à  ses  parents,  le 
baron  et  la  baronne  de  Mirwart,  des  nouvelles  qu'elle  recevait 
de  son  fils  (  *  ). 

(1)  Le  39  août  1663,  les  bourgmestres  et  le  conseil  de  Liège,  prenant  en  consi- 
dération <  les  grands  debvoirs  et  bons  offices  rendus  pour  le  service  du  publicque  et 
soulagement  des  pauvres...  dans  la  disette  ^t  cherté  extraordinaire  des  grains 
pendant  cette  année,  par  les  seigneurs  commissaires  Pétri,  Sauveur,  Féchier, 
SiÀCKERS,  Libert,  Fabri  junior,  Malaese,  Baronne,  Natalis  et  du  Cerff;  Nicolas 


—  80  — 

La  pièce  qu'on  va  lire  appartient  à  cette  correspondance  ; 
elle  a  été  retrouvée  au  milieu  des  lettres  de  la  comtesse.  Tout 
porte  à  croire  qu'elle  provient  du  maréchal  de  Bathiany,  du 
général  de  Grunne,  ou  de  son  beau-frère  le  chevalier  de  Wartez, 
qui  servait  également  dans  Tarmée  impériale. 

Il  est  à  remarquer  qu'elle  n'a  pas  été  écrite  par  son  auteur, 
mais  dictée  par  lui  à  un  secrétaire  ignorant.  La  phrase  en  effet 
est  généralement  correcte,  tandis  que  les  mots  qui  la  composent 
fourmillent  des  fautes  les  plus  étranges.  Impossible  à  celui  qui 
parle  bien,  et  même  à  celui  qui  transcrit,  d'inventer  de  pareilles 
absurdités  grammaticales. 

On  connaît  cette  phrase  célèbre  du  maréchal  de  Saxe  : 
Ils  veulej  écrivait-il,  au  sujet  du  fauteuil  qu'on  lui  réservait  à 
l'académie  française,  ils  veule  me  fere  de  la  Cadémie  ;  sela  miret 
comme  une  bage  à  un  chas.  Quand  la  pièce  dont  nous  parlons 
nous  tomba  sous  la  main  et  que  nous  y  vimes  des  mots  tels  que 
ceux-ci  :  la  faire,  la  laque,  ensi,  centaine,  déjàs,  etc.  au  lieu  de 
T affaire,  l'attaque,  ainsi,  centaine,  déjà,  etc.,  nous  crûmes  avoir 
fait  la  trouvaille  d'un  autographe  français  du  fameux  maréchal. 
Il  fallut  cependant  nous  détromper. 

L'histoire  ne  dit  pas  si  le  fauteuil ,  dédaigneusement  refusé 
par  le  fier  Saxon,  fut  offert  à  son  immortel  émule  en  fait 
d'orthographe.  Personne  assurément  n'en  était  plus  digne. 

Quoi  qu'il  en  soit,  pour  ne  pas  dérouter  trop  souvent  l'atten- 


Beeckinan  advocai ,  François  la  Raelle  advocat,  Jacques  Ruffln  capitaine,  Fran- 
çois Colette  capitaine,  Lambert  Brassines  recepveur  des  paavres  en  Isle,  Léonard 
Lacroix,  Paal  Bonletet  Henry  Burin  »  leur  accordèrent,  ainsi  qu'à  leur  descendants 
légitimes,  «  le  pouvoir  et  faculté  de  se  servir  et  jouir  au  futur  et  à  touajours  des 
trente-deux  bons  métiers.  > 

Ce  Godefroid  Smackers  était  marié  à  Paquette  Dnmont ,  dont  il  avait  eu ,  l'année 
précédente ,  un  fils  nommé  Gode Aroid- Henri ,  qui  lui  succéda  en  qualité  d'admo- 
diatenr  des  droits,  etc.,  au  duché  de  LimbOttrg,et  qui  fit  l'acquisition  de  la  seigneu- 
rie de  Mirwart.  U  fut  annobli  par  l'empereur  le  iâ  février  1706.  Son  fils,  Nicolas 
Edmond  de  Smackers,  épousa  Anne-Madeleine  de  Waha  de  Wanne,  avec  laquelle  il 
vivait  à  Mirwart  en  1747  ;  c'est  d'eux  qn*il  s'agit. 


-81  — 

tioQ  du  lecteur,  nous  nous  permettrons  d*écrire  correctement 
les  mots,  mais  nous  ne  changerons  rien  à  la  phrase  (i  ). 

On  trouvera  des  divergences  assez  notables  entre  la  relation 
qui  suit  et  celles  de  la  plupart  des  historiens.  Pour  n*en  citer 
qu*un  exemple,  au  dire  des  historiens  français,  les  pertes 
furent  également  partagées  et  montèrent  à  un  total  qu'ils  font 
varier  entre  douze  et  vingt  mille  hommes,  tant  tués  que  blessés. 
Notre  relation  ne  parle  que  d'environ  cinq  mille  hommes  du 
côté  des  alliés,  et  elle  affirme  que,  dans  le  camp  des  Français, 
on  avouait  une  perte  double. 

De  quel  c6té  se  trouve  la  vérité?  Peut-être  d'aucun.  Faisons 
toutefois  remarquer  que  les  alliés  ont  opéré  leur  retraite  avec 
ordre  et  sans  être  poursuivis,  et  que  les  Français,  qui  avaient 
engagé  ce  combat  dans  Tunique  but  d'investir  immédiatement 
après  la  ville  de  Maestricht,  ont  dû  renoncer  à  leur  projet  ;  ce 
qui  porterait  à  croire  que  le  maréchal  de  Saxe  aurait  moins 
gagné  la  bataille  que  le  champ  de  bataille. 

Citons  d'abord  quelques  fragments  des  lettres  écrites  par  la 
comtesse  de  Grunne  à  ses  parents  deMirwart.  Leur  mérite  con- 
sistera surtout  à  faire  apprécier  la  nature  de  cette  correspon- 
dance intime,  et  le  degré  de  confiance  qu'on  doit  accorder  à 
un  écrit  qui  en  fait  partie. 


(I  )  Nous  avons  sous  les  yeux  nue  pièce  curieuse,  dont  récriture  ressemble  beau- 
coup à  celle  de  noire  relation.  La  voici  : 
<  De  par  lorde  de  Monseigneur  Batianis ,  qui  ordonne  as  village,  par  tous  ous  il 

>  auras  besoin  de  gnitrre,  de  chevaux,  de  logis,  de  luis  en  fournirre,  soupeinne  de 

>  lexxeqution  militaire,  soupeinne  de  prisse  de  corpl  et  de  bien.  Fait  par  mois,  dit 

>  Flibbe,  fourié  segretairre  de  Monseigneur  Batianis. 

Signé  MARICHALLE. 

*  Fait  àTongre,  le  6  octobre  1746.  > 

C'est  donc  très-probablement  le  fourrier-secrétaire  qui,  après  la  bataille  de  Lauf- 
feld,  aura  écrit  sous  la  dictée  du  maréchal  de  Bàthiany  ou  de  l'un  de  ses  principaux 
officiers. 


—  82  — 

GrUNNE,   le   22   SEPTEMBRE   1746. 

((....  On  n'enlend  plus  le  canon  de  Namur  depuis  quatre  jours. 
Les  uns  disent  que  la  ville  est  rendue,  les  autres  que  le  siège 
est  levé.  Si  vous  en  avez  appris  quelque  chose,  ma  trës-<^hëre 
cousine,  faites-moi  la  grâce  de  me  récrire.  » 

Lambertye  GRUNNE  (»)• 


Le  10  OCTOBRE  1746. 

«....  Il  y  a  toute  apparence  que  les  hussards  qui  rodent  dans 
cette  province  sont  des  déserteurs  français  et  allemands  qui  se 
sont  attroupés.  Ils  causeront  encore  bien  des  désordres,  avant 
qu'on  parvienne  à  les  chasser. 

Je  reçois  à  ce  moment  une  lettre  de  mon  fils  le  général  ;  il 
me  promet  toujours  de  venir,  quand  la  campagne  sera  finie.... 

La  poste  va  maintenant  de  Marche  à  Namur  k  l'ordinaire. 

Je  viens  aussi  de  recevoir  une  lettre  du  chevalier  de  Wartez. 
Les  Français  défilent  pour  aller  rejoindre  M.  de  Saxe,  dont  l'ar- 
mée va  être  bien  forte. 

Le  feu  a  été  à  Namur,  tout  près  du  magasin  à  poudre,  ce  qui 
a  bien  alarmé  toute  la  ville.  Elle  a  étéau  moment  de  périr  ;  mais 
grâce  à  Dieu...  » 


Vendredi,  14  octobre  1746. 

«  Dans  ce  moment,  il  m'arrive  un  exprès  de  Marche,  avec 
une  lettre  de  ma  fille  de  Wartez.  Elle  me  mande  que,  mardi 


(1  )  Le  cachet  de  cette  dame  présente  deux  écussons  de  forme  ovale  :  le  premier, 
de  gueule  à  la  bande  de.,.  ;  le  second,  cCazur  à  deux  chevrons  de,..;  supports  : 
chien  à  dextre^  sauvage  armé  d'une  massue  à  senestre,  couronne  de  marquis. 


—  83  — 

dernier,  il  y  a  eu  une  bataille  qui  n*a  pas  été  générale,  et  qui  a 
cependant  duré  depuis  onze  heures  Jusqu'à  cinq  (i  ).  II  n'y  a  eu 
que  Taile  gauche  et  la  droite  qui  ont  donné.  Cette  dernière,  oii 
se  trouvaient  les  Hollandais,  a  été  maltraitée. 

Il  n*est  rien  arrivé  à  mes  fils,  grâce  à  Dieu.  Aucun  de  nos 
généraux  n*a  été  tué. 

Le  marquis  de  Fénélon  est  tué,  et  le  fils  du  marquis  de  Ségur 
blessé. 

Les  Français  ont  repris  le  poste  des  alliés  à  la  citadelle  de 
Liège  et  les  nôtres  se  sont  retirés  près  de  Maestricht.  » 


RELATION  VÉRITABLE 

DU  CAMP   DEVANT  MAASTRICHT. 

Le  premier  juillet  (s),  les  hussards  rapportèrent  que  les 
ennemis  étaient  en  mouvement  et  qu*ils  avançaient  sur  le  grand 
chemin  de  Tongres  à  Maestricht.  C'est  pourquoi  notre  armée 
se  mit  immédiatement  en  marche  pour  aller  occuper  le  camp 
devant  cette  ville.  On  devait  également  occuper  les  postes 
avantageux  de  Herderen;  mais  les  ennemis  nous  avaient 
prévenus  et  s'étaient  déjà  emparés  de  cette  hauteur. 

On  voulut  aussi  les  attaquer  avant  que  la  grande  armée 
arrivât  ;  mais  nous  étions  trop  éloignés. 

Le  lendemain,  ils  s'approchèrent  avec  toutes  leurs  forces  et 
se  rangèrent  vis-à-vis  de  nous ,  ayant  la  rivière  du  Geer 
derrière  eux.  Ils  placèrent  leur  gauche  à  Herderen,  et  leur 
droite  au  village  de  Montenacken. 

Notre  armée  porta  sa  droite  vers  Petit-Spauwen,  et  sa  gauche 

(  I  )  C*est  la  bataille  de  Raacour. 

(S)  H  doit  y  avoir  ici  ane  erreur  d'un  jour;  cela  ne  peut  ôtre  que  le  30  juin. 


—  84  — 

derrière  Montenacken,  ayant  devant  son  Tront  les  villages  de 
Vlytingen,  de  Kesseit  et  de  Montenacken.  Le  corps  de  réserve 
occupa  Grand-Spauwen,  ayant  communication  avec  notre  droite 
par  la  cavalerie. 

Le  corps  du  comte  de  Daun  se  rangea  sur  la  hauteur  de  la 
grande  commanderie  de  l'Ordre  toutonique,  appuyant  sa  gauche 
derrière  Petit-Spauwen,  et  sa  droite  auprès  de  la  grande  allée 
qui  mène  vers  Tongres. 

Au-delà  de  cette  allée,  on  plaça  le  général  d'Arberg,  avec 
deux  mille  fantassins  et  cinq  cents  Licaniens  à  pied. 

On  envoya  à  Bilsen  le  général  Tornaco,  avec  quatre  batail- 
lons. 

On  renforça  encore  ce  côté  là,  et  le  jour  se  passa  ainsi,  en 
se  rangeant  de  part  et  d'autre. 

Cependant  on  tira  de  loin  quelques  coups  de  canon  qui  ne 
firent  aucun  mal. 

Pendant  la  nuit  du  1  au  2  juillet,  tout  fut  tranquille;  chacun 
resta  dans  sa  position  en  attendant  le  lendemain. 

Le  2,  dès  le  point  du  jour ,  le  duc  de  Cumberland ,  le 
prince  de  Waldeck  et  le  maréchal  de  Bathiany  allèrent  recon- 
naître les  ennemis  ;  mais  on  ne  put  rien  découvrir  que  ce 
qu'on  avait  remarqué  la  veille  au  soir,  parce  que  l'ennemi 
avait  toutes  ses  forces  derrière  les  collines,  où  il  se  porta 
ensuite. 

Le  duc  de  Cumberland  mit  pied  à  terre,  avec  les  deux 
généraux,  à  la  grande  commanderie,  à  neuf  heures  du  matin. 
Ils  n'y  étaient  pas  d'une  demi-heure  qu'un  aide-de-camp  vint 
leur  annoncer  que  les  ennemis  allaient  attaquer  l'aile  gauche. 

Tous  montèrent  à  cheval  et  S.  A.  prit  le  devant  au  grand 
galop,  ordonnant  que  douze  bataillons  et  vingt  escadrons,  qui 
étaient  du  corps  du  comte  de  Daun,  se  rendissent  à  la  gauche  ; 
ce  qui  fut  exécuté  avec  beaucoup  de  promptitude. 

Le  général  Daun  rentra  donc  dans  la  grande  armée,  et  le 


-^  86  — 

comte  de  Grunne  resta,  avec  six  bataillons,  pour  garder  la 
hauteur  de  la  grande  commanderie. 

Les  ennemis  commencèrent  par  occuper  le  village  de 
Montenacken  et  celui  de  Vlytingen  qui  fut  brûlé. 

Le  duc  de  Gumberland  fit  attaquer  Montenacken  et  les 
ennemis  en  furent  repoussés  ;  mais  il  renvoyèrent  de  nouvelles 
brigades  et  firent  reculer  les  nôtres. 

Des  bataillons  de  notre  aile  gauche  qu*on  y  envoya  firent 
de  nouveau  plier  les  Français;  mais  ils  redoublèrent  leurs 
forces,  ce  que  nous  ftmes  également. 

L'affaire  fut  très-opiniàtre  et  sanglante,  parce  qu*on  poussa  et 
repoussa  à  différentes  reprises. 

Cependant  la  cavalerie  des  Anglais  et  des  Hanovriens,  qui 
étaient  à  l'aile  gauche,  commença  à  agir  avec  beaucoup  de  bra- 
voure et  de  succès,  culbutant  toute  celle  que  l'ennemi  lui  pré- 
senta. 

Le  général  Trips  vint  avec  son  corps  prendre  en  queue  les 
Français.  Il  les  poussa  rudement  et  leur  enleva  deux  étendards. 

Ils  amenèrent  alors  de  l'infanterie  et  du  canon. 

Leur  canonnade  était  très-rude.  C'est  pourquoi  la  cavalerie 
aima  mieux  attaquer  une  seconde  fois  que  de  tenir  ferme,  sans 
rien  faire.  Elle  eut  le  même  succès. 

L'affaire  allait  si  bien  que  l'on  ne  pouvait  souhaiter  mieux. 
On  comptait  la  victoire  assurée. 

Tout-à-coup  quelques  maladroits  de  Français  tirent  quatre 
coups  de  canon  sur  la  cavalerie  hollandaise;  sur  quoi  celle-ci 
prend  la  fuite ,  culbutant  quatre  bataillons  hanovriens,  envoyés 
au  secours  de  ceux  qui  étaient  dans  le  village  et  qui  s'y  bat- 
taient comme  des  lions. 

Les  Français  poursuivirent  les  Hollandais  avec  toute  la  cava- 
lerie qu'ils  purent  ramasser.  C'est  ainsi  que  notre  aile  gauche 
fut  séparée  de  la  droite,  d'un  grand  quart  de  lieue. 

Cependant  notre  droite  qui  avait  remarqué,  avant  la  fuite  des 
Hollandais,  que  les  ennemis  commençaient  à  se  retirer  et  à 


-  86  — 

renvoyer  tant  leur  bagage  que  leur  artillerie,  s'avança  poqr 
attaquer  la  gauche  de  rennemi.  Elle  était  en  chemin  quand 
arriva  cette  malheureuse  manœuvre  des  Hollandais. 

Lorsqu'elle  vit  que  notre  aile  gauche  se  retirait  vers  Maes- 
tricht,  elle  défila,  pour  aller  la  rejoindre,  par  sa  gauche  et  en 
ordre  de  bataille.  C'était  le  seul  parti  qui  lui  restait  à  prendre. 
Elle  n'a  donc  eu  aucune  part  à  cette  action,  laquelle  a  consisté 
presque  uniquement  à  l'attaque  et  à  la  défense  du  village  de 
Montenacken. 

On  a  distribué  par  deux  fois  à  l'infanterie  trente  patrons  ou 
charges.  Un  régiment  anglais,  ayant  épuisé  ses  provisions,  a 
repoussé  l'ennemi  la  baïonnette  au  bout  du  fusil. 

Le  duc  de  Cumberland  a  été  plusieurs  fois  à  l'ennemi  à  la  tête 
de  ses  escadrons.  Poursuivi  par  eux,  quand  les  Hollandais 
avaient  fait  volte  face,  il  couvrit  l'étoile  qu'il  porte,  afin  de  n'être 
pas  reconnu.  Il  n'avait  en  ce  moment  avec  lui  que  quelques 
hussards  de  sa  garde,  dont  un  fut  tué  et  un  autre  blessé  à  ses 
côtés. 

Enfin  nous  arrivâmes,  avec  notre  droite,  dans  la  plaine  de 
Maestricht,  le  prince  de  Wolfenbuttel  faisant,  avec  le  corps  de 
réserve,  l'arrière-garde  de  la  première  ligne,  et  le  comte  de 
Grunne,  avec  six  bataillons,  l'arrière-garde  de  la  seconde  ligne. 

La  canonnade  que  nous  essuyâmes  nous  fit  perdre  environ 
cinquante  hommes,  tant  tués  que  blessés. 

La  perte  des  Anglais  monte  à  deux  mille  hommes;  celle  des 
Hanovricns,  à  deux  mille  deux  cents  ;  celle  des  Hessois,  à  quatre 
cents,  et  celle  des  impériaux  à  deux  cents.  Il  y  a  eu  aussi  quel- 
ques centaines  de  Hollandais. 

Ainsi  notre  perte  totale  en  tués,  blessés  et  prisonniers,  peut 
aller  à  cinq  mille  hommes.  Le  général  Ligonier  est  au  nombre 
des  prisonniers. 

Les  alliés  ont  perdu  vingt-trois  pièces  de  canon. 

Le  général  Ligonier  a  fait  savoir  au  duc  de  Cumberland  que  le^ 
ennemis  faisaient  monter  leur  perte  à  plus  de  dix  mille  hommes. 


-  87  — 

Nous  leur  avons  pris  neuf  drapeaux  et  six  étendards.  Nous  avons 
aussi  fait  prisonniers  un  brigadier,  quarante  officiers  et  cinq 
cents  soldats. 

Les  lieutenants-généraux  Lautrec,  le  comte  de  Rander  et 
Beranger  sont  morts.  Trois  maréchaux  de  camp  sont  blessés. 

Nous  avons  repassé  la  Meuse,  pendant  la  nuit  du  2  au  3,  à 
Haeslricht  et  sur  quelques  ponts  au-dessous  de  la  ville. 


OEUVRE   DE    NATALIS 


(soite) 


Saints  et  Saintes  formant  compositions. 


25.  -  S»-Thérèse. 

'       9  — 7,8  (N  H) 

Cette  petite  planche  est  d*un  haut  intérêt  dans  l'œuvre  de 
Natalis,  Saumery  la  disant  faite  avant  que  le  graveur  eut  atteint 
sa  onzième  année. 

La  sainte,  à  mi-corps,  est  en  adoration  devant  une  gloire 
entourée  de  nuages,  d*pii  sort  un  ange  dirigeant  une  flèche  de 
flamme  vers  la  réformatrice,  dont  la  tète  est  entourée  d'une 
vaste  auréole  ;  un  chapelet  orne  son  poignet  gauche.  Le  tout  se 
détache  sur  un  fond  sombre.  Au  bas  est  la  lettre  suivante,  divi- 
sée par  un  blason  en  losange  :  S.  Mater  Theresia, 

lUustrissimae  D.D.  Annae  de  Potiers  Comitissae  de  Bellejoyeuse 
Dnae  de  Choquier,  Vaux,  Borset  Goyez,  etc.  in  obsequy  sui  testimo- 
inum.  Michael  Natalis  Leodien.  D.  C.  Q. 

Cette  gravure  dont  on  ne  connaît  qu'un  exemplaire  est  rognée  ; 
mais  les  demi-chifi'res  de  la  date  laissent  entrevoir  le  millésime 
1619,  ce  qui  donnerait  raison  à  l'auteur  des  Délices  du  Pays  de 
Liège,  Natalis  étant  né  en  1611.  Cet  auteur  ajoute  que  la  S«^- 
Thérèse  «  fut  très  bien  reçue  d'Anne  de  Potier,  comtesse  de 
Bellejoyeuse,  à  qui  Natalis  eut  l'honneur  de  la  présenter.  » 

Les  armoiries  portent  :  burellé  de  sept  pièces  à  une  bande 
sur  le  tout  ;  couronne  de  perles  à  fleurons  aussi  de  perles. 


—  90  — 

Cette  pièce  en  taille-douce  est  faible  comme  exécution  ; 
toutefois  elle  a  de  la  vigueur  et  la  main  droite  est  bien  dessi- 
née. 

26.  —  S.  Hubert 

10  —  7,  8  (V  C) 

Le  Saint  se  trouve  dans  un  riche  paysage,  au  fond  duquel  se 
voit  un  monticule  surmonté  d*un  édifice  entouré  de  ramparts  ;  à 
gauche  une  chapelle  ouverte  laisse  voir  divers  personnages,  de 
très-petite  proportion  ;  Tun  deux,  dont  s'échappe  un  démon, 
est  tenu  par  les  autres.  Au  premier  plan  est  agenouillé 
S^-Hubert,  sous  des  arbres  entre  lesquels  se  montre  un  cerf  au 
bois  orné  d'un  crucifix.  Le  saint  est  en  costume  de  chevalier  du 
moyen  âge,  avec  cuirasse,  bottes,  éperons,  mantelet,  cor  etépée. 
La  tête  est  entourée  de  rayons  ;  sur  le  sol  est  un  chapeau  ; 
trois  chiens  et  unécuyer  tenant  un  cheval  complètent  le  groupe. 

Au  dessous  de  l'estampe  est  un  blason,  à  trois  efforces,  S  et 
1  et  un  cœur  en  abîme.  L'inscription  que  ce  blason  divise  dit  : 

JéstÂS,  par  S.  Hubert  qui  en  genoux  vous  prie, 
Préservez  nos  esprits  et  nos  corps  de  furie. 

Leodii  M.  Natalis  fecit  a'  1628,  A^  17. 

Cette  œuvre  est  le  pendant,  pour  Tintérét,  des  N«*  2,  3  et  4 
précités,  de  même  date  aussi,  en  laillc-douce.  On  pourrait 
attribuer  celle-ci  au  second  Valdor,  n'était  la  signature  ;  toute- 
fois le  dessin  en  est  trop  complet  pour  qu'elle  soit  composée 
par  Natalis,  alors  fort  jeune. 

27.  —  S'-Bruno 
10  —  6,  8  (B) 

Pièce  tout-à-rait  semblable  aux  gravures  de  Valdor. 


91 


Lie  Saint  se  voit  à  mi-corps,  en  prière,  pleurant,  regardant  une 
gloire  qui  descend  de  gauche,  entourée  de  nuages.  Sa  tête  est 
entourée  de  rayons  ;  les  coudes  $*appuyent  sur  un  tertre  où  sont 
un  crucifix,  une  tête  de  mort,  un  livre,  une  crosse  et  une  mttre. 
Au  fond  du  paysage  est  un  édifice  religieux. 

Au  dessous  de  la  gravure,  en  dehors,  au  centre,  est  un  blason 
haut  d*un  centimètre,  se  détachant  sur  un  lambrequin  ;  il  est 
coupé  :  en  chef  à  l'aigle  double  ,  en  pointe  à  trois  glands.  Ce 
blason  divise  l'inscription  suivante  :  S.  Bruno  Futid.  ordin. 
chartus.  Admodum  Rev.  Pri.  Francisco  Francisa  chartusiœ 
Leodien.  Priori  vigilantissimo  in  obsequy  testimotiium  Michael 
Natalis  D.D. 

Au  bas  est  une  date  qui  paraît  être  1629.  Cette  œuvre  appar- 
tient à  la  première  manière  de  Natalis  et ,  sans  le  nom ,  on  la 
croirait  de  Valdor  ou  de  Mallery. 

28.  -  St'Emest. 
H,  8  -8,  5(B). 

Il  est  debout,  sur  une  place  entourée  d'édifices  élégants  ;  sa 
tête  est  ornée  de  rayons  ;  une  gloire  descend  de  gauche  ;  il 
tient  de  la  main  droite  une  palme,  de  la  gauche  un  livre. 
Son  costume  est  une  robe  noire,  longue,  à  manches  très- 
amples,  à  pèlerine  double  ou  à  ample  capuchon  ;  le  collet  est 
petit,  droit  ;  un  bord  de  linge  très-étroit  apparaît  au-dessus. 
Une  .sorte  d'écharpe  passant  derrière  le  col  et  sur  les  épaules, 
descend  sur  la  poitrine,  des  deux  côtés  et  symétriquement, 
jusqu'aux  hanches  ;  les  cheveux  sont  taillés  en  couronne. 
A  gauche  du  Saint  est  un  petit  tronc  d'arbre  auquel  sont 
attachées  une  crosse  et  une  mitre  ;  à  l'opposé,  au  second  plan, 
est  un  groupe  composé  d'un  pontife  sortant  d'un  palais,  entouré 
de  cardinaux  et  bénissant  un  personnage  nymbé,  à  genoux  ; 
une  seconde  figure  est  auprès,  dans  la  même  attitude. 


—  92  — 

A  gauche  de  St-Eriiest,  dans  un  plan  plus  éloigné  que  ce 
groupe,  se  retrouvent  les  deux  personnages  susdits,  dont  l'un, 
nymbé,  a  ici  la  tète  couverte  d'un  chapeau  et  se  dirige  vers  un 
second  groupe  de  personnages.  Ceux-ci,  au  milieu  d'une  place, 
paraissent  se  préparer  à  une  scène  de  martyr,  car  en  avant  se 
trouvent  deux  hommes  armés,  ayant  entre  eux  un  personnage 
nymbé.  Sur  le  tertre  où  pose  St-Ernest  sont  les  mots  : 
Leody  M.  Natalis  f.  1681  ;  au-dessous  de  la  gravure,  ce  titre  : 
S*  Emeste  Ex  zwifaltanse  Abbate  S.  Doctor  et  martyr  in  catatogo 
Dillingœ  edito  A""  1565.  —  Orate  pro  Emesto  Bavaro  bonœ 
memoriœj  ejusqz  nepote  Ferdinando. 

Cette  image  est  d'une  grande  vigueur  et  d'un  dessin  agréable. 

29.  —  S'^'Rose  de  Viterbe. 
34  I.  34  h.  (C  E; 

La  Sainte,  dans  son  costume  religieux  de  Dominicaine,  pieds 
nus,  les  mains  croisées  sur  une  croix  posée  sur  la  poitrine  et 
la  tête  couronnée  de  roses  ,  est  ensevelie  dans  un  sarcophage 
d'apparat  qui  lui  sert  d'encadrement.  Au  dessus  deux  petits 
anges  soulèvent  un  rideau  qui  paraît  avoir  dérobé  la  Sainte  aux 
regards. 

La  com'iositiou  générale  se  divise  en  trois  zones  d'égale 
hauteur,  comprenant  le  socle  ,  le  sarcophage  et  son  couronne- 
ment, liomposé  d'un  cartouche  contenant  les  mois  :  S.  Virgo 
Viter'Aen.,  orné  d'une  tête  d'ange  et  porté  par  deux  anges  en 
piei,  symétriquement  assis  aux  côtés  sur  des  consoles  surmon- 
taat  le  sarcophage.  Ces  anges  soutiennent  une  couronne  de 
îoses  et  de  lauriers  ;  le  fond  représente  un  rideau  frangé,  à 
plis  larges,  bouffani  aux  angles  supérieurs. 

La  base  où  le  tout  pose  montre,  au  centre,  un  blason  portant 
deux  masses  d'armes  en  sautoir  et  surmonté  d'un  chapeau  à  9 
Hoches,  entouré  de  l'inscription  : 


—  93  — 

£mtn"*  Princip  :  Tiberio  Card.  Muto  Epo.  Viterbien  Effigiem 
S^  Rosœ  Virginis  VUerbien  ex  incorrupto  eiusdem  corpore  tanquam 
vivo  exemplari  desumptam  tib.  Env^^  Princeps.  débitant  censui  qui 
et  Rosam  purpuratus  imitaris  et  tam  prestas  virtutibus  qua  Ma 
miraculis.  Habe  igitur  Ulam  tibi  et  ama  in  munere  animum  deditis- 
simum  donofitis^  Vale,  Viterby  V.  January  1635.  Hierotiimus 
Victs  Can"^  Viterbien, 

Au  socle  delà  base,  sur  le  champ  de restampe,on  lit,  à  droite: 
Fr.  RomaneU^  Viterb.  del.  M.  Natalis^  fec. 

Cette  planche  est  d*un  ton  doux  ,  exécuté  par  tailles  fines  , 
sans  viser  à  la  vigueur  ;  Taspect  en  est  agréable  ;  le  groupe  des 
anges,  grands  et  petits,  est  la  partie  la  plus  gracieusement 
traitée. 

30.  —  La  Vierge,  S'-Michel  et  S^-Catherine. 

22,5  —  16,5  (NH) 

La  Vierge  est  debout  sur  des  nuages,  les  mains  jointes  ; 
elle  regarde  Sainte  Catherine  agenouillée  à  sa  gauche;  à  droite 
est  S^Michel  tenant  des  foudres  dont  il  frappe  un  démon  ren- 
versé. Auprès  de  Marie  sont  trois  anges  paraissant  disposer  les 
plis  de  son  manteau  ;  à  ses  pieds  d'autres  anges  soutiennent 
les  nuages  portant  le  groupe.  Au  bas  est  un  paysage  dont  le 
fond  est  occupé  par  la  ville  de  Liège  où  on  voit  la  cathédrale 
S^-Lambert  et  d'autres  édifices  religieux.  En  avant  passe  une 
botresse  portant  sa  hotte  ou  bot,  avecun  bâton  sous  le  bras. 

Cette  œuvre  est  assez  réussie  ;  au  bas,  avec  le  blason  de 
Stockem  au  milieu,  se  lit  Finscription  suivante  : 

Angelorum  Reginae  eorumqz  Prefecto  Tutelaribus  suis,  paro- 
chiani  S.  Cat'''',  Michael  Natalis.  Leody,  anno  1640.  Inven.  et 
sculpsit, 

31 .  —  Le  Ravissement  de  St-Paul. 
42  —  31  (C  E  I  U  L  I  N  H  I  B) 


—  94  — 

A  peu  près  semblable  à  la  belle  composition  du  Poussin  qui 
se  voit  au  Louvre,  mais  complétée,  c'est-à-dire  montrant  deux 
anges  en  plus  cachant  en  partie  les  jambes  du  groupe  qui  repré- 
sente, sur  un  fond  de  ciel,  le  Saint  enlevé  par  des  anges. 

Ici  Natalis  se  montre  digne  encore  d'interpréter  le  peintre 
des  Ândelis  ;  un  sentiment  noble  se  manifeste  dans  cette  œuvre 
par  l'expression,  le  dessin,  le  modelé.  Le  petit  ange,  posé  dans 
l'ombre,  est  d'un  relief  parfait. 

Cette  pièce  est  signée  :  Poussin  pinxit,  Natalis  fecit,  P.  Ma- 
riette  execudit  cum  privilegio  Régis. 

Au  bas  est  un  blason  surmonté  d'une  couronne  de  comte, 
d'une  mttre  et  d'une  crosse ,  celles-ci  envahissant  la  gravure. 
L'armoirie  accompagnée  de  deux  palmes,  porte  :  en  chef  de 
gueules,  à  trois  étoiles  posées  trois  ;  en  pointes  d'azur  à  trois 
lézards  posés  trois  et  en  pal.  L'inscription  dit  :  Et  sdo  huius 
modi  Hominem  {sive  in  corporCy  sive  extra  corpusnescio,  Deus  sdt) 
quoniam  raptus  est  in  paradisum ,  et  audivit  arcana  verba^  quœ 
non  licet  homini  loqui  ;  i  ad  Corinth.  C.  13. 

Un  autre  état  (UL)  porte  cette  dédicace  : 

Illusîrissimo  Viro  DD  Ludovico  Uesselin  Palaty  et  Camerœ 
denariomm  Magistro  Régi  a  Secretioribus  consilys ,  Baroni  du 
S^Sepulchre  nec  non  Peritissimo  artium  arbitro^in  bello  defensori 
MunificentissimOy  in  pace  amantissimo  cultori,  hanc  Pauli  effigiem 
dicat  et  consecrat.  Jo  Valdor  Obsequentissimus  senus.  N.  Poussin 
pinx.  M.  Natalis,  sculp. 

Saumery,  comme  éloge  de  cette  œuvre,  disait  en  1744  : 
ce  il  ne  s'en  trouve  presque  plus  malgré  le  grand  nombre 
»  d'exemplaires  qui  en  furenl  tirés.  » 

32.  —  S'-Francois. 
36,3  —  27,3  (CE  2  états  |  UL  |  B) 

Dans  un  intérieur  modeste,  debout  devant  un  autel  oii  sont 


—  95  — 

un  crucifix  et  un  livre,  il  regarde  une  gloire  venant  du  haut  à 
droite  ;  la  tête  est  surmontée  d*un  nimbe  ovale  d'où  partent 
des  rayons.  De  la  main  posée  sur  la  poitrine,  sort  une  pointe 
de  clou  crochue,  de  l'autre  une  tête  de  clou.  Auprès  du  saint 
sont  un  agneau  et  un  globe  renversé. 

La  lettre  dit  :  Christo  canfixus  sum  ct-uci,  vivo  autem,  iam  non 
ego  :  vivit  vero  in  me  Christus,  ad  Gulat  i""  Abraham  Dienpenbeke 
invenit.  Michael  Natalis  sculpsit.  Martinvs  vanden  Enden  excudit 
Antverpiae  cum  privilegio. 

Ch.  Le  Blanc  dit  cette  gravure  premier  état  avant  cette  der- 
nière adresse.  Celte  pièce  est  admirable  de  clair-obscur  ;  les 
tailles  en  sont  hardies,  le  modelé  fini,  la  vigueur  parfaite  ; 
l'harmonie  générale  en  fait  un  vrai  chef-d'œuvre. 

Un  autre  état  de  cette  gravure  (C  E)  porte  au  bas  l'inscription 
suivante  : 

Àbsorbeat  quœso  Domine  mentem  meam  et  cor  meum  ignita  et 
mellxsflua  vis  amoris  tui  ab  omnibiis  quœ  in  mundo  sunt  ;  ut  amore 
amons  tui  moiiar^  qui  pro  amore  amoris  mei  dignatus  es  mort, 
amen.  Gillis  Uendricx  execudit  Antveipiae  cumprivilegio. 

Un  troisième  état  possédé  par  l'Université  de  Liège,  aussi 
vigoureux  qu'aucun  de  ceux  que  nous  connaissons,  porte  au 
lieu  des  précédents  éditeurs,  le  nom  de  C.  Galle  ex. 

33.  —  S'-Bruno. 
58.5  ~  40  (CE  I  UL  2  états  |  NH  2  et.  |  UC  i  et.  ) 

Dans  une  superbe  pose  extatique,  il  est  à  genoux,  les  mains 
jointes,  dans  un  riche  intérieur,  et  adore  le  T.  S.  Sacrement 
qui  apparait  sur  un  nuage  entouré  d'étoiles  et  d'anges. 
Un  rayon  descend  vers  le  Saint,  qui  pose  sur  une  marche  ; 
auprès  est  un  piédestal  surmonté  d'un  sarcophage  à  bas-reliefs  ; 
au  pied  sont  une  croix,  une  mître,  des  palmes  et  une  tête  de 


-  96  ~ 

mort.  Le  bas-relief  du  piédestal  montre  la  S^«  Famille  composée 
de  la  Vierge  tenant  Fenfant  Jésus,  auquel  S^  Jean  présente 
une  croix.  Entre  les  deux  enfants  est  Tagneau.  A  Fentour  sont 
des  guirlandes,  des  palmes  et  une  branche  de  lys.  Contre  le 
piédestal  est  un  livre  ouvert  avec  ces  mots  :  Confige  timoré  tuo 
cames  tneas  a  judiciis  enim  tuis  timui.  Un  autre  bas-relief, 
sculpté  sur  un  sarcophage  représente  un  fait  tiré  de  la  vie  de 
S.  Bruno  :  la  résurrection  de  Raimond  Diocres,  chanoine  de 
Notre-Dame  de  Paris. 

Au  second  plan,  au  pied  d*un  autel ,  est  un  chartreux 
prosterné;  le  rétable  représente  la  décollation  de  St-Jean. 
Dans  le  pavé,  à  droite,  derrière  le  Saint,  est  une  pierre 
tombale  armoriée;  plus  loin  un  chartreux,  se  détachant  sur 
un  fond  composé  d'une  galerie  dorique,  est  occupé  à  lire 
Au  bas,  dans  un  ovale,  est  l'armoirie  Liverlo  envahissant 
la  gravure  de  son  cintre  supérieur  ;  comme  le  blason  du  pavé, 
elle  est  timbrée  d'un  heaume  ctmé  d'un  lion  issant.  Le  champ 
écartelé  porte  de  gueules  à  la  bande  d'or  au  1*'  et  4  et  d'or 
aux  2  et  3.  Au  bord  inférieur,  sur  la  gravure  sont  les  mots  : 
Cum  priviL  régis. 

En  dehors  des  deux  côtés  du  blason  est  cette  dédicace  : 

R^^  admodum  et  perillustri  />»<»  Lamberto  de  Liverlo  Cathedralis 
Ecdesiœ  Leodiens.  Cajionico,  Prœposito  Collegiatœ  Fossensis^ 
55mi  Principis  et  Episcopi  Leodiens.  Cancellario  et  Camerœ 
Rationanœ  Prœsidiy  etc. 

Bertholet  prinxit,  M,  Natalis  sculpsit  ;  offerebat  in  perpetuum 
gratitiidinis  monimentum  Michael  Natalis, 

Dans  un  second  état  (UL),  avec  une  seconde  forme,  il  fut 
ajouté  au  bas  : 

Sacra  et  inviolato  ordini  Carthusiensi. 
Sic  aquila  ardoris  patiens  et  nescia  fummœ, 
Turbari  lucis  radio ,  sua  lumina  firmat. 
In  solem  pullosque  suos  hac  erudit  arte 


—  9T  — 

Vos  pia  Brutwnis  soboles^  nec  moribus  impar, 
Nec  pietate  minor,  Christum  sub  nube  latentem 
Ut  coluU,  colite  in  terris,  tU  amavit  amate  : 
Perpétuas  donec  lux  duratura  per  annos 
AdsUj  el  in  eœlis  specierum  œnigmata  cessent  ! 

Un  S^état  (U  L)  donne  cette  dernière  inscription  pour  lettre, 
et,  au  bas,  contre  la  gravure,  les  noms  et  titres  suivants  : 
Bertholet  pinxit,  M.  Natalis  sculpsit,  à  Paris,  chez  Brevet,  rue 
St-Jacques,  à  r Annonciation.  On  n'y  remarque  aucune  trace 
d'armoirie,  c'est  peut-être  l'état  primitif. 

Dans  un  i^  état  (N  H),  on  aperçoit  encore  les  traces  du  cintre 
supérieur  de  Tarmoirie  sur  l'ombre  du  seuil. 
>  Dans  ces  derniers  états  les  huit  vers  latins  qui  précèdent 
envahissent  toute  la  largeur  de  la  planche. 

Le  4«  offre  encore  cette  différence  que  les  noms  des  peintre 
et  graveur  sont  au  bas  de  l'inscripiion  au  lieu  de  toucher  le  bord 
inférieur  gauche  de  la  gravure. 

Cette  planche  est  sans  nul  doute  celle  que  Charles  Le  Blanc 
cite  comme  suit  : 

<c  St-Bruno  adorant  le  crucifix  entouré  d'anges  d'après  Ber- 
tholet Flemael.  »  Il  ne  doit  y  avoir  que  l'erreur  de  l'ostensoir 
pris  pour  la  croix. 

Le  même  auteur  ajoute  :  terminée  par  P.  van  Schuppen,  ce 
qui  n'est  guère  probable  si  Ton  considère  la  dédicace  signée 

Natalis. 

Cette  œuvre  est,  comme  sentiment  religieux,  l'une  des  plus 
belles  que  la  gravure  ait  produite;  le  saint  est  admirable  d'élan  ; 
la  draperie  très-élégante,  les  anges  du  haut  charmants  et  le  ton 
général  des  plus  harmonieux. 

Abry  déclare  cette  œuvre  «  la  plus  considérable  de  Natalis  et 
ne  veut  pas  l'anatomiser  comme  les  pointilleurs.  » 

M.  Capitaine  possède  une  très-jolie  esquisse  au  lavis  attribuée 

7 


~  98  — 

à  Natalis,  provenant  de  la  collection  Hamal,  et  qui,  par  sa  sim- 
plicité, semble  être  une  première  idée  de  la  composition  de 
St-Bruno.  Comme  ici,  le  Saint  est  en  extase  à  peu  près  dans  la 
même  pose  ;  le  St-Sacrement  est  remplacé  par  une  Vierge,  le 
sarcophage  par  un  autel  ;  le  livre  est  tenu  par  deux  petits  anges. 

Cette  œuvre  est  d'un  faire  des  plus  aisés  et  d'une  grande 
distinction. 

Assemblée  des  généraux  de  l*ordre  des  Chartreux. 

1«»8  — 1»50.  (CE  |NH) 

Tel  est  le  titre  d'une  œuvre,  on  peut  dire  colossale,  de  Natalis. 
Elle  représente  un  hémicyle  conique,  grandement  architecture, 
où  sont  superposées  sur  deux  rangs  les  sommités  de  Tordre 
des  Chartreux.  Cette  vaste  composition,  gravée  d'après  Bertholet 
Flémal,  se  compose  de  six  planches,  ayant  chacune  80  centi- 
mètres de  largeur  sur  84.  Dans  les  planches  inférieures  se 
vojent  assis  les  susdits  généraux  ayant  chacun  un  emblème  ou 
objet  distinctif.  St-Bruno  se  trouve  au  centre  du  rang  supérieur  ; 
23  de  ses  disciples  sont  à  son  gradin,  24  au  second.  Les  trois 
autres  planches  donnent  le  complément  des  colonnes  de  l'édifice, 
ayant  une  voûte  à  caissons  ornés  et  frise  à  bas-relief,  représen- 
tant la  vie  de  St-Bruno.  Un  groupe  central  est  composé  de  la 
Vierge,  planant  sur  le  tout,  tenant  l'enfant  Jésus  assis  sur  des 
nuages  peuplés  d'anges  ;  ils  envahissent,  ainsi  que  les  rayons, 
une  partie  des  planches  adjacentes.  La  Vierge  tient  de  la  main 
gauche  un  livre  qu'elle  paraît  tendre  à  l'un  des  Chartreux  ;  à 
droite  est  un  petit  ange  en  adoration.  Au-dessous  du  nuage  sont 
deux  grands  anges  étendant  les  bras,  et  au-dessus  du  groupe 
deux  autres  tenant  une  couronne  de  fleurs.  Cet  ensemble  est 
largement  traité,  par  tailles  hardies  ;  le  tout  très-moelleux,  d'un 
beau  modelé.  La  feuille,  où  est  la  Vierge,  est  à  elle  seule  une 
œuvre  importante.  Nulle  partie  faible  ne  se  découvre  dans  celte 


—  99  — 

suite  de  planches.  Le  costume  uniformément  blanc  de  tant  de 
ligures  pouvat  être  un  écueil  qui  fut  savamment  évité  par  le 
peintre  qui  imprima  un  caractère  particulier  à  chaque  figure,  et 
par  le  graveur  qui  répandit  les  demi-teintes  envahissant  la 
masse  et  rendant  les  blancs  rares.  Toutes  les  têtes  y  sont  par- 
faitement modelées  ;  chaque  figure  est  belle  par  elle-même.  Un 
texte  explicatif  était  nécessaire  à  cette  production  multiple  ; 
deux  pages  d'impression  donnent  la   nomenclature  biogra- 
phique des  47  religieux  se  rapportant  à  des  numéros  placés 
dans  la  gravure,  au-dessus  de  chaque  tête. 
Le  n""  1  désigne  St-Bruno  assis,  au  centre  du  rang  supérieur, 
sur  un  siège  élevé ,  orné  de  têtes  d'anges  et  surmonté 
de  sept  étoiles  dont  six  à  Tentour  d'une  plus  grande.  La 
tête  du  saint  rayonne;  il  parait  adorer  le  groupe  céleste, 
de  la  main  droite  il  tient  deux  palmes  et  un  crucifix  ;  à 
ses  pieds  est  une  crosse  ;  à   la  marche  inférieure  une 
mitre.  Â  droite  du  trône,^ sortant  d'un  nuage,  une  main 
tient  un  livre  ouvert  où  se  voit  la  Vierge.  A  gauche  du 
siège  une  autre  main,  entourée  de  rayons,  montre  la 
flamme  d'une  lampe.  Voici  la  suite  des  personnages 
dont  nous  croyons  inutile  de  réproduire  ici  les  notices 
biographiques  que  contiennent  les  pages  précitées. 

S  /?.  Lauduinus  patria  Tuscus^  Luca  oriwidus,  S.  Brunon. 
Sodus,  etc.  :  il  tient  à  la  main  un  bâton. 

3  R.  P,  Petrm  Francus  Artesiusex  Bethuniâ^ProfCarthusiœ^ 

vir  cœlo  natusy  etc.  :  il  tient  un  crucifix;  à  ses  pieds  sont 
deux  cachets  :  signes  indiquant  les  démissions  deman- 
dées par  les  titulaires. 

4  il.  P.  Joan.  f,  natione  Tuscus,  Prof.  Cartusiae^  ex  Castro 

Moriana  (non  Ulo  quod  est  in  Sabaudia)^ 

8  R.  P.  Gtdgo  Delphinas  Valentinen.  nobilis  génère  etc.  ;  il 
écrit  en  un  livre  :  qui  hanc  regulam  servaverit  pax  super 
illum. 


—  400  — 

6  R.  P.  Hugo  I  Prof  cartusiae  guigonis  discipulus,  etc. 

7  S.  AnthelmiusSeiguinus  ex  Castro  Chiquini  in  Sabandiaquod 

ex  parentum  nobilitate  traxerat^  etc.  ;  la  tête  entourée 

d*une  auréole  ;  il  est  en  adoration,  les  mains  étendues  ;  à 
ses  pieds  sont  une  crosse  et  une  mttre. 

8  E.  P.  Basilius  Burgundus,  etc.;  il  tient  un  livre  où  on  lit: 

promitHmus  obedientian  communi  capitula. 

9  R.  P.  Guigo  II  gallus,  etc.;  il  regarde  le  Ciel. 

10  R.  P.  Jancelinus,  etc.,  a  les  mains  jointes;  à  ses  pieds  est 

une  tête  de  mort. 

11  JR.  P.  Martinus  ,  tient  un  crucifix  et  un  chapelet  ;  à  ses 

pieds  sont  deux  cachets. 

12  B.  P.  Hugo  II,  tient  un  crucifix  qu'il  contemple. 

13  A.  P.  Bemardus  a  Turre  Burgundus  ex  nobili  familia  dicti 

nominis  apud  Bisuntinos^  Ut  Vemntionemem  Archiepis- 
copatum  declinaret,  etc.  Il  est  dans  Tattitude  de  la  prière; 
à  ses  pieds  sont  un  cruAfix  et  une  crosse. 

14  R.  P.  Riffenv^j  écrit  en  un  livre  ces  mots  :  Statuta  ord, 

Cart.;  sous  son  pied  gauche  est  un  volume  fermé. 

15  R,  P.  Gerardus,  a  les  mains  jointes. 

16  iî.  P.  Guillelmus  I,  tient  un  chapelet. 

17  R.  P.  Boso,  regarde  la  terre  ;  à  ses  pieds  sont  des  os  et 

des  herbes. 

iS  R.  P.  Haymo  de  Augusta  delphinas  cartus.ptvf.j  tient  un 
glaive  enflammé. 

19  il.  P.  Jacobus  de  Viviaco,  itidem  delphinas,  a  les  mains 

croisées  sur  la  poitrine;  deux  cachets  sont  à  ses  pieds. 

20  B.  P.  Clarus  de  Fontanis  Prior  domus  Paris  ,  tient  un 

pupitre  sur  lequel  est  un  livre;  à  ses  pieds  est  un  cachet. 

21  R.  P.  Jacobus  de  ViviacOy  trois  cachets  lui  sont  offerts 

par  une  main  sortant  d'un  nuage  et  à  laquelle  sont  atta- 
chées deux  verges . 

22  R.  P.  Henricus  Polleti;  à  ses  pieds  sont  deux  cachets  ;  sur 


—  101  — 

l'un  est  une  croix  aux  bras  de  laquelle  appeudent  deux 
verges. 

23  R.  P.  Joannes  II,  Birellus  LemouiXy  repousse  un  chapeau 

de  cardinal. 

24  R.  P.  Helisarius  GrimaldU  est  au  centre  de  la  rangée  inté- 

rieure, en  costume  sacerdotal,  surplis  dalmatique  et 
manipule  ;  i  ses  pieds  est  un  vêtement  qui  parait  être 
une  robe  de  discipline. 

25  R.  P.  Guillemttë  II,  Raynaldi  ArvemuSy  à  gauche  du  pré- 
cédent parait  repousser  un  chapeau  de  cardinal,  il  écrit 
sur  un  livre  les  mots  :  Statuta  ord.  cart. 

26  R.  P.  Bonifacius  Ferrarii  Hispanuf  Valentin  et  S.  Vincenty 

Ferrary  Germanus.Doctor,  montre  un  objet  qu'il  a  près  de 
lui,  sorte  de  botte  surmontée  d'herbes,  auprès  sont  deux 
cachets. 

27  R,  P.  /oann^III(teGrt/fbmart(e  Saxo,  montre  une  branche 

d'olivier  qu'il  tient  de  la  main  gauche. 

28  R.  P.  Guillelmus  III  de  Mota  Gallus,  a  la  tête  entourée  de 

rayons. 

29  R,  P.  Franciscîis  I  Maresme  Hispan,  Valmt.^  montre  une 

chapelle  en  construction. 

30  R.  P.  Joannes  IV  Roesendal  NeomagetisiSj  Prof,  damm 

avenionis. 

31  R.  P.  Antonîus  J.  Dellieuxprior  domtis  Avenion,  tient  une 

équerre  et  un  fil  à  plomb. 

32  R.  P.  Antonius  II  de  Charno  ex  Prior  domus  Apponiaci, 

regarde  deux  cachets  qui  sont  à  ses  pieds. 

33  R.  P.  Petrus  II  Rufi,  il  a  la  tête  entourée  de  rayons  et 

tient  deux  rocs  réunis  par  un  pont. 
3*  R.  P.  Francisco  II  a PuteoSegusianm  célébrer  l,\.Doctor 

écrit  en  un  livre  les  mots  :  Statuta  ord.  Cart. 
35  R.  P.  GuUelmus  l\  Bibaucius  Vlander  TUetanus  prof,  domus 

Gandav.  Lovanyprimumedocttis.il  tient  un  crucifix. 


—  102  — 

36  R.  P.  Joannes  V  Gaillardî,  tient  un  chapelet. 

37  R.  P.  Petrus  III  de  Leydis  Baiavus  Prior  domus  Gosnay, 
contemple  une  tête  de  mort. 

38  R.  P.  JoannesYl  Fo/oni^,  tient  une  plume  et  deux  cachets. 

39  il.  P.  Damianus  Longontis  noHl.Mediolan.  yiient  un  crucifix. 

40  R.  Petriu  IV  Sarde  LemoviXy  tient  un  crucifix. 

41  B.  P.  Bemardus  Carassus,  Vasco  Tarbiensis^  écrit  en  un 

livre  les  mots  :  Statuta  ord.  Car. 

42  R.  P.  Uierontfmus  I  lAgnanus  lAgur,  tient  un  chapelet. 

43  R.  P.  Heironymus  II  Marchant  Auxicensis,  tient  un  fléau. 

44  R.  P.  JoannesWll  MichaelConstatUien.  Prof.  dom.  Paris., il 

a  sur  ses  genoux  un  livre  où  est  une  croix  avec  couronne 
d'épines  et  un  cœur. 

45  R.  P.  Bruno  II  d*Haffringues  Audomaropolitanj  tient  un 

livre. 

46  R.  P.  Justns  Perrot.  Parisin,  tient  une  couronne  d'épines. 

47  R.  P.  Léo  Tixier  exmarchia  Lemovicen.  Le  dernier  person- 

nage de  la  série  de  gauche  est  prépédé  d'un  autel  sur 
lequel  il  soutient  un  globe  surmonté  d'une  croix  ;  à  ses 
pieds  sont  quatre  livres  ;  le  texte  dit  qu'il  enflamma  le 
monde  par  son  dévouement  et  charité.  Tixier  mourut 
Tannée  de  la  publication  de  cette  gravure,  le  13  no- 
vembre 1649.  Au  bas  de  cette  composition,  sur  le  sol, 
au  centre,  sont  ces  mots  :  Ex  voto  primariae  cartusiœ  in 
perpétuant  gratitudinis  suœ  tnonumentum  anno  dni. 

1649. 
M.  Natalis  Fe. 

Adroite  on  lit  Bertholet  Fkmal  pinxit.  Le  titre  du  texte  est , 
Sinopsis  et  cotisilium  mscepti  operis.  Fueslin  se  trompe  en  disant 
que  cette  gravure  est  composée  seulement  de  quatre  feuilles. 

35.  —  Si'Roch, 

9,  5  -»  7  _  (UL  '  NH) 


-  103  ~ 

Dans  un  paysage  maritime  le  saint  est  agenouillé;  un  ange  lui 
montre  le  ciel  où,  sur  des  nuages,  est  assise  la  Vierge  portant 
l'enfant  Jésus;  àTentour  sont  de  petits  anges.Àuprès  du  saint 
est  un  chien  tenant  un  pain  entre  4es  dents  ;  sur  le  sol  se  voient 
un  bâton  et  un  chapeau.  Au  bas  ,  on  lit  cette  inscription  : 
Dédiée  à  R.  Jean  Bapt.  Marson^  Pasteur  de  St-Servais,  François 
dell  Trappe  et  Guilleaume  Amoldij  M""*  et  Directeurs  de  la  confré- 
rie de  St'Roch  lez  les  F.F.  Celites  en  Liège ,  Fan  1662.  Cette 
pièce  rognée  au  bas  de  Tinscription  ne  porte  pas  de  signature, 
mais  le  papier  sur  lequel  on  la  colla  porte  les  mots  :  M.  NataliSy 
ex  coll.  H,  Hamal.  Cette  indication  et  l'identité  de  burin  la  font 
accueillir  dans  notre  recueil;  elle  est  du  reste  bien  traitée. 

^^6.  St'Henri  et  Ste-Cunegonde. 

25  -  14  1/2  (CE  I  NH). 

Sur  un  socle  et  se  détachant  sur  un  paysage  est  le  groupe, 
composé  de  la  sainte  à  genoux,  contemplant  St-Henri  en  costume 
royal,  apparaissant  dans  une  gloire,  assis  sur  un  nuage.  Ce  roi 
tient  de  la  main  gauche  le  sceptre  et  de  la  droite  soutient,  avec 
un  petit  ange,sur  le  genou  droit,  une  petite  église  assez  semblable 
à  celle  qui  orne  le  paysage.  Ce  groupe  est  entouré  de  plusieurs 
anges  dont  l'un  tient  le  bord  du  manteau  royal.  Au-dessus  de 
la  base  portant  la  composition,  on  lit  :  A  Diepenbeke  del.  M.  Na-- 
talis  fecit  ;  et  dans  le  cartouche  ornant  ce  socle  :  S.  Henrlcus  et 
Sta-Cunegundis.  Quomodo  in  vita  sua  dUexerunt  se^  ita  et  in  morte 
non  sunt  separati.  Cette  planche  est  agréablement  exécutée, 
surtout  dans  sa  partie  supérieure. 

37.  St' Antoine  de  Padoue, 
9,  8  —  6,  8  (UC  en  vol.) 

Le  saint  est  à  genoux  devant  un  meuble  au-dessus  duquel. 


—  104  - 

sur  un  nuage,  paraît  l'enfant  Jésus,  la  tête  entourée  de  rayons. 
Sur  le  meuble  est  une  branche  de  lys,  sur  le  socle  est  un  livre 
ouvert.  Au  centre  inférieur ,  en  dehors  de  la  gravure,  est  le 
blason  des  Groesbeeck  surmonté  d'une  couronne  de  Comte  et 
<livisan(  cette  inscription  :  S.  Anloriy  de  Padua.  R^  et  /U»'»  D"« 
D.  Joanni  Barom  a  Groesbeeck  insignis  ecclesiœ  Leodien.  Praepo- 
sito  Abbati  Seculari  Dionant,  Dno,  temparaU  de  Fran-Waret.  M. 
Natalis  f.  sculp.  Cette  image  est  le  titre  d'un  in-8«  intitulé  : 
Source  miraculeuse  et  féconde  des  grâceSy  ouverte  et  présentée  à 
tous  ceux  qui  sont  assaillis  des  maux  de  cette  vie,  qui  jailtit  du 
pied  des  autels  du  glorietuc  St-Antoine  de  Padoue.  Par  le  père 
Daniel  Natalis  mitieur  conventuel,  etc,  1688,  3«  éd.  Uége,  chez 
Vienne  Danthez,  à  renseigne  de  St-Augustin  proche  de  St-Denis, 
Une  copie  de  cette  planche ,  mal  exécutée  et  à  rebours,  se 
trouve  en  tète  du  même  ouvrage,  même  édition.  Elle  est  dédiée 
selon  l'inscription  du  bas,  A  Nob.Seig,  Herman  et  Jean  de  Stoc- 
hem  chan.  de  Liège ,  Archidiacres  et  Prévôts  de  St-Uartin  et  de 
St'Paul.  Cette  composition  fut  encore  reproduite  dans  ce  siècle 
avec  quelques  variantes  et  pour  le  même  travail  ;  celte  gravure 
porte  le  titre  S:  Antoine  de  Padoue,  à  Verviers,  chez  Renard 
Croisiers. 

38.  Ste-Barbe. 
16  —  12,  l  (NH  I  MP  I  B) 

La  sainte,  sujet  principal  d'une  vaste  composition  dont  elle 
est  le  colossal  personnage,  est  assise  sur  des  nuages,  appuyant 
le  coude  droit  sur  une  tour  et  tenant  sur  ses  genoux  une  palme. 
Des  rayons  l'entourent,  un  petit  ange  la  couronne  et  d'autres  la 
contemplent,  étages  sur  des  nuages.  Au  bas,  dans  un  riche 
paysage  orné  d'édifices  ,  s'accomplit  le  martyre  de  la  sainte 
décapitée  sur  un  échafaud,  entourée  d'instruments  de  torture; 
près  d'elle  est  le  bourreau  debout,  tenant  encore  le  glaive.  Au 


—  lOB  — 

fond  sont  des  vieillards  et  des  soldats  dans  diverses  attitudes. 
En  dehors  de  la  gravure,  au  centre  inférieur,  est  le  blason  de 
Guillaume  Natalis ,  abbé  de  St-Laurent  (deux  lions  affrontés 
tenant  un  cœur),  partageant  en  deux  l'inscription  suivante  : 

Sainte  Barbe  priez  pour  nous. 
Jésus  votre  adorable  époux. 
Qui  vous  chérit  (tun  amour  tendre. 
Que  par  sa  sainte  passion. 
Il  lui  plaise  de  nous  défendre 
D'une  mort  sans  confession. 

Dédié  à  M.  le  Révérend  Prélat  de  St-Laurent  par  son  très- 
humble  et  très-obéissant  serviteur  M'^  Natalis,  et  à  tous  ceux  et 
celles  qui  sont  de  la  confrérie  de  Madame  sainte  Barbe.  Sur  la  gra- 
vure de  l'exemplaire  de  Bruxelles,  à  l'angle  inférieur  de  droite 
est  la  date  4664.  Cette  œuvre  est  très-bien  exécutée  dans  sa  par- 
lie  inférieure  où  le  groupe  du  martyre  est  fait  avec  talent.  Ce 
groupe  a  quelqu'analogie  avec  la  composition  de  Carlier  , 
ornant  le  plafond  de  St-Denis  à  Liège  et  représentant  le  martyre 
de  ce  saint.  Nous  attribuons  cette  composition  à  B.  Flemael. 
Elle  fut  reproduite  dans  un  format  un  peu  plus  grand,  en  1769 
et  signée  Jacobi  fecit  avec  les  mots  :  «  Sainte  Barbe  priez  pour 
nous.  Dédié  par  cette  confrérie  à  Hgr  François  Lambert,  baron 
de  Stockbem,  chanoine  et  grand  chantre  de  Liège,  Archidiacre 
de  Condroz,  Prévôt  de  Maseyck,  protecteur  de  la  confrérie.  » 

39.  —  Ste-Barbe. 
12,5  —  8,  5  (UL) 

Debout,  près  d'une  tour,  dans  un  paysage  maritime^  elle  tient 
de  la  droite  une  palme  et  de  la  gauche  une  épée  ;  à  ses  pieds 
sont  divers  instruments  de  supplice  et  deux  seins.  Au  dehors  est 
la  lettre  :  Saint  Barbe  priez  Dieu  pour  nous.  La  figure  est  bieq 


—  106  — 

composée  et  biea  posée.  Cette  œuvre  qui  n'est  pas  signée ,  est 
notée  ici  sur  la  déclaration  de  Hamal. 


Saints  et  Saintes  en  pied  et  en  buste. 

40.  -   St'Francois  de  Paule. 
9.  8 --6,91.  (UC) 

Il  est  debout,  à  mi-corps,  en  extase  devant  un  crucifix  posé 
sur  une  table  où  est  un  livre  ouvert  aux  mots  :  Hœcest  régula 
mitis  et  sancta,  etc.  Des  rayons  flamboyans  descendent  du 
haut  du  Christ  vers  le  saint,  dont  une  large  auréole  entoure 
la  tète.  L'inscription  dit  :  S.  Franciscus  de  Paula  Sacri  Ordinis 
Minimarum  imtitutor.  Leodii  M.  Natalis  fecit  1629. 

Cette  pièce  est  intéressante  sous  le  rapport  artistique;  le 
dessin  en  est  large  et  d'un  style  autre  que  les  images  gravées 
par  le  même  en  1628  ;  elle  tient  encore  du  gothique.  Néanmoins 
nous  n'admettons  pas  l'opinion  de  Saumery  disant  qu'elle 
dépasse  les  plus  belles  pièces  de  Valdor . 

Dans  la  catégorie  des  sujets  de  ce  chapitre,  Natalis  grava,  à 
noire  connaissance,  deux  séries  ;  Tune  composée  de  saints  et 
saintes  en  pied,  debout  sur  fond  blanc,  mesurant  28  c.  S"  de 
haut  sur  13  c.  2™  de  largeur. 

Ces  figures  d'après  A.  Diepenbeke,  sont  en  général  traitées 
avec  infiniment  de  goût,  d'un  dessin  ample,  d'un  burin  aisé  ; 
l'efitet  en  est  à  la  fois  transparent  et  vigoureux. 

Nous  allons  décrire  dix-neuf  de  ces  planches  publiées  à 
Anvers,  sans  date.  Nous  croyons  que  Natalis  les  produisit  après 
son  retour  de  Rome,  excepté  peut-être  le  n*»  47. 

La  seconde  série  est  formée  de  saintes  et  saints  en  buste,  sous 


—  107  — 

forme  d'images,  en  feuilles  portant  huit  bustes  chacune,  mesu- 
rant 9  G.  B"  de  haut  sur  6  c.  5"»  Elles  furent  aussi  publiées  à 
Anvers  par  les  presses  de  Martin  Van  den  Enden. 


Saints  et  Saintes  en  pied. 

4!.  —  St' Joseph. 
(CE  I  B) 

Debout  sur  un  socle,  il  tient  sur  le  bras  droit  Jésus  enfant,  et 
de  la  main  gauche  un  lys.  Les  têtes  sont  entourées  de  rayons. 
Au  bas,  sur  le  bord  supérieur  du  socle  est  le  titre  :  St-Joseph  ; 
et  plus  bas  les  signatures  :  Michael  Natalis  sculpsit,  Martinus 
vanden  Enden  excudit. 

Cette  figure  est  belle  de  composition  et  de  travail  ;  la  tête  du 
saint  et  les  draperies  sont  d'un  dessin  agréable,  mais  d'un 
burin  maigre. 

42.  —  S^'Monique. 

(NH) 

La  tète  entourée  de  rayons,  elle  porte  un  vêtement  à  manches 
très-amples  ;  un  voile  blanc  passe  sur  la  poitrine,  et  pardessus, 
un  second  voile  noir  couvre  les  épaules.  Elle  regarde  le  ciel  en 
pleurant  ;  sa  main  gauche  tient  un  mouchoir. 

La  lettre  dit  : 

Sancta  Uonica, 

/{mo  p  Hippoiyto  Montio  ord.  Eremit,  S,  P.  Augustini  Priori 
gênerait  D.D.  F,  Joachimus  Brulim  prior  Provincialis  Flandriœ. 
M.  Natalis  sculpsit,  Martinus  Vanden  Enden  excudit  Antverpice. 


—  108  — 

43.  —  5.  Augustin. 

(CE  NH) 

De  la  droite  il  tient  uq  cœur  enflammé  et  regarde  Dieu  le  * 
Père,  apparaissant  à  gauche  dans  une  gloire,  tenant  un  triangle 
de  la  main  droite.  Devant  le  saint  est  un  homme  vu  en  buste, 
qui  le  regarde  ;  derrière  un  ange  tient  la  crosse  et  la  mitre. 
Sur  le  socle  est  écrit  : 

S.  P.  Augustinus. 

jjmo  p  uippQiyio  Montio  ord,  Eremit.  S.  P.  Augustini  Priori 
generali  D.D.  F.  Joachimus  Brulius  Prior  Provincialis  Flandriœ, 
M.  Natalis  sculpsit.  Martinus  vanden  Enden  excudit  Antverpiœ. 

Cette  pièce  est  assez  belle. 

44.  —  S.  Appoline. 

(CE) 

La  sainte  ,  debout  sur  un  socle,  tient  de  la  main  gauche  une 
tenaille  avec  une  dent  ;  elle  pose  la  droite  sur  son  cœur  et 
tourne  la  tête  vers  un  petit  ange  portant  une  palme  et  qui  la 
couronne. 

Sauf  le  nuage  où  est  range  et  le  rayon  de  la  sainte,  le  fond 
est  blanc. 

Le  socle  porte  les  mots  : 

S.  Apolonia^  Bruxellœ  apud  P,P.  Augustinianos  miraculis  clara. 

M.  Natalis  inv.  et  F.  Martinus  vanden  Enden  excudit. 

Cette  figure,  sans  cadre,  rappelle  Técole  de  llubens  comme 
forme  ;  quant  à  Teffet,  les  draperies  ont  trop  de  blanc. 

48.  —  S.  Thomas  d'Aquin, 

(B) 

Debout ,  la  tète  entourée  de  rayons ,  il  semble  écouter  une 


—  109  — 

colombe  descendant  vers  son  oreille  gauche  ;  une  chaîne  passe 
sur  la  pèlerine  du  costume ,  retenant  sur  la  poitrine  un  soleil. 
Le  saint  tient  de  la  main  droite  une  plume  et  de  la  gauche  un 
ostensoir;  à  ses  pieds  sont  une  crosse,  une  mttre,  une  couronne 
de  perles  et  un  bâton  de  commandement. 

Sur  le  socle  où  pose  le  tout,  on  lit  : 

S.  Thomas  Aquinas.  Nobili  Reverendo  atq,  Exim.  Domino  D. 
Jacobo  Speecq  S.  Th.  Doctori,  Ac  almœ  Academiœ  Lovan  Pro- 
fessoriy  sol  iste  suo  Radio  dicatus  esto.  Abraham  a  Diepenbeke 
invent,  Michael  Natalis  sculpsit.  Martimês  vanden  Enden  exe.  cum 
privilegio. 

Cette  œuvre  est  très-réussie  ,  la  tête  très-belle  et  le  tout  d*un 
effet  saillant. 

46.  —  S^'Bemard. 
(CE  I  MP  I  B) 

Il  est  debout  près  d*un  piédestal  sur  lequel  il  soutient  un  livre 
où  on  lit  :  Subit  animum  dictare  aliquid  quod  et  Papa  Eugénie  etc. 
De  la  main  gauche,  il  tient  une  crosse  à  bannière  ;  la  tunique 
crevée  laisse  voir  son  cœur  où  est  une  croix  entourée  des  ins- 
trumens  de  la  passion.  A  ses  pieds,  à  gauche ,  sont  trois  mttres 
dont  deux  avec  le  pallium  ;  à  droite  est  debout  un  chien.  Le 
socle,  le  plus  orné  de  ceux  des  Saints  de  cette  série ,  porte  au 
sommet  :  5.  Bernardus  ;  et  dans  le  cartouche,  encadré  d'oves  : 

S.  Bernardus  doctor  Mellifluus  1  Claravallensis  abbas  S.  ordinis 
Cisterciensis  insignis  propagator.  R.  Admodum  Z)"**  D.  Henrieo 
Van  der  Ueyden  Celeberrimi  monrii  B.  Virginis  de  Villaris  abbati 
meiHtissimo  D.  C.  Q.  Martin  vanden  Enden.  Et  en  dehors  du  car- 
touche :  Abr.  a  Diepenbeke  invent.  Michael  Natalis  sculp.  Martinus 
vanden  Enden  excud.  cum  privilegio. 

Aux  cotés  du  socle  sont  deux  blasons  surmontés  des  insignes 


—  no  — 

abbatiaux;  celui  de  gauche  porte  :  de  sable  à  la  bande  écbiquetée 
argent  et  gueule,  sur  deux  rangées  de  sept  pièces.  Celui  de 
droite  :  d'argent  à  trois  fleurs  de  lys  d'azur,  deux  et  une. 
Cette  planche  est  d'un  effet  agréable. 

47.  —  S^' Bernard 

(B) 

Il  est  à  genoux  devant  la  Vierge  tenant  l'enfant  Jésus,  assise 
sur  des  nuages  où  se  voient  de  petits  anges.  Marie  presse  son 
sein  droit,  découvert,  duquel  part  un  jet  allant  à  la  bouche  du 
Saint,  lequel  soutient  du  bras  gauche  une  croix,  une  flèche  et 
un  roseau.  En  face  de  lui  est  la  colonne  de  la  passion  ornée 
d'un  gantelet,  d'une  verge  et  de  cordes,  le  tout  surmonté  d'un 
coq.  Contre  la  colonne  sont  une  échelle  et  un  manche  portant 
une  éponge  ;  auprès  on  voit  une  lanterne,  et  sur  le  premier 
plan  du  même  groupe,  un  calice  et  un  plateau  avec  burette. 
Sur  la  face  du  socle  portant  la  composition,  se  trouvent  trois 
doux,  une  tenaille,  un  marteau,  une  bourse  et  un  glaive  ayant 
sur  sa  lame  une  oreille;  auprès  sont  des  dés  et,  au  centre, 
brochant  sur  le  tout,  la  face  du  Sauveur. 

Le  tors  supérieur  du  socle  porte  le  titre  :  Sanctus  Bemardm  ; 
le  champ  est  signé  :  Joa.  Thomas  delineavit,  C.  Galle  execud. 
Mich.  Natalissculpsit.  /.  Verbruggen, 

L'ensemble  de  cette  œuvre  tient  de  l'école  de  Rubens  ;  l'effet 
présente  de  la  sécheresse  ;  c'est  l'une  des  moins  bien  gravées  de 
cette  série.  Nagler  attribue  cette  gravure  à  J.  Thomas  van  Ypern 
ou  d'Ypres.  C'est  la  seule  de  la  présente  série  qui  ait  pu  être  à 
notre  avis,  gravée  avant  le  départ  de  Natalis  pour  Rome. 

48.  —  St'Françcris  d^  Assises. 

(CE  I  B) 

Debout  et  nymbé,  il  tient  un  crucifix  qu'il  contemple;  il  a  près 


—  m  ~ 

de  lui  un  agneau  debout  et  un  globe  renversé.  Au  haut  du  socle 
est  le  titre  S.  Franciscus  ;  au  bas  :  Aàt^aham  a  Diepenhehe  inven. 
Martinus  vanden  Enden  excud.  Antverpiœ  cum  privilégia.  Michael 
Natalis  sculp. 

Cette  planche  est  d'un  effet  assez  agréable  ;  le  burin  est  peu 
réussi  dans  la  disposition  des  tailles. 

49.  —  St'François  de  Paule. 

(CE  I  NH  I  B) 

Le  saint  est  debout,  nimbé  dans  une  attitude  humble,  les 
mains  croisées  sur  la  poitrine  ;  il  regarde  avec  expression  le 
mot  charitas  apparaissant  à  Tangle  supérieur  de  droite  entouré 
de  nuages.  Le  socle  orné  porte  en  cartouche  ce  titre  :  S.  Fran- 
dsctis  de  Paula  fundator  sacri  oi^dinis  Minorum, 

On  lit  au  bas  :  Erasmus  qiiellinus  delineavit.  Mîchael  Natalis 
sculpsit.  Martinus  vanden  Enden  excudit. 

Cette  planche  est  très-belle  de  vigueur  et  d'expression,  déno- 
tant un  renovateur  fervent  :  le  burin  en  est  très-distingué,  la  tête 
et  les  mains  surtout  sont  traitées  d'une  manière  tout  artistique, 
et  font  de  cette  œuvre  Tune  des  plus  parfaites  de  Natalis. 

50.  —  S^'^'Jeanne  de  Valois. 

(E  I  UL  I  B) 

En  costume  d*Ânnonciade,  sans  nimbe,  portant  une  couronne 
royale,  elle  est  debout,  tenant  de  la  main  droite  un  crucifix.  De 
la  gauche  elle  tend  Tannulaire  pour  recevoir  un  anneau  que  lui 
présente  l'enfant  Jésus,  debout,  couvert  d'une  tunique.  Il  porte 
au  bras  gauche  un  panier  dans  lequel  se  voit  une  couronne 
d'épines. 

La  bordure  supérieure  du  socle  porte  : 

Serva  Di.  Dna.  Joanna  Valesia  Franciœ  Regina^  Ordinis  Annwi" 


—  «3  — 

tiatarum  Fundatrix,  miraculis  clara  moriturin  gcUlia,  Anno  iSOS 
4  die  February. 

Abr.  a  Diepenbekeinvenit,  Michael  Natalis  seulpsU,  Mort  vanden 
Enden  excvd.  Antverpiœ  cum  privilegio. 
Le  dessin  de  cette  œuvre  est  lourd. 

51.  —  Le  Bienheureux  Godefroid. 
(CE  I  NH  I  PB) 

Il  est  debout ,  nimbé  ,  portant  une  couronne  à  fleurons  , 
laquelle  a  au  bandeau  ces  mots  :  décor  me  corona  ;  son  costume 
est  celui  des  prémontrés.  La  main  droite  pose  sur  la  poitrine  ; 
la  gauche  tient  une  tête  de  mort  ;  les  regards  se  portent  vers  le 
ciel  d'où  ,  entre  des  nuages  ornés  d'anges  ,  descend  un  rayon 
avec  les  mots  :  Bene  veniunt  Nunty  Domini  Creatoris  met. 
Aux  pieds  du  saint  est  l'amour,  les  yeux  bandés,  derrière,  le 
monde,  et  auprès,  un  blason,  qui  semble  être  d'argent,  à  deux 
fasces  d*azur,  timbré  d'une  couronne  de  perles  à  fleurons  aussi 
de  perles. 

Sur  le  socle  on  lit  ce  titre  : 

Beatus  Godefridus  ex  Comité  Capenbergerisi  Canonicus  Ordinis 
Prœmonstratemis,  13  January.  Abraham  a  Diepenbeke  invertit. 
Michael  Natalis  sculpsit.  Martinus  vanden  Enden  excad.  Antverpiœ 
cum  privilegio. 

Cette  œuvre  et  le  S'-François  de  Paule  sont  à  notre  avis  les 
plus  parfaites  de  la  série  des  saints  de  ce  format. 

52.  —  S.  Herman. 
(MF  I  B) 

En  costume  de  Prémontré,  portant  surplis  et  bonnet  carré , 
il  est  debout  tenant  sur  le  bras  gauche  l'enfant  Jésus ,  et  de  la 


—  113  — 

main  droite  une  braMbe  de  lys.  Autour  de  ceUe-ci  serpente 
un  billet  portant  les  mots  :  Concupivi  salutare  tuû  Domine.   Sur 
le  tors  supérieur  du  socle  est  le  titre  de  la  planche  :  B.  Her- 
marmus  Joseph. 
Le  groupe  est  bien  posé,  le  surplis  grayé  avec  soin. 

53.  —  S.  Frédéric,  prémontré. 

(B). 

Il  est  debout,  bonnet  en  tête,  manteau  à  pèlerine  boutonnée, 
croix  en  dessous,  la  dépassant;  sa  tête  est  entourée  d'une 
petite  auréole.  La  main  droite  porte  un  bouquet  où  dominent 
les  lys  et  les  roses  ;  la  crosse  abbatiale  est  tenue  par  la  main 
gauche  dont  Tannulaire  porte  un  anneau. 

Le  saint  regarde  le  spectateur,  mais  le  corps  est  dirigé  vers 
la  droite,  dont  l'angle  supérieur  est  occupé  par  un  nuage,  où 
est  assise  Ste*Cécile  tenant  un  buffet  d'orgue  et  une  palme. 
Frédéric  pose  le  pied  gauche  sur  le  démon  terrassé,  lequel 
tient  de  la  main  droite  un  serpent.  A  gauche,  au  premier  plan, 
sont  trois  génies  entourant  une  manne  de  fleurs  ;  le  socle 
portant  le  tout,  de  même  disposition  que  les  précédents,  est 
orné  de  cette  inscription  ;  B.  Fredericus  primus  abbas  etfundator 
horti  B.  Mariœ,  in  Frisia,  ordinis  Praemonstratensis,  3  Marty. 
Au  bas,  en  dehors  de  l'estampille  on  lit  :  Venerabili  et  religiosœ 
congregatiotii  canonicorum  sacri  et  canonici  ordinis  Prcemonstra- 
tensis  Ecclesiae  St.-Michaëlis  Antverpiensis,  F.  G.  D.  A.  D.  C.  Q. 
Quoique  cette  planche  soit  de  même  disposition  que  celles  de 
la  présente  série,  elle  en  diffère  en  ce  qu'elle  est  entourée  d'un 
trait  formant  cadre,  un  fond  de  ciel  clair,  et  une  inscription  en 
dehors  de  la  gravure. 

54.  —  St.  Philippe-de-Néri. 
(CE  I  NH  I  B). 

La  tête  entourée  d'une  auréole,  coiffé  du  bonnet  carré,  il 

8 


~  H4  - 

pose  une  main  sur  la  poitrine  ;  de  la  gauche  il  tient  un  chapelet; 
à  ses  pieds,  à  gauche,  sont  deux  chapeaux  de  cardinal,  à  droite 
une  mître  ;  la  lettre  est  :  Vera  effigies  S.-Philippi  Nerii  congre- 
gationis  Oratory  Romae  fundatoris  ;  obyt  anno  ChiisH  1595,  Aetat. 
80.  Abr.  a  Diepenbeke  inven.  Michael  Natalis  sculpsit^  Martinus 
Vanden  Etuie  excudit  cum  privilégia, 

55.  Ste-Claire, 
(CE  I  NH  I  UL  I  B.). 

Elle  tient  de  la  droite  un  ostensoir,  de  la  gauche  la  crosse. 
L'ensemble  de  l'œuvre  est  sévère  ;  la  main  est  peu  dessinée; 
la  lettre  dit,  au  tors  du  socle  :  S,^Clara\  et  plus  bas  :  Abr.  a 
Diepenbeke  invetiit,  Martinits  Vonden  Enden  excudit^  Antverpiae 
cum  privilégia.  Michael  Natalis  sculpsit, 

56.  —  S.  Raimand. 

(CE  I  NH  I  MP  I  B) 

11  est  debout  en  costume  de  Dominicain,  la  tête  entourée  de 
rayons  ;  dans  sa  main  droite  sont  deux  clefs,  de  la  gauche  il 
tient  un  livre  ;  à  ses  pieds  sont  des  chaînes  de  captif.  Sur  le 
socle  on  lit  :  S.  Raymundm Fundat.  Mercenar,  Adm.  Révérende 
Patri  l\  Raymundo  de  Huldere  ,  secundum  suppriori  Convetitus 
sui  Antverp,  Ord.  F.  F.  Predicatorum  iterata  vice  Vicario  CalUgy 
S.  Thomœ  Lyrœ  Hancee  patroni  sui  imaginem  D,  C.  Q.  F,  E.  B, 
Abra,  Diepenbeke  invenit,  Michael  Natalis  sculpsit,  Mart.  vanden 
Ende  excud.  cum  privilegio.  L'aspect  de  cette  planche  est  pitto- 
resque et  plein  de  vie  ;  le  manteau  très-foncé  laisse  dans  la 
lumière  la  robe  et  la  tète  du  saint. 

57.  -   B.  P.  Siardus, 

(NH  I  MP  I  B) 

En  costume  de  prémontré,   coiffé  du  bonnet  carré  il  est 


—  445  — 

debout,  adorant  une  gloire  entourée  d'anges  ;  le  rayon  central 
porte  les  mots  :  Quam  bonus  Israël  Deus  !  Le  saint  tient  de  la 
main  droite  un  crucifix,  une  verge  et  une  discipline  ;  derrière 
lui  est  un  ange  tenant  une  crosse  ;  auprès  est  une  manne  de 
pains.  L'inscription  du  socle  dit  :  B.  P  Siardus,  V  abbas  horti 
Marianiin  Frisia  ord.  Prcsm.  13  Novemb,  Abr.  a  Diepenbeke  de- 
lin.  MickaelNatalissculpsit,  Mart.  vanden  Enden  excud^cumprivi- 
kgio.  Geite  planche  est  très-bien  exécutée,  draperies  et  figure. 

88.  —  R.  P.  Gabriel  Maria. 
(CE  I  NH  !  B) 

Il  est  debout  sur  un  socle,  en  costume  religieux,  portant  un 
tau  sur  la  poitrine  ;  la  robe  est  crevée  à  la  place  du  cœur  que 
Ton  voit  et  sur  lequel  est  le  chiffre  de  la  Vierge  Marie.  Le  saint 
tient  de  la  main  droite  une  petite  croix,  de  la  gauche  un  livre 
posé  sur  un  piédestal, ouvert,  où  se  voit  une  annonciation  et  ce 
texte  :  Régula  anuntiatafnim  ordinis  Beatae  Mariae.  Au  bas  du 
piédestal  sont  un  bonnet  carré,  une  crosse  et  une  mttre  ;  le 
socle  où  pose  le  tout  porte  :  SerV"  />»*  R.  P.  Gabriel  Maria  Mi- 
norita  Ordinis  annuntiatarum  Fundator^  tniraculis  clarus  moritur 
in  gallia  anno  1832,  27  die  Augusti.  Ab.  a  Diepenbeke  invent. 
MichaelNatalissculpsitj  Mart.  vanden  Enden  exe.  Antverpiae  cum 
privilegio.  Le  fond  est  blanc,  le  personnage  sans  auréole  ;  de  sa 
bouche  part  un  rayon  avec  le  mot  magnificat.  Cette  gravure  est 
agréable  et  très  bien  traitée  de  clair-obscur. 

89.  —  Pierre  Calmthoutanus. 
(CE  I  NH  I  B) 

Il  est  revêtu  d'un  riche  cosiume ,  composé  du  surplis ,  de 
l'étoile,  d'une  belle  fourrure  claire  à  queues  portée  sur  le  bras 
gauche  ;  d'une  main  ii  tient  un  livre  ouvert  et  de  la  droite  une 


—  116  — 

hache  de  laquelle  partent  ces  mots  à  rebours  :  Pieta$  ad 
amnia  utilis.  Il  regarde  un  ange  qui  lui  présente  une  palme 
et  une  couronne.  A  ses  pieds  est  un  bonnet  carré,  blanc  ;  der- 
rière le  saint  un  piédestal  supporte  une  église  modeste  ; 
sur  son  dé  deux  bas-reliefs  montrent,  Fun  un  homme  terrassé, 
Tautre  le  bourreau  décapitant  ce  personnage  sur  un  billot. 
Au  bas  de  la  figure  principale  on  lit  :  B.  M.  Petms  CatmthoU" 
tanus^  Canonicus  Tungerloensis  Pastor  in  Haren^  propter  fidem 
catholicam  a  geusys  occism  anno  1572 16  ApriL  Rn.^"*  admodum 
Domino  D,  Theodoro  Verbraeken,  ecclesiœ  Tungerloensis  Abbati 
Df3™\  M,  vanden  Enden  LM  D  C  Q.  Abr,  a  Diepenbeck  deli- 
neavit.  Michael  Natalis  sculpsit.  Martinus  van  den  Enden  exe.  cum 
privilegio  Cette  planche  est  très  belle  de  burin  et  d'expression, 
le  tout  très  moelleux,  bien  dessiné  et  gravé.  Un  autre  état  porte 
sur  le  tors  supérieur  du  socle  les  mots  :  in  secuH  et  ascia  deiece- 
mnt  eum  Ps.  73  ;  l'exemplaire  N  H  est  sur  parchemin. 

60.  —  Tête  de  S.  Jean. 
Circulaire,  5,  5  (UL) 

Dans  un  cercle  ou  sorte  de  cachet  est  un  plat  portant  la  tète 
du  précurseur,  entourée  de  rayons  ;  le  tout  pose  sur  un  socle 
dont  la  face  montre  les  mots  :  Saint  Jean  p  p.  n.  k  Fentour, 
entre  deux  cercles ,  comme  cadre,  est  cette  inscription  :  La 
Confrairie  des  P.  prisonniers  de  Liège,  érigée  Van  1602.  Cette  pièce 
est  vigoureuse,  non  signée  et  indiquée  ici  d'après  l'inscription 
de  Hamal.  C'est  probablement  cette  pièce  qu'Abri  cite  p.  291 
sous  le  titre  de  Décollation  de  S^-Jean. 

Bustes  de  saint»  et  saintes  en  feuilles. 

9,  5  -  6  V«  1.  (C  E) 

La  bibliothèque  Richelieu  en  possède  deux  feuilles  de  huit 
figures  chacune,  séparées  par  un  simple  trait  de  burin. 


—  H7  - 

Chaque  sujet  occupe  le  champ  entier  du  quadrilatère  qui  le 
contient.  Chaque  buste,  la  tête  entourée  de  rayons  ,  se  trouve 
dans  un  cartouche  varié  de  forme  et  orné,  accompagné  d'objets 
ali^oriques  ou  indiquant  les  instruments  du  martyre  des  per* 
sonnages  représentés. 

61.  —  Le  sujet  de  la  première  des  susdites  pièces  est  la 
Vierge  avec  ces  mots  : 

S.  Vxvgo  virginum  ;  entourage  de  branches  de  vigne,  d'épi- 
nes et  de  lys. 

62.  —  S.  Joseph  Virgo  et  sponsus  virginis,  avec  des  lys. 

63.  —  S.  Barbara  avec  tour,  épée  et  palme. 

64.  —  S.  Lucretia  avec  palme ,  lys ,  laurier ,  chêne ,  épée , 
trident,  boulette,  fléau,  cordes,  chaîne  et  chevalet. 

65.  —  S.  Ursula  avec  deux  flèches. 

66  —  S.  Petranilla  avec  deux  balais  et  un  livre,  sur  la  cou- 
verture duquel  se  voit  une  tête  qui  parait  être  celle  de  S^  Pierre. 

67.  —  S.  Dimpna  avec  deux  épées  et  un  démon  enchainé. 

68.  —  S.  Susanna  avec  une  palme  et  une  épée.  Les  Saintes 
Ursules  et  Dimpna  sont  couronnées.  Ces  sept  sujets  portent 
chacun  au  bord  inférieur,  ces  mots  :  Mart.  vanden  Enden  cxcud. 
cum  privilegio,  mots  qui  au  H*  sont  remplacés  par  :  £.  Quellinus 
invenit,  Michael  Natalis  sculpsit. 

La  seconde  feuille  ofi're  : 

69.  —  S.  Lucia  culourée  d'un  grand  brasier  ;  une  épée  est  au 
bas. 

70.  —  S.  Margareta  avec  un  agneau  debout  et  un  dragon 
terrassé  ;  au  haut  est  une  tête  d'ange. 

71.  -  S.  Apollonia  avec  un  petit  brasier,  deux  groupes  de 
dents  plus  deux  tenailles  tenant  chacune  une  dent.  Une  couronne 
de  laurier  surmonte  le  tout. 

72.  —  S^-Catharina  avec  une  roue  brisée,  une  palme,  une 
épée,  deux  couronnes  superposées,  Tun  de  laurier,  Tautre 
royale. 


—  118  - 

73.  —  S^'Agatha  avec  deux  efforces  tenant  chacune  un  sein. 

74.  —  S^'-Agnès  avec  un  agneau  couché  sur  un  livre. 

78.  —  S^'Cécile  avec  une  mandoline,  un  violon,  un  tambour 
de  basque,  deux  petites  flûtes  dont  une  courbe,  un  buffet  d*or- 
gues  et  un  cahier  de  musique. 

76.  —  S.  Dorotliea  avec  des  vases ,  corbeille  ,  guirlandes 
groupes  de  fleurs  et  fruits.  Ciiacune  de  ces  images  porte  au  bas 
les  mots  :  Mart.  vandeii  Enden  ex.  Antverpiœ  cum  privilégia.  Le 
nom  du  graveur  ne  s'y  trouve  pas. 

L'ensemble  du  travail  est  généralement  très-vigoureux  et 
finement  exécuté  La  plupart  des  têtes  se  rapportent  à  Técole 
de  Rubens  ;  les  saintes  Barbe  et  Agathe  rappellent  les  camées 
antiques  ;  Dimpna  et  Suzanne  sont  aussi  des  types  sévères  de 
dessin. 

77.  —  Buste  de  S.  Lambet^t  diaprés  la  chasse  en  vermeil. 

35  —  28 

(gravure  très-répandue.) 

Cette  planche,  Tune  des  plus  remarquables  de  Naialis,  est 
une  magnifique  reproduction  de  la  belle  châsse  en  vermeil  que 
fit  exécuter  Erard  de  La  Marck,  pour  sa  cathédrale  de  S«-Lam- 
bert.  Cet  important  et  somptueux  spécimen  d'orfèvrerie  liégeoise 
créé  par  Henri  Zutman,  frère  du  graveur  Suavius,  échappa  heu- 
reusement, en  bloc  du  moins,  au  vandalisme  de  la  fin  du  siècle 
dernier. 

Le  saint  est  représenté  en  grand  costume  épiscopal,  mitre  en 
tête,  tenant  sur  la  main  gauche  un  Hvre  ouvert  et  de  la  droite 
une  crosse. 

Le  tout  pose  sur  un  socle  composé  d'arceaux  trilobés,  dis- 
posés en  intérieurs  dans  lesquels  se  déroulent  les  scènes  de  la 
vie  et  du  martyre  de  l'évéque.  Fia  composition  du  côté  gauche 
le  montre  priant  à  la  croix  du  préau  de  l'abbaye  de  Stavelot  ; 


—  H9  - 

celle  du  centre,  le  massacre  du  saint  et  de  ses  neveux  ;  à  droite, 
des  miracles  s'accomplissent  sur  son  tombeau.  Cette  gravure 
est  également  précieuse  en  ce  qu'elle  montre  Tobjet  avant  les 
spoliations  qu'il  subit  pendant  l'émigration,  par  l'enlèvement 
de  bijoux  et  surtout  de  la  crosse.  Celle-ci  est  composée  de  trois 
groupes  personnifiant  sans  doute  les  églises  de  Liège  et  dans 
la  volute  est  l'immaculée  conception  entourée  d'anges.  Sur  les 
pilastres,  espaçant  lesdits  arceaux,  sont  les  statuettes  des  pre- 
miers évêques  de  Tongres,  Maestricht  et  Liège,  et  au  pied  des 
pilastres  du  milieu  sont,  à  gauche,  la  figure  agenouillée  de 
celui  qui  dédia  le  buste,  accompagné  de  la  légende  Erardus 
primus  génère,  de  Marka  tertius,  L'armoirie  des  De  la  Marck 
timbrée  d'un  chapeau  de  cardinal  fait  pendant  à  ce  groupe. 
Comme  particularité  de  costume,  le  S'-Lambert  porte  sur  une 
sorte  de  chasuble  une  pèlerine  découpée  en  crénaux,  retombant 
pleine  sur  la  poitrine  et  s'harmonisant,  comme  ornementation, 
avec  la  partie  centrale  de  la  chasuble  qui  est  dessous.  Le  vide 
des  découpures  de  la  pèlerine  est  rempli  par  des  chainettes, 
au  nombre  de  cinq  pour  chaque  compartiment.  Les  mains  sont 
gantées  et  portent  chacune  trois  bagues.  Natalis  apporta  un 
soin  remarquable  à  l'accomplissement  de  ce  travail  d'intérêt 
national.  La  vérité  du  dessin  et  la  vigueur  du  burin  s'y  mani- 
festent, réunissant  la  souplesse  à  l'énergie,  surtout  dans  les 
bonnes  épreuves  où  fèclat  métallique  du  modèle  est  rendu 
d'une  façon  puissaiile  et  moelleuse.  Enfin  le  modelé  excellent, 
prouve  que  son  auteur  y  appliqua  tout  son  talent.  Le  socle  du 
buste  étant  façonné  en  hexagone,  son  pan  antérieur  paraît  dans 
la  gravure  sortir  du  cadre  et  projette  ombre  dans  la  marge  en 
blanc,  sur  laquelle  s'étale  l'inscription  suivante  : 

S.  Lamberte  œ^a  pro  nobis, 
AtLgustam  frontem  maiestateinqz  serenam 

Castaque  Lamberti  Martyiis  ora  vides  : 
Qualia  tum  gemmis,  tum  divite  clara  métallo, 

l^rindpe  Legiacae  geritis  in  œde  micant. 


—  120  — 

Sed  magni  dote$  animi.  ^t  décora  aUa  climium 

Impressisse  imis  cordibus  ipse  velit. 
Sic  igitur  tuu$  œtemum,  pia  Legia,  Promd 

Vivat  in  ancanâ pectoris  œde  lui, 

Ser^°  et  B"^  Principi  Maximiliano  Henrico,  Archiepiscopo  et 
Electoîi  Colonien  :  Episcopo  et  Principi  Leodîensi  Vtriusque 
Bavariœ  Duci,  etc,  Nec  non  Reverendis  admodum  Perillnstribus  et 
generosis  DominiSy  Decano^  et  Capitulo  Cathedralis  Ecclesice  Léo- 
diensi$y  PatronU  suis  colendissimis  dicat  consecratqz  Michael 
Natalis  Chalcographtis  S"  S.  Ceï'^  cum  gratia  et  privilégia  Ser^' 
Maxi.  Hemici,  Après  cette  dédicace  se  trouve  indiquée  une 
mesure  de  longueur  divisée  en  dix  comme  Tétait  le  pied  de 
Liège  dit  de  St-Lambert;  auprès  est  la  date  1653.  On  tira, 
parait-il,  des  exemplaires  de  cette  planche  avant  que  la  dite 
mesure  y  fut  apposée.  La  révolution  de  1789,  fut  aussi  fatale 
à  cette  œuvre,  dont  on  fit  ensuite  une  réimpression  en  biffant 
la  dédicace  adressée  au  Prince-Evêque  et  au  chapitre  cathédral. 
Cette  suppression  se  fit  en  annulant  tout  ce  qui  se  trouve  après 
les  deux  premières  rangées  des  vers  latins  et  en  appliquant,  à 
Tehcre,  une  barre  sur  la  légende  qui  est  au  bas  de  la  figure 
agenouillée  d'Erard  de  la  Marck.  Le  cuivre  de  cette  planche, 
que  possède  aujourd'hui  la  cathédrale  de  St-Paul  à  Liège,  ne 
peut  produire  que  des  planches  n'ayant  plus  rien  de  la  force 
primitive.  Pendant  le  séjour  de  Calamatta  en  Belgique,  il  fut 
question  de  faire  retoucher  l'œuvre  de  Natalis  par  cet  artiste 
digne  de  lui  rendre  son  éclat,  mais  ce  projet  ne  fut  suivi  d'exé- 
cution. Cette  gravure  eut  les  honneurs  de  la  contrefaçon.  M. 
N.  H.  en  possède  un  exemplaire  où  le  buste  est  à  peu  près  de 
même  taille  que  l'original  ;  une  différence  de  disposition  s'y 
remarque  en  ce  que  la  base  ne  sort  plus  du  cadre,  mais  pose 
sur  un  seuil  à  moulures.  Au  dehors  de  la  gravure,  près  du  bord 
inférieur  de  gauche,  est  le  nom  van  Merlen  execudit.  Le  titre 
et  les  vers  cités  ci-dessus  viennent  ensuite ,  plus  une  autre 


—  121  — 

inscriptioQ  dont  il  û'existe  dans  l'exemplaire  coaou  et  rogoé, 
que  le  sommet  de  quelques  lettres.  Une  sorte  de  parodie  en  fut 
aussi  faite,  c'est-à-dire  qu'un  graveur  inconnu  reproduisit  cet 
ensemble  et  posa  une  barbe  bouclée  au  saint  liégeois  pour  en 
faire  un  St-Denis.  Du  moins  c'est  ce  qui  s'explique  par  des 
scènes  de  la  vie  du  saint  français  représentées  dans  les  niches 
du  socle.  Erard  de  la  Marck  y  est  remplacé  par  un  personnage 
en  surplis  et  Tarmoirie  au  pilastre  opposé  porte  un  lion.  Au 
bas  sont  des  vers  latins  ayant  rapport  à  St-Denis  et  une  dédi- 
cace à  Jacobus,  F.  Barroy,  Sti  Dion.  Cancus.  Il  s'agit  de  l'église 
de  St-Denis  de  Liège. 

Le  graveur  liégeois  Godin  a  fait  une  réduction  du  St-Lara- 
bert  de  Natalis. 

Sujets  profanes  et  allégoHes. 

78.  —  Adam  et  Eve. 
Oblong  8,  8  -  13, 5.  (UL  |  UC). 

Au  milieu  de  la  composition  s'élève  un  arbre  chargé  de 
pommes  ;  aux  côtés  sont,  à  droite  Eve  debout,  tenant  l'un  des 
fruits  à  la  main  et  regardant  Adam  ;  celui-ci,  assis  à  gauche, 
appuyé  sur  un  tertre,  tend  la  main  gauche  vers  sa  compagne. 
Au  dessus  du  tronc  de  l'arbre,  à  la  bifurcation  des  branches, 
s'élève  le  péron  liégeois,  autour  duquel  s'enroule,  d'une  part,  le 
serpent  dont  la  tète  est  posée  de  manière  à  faire  voir  qu'il  vient 
de  quitter  la  pomme  que  tient  Eve,  et  d'autre  part  une  chaîne 
terminée  par  deux  anneaux,  et  tenue  horizontalement.  A 
gauche,  est  la  Vierge  tenant  l'eniant  Jésus  qui  semble  se  jeter 
avec  effroi  au  cou  de  sa  mère  en  regardant  la  scène  ;  à  droite 
Saint  Lambert,  tous  deux  assis  sur  des  nuages.  Au  bas  de  ces 
groupes,  sur  la  largeur  presque  totale  de  la  planche,  s'étend  un 
billet  déroulé,  sans  inscription.  Au  coin  libre  de  gauche  est  un 


~  122  — 

carré  sur  lequel  se  voyent  trois  objets  qui  paraissent  être  des 
feuilles  de  laurier. 

Cette  gravure,  en  taille  douce,  d'un  dessin  très  élégant,  est 
artisteraent  faite  et  ne  ressemble  en  rien  comme  aspect  aux 
autres  productions  de  Natalis  dont  la  variété  du  reste  surprend 
souvent,  les  amateurs  ;  cette  gravure  se  trouve  au  titre  des 
œuvres  du  P.  Pierre  Halloix,  citées  à  propos  du  blason  d'Inno- 
cent (v.  le  n»  144)  où  se  présente  un  autre  état  de  notre  pièce 
en  ce  que  le  billet  du  bas  porte  les  mots  :  Virtuti  cornes  invidia; 
et  plus  bas  sur  le  champ,  sub  signo  Paradisi  terrestm.  Ces  der- 
niers mots  désignent  l'enseigne  de  la  librairie  de  Math.  Hovius, 
à  Liège,  d'où  sortit  le  livre. 

79.  —  Jupiter  et  le  Temps. 
24  —  17,5.  (CF  I  NH  |  B). 

L6  dieu,  laissant  planer  dans  les  airs  l'aigle  et  tenant  les 
foudres,  est  descendu  sur  terre.  Là  est  assis  le  Temps,  dont  les 
chaînes  qui  Tavaient  tenu  attaché  au  sol  sont  brisées  ;  il  pose 
un  pied  sur  la  faux.  Jupiter  lui  montre  deux  génies  dont  l'un 
porte  un  sceptre  dont  le  sommet  est  formé  d'une  abeille  et  d'une 
couronne  ;  le  génie  soutenant  celle-ci  supporte  en  même  temps 
un  manteau  frangé.  Sur  ce  tertre,  à  gauche,  sont  les  mots  : 
Fr.  Romanelle.  Viterb.  del,  M.  Natalis  fecit  Romae. 

L'effet  de  cette  planche  est  vigoureux  ;  le  clair-obscur,  large- 
ment distribué,  appartient  bien  à  l'école  italienne.  L'abeille  du 
sceptre  laisse  croire  que  cette  œuvre  fut  destinée  à  glorifier  la 
famille  Barberini. 

80.  —  Vénus  et  Mars,  d'après  le  Titien. 
30  —  26,5  (CE  I  NH). 

On  connaît  cette  composition  où  Vénus  est  assise  tenant  un 
globe  ;  un  guerrier  lui  pose  la  main  sur  la  poitrine,  tandis  que 


-  123   - 

l'amour  apporte  un  faisceau  de  flëchOvS.  Une  jeune  fille  paraît  lui 
rendre  hommage,  une  autre  élève  une  corbeille. 

Cette  œuvre  est  parfaitement  exécutée,  surtout  l'Amour  et 
Mars,  dont  le  modelé  de  la  tête  est  rendu  avec  un  art  admirable, 
supérieur  au  modèle.  Titianus  pinxit.  M.  Natalis  sculpsit.  Un 
autre  état  porte  de  plus  les  mots  :  cum  priv.  régis, 

Saumery  et  Abry  intitulent  cette  planche  «  portraits  historiés 
de  Dom  Ferdinand  de  Tolède  duc  d'Albe  et  de  son  épouse, 
vénérés  par  tant  de  témoignages  d'amour  et  de  tendresse.  » 
Ch.  Le  Blanc  dit  qu'elle  représente  «  42  :  Alphonse  d'Avalos, 
marquis  de  Guast  et  sa  maîtresse,  à  qui  Amour,  Flore  et  Zéphyr 
rendent  hommage.  »  C'est  sous  le  même  nom  del  Guasto,  qu'elle 
est  indiquée  au  catalogue  du  Musée  de  Paris  en  4803  ;  ce 
tableau  original  fait  partie  de  l'ancien  contingent  du  Musée  du 
Louvre.  Le  catalogue  de  1823  ajoute  que  le  dit  Marquis,  lieute- 
nant-général des  armées  de  l'Empereur  Charles  V,  en  Italie, 
mourut  en  1546,  âgés  de  42  ans.  Son  portrait  se  trouve  aussi, 
dit-on,  sur  le  tableau  des  noces  de  Cana  de  P.  Veronèse,  un 
nègre  lui  présente  une  coupe. 

81 .  —  Sylèiie  captif. 
Oblong  -  26  —  3,  4,  5  (CE). 

Dans  un  riche  paysage,  orné  d'un  temple,  dont  la  frise  porte 
les  mots  :  sapientia  victriciy  Sylëne  est  endormi  ;  une  femme 
portant  un  soleil  sur  la  poitrine  est  occupée  avec  de  jeunes 
garçons  à  l'attacher  avec  des  lianes  ;  au  haut  du  tertre  un  faune 
sourit  en  observant  la  scène.  Le  croissant  de  la  lune  se  montre 
au  Ciel;  un  tronc  d'arbre, à  gauche,  porte  un  blason  sans  sujet. 
La  gravure  est  signée  au  bas  ;  à  droite,  Fr.  Romanelli  VUerb. 
delin  ;  à  gauche,  Micftael  Natalis  fecit  Romœ. 

Cette  planche  est  d'un  aspect  agréable,  la  femme  et  les  jeunes 
gens  sont  jolis  de  dessin  et  d'effet. 


—  124  — 

82.  —  Même  sujet. 
28  8  -  38,9  (B). 

Cette  planche  offre  comme  variantes  Tabsence  du  croissant 
de  la  luoe  et  les  mots  de  la  frise  du  temple  remplacés  par  Pomis 
siuL  nomina  servant.  Le  soleil  qui  ornait  la  poitrine  de  la  femme 
a  disparu  de  même  que  Farmoirie  du  tronc  d'arbre  du  premier 
plan.  En  outre  l'acrotère  du  temple  porte  un  blason  à  une  croix 
récartelant,  aux  l""'  et  4  au  croissant,  aux  2  et  trois  à  une  étoile, 
sans  indications  d'émaux.  Cette  arme  est  timbrée  d'une  cou- 
ronne à  pointes. 

L'exemplaire  de  Bruxelles  est  d'une  beauté  rare  comme 
brillant  et  vigueur  d'effet. 

83.  Neptune  et  Minerve. 
Oblong.  --25-36  (CE  |  UL  |  B). 

Dans  un  paysage  maritime,  le  ciel  orné  d'un  groupe,  composé 
de  Jupiter,  Mars  et  Mercure,  vus  en  buste  ;  Neptune,  sur  un 
char  conduit  par  des  Dauphins,  fend  les  flots.  Il  tient  les  rênes 
de  la  main  gauche  et  de  la  main  droite  un  trident  qu'il  paraît 
lancer  vers  un  cheval  qui  se  trouve  à  gauche  dans  les  eaux. 
Des  tritons  sont,  l'un  en  avant  du  groupe  touchant  l'une  des 
quatre  rênes,  un  autre  retient  le  manteau  flottant  du  Dieu,  un 
troisième  souffle  dans  une  conque  en  regardant  le  groupe 
céleste.  Au  fond  est  un  phare  devant  une  ville.  Au  premier 
plan  Minerve,  sur  la  rive,  paraît  frapper  de  sa  lance  le  pied  d'un 
arbre  autour  duquel  serpente  un  ruban,  portant  les  mots  :  Pomis 
sua  nomina  servant.  Au  bas  du  tertre,  où  s'élève  l'arbre,  est  un 
blason  couronné  portant  un  aigle  ;  au  bas  sur  l'estampe  sont 
les  signatures  :  A.  C.  delMichael  Natalis^  F.  Romae. 

Le  dessin  est  maniéré,  mais  les  deux  plans  principaux,  très- 
différents  de  valeur,  sont  bien  harmonisés.  Les  hachures  ter- 
minent seules  la  planche  sans  aucune  ligne  d'encadrement. 


—  125    - 

L'exemplaire  de  TUniversité  de  Liège  porte  au  bas  des  lettres 
A.  C.  (tel.,  les  mots  écrits  :  Annibal  Carraee  (Garraci,  Garrache), 
ce  qui  donne  un  collaborateur,  non  encore  cité,  à  Natalis,  si 
l'annotation  est  exacte.  Le  nom  tel  qu'il  est  écrit  fait  pensèi' 
qu'il  y  a  été  placé  par  un  italien. 

84.   Statue  de  Pommœie. 
26—  13  I  26  (G  E). 

Debout  dans  une  niche,  la  tête  nymbée,  elle  tient  un  bâton  de 
a  main  droite  et  de  la  gauche  des  objets  difficiles  à  définir,  dont 
un  fruit.  La  pose  est  majestueuse,  la  draperie  de  la  bonne 
époque  antique.  Le  socle  montre  une  armoirie  portant  un  fais- 
ceau posé  en  pal,  sur  le  tout,  l'écu  fascé  à  trois  étoiles  posées  3  ; 
le  tout  surmonté  d'un  chapeau  à  7  houppes.  Au  bas  est  signé 
Jlf*  Natalis,  p. 

L'exécution  de  cette  petite  œuvre  est  admirable  de  finesse, 
de  légèreté  et  de  transparence  ;  elle  rend  élégamment  l'effet 
sans  oppositions  vives,  grâce  à  des  reflets  largement  appliqués 
et  donnant  au  tout  un  aspect  diaphane  sans  nuire  au  relief.  Le 
tout  est  exécuté  par  tailles  se  croisant  en  carré,  ce  qui  paraît 
être  le  caractère  propre,  individuel  du  burin  de  Natalis.  Gette 
œuvre  appartient  à  la  maturité  du  talent  du  graveur  et  laisse 
loin  derrière  elle  la  reproduction  de  la  plupart  des  statues  de  la 
galerie  Justinienne.  Abry  dit  de  cette  feuille  :  «  C'est  un  charme 
qu'on  ne  peut  assez  exprimer  par  des  paroles  ;  le  cardinal 
Mazarini  l'a  scellée  de  ses  armes  gravées  par  dessous.  »  Ge  sont 
celles  que  nous  avons  décrites. 

85. —  La  Guerret 
23  -.  15  (G  E). 

Assise  sur  des  nuages  entourée  de  génies,  lançant  des 
flammes  qui  parsèment  l'air,  une  femme  tient  un  bouquet  de 
feuilles  de  laurier  et  pose  le  pied  sur  un  faisceau.  Un  drapeau, 


-  126  - 

près  d'elle,  porte  les  mots  :  Turris  linguis  œncordibus  fabrieata. 
À  gauche  s'élèvent  des  remparts  aux  crénaux  desquels  appendent 
des  casques,  des  boucliers,  des  cuirasses.  A  droite  est  un 
édifice  en  construction  vers  lequel  descend  au  loin  un  person- 
nage tenant  des  foudres.  Au  premier  plan  est  un  groupe  où  se 
voit  un  guerrier  debout;  à  gauche,  au  centre  et  à  droite  sont  dis- 
posés trois  hommes  dont  un  couronné  de  lauriers.  Ils  sculptent 
l'un  un  blason  cime  d'un  chapeau  épiscopal  et  portant  six 
étoiles  posées  3  et  3  en  bande  aux  côtés  d'une  bande  contrebre- 
tessée,  le  second  une  cuirasse  ornée  de  flammes,  le  troisième 
un  bouclier  dont  on  ne  voit  pas  le  sujet.  Au  fond  sont  des 
hommes  marchant  avec  des  bâtons  et  montrant  les  objets*  qui  les 
entourent.  Au  bas,  sur  la  gravure,  sont  les  signatures  gr,  grass. 
del.  M.  Natalis  f. 

Le  clair-obscur  dans  cette  planche  est  bien  entendu,  large  et 
moelleux. 

86.  Le  Triomphateur  1 

Oblong  86,  5  ~  36  (G  E  i  B). 

Dans  un  paysage  se  déroule  une  scène  variée  dont  le  milieu 
est  tenu  par  un  jeune  homme  portant  le  costume  grec  et  sur  la 
poitrine  un  blason  avec  un  arbre  pour  meuble  ;  sa  tète  nue  est 
surmontée  d'une  flamme;  il  est  assis  dans  un  char  posé  sur  des 
nuages  et  que  mènent  deux  enfants  aux  ceintures  blasonnées 
aux  armes  du  triomphateur.  Ils  sont  coiffés  l'un  d  une  plume, 
l'autre  d'une  aigrette,  et  tiennent  chacun  par  le  manche  un 
jouet  dit  moulin  à  vent.  Au  dessus  du  jeune  homme  volent  deux 
génies  tenant  des  plumes  à  écrire  avec  lesquelles  ils  s'es- 
criment. Plus  haut  sont  deux  génies  plus  petits,  assis  dans  une 
draperie  étroite  et  longue.  Au  loin  sur  le  même  plan  sont  à 
droite  Mercure,  à  gauche  le  Temps.  Sur  le  sol  se  voient  quatre 
femmes,  deux  de  chaque  côté  du  char,  faisant  ovation  au  per- 
sonnage principal.  La   première  à  droite  lui  entoure  la  main 


—  127  - 

gauche  d'une  couronne  faite  d*étoiles  ;  la  seconde  lui  montre 
un  sceptre.  A  gauche,  la  troisième  lui  présente  une  épée;  cette 
femme  a  au  dos  un  médaillon  portant  une  clef,  Tautre  figure  lui 
offre  un  manteau  et  son  vêtement  et  une  broche  où  se  voit  la 
personnification  de  la  nature.  Entre  ces  figures  sont  de  petits 
génies  tenant  un  globe.  Dans  une  sorte  de  blason  se  voit  une 
figure  à  peu  près  circulaire,  sans  caractère  précis,  plus,  des 
anneaux  ovales  et  deux  billets  portant  Tun  le  mot  Àrcanis. 
l'autre  nobis.  Un  autre  génie  tient  un  compas,  le  quatrième  un 
livre - 

Cette  planche  est  d'un  effet  très- vigoureux,  mais  les  reflets  y 
étant  rares  et  les  ombres  se  soutenant  jusqu'au  contour, 
donnent  au  tout  de  la  rudesse.  A  l'angle  inférieure  de  gauche 
est  un  blason  pareil  aux  autres  et  timbré  d'une  couronne  à 
pointes  ;  auprès  est  la  signature  :  Jo.  Ant.  Loelius  inventer  M. 
Nalalis  F.  Les  seuls  exemplaires  qui  nous  soient  connus  sont 
rognés. 

Celui  de  Bruxelles  est  très-vigoureux  de  clair-obscur. 

87.  La  Providence. 
Oblong  40  -  86  (CE  |  UL  |  NH  |  VC). 

Au  milieu  d'une  scène  composée  de  nombreuses  figures  se 
détachant  sur  un  fond  de  nuages,  une  femme  est  assise  sur  un 
trône  orné  de  têtes  d'anges  et  aux  pieds  duquel  sont  deux 
lions.  Elle  porte  une  couronne  à  pointes  alternant  avec  des  lys, 
un  sceptre  surmonté  d'un  œil  rayonnant,  un  petit  soleil  sur  la 
poitrine  et  tient  de  la  main  gauche  un  écusson  à  champ  bombé. 
Cette  figure  entourée  d'une  vaste  auréole  regarde  vers  l'angle 
supérieur  de  gauche  où  est  un  génie,  armé  d'une  flèche,  assis 
sur  un  lion  qu'il  tient  en  laisse  ;  à  l'angle  correspondant,  à 
droite,  on  voit  un  autre  génie  accompagné  d'un  lièvre.  Des 
groupes  de  femmes  dans  des  attitudes  variées  entourent  le 
trône,  et  représentent  :  la  Justice,  la  Piété,  l'Éternité,  la  Sa- 
gesse, la  Puissance,  la  Vérité,  la  Beauté  et  la  Pudeur. 


-     128  — 

Au  bas,  une  femme  accompagnée  d'un  aigle  est  assise  près 
d'une  mappemonde  dont  on  ne  voit  que  le  sommet.  Ce  groupe 
est  complété  par  une  figure  couchée  à  f  angle  inférieur  de  droite 
et  tenant  en  la  main  droite  un  objet  où  Ton  a  voulu  peut-être 
représenter  du  feu.  A  Fangle  inférieur  à  droite  sont  les  mots  : 
Andréas  Sacchi  Romanus  inventor  Michael  Platalis  Leodius  fedt 
Romœ,  En  effet  Natalis  grava  cetle  planche  à  Rome  pour  le 
livre  intitulé  :  ^Edes  Barbbrinae,  ad  quirinalem  de  comité  Hîero- 
nyme.  Tetro  Perusino  descriptae  ;  Romae  1642  ;  pag.  78. 

Nagler  intitule  cette  planche  :  «  L'éternelle  sagesse  entourée 
des  vertus.  »  Nous  connaissons  plusieurs  exemplaires  de  cette 
planche  sous  un  aspect  pâle  et  vaporeux.  M.  Vitert,  bibliophile 
distingué,  qui  a  bien  voulu  nous  communiquer  son  exemplaire 
de  Tetius,  possède  une  épreuve  de  cette  planche  d'un  état  très- 
Vigoureux.  Cette  œuvre  parait  être  la  copie  d'un  plafond. 

88.  V ovation. 
Oblong  26  —  37,2  (NH  |  B). 

Sur  une  place  publique,  ornée  de  pyramide,  d'obélisque, 
etc.,  s'élève  à  gauche,  au  premier  plan,  un  riche  péristyle  à 
colonnes,  auxquelles  un  petit  ange  attache  une  draperie  tandis 
que  deux  autres  anges  présentent,  sur  le  seuil,  le  blason  des 
Barberini,  portant  trois  abeilles,  deux  et  une,  timbré  du  cha- 
peau de  cardinal  ;  derrière  est  une  ruche.  De  ce  palais  sort  un 
cardinal  en  grand  costume;  il  accueille  deux  personnages  dont 
l'un  en  costume  d'abbé  s'incline  et  offie  au  dignitaire  une  grande 
feuille  écrite.  La  seconde  figure,  debout,  est  une  femme  portant 
diadème,  drapée  à  l'antique,  tenant  deux  livres  de  la  main 
gauche  et  de  la  droite  une  clef,  qu'elle  présente  au  cardinal. 
Derrière  cette  femme  sont  trois  génies  tenant  l'un  une  sphère  et 
une  mesure  de  longueur,  l'autre  un  livre;  le  troisième  parait 
compter  sur  ses  doigts.  Sur  le  socle  du  péristile  sont  signés: 
Erasme  Quellinns  inv.  Natalis, 


—  439  — 

Cet  ensemble  est  bien  traité,  la  figure  de  la  femme  est  la  plus 
parfaite,  chacune  des  autres  a  aussi  son  mérite,  mais  le  fond 
très-clair  les  laisse  trop  isolées. 

88  bis.  Galerie  Justinientie  (NH). 

Le  prince  romain  Vincent  Justinîani,  possesseur  au  IT* 
siècle  d'une  galerie  très-importante  de  marbres  antiques  , 
désira  les  voir  reproduire  par  la  gravure.  En  ce  temps  brillait 
à  Rome  en  qualité  de  dessinateur  et  graveur  Joachi m  Sandrart, 
né  à  Francfort  le  12  mai  160t>.  Ce  fut  à  cet  artiste  que  le  prince 
confia  l'exécution  et  la  direction  de  cette  œuvre  importante 
qu'il  désirait  voir  s'achever  promptement.  A  cette  fin  Sandrart 
s'entoura  et  fit  même  venir  de  l'étranger  divers  graveurs  de 
mérite  ;  Natalis  arrivant  à  Rome  dans  cette  circonstance  lui 
dût  de  s'y  produire  immédiatement  et  d'une  manière  avanta- 
geuse. 

L'œuvre  de  Sandrart  est  divisée  en  deux  parties  in-folio,  la 
première  contenant  cent  cinquante-trois  planches,  la  seconde 
cent  soixante-sept  (  i  ).  La  part  de  collaboration  due  au  graveur 
liégeois  est  de  38  planches  au  tome  1«^  et  de  12  au  second. 

Toutes  les  statues  sont  debout  sur  fond  blanc  ;  elles  mesurent 
en  général  35  centimètres  ;  leur  socle  est  orné  du  blason  des 
Justiniani  et  porte  les  noms  des  dessinateurs  et  graveurs.  Ces 
œuvres  sont  exécutées  avec  aisance,  sans  exagération  dans  les 
ombres;  les  reflets  y  sont  bien  appliqués,  mais  le  dessin  les 
montre  plus  grasses  que  les  modèles,  du  moins  pour  la  plupart, 
car  d'autres  sont  trop  sveltes.  Entre  celles  de  Natalis  deux  seu- 
lement portent  son  nom,  ce  qui  fait  croire  qu'il  dessina  lui- 
même  les  n^"'  14,  49,  55  et  61  de  la  première  partie  ainsi  que  le 
n*  56  de  la  seconde.  Cette  dernière  ainsi  que  les  n*»"  14  et  49  dd 

(i)  Notons  que  la  84*  statue,  tome  i<^',  seule  exception  au  milieu  de  tant  dan- 
tiques,  est  due  à  notre  compatriote  I>uquesnoy  ;  elle  représente  Mercure  aux  pieds 
duquel  un  génie  attache  des  ailes. 

9 


—  130  — 

Tautre  tome  présentent  la  particularité  d'un  monogramme  fait  de 
M  et  de  N  entrelacés,  seuls  exemples  rencontrés  dans  l'œuvre 
entière  de  ce  graveur.  Ch.  Le  Blanc  a  reproduit  ces  signes. 

En  tète  de  cette  œuvre  de  J.  de  Sandrart  est  le  blason  des 
Justiniani,  coupé  au  comble  d'or  à  un  aigle  issant,  de  pourpre, 
surmonté  d'une  couronne  à  pointes  ;  en  pointe  de  gueules,  à 
un  château  à  trois  tourelles  d'argent,  timbré  d'une  couronne  à 
douze  pointes.  Au-dessus  du  blason  sont  les  mots  :  Galleria 
Justiniana;  au  bas  :  del  Marchese  Vincenzo  Justiniani. Parte  prima, 
tavole  N*"  GLIII.  Le  second  volume  a  le  même  frontispice,  à  la 
différence  de  Parte  seconda,  tavole  N«  CLXVIL  Ces  deux  titres 
sont  signés  Giovanni  Petroschi  inv.  Le  même  frontispice  existe, 
mais  plus  artistement  fait,  et  signé  François  duQuesnoyBrux.  fec. 
Théodore  Matham  sculp,  Bomae.  Il  fut  fait  probablement  pour 
embellir  une  autre  édition  que  celle  que  nous  connaissons. 
Celui-ci  débute  par  des  portraits  de  la  famille  Justiniani. 

Voici  les  planches  dues  à  Natalis  dans  la  première  partie  du 
recueil. 

89. 

N**  14.  Hercule  jeune ,  tenant  trois  pommes  dans  la  main 
droite,  la  massue  de  la  gauche;  il  s'appuye  contre  un  socle 
couvert  d'une  peau  de  lion,  est  couronné  de  feuilles  de  vigne 
vierge;  des  rubans  les  attachent  à  la  nuque  et  tombent  sur  les 
épaules;  signé  M.  Natalis.  Cette  figure  a  l'une  des  cuisses  et  les 
bras  trop  gros. 

90. 

N**  15.  Hercule  jeune,  portant  sur  l'épaule  la  massue  qu'il 
soutient  de  la  main  gauche  ;  il  a  deux  pommes  dans  la  droite. 
Signé  Joach.Sandrart,  del.]  Michel  Natalis  fe.  Figure  bien  réussie. 

91. 

N*  18.  Prétresse  couronnée  de  lauriers  ;  une  perle  se  trouve 
à  la  séparation  des  cheveux  ;  elle  tient  une  patère.  Jo.  Bapta 


—  131  — 

Ruggerius  Bonon.  del.;  Mich.  Natalis  seul.  Figure  gracieuse , 
simple  d'effet  et  de  dessin. 

92. 

N«  22.  Hygie  coiffée  d'un  diadème;  elle  tient  un  serpent  de  la 
main  gauche,  une  coupe  de  la  droite.  Figure  bien  exécutée  et 
dessinée;  signée  Joeh.  Sandrart  del  ;  Mel  Natalis  f. 

93. 

N*  24.  L.'  Amour.  Jo.  Bta  Ruggerius  Bonon.  del.;  M.  Natalis 
f.  Le  haut  est  élégant,  les  jambes  trop  fortes. 

9*. 

N<>  99.  Cérès  tenant  des  épis  de  la  main  gauche.  Jo.  Bapta 
Ruggerius  Bonon.  del.  ;  Mich.  Natalis  fe.  Belle  exécution. 

9S. 

N^47.  Bacchante  drapée,  coiffée  de  pampres,  tenant  une 
grappe  de  raisins  de  la  main  gauche,  s*appuyant  sur  un  tronc 
d'arbre  garni  de  ceps  et  d'un  serpent  .Jo(k;Ai  Sandrart  deli.;  Mich. 
Natalis  fe.  L'ensemble  a  trop  peu  de  demi-teintes. 

96. 

N»49.  Flore,  élégamment  drapée;  elle  est  coiffée  d'un  dia- 
dème, tient  d'une  main  sa  robe  et  de  la  droite  des  feuilles.  Un 
monogi*amme  :  H  N  enlacés,  figure  au  bas.  La  draperie  est 
belle,  la  figure  trop  haute  de  proportion. 

97. 

N"^  S4.  Appollon  tenant  une  lyre.  Eques.  Jones.  Lanfranc  del. 
M.  Natalis. 

98. 

N*  S5.  Orphée  tenant  une  lyre,  son  bras  droit  replié  sur  la 
tète.  Natalis  f.  Faible  d'exécution. 


—  132  — 


99. 


N*  63.  Nymphe  de  Diane;  un  chien  est  près  d'elle  Jo.  Bapta 
Ruggerius  Bonon,  del.\  M.  Natalis  sctd.  Très-belle  draperie, 
figure  trop  svelte. 

100. 

N*  66.  Figure  drapée  portant  chaussure,  tenant  un  biton.  Une 
indication  du  sein  gauche  parait  en  faire  une  femme.  Jo.  Bap, 
Buggerius  Bonon.  deL;  Mich.  Natalis  f.  Trop  svelte,  draperie 
bien  gravée. 

101. 

N*  67.  Faune,  coiffé  de  pampres,  portant  sur  l'épaule  une 
peau  de  bouc;  il  tient  de  la  main  droite  une  grappe,  de  la  gauche 
une  coupe.  Mich.  Natalis  f.  Faible  de  dessin. 

102. 

N*  69.  Bacchus  leune,  la  tète  couronnée  de  pampres,  l'épaule 
couverte  d'une  peau  de  lionne.  De  la  main  gauche  il  tient  un 
vase  ressemblant  à  une  lampe  antique  et  de  la  gauche  un  thyrse  : 
C.  Ph.  Spirinck  Bruxis  del.;  Mich.  Natalis  fecit.  Figure  très-élé- 
gante mais  trop  svelte. 

103. 

N**  71.  Adolescent  tenant  de  la  droite  un  bâton  rustique  et  de 
la  gauche  une  grappe.  Jo.  Bapta  Ruggerius  Bonon.  deL;  Mich. 
Natalis  f.  Figure  gracieuse  sauf  la  jambe  gauche. 

104. 

N®  72.  Bacchus,  coiffé  de  pampres ,  tenant  de  la  gauche  une 
grappe.  Eques  Jones  Eanfran  deli.;  M.  Natalis  f.  Jsitahes  trop 
fortes  pour  le  torse ,  épaule  droite  trop  étroite,  ensemble 
défectueux. 


—  133  ^ 

108. 

N""  78.  La  modestie  entièrement  drapée,  ramenant  son  man- 
teau sur  la  poitrine  :  Joacft.  Sandrart  del.;  Mich.  Natalis  fe. 
Figure  élégante,  draperie  Trangée  très-souple ,  le  tout  d'aspect 
très-agréable. 

106. 

No  79.  Homme  jeune,  coiffé  d*un  casque.  Jodocm  de  Pape  del. 
M,  Natalis  fe.  Figure  bien  prise,  belle  d'expression  juvénile, 
faire  aisé,  élégance  et  originalité  de  pose. 

107. 

N*"  91.  Adolescent  tenant  une  boule  de  la  main  gaucbe,  la 
clamide  sur  l'épaule  du  même  côté.  Joach,  Sandrart  del.;  Mich. 
Natalis  fe.  Belle  pose,  cuisse  droite  trop  forte. 

'       108. 

N""  102.  Adolescent  tenant  un  petit  bâton  rustique.  Eques 
Jones  Lanfran  deli.;  M.  Natalis  fe.  Figure  bien  réussie. 

109. 

N*»  118.  Guertier  ayant  les  proportions  de  l'Achille,  coiffé 
d'un  casque  ;  il  tient  de  la  main  droite  une  garde  d'épée,  de  la 
gauche  le  fourreau.  Joack.  Sandrart  del.;  Mich.  Natalis  fe.  Faire 
énergique,  torse  trop  court. 

110. 

N*  119.  Homme  jeune  y  ienvini  un  objet  ressemblant  à  une 
garde  d'épée.  Jodocus  de  Pape  del.  ;  M.  Natalis  fe.  Bien  dessiné, 
pieds  trop  plats. 

111. 
N°121.  Homme  jeune  y  robuste,  appuyé  contre  un  tronc 


-«  134  — 

d*arbre  ;  la  main  gauche  est  absente,  la  droite  trop  graude» 
Tensemble  trapu. £9ue«/o.  Lanfranc  del.;  M.  Natalisf. 

112. 

N""  127.  Impératrice  élégamment  drapée.  Jo.  Bapta  Rtiggerius 
Bonan.  del.;  Mich.  Natalis  bcuL  Manque  de  distinction. 

113. 

N""  128.  Jeune  femme  élégamment  drapée.  Jo.  Bapta  Rugge- 
riu8  Bonon.  del.; Michel  Natalis  scuLLe  bras  droit  est  trop  long. 

114. 

N«  130.  Bacchus,  l'épaule  couverte  d'une  peau  de  lionne. 
Eques  Jones  Lanfran  de.;  M.  Natalis  ^  Ne  pose  pas  bien,  tombe 
en  avant. 

Dans  cette  première  partie  de  la  galerie  Justinienne,  après 
les  152  planches  représentant  des  statues,  viennent  les  Saintes- 
Familles  précitées  ;  le  n**  6  est  signé  M.  Natalis  d'après  André 
del  Sarton.  Voir  au  chapitre  des  scènes  de  la  vie  de  Jésus, 
n«4. 

(Pour  être  continué.) 


PREMIER    RAPPORT 


SUR  LES  FOUILLES  ARCHÉOLOGIQUES  k  JUSLENVILLE 


ce  Le  â  du  mois  de  juin  1825,  les  ouvriers  terrassiers  qui 
travaillaient  à  la  construction  de  la  route  royale  de  la  Vesdre, 
à  Juslenville,  trouvèrent  dans  un  déblai,  près  de  la  maison  d*un 
charron,  une  urne  funéraire  en  terre  rougeâtre  et  plusieurs 
pièces  romaines  en  cuivre,  qui  furent  envoyées  au  cabinet  de 
numismatique  à  La  Haye.  Ils  trouvèrent  aussi  des  ossements 
humains,  qui  tombèrent  en  poussière  au  contact  de  leurs  outils. 
Plus  tard,  on  découvrit  encore  à  peu  près  à  la  même  place,  des 
tombeaux  qui  semblaient  appartenir  à  la  même  époque  que  les 
médailles.  »  (*). 

Telle  est  la  seule  relation  que  Ton  possède  de  la  première 
découverte  d'antiquités  à  Juslenville.  Il  n*est  resté  aucun  souve- 
nir de  la  forme  des  objets,  ni  de  la  nature  des  tombeaux  mis 
au  jour.  La  tradition  désigne  seulement  encore  Tendroit  où 
eut  lieu  la  découverte  (3).  Quant  aux  six  médailles  ,  elles 
n'apprennent  rien.  Voici  les  renseignements  que  nous  avons 
obtenus  à  ce  sujet  de  M.  Meyer,  directeur  du  cabinet  royal  des 
médailles  à  La  Haye,  par  l'intermédiaire  de  M.  le  comte  Mau- 
rice Nahuys  ; 


('    BOVT.  Promenades  historiques  dans  le  pays  de  Lié§e;  t.  H,  p.  56. 

(  i)  Probablement  dans  la  parcelle  n^  911,  où  a  été  emprise  toute  la  longueur  de 
la  route  concédée  de  la  Vesdre,  embranchement  de  Pepinster  k  Theux.  On  dit 
que  les  monnaies  furent  trouvées  près  de  la  pompe. 


—  136  — 

!•  Une  monnaie  d'argent  du  moyen-âge  que  Ton  croyait 
appartenir  à  un  duc  de  Bourgogne. 

2**  Deux  monnaies  de  cuivre  qui  semblent  être  des  pièces 
romaines. 

3*^  Trois  monnaies  de  cuivre  tellement  frustes  qu'il  est  im- 
possible de  les  déterminer. 

Cette  trouvaille  fortuite  et  déjà  précieuse  en  ce  qu'elle  faisait 
supposer  le  séjour  des  romains  sur  ce  point  de  notre  pays,  ne  dé- 
termina pour  le  moment  personne  à  entreprendre  des  recherches 
dans  le  but  de  constater  l'âge  et  l'importance  de  l'établissement 
qui  l'avait  occupé.  A  cette  époque,  il  est  vrai,  l'archéologie  n'a- 
vaii  pas  encore  conquis  sa  place  parmi  les  sciences  qui,  cha- 
cune de  son  côté,apportent  patiemment  les  matériaux  qui  doivent 
servir  à  élever  le  monument  de  notre  histoire  nationale. 

Un  nouveau  hasard  devait,  tout  en  changeant  le  champ  d'ex- 
plorations, attirer  l'attention  des  savants,  sur  l'intérêt  que  cette 
localité  offrait  au  point  de  vue  archéologique. 

La  montagne  qui  domine  la  vallée  deTheux  àPepinster  et  sur 
les  flancs  de  laquelle  s'élève  la  chapelle  de  Juslenvilie,  est 
couronnée  par  un  plateau  d'une  assez  grande  étendue,  s'incli- 
nant  légèrement  vers  le  midi  (  t  )  Au  printemps  de  l'année  1848 
on  ramassa  sur  ce  plateau  deux  monnaies  qui  ne  furent  pas 
déchiffrées  et  les  débris  d'une  espèce  de  couteau.  Le  20  no- 
vembre suivant,  en  labourant  le  sol,  le  sieur  Hardy,  domestique 
de  M.  François  Lejeune,  souleva  (2)  avec  le  soc  de  sa  charrue 
la  dalle  supérieure  d'un  tombeau,  dont  il  retira  quelques  pote- 
teries;  peu  de  temps  après,  M.  d'Andrimont,  alors  échevin, 

(  ')  Les  positionsde  ce  genre  sur  des  collines  et  dansdes  terrains  inclinés  au  midi, 
étaient  aussi  affectionnées  par  les  Francs  pour  l'établissement  de  leurs  cimetières, 
s'éloignant  de  l'humidité  en  vue  de  reculer  le  plus  possible  la  destruction  com- 
plète [Bulletin  de  la  Société  des  antiquaires  de  Picardie,  année  1868,  p.  59).  Une 
dée  riante  s'attachait  également  k  cet'.e  exposition. 

1)  Dans  la  parcelle  n9  758.  Voir  l'extrait   du  cadastre  annexé  au  présent 
rapport. 


—  137  — 

aujourd'hui  bourgmestre  de  Theux,  ayant  aperçu  un  enfant  qui 
jouait  avec  Tune  d'entre  elles,  fut  mis  sur  la  voie  de  cette  décou- 
verte. Ayant  averti  M.  de  Thier,  ancien  consul  belge  à  Smyrne, 
il  se  rendit  sur  les  lieux  ;  la  tombe  mesurant  2  pieds  en  lon- 
gueur et  en  profondeur,  sur  1  de  largeur ,  et  formée  de  pierres 
brutes  mises  de  champ,  était  entièrement  remplie  de  terre  par 
suite  de  Tinflltration  des  eaux  ;  elle  fut  fouillée  avec  précaution, 
et  on  en  retira  :  1**  un  vase  à  gros  ventre  et  à  goulot  étroit 
(épichysis?),  muni  d'une  anse  et  ayant  9  pouces  de  haut  sur  6  de 
diamètre  ;  2  "  deux  autres  petits  vases  en  terre  grise  avec  cou- 
verte noire  ;  3^  trois  lasses  en  terre  rouge  vernissée  dont  Tune 
porte  la  marque  APERF  ;  4**  le  fer  d'un  couteau  fortement 
attaqué  par  la  rouille  ;  5*  des  os  carbonisés;  6'*  huit  ou  dix 
clous  à  grosses  têtes  tout  rouilles.  Une  pierre  brisée  qui  avait 
probablement  fait  partie  du  couvercle,  portait,  tracé  à  la 
pointe,  un  fragment  d'inscription  ainsi  conçu  : 

D.  M.  1  VIIRVIICCO  I  ...CVM...  |  ...  |  ...RAM...  |  ...II... 
{Aitx  dieux  mânes ^  à  Verveccus.,,) 

C'était  jusqu'au  28  octobre  passé,  la  seule  inscription  antique 
de  la  province  que  l'on  possédât  en  original. 

Comme  dans  toutes  les  tombes  que  l'on  eut  l'occasion  de 
visiter  par  la  suite,  la  terre  formait  le  fond  de  celle-ci;  les 
ouvriers  reconnurent  que  les  pierres  qui  composaient  le  con- 
tour ne  provenaient  pas  de  Juslenville,  dont  le  sol  est  un 
terrain  calcaire  dolmitique  et  ne  peut  par  conséquent  fournir 
des  dalles  brutes,  mais  du  rocher  de  Rainoufosse,  situé  à  une 
demi-lieue  de  Juslenville,  au  pied  du  château  de  Franchimont. 

Quelques  jours  après  on  trouva  à  uu  mètre  de  là,  et  à  deux 
pieds  de  profondeur  un  second  sépulcre  ayant  les  mêmes 


-   138  — 

dimensions  que  le  premier,  mais  ne  contenant  que  de  la  terre, 
deux  clous,  deux  monnaies  fruçtes  et  des  ossements  humains 
plus  ou  moins  calcinés  reconnus  pour  avoir  appartenu  à  un 
enfant. 

Au  commencement  du  mois  de  décembre,  on  mit  au  jour, 
non  loin  des  deux  premières,  une  nouvelle  tombe  semblable, 
qui  produisit  un  petit  vase  en  terre  grise,  trois  plateaux  en 
terre  rouge,  et  des  ossements  au  milieu  desquels  était  placée 
une  médaille  qui  ne  put  non  plus  être  déchiffrée. 

M.  de  Thier,  s'emparant  de  ces  éléments,  adressa  au  mois  de 
janvier  1849  à  l'Académie  royale  de  Belgique  une  notice  cir- 
constanciée sur  ces  trouvailles,  en  faisant  observer  que  depuis 
dix  ans  plus  de  cinquante  de  ces  tombeaux  avaient  été  détruits 
dans  le  même  endroit  par  l'emploi  de  la  charrue  de  d'Omalius  ; 
que,  outre  des  vases  et  des  médailles  ,  on  y  avait  recueilli  des 
fioles  en  terre  cuite  ou  en  verre  ;  que  deux  autres  champs 
voisins  avaient  également,  quelques  années  auparavant,  fourni 
deux  tombeaux  contenant  des  poteries.  Il  fait  remarquer  aussi 
que  le  chemin  conduisant  de  Juslenville  vers  Sohan ,  sépare  ces 
champs  d'avec  un  terrain  appelé  en  wallon  so  les  quarais, 
dénomination  qui,  selon  lui,  doit  avoir  quelque  rapport  avec 
les  pierres  plates  dont  sont  formés  les  tombeaux.  Enfin  il  signale 
un  terrain  contigu  au  cimetière  et  creusé  circulairement  en 
forme  de  théâtre  antique  qui  paraît  avoir  été  l'endroit  où  on 
brûlait  les  morts  (i). 

En  séance  du  5  mars  1849,  M.  Roulez  présenta  sur  cette 
noiice  un  rapport  dans  lequel  il  rappelle  les  circonstances  de  la 
découverte  et  décrit  les  objets  trouvés  ;  après  quelques  obser- 
vations sur  l'inscription  et  les  quatre  médailles  recueillies  (4), 
il  conclut  que  la  trouvaille  avait  été  faite  sur  l'emplacement  d'uu 

(1)  Probablement  le  terrain  à  gauche  en  arrivant  à  la  parcelle  757,  donc  766a 
et  766*. 
(3)  Que  sont  devenues  ces  médailles  ? 


-  139  - 

cimetière  antique,  dans  le  voisinage  d'un  établissement  qui 
avait  eu  une  population  nombreuse  et  une  longue  existence. 
Rejetant  une  hypothèse  de  M.  de  Thier,  basée  sur  Tétymologie 
du  nom  même  de  la  localité  et  suivant  laquelle  cet  établissement 
devrait  être  reporté  au  temps  du  conquérant  des  Gaules, 
M.  Roulez  avance  qu'il  suffirait  qu'un  membre  de  la  famille 
Julia  y  eut  possédé  une  villa  (Juliana  villa)  laquelle  eut  été 
parfaitement  située  au  centre  de  la  forêt  des  Ârdennes,  dans 
un  magnifique  vallon  arrosé  par  la  Hoegne  et  dans  le  voisinage 
de  nombreuses  sources  thermales  (i). 

«  Du  reste,  ajoute-t-il,  une  autre  circonstance  explique  la 
présence  d'une  agglomération  d'habitants  dans  cet  endroit 
pendant  la  domination  romaine  :  les  carrières  de  marbre  noir 
que  possède  la  commune  de  Theux  paraissent  avoir  déjà  été 
exploitées  à  cette  époque.  On  attribue  du  moins  cette  prove- 
nance au  marbre  de  quelques  morceaux  de  sculpture  déterrés 
dans  les  provinces  rhénanes  »  (2). 

M.  Roulez  terminait  son  rapport  en  exprimant  le  vœu  que 
quelques  fouilles  régulières  fussent  pratiquées  par  les  soins  du 
gouvernement  sur  le  plateau  delà  montagne  de  Juslenville  (s). 

Il  ne  fut  donné  aucune  suite  à  cette  proposition.  II  y  a  plus» 
un  grand  nombre  des  objets  provenant  des  tombes  et  jusqu'à  la 
pierre  votive  de  Verveccus  furent  disséminés  et  perdus.  On  ne 


(1  )  M.  Grandgagnage  dans  son  Vocabulaire  des  anciem  noms  de  lieux  de  la 
Belgique  orientale,  4859,  p.  39,  donne  les  anciennes  formes  suivantes  du  nom  de 
Juslenville  :  Jusenhaineville  et  Jdsblainevillb,  qui  appartiennent  au  XIV«  siècle. 
En  wallon  ce  mot  se  prononce  Juslainveie, 

(  ^  )  Appelé  marmor  Themebi  dans  les  Bulletins  d'Alsace ,  et  marbre  de  Tkie 
dans  l'Encyclopédie  de  Diderot,  t.  XX,  p.  661  à  l'article  maçonnerie.  Voyez  aussi 
les  Amusements  de  Spa,  par  S.  P.  de  Limbourg.  Amsterdam.  ("Liège,  Desoer,  i783) 
t.  Il,  p.  290. 

(  s)  La  notice  de  H.  de  Thier  n'a  pas  été  imprimée ,  mais  le  rapport  de  H.  Rou- 
lez se  trouve  dans  les  Bulletins  de  l'Académie,  1849,  t.  XVI,  i^e  partie,  p.  353. 
C'est  de  là  que  nous  avons  extraits  tous  les  détails  qu'on  vient  de  lire. 


140  - 

sauva  pour  le  moment  que  huit  vases  dont  cinq  furent  acquis 
par  M.  Ch.  Grandgagnage  et  trois  par  M.  d'Andrimont  (i). 

Le  4  avril  1850  fut  fondé  à  Liège  VInstitut  archéologique  ;  les 
fouilles  pratiquées  dany  le  but  de  retrouver  sous  le  sol  la  trace 
des  populations  qui  l'avaient  foulé  à  des  époques  dont  nous  ne 
connaissons  pas  l'histoire,  rentrait  directement  dans  ses  attri- 
butions ;  Juslenville  fut  une  des  premières  localités  qui  fixa 
l'attention  de  la  Société.  Cette  même  année,  M.  Alb.  d'Otreppe 
de  Bouvette,  alors  son  président,  se  rendit  à  Juslenville  et, 
guidé  dans  ses  recherches  par  M.  de  Thier,  parvint  à  découvrir 
dans  la  maison  du  sieur  Hardy,  voisine  d'une  source  d'eau 
thermale,  non  seulement  plusieurs  vases  en  terre  rouge  prove- 
nant des  anciennes  fouilles,  mais  même,  dans  le  coin  d'un 
jardin,  couverte  de  terre  et  déjà  presqu'oubliée,  la  pierre 
consacrée  aux  dieux  mânes.  Ces  objets  achetés,  les  premiers 
par  M.  d'Otreppe,  le  second  par  M.  de  Thier,  furent  plus  tard 
remisa  l'Institut  archéologique  et  figurent  aujourd'hui  au  Musée 
de  la  province. 

Désireux  de  poursuivre  des  explorations  qui  avaient  déjà 
donné  de  si  beaux  résultats  et  de  déterminer  exactement  l'âge  de 
la  population  dont  la  terre  recelait  tant  de  vestiges,  la  Société 
demanda  et  obtint,  par  l'intermédiaire  du  Gouverneur  de  la  pro- 
vince, un  subside  de  200  francs  pour  continuer  les  fouilles.  M. 
d'Otreppe  se  rendit  aussitôt  àTheux  et,  dans  l'intérêt  d'une  sur- 
veillance régulière  des  travaux,  forma  une  commission  composée 
de  MM.  d'Andrimont,  de  Thier,  Ph.  de  Limbourg  et  de  M.  le  curé 

(  1  )  Ces  8  vases  figoraieat  parmi  les  premiers  objets  offerts  au  Musée  naissant, 
sous  les  noms  de  M°><^^  Grandgagnage  et  d'Andrimont-Lefebvre.  Il  n'en  reste  plus 
aujourd'hui  que  quatre  :  savoir  :  i^  Une  patôru  en  terre  samicnne  à  couverte  rouge, 
brillante  et  glacée  portant  la  marque  RENTIOF  (n°  J3  du  catalogue)  ;  2»  une  patère 
de  même  composition  avec  bords  ornés  de  moulures  (n»  34)  ;  3°  une  idem  à  bords^ 
rentrants  (n»  50)  ;  une  sorte  d'oUa  en  terre  blanche  fine,  à  couverte  grise  et  terne 
{n^  Î26).  —  Des  campagnards  colportèrent  plusieurs  vases  dont  deux  furent  achetés 
par  M.  Poulet,  peintre  à  Verviers,  et  un  par  M.  Chantereine,  curé  de  Becco,  qui  en 
fil  don  à  M.  le  curé  de  N.-D.  à  Vcrviers. 


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—  141     - 

de  Theux.  M.  de  Limbourg  se  chargea  plus  spécialement  de 
tenir  Flnstitut  au  courant  des  découvertes  (i).  M.  Ph.  de 
Limbourg',  père,  consentit  même  à  laisser  commencer  les 
recherches  dans  un  terrain  qui  lui  appartient,  joignant  immé- 
diatement au  champ  de  M.  Lejeune  vers  l'ouest,  sur  un  plan  un 
peu  plus  incliné  (parcelle  n»  787  du  cadastre). 

Le  7  janvier  18S1,  trois  ouvriers  maçons  de  Juslenville  com- 
mencèrent une  tranchée  suivant  une  ligne  diagonale  de  douze 
mètres,  comprenant  un  tiers  de  la  largeur  du  terrain.  Vers  9  i/i 
heures,  à  0'",40  de  la  surface  du  sol,  la  pioche  heurta  contre  une 
tombe,  formée  par  exception  de  calcaire  de  Juslenville,  et  dont  le 
couvercle  consistant  en  deux  pierres  plates  était  enfoncé  ;  Vin- 
térieur,  fouillé  avec  soin,  ne  fournit  que  des  ossements  calcinés; 
à  S^jlO  de  là  en  continuant  la  tranchée  on  trouva  une  médaille, 
un  vase  entier,  puis  des  fragments  de  vases  et  des  ossements; 
un  peu  plus  loin  une  grande  urne  brisée  renfermant  des 
cendres  et  quelques  petits  objets  ;  d'autres  urnes  semblables, 
mais  ne  contenant  que  de  la  terre,  se  rencontrèrent  à  petits 
intervalles.  Une  seconde  monnaie  fut  trouvée  dans  l'après-midi, 
plus  quelques  morceaux  de  fer  très-oxydés. 

Les  deux  jours  suivants  les  ouvriers  retirèrent  de  terre  des 
objets  de  même  nature,  mais  en  moins  grande  quantité.  Le 
lundi,  13  janvier,  au  matin,  ils  mirent  au  jour  une  nouvelle 
tombe  longue  de  1™,05,  large  de  0",63  et  séparée  en  deux 
compartiments  d'inégale  grandeur  par  une  dalle  placée  verti- 
calement à  l'intérieur.  De  chacun  d'eux  on  retira  des  ferrailles, 
entre  autres  une  lame  de  couteau  et  les  débris  d'un  vase  en 
verre.  Peut-être  les  cendres  de  deux  membres  d'une  même 
famille  reposaient-elles  là  dans  le  môme  sépulcre  séparées  par 
une  cloison  de  pierre. 

Le  lendemain  dans  la  matinée  on  recueillit  deux  vases  entiers 

(  I  )  Recherches  et  fouilles  dans  le  but  déformer  un  musée  provincial  à  Liège,  par 
Âlb.  d'Otreppe  de  Bouvette.  4851,  p.  S4. 


—  142  — 

dont  un  avec  sigle,  trois  autres  brisés ,  une  urne,  des  osse- 
ments et  une  nouvelle  lame  de  couteau.  Les  recherches  de 
l'après-midi  fournirent  encore  trois  monnaies,  quatre  vases 
entiers,  une  urne,  des  clous,  un  fer  de  lance,  des  boucles,  des 
fibules,  plus  des  débris  de  vases  en  terre  noire,  rouge,  grise 
et  verte,  des  ossements  calcinés  et  du  charbon. 

Ici  s'arrête  le  procès  verbal  des  travaux  tenu  par  M.  de 
Limbourg.  Cependant  les  fouilles  furent  continuées  jusqu'au 
28  du  même  mois  et  produisirent  encore  des  résultats  remar- 
quables (  1  ).  La  plupart  des  objets  recueillis  et  déposés  provi- 
soirement chez  M.  d'Àndrimont,  furent  envoyés  à  Liège  à  la 
fin  du  mois  de  février  ('). 

Le  défaut  d'un  local  particulier  (la  petite  collection  du  Musée 
était  à  cette  époque  réfugiée  à  la  bibliothèque  de  la  ville),  le 
manque  d'un  conservateur,  les  déménagements  qui  s'opérèrent 
dans  la  suite,  furent  cause  qu'un  certain  désordre  s'introduisit 
dans  les  différentes  catégories  d'objets  et  que  quelques-uns 
d'entre  eux  furent  brisés. 

Toutefois  le  résultat  des  fouilles  faites  à  Juslenville  en  1851 
figure  encore  aujourd'hui  au  Musée  de  la  province  parmi  ce 
qu'il  possède  de  plus  intéressant.  L'inventaire  exact  et  détaillé 
s'en  trouve  consigné  dans  la  seconde  partie  du  catalogue  que 
M.  Alexandre,  conservateur  du  Musée,  prépare  en  ce  moment  ; 
en  attendant  que  ce  travail  long  et  difficile  soit  entièrement 
terminé,  notre  collègue  nous  a  autorisé  à  en  extraire  quelques 
notes  se  rapportant  aux  fouilles  dont  nous  nous  occupons. 

P  Huit  patères  en  terre  rouge  ou  samienne,  à  couverte 
rouge,  brillante  et  glacée;  elles  portent  les  estampilles,  sigles 


(  i  )  Le  28  janvier  M.  d'Otreppe  donna  ordre  de  suspendre  les  travaux  doni 
Texëcution  avait  coûté  frs.  iiO,  se  rëpartissant  comme  suit:  fr.  71,87  pour  jour- 
nées; fr.  25  pour  réparation  do  terrain;  fr.  iO  pour  engrais  ;  fr.  3,i3  pour  trans- 
port des  objets  à  Liège. 

(«)  Procès-verbaux  des  séances  de  l'Institut,  séance  du  4  mars  1851. 


Fouilles    de  Juslehville  . 


S 


a(caMi>^~~''^fi*~'C- 


^m/yHULlIi-l 


—  143  -~ 

ou  marques  du  fabricant  potier  suivants  :  FELIGISMN ,  avec  le 
graffUo  CV...VIA  sur  le  bord  extérieur  (n»  24  du  catalogue); 
CE...ORINF  (n«  26);  ...ONIF,  avec  le  graffUo  APIV  (n»  27); 
lOVI...  (n*28);  lOVINI  0  (n«30);  TOCCAFE,  fortement  ébré- 
chée  (n»  39)  ; 

i?  Seize  patères  en  terre  semblable,  la  plupart  entières,  de 
formes  diverses,  sans  estampilles  (ou  non  lisibles),  une  avec  le 
graffito  VARI  (n^  23),  une  autre  avec  le  graffUo  SILVINI  (n»  41). 
Les  autres  portent  les  n««  31  à  33,  35  à  38,  40,  46,  48,  49,  51, 
53,  54,  du  catalogue. 

4«  Une  petite  patère  en  terre  rouge  fine  à  couverte  noire 
(n"*  196),  et  une  autre  en  terre  blanche  fine  à  couverte  grise 
(n«  210). 

S*"  Un  grand  fragment  de  patine  ronde  en  terre  samienne, 
avec  une  chasse  aux  animaux  féroces  sur  les  flancs,  des  oves, 
des  guirlandes,  etc.  (n»  74).  —  Une  petite  patine  ronde  en 
terre  blanche  fine  à  couverte  noire  (n**  213). 

6®  Neuf  patelles  de  forme  conique  tronquée  en  terre  samienne 
(n«»  88,  90  à  94,  97,  100,  101). 

7*  Six  patelles  bilobées  également  en  terre  samienne  dont 
quatre  portent  les  sigles  suivants:  TOGGA  F  (nM02); 
PETRVLLVSFX{nM04);  MONTANVS  nM07);  AITI  (iiM09). 
Les  deux  autres  figurent  sous  les  n®»  108  et  111  du  catalogue. 

8*  Une  sorte  d'amphore  ou  cruche  à  deux  anses,  avec  col 
court  et  étroit,  en  terre  rouge  fine,  à  couverte  noire  et  luisante 
(n*  163). 

9°  Une  épichysis  à  une  anse,  en  terre  blanche  fine  (n*»  177).— 

Deux  plateaux  à  déversoirs  de  même  composition  (n~  193, 194). 

lO'*  Un  petit  vase  de  forme  anguleuse  à  flancs  concaves  en 

haut,  convexes  en  bas,  composé  de  terre  blanche  fine  à  couverte 

noire  (n»  222). 

11°  Une  sorte  d'olla  en  terre  blanche  à  couverte  grise  avec 
une  scène  de  chasse  sur  les  flancs  (n*»  224).  —  Un  autre  vase  du 
même  type  (n»  225  >.  —  Trois  petites  oUas  renflées  en  bas,  de 
même  composition  (n««  227,  229,  230). 


—  444  — 

12®  Des  fragments  de  poteries  avec  les  sigles  suivants  : 
ADVOCISIO,  A  (IT)  I ,  AP  (E)  RE,  CABRILLVS,  OFC  (AR)  AN, 
CAVANNVS,  M  (I)  NSIM,  OPASSEN,  PRIDFEC  (n»  136)  (i) 

13*»  Une  plaque  mince  en  bronze,  formant  le  fragment  d'une 
roue  travaillée  à  jour,  une  épingle  de  tête  également  en  bronze, 
deux  miroirs  et  quelques  fragments  de  fibules. 

14°  Diverses  poteries  grossières. 

IS^"  Enfin,  quatorze  monnaies  assez  frustes,  toutes  de  la  caté- 
gorie des  moyens  bronzes,  qui  ont  fait  l'objet  d'un  article  spé- 
cial publié  dans  nos  Bulletins  (â)  ;  il  résulte  de  cette  étude 
que  si3C  de  ces  médailles  (les  n*»'  1,  2,  5,  7,  9  et  13  de  l'article 
cité)  demeurent  tout-à-fait  indéchiffrables  ;  que  le  n*»  3  est  un 
Marc-Aurèle,  les  n°*  4  et  1 1  deux  Antonin-Pie ,  le  n*  6  un  Domi- 
tien,  les  ir^  8  et  10  deux  Trajan,  le  n*  12  un  Vespasien  et  le  n« 
14  un  Hadrien.  Ces  recherches  fixèrent  d'une  manière  à  peu 
près  décisive  au  temps  du  Haut-Empire  entre  les  années  70  et 
180  de  l'ère  chrétienne  l'établissement  belgo-romain  dont  le 
cimetière  a  été  découvert  à  Juslenville. 

Cette  détermination  suffisait  au  besoin  à  la  science  historique 
et  donnait  lieu  à  des  déductions  importantes  que  l'auteur  de 
l'article  précité  se  réserve  de  développer  un  jour  Mais  était-ce  un 
motif  pour  abandonner  définitivement  ces  fouilles  brusquement 
interrompues  au  moment  où,  nous  livrant  à  profusion  des 
objets  de  ménage,  de  toilette  et  autres,  elles  promettaient 
encore  à  notre  Musée  tant  d'autres  choses  qui  nous  auraient 
dévoilé  le  secret  des  mœurs  et  le  degré  de  civilisation  de  ce 
peuple  qui,  il  y  a  16  ou  18  siècles,  avait  occupé  notre  territoire  ? 
Ne  fallait-il  pas  au  contraire  chercher  à  fournir  à  l'historien 
des  éléments  plus  nombreux  et  plus  certains  pour  asseoir  ses 
assertions  et  tâcher  au  moins  de  découvrir,  dans  le  voisinage 

(  I  )  V.  sur  ces  marques  de  potiers  l'article  de  M.  S.  inséré  dans  le  Bulletin  de 
r Institut  arch,  liég.,  t.  VIII,  p.  405. 

(  t)  Autre  travail  de  M.  S.  dans  le  même  recueil,  t.  VIII,  p.  !209. 


Fouilles  de  JusLENviLLt 


\  ■■--- 


)»' 


—  446  — 

du  cimetière  la  trace  des  habitations  qui  nécessairement  ont  dû 
y  exister?  Telle  fut  la  pensée  de  Tlnstitut.  Aussi,  lorsqu'aprës 
seize  années  d*incertitudes  et  de  tâtonnements,  il  se  vit  assis 
sur  des  bases  solides  et  put  envisager  Tavenir  avec  confiance, 
il  se  proposa  de  reprendre  définitivement  les  fouilles  de  Jus- 
lenville  et,  cette  fois,  de  les  mener  à  bonne  fin. 

Au  mois  de  mai  1868  la  Société  se  mit  de  nouveau  en  rapport 
avec  M.  Philippe  de  Limbourg.  Notre  honorable  collègue  em- 
brassa avec  ardeur  l'idée  de  recommencer  les  recherches  et  de 
concert  avec  MM.  Magnée,  receveur  des  contributions  directes 
et  accises  à  Theux,  et  A.  Body ,  homme  de  lettres,  à  Spa,  il 
voulut  bien  accepter  la  mission  de  surveiller  les  travaux,  et 
offrit  de  prendre  toutes  les  mesures  nécessaires  à  leur  exécu- 
tion. L'Institut,  dans  sa  séance  du  5  juin,  accepta  cette  offre 
obligeante  et  vota  immédiatement  une  première  allocation  pour 
commencer  les  recherches. 

La  parcelle  n®  757  n'ayant  pas  été  complètement  explorée  en 
1851,  il  fut  décidé  qu'elles  se  feraient  d'abord  en  cet  endroit. 

Le  24  août  Pascal  Wathelet,  maitre-ouvrier  mineur,  ouvrit 
une  tranchée  de  1"60  de  largeur  à  la  limite  ouest  de  ce  terrain. 
Pendant  les  trois  jours  qui  suivirent,  elle  fut  poussée  jusqu'à  19 
mètres  sur  une  profondeur  moyenne  de  0"60  sans  donner 
aucun  résultat  satisfaisant.  Quelques  débris  de  poterie  romaine 
tout-à-fait  insignifiants  et  un  cadran  en  fer  ,  relativement 
moderne,  fut  tout  ce  qu'on  recueillit. 

Le  vendredi  28  août  les  travaux  furent  transportés  plus  à 
Test,  à  18»80  de  la  parcelle  n**  758.  Dès  le  matin,  Wathelet  mit 
au  jour  à  0"30  de  profondeur,  entourés  de  quelques  petites 
pierres,  une  patère  ombiliquée  avec  un  seul  petit  éclat,  en  terre 
samienne  à  couverte  rouge  glacée,  avec  le  sigle  rétrograde 
SA...  VII  ou  VIF,  plus  des  débris  de  poteries  au  milieu 
desquels  se  trouvait,  mais  brisée  en  trois  morceaux,  une  coupe 
en  verre  blanc  portant  sur  la  circonférence  extérieure  et  à 

9 


—  146  — 

égales  distances  cinq  stries  jumelles^);  la  fracturedu  pied  étant 
irrisée,  il  est  à  supposer  que  cette  coupe  fut  déposée  dans  la 
tombe  telle  que  nous  la  possédons  aujourd'hui  (pi.  I,  fig.  4);  tout 
auprès  on  recueillit  un  fer  de  couteau,une  fibule,  deux  clous  et 
d'autres  ferrailles  oxydées.  Les  débris  de  poteries  ayant  été  re- 
constitués, présentèrent,  plus  ou  moins  endommagées  :  l""  une 
urne  surbaissée  à  large  ouverture  en  terre  blanche;  2^  une 
épichysis  en  pâte  blanche  avec  anse  ;  S^  une  patelle  de  forme 
conique  tronquée  en  terre  rouge,  à  couverte  rouge  avec  le 
sigle  :  GASSIVSF  ;  ^^  une  autre  plus  petite  ;  5o  une  patelle  ronde 
de  même  composition,  sans  pieds  ;  6*"  une  urne  en  terre 
blanche  à  couverte  noire,  terne,  toute  couverte  de  guillochis  et 
contenant  des  ossements  calcinés  (pi.  IV,  fig.  3). 

A  une  dislance  d'environ  un  mètre  se  rencontra  une  tombe, 
puis  dans  la  même  direction  deux  autres  ressemblant  en  tous 
points,  par  la  forme  et  les  dimensions,  à  celles  de  18ël,  mais 
toutes  orientées  différemment;  Tune  d'elles  était  formée  de  pierres 
calcaires,  tandis  que  les  deux  autres,  comme  toutes  celles  qui 
furent  trouvées  dans  la  suite ,  étaient  faites  des  pierres  plates 
d'un  grès  tiré  des  carrières  de  Ghawieumont,  colline  s'étendant 
à  droite  de  la  rivière  depuis  le  Marché  jusqu'à  la  station  de 
Theux,  en  face  de  Franchimont.  Aussitôt  que  les  pierres 
furent  mises  à  nu,  M.  de  Limbourg  avertit  du  fait  la  Société  et 
invita  des  membres  à  se  rendre  sur  les  lieux  pour  assister  à 
l'ouverture  des  tombes.  Il  faisait  en  même  temps  savoir  qu'une 
médaille  en  bronze  à  l'effigie  de  Faustine  jeune  avait  été  retirée 
de  terre  devant  lui  et  en  présence  de  M.  Magnée. 

Le  29,  Wathelet  en  prolongeant  ses  tranchées  et  en  creusant 
celle  qui  devait  les  réunir  trouva,  sans  être  entourés  d'aucune 
espèce  de  pierre,  une  épichysis,  une  urne  en  terre  grise,  une 
olla  en  terre  noire,  une  grande  patelle  ronde  à  pied,  en  terre 

(  I  )  Des  coupes  à  peu  près  semblables  figurent  aa  Masée  de  la  porle  de  Hal,  à 
Bruxelles. 


—  147  — 

rouge,  dont  la  couverte  rongée  est  presqu'entiërement  enlevée; 
elle  est  munie  d'un  sigle  fruste.  Ce  dernier  objet  seul  a  pu  être 
retiré  entier.  Le  prolongement  vers  le  nord  amena  la  découverte 
de  trois  nouvelles  tombes  fermées. 

Le  31,  MM.  Alexandre  et  Scboonbroodt  se  rendirent  à  Tappel 
de  M.  de  Limbourg  et,  en  présence  de  MM.  Body,  d*Heur, 
Godecbal,  J.  Quaré  et  d'autres,  on  procéda  à  Tou^erlure  de 
trois  tombes  sans  y  rien  trouver.  Mais  une  quatrième  que  l'ou- 
vrier était  en  train  de  déblayer  à  leur  arrivée  dédommagea 
amplement  les  visiteurs  de  cette  première  déception. 

Cette  tombe,  un  peu  plus  grande  que  les  autres  et  plus  carrée, 
était  fermée  d'une  seule  dalle,  laquelle  ayant  été  soulevée  laissa 
voir  l'intérieur  entièrement  rempli  d'une  terre  sillonnée  de  raci- 
oes.L'ouvrier  enleva  ensuite  une  des  pierres  latérales  afin  de  reti- 
rer par  là  au  moyen  d'un  couteau  et  par  petites  parcelles  la  terre 
durcie  du  tombeau,  précaution  que  l'on  doit  employer  toujours 
dans  les  opérations  de  ce  genre  parce  que  l'exploration  par  le 
haut  est  beaucoup  plus  difficile  et  plus  dangereuse.  Au  bout  de 
quelques  instants  apparurent  dégagés  sur  une  face  plusieurs 
vases,  tous  légèrement  inclinés  dans  le  même  sens  (pi.  1I,âg.  4>. 

Le  déblai  fut  poursuivi  avec  les  plus  grandes  précautions  et 
Ton  retira  successivement,  presque  toutes  parfaitement  intactes, 
les  pièces  suivantes  :  une  patelle  ,  avec  pied,  en  terre  rouge; 
une  autre  semblable  mais  un  peu  plus  grande  ;  une  grande 
épichysis  à  terre  blanche  fine  ;  une  autre  épichysis  plus 
petite  ayant  perdu  son  anse;  deux  patèresombiliquées,  l'une 
intacte ,  portant  au  centre  intérieur ,  à  l'endroit  où  se 
trouve  ordinairement  la  marque  du  potier,  une  espèce  de 
feuillage  (pi.  IV,  fig.  7);  l'autre  restaurée  avec  le  sigle  MO  (P) 
rVSF  :  une  grande  urne  à  flancs  rebondis,  en  terre  blanche  à 
couverte  noire ,  munie  d'un  couvercle  en  terre  blanche  ;  une 
autre  urne  plus  petite  en  terre  blanche  à  couverte  noire, 
restaurée  ;  une  grande  patine  en  terre  samienne  à  bords  verti- 


—  148  — 

eaux  munie  d'un  déversoir  représentant  une  tète  de  lion  informe; 
le  fond  intérieur  est  parsemé  de  petits  cailloux  blancs  qui  ne  se 
voient  qu*aux  vases  à  déversoirs,  et  qui  probablement  ser- 
vaient à  piler  certaines  substances  qu'on  laissait  ensuite  décanter 
(pi.  II,  fig.  1)  ;  une  olla  en  terre  rouge  fine  à  couverte  noire 
glacée,  offrant  trois  séries  circulaires  de  fines  dépressions 
formées  à  la  roulette  (pi.  IV,  fig.  2)  ;  quatre  plateaux  sans  pied 
en  terre  grossière ,  dont  un ,  le  plus  grand ,  muni  de  bords 
verticaux  ;  une  coupe  ronde  en  verre  renfermant  des  ossements 
calcinés  ;  des  fragments  d'un  second  petit  vase  en  verre  ;  «nfin 
une  monnaie  de  Trajan  et,  dans  un  coin,  un  amas  de  gros  clous 
rouilles. 

Les  travaux  de  la  matinée  du  3  septembre  fournirent  une 
monnaie  assez  fruste,  une  tombe  sans  couvercle  renfermant  des 
os  calcinés  et,  plus  loin,  quelques  débris  de  poteries  parmi 
lesquels  ceux  d'une  patëre  à  déversoir  en  terre  rouge.  Dans  la 
direction  est-ouest  Wathelet  rencontra  une  nouvelle  tombe 
également  sans  couvercle  (la  charrue  l'avait  sans  doute 
emporté  précédemment),  contenant  à  son  extrémité  ouest  un 
dépôt  de  cendres  avec  différents  débris  de  bronze,  et  vingt 
petites  perles  de  formes  variées  en  verre  doré,  bleu,  blanc  et 
rouge ,  quelques-unes  réunissant  ces  trois  couleurs  (pi.  I , 
fig.  5)  (i).  Tout  à  côté  se  montrait,  sous  un  objet  en  terre 
blanche,  les  extrémités  de  deux  tubes  en  verre  blanc;  dans  le 
but  d'obtenir  ceux-ci  (qui  étaient  deux  fragments  d'un  vase 
balsamaire  à  long  col)  intacts  (pi.  I,  fig.  6),  l'objet  qui  les 
recouvrait  fut  un  peu  sacrifié;  mais  tous  les  débris  furent 
recueillis  et  ce  ne  fut  que  lorsqu'il  fut  reconstitué  après  beau- 
coup de  peines,  que  Ton  put  reconnaître  sa  valeur;  c'est  en  effet 
une  figurine  représentant  une  femme  nue  tenant  d'une  main 


(i  )  Ces  perles  ou  grains  de  collier,  se  rencontrent  beaucoup  plus  souvent  dans 
les  cimetières  francs  que  dans  les  sépultures  romaines.  On  en  voit  d'analogues  dans 
R.  Smilh,  Illustration  of  roman,  London,  pi.  XXXI. 


Fouilles  de  Juslenville 


—  149  — 

uue  tresse  de  ses  cheveux»  tandis  que  Tautre  pend  naturelle- 
ment le  long  du  corps.  Cette  figurine,  qui  représente  sans 
doute  la  Venus  Aphrodite  ou  Anadyomène,  a  beaucoup  de  rap- 
ports avec  celles  qui  furent  trouvées  en  1860  dans  les  environs 
de  Moulins*sur-Allier  (i),  se  présentant  en  relief  dans  une 
espèce  de  niche  à  ceintre  en  forme  de  coquille,  creuse  à  Tinté- 
rieur  et  munie  d'une  petite  base  (pi.  III). 

Les  4  et  S  septembre,  Wathelet  découvrit  encore  quatre 
tombes  qui  ne  contenaient  que  des  os  calcinés;  mais  il  retira  de 
la  tranchée  des  clous,  une  lame^de  couteau,  et  des  débris  de 
poteries  qui  réunis  formèrent  une  urne  remplie  d*ossements. 

Les  travaux  accomplis  jusqu'ici  avaient  suffi  à  M.  deLimbourg 
pour  lui  faire  faire  une  observation  fort  importante  :  c'est  que 
dans  le  cimetière  de  Juslenville  on  avait  suivi  deux  modes  d'in- 
humation bien  distincts  se  rencontrant  presqu'alternativement 
dans  les  premières  tranchées;  Tun  consistant  à  renfermer  dans 
un  sépulcre  formé  de  pierres  plates  de  Ghawieumont  (rarement 
de  calcaire)  les  cendres  des  morts  accompagnées  des  vases  et 
autres  objets  qui  avaient  servi  au  repas  funèbre  ;  l'autre  dans 
lequel  on  se  bornait  à  confier  simplement  à  la  terre  ces  mêmes 
vases  ou  objets  en  les  entourant  ordinairement  de  petites  pierres 
brutes;  dans  ce  cas  chaque  objet  en  terre,  en  verre  ou  en  bronze 
est  déposé  sur  une  pierre  brute  aussi,  mais  présentant  un  côté 
plat  vers  le  haut.  Nous  dc^signerons  ce  dernier  mode  sous  le  nom 
de  sépulture. 

Le  7  septembre,  dans  une  tranchée  parallèle  aux  premières, 
Wathelet  trouva  une  sépulture  composée  d'une  grande  tèle  en 
terre  blanche  grossière,une  monnaie  fruste  adhérente  à  un  clou, 
une  patelle  tronconique  portant  au  centre  intérieur  un  simple 
cercle  bien  marqué,  une  patère  présentant  à  la  même  place  une 


(i)  <  Collection  de  figurines  en  argile,  œuvres  premières  de  l'art  gaulois  avec  les 
nons  des  céramistes  qui  les  ont  exécutées  ;  recueillies,  dessinées  et  décrites  par 
Edn.  Tudot,  peintre,  etc.  »  ln-4.  Paris,  4860. 


~  loO  — 

croix  tracée  à  la  pointe,  plus  une  seconde  patëre  ombiliquée 
(pi.  IV,  flg.  4),  ces  trois  derniers  objets  en  terre  samienne. 

Un  peu  plus  loin  au  nord,  une  tombe  ne  contenait  qu'une 
monnaie  à  l'effigie  d'Antonin. 

Un  autre  tombe  mesurant  1"00  de  longueur  sur  0"»70  de 
largeur  et  0'"43  de  profondeur,  rencontrée  à  0»32  de  la  surface 
du  sol,  ne  put  être  explorée  ce  jour-là  à  cause  de  la  solidité 
extraordinaire  avec  laquelle  les  pierres,  au  moyen  d'encoignures, 
étaient  enchevêtrées  les  unes  dans  les  autres  ;  il  fallut  à  l'ouvrier 
1  1/2  heure  de  travail  pour  arracher  un  des  côtés  ;  ce  \tà\i  se 
présente  rarement  et  presque  toujours  les  dalles  qui  forment  le 
sépulcre  sont  simplement  juxtaposées,  sans  aucune  espèce 
d'agencement,  mais  aussi  sans  laisser  nulle  part  la  moindre 
ouverture.  Cette  tombe,  fouillée  le  lendemain,  ne  donna  que  des 
objets  brisés  par  la  dalle  supérieure,  laquelle,  par  la  suite  des 
siècles,  par  les  pluies,  la  gelée  ou  le  choc  du  fer  de  la  charrue 
était  tombée  à  Tintérieur,  chose  observée  en  plusieurs  autres 
endroits.  On  en  retira  cependant,  outre  des  débris  de  poteries, 
une  patelle  en  terre  rouge,  une  hache  en  fer,  un  amas  de  clous, 
une  espèce  d'anneau  deceintureen  fer,  enfin  les  fragments  d'un 
flacon  carré  à  goulot  et  anse,  en  verre  très-foncé  vert,  lequel  a 
pu  être  restauré. 

Le  9  septembre ,  dans  une  nouvelle  tranchée ,  l'ouvrier 
rencontra  une  sépulture  composée  d'une  épichysis  un  peu 
endommagée,  d'une  patère  en  pâte  samienne,  d'une  patelle,  de 
débris  d'urnes,  de  trois  haches,  de  quatre  perles  en  terre  grise, 
d'une  fort  jolie  patine  ronde  à  bords  verticaux  couverte  de  guil- 
lochis  régulièrement  tracés ,  formée  d'une  terre  rouge  très-fine 
et  portant  le  sigle  ARDA  (CVS),  (pi.  IV,  fig.  6);  d'une  patelle 
avec  pied,  renflée  à  l'intérieur,  à  bords  verticaux  et  portant  au 
centre4  petits  carreaux  annexés  ou  peut-être  une  croix  pattée(j) 

(  i  )  Une  marque  semblable  (croix  pattée)  se  trouve  sur  des  carreaux  de  terre-cuite 
romains?)  trouvés  à  Ëslines.  {Annales  du  Cercle archéoL  de  Mons,  t.  III,  p.  156). 


Fouilles  de  Juslenv;lle 


^ 


//T'- 


-     181  ~ 

(pi.  IV,  fig.  5)  ;  d'une  patine  ronde  à  bords  plats  ;  d'une  olla  en 
terre  blanche  à  couverte  grise  rugueuse  ;  de  trois  objets  indé- 
terminés en  bronze  (pi.  II,  fig.  3«  2),  adhérents  par  Toxyde  à  un 
anneau  en  fer,  à  trois  perles  en  bronze  et  à  un  disque  en  bronze 
à  cercles  concentriques,  percé  au  milieu  (pi.  II,  fig.  3),  enfin 
d'une  médaille  d'Ântonin.  On  distingue  dans  ce  groupe  deux 
petits  tubes  fermés  d'un  côté  par  une  surface  plane,  ornée, 
dépassant  les  bords  ;  des  fragments  de  deux  autres  tubes 
semblables  (les  pieds  d'un  coffret?)  ont  été  découverts  près  de 
la  même  tombe. 

Deux  sépultures,  ayant  produit  chacune  une  épichysis ,  des 
urnes  et  des  patelles  assez  bien  conservées,  furent  le  résultat 
des  fouilles  du  10  septembre. 

n  en  fut  de  même  du  lendemain,  mais  parmi  les  objets  trouvés 
on  remarque  une  petite  mouche  fixée  sur  un  pivot  jouant  dans 
un  fragment  de  plateau  et  qui  deVait  constituer  un  ornement 
(broche?)  très-joli  (pi.  IV,  flg.  8)  en  bronze  et  une  fiole  en  verre 
(pl.  I.  fig.  3). 

Le  12  septembre,  une  nouvelle  sépulture  fournit  outre  Tépi- 
chysis  et  les  patères  que  l'on  rencontre  presque  toujours  dans 
chaque  inhumation,  une  très-belle  patelle  à  anses,  garnie  de 
feuilles  de  lotus  (pl.  IV,  fig.  1),  une  patère  avec  la  marque 
0FI6E  (?),  diverses  ferrailles  et  un  amas  de  verre  fondu. 

M.  de Limbourg  ayant  fnit  savoir  que  quatre  tombes,  mises  au 
jour  en  même  temps  que  ces  sépultures,  avaient  été  respectées, 
MM.  Alexandre,Body,Dejardin,  Magnée  et  Bormans  se  rendirent 
le  14  septembre  à  Juslenville  pour  assister  à  l'ouverture  ;  mais 
elles  ne  produisirent  qu'une  petite  fiole  à  anses  en  verre  blanc 
(pl.  I,  fig.  2)  et  deux  monnaies. 

Le  travail  dulendemain  fut  beaucoup  plus  fructueux.  Wathelet 
retira  d'unesépulturedeuxollas  dont  une  intacte,  en  pâte  blanche 
à  couverte  rouge  rugueuse,  une  patelle  tronconique  portant  au 
centre  une  espèce  de  rose(pl.  IV,  fig.  4)  deux  épichysis,  trois 
patères  de  formes  et  de  compositions  diverses  dont  une  avec  le 


—  153  — 

sigle  AMMIVSF,  une  autre  avec  le  sigle  rétrograde  GATVLLTS, 
enfin  deux  urnes  ébrèchées;  déplus,  les  fragments  d'un  nouveau 
flaconen  verre  carré,une  patelle  en  verre  parfaitement  conservée 
et  sans  aucune  irrisation  (pi.  I,  fig.  1),  un  autre  flacon  en  verre 
à  col  très-allongé,  des  débris  de  verre  blanc,  enfin  des  clous, 
des  ossements  et  une  monnaie. 

Le  17  septembre,  on  pratiqua  une  nouvelle  tranchée  sur 
remplacement  où  avaient  été  pratiquées  les  fouilles  de  18S1, 
ainsi  que  le  prouvaient  deux  tombes  évidemment  remuées  ne 
contenantque  des  ossements  calcinés,  mais  dont  une  présentait 
cette  particularité  unique  jusquici,  que  le  fond  en  était  pavé 
d*une  dalle  semblable  à  celles  des  côtés. 

Après  une  interruption  de  quelques  jours,  nécessitée  par  le 
mauvais  temps,  les  travaux  furent  repris  le  29  septembre  et 
continués  jusqu'au  20  octobre  sans  amener  aucune  découverte; 
partout  on  rencontrait  des  traces  d'une  exploration  antérieure. 
Douze  tranchées  de  28  mètres  environ  furent  ouvertes  sur 
différentes  parties  du  champ  et  même  dans  la  parcelle  q<*  7S6 
appartenant  à  M.  Quarré,  sans  que  l'on  rencontrât  autre  chose 
que  des  débris  de  poteries  abandonnées  à  dessein  par  nos 
devanciers. 

Il  fallait  biendiriger  les  recherches  d'un  autre  côté.  La  Société 
obtint  alors  de  M.  Lejeune  l'autorisation  de  creuser  la  parcelle 
n<*  788  qui  la  première,  en  1848,  avait  attiré  l'attention  des 
archéologues.  Ces  fouilles  qui  se  continuent  encore  en  ce 
moment  et  qui  ont  déjà  produit  des  résultats  très-remarquables 
(  deux  nouveaux  -fragments  d'inscriptions,  deux  miroirs,  une 
grosse  perle  en  émail  bleu,  etc.),  feront  Tobjet  d'un  second 
rapport  ou  d'une  étude  spéciale  quand  elles  seront  terminées. 

Si  nous  n'avons  pas  attendu  ce  moment  pour  vous  entretenir 
des  fouilles  de  Juslenville ,  c'est  qu'il  fallait  répondre  à  la 
curiosité  des  archéologues  qui  de  partout,  même  de  la  France 
et  de  la  Suisse,  s'informaient  et  demandaient  des  détails  ;  c'est 
que  nous  ne  devions  pas  être  les  derniers  à  en  parler  lorsque 


—  183  — 

les  journaux  et  les  revues  des  autres  compagnies  savantes  du 
pays  attiraient  depuis  longtemps  sur  ces  faits  l'attention  des 
savants. 

Tel  qu'il  vous  est  présenté,  le  bilan  de  nos  opérations  jusqu'au 
20  octobre  est  des  plus  satisfaisants;  les  frais  d'exploration 
ont  été  très  minimes,  tandis  que  le  nombre  des  objets  recueillis 
se  monte  à  environ  90,  presque  tous  entiers  ou  à  peu  près 
reconstitués,  pouvant  se  répartir  comme  suit. 

4*  Sept  objets  en  verre  (fioles,  perles,  patine,  etc.), 

2«  Cinq  objets  en  bronze  (fibules,  mouche,  etc.). 

3»  Huit  objets  en  fer  (haches,  couteaux,  amas  de  clous,  etc.), 

4°  Dix  épichysis  en  terre  blanche. 

8**  Quatorze  patères  en  terre  rouge. 

6*  Douze  patelles  de  forme  conique  tronquée,  onze  en  terre 
et  couverte  rouge,  une  en  terre  blanche  à  couverte  noire. 

>  Douze  patelles  rondes  en  terre  rouge. 

%^  Six  urnes  en  terre  blanche  à  couverte  noire,  ou  grise. 

9*  Sept  oUas  en  terre  blanche  à  couverte  noire,  dont  !•  une 
grande,  fort  belle,  à  couverte  glacée;  2®  deux  de  moyenne 
grandeur,  dont  une  en  terre  blanche  à  couverte  rouge  ;  3*  quatre 
petites. 

10*  Quatre  plateaux  en  pâte  grossière. 

H»  Une  grande  patine  rouge  à  déversoir;  une  grande  tèle  en 
terre  blanche. 

12"  Quatre  grosses  perles  en  terre. 

13"  Une  statuette  en  terre. 

14*  Six  monnaies. 

Les  monnaies  déterminées  viennent  confirmer  les  conjectures 
émises  par  l'auteur  de  l'article  mentionné  plus  haut  sur  l'âge  de 
l'établissement  de  Juslenville  (*);  d'un  autre  côté  l'étendue  du  ci- 
metière exploré  et  le  grand  nombre  des  inhumations  découvertes 


(  «  )  Peot^ôlre,  cependant,  y  aurait-il  lieu  de  rapprocher  un  peu  de  nos  lemps  le 
minimum  d'antiquité  du  cimetière. 


—  184  ^ 

tendent  à  prouver  l'importance  de  cet  établissement  ou  sa  longue 
durée  ou  peut-être  les  deux  choses  à  la  fois.  En  effet  tous  les 
environs  de  Juslenville  recèlent  des  objets  romains  :  au  mois  de 
juin  passé  des  ouvriers  briquetiers  travaillant  dans  la  parcelle 
897  du  cadastre  ramassèrent  au  milieu  de  scories  et  de  débris 
ou  laitiers  et  en  compagnie  de  nombreux  débris  de  vases  et 
de  tuiles  romaines,  60  pièces  en  bronze  des  empereurs  Magnence 
(avers  :  tête  nue  de  Magnence,  à  droite  ;  légende  :  DN  MA- 
GNENTIVS  PFAVG;  revers  :  (VI)CTORIA  DD  NN  AVG  ET  GAE; 
en  dessous:  TRP;  au  centre:  VOT  (A)  V  MVLT  (A)  X.),  et 
Décence,  plus  une  pièce  en  or  qui  fut  immédiatement  achetée 
par  un  sieur  Lamy,  hôtelier  à  Theux;  de  plus  dans  la  parcelle 
903  ils  ont  rencontré  d'anciennes  substructions  en  pierres  à 
paver,  petites,  mais  bien  taillées  et  bien  jointes  provenant  pro- 
bablement de  la  carrière  du  bois  de  Staneux. 

L'Institut  par  les  soins  de  M.  Magnée  possède  les  monnaies 
de  bronze  susdites  dont  l'une  trouvée  et  donnée  par  M.  Body. 

Il  y  a  quelques  années  on  trouva  encore  des  poteries,  des 
médailles  romaines,  etc.,  sur  l'emplacement  d'anciennes  fonde- 
riesde  feràBauwailezLouvegnez,  àBecco,à  SclessinetùTrixhe- 
Espine,  commune  de  Polleur  (  i  )  ;  les  monnaies  ont  été  remises 
à  M.  de  Thier  et  les  ouvriers  se  sont  emparés  des  haches  et 
des  autres  ferrailles. 

Enfin  un  vase  balsamaire  trouvé  dans  une  carrière  de  calcaire 
à  Juslenville,  à  gauche  de  la  rivière  de  Hoegne ,  a  été  tout  ré- 
cemment donné  à  l'Institut,  par  l'entremise  de  M.  de  Limbourg, 
par  M.  Boniver. 

Ces  faits  prouvent,  Messieurs,  que  le  champ  ouvert  à  nos 
investigations  est  vaste  et  fécond.  Quant  aux  déductions  que 
l'on  pourra  tirer  de  tous  ces  renseignement,  ils  ne  peuvent 
manquer  d'être  au  point  de  vue  de  l'histoire  et  de  Tarchéologie 

(i  )  L'iDstitut  possède  des  tessons  et  un  fer  provenant  de  Trixhe-Espine  ;  une 
médaille  trouvée  en  cet  endroit  a  été  remise  au  prince  de  Capoue. 


-  185 

du  plus  haut  intérêt.  C*esi  ce  qu*un  savant  ne  tardera  pas  à 
vous  faire  reconnaître. 

Il  me  suffit  de  vous  avoir  rapidement  et  le  plus  simplement 
possible  exposé  les  faits  qui  m'ont  été  signalés,  et  retracé  la 
marche  qui  a  été  suivie  dans  les  fouilles  que  vous  avez  décidées 
afin  que  vous  en  ordonniez  la  poursuite  en  allouant  une 
nouvelle  somme  à  affecter  à  ses  travaux. 

Mais  il  serait  injuste  de  terminer  ce  rapport  sans  vous 
proposer  de  voter  à  MM.  Body,  Magnée,  de  Limbourg  et 
Alexandre  les  remerciments  qu'ils  méritent  pour  la  part  active 
qu'ils  ont  prise  à  ces  fouilles.  Si  nous  avons  lieu  de  nous 
féliciter  du  succès  de  notre  entreprise,  nous  le  devons  pres- 
qu*entièrement  au  zèle  et  au  dévouement  des  deux  derniers  de 
ces  collègues.  L'expérience  vous  a  déjà  prouvé  plusieurs  fois 
combien  il  est  difficile  d'organiser  loin  du  siège  de  la  Société, 
des  fouilles  archéologiques.  La  présence  continuelle  sur  les 
lieux  d^une  personne  entièrement  dévouée  à  vos  intérêts  est, 
pour  la  réussite  de  cette  œuvre,  tout-à-fait  indispensable.  Il  faut 
de  plus,  connaître  la  localité,  obtenir  certains  renseignements, 
se  ménager  certaines  relations,  prévenir  certaines  difficultés, 
enfin  être  là  à  tout  moment,  et  ne  pas  ménager  ses  peines  et 
son  influence.  Toutcela  nous  Favons  obtenu  de  M.  de  Limbourg; 
c'est  lui  qui,  première  de  toutes  les  conditions,  vous  a  procuré 
un  homme  de  confiance  et  a  constamment,  non-seulement 
surveillé ,  mais  encore  dirigé  les  travaux  avec  une  intel- 
ligence remarquable;  tous  les  objets  recueillis,  transportés 
chaque  jour  chez  lui,  ont  été  par  lui  rangés  suivant  la  date  de 
leur  découverte  et  la  sépulture  ou  tombe  d'oii  ils  étaient  tirés; 
puis,  munis  chacun  de  ces  renseignements,  ont  été  emballés 
avec  un  soin  tel  que  pas  un  de  ces  nombreux  objets  si  fragiles 
ne  s'est  brisé  en  route,  et  expédiés  au  conservateur  du  Musée. 
Grâce  à  ses  soins  encore,  l'Institut  possède  toutes  les  dalles 
d'une  tombe  qui  sera  reconstituée  telle  que  les  belgo-romains 
l'avaient  construite,  munie  des  objets  qui  y  étaient  renfermés. 


—  156  — 

Enfin  un  procès-verbal  très-dëtaillé,  souvent  accompagné  de 
dessins,  est  parvenu  chaque  semaine  au  secrétaire  qui,  dans  le 
compte-rendu  qu'il  a  Thonneur  de  vous  soumettreen  ce  moment, 
déclare  n'avoir  fait  autre  chose  que  puiser  dans  ces  notes  pré- 
cieuses. C'est  assez  vous  dire.  Messieurs,  que  M.  de  Limbourg 
a  rendu  dans  cette  circonstance  à  la  Société  des  services  émi- 
nents.  Toutefois  ceux  d'entre  vous  qui  se  sont  rendus  à  Juslen- 
ville  trouveront  que  je  n'ai  pas  assez  parlé  de  l'obligeance  et  de 
l'amabilité  avec  laquelle  notre  excellent  collègue  et  sa  famille, 
leur  ont,  à  plusieurs  reprises,  fait  les  honneurs  de  leur  ville  et 
de  leur  demeure. 

La  tâche  de  M  le  docteur  Alexandre  était  d'une  autre  na- 
ture; depuis  longtemps  nous  sommes  habitués  au  zèle  de 
l'honorable  conservateur  du  Musée,  et  nous  ne  nous  étonnons 
plus  des  prodiges  qu1I  accomplit  en  reconstituant  avec  une 
patience  et  une  adresse  infinies  les  objets  de  tout  nature,  en 
terre  et  en  verre,  qui  auparavant  n'ofi*raient  que  de  menus 
débris.  Mais  cette  fois  son  courage  a  été  mis  à  une  rude 
épreuve;  et  cependant  vous  pouvez  constater  que  les  énormes 
quantités  de  tessons  qu'il  recevait  chaque  semaine  ne  l'ont  pas 
effrayé;  ils  s'est  bravement  mis  à  l'œuvre  et  aujourd'hui  quarante 
vases,  dont  quelques-uns  formés  de  plus  de  60  morceaux  ont 
été  reconstitués  par  ses  mains  patientes.  Puis,  cette  opération 
terminée,  chaque  objet  a  reçu  une  étiquette  indiquant  le  lieu 
de  la  provenance  et  la  date  de  la  découverte. 

J'ai  en  conséquence  l'honneur  de  vous  proposer  que  des 
remerciments  soient  votés  à  MM.  Alexandre  et  de  Limbourg, 
qu'ils  soient  consignés  au  procès-verbal  de  la  séance  de  ce 
jour  et  qu'un  extrait  de  celui-ci  soit  expédié  à  M.  de  Lim- 
bourg. 

Liège,  le  3  novembre  1868. 

Le  Secrétaire^ 

S.  60RMANS. 


SEIGNEURIES    FÉODALES 

M  l'âHOEH  PAVS  m  LliGS. 
(SliU.) 


A\)(^IRS  SAINTE-MARIE,  (o 


13Ti  :  le  ville,  jusiiche,  banteare,  court,  raaieoD  el  assieze  d'Awire  Mote  Hirie, 
Ucrei,  preis,  bois,  ceoB,  reniez  ïconrippaneiwns. — 1404  ijnsEicetuialte  et  basse 
de  Awier  S<*-Harie,  yauwes,  chappons,  etc. — 14!3  -.  le  terre  de  la  Molle  condist 
d'Awire  S"-Harie.  —  1496  :  seigneurie  de  haulte  en  basse,  avecqnes  toutes  ses 
appeadiees.  —  1389  ■•  Auwyr. 


1373,  5  juia.  Charte  de  Jean,  évéque  àc  Liège,  faisant  savoir 
que  honorable  homme  messire  Jakeme  de  Langdris,  chanoine 
de  la  cathédrale  de  Liège,  fait  transport  de  la  terre  d'Awîrs  & 
Eirnous  de  Rocour,  écuyer,  mar j  de  damoiselle Marie  de  Nortin, 
cousine  ditdit  Jakeme. 

1401 ,  16  avr.  Wery,  fils  de  feu  Jehan  de  Chenoit  de  Tamines, 
fait  reliei  comme  mai-i  de  damoiselle  Marie  de  Senzelh;, héritière 
de  Jacque  de  Laugdris. 


{•)  Commune  de  la  province  de  Litige,  arrondissement  de  Liège,  ! 
ganchede  la  Meuse.  —  V.  d'autres  reliefs  iAigremanl  et  HaHliepeime. 


-  188  — 

14S0,  18  oct.  Henry  de  Ghennoit  de  Tamines,  fait  relief. 

1423, 1*"  sept.  Evrars  don  Ghennoit,  fils  de  Henri  don  Ghen- 
noit, fait  relief  de  la  seigneurie  par  reportation  de  son  père  ; 
après  quoi  il  la  donne  en  douaire  à  demoiselle  Marie  de  Hor- 
naing,  fille  de  Jehan  Gossuin  de  Hornaing. 

1478,  3  oct.  Jehan  seigneur  d*Odomont,  écuyer,fait  relief  par 
reportation  de  Jehan  de  Ghannoy,  fils  de  feu  Gilkin  Walran, 
qui  venait  de  faire  relief  par  suite  du  décès  de  Marie  de  Hornan, 
sa  grand  mère,  et  de  damoiselle  Jehenne  fille  de  ladite  Marie. 

149S,  12  oct.  Jacquemiu,  fils  de  feu  Johan  d^Odoumont,  fait 
relief  par  décès  de  son  père. 


BAILLONVILLE  (.)■ 


i3B1  ;  Ville,  hiallenr  et  Joitiche  de  Biillonville  et  des  appsrleiunceg  d'icelle.  — 
13Bt  ;  CeoB,  reaies.  —  1397  :  Dont  une  partie  est  Hef  del  sTeschiet  et  l'intra 
de  le  conlel  de  Looi.  —  1133  :  Terre  de  Baillonville  avoecq  le  Bignourie .  etc. — 
1*ÎB  ;  Bois,  terres,  preis,  ttvenie,  moullin,  etc.  —  1516  ;  Rivier,  bresione, 
pnwtla,  «ventarres,  émolaniens,  etc.  —  1G63  :  Hsison  de  pierre,  S  boniers  de 
pidintiges,  seigneurie  moyenne  et  basse.  —  4G3S  :  Châle«a,  basse-cour,  jardio, 
^i3,  baule,  maienne  et  basse  justice,  chasse  et  pesche,  etc.  —  1T30  :  le  maalin 
buial,  tavernes,  qui  est  nn  droit  incorporel  cooststanl  en  ua  pot  de  bière  de  cbai^g 
tonne  que  les  cabaretiers  vendent,  qu'ils  doivent  payer  et  ont  payé  de  toute  an- 
cienneié  A  un  seifneur  dudii  Baillonvilte. 

1361, 10  juil.  Jehan,  fils  de  inessire  Humbert  de  WahauU, 
chevalier,  fait  relief  de  la  moilié  de  la  seigneurie,  par  reportation 
de  son  père,  réserve  faite  de  l'usufruit  pour  dame  Agniesse,  sa 
mère. 

1384,  39  déc.  ;  1397,  30  fév.  Julliot  de  Wauhau,  fait  relief. 

UOS,  17  mai.  Jullyot,  flls  de  Jehan  de  Watia,  fait  relief  par 
décès  de  Julliot  de  Waha,  son  oncle,  réserve  faite  de  l'usufruit 
pour  datnoiselle  Katherine  de  Waenroede  ;  puis  il  en  fait  trans- 

(  I }  Cotniniine  rorele  de  la  province  de  Namur ,  arroadiSBeoieat  de  DioaDL. 
V.  Sadiiert,  Ditiea,  etc.,  1.  111,  p.  6T.  —  On  trouve  aussi  pour  cette  seigneurie 
b  armoiries  suivantes  :  dcarleU,  aux  1  et  1  d'or  eu  lion  de  sable  courooniS,  portant 
en  tblme  un  ëcuseon  d'ai^at  i  une  rose  de  gueules  ;  aux  3  et  3  de  gueules  à  l'aigle 
d'ir^Dt  sema  d'hernine. 


—  460  — 

port  de  la  seigneurie  en  laveur  de  damoiselle  Katherine,  fille 
mineure  de  Hubin  de  Try nar. 

1402,  7  juin.  Jullio,  fils  de  Jehan  de  Wahau,  consent  à  la 
nomination  de  mambours  pour  représenter  Katherine  de  Trinar 
dans  la  gestion  du  douaire  qu*il  lui  a  donné  par  son  contrat  de 
mariage. 

1422,16juin.JuliotdeWahaut,  confirmeTacte  du  17mail402. 

1429,  24  avr.  Juliot  de  Noiseur  fait  relief  comme  mari  de 
damoiselle  Cateliine  de  Trinar,  du  douaire  que  Juliot  de  Fron- 
viile,  son  premier  mari,  lui  avait  constitué. 

1487,  2  juillet.  Jehan  de  Fronville  fait  relief. 

1469,  16  nov.  Jehan  de  Waha,  écuyer,  dit  de  Fronville,  fait 
relief  par  décès  de  Jehan  de  Waha,  son  père. 

1499,  23  mai.  Jehan  de  Wahaul  fait  relief  par  reportation  de 
Lourain  de  Spare  le  jeune,  mari  de  demoiselle  Eve,  fille  dudit 
Johan  de  Wahaul. 

1514,  26  nov.  Damoiselle  Eve,  veuve  de  Lorent  de  Lintre  et 
fille  de  feu  Johan  de  Waha,  seigneur  de  Baillonville,etde  damoi- 
selle Ysabea,  fille  de  feu  Jehan  le  Proidhomme,  échevin  de 
Liège,  fait  relief  par  décès  de  ses  père  et  mère. 

1814,  12  déc.  Damoiselle  Jehenne  de  Grandchamps,  veuve  de 
Johan  de  Waha,  seigneur  de  Baillonville,  fait  relief  de  son 
usufruit  sur  la  seigneurie,  par  décès  de  son  mari. 

1816,  12  juil.  Eve  de  Waha,  veuve  de  Loren  de  Lintre  dit  de 
Spawen  le  jeune,  et  Jean  son  fils  aîné,  renoncent  pour  100  flo- 
rins d'or  à  la  propriété  de  la  seigneurie  en  faveur  de  Jehenne 
de  Grandchamps,  seconde  veuve  de  Jehan  de  Waha  et  de  son 

fils  aîné  Glaude  de  Waha. 
1526,  8  oct.  ;  1539,  4  sept.  Claude,  fils  de  Johan  de  WaLau, 

fait  relief  par  décès  de  ses  père  et  mère. 

1863,  21  janv.  ;  1874,  12  mai  ;  1884,  21  nov.  Noble  homme 
Nicollas  de  Wahault,  seigneur  de  Bailhonville,  fait  relief  par 
décès  de  noble  homme  Claude  de  Wahault,  son  père.  (Dénom- 
brement) . 


—  161  — 

1593,  17  nov.  Noble  dame  madame  Catherine  de  Poitiers, 
dame  douairière  de  Baîllonville,  veuve  de  Nicolas  de  Wahau,  * 
fait  relief  de  son  usufruit. 

1598, 14  avr.  ;  1618,  29  août.  Noble  et  honoré  seigneur  Jean 
de  Wahau,  seigneur  de  Bâillon  ville,  fils  de  noble  et  généreux 
seigneur  Nicolas  de  Wahau,  fait  relief  par  décès  de  son  père. 

1624,  27  mars.  Noble  dame  madame  Marguerite  de  Mérode, 
dame  douairière  de  Baîllonville,  veuve  de  Jean  de  Waha,  fait 
relief  de  son  usufruit. 

1628,  24  juil.  Marguerite  de  Mérode,  veuve  de  Jean  de  Waha, 
chevalier,  seigneur  de  Stasbourg,  etc.,  transporte  son  usufruit 
à  noble  et  généreux  seigneur  Nicolas  de  Waha,  seigneur  de 
Baîllonville,  Stasbourg,  Hestroy,  etc.,  son  fils  unique,  qui  en 
fait  relief  le  27  suivant. 

1634,  24  oct.  Testament  conjonclif  de  messire  Nicolas  de 
Waha,  chevalier,  seigneur  de  Moufrin,  etc.,  et  de  noble  et 
généreuse  dame  madame  Catharine  de  Namur,sa  femme  ;  ils 
nomment  le  noble  seigneur  Florent  de  Waha ,  leur  fils  afné, 
héritier  universel  de  leurs  terres  de  Baîllonville,  Moufrin  et 
Stasbourg.  (Réalisé  par  la  Cour  le  12  juin  1660,  à  la  demande  de 
noble  damoiselle  Jenne  Marguaritte  de  Waha  de  Baîllonville, 
chanoinesse  d'Andenne,  pour  son  procès  avec  noble  seigneur 
messire  Denis  Théodor  de  Waha,  seigneur  de  Baîllonville, 
Stasbourg,  et  avec  noble  damoiselle  Lowîse  Catharine  de  Waha, 
chanoinesse  de  Nivelle,  ses  frères  et  sœurs). 

1650,  28  nov.  Catharine  de  Namur,  veuve  de  Nicolas  de 
Waha,  fait  transport  de  son  usufruit  en  faveur  de  noble  et 
généreux  seigneur  messire  Florent  Anthoine  de  Waha,  cheva- 
lier, seigneur  de  Baillonville,  Stasbourg,  etc.,  son  fils  aine. 
Réalisé  par  la  Cour  le  26  févr.  1654. 

1651,  19  août.  Noble  et  généreux  seigneur  Jean  Claude  de 
Waha  de  Bailhon ville,  capitaine  au  service  de  S.  M.  C,  achète 
pour  240  florins  à  honorable  Benoit  André,  échevin  de  Wanze, 

11 


—  162  — 

la  part  qui  peut  lui  revenir  des  biens  de  Nic.deWaha,  son  père, 
et  de  madame  Catherine  de  Namur,  sa  mère. 

1708,  S  oct.  Noble  et  illustre  dame  madame  Marie  Catherine 
Alexandrine  de  Waha,  veuve  de  monsieur  le  baron  de  Roisin, 
dame  de  Baillonville,  fait  relief  par  décès  de  son  mari  et  de 
très  noble  et  très  illustre  seigneur  messire  Denis  Théodor  de 
Waha,  son  père. 

1712,  14  nov.  Noble  seigneur  Louis  François  delà  Tramerie, 
comte  de  Hertain,  seigneur  de  Stasbourg  et  Moufrein,  fait  relief 
comme  mari  de  noble  dame  madame  Marguerite  Isabelle  Thérèse 
de  Waha  Baillonville,  qui  avait  hérité  de  la  seigneurie  par  décès 
de  Cath.  Alex,  baronne  de  Roisin,  sa  sœur. 

1728, 18  oct.  L.  Fr.  de  la  Tramerie  fait  relief  de  Baillonville 
et  de  Moufnn, 

1737,  26  avril.  Marg.  Is.  Th.  née  baronne  de  Waha  Baillon- 
ville, comtesse  douairière  de  Hertain,  dame  de  Baillonville, 
Moufrin  et  Geminne,  fait  transport  de  ses  terres  de  Baillonville, 
Moufrin  et  Géminé  en  faveur  de  son  cousin  sous-germain 
Herman  Otlo  comte  de  Hoensbrouck,  pour  une  rente  viagère 
de  1200  écus  ;  celui-ci  fait  relief  le  30  avril  suivant. 

1738,  9  août.  Noble  et  illustre  seigneur  Herman  Otto  comte 
de  Ôoensbrouck  et  de  Geulle,  seigneur  de  Baillonville,  Mou- 
frin, etc.,  engage  ses  terres  pour  servir  d'hypothèque  à  une  rente 
due  au  chapitre  de  la  collégiale  de  Dinant. 

1742,  2  juin.  Très  noble  et  très  illustre  noble  seigneur  messire 
Ferdinand  Joseph  Henry  baron  de  Rahier,  Izier,  petite  Bou- 
malle,  fait  relief. 

1748, 11  juin.  Herman  Otto  comte  de  Honsbrouck  de  Gueul, 
fait  relief. 

1764, 3  juil.  Noble  dame  madame  Anne  Marie  Julienne  Félicité 
comtesse  douairière  de  Hoensbrouck,  Gueul,  née  baronne  de 
Zievel,  dame  de  Geulle,  Bunde,  Ulestraeten,  Moufrin,  Geminne, 
Baillonville  et  Strasbourg,  etc.,  fait  relief  de  son  usufruit. 


BARONVILLE  (0 


^SSl  :  Le  vilie  de  Baronville,  avec  1»  haulle  jasticbe  doa  lieu  et  le  patronage  de 
l'cngliese  el  touUes  les  appendices.  —  1337  :  Gens,  rentes,  preis,  bois,  mouUin, 
etc.  w.  4369:  Le  terre  de  Baron  ville.  —4380:  Haulieur  et  jasticbe,  etc. — 
^39i  :  Justicbe  baate  et  basse,  etc.  —  iilM  :  Seigneurie  haulte,  moyenne  et  basse, 
droitures^  etc.  —  i5i9  :  Terre  de  Baronville  en  Famcnne,  séante  entre  Bearaing 
et  Pessar.  —  4638  :  Riviers,  etc.  —  4664:  Avec  pouvoir  de  créer  un  mayeur, 
ëcheyins,  greffier  et  sergent,  droit  de  collation  de  la  cure,  droit  de  pèche  et  de 
chasse  tant  aux  fawes  noires  qu'autres  gibiers,  establcries,  jardins  et  aheniers, 
viviers,  froment,  épeautre,  avoine,  argent  et  plumes,  droit  de  lever  sur  cbaque  feu 
ou  mannant  4  stiers  ou  retz  d'avoine,  etc. 


1331,  S  juil.  Huart  de  Haccourt,  relève  comme  ravaient  Tait 
ses  prédécesseurs. 

1327,  20  mars.  Wauliers  Pinkars  de  Baronville  fait  relief  par 
reportation  de  Willeame,  son  frère,  chanoine  de  Huy. 

1369,  22  févr.  Huwechons  de  Baronville  fait  relief  par  décès 
de  Pinckarl  de  Baronville,  son  père. 

1380,  27  août;  1391,  2  avr.  Huart  de  Baronville,  fait  relief. 

(')  Commune  rurale  de  la  province  de  Namur,  arrondissement  de  Dînant.  —  On 
trouve  aussi  ces  armoiries  avec  du  sable  au  lieu  de  gueules ,  et  encore  :  dcarlelé, 
aux  {  et  4  d'argent  au  sautoir  de  gueules  chargé  de  5  macles  d'argent  et  cantonne^  de 
î  merlettes  de  gueules;  aux  9  et  3  d'or  k  raigle  éployée  de  gueules. 


—  464  — 

1410, 11  mai.  PiDckart  de  Baronville  fait  relief  par  décès  de 
Huwar  de  Baronville,  son  père. 

1429,  14  févr.  Pinkart,  seigneur  de  Baronville ,  fait  relief. 

1456, 14  févr.  Euvrart  de  Fysin,  prévôt  Durbut,  mari  de  Gelle, 
tille  de  Jacquemin  d*Eve,  seigneur  à  Vylle  en  Gondros,  et  de 
Jehanne  de  Baronville,  laquelle  était  fille  de  feu  Pinkart  de 
Baronville  et  de  damoiselle  Gelle,  sa  première  femme,  fait  relief 
par  décès  de  ces  deux  derniers. 

1487,  29  avr.  Everard  de  Fisynez,  prévôt  de  Drubu,  fait  relief. 

1S19,  6  avr.  Damoiselle  Anthonnelte  de  Lyx,  veuve  de  Jac- 
quemin de  Fizinne,  fait  relief  de  son  usufruit. 

1529,  18  nov.  Johan,  fils  de  Jacquemin  de  Fizinne,  fait  relief 
par  décès  de  son  p^re  ;  le  9  décembre  suivant,  Anthonnette  de 
Lyxs,  sa  mère,  renonce  en  sa  faveur  à  son  usufruit. 

1538,  28  mars.  Damoiselle  Agnès  de  Hodister,  veuve  de  Jean 
de  Fyzen,  seigneur  de  Ville  et  Baronville,  fait  relief  de  son 
usufruit.  ^ 

1540,  20  nov.;  1547, 1«^  déc.  Damoiselle  Jehenne,  fille  de  feu 
Jokan  de  Fizen  et  d'Agnès  de  Hodister,  fait  relief  par  décès  de 
ses  parents. 

1559, 19  mai.  Ghuy  d'Orjo,  mari  de  Jehenne  de  Fizen,  fait 
relief  de  Baronville  et  de  la  tour  delk  Cearier  sous  l'abbaye  de 
Neufmostier. 

1583,  7  oct.  Le  seigneur  Guilheame  d'Orjo,  seigneur  de 
Baronvilhe,  fait  relief. 

1586,  27  mars.  Noble  Guilleame  d'Orjo,  écuyer,  et  mademoi- 
selle Anne  de  Warisoul,  sa  femme,  font  transport  de  la  seigneurie 
en  faveur  d'honoré  seigneur  Claude  Chevallier,  bourgmestre 
de  Dinant,  pour  servir  d'hypothèque  à  une  renie  de  40  florins. 

1616,  3  févr.  Noble  et  honoré  seigneur  Nicolas  Marotte, 
seigneur  de  Ville  et  Baronville,  mari  de  noble  dame  madame 
Jehenne  d'Orgo,  fille  ainée  de  feu  Guilleaume  d'Orgo,  fait  relief 
de  Baronville  et  de  la  tour  de  la  Céarie, 

1659, 9  mai.  Dame  Jenne  d'Orjoz,  veuve  de  Nicolas  de  Marotte 


—  165  — 

de  Montjgny,  écuyer,  fait  transport  de  l'usufruit  de  la  seigneurie 
au  profit  d'Andrien  de  Montigny,  écuyer,  pour  une  rente  viagère 
de  100  florins. 

16K9,  28  juil.  Monsieur  Àndrien  de  Montigny,  seigneur  de 
de  Baronville,  fait  relief. 

1664, 11  janv.  Noble  et  généreux  seigneur  Adrien  de  Marotte 
de  Montigny,  écuyer,  seigneur  de  Baronville,  Hemptinne,  etc., 
déclare  avoir  vendu  à  noble  et  illustre  seigneur  messire  Fran- 
çois de  Cowarem,  chevalier  de  Tordre  militaire  de  Galatrava, 
etc.,  et  à  noble  et  illustre  dame  Marie  de  Hamilton  d*Anderwick, 
sa  femme,  la  seigneurie  de  Baronville;  dénombrement. 

1667,  9  févr.  Noble  dame  madame  Catherine  de  Marotte  de 
Montigny,  veuve  de  noble  seigneur  Charle  baron  de  Celle, 
dame  de  Ville,  Baronville,  etc.,  fait  relief  de  la  seigneurie  qu'elle 
avait  acquise  par  retrait  lignager  hors  des  mains  de  François 
de  Cowaren  le  14  févr.  1664. 

1669, 19  mars.  Le  couvent  des  Annonciades  Célestines  en  Ile, 
à  Liège,  et  celui  des  Anges  dit  de  Nersane,  près  de  Liège,  ayant 
été  mis  en  possession  de  la  terre  de  Baronville  le  18  no- 
vembre 1668  pour  faute  de  payement  de  la  part  de  Catherine 
de  Marotte,  en  restituent  la  moitié  à  noble  seigneur  Valerian 
Arnold  de  Walle,  seigneur  de  Vile,  et  à  madame  Marie  Jeanne 
de  Geels,  sa  femme,  qui  en  font  retrait  lignager  pour  800  florins 
Brabant  de  rente. 

1682,  25  mars.  Messire  Adrien  Guilleaume  de  Marotte  Mon- 
tigny et  François  de  Marotte,  seigneur  d'Ostein,  son  frère, 
renoncent  à  leurs  prétentions  sur  la  seigneurie  pour  950  pata- 
cons  que  leur  paie  Val.  Arn.  de  Wal,  seigneur  de  Baronville. 

1708,  6  mars.  Dame  Anne  Marguerite  de  Ponty,  veuve  de 
François  Philippe  de  Marotte  de  Montigny,  seigneur  d'Ostain, 
messire  Pierre  Andrien  Marotte  de  Montigny,  chanoine  gradué 
de  la  cathédrale  de  S*-Aubain,  à  Namur,  François  Philippe  de 
Marotte,  capitaine  de  cavalerie  au  régiment  de  M.  de  Gnelane, 


—  166  — 

son  frère,  Charles  Joseph  de  Marotte  de  Moiitigny,  cornette  au 
régiment  Dobbelslein,  font  accord  avec  Phil.  Nie.  de  Wal, 
seigneur  de  Baronville,  pour  terminer  un  procès. 

1715,4  mai.  Noble  et  illustre  seigneur  Philippe  Nicolas  baron 
de  Wal,  seigneur  de  Baronville,  fils  de  Val.  Arn.  de  Wal,  fait 
relief 

172S,  24  déc.  Noble  dame  madame  Barbe  Françoise  de 
Maillien,  veuve  de  Ph.  Nie.  baron  de  Wal,  fait  relief  de  son 
usufruit. 

1743,  18  sept.  Noble  personne  Marie  Claire  Catherine  de 
Wal,  dame  douarière  de  Revoir  et  de  Luches,  renonce  au  droit 
d'usufruit  qu'elle  possède  sur  une  partie  des  terres  de  Baron- 
ville  en  faveur  de  madame  Barbe  Françoise  de  Maillien,  dame 
douarière  de  Baronville,  sa  belle-sœur,  et  de  messire  Jacques 
François  baron  de  Wal,  seigneur  de  Baronville,  fils  aine  de 
celle-ci. 

1744,  20  juin.  Le  seigneur  Jacques  Franc,  baron  de  Wal.  fils 
de  Ph.  Nie.  baron  de  Wal  et  de  Barbe  Fr.  de  Maillien,  fait 
relief. 


BARSE  (I). 


1316:  Le  maison  et  lurre  de  Rarch  a  toultei  s«s  ippeDdiches.  —  13iG  :  Birchn  en 
CoadrOB.  — 139B:  Le  chasliau  i  toolleg  haulteur,  juslice,  el  leurs  appenilices 
laol  CE  Urres,  preis.hoLs.cena,  pentes,  comme  ep  aultre  maDîère.  —  ii'iS:  Le 
maisoQ,  caslial  et  forlresnc,  aie.  —  1540  :  Sclgoeurie,  terre. forte  maidnn,  etc. 
de  fiae^i.  —  1S99;  Les  courteB.  maison,  atableries,  graiogaes,  jardins,  haies, 
cberwages,  etc.  ^  1611  ;  jurisdiclJons,  chesteau,  tbour,  eures,  vivier,  mollio, 
deismes,  etc.  de  Barches  et  Liien.  —  1614;  Rivier,  chesleaa,  forteresse,  etc.  — 

mZ:  Barz«. 

■1316,  30  nov.  Messîi-e  Waulier  de  Barch,  avoué  de  Huy, 
clievalier,  fait  relief  de  Barche  et  de  l'avouerie  de  Huy  ;  après 
quoi  il  assigne  en  douaire  sur  ces  biens  à  Marie,  fîlle  de  Colart 
Malcourtois  de  Wasege,  sa  future,  200  livres  tournois  pour  en 
jouir,  moitié  après  le  mariage  accompli,  moitié  après  la  mort 
de  sa  mère,  avoueresse  de  Huy. 

i345,  20  déc.  Henri,  avoué  de  Huy,  fait  relief  de  la  moitié  de 
lii  terre  {contre  Gille  de  Sirées,  son  cendre,  en  vertu  d'un 
accord  lait  entre  eux),  par  décès  de  son  oncle  le  voue  de  Huy. 


:,i  :  Hiiaeau  qui,  avec  te  village  de  Vieri;cl,  [orme  la  communit  de  Vierâet-Rurse 
•^inila  province  de  Liiige,  arrondissement  de  Huy.  V.  Sauherv,  Dilicti,  etc.  l.  III, 
P-  IM;  »ELV*ui,  Oici.  géofir.  I,  p.  4^7.  —  La  famille  de  Crisgnûo  portail  pour 
celle  Migaeuric:  d'argent  à  S  fujites  rie  gneules,  avec  le  franc-canion  de  giifules  au 
sautcir  d'or. 


—  168  — 

1398,  3  janv.  Messire  Jehan  d'Orgio,  sire  de  Barche,  cheva- 
lier, fait  relief  par  décès  de  messire  Gille  de  Strées,  son  grand 
père,  et  de  son  père. 

.1400,  29  avr.  Gille  Aubry  de  Huy  ,  fait  relief  par  reportatioa 
de  messire  Jehan  d*Orgio. 

1410,  3  oct.  Giele  dit  Abry,  mari  de  feue  Juliane,  fille  de 
Pierlot  dele  Grevier,  s'étant  révolté  contre  le  prince  de  Liège, 
celui-ci  confisque  ses  biens  et  donne  la  terre  de  Barche  à 
Willaume  li  Bastart  de  Bayvière,  auquel  les  trois  enfants  dudit 
Pierlot,  Jehan,  Juiiane  et  Margriele,  devaient  une  somme  de 
2,000  florins  de  Hollande. 

142*5,  13  mars.  Henry  de  Jeyves,  écuyer,  fait  relief  par  repor- 
tation  de  messire  Jehan  de  Donglebiert,  seigneur  deLonchamps, 
chevalier,  et  en  accomplissement  du  contrat  de  mariage  dudit 
Henry  avec  demoiselle  Mette  de  Longchamps,  fille  dudit  Jehan. 

1478,  24  nov.  Christiaen,  fils  aîné  de  Jehan,  seigneur  de 
Ramelo,  fait  relief  par  décès  de  son  père  et  de  damoiselleMecte, 
sa  mère. 

1492,  19  sept.  Christian  de  Ramelo,  seigneur  de  Barche, 

écuyer,  fait  relief  de  la  seigneurie  par  décès  de  Jehan  de  Ramelo, 
son  père;  puis  il  en  fait  transport  au  profit  de  Henry  de  Ramelo, 
écuyer,  son  frère  cadet  et  germain,  en  vertu  de  certains  partages. 
1807,  19  juillet  Henry  de  Ramelot,  seigneur  de  Baest,  fait 
relief  par  décès  de  Ghristiane,  son  frère  aîné. 

1839,  18  août.  Henry  de  Ramelot,  seigneur  de  Barche,  fait 
relief. 

1840,  31  janvier.  Noble  homme  Henry  de  Rammelol,  seigneur 
de  Barche,  afiti  de  prévenir  des  procès  après  sa  mort,  fait 
donation  de  Tusufruit  de  la  seigneurie  à  damoiselle  Cente,  fille 
de  feu  Jehan  de  Rammelot,  aîné  héritier  mâle  dudit  Henry. 

1840, 18 oct.  UamoiselleGuiihemettede Rammelot,  fille  unique 
de  Henry  de  Ramelot  et  de  damoiselle  Helayne  des  Marets,  fait 
relief,  par  décès  de  ses  père  et  mère. 

1888,12  mai.  Damoiseau  Philippe  de  Grissengnée,  mari  de 


—  169  — 

damoiselle  Vëronne  de  Ramelot,  veuve  de  Jehan,  chevalier,  fait 
relief;  délimitation. 

iS76,  10  sept.  Noble  damoiselle  mademoiselle  Véronne  de 
Ramelot,  dame  douariëre  de  Barche.fait  relief  de  son  usufruit. 

1583,  38  oct.  La  même  fait  relief  de  la  seigneurie. 

1S92, 27  avr.  Vénérable  homme  Hugode  Grissengnée,  chanoine 
de  la  collégiale  N.  D.  de  Huy,  fils  aine  de  noble  homme  Giele 
de  Grissengnée,  seigneur  de  Lizen,  autrefois  bourgmestre  de 
Huy,  et  de  mademoiselle  JehenneGhevallier,  sa  première  femme, 
fait  relief  par  décès  de  noble  homme  Jean  Ghevallier,  seigneur 
de  Barche,  et  de  madame  Véronne  de  Ramelot,  sa  femme,  ses 
grand  père  et  grand  mère. 

1611,  17  janv.  Nobles  et  honorés  seigneurs  Hughe  de  Gris- 
sengnée, seigneur  de  Lizen,  Barche,  etc.,  et  Théodore  de' 
Grissengnée,  seigneur  de  Surre,  etc.,  son  frère,  fils  de  feu  noble 
et  honoré  seigneur  Giele  de  Grissengnée,  seigneur  de  Lizen, 
Barche,  Surre,  etc.,  et  de  Jehenne  Ghevallier,  sa  femme, 
partagent  les  biens  de  leur  père,  pour  éviter  des  procès;  le 
premier  aura  les'terres  de  Barche,  Uzen.les  héritages  mouvants 
de  la  seigneurie  de  Vierset  et  hauteur  de  Marchin,  la  cour  de 
Triflfoy  ;  le  second  aura  la  seigneurie  de  SurreM  cour  des  Trois 
maisons  dans  la  hauteur  deModave,  etc. 

1614,  21  lévr.  Hugede  Grissegnée,  seigneur  de  Lizen,  Barche, 
etc.,  fait  relief. 

1620,  8  oct.NoblehommeHughe  de  Grissengnée  fait  transport 
en  faveur  de  mademoiselle  Agnès  de  Mozet,  dame  douarière 
d'Emeville,  veuve  de  noble  seigneur  Théodor  de  Grissengnée, 
seigneur  de  Sure,  sa  belle-sœur,  d'une  rente  de  718  florins; 
il  s'oblige  en  outre  à  défend 'e  ladite  dame  contre  les  prétentions 
que  mademoiselle  Véronne  de  Grissengnée,  sœur  dudit  Hughe, 
veuve  du  seigneur  Guilleaume  d'Oumale,et  mademoiselle  Isabeau, 
aussi  sa  sœur,  veuve  du  seigneur  Mathieu  de  Henry  et  femme 
actuelle  du  seigneur  Jean  Ghenart,  pourraient  faire  valoir  sur 
la  seigneurie  de  Surre, 


—  170   - 

1628,  10  février.  Agnès  de  Mozet  fait  transport  à  illustre 
seigneur  Jean  comte  de  Groisbeck  et  du  S.  E.,  gouverneur  de 
la  ville  et  château  de  Huy,  lieutenant  de  la  cour  féodale  de  S.  A., 
de  400  florins  de  rente  hors  de  715  dus  à  ladite  damoiselle  par 
Hughe  deChrisgnée. 

1633,  15  mars  ;  1653,  26  nov.  Noble  et  généreux  seigneur 
Jacques  de  Grissegnée,  seigneur  de  Barche,  Lizen,  etc.,  fait 
relief. 

1655,  16  févr.  Noble  et  généreuse  dame  madame  Marie  de 
Selle,  dame  douarière  de  Barche,  veuve  en  secondes  noces  de 
Jacques  de  Grissegnée,  fait  relief  de  son  usufruit. 

1665,  14  déc.  Noble  seigneur  Henri  de  Grisegnée,  seigneur 
de  Barche,  Lizen,  Griraonster,  etc.,  fait  relief  par  décès  de 
Jacques  de  Grisegnée,  son  père. 

1668,  l'^'"  oct.  Noble  seigneur  Gille  de  Grissegnée,  seigneur 
de  Barche,  Lizen,  Grimonsler,  etc.,  fait  relief  par  décès  de 
Henry  de  Grissegnée,  son  frère. 

1675,  28  janv.  Gonvenances  de  mariage  entre  messire  Giele 
de  Grisgnée,  et  noble  et  illustre  damoiselle  Anne-Marie  d'Ares- 
chol,  dite  Schoonhoven,  fille  de  noble  et  illustre  dame  madame 
Anne  de  St-Fontaines,  veuve  de  messire  Jean  de  Schoonhoven, 
seigneur  de  Lantremenge  ;  celle-ci  apporte  en  dot  la  vouerie  de 
Bodegnée,  etc.,  et  le  premier  tous  ses  biens. 

1688,  5  mai:  Noble  dame  madame  Anne-Marie  de  Schonliove 
Arscot,  veuve  de  Gille  de  Grissegnée,  fait  relief. 

1697,  21  oct  Noble  et  illustre  seigneur  Gharle  Ernest  baron 
d*Argenleau,  seigneur  de  Barche,  Lizen,  etc.,  mari  d'Anne-Marie 
de  Schonhove,  veuve  de  Gille  de  Grissegnée,  fait  relief. 

1704,  10  nov.  Gonvenances  de  mariage  entre  noble  et  illustre 
seigneur  messire  Pierre  Joseph  baron  de  Grissenée,  seigneur 
de  Barse,  fils  unique  de  noble  et  illustre  seigneur  messire  Gille 
baron  de  Ghrisgnée  et  d'Anne-Marie  de  Schonhove,  et  noble  et 
illustre  demoiselle  mademoiselle  Marie  Thérèse  de  Nassau, 
chanoinesse  d'Andenne,  fille  de  feu  très-noble  et  très-illustre 


—  171  — 

messire  Maximilieu  de  Nsussau,  barou  de  Warcoing,  seigneur 
de  Corroy,  Frasne,  etc.,  et  de  dame  madame  Marie  Catherine 
Florence  de  Harchies,  de  Ville,  etc.  ;  le  premier  apporte  en  dot 
les  seigneuries  de  Barze  et  Lizen 

1719,  2  mai  ;  1726,  8  août.  Pierre  Joseph  baron  de  Chrisgnée, 
fait  relief. 

1732,  30  mai;  1747, 18  mars;  1766,  29  avr.;  1772,  18  mai. 
Noble,  illustre  et  révérend  seigneur  Charles  Joseph  Dieudonné 
comte  d'Argenteau,  né  prince  de  Monteglion,  chanoine  de  la 
calhédrale  de  Liège,  seigneur  de  Barche,  Lizen,  seigneur  et 
haut  voué  de  Méliagne  et  haut  de  Bodegnée,  fait  relief  comme 
héritier  du  baron  de  Chrisgnée.  son  frère. 

1781,  9  juin;  1783,  6  juil.  Monsieur  Floriniond  comte  de 
Mercy-Argenleau,  Crisgnée,  chevalier  de  Tordre  de  la  Toison- 
d*Or,  ambassadeur  de  S.  M.  L  R.  A.,  seigneur  de  Barche,  etc., 
fait  relief. 


BASSINES  ('). 


i35i  :  Maison  de  Bassines,  avoecq  terres,  preis,  cens,  rentes,  cappons  et  aultrez, 
et  appendiches. —  1381  :  Le  court,  maison  et  assiese  de  Huwet  de  Bassines,  le 
court,  maison,  jardin,  etc.,  qui  fut  Loys  de  Vorous,  séante  dans  le  ville  de  Bas- 
sines, terres,  bois,  etc.  —  1516  :  Les  courts,  malsons,  tbours,  jardins,  preis, 
terres,  bois  app.  et  app.  de  Bassines  en  Condros.  — 1S55  :  Chcrwaige,  wan- 
gnaigcs,  etc.  condist  le  cherwaige  de  Barsinne  en  Condros.  —  i677  :  Droitures, 
jurisdiction,  etc.  —  1689  :  Thour,  seigneurie,  paxhis,  estangs,  droits,  crédits, 
actions,  etc.  —  4743  :  les  biens  de  la  tour  à  Bassine.  —  1787  :  Chàteao ,  terre 
et  seigneurie. 

1351,  25  avr.  Danaoiselle  Aelis,  fliie  de  feu  Jo.  de  Warfesées 
(avec  messire  R.  de  Jemeppe,  chevalier,  et  Willeame  de  Wau- 
rous,  son  oncle,  comme  mambours),  fait  relief  de  90  muids  assi- 
gnés sur  la  maison  de  Bassines,  dont  son  mari  Huwet  de  Bas- 
sines, lui  avait  fait  transport  comme  douaire. 

1381,  11  janv.  Gérard  de  Fanchon,  bourgeois  de  Huy,  fait 
relief  des  courts  de  Loys  de  Voroux  et  de  Huwet,  à  Bassines, 
par  reporlation  de  Huwet  de  Bassines. 

1393,  3  juin;  1394,  2  juin.  Gérar  de  Kanclion.  de  Huy,  fait 
relief  des  mêmes  courts. 

1437,  7  mars.  Jehan  le  Pottier,  bourgeois  de  Huy,  mari  de 
damoiselle  Maroye,  tille  de  Gerart  de  Fanchon,  fait  relief  des 
mêmes  courts. 

1478, 16  mars.  Jacquemin  lePoltier,mayeur  de  Huy,  fait  relief, 

i  )  Canton  de  Giney,  province  de  Namur. 


—  173  — 

1506, 18  nov.  Jacques  deColem,  seigneur  de  Bethou,  fait  re* 
lief  des  mêmes  courts  par  décès  de  Jacquemin  le  Pottier, 
mayeur  de  Huy,  son  grand  père  et  de  Jacque  de  Colera,  écuyer, 
son  père;  puis  il  en  fait  transport  en  faveur  de  révérend  père 
et  religieux  damp  Gollart  de  Malaize,  abbé  de  St.-Hubert 
en  Ardenne ,  pour  480  Philippus  d'or. 

1516,  3  fév.  Jacques  le  Charpentier,  le  jeune,  vend  le  fief  à 
Nicol.  de  Malaise,  abbé  de  St-Hubert,  lequel  fait  relief. 

1588,  29  avr.  Messire  Jehan  Poilhon,  chanoine  de  la  collé- 
giale N.-D.à  Huy,  fait  transport,  en  faveur  deJohande  Flémale, 
notaire  de  la  Cour  de  Liège,  de  la  moitié  du  fief. 

1888,  S  sept.  Johan  de  Flamalia,  notaire,  fait  transport  de 
cette  même  moitié  en  faveur  de  Thiry  Poulhon. 

1886,  14  juillet.  Jacques  Garpentier,  Tainé,  laisse  par  testa- 
ment le  fief  à  Conrard,  son  fils  aine,  pour  passer  à  la  mort  de 
ce  dernier  entre  les  mains  de  Jacques  Garpentier,  le  jeune,  son 
second  fils. 

1860,  23  nov.  Thiry  Poilhon,  de  Huy,  demeurant  à  Villeir-les- 
Temples,  fait  relief  du  fief,  puis  le  transporte  en  faveur  d'hono- 
rable homme  Otlard  de  Brialmont,  seigneur  d'Attrin,  Frai- 
ture,  etc. 

1864, 11  mars.  Johan,  fils  de  feu  Jacques  Garpentier,le  jeune, 
seigneur  de  Loyers,  Lizongne,  etc.,  approuve  le  testament  de 
Jacques  Garpentier.  Tainé,  en  faveur  de  Gonrard  Garpentier, 
seigneur  délie  Thour  à  Bassines. 

1884,11  juin.  Jacques  de  Marchin  fait  relief  comme  mari  de 
damoiselle  Bertheline  Gharpentier,  veuve  de  Jean  Gristin. 

1619,  28  mars.  Le  seigneur  Jacques  de  Marchin,  seigneur  de 
deLizjngne,  fait  transport  de  l'usufruit  du  fief  à  Margaritte, 
veuve  d'honorable  Marck  Antoine  Botton,  licentié  ens  droits  et 
seigneur  de  la  Ghambre  des  comptes  du  prince  de  Liège, 
et  à  Jacques  et  Anne,  ses  trois  enfants. 

1620,  23  juin.  Le  lieutenant  de  la  cour  féodale  ayant  opéré  la 
saisie  du  fief  pour  faute  de  relief  de  la  part  de  feu  Jacques  de 


—  174  ~ 

Marsin,  le  seigneur  Nicolas  Salmier,  écuyer,  mayeur  de  Gliiney, 
lieutenant-gouverneur  de  la  ville  et  château  de  Huy,  mari  de 
damoiselle  Margaritte  de  Marchin,  fille  ainée  du  susdit  Jacques 
et  veuve  de  Jacques  Marq  Anthonne  Botton,  en  fait  retrait 
lignager. 

1620,  26  juin.  Nicolas  Salmier,  ratifie  l'acte  du  28  mars  1619. 

1621,  8  avril.  Nicolas  Salmier,  capitaine  du  château  de  Huy 
et  commis  du  quartier  de  Condroz,  fait  relief  par  décès  de 
Jacques  de  Marchin,  frère  germain  de  Margaritte  et  fils  unique 
dudit  seigneur  Jacques  de  Marchin,  Tainé. 

1633,  19  déc.  Honnête  homme  Toussaint  Savala,  mari  de 
damoiselle  Anne  de  Marchin,  fille  de  feu  honorable  Jacque  de 
Marchin,  fait  relief  en  vertu  du  testament  des  père  et  mère  de 
sa  femme  et  de  facte  de  donation  fait  par  honorable  Jacque  de 
Marchin,  son  frère. 

1636,  10  mars.  Toussaint  Savala  d'Oxhen,  renouvelle  à  Mar- 
guerite Marchin,  veuve  de  Nicolas  Salmier,  le  serment  qu'il  n'a 
vendu  ni  engagé  aucun  des  biens  (entre  autres  celui  de  Bassine), 
qui  servent  de  caution  à  ladite  Marguerite,  en  vertu  d'une  sen- 
tence des  échevins  du  20  février  1636. 

1683,  12  avr.  Honoré  seigneur  Philippe  Marck  Anthoine Bou- 
ton, seigneur  de  Lisoing  et  Bassines,  fils  de  Jacob  Marck 
Anthoine  Bouton  et  de  Margaritte  de  Marchin,  fait,  par  suite  des 
sentences  arbitrales  ,  relief  de  la  seigneurie,  avec  l'usufruit  dé- 
volu à  ladite  Margaritte  par  décès  dudit  Jacques  Marck  An- 
thoene  Bouton,  son  premier  mari,  et  d'Honoré  seigneur  Jacques 
de  Marchin,  son  père. 

1684,  4  juillet.  Damoiselle  Elisabeth  Scohier,  veuve  de  noble 
seigneur  Jean  de  Herlenvaux  et  femme  du  seigneur  Jean  Bla- 
vier,  fait  transport  de  la  seigneurie  à  honorable  Bariholet  Des- 
champs, prélocutcur,  pour  servir  d'hypothèque  à  une  rente  de 
40  florins. 

1677,  9  avr.  Noble  seigneur  Charles  Lambert  Marc  Anthoine 
Boulon,  seigneur  de  Lisogne  et  de  la  tour  à  Bassine,  fils  de 


j 


-     178  — 

Phil.  Marc  Anthoine  Bouton  et  de  damoiselle  Agnès  Jaminetde 
Hervé,  faitielief. 

1689,  âS  mars.  Le  seigneur  Marck  Antoine  Botton  et  damoi- 
selle Jenne  de  Raick,  sa  femme,  font  transport  de  la  seigneurie 
en  faveur  du  monastère  de  St.-Hubert  en  Ardenne,  par  voie 
d'échange  pour  des  biens  situés  à  Neuville,  etc.,  et  par  suite  de 
sentences  de  justice.  Le  dit  abbé  fait  relief  le  4  avril  suivant. 
Dénombrement. 

1722,  24  janv.  ;  1725, 19  mai.  Dom  Clément  Lefebvre,  abbé  de 
St.-Hubert,  fait  relief  de  la  seigneurie  de  Marloye,  près  de 
Marche  en  Famenne,  des  dîmes  de  Busin  etFailon^  et  de  la  tour 
de  Bassines. 

1736,  26  janv.  L'abbé  et  le  couvent  de  St-Hubert  en  Ardenne, 
renoncent  en  faveur  de  noble  et  généreux  seigneur  messire 
Charles  François  Rossius  de  Liboy,  iréfoncier  de  la  cathédrale 
de  Liège,  seigneur  de  Jemeppe,  Roy,  Chavagne,  Tahier,  Liboy, 
Bossut,  Croix,  etc.,  fils  de  noble  seigneur  Louis  Rossius,  sei- 
gneur de  Liboy,  trésorier  général  et  conseiller  de  la  chambre  des 
comptes  de  S.  A.  le  prince  de  Liège,  bourgmestre  de  Liège,  et 
de  noble  dame  Marie  Ernesline  de  Steel,  à  tous  les  droits  qu'ils 
peuvent  avoir  sur  les  biens  de  la  thour  à  Bassine,  y  compris  le 
fief  de  St'RemacIe,  pour  mettre  fin  à  un  procès. 

1736,  29  févr.  Le  révérend  seigneur  Jean  François  Joseph  de 
Moraiken,  doyen  de  la  collégiale  St-Pierre  à  Liège,  héritier  de 
très-révérend  Ch.  Fr.  de  Rossius,  tréfoncier,  fait  relief  des  sei- 
gneuries de  Bassines,  Liboy,  et  Creux  ou  Croy. 

1736,  l'-f  mars.  Le  révérend  seigneur  Thomas  de  Rossius, 
chanoine  de  St-DenisàLiége,  fils  du  seigneur  Etienne  de  Rossius, 
fait  rcliof  de  Bassine,  Liboy  et  de  Croix,  comme  proche  parent 
de  Ch.  Fr.  de  Rossius,  tréfoncier. 

1737,  12  févr.  Le  seigneur  Jean  Lambert  de  Rossius,  ancien 
capitaine,  se  disant  le  plus  proche  héritier  de  Ch.  Fr.  de  Rossius, 
tréfoncier,  l'ait  relief  de  Bassine,  Liboy  et  Creux. 

1737, 19  févr.  Noble  seigneur  Jean  François  de  Gaen,  fils  de 


—  176  — 

noble  et  honoré  seigneur  Jean  de  Gaen,  conseiller  de  S.  M.  I. 
et  par  quatre  fois  bourgmestre  de  Liège,  et  de  madame  Marie 
Catherine  de  Radou»  lequel  seigneur  bourgmestre  était  fils  de 
noble  seigneur  Jean  de  Gaen,  conseiller  et  médecin  ordinaire 
de  S.  A.  le  prince  de  Liège  et  de  noble  dame  Marie  de  Steel,  fait 
relief  des  droits  qu'il  peut  avoir  sur  les  biens  de  Ch.  Fr.  de 
Rossius,  iréfoncier,  décédé  le  26  janvier  1736. 

1743,26  juillet.  Nohle  et  révérend  seigneur  Thomas  de  Ros- 
sius ,  doyen  de  St.-Denis,  seigneur  d'Humain ,  héritier  du  tré- 
foncierdeLiboys,  etcvend  la  seigneurie  à  monsieur  Charles 
Ignace  Thonnart,  prélocuteur,  pour  800  florins. 

1746,  9  avril.  Monsieur  Jacques  Ignace  Thonnar,  prélocu- 
teur, fait  relief. 

1760,  S  janv.  Le  révérend  sieur  Nicolas  Ignace  Thonnar, 
bénéficier  de  St.-Paul,  la  demoiselle  Jeanne FrançoiseThonnar, 
femme  du  sieur  prélocuteur  Foullon,  les  demoiselles  Marie 
Thérèse  et  Marie  Ernestine  Thonnar,  et  le  sieur  Jacques  Albert 
Thonnar,  prélocuteur,  tous  enfants  de  feu  le  sieur  prélocuteur 
Thonnar,  seigneur  de  la  thour  à  Bassinue,  partagent  les  biens 
de  leur  père;  la  seigneurie  est  dévolue  à  la  demoiselle  Marie 
Thérèse  Thonnar,  qui  fait  relief. 

1764,  7  août;  1769,  10  avr.  La  demoiselle  Marie  Thérèse 
Thonnar  fait  relief. 

1770,  31  mars.  Le  sieur  prélocuteur  Thonnart,  conseiller  de 
la  cour  allodiale  de  Liège,  fait  relief  de  227  florins  que  lui  devait 
le  seigneur  chevalier  de  Grady  d'Ordenge,  hypothéqués  sur  la 
seigneurie  de  Bassinne,  lui  dévolue  par  décès  du  révérend  sei- 
gneur Nie.  Ign.  Thonnart,  son  frère. 

1772,21  août;  1785,  3  févr.  Monsieur  de  Grady,  chevalier  du 
S.E.R.,  seigneur  d'Ordenge,  trésorier-général  de  S.  A.  le  prince 
de  Liège,  fait  relief. 

1787,31  mai.  Noble  et  généreuse  dame  madame  Marie  Thé- 
rèse de  Thonnart,  douarièredu  seigneur  Albert  Joseph  de  Grady 
d'Ordenge,  ancien  bourgmestre  de  Liège,  transporte  à  noble  et 


-     177  — 

'Hustre  seigneur  Alb.  Jos.  de  Grady  de  Groenendael,  tréfoncier 
^^  la  cathédrale  St-Lambert,  seigneur  de  ZutendaeU  Rosmer, 
^aldeviller,  etc.,  les  terres  de  Bassine,  Boffïit,  Mafe,  Busin, 
^te-,  en  se  léservant  Tusufruii. 

1786,  27  mai.  Madame  H.  Th.  Thonnar  fait  relief  de  son 
^sutiuit.  ' 


12 


BEAUFRAIPONT  (')• 


1325  :  La  maison  de  Beafroipont  et  touUes  ses  appartenances.  —  4369  :  Tbonr, 
cinglez  et  foyssés  de  Beaufroytpont. — 1380  :  Chastiaa  de  Biaulfroipont. —  4381  : 
Le  fortereche.  —  1398  :  Assise  avoecq  le  pourppis,  etc.  —  1440  :  Mnrs  cen- 
gles  et  fosses,  etc.  —  1424  :  Tenure  et  entrepresure  de  Biaulfroipont  séant 
dallez  Chaingneez  avoecq  les  tours,  etc.  —  1445  :  Signourie,  etc.  —  4650  : 
Maison  seigneuriale,  etc. 

1325,  30  août.  Gossuin  dou  Rieu,  fait  relief  comme  mari  de 
Ydde,  veuve  de  Willeame  de  Bealfroepont,  par  succession  de 
Fastrard  dit  Barotal,  fils  dudit  Willeame. 

1328,  9  févr.  Hubins,  fils  de  monsei^jneur  Barreit,  fait  relief 
du  fief  par  reportation  de  Gossuin,  et  de  la  dîme  A'Engis,  telle 
que  la  possédait  messire  Eustaces  de  Chantemerle,  dont  il  avait 
épousé  la  fille. 

13  i5,  22  juin.  Le  seigneur  Hubins  Barrés,  échevin  de  Liège, 
fait  relief  par  succession  de  ses  parents. 

1369,  29  nov,  Fastreis  Bareit,  chanoine  de  S^  Paul  et  de  S^ 
Martin  à  Liège,  fait  relief  par  décès  de  Jehan,  fils  de  messire 
Hubin,  frère  dudit  Bareit. 

1380,  7  juillet.  Hubinet,  fils  de  feu  messire  Berthoul  Bareit, 
chevalier,  fait  relief  en  vertu  du  testament  de  messire  Hubin 


(1)  Près  de  Chènée,  commune  du  canton  de  Fléron,  dans  la  province  de  Liège 
(V.  Delvaux,  Die:,  géogr.y  1. 1,  p.  95  ;  v.  aussi  Saumery,  Délices,  etc.  t.  II[,p.305 


—  179  - 

Bareit,  chevalier,  échevin  de  Liège,  son  oncle,  avec  le  consenle- 
ment  de  Tévêque  de  Liège. 

1381,  21  sept.  Thonon  de  Lardier,  de  Jemeppe  sur  Muese, 
fait  reliefde  la  forteresse  telle  qu'elle  fut  adjugée  par  sentence 
de  la  Gourféodale  à  Hubin  Bareit,  écuyer,  par  la  reportalion  dudit 
Hubin. 

139S,  14  févr.  Thonon  {jardeir  de  JeoKippe,  fait  relief. 

1398,  13  févr.  Fastret  Barret  de  Vorrous,fait  relief  par  décès 
de  messire  Baré,  son  oncle,  chanoine  de  S.  Paul. 

1400,  20  mai.  Thonnart  Balder  de  Jemeppe  fait  relief  par  re- 
portation  de  Fastret  Barré. 

1410,  3  juin.  Hubin  Chabot,  fils  de  messire  Gille  Chabot,  che- 
valier, fait  relief  par  reportation  de  Juette  et  Katheliuetie,  filles 
de  Thonon  Larder,  de  Jemeppe,  lesquelles  avaient  fait  relief  par 
décès  de  Thonon  Lardert,  leur  père  (avec  Basse  de  Ghudin- 
choven,  leur  mambour),  après  que  Margritte,  femme  dudit  Tho- 
non, eut  renoucé  à  son  usufruit. 

1424,  16  mai.  Jean  de  Lévrier,  bourgeois  de  Liège,  fait  relief 
par  reportation  de  Hubin  Chabot. 

1429,  14  févr.  Gille  d'Arnemude,  seigneur  d*Inchies  et  d*In- 
gies,  écuyer,  fait  relief  par  reportation  de  Hubin  Chabot, 
écuyer,  lequel  avait  fait  relief  par  reportation  de  Bennekin  de 
Bierses. 

1439,  27  août.  Ansiau  de  Hamalle,  seigneur  de  Silly,  écuyer, 
fils  de  monseigneur  Ernoul,  seigneur  d'Odeur  et  de  Trazegnies, 
chcvalinr,  fait  relief  comme  mari  de  damoiselle  Marie,  fille  de 
Gille,  seigneur  d'Arnemude  et  d'Ingies,  écuyer,  et  par  décès  de 
ce  dernier. 

144S,  12  avr.  Gille  des  Molins  dit  du  Lyon,  jadis  maître  de  la 
cité  de  Liège,  fait  relief  par  reportation  de  damoiseau  Anseaui 
de  Hamalle. 

1448,  28  août.  Gérart  Toulet,  bourgeois  de  Liège,  mari  de 
damoiselle  Isabiau,  fille  de  Gille  des  Moliins  dit  dele  Fousse, 
jadis  mattre  de  Liège,  fait  relief  par  décès  dudit  Gille. 


i80 


4457,  20  juillet.  Gerart  Toulet  fait  relief. 

1813,  8  févr.  Gerart  ToUet,  fils  de  Gérard  Toliet,  échevin  de 
Liège,  fait  relief. 

1581,  16  déc.  Datnoiselle  Jehenne  Viron,  veuve  de  Johao 
ToUet,  fait  relief  de  sou  usufruit. 

1587,17  mars;  1888,  13  juil.;  1869, 19  déc.  ;  1881,  19  juillet. 
Nicolas  ToUei,  fils  de  Gerart  Tollet,  fait  relief,  du  consentement 
de  son  frère  atné  Gerart. 

1881, 19  juil.  Noble  et  honoré  seigneur  Bernard  de  ToUet, 
seigneur  de  Wotrenge,  jadis  bourgmestre  de  Liège,  fait  relief. 

1623,  30  avr.  Noble  et  honoré  seigneur  Jean  Jacques  de 
ToUet^fils  atné  de  Bernard  de  Tollet  et  de  mademoiselle  Souphie 
de  Hennesdaelle,  fait  relief. 

1629,  17  oct.  Madame  Anne  Catherine  de  Miche,  veuve  de 
Jean  Jacque  de  Tollet,  fait  relief  de  son  usufruit. 

1680, 1"  juil.  Monsieur  Gharle  de  Tollet,  seigneur  d'Otrenge, 
Beaufroidpont,  etc.,  fils  de  Jean  Jacques  de  Tollet,  seigneur  à 
Beaufroidpont,  fait  relief. 

1680,  1"  juil.  Noble  seigneur  Charle  de  Tollet,  seigneur 
d'Otrenge,  Gutschoven,  Beaufroidpont,  etc.,  et  madame  Elenne 
de  Gaiffier,  sa  femme,  font  transport  de  la  seigneurie  en  faveur 
du  seigneur  Herman  de  Beringhen,  châtelain  et  receveur  du 
comté  de  Hornes. 

1681, 3  mars.  Herm.de  Beringhen,  seigneur  de  Beaufroidpont, 
fait  relief. 

1657,  18  juil.  Mademoiselle  Margaritte  Poschet ,  cousine  de 
M.  Charle  de  Tollet,  ayant  racheté  la  seigneurie  des  mains  de 
Herm.  de  Beringhen  par  voie  de  retrait  lignager  le  13  juillet 
1651,  ei:  fait  donation  à  honoré  seigneur  Jean  Mathias  de  Wan- 
zoulle,  échevin  de  Liège. 

1688,  24  mai;  1699,  17  févr.  Noble  seigneur  Guillaume 
Mathias  de  Wanzoulle,  seigneur  de  Beaufraipont,  Nedercanne, 
jadis  bourgmestre  de  Liège,  fait  relief. 


-  181  — 

1725,  8  fév.  ;  1847,  8  avr.  Noble  et  très-révérend  seigneur 
Bertold  de  WanzouUe,  seigneur  de  Beaufraipont,  grand  prévôt 
de  la  Cathédrale  de  Liège  et  conseiller  de  la  Cour  féodale,  fait 
relief. 

1749,  8  mars.  Noble  seigneur  Ferdinand  Gonrard,  baron  de 
Haxhe  de  Hamalle,  etc.,  fait  relief. 

1758, 13  fév.  Accord  fait  entre  le  très-révérend  et  illustre 
seigneur  Ferdinand  Gonrard  baron  de  Haxhe ,  seigneur  de  Ha- 
malle, chanoine  de  la  Cathédrale  St.  Lambert  d*une  part  et 
noble  seigneur  Gérard  Edmond  Ferdinand  Joseph  de  Libert,  de 
Flémalie,  chevalier  du  S^  Empire,  seigneur  de  Thys  et  Otrenge, 
agissant  au  nom  de  ses  fils  Barthold,  Haximilien  Henri,  écolâtre 
de  St.-Jean  et  Jean-François,  tréfoncier  de  St.-Lambert,  pour 
éviter  des  procès  au  sujet  des  biens  délaissés  par  le  baron  de 
Wansoule ,  grand  prévôt  de  S*-Lambert  ;  le  susdit  seigneur 
Barthold  reste  seigneur  de  Beaufraipont  et  en  fait  relief. 

1766,  lOdéc.  Noble  seigneur  Bartholde' Louis  Joseph  Lam- 
bert de  Libert  de  Flémal,  chevalier  du  St.-Empire,  seigneur 
de  Beaufraipont,  baron  et  seigneur  de  Thys  et  d'Otrenge,  en- 
gage la  seigneurie  à  noble  et  illustre  seigneur,  monseigneur  le 
comte  de  Hinnisdael  et  de  Greynhem,  mambour  de  très-noble 
très-illustre  et  généreux  seigneur  messire  Michel  Walrame 
comte  de  Borchgraveet  de  messire  Nicolas  Erard  Ernest  baron 
de  Mettecoven,  seigneur  «rOplieuw,  Nyel,  Rulicoven,  etc,  pour 
servir  d'hypothèque  à  une  rente. 

177g,  30  mai.  he  seigneur  Barthold  de  Libert,  fait  relief. 


BEECHTHEIM  H). 


ISE6:  Ville  de  Becbihen.  —  1430^  Bechleyin  ivoec  les  homages,  v(»erie,  dermes, 
cens,  ptienuns,  aiwes,  puturafes,  etc.  — 1405:  bourg,  Higneorie,  jarididiOD, 
gens  et  bioDti,  clc.  —  1436:  BeclhtDi  saur  le  Rins.  —1454:  droit  d'éliblir  an 
mayear,  des  échevins  el  autres  ofllci ers.  etc.  —  1641  :  Becbtheini. 

1356,  24  avril.  Le  comte  de  Limeges  fait  relief  comme  l'ont 
lait  ses  prédécesseurs. 

1361,  24  ranrs.  Mai-gherite  de  Wacbenhem  fait  relief  du  tief 
par  reportation  de  son  mari,  messire  Helfril  deLangwalt. 

1381,  18  juin;  1390,  22noùt.  Henry,  flis  de  Philippe  Sultmalt 
de  Beecthem,  fnit  relief  par  décès  de  son  père. 

1405,  23  août.  L'évêque  de  Liège,  Jean  de  Bavière,  met  le 
comte  Emich  de  Leiningen  en  possession  de  la  seigneurie. 

1420,  29  févr.  Messire  Frederick,  comte  de  Lyningen,  fail 
relief. 

1436,  28  mars.  Hesse.  comte  de  Lyningen,  fait  relief  par 
décès  de  Frederich,  son  oncle. 

1454.  11  juil  Bernhard,  comte  de  Leyningen,  fait  relief 

1471,  16  juil.  Monseigneur  Hayffes,  landgrave  de  Liningenel 
comte  de  Oasborcli.  fait  relief. 

1S19,  26  juin.   Emich,  comte  de  Leyningeit  et  Daclisborg, 

(  1 1  Ville  situte  «ur  le  Rbin,  diai  le  dioctie  de  Worms. 


-   183  — 

le  jeune,  seigneur  d'Appennundl ,  fait  relief  de  la  seigneurie 
telle  que  Bernard  et  Emich,  son  père  et  son  grand  père  ,  en 
avaient  été  investis  par  Tévéque  Jean  de  Heinsberg. 

1548,  22  juil.  Très-illustre  et  généreux  seij^neur  messire 
Engelhard,  comte  de  Leyningen  et  Dachsbourg,  seigneur 
d'Appermont,  fait  relief  comme  tuteur  de  Jean,  Philippe  et  Emich, 
enfants  de  messire  Emich,  comte  de  Leyningen,  son  frère. 

1855,  26  avril.  Le  seigneur  Jean  Henry  comte  de  Leiningen, 
fait  relief. 

1561 ,  15  avr.  LMllustre  seigneur  Hans  Philippe  comte  de 
Leiningen,  fait  relief. 

1572,  27  avr.  Noble  seigneur  Emich  comte  de  Linange  ,  fait 
relief. 

1583,  30  juil.  Illustres  seigneurs  messires  Emich,  l'ainé,  et 
Emich,  le  jeune,  cousins,  comtes  de  Linanges,  font  relief. 

1615,  8  avr.  Illustre  seigneur  Jean  Louys  comte  de  Lininghen, 
mambour  des  enfants  du  comte  Emich  de  Liningen,  fait  relief 
par  décès  de  celui-ci. 

1647,  il  sept.  ;  1656,  18  juil.  Illustre  seigneur  Emich  comte 
de  Leyningen  et  Dasperg,  seigneur  d'Aspremont,  illustre  et 
généreux  seigneur  Jean  Casimir  comte  de  Leyningen  et  Dasperg, 
les  seigneurs  Frederick,  Frédéric  Emich  et  Jean  Philippe, 
comtes  de  Leyningen  et  Dasperg,  font  relief  par  décès  de  Jean 
Louys  comte  de  Leyniiîj^on  et  Dagsperg,  seigneur  d'Aspremont 
et  Bechtheim  sur  le  Rhin. 

1658,  2  mai.  Illustre  seigneur  Frederick  Emich  comte  de 
Leyninghen  et  Daspurg,  seigneur  d'Aspremont,  administrateur 
des  fiefs  de  la  maison  de  Leyninghen  par  suite  d'un  accord  fait 
avec  ses  frères  Jean  Casimir,  colonel,  et  Jean  Philips,  général- 
major,  ses  cousins  George,  Wiltielms,  Emich,  Christian  et  Jean 
Ludwig,  fils  mineurs  de  M.  le  comte  Emich,  tous  comtes  de 
Leyningen  et  d'Aspurg,  seigneurs  Daspremont,  fait  relief  par 
décès d'Emich  comte  de Leuningen, etc., président  de  la  chambre 
impériale  de  Spire. 


—  184  — 

1713,  2  mai.  Messire  Jean  Frédéric  comte  de  Lynanges, 
Hartembourg,  Abeau  et  Emigsbourg,  seigneur  d'Aspremont, 
Herinsholm  et  Beichrheim,  chef  de  sa  Tamille  et  curateur  de 
messires  Chrétien  Charles  Reinhard  et  Jean  Louys  Guillaume 
comtes  de  Lynanges,  Heidesheim  et  Oabeau,  de  messire  Emicb 
Léopold  comte  de  Lynange  et  d' Abeau,  seigneur  de  Gouders- 
plom,  fait  relief. 

1768  ,  28  mars.  Messire  Charle  Frédéric  Guillaume  comte 
de  Linange  et  Dabo,  seigneur  d*Aspremont,  chef  et  directeur  des 
fiefs  de  la  maison  de  Linange,  fait  relief  pour  lui  et  pour  monsei- 
gneur le  comte  Frédéric  Théodore  Louis  comte  de  Linange 
Dabo,  de  la  branche  de  Falkenbourg,  et  du  comte  Emiels 
Charles  comte  de  Linange  Dabo,  de  la  branche  de  Hartenboui^, 
fils  unique  dudit  Ch.  Fréd.  Guil.  de  Linange. 

1772,  6  mai;  1784,  22  déc.  Ch.  Fréd.  Guil.  comte  de  Li- 
nange d*Hacsbourg,  Hartenbourg,  chevalier  des  ordres  de  St. 
Hubert  et  Lion  Palatin,  ch^imbellan  de  LL.  MM.  L  et  R.,  grand 
maréchal  de  la  Cour  électorale  palatine,  etc.,  fait  relief  comme 
dessus. 

1787,  4  juil.  L.  A.  S.  Guillaume  comte  régnant  de  Linange 
Guntersblum,  de  Dabo,  seigneur  d'Apremont,  chambellan  et 
conseiller  privé  de  S.  A.  R.  de  Bavière,  Wînceslas  comte  ré- 
gnant de  Linange,  Heideshem  et  Dabo,  seigneur  d'Aspremont, 
maréchal  de  la  Cour  de  S.  A.  S.  monseigneur  lÉlecteur  de 
Trêves  et  chevalier  de  Tordre  impérial  de  St.  Joseph,  et  Clé- 
ment Joseph  comte  de  Linange  et  Dabo,  seigneur  d'Aspremont, 
fils  unique  dudit  seigneur  Wenceslas,  font  relief. 

1722, 2  juil.  Les  enfants  du  feu  comte  de  Leiningen  demandeut 
à  faire  relief. 


BETHO  c: 


Ut3:  HaiMii  et  cour  de  Bethouwe  delet  Toagres  evoec  terres,  prei  et  viviers, 
boii,  etc.  ^- 141)  ■'  Tenure  ,  entrepresura  ,  terres  eruUes,  elc.  —  li78  :  Tour, 
wirandes,  etc.  —  1B81  :  Hayson,  elc.  condist  de  Belhove.  —  4SS7  ;  Maison  de 
B«lho,  avec  lea  droits  seigneuriaiu,  etc.  —  i6SS  ;  Chasieau,  elc,  —  4691  : 
Seieneuiie,  basse-coort,  elc 


1412,  2  janv.  Arnold  de  Eldris  fait  relief  par  reporlation  de 
Walter  de  Belouwe,  son  proche  parent. 

(417, 17  août.  Johan  Huwar,  demeurant  en  Ile  à  Liège  ,  fait 
relief  par  reportaiion  d'Ernul  d'Oudeur. 

144â,  27  juil.  Wauttiei-  de  Bethouwe,  fils  de  feu  Wauttier  de 
Bethouwe,  bourgeois  de  Tongres,  fait  relief  par  reportation  de 
Gollart,  fils  de  Jehan  le  Bouvier  de  Horion,  mari  de  demoiselle 
Jehanne,  title  de  Huwarl  Huweneal  ;  ce  dernier  avait  hérité  de 
ses  biens  par  la  mort  de  Jehan  Huweneal  d'Isle,  son  père. 

1464,  37  mars.  Wauthier  de  Bethouwe,  fils  de  Wauthier  de 
Bethouwe,  f^it  relief  par  décès  de  son  père. 

1474, 19  juin.  Thirry  de  Mommalie,  écuyer,  frère  et  mambour 


{<)  Pris  de  Tongres,  dans  la  province  du  Linboure  V.  Saomebt,  Ùiticet,  etc.. 
m,  p.  405).  V.  d'anlres  reliers  i  la  aeiipeurie  de  Petche. 


—  186  - 

de  damoisellB  Marie  de  Mommalle,  veuve  de  Wauthier  de 
Beitouwe,  fait  relief  par  décès  de  celui-ci. 

1478,  14  déc.  Herman  de  Meitichoven ,  écuyer ,  oncle  et 
mambour  de  Jeheniie  de  Betouwe,  fille  de  Wautier  de  Bethouwe 
et  de  Marie  de  Momalle,  fait  relief  par  décès  de  ses  père  et 
mère. 

1496,  9  avril.  Jean  Morsmaus  ,  bourgeois  de  Tongre ,  partie 
faisant  pour  sa  sœur  damoiscUe  Idde  Schondorps,  veuve  de 
Libert  Schondorps,  relève  dix  muids  d'épautre  hypothéqués  sur 
la  seigneurie,  par  reportation  de  Thiry  de  Motninaele,  écuyer, 
et  ensuite  d'un  accord  fait  le  24  mars  149G  avec  Jacques  de 
Coelen,  écuyer,  mari  de  damoiselle  Jehenne,  fille  de  Gauthier 
deBethou  (*). 

1524,  23  sept.  Jacob  de  Coelen,  écuyer,  seigneur  de  Belowe, 
drossart  du  comté  de  Looz,  fait  relief  par  décès  de  Jacob  Van 
Koelen,  son  père. 

1829,  14  déc.  Damoiselle  Marguerite  de  Horion  ,  veuve  de 
Jacop  de  Colhem  alias  de  Duras,  seigneur  de  Betouwe  et  dros- 
sart du  comté  de  Looz,  fait  relief  (avec  Conrard  de  Horion,  son 
oncle,  comme  mambour)  de  son  usufruit. 

1565  ,  5  déc.  Messire  Jacque  d'Oyembrouck ,  chevalier , 
seigneur  de  Bethowe,  Orey,  etc.,  fait  relief. 

1582, 30  mai.  Noble  homme  seigneur  Jacques  d'Oyembrugge, 
seigneur  d'Orle,  Donslain,  Bethoven,  fait  relief. 

1657,  19  nov.  Honorable  Pierre  Simonis,  le  vieux,  et  damoi- 
selle Jenne  de  Liverloz,  sa  femme,  partagent  leurs  biens  entre 
leurs  enfants  :  le  révérend  seigneur  Gille  Simonis  ,  chanoine 
et  ofTicial  de  Liège,  prévôt  de  Ste-Croix,la  damoiselle  Catharine 
Simonis,  le  seigneur  Jean  Pier  Scheele,  licentié  en  droit,  mari  de 
damoiselle  Marie  Simonis,  et  le  seigneur  Pier  Simonis  le  jeune  ; 
ils  donnent  la  seigneurie  à  Gille],  leur  fils  aîné. 

1668,  18  juil.  Noble  seigneur  Pier  de  Simonis,  chevalier, 

(*)  Nous  n'avons  pas  retrouvé  cet  accord. 


-  187    - 

seigneur  de  Belhove,  bourgmestre  de  Liège,  fait  relief  comme 
héritier  de  Gille  de  Simonis,  oificial  de  Liège. 

1688,  14  janv.;1689,  12  sept.  Noble  et  illustre  seigneur 
Pierre  de  Simonis,  chevalier,  chanoine  de  la  Cathédrale  de  Liège, 
prévôt  de  St.-Denis,  seigneur  de  Bethoz ,  conseiller  de  la  Cour 
féodale,  fait  relief. 

1691, 19  déc.  Noble  seigneur  Wathieu  Lambertde  Hinnisdael, 
écuyer,  conseiller  privé  de  TEvéque  de  Liège,  échevin  de  la 
souveraine  justice  de  la  cité  et  pays  de  Liège,  fait  relief  au  nom 
de  son  Tils  noble  seigneur  François  de  Hinnisdael,  écuyer, 
seigneur  de  Bethoz,  héritier  du  chanoine  Pierre  de  Simonis, 
son  oncle. 

1710,  ^24  mars.  François  de  Hinnisdael,  fait  relief. 

1725,  28  nov.  Noble  seigneur  François  de  Hinnisdael,  cha- 
noine de  la  Cathédrale  de  Liège,  fait  relief. 

1728,  13  mai.  Très-révérend,  noble  et  illustre  seigneur  Fran- 
çois comte  de  Hennisdael,  seigneur  de  Betho,  Soumagne,  Oleye, 
Grand  Asche,  chanoine  de  la  Cathédrale  de  Liège,  prévôt  de 
Tongres,  fait  transport  des  seigneuries  de  Betho  et  A'Oleye 
au  profit  de  messire  Joseph  Andrien  Van  der  Gracht ,  baron 
de  Roraeswael  et  de  Vrempde. 

174i,  18  nov.  Noble  dame  madame  née  comtesse  de  Henisdael, 
veuve  de  noble  seigneur  Jos.  Andr.  baron  de  Romesval , 
seigneur  de  Betho,  fait  relief  de  son  usufruit. 

1748,  27  janv.  Noble  et  généreux  seigneur  Joseph  Guilteaume 
Wathieu  comte  de  Hinnisdael  et  Creyuhem,  fait  relief  par  décès 
de  la  comtesse  de  Hinnisdael,  sa  sœur. 

1766, 12  dèc.Très-nobles,  très-illustres  et  généreux  seigneurs 
mcssires  Michel  Walrame  comte  de  Borchgrave  ,  tréfoncier  de 
Liège,  seigneur  de  Seylles,  Elderen,  etc.,  et  Walthère  baron 
de  Mettecoven ,  seigneur  d*Op-liewe,  mambours  de  noble  et 
illustre  seigneur  François  Antoine  Henry  comte  de  Hinnisdael 
et  de  Creinhem,  seigneur  de  Tongelaer,  font  relief  par  suite  du 


-  188     - 

décès  de  noble,  illustre  et  généreux  seigneur  messire  Henry 
Antoine  comte  de  Hinisdael  et  de  Creynhem  ,  père  dudit 
François  Antoine  Henry. 

1773,  16  juin  ;  1786, 18  sept.  Très-noble  et  illustre  seigneur 
messire  François  Bernard  Henry  comte  de  Hinisdael,  de  Creyn- 
hem, seigneur  de  Tongelaers,  Oleye,  etc.,  fait  relief. 


BIESMEREE  (i). 


1604  :  Terre,  baoltear  el  seigneurie  de  Biemerée  au  comté  de  Namnr,  avecque  es 
maison,  moUin,  hëritaigeSyCeDs,  rentes  et  biens  bëritaubles  y  dépendants. — 4664  : 
Seigneurie  foncière.  —  4784  :  Avec  toutes  appendices  et  dépendances,  prérogatifes 
et  droits. 


160i,  13  janv.  Révérend  père  en  Dieu  dampHichielWilheame, 
abbé  de  Téglise  et  monastère  de  Lobbe,  donne  en  rendage  la 
seigneurie  à  honorable  homme  Simon  Gobar,  jadis  mayeur  de 
Biemrée,  pour  une  rente  de  400  florinsBrabant;  dénombrement. 

1613, 12  nov.  Le  seigneur  Sitoion  Gobar,  seigneur  de  Bies- 
merée,  fait  relief. 

1681,  2  nov.  Monsieur  Ernoult  de  Wilquet,  mayeur  de  Nivelle, 
seigneur  de  Biesmerée,  et  damoiselle  Elisabeth  Thérèse  Gobart, 
sa  feuime,  déclarent  que  messire  Henri  de  Brias,  chevalier, 
seigneur  de  Granges,  de  Furneau  et  gouverneur  de  Philippe- 
ville,  leur  est  redevable  de  3400  florins  en  sus  d'une  autre 


'  )  Province  de  Namur,  arrondissement  de  PhilippeviUe,  canton  de  Florennes. 


—  490     - 

somme,  pour  laquelle  ledit  messire  Henri  demande  comme 
caution  la  seigneurie  foncière  de  Biesmerée  ,  dévolue  audit 
Ernoult  par  la  mort  civile  de  frère  Jean  Simon  Gobart 

1653,  11  sept.  Révérend  damp  Bartholomé  de  Bossus  ,  abbé 
de  Lobbes,  admet  le  sieur  Jean  Gobart,  mari  de  la  damoiselie 
Elis.  Thér.  Gobart,  au  purgement  de  la  saisine  qu'elle  avait 
obtenue  contre  lui. 

1661,  7  juillet.  Le  seigneur  Arnold  deWilquet,  mayeur  de 
Nivelle  et  seigneur  de  Biemerée  ,  fait  relief. 

1680,  12  août.  Le  seigneur  Joseph  Wilquet,  fils  d'Arnould 
Wilquet,  fait  relief. 

1681.  30  mai.  Joseph  Wilket,  seigneur  de  Biesraerée,  fait 
transport  de  la  seig;ieurie  au  seigneur  Wynand  de  Ville,  sei- 
gneur du  ban  de  Selle,  à  noble  dame  Catherine  de  Lerneux, 
sa  femme,  et  à  honoré  seigneur  Arnould  de  Ville,  échevin  de 
Liège. 

1690,  11  mars.  Le  seigneur  Laurent  Jacquier,  maître  de 
forge,  seigneur  de  Goschnée,  Rosée,  Biesmerée,etc.,  fait  relief. 

1693,  26  avril.  Noble  seigneur  Winant  baron  de  Ville  et  Ma- 
dame Catherine  Isabelle  de  Lerneux,  sa  femme,  font  relief. 

1701,  9  sept.  Noble  seigneur  Arnold  baron  de  Ville,  fait  relief 
par  décès  de  Winand  de  Ville  et  de  Cath.  H.  de  Lerneux,  ses 
père  et  mère. 

1727,  8  juil.  Madame  Anne  Barbe  de  Courselle,  douarière  du 
seigneur  baron  de  Ville,  fait  relief. 

1731,  26  févr.  ;  1744,  4  mai;  17H8,  21  sept.  Madame  A.  B.  de 
Courselle,  fait  relief. 

1772,  21nov.  ;  7788,  1  juil.  Très-noble  et  très-illustre  sei- 
gneur Anne  Léon  de  Montmorency,  duc  de  Montmorency,  pre- 
mier baron  chrétien  de  France,  seigneur  de  Modave,  etc. ,  fait 
relief. 


BOCHOVEN  (.). 


1390:  Villa  de  Bochoven  sita  supra  Hosam,  nnacum  domo,  dominio,  justicia  alla  et 
hassa,  décima  el  omnibus  et  siogulis  suis  appendiciis,  pertinenciis  et  juribus 
universis  ab  utraque  parte  Mose  cum  toto  flavio  Mose  intercurrente.  —  4450  : 
Bociihoven.  —  i454:  La  terre,  fortresse,  haulteur  etseignourie  de  Bouckoven, 
emprès  la  terre  de  Heusden.  —  1 496:  Bochoven,  emprès  de  Bois  le  duc. —  i56i  : 
Chesteau,  etc.  —  4657  :  Comtô,  chasteau,  etc.,  de  Bochoven  situé  entre  le  pays 
de  Heusden  et  le  pays  de  Geldre  avec  haulle,  moienne  et  basse  justice,  dismes, 
cens,  rentes,  eauwes,  pescherie,  franchise,  émoluments,  etc. 

1390,  20  oct.  Johan  Oyni  fait  relief  du  fief  tel  que  le  possédait 
le  seigneur  Arnold  de  Herlaer,  seigneur  de  Amersoyen,  cheva- 
lier. 

1398,  2  avr.  Colart  de  Olmen,  fils  de  Jehan  Oem  de  Bocho- 
ven, fait  relief  par  décès  de  son  père. 

14S0,  6  janv.  Martin  Oerae  de  Bouchoven,  mambour  des  en- 
fants de  iiiessire  Jehan  Oeme,  chevalier,  seigneur  de  Boickho- 
ven,  son  frère,  fait  relief  par  décès  de  celui-ci. 

1484,  19  nov.  Henry  Van  der  Aa,mari  dedanioiselleMargriîte, 
fille  de  messirc  Jehan  Oeme,  soigneur  de  Bouckoven,  chevalier, 
fait  relief  par  décès  de  son  beau-père. 


(0  Ville  située  sur  la  Bleuse  près  de  Bois-le-Duc.  — Porte  aussi  pour  armoiries  : 
de...  il  3  fleurs  de  lys  de.... 


—  192  — 

1486, 12  nov.  Henri  Van  der  Aa  fait  relief  ensuite  de  la  con- 
cession lui  faite  par  le  maire  de  Louvaing. 

1496,  S  août.  Damoiseaul  Johan  de  Bochoven  fait  relief  par 
décès  de  Henry  Van  der  Aa. 

1S41,  S  mai.  Damoiselle  Anne  de  Harff,  veuve  de  noble 
homme  Wilhem  de  Rossen,  chevalier,  seigneur  de  Suelen,  faài 
relief  par  décès  de  messire  Joh.  Van  der  Aa,  chevalier,  seigneur 
de  Bockhoven,  son  oncle.  —  Le  même  jour  Damoisea  Dirick 
de  Bozeler,  drossart  du  pays  de  Clèves,  fait  relief  comme  mari 
de  damoiselle  Ailid  de  Harff,  héritière  de  messire  Joh.  Van  der 
Aa,  son  oncle. 

1S52,18  mars.  Damoisea  Florisde  Greevenbroock ,  seigneur 
de  Bockhoven  et  damoiselle  Gornélie  de  Herfft,  sa  femme,  veuve 
de  noble  homme  Godefroid  Turck,  font  relief. 

1S61 ,  2  août.  Noble  et  honoré  seigneur  monseigneur  Dirick 
van  Grevembroock,  seigneur  de  Loon,  fait  relief  comme  grand 
père  et  mambour  de  damoiselle  Jozynken,  fille  de  Florys  van 
Grevembroock,  seigneur  de  Bockhoven  et  de  Corn,  de  Herflt. 

1571,  26  févr.  Noble  homme  Englebert  van  Immerselle  fait 
relief  comme  mari  de  Josinne  van  Grevenbrock,  dame  de  Bock- 
hoven, Oliven,  etc.,  fille  de  Florys  de  Grevembroock. 

1874,  20  déc.  Engl.  van  Imerselle  fait  relief  au  nom  de  son 
fils  damoisea  Dirick,  héritier  de  Josine  de  Grevembrouck,  sa 
mère. 

1619,  12  févr.  Noble  et  généreux  seigneur  Englebert  van 
Imerseel,  seigneur  d'Itegen,  Ramayen,  vicomte  d'Alost,  etc., 
veuf  de  Josine  de  Grevembrouck,  mambour  des  enfants  orphe- 
lins de  noble  et  généreux  seigneur  Diedrick  van  Imerseel,  son 
fils,  seigneur  de  Loon  et  de  Bochoven,  fiait  relier  au  nom  de 
noble  seigneur  Englebert  de  Imerseel,  fils  mineur  dudit  Die- 
drick. 

1648,  30  juil.  Attestation  du  pasteur  de  Bochoven  que  cette 
seigneurie  relève  de  la  cour  féodale  de  Liège. 


—  193   ^ 

1657,  8  août.  Noble  et  illustre  «seigneur  messire  Thoinds 
Ignace  dlmerzeel,  comte  de  Buchove  et  du  Saint-Empire,  vi- 
comte d'Alost,  baron  dlmezeel  et  Womeighem,  fils  d*BngIeb. 
d*Emersel,  ùii  relief. 

1658,  S2  févr.  Noble  et  illustre  seigneur  messirë  Thomas 
Ignace  d'Immerselle,  comte  de  Bochoven  et  du  S^^Èmpife,  vi- 
comte d'Alost,  baron  d'Immerzel  et  Womeighem,  feit  relief 
par  décès  de  messire  Englebert,  son  père. 

1660, 11  août.  Accord  entre  Messire  Thomas  d'Immerselle , 
seigneur  dudit  lieu ,  comte  de  Bochoven  et  du  Saini-Empire  , 
vicomte  d'Alost,  d'une  part,  les  damoiselles  Isabelle  Marie, 
Marie  Philîberte  et  Jehenne  Ursule  d'Immerselle,  sœurs,  mes- 
sire» Baltazar ,  Eugène  et  Ignace  d'Immerselle  ,  leurs  frères  , 
d'autre  part,  au  sujet  des  héritages  de  leurs  père  et  mère. 

1660,  11  sept.  Contrat  de  mariage  entre  très-noble  et  illdstre 
seigneur  messire  Thomas  d'Immerselle,  comte  de  Bocbove, 
seigneur  de  Wommelghem,  It^hem,  Loon,  Haveluy,  etc.,  et 
très^Qoble  et  illustre  damoiselle  Magdalaine  née  comtesse 
t'Serclaes  de  Tilly,  fille  de  très-noble  et  illustre  seigneur  messire 
Jean  comte  t'Serclaes  de  Tilly  et  du  Saint-Empire,  baron  de 
Marbais,  seigneur  de  Templour,  Bossieres,  Golzinnes,  Viefviile, 
Boves,  les  deux  Isnes,  Holers,  Montigny-sur-Sambre ,  et  de 
très-noble  et  illustre  dame  Marie  Françoise  de  Montmorency, 
comtesse,  baronne  et  dame  desdils  lieux  et  de  la  Boche,  Helen, 
Mainféry»  etc.,  sa  femme  ;  le  premier  apporte  en  dot  le  comté  de 
Bocbove,  la  vicomte  à'Alost,  les  seigneuries  d'Immerselle  et  de 
Wommelghem, 

1677, 5  août.  Noble  et  illustre  dame  madame  Magdeleine  Fran- 
çoise t'Serclaes  de  Tilly,  comtesse  de  Bochove  et  du  St-Empire, 
dame  de  Loon,  veuve  de  Thomas  Ignace  d'Immerselle,  fait  relief 
de  son  usufruit. 

1698,  31  janv.;  1730,  26  juin.  Noble  et  illustre  seigneur 
Charles  d'Immerselle,  comte  de  Bocbove  et  du  Saint-Empire, 
vicomte  héréditaire  de  la  ville  et  pays  d'Alost,  seigneur  de  Wom- 

12 


-  194  ~ 

melgem,  Loon,  Ophant,  Haveluy,  Huringhem,  Eeckhaut ,  Im- 
merseUetc,  fils  de  Mad.  Franc.  t'Serçlaes,  fait  relief  par  décès 
de  noble  et  illustre  seigneur  Albert  dlmmersel,  comte  de  Bou- 
choven  et  du  Saint-Empire,  voué  héréditaire  de  la  ville  et  pays 
d*Alost,  seigneur  des  mêmes  lieux,  son  frère  atné. 

1741, 19juil.  Madame  Christine  princesse  de  Salm,  fait  relief 
par  décès  de  Charles  dlmmerselle. 

1742, 19  mars.  Haute  et  puissante  dame  Albertine  de  Dongel- 
bert,  marquise  de  Resves,  fait  relief  par  décès  de  Charles  d*Im- 
merselle,  son  cousin  germain. 

174â,  21  juin.  Noble  et  illustre  seigneur  Charles  Emanuel 
Joseph  prince  de  Gavre,  marquis  d'Ayseau,  comte  de  Peer,  fait 
relief. 

1745,  4  mars.  S.  A.  Nicolas  Léopold  prince  Salm  de  Salm  et 
du  S'-Empire,  duc  de  Hoogstraeten,  comte  Sauvage  d'Haun  et 
de  Risbourg,  rheingraif  de  Stein,  etc.,  fait  relief  au  nom  de  son 
fils  le  prince  Louis  Charles  Otto  de  Salm,  abbé  de  Boherie, 
héritier  de  madame  la  princesse  Marie  Christine  de  Salm,  com- 
tesse d'Immerselle  de  Bochoven,  sa  tante. 

1747,  9  sept.  Très-haut  et  très-puissant  seigneur  Louis  Anne 
Alexandre  de  Montmorency,  prince  de  Robecq,  grand  d'Espagne 
de  la  1^'  classe,  colonel  du  régiment  de  Limosin,  et  son  frère 
très-haut  et  très-puissant  seigneur  monseigneur  Monime  de 
Montmorency,  marquis  de  Morbeeck,  fait  relief  en  vertu  du 
testament  conjonctif  de  haut  et  puissant  seigneur  Anne  Auguste 
de  Montmorency,  prince  de  Robeeck,  comte  d'Estaires,  marquis 
de  Morbeecq,  baron  d'Haversquerque,  vicomte  d'Aire,  seigneur 
de  Blessy,  grand  d'Espagne  de  la  l'""  classe,  chevalier  de  la 
Toison  d'or,  lieutenant-général  des  armées  du  Roi,  son  père,  et 
de  haute  et  puissante  dame  Albertine  Jeanne  Joseph  d'Immerzel, 
comtesse  de  Bochoven,  née  de  Dongelberg,  marquise  de  Resve, 
sa  cousine,  avenu  le  4  septembre  1743. 

1753,  8  févr.  Le  prince  de  Salm  cède  la  seigneurie  au  prince 
de  Montmorency. 


—  195  — 

1787,  6  mai.  Le  prince  L.  A.  Al.  de  Montmorency  engage  ses 
biens  à  M.  Pier  Antony  de  Guibert,  seigneur  de  Gruiningen, 
pour  servir  d'hypothèque  à  une  rente. 

1766,  24  mai.  Le  prince  L.  A.  AI.  de  Montmorency  fait  relief. 

1771,  26  févr.  Marie  Josëphe  Ruiz  de  Gastro,  princesse  de 
t'Serclaes-Tilly,  baronne  de  Marbais,  résidente  à  Grenade  (fille 
atnée  de  messire  Ruiz  de  Gastro,  président  de  la  chancellerie 
royale  de  Grenade,  et  de  la  princesse  Albertine  t'Serclaes-Tilly, 
laquelle,  comme  cousine  germaine  du  côté  maternel  de  messire 
Gharles  d'Immersel,  comte  da  Bochoven,  mort  ab  intestat  le  11 
juin  1741,  avait  hérité  du  comté  de  Bochoven),  vend  à  Jean-Bapt. 
Joseph  Minet,  seigneur  de  Loverval,  conseiller  du  baillage  de 
Namur,  les  seigneuries  de  Bochoven,  Tilly^eic,  qu'elle  possédait 
par  décès  de  ses  parents  depuis  176S,  pour  150,000  florins. 

1772,  9  sept.  Très-haut  et  puissant  seigneur  Anne  Louis 
Alexandre  de  Montmorency,  prince  de  Robec,  grand  d'Espagne 
de  la  1"  classe,  premier  baron  chrétien  de  France,  etc.,  fait 
relief. 

1773,  8  juin.  J.  B.  J.  Minet  fait  relief. 

1780,  Sjanv.Haut  et  illustre  seigneur  Anna  Lodwyk  Alexandre 
de  Montmorency,  prince  de  Robecq,  grand  d'Espagne  de  la  1^ 
classe,  premier  baron  chrétien  de  France,  comte  de  la  ville 
d*Etais,  de  Bochoven  et  du  S.  E.  R., etc., lieutenant-général  des 
armées  de  S.  M.  T.  G.,  gouverneur  des  ville  et  château  d'Air, 
commandant  en  chef  des  provinces  de  Flandres.  Henegoun  et 
Cambre,  etc.,  engage  le  comté  à  Jeann  Marie  et  Béatrix  Elis. 
Dehée,  pour  servir  d'hypothèque  à  une  rente  de  11,000  florins 
de  Brabant. 


BOUSSUT^). 


131S;  L«  ville  de  Boussol  daleU  Cogviosel  le  jusUhe  d'icelle.  —  ISiS:  Maison, 
vi11«,Urre,  cans,  nvenui.  bois,  sic. — l3TTt  Hauleur,  rentes,  ameades.bonugn, 
corvées,  borgesies,  pailhes  et  DSppons,  argent,  for  banal,  bois,  prei«,  lemt, 
aiweg,  patronsgea  etloasaulresiJroitureg.proHsat  émolumens.  —  1S00  :  Hauieor, 
leign euh e,  court,  assise,  etc.  —  1S3S:  Boussa  en  Faiagne.  —  1638  :  Cbesteaa, 
fortresis,  basse-court,  maison,  censé,  prairies,  terres  labourables,  bois  ea 
nombre  de  GSO  bonieri,  la  gribase  déisme  sur  tout  le  terroir  de  Boua^u,  moulia, 
forges,  huiainea,  droit  de  chasse  pirtoallachalelleDie  de  Cevin,  hau  lie  justice, 
moyenne  et  basse,  etc. 

j315,  13  mai.  Balduin  de  Hanin,  seigneur  de  Bossut,  Tait 
relief  de  180  livrées  de  terre. 

1315, 12  déc.  Hue  de  Boussut,  écuyer,  feit  relief  de  Boussul 
et  de  la  prévôté  de  Couvin. 

134S,  3  août.  Joha»,  dis  du  seigneur  Gérard  de  Boussut, 
clievalier,  fuit  relief  de  Boussut  et  de  la  prévôté  de  Couvin,  par 
succession  de  son  père. 

1377, 10  août.  Jolian  de  Bossut,  écuyer,  fait  relief  par  repor- 
tation  de  datnoiselle  Marie  de  Bossut,  sa  sœur,  laquelle  avait 

(  I  )  (lommune  rurale  de  la  province  de  Marner,  arrondissemeiit  de  PhiUppe'iH' 
(V.  SjtuMKRT,  ZJ<fticEi,  etc.,  1.  iV,  p.  367). -~  Celle  seigneurie  a  porl^  ensuite:  de 
gueules  au  sautoir  d'or,  «t,  depuis  le  XV1<  si6cle;d'or  au  double  treecbcur de  simple 
chargé  sur  le  tout  d'un  sautoir  de  gueules. 


—  197  — 

fait  relief  par  décès  de  Jobandel  Gange,  son  mari,  fils  de  Thomas 
del  Cange,  et  par  succession  de  Johan,sire  de  Bossut,  son  père. 
Après  quoi  ledit  Johan  constitue  un  douaire  à  sa  fiancée, 
damoiselle  Marie  de  Gherfointaine  delez  Mabuge. 

1380,  ii  déc.  Jehan  de  Boussut,  écuyer,  fait  relief. 

1392,  8  juil.  Johan,  sire  de  Bossut  delez  Govien,  fait  relief. 

1421,  4  juin.  Messire  Gerart  seigneur  de  Boussut ,  fait  relief 
par  décès  de  Jehan  de  Boussut,  son  père. 

1485,  12  mars.  Messire  Lanseloth,  seigneur  de  Boussut, 
chevalier,  fait  relief  de  Boussut  et  de  la  prévôté  de  Couvin. 

1800,  7  nov.  Messire  Antoine  de  Fay,  chevalier,  fait  relief 
comme  mari  de  damoiselle  Marguerite,  fille  de  Lancellot  de 
Bossu,  par  décès  deee  dernier. 

1538,  12  juil.  Sire  Adrianne  de  Fay  et  noble  dame  madame 
Bonne  de  Gyryere,  sa  femme,  font  relief  de  Boussu,  de  la  prévôté 
de  Couvin  et  des  bois  des  Parchonniers,  Merri  et  Pexh. 

1538,  22  août.  Noble  et  vaillant  seigneur  Loys  de  Fay,  écuyer, 
seigneur  de  Ghesteau-rouge,  Faercourt,  etc.,  fils  unique  de  sire 
Anthoene  de  Fay ,  chevalier  (lequel  était  fils  atné  de  messire 
Anthoene  de  Fay  et  de  dame  Margaritte  de  Bossut,  fille  de 
messire  Lancelot  de  Bossut,  fait  relief  par  décès  de  sire  Lan- 
celot,  son  bisayeul ,  de  ses  grand  père  et  grand  mère  susdits, 
et  de  son  père;  il  relève  de  même  Isl  prévoté  de  Couvin. 

1559,  6  déc.  Noble  et  honoré  chevalier  monseigneur  Robert 
de  Bossu,  seigneur  de  Lierval,  fait  relief  comme  mari  de  noble 
daitoe  Anne  de  Fay,  par  décès  de  ses  grand  père  et  grand  mère. 

1566, 19août.  Robertde  Bossu,  seigneurdeLiervaul,chitelain 
de  Ghailly,  de  Ste-Geneviève,  etc.,  fait  relief  de  Boussu,  de  la 
pt^évôté  de  Couvin  et  des  bois  des  Parchonniers,  Mery  et  Pexhe. 

1568,  8  juil.  Robert  de  Bossu  fait  transport  de  la  seigneurie 
de  Boussut  et  de  la  prévôté  de  Couvin  à  honorable  homme  Johan 
Marotte,  maire  de  Ghastellet-sur-Sambre. 

1584,  26  janv.  Anthoine  Marot  fait  relief  de  Boussut  et  de  la 


—  198  — 

prévôté  de  Couvin,  au  nom  de  sa  mère,  damoiselle  Mary  Henri. 
1893,  16  juin;  1614,  5  mars.  Honoré  seigneur  Jean  Marotte, 
seigneur  de  Bossu,  fils  d'honoré  seigneur  Jean  Marotte,  sei- 
gneur de  Bossu,  et  de  Marie  de  Henry,  fait  relief  par  décès  de 

ses  parents. 
1604,  SO  sept.  Convenances  de  mariage  entre  Jean  Despreitz, 

écuyer,  seigneur  de  Dehery,  homme  d'armes  de  la  compagnie 

de  S.  Exe.  monseigneur  le  prince  d'Orange  sous  la  charge  des 

Archiducs  (fils  de  messire  Philippe  Despreitz, chevalier,  seigneur 

de  Ciply,  Beaumont  en  Cambresis,  Dehery,  Blecourt,  etc.,  et  de 

madame  Marie  d'Ive),  et  mademoiselle  Marguerite  Marotte;  le 

premier  apporte  en  dot  la  seigneurie  de  Ciply,  (que  son  père  lui 

donne  en  échange  de  celle  de  Dehery),  et  celles  de  Beaumont, 

Dehery,  etc.,  après  la  mort  de  sondit  père  ;  la  seconde  aura  la 

seigneurie  de  Boussut  si  son  frère  unique  Anthoine  de  Marotte 

vient  à  mourir.  F^e  »31  novembre  1626,  noble  seigneur  Jean 

Kuiévrain  dit  Dispreitz,  seigneur  de  Ci ply,  Beaumont,  Bossu  en 

Fangne  et  Dehery,  fait  confirmer  ses  susdites  convenances  de 

mariage  par  la  cour  féodale. 

1619,  23  oct.  Monsieur  Jean  de  Marotte,  seigneur  de  Bossut, 

LamoUe,  etc.,  déclare    ratifier  les  convenances  de  mariage 

faites  entre  madame  Marguerite  de  Marotte,  sa  fille,  et  Jean 

Desprez;  celui-ci  ratifie  le  testament  fait  par  ledit  de  Marotte 

et  feue  mademoiselle  Marguerite  le  Sire,  sa  femme. 

1623,  1*^  mars.  Noble  seigneur  Jean  Marotte  fait  donation  de 
l'usufruit  qu'il  possède  sur  la  seigneurie  en  faveur  de  son  gendre 
noble  seigneur  Jean  de  Quiévrain  dit  Despret,  écuyer,  et  de 
Marguerite  de  Marotte,  sa  femme. 

1624,  21  déc.   Jean  de  Marotte;  seigneur  de  Bossut,  la 

Motte,  etc.,  déclare  qu'aux  convenances  de  mariage  de  Mar- 
guerite de  Marotte,  sa  fille,  avec  le  seigneur  de  Ciply,  il  avait 
réservé  600  florins  de  rente  pour  damoiselles  Anne  et  Françoise 
de  Marotte,  ses  autres  filles,  mais  que  après  son  décès  ledit 
seigneur  de  Ciply  ne  sera  plus  tenu  à  payer  à  ses  belles-sœurs 
que  150  florins  de  rente,  etc. 


-  199  — 

16SS,  âS  sepl.  Philippe  de  Kéverain,  seigneur  de  Beaumont, 
fils  de  Jean  Kiverain  dit  Despretz,  fait  relief  de  Bossut,  de  la 
pf*év6téde  Couvin  et  du  bois  des  Parchotiiers^  au  nom  de  son  père, 
par  décès  de  noble  seigneur  Jean  de  Marotte,  seigneur  de  Bossut 
en  Fagne,  Lamotte,  etc.,  beau  père  dudit  seigneur  Despretz. 

1627,  18  févr.  Accord  fait  entre  Phel.  de  Kuiverain,  faisant 
partie  pour  Jean  de  Kuierain,  son  père,  d*une  part,  Anne  de 
Marotte  et  le  seigneur  Charles  Chàrle,  mari  de  Franchoise  de 
Marotte,  son  beau-frère,  d'autre  part,  pour  éviter  tout  procès  au 
sujet  des  biens  de  feu  Jean  de  Marotte  et  de  Margarite  le  Sire, 
père  et  mère  de  Margarite  (femme  dudit  Jean  de  Kuievrain)  et 
d'Anne  et  Franc,  de  Marotte  ;  le  premier  comparant  conservera 
la  seigneurie  de  Bossut  et  les  bais  des  Parchoniers.  Réalisé  le  14 
juin  16g2. 

1631,  14  mai.  Philippe  de  Kiveren  donne  en  caution  la  seig- 
neurie à  mademoiselle  Catherine  Oranne,  veuve  d'honorable 
Thomas  Woet,  dans  le  procès  qu'il  soutient  contre  elle. 

1634,  29  déc.  Noble  et  illustre  seigneur  Jean  de  Kuiesvrain, 
chevalier,  seigneur  de  Cipley,  de  Hery,de  Beaumont  en  Cambre- 
sis,  de  Bossut,  prévôt  héréditaire  de  Couvin,  tout  en  protestant 
contre  la  saisie  du  seigneur  de  Beaumont,  son  fils  atné,  dans  son 
château  de  Boussut,  donne  à  illustre  et  généreux  seigneur 
Maximilien  baron  de  Mérode,  seigneur  de  Han-sur-Heure,  sou- 
verain-bailli du  quurtier  d'Entre-Sambre-et-Meuse  et  à  Cath. 
Oranne,  prétendue  partie  intéressée  à  la  personne  de  son  fils, 
sa  seigneurie  comme  caution  et  garantie  que  sondit  fils  ne 
sortira  pas  de  la  maison  qu'on  lui  a  assignée  pour  demeure  à 
Couvin. 

1638, 18  mai.  Contrat  de  mariage  entre  messire  Philippe  de 
Kiverain,  chevalier,  seigneur  de  Ciply,  Boussu  en  Paigne , 
Ste-Aldegonde,  Hery,  etc.,  prévôt  héréditaire  et  tiers  seigneur 
de  Couvin,  et  damoiselle  Franchoise  Anne  de  la  Viefville,  fille 
de  messire  Pier  Phil.  de  la  Viefville,  chevalier,  seigneur  de  Ko- 


—  200  — 

9 

meries,  Petit  Gambresies,  etc.,  et  de  madame  Jeanne  d'Ombre; 
le  premier  apporte  en  dot  la  seigneurie  de  Bossu  comprenant 
quatre  fiefs  à  savoir  la  seigneurie  de  Bossu,  celle  de  Sf^-Alde- 
gonde-^-Fraines,  le  bois  des  Parchaniers,  la  prévôté  tt  tiers  seig- 
neurie de  Couvm,  plus  les  seigneuries  de  Cipply  et  de  Dehery;  la 
seconde  apporte  en  dot  la  seigneurie  de  Romeries.  Enregistré  à 
la  cour  féodale  le  19  sept.  1640  à  la  demande  de  Franch.  Anne 
de  Viefville,  dame  de  Bossu,  veuve  dudit  seigneur  Phel.  de 
Riverain. 

1641, 3  août.  Noble  dame  madame  Fr.  Anne  de  la  Vieuville, 
veuve  de  Pli.  de  Kevrain,  fait  relief  de  son  usufruit  sur  Bossu, 
Ste-Aldegofide'à'Fraisgnes^  la  prévôté  et  tierce  seigneurie  de  Covin^ 
les  boiz  de  Parckoniers,  Mery  et  Peische. 

1654,  30  mai.  Messire  Pierre  Philippe  de  la  Viefville,  cheva- 
lier, seigneur  de  Romery,  Cambresie,  etc.,  mambour  de 
Giiarles  Philippes  Claude  de  Kevrain,  seigneur  de  Boussu,  son 
petit-fils,  fils  de  Pli.  de  Kevrain  et  d'Anne  de  la  Viefville,  fait 
relief  de  la  seigneurie  de  Bossu,  de  la  seigneurie  et  dtme  de 
Saiîite-Monegonde'à'Fraisgney  de  la  prévôté  et  tierce  seigneurie 
de  Couvent,  des  bois  de  Parchonniers,  Mery  et  Paische. 

167S,  26  oct.  Charles  Philippe  Claude  de  Quiévrain  laisse  par 
testament  sa  seigneurie  de  Boussut  et  les  biens  qui  lui  viennent 
de  la  succession  de  sa  tante  ^Anne  de  Marotte,  à  son  cousin  le 
le  seigneur  d'Acos. 

1677,  8  févr.  Noble  seigneur  Michel  Anthoine  de  Guiévrain 
Marotte,  seigneur  d'Acos,  Bossus  en  Fagne,  frère  de  feu  noble 
seigneur  Louys  d'Acos,  fait  relief  de  Boussu,  S^-Aldegonde  et 
d'une  partie  du  bois  des  Parchoniers  sous  la  mairie  de  Pesche. 

1677,  11  févr.  Le  seigneur  Michel  François  de  Rhonnay, 
écuyer,  seigneur  de  Sainzelles,  etc.,  fait  relief  comme  mambour 
de  Jean  Baptiste  de  Rhonnay,  son  fils,  engendré  en  dame  Anne 
Marie  Françoise  de  Bucquoy,  sa  femme,  de  la  seigneurie  de 
Bossu  en  Fatjne,  par  décès  de  Charles  de  Kiévrain,  et  des  sei- 
gneuries de  TerieSy  Wallincourt  et  Ciply, 


—  201  — 

17S1,  22  sept.  ;  1725,  12  mars.  Noble  et  généreux  seigneur 
Gille  Antoine  de  Kuiévraiu  de  Marotte»  seigneur  de  Acoz,  etc., 
fait  relief  de  Bossu  eu  Fagoc,  Ste-Adelgonde  et  d'une  partie  du 
bois  des  Parchoniers. 

1726,  29  juil.  Messire  Jean  Michel  de  Kiévrain  de  Marotte, 
fait  relief  des  trois  mêmes  seigneuries  par  décès  de  Gille 
Antoine  de  Kiévrain. 

1744, 12  mars.  Noble  seigneur  Jean  Michel  comte  de  Kuié- 
vrain,  prévôt  héréditaire  de  la  ville  et  châtelienie  de  Couvin, 
seigneur  de  Bossu  en  Fagne,  de  Ste-Monegonde-à-Frasna,  du 
bois  de  Parchonniers,  d'Acoz,  Villers-Potterie,  de  la  terre  et 
franchise  d*Opdorp,  Galeneile,  Lassus,  etc.,  fait  relief  des  trois 
mêmes  seigneuries. 

1745,16janv.  Jean  Bapt.  Mich.  de  Kiévrain  engage  ses  biens, 
à  noble  damoiselie  Charlotte  baronne  de  Hervé  de  Haltine,  pour 
servir  d'hypothèque  à  une  rente  de  SSS  11.  Bbl. 

17§l,2janv.  Messire  Jean  Bapt.  Mich.  Valentin  comte  de 
Kiévrain,  engage  la  seigneurie  à  noble  et  illustre  dame  ma- 
dame la  baronne  de  Méan,  née  baronne  de  Hervé,  dame  de 
Pailhe,  des  Avents,  Montigny,  etc.,  pour  servir  d'hypothèque 
à  une  rente  de  240  fl.  Bbt. 

1ÏS9,  12  juin.  Noble  et  illustre  dame  Marie  Thérèse  Josephe 
comtesse douarière  de  Kiévrain,  dame  de  Bossu  en  Fagne,  Acoz, 
Calenelle ,  Ste-Monegonde-à-Franes ,  Villers-la-Poterie ,  pré- 
voie héréditaire  et  tierce  dame  de  la  ville  et  châtelienie  de 
Couvin  ,  née  baronne  de  Bustanzi,  fait  relief  des  trois  mêmes 
seigneuries,  par  décès  de  son  mari  Jean  Baptiste  Michel  Valen- 
tin de  Marotte,  comte  de  Kuiévrin. 

1760,  17  juil.  Messire  Michel  Joseph  d'Udekem,  écuyer,  sei- 
gneur de  Guertahin,  fait  relief  des  trois  mêmes  seigneuries 
comme  cousin  germain  de  Jean  Michel  de  Kiévrain  de  Marotte, 
mort  ab  intestat. 

1760,  29  nov.  Mich.  Jos.  d'Udekem  donne  à  son  fils  cadet 
messire  Ferdinand  Philippe  Joseph  d'Udekem,  écuyer  et  sub^ 


402  — 

slitut  bourgmestre  de  la  chef  ville  de  Louvaiu  :  l""  de  la  prévôté 
et  tierce  seigneurie  de  Couvin  ;  2^  des  seigneuries  de  Bossu  en 
Fagne  et  de  Ste-Monegonde  ;  3**  de  sa  part  du  bois  des  Parcho- 
niers  ;  ledit  Ferdinand  fait  relief  le  18  décembre  suivant. 

1762, 1"  mai.  Messire  Pierre  Maximilien  Joseph  d'Udekem, 
capitaine  au  régiment  d'Arsch  au  service  de  S.  M.  l.  et  R.,  ftiit  re- 
lief des  quatre  seigneuries,  par  décès  de  Mich.  Jos.  d'Udekem, 
son  père. 

1765,  16  mars.  Messires  Ferdinand  Philippe  Joseph  d'Ude- 
kem, écuyer,  bourgmestre  de  la  chef  ville  de  Louvain  et  P. 
Max.  Jos.  d'Udekem,  capitaine,  son  frère,  font  relief  chacun 
de  la  moitié  des  quatre  seigneuries. 

1769,  14  juin.  Très-noble  dame  Lucie  Thérèse  de  Villegas, 
baronne  douarière  de  messire  Ignace  Philibert  Hoens,  baron 
de  Bustancy,  constituée  par  noble  damoiselle  Suzanne  Cathe- 
rine Hoens  ,  baronne  de  Bustancy,  héritière  présomptive  de 
Marie  Th.  Jos.  Hoens,  baronne  de  Bustancy,  douarière  de  Mich. 
Valentin  Marotte,  comte  de  Kuiévrain,  sa  sœur,  fait  relief  des 
quatre  seigneuries  ;  le  21  juin  suivant  elle  transporte  tous  ses 
droits  en  faveur  de  ladite  Luc.  Th.  de  Villegas  et  confirme  sa 
donation  le  24. 

1769, 22  juin.  Noble  seigneur  Philippe  Emmanuel  de  Marotte 
de  Montigny,  seigneur  d'Ostin,  fait  relief  des  quatre  seigneuries. 

1780,  25  avr.  Noble  seigneur  Hyacinthe  Ferdinand  Marie 
Philippe  de  Marotte  de  Montigny,  seigneur  d'Ostin,  fait  relief 
des  quatre  seigneuiSes. 

1786,  21  avr.  Madame  Luc.  Th.  de  Villegas,  fait  relief  des 
quatre  seigneuries. 


BRAIVE  (I). 


1348  :  Le  chastiau  et  terre  de  Broive  et  toutes  ses  appartenances.  —  4368  : 
Brueves. —  4403;  Maison,  chasteau  et  forteresse  de  Broeves.  —  4479  :  Avec  les 
fossés,  etc. —  465i  :  Hauteur,  seigneurie,  etc. —  4674  :  Avec  le  vivier  allentour. 
~  4744  :  Droits  de  jurisdictioû,  baulte,  moyenne  et  basse,  cour  feudale»  cens 
seigneuriaux,  chapons,  rentes,  censé,  maison,  moulin  banal,  brassine  banale, 
franche  taverne,  droit  de  mortement  dans  le  village  de  Cyplet. 


1348,  30  mai.  Thieubault  de  Daulles,  seigaeur  d'Elsées , 
chevalier,  fait  relief  par  reportation  de  messire  Clarenbault, 
seigneur  d'Autherive  et  par  sentence  de  la  cour. 

1368,  5  nov.  Giarenbault  de  Haulterive,  chevalier,  fait  relief. 

1402,  11  mars.  Tbieri  de  Momaie  fait  relief  par  reportation 
de  Uellin,  fils  de  Robert  de  Latines,  lequel  avait  relevé  du 
temps  de  dame  Marie  de  Lintres,  sa  femme,  par  reportation  de 
messire  Johan  de  MoUenbais,  seigneur  de  Linsemiaul,  chevalier. 

1434,  â6  sept.  Messire  Thiery,  seigneur  de  Momalle  et  de 
Breyves,  fait  relief. 

(  *  )  Commune  rurale  de  la  province  de  Liège,  arrondissement  de  Waremme,  près 
de  l'ancienne  chaussée  des  Romains  (v.  Delvaux,  Diction,  géogr,,  t.  Il,  p.  48,  et 
Saumert,  Délices,  etc.,  t.  III,  p.  433).  —  Y.  d'autres  reliefs  à  la  seigneurie  de 
Herck- Saint' Lambert, 


^  204  — 

1479,  16  févi\  Jacques,  seigneur  de  Momale  et  de  Breyves, 
fait  relief. 

1810,  22  févr.  Noble  homme  Thiry,  seigneur  de  Momale  el 
de  Breyve,  fait  relief. 

1831, 12  avr.  Henri  de  Mérode,  écuyer,  seigneur  de  Pologne, 
Burgileit,  Gyplet,  comte  de  Noville,  seigneur  de  Moumale, 
Ponchoule,  Herck-lez-Golmont,  fait  relief  par  décès  de  Thiery 
de  Moumal,  son  beau-père. 

1887,  18  déc.  Noble  homme  Guilleaume  de  Mérode,  seigneur 
de  Follogne,  vicomte  héréditaire  de  Looz,  pair  de  Namur,  haul- 
voué  de  Moxheron,  seigneur  de  Cypiet,  fait  relief  par  suite  du 
décès  de  Henri  de  Mérode,  son  père. 

1870,  20  janv.  Noble  damoiselle  Marguerite  de  Mérode,  fille 
de  Henri  de  Mérode,  fait  relief  par  décès  de  Guilleaume,  son 
frère. 

1876,  29  oct.  Marguerite  de  Mérode  fait  transport  à  noble 
Jean  de  Berlooz,  fils  de  Guilleaume  de  Berloz,  seigneur  de  Keer- 
berghen,  son  cousin,  à  la  réserve  de  son  usufruit. 

1638,  21  nov.  Noble  et  généreux  seigneur  Jean  de  Borgongne, 
seigneur  de  Berguilé,5  Braive,  Ciplet,  etc.,  gentilhomme  de  la 
chambre  de  S.  A.  le  prince  de  Liège,  fait  relief  par  décès  de  ses 
père  et  mère. 

1682,  8  avril.  Noble  et  illustre  seigneur  Jean  François  d'Ar- 
genteau,  vicomte  de  Looz,  seigneur  de  Pologne  et  Moumale,  fait 
relief  par  décès  de  Jean  de  Borgongne,  seigneur  de  Bergilé, 
Braive,  Giplet,  gentilhomme  de  la  chambre  de  S.  A.  le  prince 
de  Liège,  et  en  vertu  du  testament  de  Jean  de  Berlo,  seigneur 
de  Bergilé. 

1674,  1*^'  juin.  Noble  et  illustre  seigneur  Henri  Prançois 
baron  d'Argenteau,  comte  de  Noville,  fait  relief  par  décès  de 
son  père  Jean  François  d'Argenteau,  seigneur  de  Noville, 
Herck,  etc. 

1674,  1^' juin.  Madamoiselle  Agnès  Ernestine  née  comtesse 


-  205  — 

de  Rivière  d'Arschot,  vicomtesse  de  Looz,  dame  de  Foliogne, 
Moumale,  Braive,  veuve  de  Jean  François  d*Argenteau,  fait 
relief  par  décès  de  son  mari. 

1698,  8  mars.  Noble  et  illustre  seigneur  Gérard  Ernest  baron 
de  Hoen  de  Cartiis,  seigneur  de  vieux  Facquoumont,  Schumen 
sur  la  Gueule,  etc.,  fait  relief  de  Tusufruit  de  noble  et  illustre 
dame  madame  Anne  Agnès  de  Renesse  d'Elderen,  vicomtesse 
de  Looz. 

1699,  17  déc.  Noble  et  illustre  seigneur  Florimond  Claude 
comte  de  Mercy,  vicomte  de  Looz,  lieutenant-colonel  comman- 
dant du  régiment  de  Lorraine  au  service  de  S.  M.  L,  aide-camp 
général  de  sadite  Majesté  et  de  Fempereur,  fait  relief  par  décès 
de  Henri  François  d'Argenteau  et  en  vertu  du  testament  de  Jean 
de  Berlo. 

1705,  27  janv.  Le  lieutenant  de  la  cour  féodale  investit  le 
comte  de  Mercy  de  la  seigneurie  de  Braive,  en  vertu  d'un  décret 
du  conseil  impérial. 

1711,  9  févr.  Son  Exe.  monseigneur  Florimond  Claude  comte 
de  Mercy,  vend  à  noble  dame  madame  Marie  de  Stockem, 
douarière  de  noble  seigneur  Gérard  Martin  de  Charles,  con- 
seiller ordinaire  de  S.  A.  le  prince  de  Liège,  les  seigneuries  de 
Braive  et  Cypkt,  avec  la  haute  vouerie  de  Moxhe  et  Moxheron. 

1745,  25  janv.  Madame  Marie  de  Stockem  fait  relief. 

1750,  9  déc.  Noble  seigneur  Jean  Baptiste  Ignace  de  Chéquier 
fait  relief  comme  mari  de  noble  dame  madame  Catherine 
Marguerite  de  Charles,  héritière  de  madame  Marie  de  Stockem, 
sa  mère. 

1751,  12  janv.  Noble  dame  Catherine  Marguerite  de  Charles, 
dame  de  Braive,  Ciplet,  haute-voueresse  de  Moxhe  et  Moxheron, 
fait  donation  de  la  seigneurie  à  son  mari  noble  seigneur  Jean- 
Bapt.  Ignace  de  Chéquier. 

1756,  7  janv.  Noble  dame  Catherine  Marguerite  de  Charles, 
douarière  de  noble  seigneur  Jean  Baptiste  Ignaze  de  Ghéquier, 
fait  relief. 


—  206  — 

1761,  29  déc.  Monsieur  Jean  Philippe  Joseph  baron  de  Woot 
de  Tinlot  fait  relief  comme  héritier  de  Catherine  Marguerite  de 
Charles. 

1768,  9  févr.;  1772, 13  juin  ;  1785,  13  déc.  Noble  seigneur 
Jean  Philippe  Joseph  baron  de  Woot  de  Tinlot,  fait  relief. 

1787,  17  juil.  Madame  M.  A.  L.  A.  comtesse  de  Nassau 
Corroy,  héritière  de  J.  Ph.  Jos.  de  Woot  de  Tinlot,  dame  de 
Braive  et  Ciplet,  fait  relief. 


BRUMAGNE  (0- 


1380  :  La  ville,  maison,  court  et  toute  la  terre  de  Brimaigne  sur  Meuse  à  tontes 
les  appendices.  —  1390  :  terre  de  Brymaingne  avec  tous  les  émoluments,  dîmes, 
patronages,  etc.  —  1414  :  Manoir,  cens,  prés,  bois,  eaux,  hommaiges,  fiefs,  etc. 
—  146H  :  Hauteur,  seigneurie,  etc.  —  1517  :  Maison  forte,  etc.  —  1M8  :  Bre- 
mangne  en  la  comté  et  banlieue  de  Namur. 


1373,  29  juii.  Messire  Wilheame  sire  de  Spontin  reconnaît 
devoir  à  damoiselle  Marie  de  Wavere,  fille  de  dame  Juliane  de 
Brumangne,  une  rente  sur  sa  terre  de  Brumagne. 

1380,  7  déc.  Dame  Marie  de  Borset,  femme  de  messire  Wil- 
lem, seigneur  de  Spontin,  dit  Lardinois,  chevalier,  fait  relief 
de  son  usufruit. 

1385,  19  mars.  Messire  Wileame  li  Ardenois,  seigneur  de 
Spontin  et  de  Wavere  fait  relief  par  succession  de  messire  Wil- 
leame  de  Spontin,  son  père. 

1390, 2  nov.  Jacquemien  de  Bossimé,  pannetier  héréditaire 
du  comté  de  Namur,  fait  relief,  puis  transporte  la  terre  à  mes- 
sire Baudewien  Bureai  de  Juppeleu,  seigneur  de  Geave  et  du 
château  de  Boneffe,  sauf  Tusufruit  de  dame  Marie  de  Sensaly, 


(i)  Dépendance  de  la  commune  de  Live»  arrondissement  de  Namur  (V.  Saumehy, 
Oé/iCM,elc.,  t.  II,  p.  99.  —  V.  d'autres  reliefs  âi  la  seigneurie  de  Corières. 


~  208  — 

veuve  de  Willeame  Lardenoys,  seigneur  de  Spon tien,  et  femme 
de  messire  Jehan,  seigneur  de  Sensaly,  chevalier. 

1391,  30  sept.  Messire  Baudewieii  Buréal  de  BonefTe,  sire  de 
Geaves,  chevalier,  fait  relief  par  reportation  de  Jacquemien  de 
Bossimé. 

1414,  13  nov.  Johan  dit  Burkin  de  Boneffe,  fait  reHef  par 
reportation  de  messire  Philippe  Buréal  de  Boneffe,  son  père,  à 
la  réserve  de  l'usufruit  de  dame  Yolande  Jeves,  sa  mère. 

1422,  31  déc.  Yoland,  dame  de  Jeyves,  veuve  de  Baud.  Bu- 
réal de  BonefTe,  fait  transport  de  la  seigneurie  à  son  fils  Evrard 
de  Boneffe,  lequel  s'en  dessaisit  à  son  tour  en  faveur  de  Thiery 
Bonnam,  bourgeois  de  Namur. 

1444,  25  mai.  Thiery  Bonam  le  jeune,  fils  de  Thiery  Bonan, 
échevin  de  Namur,  fait  relief  par  reportation  de  son  père  à 
propos  de  son  mariage, 

1468,  27  juillet.  Thii-y  Bonam,  maire  de  Namur,  fait  relief  par 
décès  de  son  père  Thiry. 

1517,  29  oct.  Philippe,  fils  aine  de  messire  Thiry  Bounam  , 
chevalier ,  seigneur  de  Brumagne,  haut-voué  de  Méhagne  et 
maieur  de  Namur,  fait  relief  par  décès  de  son  père. 

1517,  29  oct.  Philippe  Bonam  fait  transport  de  la  seigneurie 
en  faveur  de  messire  Jean  Salmier ,  seigneur  de  Chaleux , 
Vezin,  chevalier,  avec  pouvoir  de  retrait. 

1518,  5  juin.  Johan  d'Argenteau,  écuyer,  seigneur  d'Ochain, 
fait  relief  comme  mari  de  madame  Anne  de  Longchamps,  veuve 
en  premières  noces  de  Thiry  Bonam. 

1518,  28  août.  Philippe  Bonnam  reconnaît  l'usufruit  que 
Anne  de  Longchamps,  sa  mère,  possède  sur  Brumagne. 

1518,  15  nov.  Philippe  Bonnam  renonce  au  droit  de  retrait 
qu'il  s'était  réservé  envers  Jean  Salmier. 

1520, 20  juin.  Jean  d'Argenteau,  mari  d'Anne  de  Longchamps, 
proteste  contre  l'aliénation,  sans  son  consentement,  de  l'usufruit 
de  sa  femme  en  faveur  de  Jean  de  Salmier;  il  est  débouté  de  sa 
demande. 


-  209  — 

1332,  29  mai.  Noble  et  vaillant  homme  Guilleaume  de  Galoppe, 
seigneur  de  Longchamps,  mari  de  demoiselle  Anne  Bonam, 
dame  d*Ochen,  Brumagne,  etc.,  fille  de  Thiry  Bonam  et  d*Anne 
de  Longchamps,  fait  relief  par  décès  de  son  beau-père  et  de  sa 
femme. 

1532,  22  nov.  Messire  Johan  Psalmier,  chevalier,  seigneur 
de  Brumagne,  fait  relief  en  vertu  de  la  saisie  qu'il  a  obtenue  le 
2  décembre  1518  ;  le  lendemain  il  déclare  que  ce  fief  n'importe 
pas  la  souveraineté  à  savoir  de  corde  et  de  sangne,  laquelle  est 
mouvante  de  S.  M.  I.  comme  comte  de  Namur. 

1533,  29  mars.  Guilleaume  de  Galoppe  et  Jean  Salmierentrent 
en  accomodement  pour  éviter  des  procès;  le  premier  renonce 
à  ses  droits  sur  Brumagne  moyennant  une  rente  de  72  florins. 

1534,  26  mai.  Dame  Adrienne  de  Wallincourt,  veuve  de  Jean 
Psalmier,  fait  relief  de  son  usufruit. 

1538,  25  sept.  Jean  Mathieu,  seigneur  de  Ronchines,  mayeur 
d'Oufieyel  échevinde  Namur,  fait  relief  de  l'usufruit  de  safemme 
Adrianne  de  Wallincourt. 

1544,  13  mai.  Pierre,  fils  de  messire  Jean  Psalmier  en  son 
second  mariage,  fait  relief. 

1548, 19  juin.  Pierre  Salmier  rachète  la  rente  de  72  florins 
que  son  père  devait  à  Guilleaume  de  Galoppe. 

1559,  3  mai.  Noble  homme  Pierre  Salmier,  seigneur  de 
Brumagne,  fait  relief. 

1572,  21  avr.  Messire  Pierre  Salmier,  chevalier,  engage  la 
seigneurie  à  messire  Johan  d'Eve,  chevalier,  seigneur  de  Loyers, 
capitaine  de  Dinant. 

1583,  10  juil.  Pierre  de  Psalmier,  seigneur  de  Lyvez,  Wolf- 
saghe,  etc.,  fait  relief  de  son  usufruit,  puis  le  transporie  en 
faveur  de  madame  Hélaine,  sa  fille,  qui  l'engage  à  son  tour  à 
madame  Jacqueline  de  Berloz ,  veuve  de  Jean  d'Eve ,  pour 
servir  d'hypothèque  à  320  florins. 

1587,  8  juil.  Noble   dame  Jacqueline  de  Berloz,  dame  de 

Loyers,  ayant  été  saisie  de  la  seigneurie  pour  faute  de  payement 

13 


—  210  — 

de  la  part  de  Pierre  Salmier  et  d*Helaine,  sa  femme,  noble  sei- 
gneur messire  Nicolas  de  Salmier,  chevalier,  seigneur  de 
Melroy,  Ghalleux,  Dorines,  etc.,  en  fait  purgement  par  voie 
deret  rait  lignager. 

1599, 13  janv.  Nie.  de  Salmier,  fait  relief  en  vertu  du  retrait 
susdit,  puis  transporte  la  seigneurie  à  noble  et  honoré  seigneur 
Henri  d*Eynetten,  écuyer,  seigneur  de  Tinloz,  Âubée,  mari  de 
noble  dame  Helayne  de  Salmier. 

161S,  5  janv.  Noble  et  généreux  seigneur  Philippe  de  Salmier, 
chevalier,  seigneur  dQ  Melroy,  Chaleu,  Brumaingne,  fils  de  Nie. 
de  Salmier  et  de  noble  dame  Agnès  de  Marbaix  de  Loverval, 
fait  relief  par  décès  d'Helayne  de  Salmier,  veuve  de  Henri 
d'Eynetten,  sa  cousine,  de  damoiselle  Helayne  d*Eynetten,  fille 
dudit  Henri,  et  de  Pierre  de  Salmier,  son  grand  oncle  paternel. 

1623,  3  oct.  Convenances  de  mariage  entre  noble  et  généreux 
seigneur  Charle  d'Eynatten,  fils  de  noble  et  généreux  seigneur 
Henri  d'Eynatten,  seigneur  d'Abée,  et  noble  et  généreuse  dame 
madame  Jenne  de  Bombaix,  veuve  de  noble  seigneur  Jean  de 
Courtjoye;  le  susdit  seigneur  Henri  donne  en  dot  à  son  fils  les 
droits  qu'il  peut  avoir  sur  la  seigneurie  de  Brumagne  en  vertu 
du  purgement  de  saisie  qu'il  en  a  fait  avec  madame  Helayne  de 
Salmier,  sa  deuxième  femme. 
1627, 17  mars.  Charles  d*Eynatten  fait  relief. 

1629,  5  janv.  Noble  et  généreux  seigneur  Jean  de  Eynetten, 
seigneur  d'Aubée,  Tinloz,  etc.,  héritier  de  noble  et  généreux 
seigneur  Charles  de  Eynetten,  seigneur  de  Brumagne,  son  frère, 
rachète  au  collège  van  Dalle  de  Louvain  200  florins  de  Brabant 
que  ledit  collège  avait  acquis ,  le  20  juin  »  du  noble  seigneur 
Jean  d'Eve,  écuyer,  seigneur  de  Loyers,  et  du  seigneur  Franc, 
d'Eve,  écuyer,  tuteurs  du  seigneur  Jean  de  Salmier,  fils  de 
noble  seigneur  messire  Pier  de  Salmier,  chevalier,  seigneur 
de  Brumagne. 

1630,  25  mai.  Testament  de  Jenne  de  Bombaix  et  de  Charles 
d'Eynatten,  parlequel  ils  laissent  leurs  biens  au  dernier  survivant, 


—  214  — 

pour  retourner  ensuite  aux  enfants  du  seigneur  Jean  de  Cour- 
tejoie,  seigneur  de  Grâce,  et  de  madame  Marguerite  Bombaix, 
sa  femme,  sœur  de  ladite  Jenne. 

1631,  24  mars.  Jenne  de  Bombaix,  dame  de  Brumangne, 
Live,  etc.,  veuve  de  Charles  d'Eynetten,  fait  relief. 

1631,  2  avril.  Jenne  de  Bombaix  fait  ajourner  noble  et  géné- 
reux seigneur  Jean  d*Eynatten,  seigneur  d'Âbée,  Tinloz,  etc., 
pour  produire  le  traité  de  mariage  passé  le  3  oct.  1623  entre  la 
dite  Jenne  et  Charles,  ot  leur  testament  du  25  mai  1630,  et  les 
faire  mettre  en  garde  de  loi;  ce  qui  fut  fait  le  11  suivant  après 
un  interrogatoire  de  témoins  sur  l'authenticité  de  cet  acte. 

1631,  16  oct.  Jenne  de  Bombays,  dans  le  but  d'éviter  des 
procès,  fait  transport  à  Jeun  d'Eynatten,  son  beau-frère,  de  tous 
les  droits  qu'elle  peut  avoir  sur  la  seigneurie,  sauf  l'usufruit, 
pour  une  rente  viagère  et  certainsdroits  qu'elle  spécifie  ;  ensuite 
de  quoi  le  dit  Jean  d'Eynatten  fait  relief  le  18  suivant. 

1640,  21  juil.  Noble  et  généreux  seigneur  Charles  de  Salmier, 
dit  de  Melroys,  seigneur  de  Melroys,  Challeux,  etc.,  fait  relief. 

1662,  2  déc.  Charles  de  Salmier,  baron  de  Hosden,  seigneur 
de  Melroy,  Brumagne,  Ville  en  Hesbaye,etc.,  engage  la  seigneurie 
à  Nie.  Cuvelier,  avocat,  pour  servir  d'hypothèque  à  une  rente. 

1673, 13  mai.  Convenances  de  mariage  entre  noble  et  géné- 
reux seigneur  Philippe  de  Marbays,  capitaine  d'infanterie  au 
service  de  S.  M.,  et  noble  et  généreuse  damoiselle mademoiselle 
Ermelinde  de  Salmier ,  dame  de  Brumagne ,  Lines ,  etc.  ;  ils 
apportent  tous  leurs  biens  en  dot. 

1727,  2  sept.  Philippe  de  Marbais,  président  du  conseil  sou- 
verain du  Hainaut,  fait  relief. 

1746, 26janv.  Nobledame  madame  Anne  Albertine,  douairière 
de  Phil.  de  Marbais,  née  comtesse  de  Corswarem,  fait  relief  de 
son  usufruit. 

1762,  4  janv.  Noble  seigneur  Bernard  François  de  Marbais, 
seigneur  de  Lives,  de  Mauroy,  etc.,  fils  d'Anne  Albertine  de 
MarbaiSy  fait  relief. 


—  212  - 

'1765,  20  mars.  Très-noble,  très-illustre  et  généreux  seigneur 
messire  Bernard  François  né  de  Marbais,  chevalier,  comte  de 
Bornhem  et  de  Nyelle,  vicomte  de  Dourlens ,  Mauroy  et  Smer- 
pont ,  seigneur  de  Brumagne ,  Lisvres,  Marickerque  ,  Bertel, 
Bauprez,  Leupegem,  Donck  et  Landelis,  haut  voué  de  Hameau 
et  Ginglehin,  gentilhomme  de  la  province  do  Namur,fait  relief. 

1772, 16  juil.  Messire  Nicolas  Ignace  de  Woelraont,  seigneur 
de  Soiron,  Hembrenne,  fait  relief  comme  cousin  germain  et 
héritier  de  messire  B.  Fr.  de  Marbais,  comte  de  Bornhem. 

1772,  31  août.  Messire  Nie.  Ign.  de  Woelmont  et  madame 
Angélique  Thérèse  comtesse  d'Ârgenteau,  sa  femme,  font  trans- 
port de  la  seigneurie  en  faveur  de  messire  Nicolas  Constant 
de  Woelmont,  seigneur  d'Yvoir,  Winée  et  de  Frocour,  leur 
cousin  germain. 

1772,  28  nov.  Convenances  de  mariage  entre  très-noble  et 
illustre  seigneur  messire  Bernard  François  de  Marbais,  chevalier, 
seigneur  de  Brumagne,  Live,  Mauroy,  Smerpont,  etc.,  fils  de 
très-noble  et  illustre  seigneur  Philippe  de  Marbais,  chevalier, 
et  de  très-noble  et  illustre  dame  Anne  Albertine  Ignace  Josèphe 
née  comtesse  de  Corswarem-Looz,  et  très-noble  et  illustre  dame 
Marie  Françoise  Josèphe  de  Roùveroit,  chanoinesse  d'Andenne, 
fille  de  très-noble  et  illustre  seigneur  messire  Henry  Joachim 
baron  de  Roùveroit  et  de  Pamel,  sire  d'Audenarde  et  premier 
pair  de  Flandres,  chambellan  de  S.  M.  L,  et  de  très-noble  et 
illustre  dame  Charlotte  Gabrielle  née  comtesse  de  Watteville 
de  Conflans  ;  les  futurs  époux  apportent  respectivement  tous 
leurs  biens  en  dot  et  notamment  la  seigneurie  de  Brumagne. 

1773,  8  févr.  Monsieur  Charles  Antoine  de  Rossius,  seigneur 
d'Humain,  ancien  bourgmestre  de  Liège,  constitué  par  très-noble 
et  illustre  dame  madame  Marie  Françoise  Josèphe  Gabrielle 
baronne  de  Rouveroy  de  Pamel,  douarière  du  seigneur  Bernard 
François  de  Marbais,  fait  relief  de  l'usufruit  de  ladite  dame. 

1773, 11  mars.  Nie.  Const.  de  Woelmont,  seigneur  foncier  de 
Frocour,  etc.,  fait  relief. 


BUISSONVILLE  ('). 


4453  :  Terre,  hauteur  et  seigneurie.  —  1456  :  cens,  rentes,  revenueSi  droitures, 

prouflis  et  ëmolumens,  adventures  et  forfaictures. 


1483,  1**'  oct.  Jean  de  Heinsberg,  évêque  de  Liège,  donne  la 
seigneurie  à  Jean  dit  Charpentier,  seigneur  de  Haversaing,  pour 
une  rente  de  six  muids  de  flroment. 

1456,  22  août.  Jean  dit  Garpeutier,  bourgeois  de  Dinant,  fait 
relief. 

1467,  21  août  ;  ISll,  3  avr.  Jehan  dit  Charpentier,  fils  aine 
de  Jehan  dit  Charpentier,  fait  relief  par  décès  de  son  père. 

ISll,  4  août.  Sire  Antoine  Charpentier,  fils  aîné  de  Jehan 
dit  Charpentier,  fait  donation  de  la  seigneurie  à  son  frère  cadet 
Jean,  en  convenances  de  mariage,  sauf  Tusufruit  d* Agnès,  sa 
mère. 

1538,  19  juin;  1548,  15  juin;  1558,  16  juin.  Noble  homme 
Jehan  dit  Carpentier,  seigneur  de  Haversain,  fait  relief  de 
Buissonville  et  Haversain, 


(  I  )  Commune  de  la  province  de  Namur,  arrondissement  de  Dinant,  à  1  1  -!2  lieues 
de  Rochefort.  —  Cette  seigneurie  porto  aussi  les  armes  de  Baiilonvillc. 


—  214    - 

1563,  27  avril.  Noble  homme  Hubert  dit  Charpentier  fait 
relief  de  Buissonville  et  Haversairiy  par  décès  de  Jean  dit  Char- 
pentier, son  père. 

1566. 15  mai.  Noble  homme  Jehan  dit  Charpentier,  fait  relief 
de  Buissonville  et  Haversain. 

1683,  28  oct.  Honoré  seigneur  Hubert  dit  Charpentier,  sei- 
gneur de  Humain,  Haye,  etc. ,  fait  relief  de  Buissonville  et 
Haversain . 

1612,  3  avr.  ;  1613,  27  sept.  Noble  et  honoré  seigneur  Houbert 
de  Waha,  fils  de  noble  et  honoré  seigneur  Nicolas  de  Waha, 
seigneur  de  Haversen,  Buissonville,  et  de  noble  dame  mademoi- 
selle Catherine  de  Fyenne,  fait  relief  de  Buissonville  et  Haver- 
sain, par  décès  de  ses  parents,  de  noble  homme  Houbert 
le  Charpentier  et  de  noble  dame  mademoiselle  Hellayne  de 
Viron,  ses  grands  oncle  et  tante. 

1684, 11  déc.  Noble  et  illustre  seigneur  Hubert  de  Waha, 
seigneur  de  Tamine,  haut  voué  de  Fronville,  fait  relief  de  Buis- 
sonville et  Haversain, 

1720,  11  juin;  1725,  8  oct.  Noble  dame  madame  Marie  Cathe- 
rine née  baronne  de  Freymersdorff  de  Putzfels,  veuve  de  mes- 
sire  Englebert  Hubert  baron  de  Waha  de  Fronville  (fils  de  Hu- 
bert de  Waha)  fait  relief  de  son  usufruit  sur  Buissonville, 
Haversain,  la  vouerie  de  Fronville  et  la  tour  de  Vérenne. 

1740,  21  mai.  Son  Exe.  Charles  Emanuel  Joseph  prince  de 
Gavre,  marquis  d'Aiseau,  seigneur  de  Verenne,  fait  relief. 

1744,  25  août;  1766,  30  avril;  1772,  27  juin.  Ch.  Em.  Jos. 
prince  de  Gavre,  gouverneur  de  la  province  de  Namur,  fait 
relief. 

1774. 16  sept.;  1786.  i^'  avril.  Très-noble  et  très-illustre  sei- 
gneur François  Joseph  Rase  prince  de  Gavre,  marquis  d'Ai- 
seau,  gouverneur  de  la  ville  et  province  de  Namur,  fait  relief. 


BUSIN  ET  FAILON  d). 

4319  :  Le  meûue  diesme  de  Basions  et  de  Fêlions  avecq  touties  ses  appartenances. 
—  i345  :  la  grosse  et  menue  disme  des  villes  de  Busin  et  de  Fenlon  valant  an- 
nuellement environ  80  muids  d'épeautre  et  d'avoine.  —  1347  :  Frelons.  — 
1497  :  le  fief  condist  de  Buzin  et  de  Feron  a  toutes  ses  droitures.  —  1542  :  Mai- 
son, porpris,  assise,  terre ,  hauteur  et  segnourie  de  Busin  et  Failon  laquelle  est 
un  membre  du  comté  de  Rochefort^  toute  justice  haute,  moienne  et  basse,  avec  la 
la  juridiction,  cens,  rentes,  revenus,  émolumens,  adventures,  grains,  froment, 
espielt,  soielle,  awaine,  orges,  moniteur,  argent,  chappons,  pouilles,  gelines, 
preis,  terres  labourables  ou  waighe,  en  tris,  bois,  hayes  ou  sartaige,  en  yeawe, 
riviers,  mollins,  vivier,  peicherie,  amendes,  fourfassons,  etc.  — 1665  :  seigneu- 
rie de  Busin  et  Failon  gisante  au  quartier  de  Condros. 


1319,  21  déc.  Wauthier  de  Vervoy,  fait  relief  par  reportation 
de  messire  Danial  de  Blise,  chevalier. 

1320,  26  nov.  Daiiiau  de  Blise  fait  relief  d'une  rente  de  10 
muids  d*épeautre  hypothéquée  sur  la  menue  dtme  de  Busin  et 
de  Fenlon,  par  reportation  de  Werri  Lardenois  de  Huy,  qui  en 
avait  fait  retrait  lignager  hors  des  mains  de  Hustin,  fils  de  Johan 
de  Chierf,  chevalier,  comme  mari  de  la  veuvede  Waulierde  Verve 
(celui-ci  Tavait  achetée  de  son  vivant  audit  Daniau). 


(  *  )  Près  de  Rochefort  en  Condros.  —  Cette  terre  a  aussi  porté  pour  armes  : 
écartelé  aux  1  et  4  d'or  à  l'aigle  de  gueules,  armé  et  becqué  d'azur  ;  aux  3  et  3  de  la 
Marck ,  chargé  en  abîme  d'un  écusson  d'argent  fascé  d'azur,  chargé  sur  le  tout  d'un 
lion  de  gueules  (Le  Fort,  vol.  XIII,  p.  44). 


-  216  - 

1345,  8  août.  Dame  Juliane  de  Longcamps,  veuve  de  Diiiial 
de  Blise,  fait  relief  par  succession  de  son  mari  et  décès  de  son 
fils  Danial,  qui  en  avait  Tusufriiit. 

1347,  14  déc.  Messire  Waulier  de  Juppleu,  chevalier,  fait 
relief  par  reportation  de  Daniau  de  Blise. 

1403,  7  jail. Messire  Ânssiau  de  Sorées.prévot  de  Chiney,  fait 
relief  par  reportation  de  messire  Willeaume  de  Schendermalle, 
chevalier,  lequel  avait  fait  reliefpar  décès  deWathier  de  Juppleu 
et  de  dame  Blanche,  sa  femme,  ses  grand  père  et  grand  mère. 

1414,  23  juin  ;  1421,  25  juin.  Johan  de  Sorées  fait  relief  par 
décès  d'Anseal  de  Sorées,  son  oncle. 

1476,  22  juil.  Damoiselle  Sibille  de  Monen,  dame  de  Nettinez, 
veuve  de  Jehan  de  Sorée,  fait  relief  de  son  usufruit  avec  son 
fils  aine  Baldry,  seigneur  de  Sorée. 

1497,  2  août.  Bernart  de  Gheyn,  écuyer,  fait  relief  par  rési- 
gnation de  Johan  de  Sorey  qui  lui  donne  le  fief  en  engagera. 

1505,  23  juil.  Bernart  de  Chéou  transporte  pour  une  somme 
d'argent  le  fief  à  Johan  de  Sorées,  lequel  le  reporte  à  l'abbé 
St-Hubert  en  Ardennes. 

1515,  22  juin.  Johan  de  Sorées  renonce  pour  200  florins  et 
20  Philippes  d'or  à  la  dîme  de  Buzin  et  de  Fellon,  en  faveur  de 
l'abbé  de  St-Hubert. 

1542,  14  avril.  Corneil  de  Berg,  prince-évêque  de  Liège,  con- 
sent à  la  donation  de  ce  fief  par  son  cher  cousin  Loys  de  la 
Marck,  comte  de  Rochefort  et  de  Montahu,  seigneur  d'Agimont, 
Herbemont,  Orsymont,  etc.,  et  par  dame  Elisabeth  d'Austriche, 
fille  de  très-excellente  mémoire  l'empereur  Maximilien ,  en 
faveur  d'Artus,  fils  naturel  dudit  Loys  etde  damoiselleCatherine 
de  Choux;  ledit  Artus  fait  relief  le  lendemain. 

1545,  23  oct.  Loys,  fils  d'Artus  De  la  Marck,  fait  relief. 

1554, 12  avr.  Loys  de  la  Marck  engage  la  seigneurie  à  hono- 
rable homme  Johan  Lambert,  prévôt  de  Durbuy,  pour  servir 
d'hypothèque  à  une  rente  de  20  florins. 


—  217  — 

1555,  19  juin.  Noble  et  vaillant  Henri  de  Berlaimont  dit  de 
Floyon,  drossart  de  Stockem,  rachète  à  Johan  Lambert,  son 
proche  parent  par  sa  femme,  la  rente  susdite. 

1555,  20  nov.  Loys  de  la  Marck  engage  la  seigneurie  à  Dirick 
Bex,  bourgeois  de  Liège,  pour  servir  d'hypothèque  à  une  rente 
de  27  muids  d'épeautre. 

1556, 15  sept.  Henri  de  Berlamont  est  mis  en  possession  de  la 
seigneurie  pour  faute  de  payement  d'une  rente  de  20  florins  par 
Loys  de  la  Marck. 

1557,  4  janv  Henri  de  Berlaimont,  seigneur  de  petit  Modalve 
et  grand  mayeur  de  Liège,  fait  transport  de  la  seigneurie  à  Di- 
rick Bex  pour  une  rente  de  20  florins. 

1557,  29  avr.  Diric  Bex  fait  transport  de  la  seigneurie  à  Loys 
de  la  Marck,  lequel  la  reporte  à  Jean  Lambert  pour  3400  florins. 

1557,  20  nov.  Jean  Lambert,  seigneur  de  Busin  et  Failhon, 
engage  le  fief  à  Henri  de  Berlaimont  pour  servire  d'hypothèque 
à  une  rente  de  36  florins. 

1563,  6  avr.  Loys  de  la  Marck  renonce  en  faveur  de  noble 
dame  damoiselle  Margaritte  de  la  Falloize,  au  droit  qu'il  peut 
avoir  sur  la  seigneurie. 

1563, 12  mai.  Noble  homme  Gérard  deHollongne,  au  nom  de 
Marg.  délie  Falloize,  sa  mère  (veuve  en  premières  de  noble 
homme  Bauduiu  de  HoUongne-az-Pierre ,  et  en  secondes  noces 
de  noble  homme  Damoiseau  Johan  de  Sart,  seigneur  de  Je- 
haing),  rachète  à  Johan  Lambert  une  rente  de  36  florins  affec- 
tée sur  la  seigneurie.  Ce  dernier  y  consent  le  10  juillet  suivant, 
mais  Loys  de  la  Marck,  seigneur  de  Bussin  et  Faillon,  et  damoi- 
selle Anne  de  Horion,  sa  femme,  s'opposent  k  cet  arrangement. 

1570,  9  mars.  Marg.  de  la  Falloize  dame  de  Jehain,  Bussin 
et  Faillon,  engage  la  seigneurie  à  oes  délie  Vignette,  hallier 
de  Liège,  pour  servir  d'hypothèque  à  une  rente. 

1871,  18  août.  L'abbé  de  S.  Hubert  en  Ardenne,  fait  relief  des 
dîmes  de  Bussin  et  Fellon. 

1572,  27  nov.  Marg.  de  la  Falloise,  veuve  de  Jehan  de  Sart, 
fait  relief  de  son  usufruit. 


—  218  — 

1B79,  6  mai.  Gérard  de  HoUogiie-aux-Pierres  fait  relief. 

1614,  18  juin.  Le  seigneur  bourgmestre  Trappe  fait  relief. 

1618, 13  avr.  Honorable  Herman  Trappe,  jadis  bourgmestre 
de  Liège,  représentant  Anthoine  Romarin,  marchand,  son  beau- 
frère,  déclare  qu*en  Tan  1602  ledit  Romarin  avait  été  mis  en 
possession  de  la  seigneurie,  pour  faute  de  payement  d'une 
rente  de  100  florins  par  noble  et  généreux  seigneur  Gérard  de 
Luxembourg ,  seigneur  de  Hollogne-aux-Pierres ,  Bussin  et 
Paillon,  et  qu'il  avait  ensuite  Tait  transport  audit  Herman;  et 
comme  il  se  trouvait  en  procès  avec  noble  dame  madame 
Elisabeth  de  Bronchorst  et  Battembourg,  veuve  dudit Gérard,  et 
avec  le  seigneur  Bauduin  de  Luxembourg,  leur  fils,  ledit 
Herman  fôit  transport  de  la  seigneurie  à  noble  seigneur  Jean 
de  Méroede,  seigneur  de  Johaing,  Gossencourt,  grand  et  sou- 
verain mayeur  de  Liège,  lequel  fait  purgement  de  la  saisie. 

1632,  22  avr.  Noble  et  généreux  seigneur  Bauduin  de  Luxem- 
bourg, seigneur  de  Hollougne-aux-Pierres,  Bussin  et  Paillon, 
reconnait  devoir  1081  florins  de  Brabant  à  damoiselle  Marie 
Albert,  veuve  d*honorable  Prançois  Soucca,  bourgeois  de  Liège. 

1633,  10  mai.  Baulduinde  Luxembourgh,  seigneur  de  Hol- 
logne-aux-Pierres,  fait  relief. 

1638,  28  sept.  Bauduin  de  Luxembourg  fait  donation  de  la 
seigneurie  à  noble  seigneur  Gérard  de  Luxembourg,  son  fils 
aine. 

1641, 10  avr.  Honorable  Jean  Van  Stochem,  bourgeois  de 
Liège,  mari  de  damoiselle  Oda  Trappe,  et  tous  les  enfants  de 
feu  le  bourgmestre  Herman  Trappe,  font  savoir  que  feu  noble 
seigneur  Prançois  de  Vaulx,  seigneur  de  Lozenge,mari  de  feue 
damoiselle  Gatharine  Gérard,  veuve  dudit  bourgmestre  Trappe, 
avait  obtenu  saisie  du  fief  au  mois  d*avril  1626  contre  Bauduin 
de  Luxembourg,  pour  faute  de  payement  d'une  rente  de  lOOfl., 
et  que  le  25  mars  dernier  ledit  Bauduin  en  avait  fait  purgement. 

1651,  2  oct.  Noble  et  généreux  seigneur  Gérard  de  Luxem- 
bourg, seigneur  de  HoUogne-aux-Pierres,  Busin,  Pailon,  etc., 


--  219  — 

grand  bailli  de  S.  Â.  le  prince  de  Liège  et  de  son  chapitre 
cathédral,  engage  la  seigneurie  à  honorable  Gilles  Mathot,  pro- 
cureur de  Liège,  pour  servir  d'hypothèque  à  une  rente. 

1665, 11  mars.  Noble  et  généreux  seigneur  Guillaume  baron 
de  Horion,  seigneurde  Colonster,  fait  relief  en  qualité  demam- 
bour  de  noble  damoiselle  Marie  Gertrud  de  Luxembourg,  fille 
de  Gérard  de  Luxembourg. 

1674,  8  mars.  Noble  et  généreux  seigneur  Brochard  Willem 
baron  de  Kinsky,  seigneur  de  Hollogne-aux-Pierres,  Busin, 
Failon,  etc.,  fait  relief  comme  mari  de  Marie  Gertrude  de 
Luxembourg. 

1677,  30  déc.  Noble,  illustre  et  généreux  seigneur  Guillaume 
Brockart  baron  de  Kinski  et  noble,  illustre  et  généreuse  dame 
madame  Marie  Gertrude  Ignace  de  Luxembourg,  sa  femme, 
vendent  la  seigneurie  pour  32,000  florins  de  Brabant  à  noble, 
illustre  et  généreuse  dame  madame  Marie  Elisabeth  de  Royer, 
veuve  de  noble,  illustre  et  généreux  seigneur  Richard  de  Hem- 
ricourt,  seigneur  de  Seron,  Meflf,  Waleff,  etc. 

1679,  6  janv.  Messire  François  baron  de  Hautepenne  et 
messire  Guillaume  Glaude  baron  de  Hautepenne  ,  oncle  et 
grand  oncle  respectifs  et  tuteurs  de  noble  damoiselle  Marie 
Georgine  Catherine  de  Hautepenne,  fille  de  messire  Philippe 
François  baron  de  Hautepenne,  seigneur  de  Barvaux,  et  de 
noble  et  illustre  dame  madame  Madeleine  de  Hautepenne, 
sa  femme,  vendent  les  biens  de  leur  pupille  en  Flandre,  pour 
racheter  la  seigneurie  en  retrait  lignager. 

1679, 18  mars.  Marie  Georgine  Cath.  de  Haultepenne  relève 
la  seigneurie  après  en  avoir  fait  retrait  lignager  des  mains  d'E- 
lisabetli  de  Royer. 

170K,  22  déc.  Noble  et  illustre  seigneur  messire  Maximilien 
Henri  comte  d'Aspremont  de  Lynden  et  du  S.  E.,  seigneur  de 
la  ville  et  franchise  de  Hervé,  Barvaux  en  Condros,  Busin  et 
Failon,  fait  relief  comme  mari  de  Marie  Georgine  de  Hautç- 
penne. 


—  220  — 

1733,  23  juin.  Noble  et  généreux  seigneur  Guillaume  Maurice 
baron  de  Kinski,  fait  relief  d*un  stier  de  mouture  sur  la  sei- 
gneurie, lui  dévolu  par  le  décès  de  noble  damoiselle  Vincente 
Hagdeleine  de  Luxembourg,  fille  de  noble  seigneur  Bauduin  de 
Luxembourg,  seigneur  de  HoUogne,  Busin,  Failon,  etc.,  sa 
tante. 

1740, 17  juin.  Noble  et  illustre  seigneur  Ferdinand  Marie 
comte  d'Aspremont  de  Lynden,  seigneur  de  Barvaux,  etc.,  fait 
relief  de  Busin  et  Failon,  et  de  la  Thour  sauvage  à  Havelafige, 
sénéchallerie  et  vouerie  de  Bolluemont. 

1742,  2  mars;  1746,  4  avril;  1766,  25  juin;  1772,  7  sept. 
Madame  Eve  Isabelle  Marie  Renée  née  baronne  de  Walde, 
comtesse  douairière  de  Ferd.  Marie  comte  d'Aspremont,  fait 
relief  de  Busin  et  Failon,  Havelange  et  Bolluemont, 

1786,  25  août.  Monsieur  le  comte  d'Aspremont  de  Linden  et 
du  S.  E.  R.  fait  relief. 


CELLES  ET  FURFOZd). 


435S:  Le  chastiaude  Celles,  le  moullin  au  desoubz,  les  beuveries  de  Celles  et  de 
Bries  et  toutes  les  appartenances.  —  i37â  :  Terre,  ville,  bauUeur  et  signorie.  — 
4424  :  la  fortreche,  maison,  terres,  preis,  appartenanches  et  appendiches  de 
Celiez,  tant  en  bauUeur,  justiche,  cens,  rentes,  comme  aultrement.  —  4544  : 
fortresse,  tonlieu,  winage,  boix,  rlvicrs,  corewées,  etc.  —  4559:  les  cens  de 
Foye,  6ry,  Houbailhe  et  Hubermont.  — 4648:  Baronnie. 

1382  (?),  21  févr.  Rassekin,  fils  de  messire  Jackes  de  Celles, 
chevalier,  fait  relief  par  reportation  de  son  père. 

137-2,  14  juin.  Jean,  évêque  de  Liège,  fait  savoir  que  raessire 
Rassez  de  Celles,  chevalier,  donne  en  douaire  à  sa  femme, 
madame  Magriete,  fille  de  noble  homme  monseigneur  Ernoud 
de  Agimont,  seigneur  de  Tienes,  chevalier,  300  florins  de  rente 
hypothéqués  sur  la  terre  de  Celles. 

138:2, 10  déc.  Messire  Loys,  seigneur  de  Harsées,  fait  relief 
par  reportation  de  Jacquemin  de  Celles,  écuyer,  héritier  de  la 
terre  de  Celles;  il  reconnait  le  douaire  de  Margritte  d'Agimont, 
femme  de  messire  Willeme  Proest,  et  veuve  de  Raes  de  Celles, 
frère  dudit  Jacquemin. 

(*}  Arrondissement  de  Dînant,  province  de  Namur.  (V.  Saumert,  Délices,  etc.,  t 
UI,  p.  54.) 


—  222  — 

1383,  19  juil.  Accord  passé  entre  Loys,  seigneur  de  Harsées, 
et  Guil.  Proest,  en  vertu  duquel  Harg.  d*Âgimont  possédera  le 
château  de  Celles  sa  vie  durant,  pour  passer  ensuite  audit 
Louis. 

139B,  18  juil.  Rassekin,  fils  de  Jacqueminet  de  Chelles,  fait 
relief  par  décès  de  son  père,  sauf  l'usufruit  de  dame  Margriette 
de  Looz,  dame  de  Thyenes. 

1421,4  juil.  Hausse,  sire  de  Celiez,  écuyer,  fait  relief. 

1423,  8  avr.  Rasse,  sire  de  Celles,  relève  sur  les  champs  entre 
Awaing  et  Spontin,  la  seigneurie,  par  reportation  de  Jeban 
Gossuin,  maire  de  Bovingne,  auquel  il  l'avait  engagée  ;  puis  il 
constitue  à  sa  femme,  damoiselle  Agnès  de  Morialmés,  sœur  de 
Robert  le  Rouk,  un  douaire  consistant  en  rentes  de  211  muids 
d'épeautre  et  d'avoine,  «  80  quartiers  de  lin ,  la  pèche  de  Lèche 
dont  on  rent  par  an,  outre  le  détenage  de  ce  que  yauwe  traveille, 
Ix  muys,de  moture,  un  precian  de  V  griffons  et  XIIII  livres  de 
speisses  ;  item  les  iij  bouvries  assavoir  le  Wibailhe  de  Celles, 
le  Ville  et  de  Hubiermont  ;  toute  le  rente  de  lengne  que  un 
segneur  de  Celles  puel  ardoir  en  sa  fortresche  de  Celles  par  an, 
laqueille  les  masuyers  de  la  terre  doient  livrer  à  la  porte  de  la 
fortresce  susdite.  » 

1469,  15  déc.  Loys  de  Ceelles,  fils  de  Raesse,  seigneur  de 
Ceelles,  fait  relief  par  succession  de  son  père. 

1493, 3  mai.  Noble  et  honoré  seigneur  Loys  deCeelles,  écuyer, 
laisse  par  testament  la  seigneurie  à  sa  fille  Ysabeau,  à  condition 
que,  si  l'enfant  dont  était  enceinte  damoiselle  Margrite  de  Roleit, 
sa  femme,  était  un  garçon,  elle  devrait  la  céder  à  son  frère  et 
se  contenter  de  la  seigneurie  de  Viller-sur- Lèche.  Ce  testament, 
fait  dans  la  maison  et  forteresse  de  Ceelles,  dans  une  chambre 
haute  près  de  la  chapelle,  nommée  la  chambre  des  Thiennes, 
fut  présenté  à  la  cour  féodale  le  20  septembre  de  l'année  1503 
par  la  dite  Ysabeau  de  Ceelles,  qui  fit  ajourner  à  cet  effet  Jehan 
de  Roleit,  Robert  seigneur  de  Monjardin,  représentant  noble 
dame  Katherine  de  Fexlie,  chevaleresse  et  dame  de  Roleit,  dame 


—  223  — 

Jehenne  de  Croppet,  chevaleresse,  Jehan  de  Ceelles,  seigneur 
de  Grametinnes ,  dom  Loys  de  Ceelles ,  prieur  d'Âwailhe , 
Joesse  de  Huya  et  Catherine,  sa  femme. 

1S03,  8  juil.  Jean  de  Hornes,  évéque  de  Liège,  fait  savoir  que 
Johan  de  Boullant,  fils  aîné  de  Rolé,  a  relevé  les  seigneuries  de 
Ceelles  et  de  Villers-sur-Lesche  pour  son  neveu,  Loys  de  Ceelles. 

1511,  25  juil.;  1538,  '23  juin.  Loys  de  Ceelles,  fait  relief  par 
décès  de  Loys  de  Ceelles,  son  père. 

1538,  18  oct.  Cornille  de  Berghes,  évêque  de  Liège,  permet 
à  Loys,  seigneur  de  Ceeles,  de  Villeir-sur-Lesche  et  d'Enhay, 
haut-voué  de  Furfou,  de  disposer  de  ses  fiefs  comme  il  Tentend. 

1540,  14  janv.Damoiselle  Margarine  Coultreau,  veuve  de  Loys 
de  Ceelles,  fait  relief  de  Tusufruit  des  seigneuries  de  Ceeles  et 
Villeir-sur-Lesche,  et  de  Tavouerie  de  Furfolz. 

1553,  29  mai.  La  même  dame  relève  son  usufruit  sur  les 
seigneuries  de  Ceelles ,  Viller-sur-Lescht ,  Enchet  et  Furfolz 
(Limites  de  la  seigneurie  de  Celles). 

1556,  8  févr.  Damoisea  Henry,  fils  de  Loys  de  Ceelles  et  de 
Margaritte  de  Cottereau,  fait  relief  des  seigneuries  de  Ceelles, 
Yiller-sur-Leschey  Aunchet  et  Furfoulz,  par  décès  de  ses  parents 
et  de  damoisea  Erard,  son  frère  aine  ;  après  quoi  il  transporte 
par  pure  amitié  celle  de  Villeir-sur-Lesche  à  son  frère  cadet, 
damoisea  Loys  de  Ceelles. 

1558, 12  mars.  Noble  homme  Henry  de  Ceelles  fait  relief  de 
Ceelles,  Eniieheit  et  FurfoL 

1559, 20  mai.  Henry  de  Ceelles  apporte  en  mariage  à  damoi- 
selle  Jehenne,  fille  de  feu  noble  homme  Thiry,  baron  de  Bran- 
deborch,  seigneur  de  Chesteau-Thiry  et  de  dame  Catherine  de 
Liedekercke,  les  seigneuries  de  Ceelles,  Enneheid  et  Furfoz. 

1566,  10  juin.  Noble  dame  Madame  Jehenne  de  Brandeborg, 
veuve  de  Henry  de  Ceelles,  relève  son  usufruit  sur  Ceelles, 
Enheid  et  Furfoz. 

1584,  7  juil.  Noble  homme  monseigneur  Guilheame  de  Caron- 


-  224  — 

delet,  seigneur  de  Crupet,  haut  voué  de  Fourfoz,  fait  relief  de 
Ceelles,  Crupet,  Ennehet  et  Furfolz. 

1S86, 12  août;  1613,  24  oct.  Noble  homme  seigneur  Loysde 
Celles,  fait  relief  de  Celles,  Anexhet  et  Fourfoulz, 

1648,  23  sept.  Messire  Andrien  François  baron  de  Ceelle, 
Ennehet,  cède  à  mademoiselle  Dorothée  Thérèse  de  Ceelle, 
chanoinesse  d'Andenne,  sa  sœur,  tous  les  droits  de  purgement 
et  autres  qu'il  peut  avoir  à  la  baronnie  de  Ceelle,  à  Ennehet^ 
Montigny  le  Tigmux  et  à  tous  ses  biens,  lui  dévolus  par  décès 
de  ses  parents  et  de  messire  Thiry  de  Ceelle,  seigneur  de  Hun, 
chanoine  de  Saint-Lambert,  son  oncle. 

1649,  6  oct.  Thiry  de  Celle  cède  à  Claude  François  de  Celle, 
comte  de  Beaufort,  son  neveu,  tous  les  droits  qu'il  peut  avoir 
sur  les  seigneuries  de  Celle  et  Enhet,  comme  fils  de  Louys  et 
frère  de  Guilleaume,  barons  de  Celle. 

1649,  20  nov.  ;  1682,  27  nov.  Noble  seigneur  Claude  François 
baron  de  Celles,  seigneur  de  Lapoigne,  Besier,  etc.,  fils  de 
Robert  baron  de  Celles,  fait  relief  par  décès  de  Louis  baron  de 
Celles,  son  grand  père  et  des  enfants  de  Guilleaume  de  Celles, 
son  oncle. 

1680, 10  sept.  Jean  de  Ramelot,  commis  de  feu  noble  et  géné- 
reux seigneur  Louis  baron  de  Ceelle,  de  ses  fils  Guilleaume, 
seigneur  d'Enheit,  et  Thiry,  seigneur  de  Hun,  de  feue  Madame 
Anne  d'Oyembruge,  dame  douarière  de  Loppoigne,  Baysy, 
Hason,  Hatten,  veuve  de  messire  Claude  de  la  Bourlotte,  produit 
le  traité  de  mariage  conclu  le  10  février  1626  entre  feu  noble  et 
généreux  seigneur  Robert  de  Ceelle,  seigneur  de  Stienhaulx,  et 
Madame  Anne,  fille  de  feu  messire  Claude  de  la  Bourlotte,  et  le 
fait  approuver  par  la  cour. 

1682,  27  nov.  ;  1660,  9  août.  Claude  François  de  Celles,  sei- 
gneur de  Lapoigne,  Besier,  etc.,  fait  relief  de  Celles,  Enheitei 
Furfolz. 

1674,  24  sept.  Noble  et  illustre  dame  Madame  Anne  de  la 


-  228  — 

Bourlotte,  comtesse  de  Beaufort,  baronne  de  Celles  et  de  Lo- 
poigne,  fait  relief  de  Celles,  Enneheid  et  Furfoz,  par  décès  de 
Claude  François,  comte  de  Beaufort,  son  fils. 

1674, 15  oct.  Noble  et  illustre  seigneur  Théodore  de  Celles , 
chevalier  de  Tordre  de  St-Jean  de  Jérusalem,  fait  relief  de  Celles, 
Enheit  et  Furfoz,  par  décès  de  Claude  François,  son  frère. 

1680  ,  3  avril.  Noble  et  illustre  seigneur  Albert  de  Celles, 
comte  de  Beaufort,  fait  relief  par;déeès  de  Théodore,  son  frère. 

1699,  17  juin;  1725,  26  mars.  Noble  et  illustre  seigneur 
Thierry  François  de  Celles,  comte  de  Beaufort,  fait  relief  de 
Celles,  Enheid  et  Turfoz,  par  décès  d* Albert ,  son  père. 

1731,  30  août.  Convenances  de  mariage  entre  haut  et  puissant 
seigneur  Hilarion  comte  de  Beaufort  et  du  Saint-Empire  (fils 
aîné  de  très-haut  et  puissant  seigneur  messire  François  Théodore 
comte  de  Beaufort  et  du  Saint-Empire,  colonel  d'un  régiment 
au  service  des  États,  de  la  cité  et  du  pays  de  Liège,  gouverneur 
de  la  citadelle  de  Liège,  baron  de  Celles,  seigneur  d'Enhet, 
Gendron,  Foy,  Boisseille,  etc.,  et  de  feue  très-noble  et  illustre 
dame  madame  Marie  Thérèse  de  Waha  de  Haversain),  et  très- 
noble  et  illustre  damoiselle  Isabelle  Thérèse  Joseph  baronne 
de  Jacquier  (fille  aînée  de  noble  et  généreux  seigneur  messire 
Jacques  Gabriel  baron  de  Jacquier  de  Rosée ,  seigneur  du  ban 
d'Anthée,  Goschenée,  Jusaine,  Laognesée,  et  de  haute  et  puis* 
santé  dame  madame  Marie  Isabelle  comtesse  de  Wignacourt)  ; 
le  dit  Hilarion  apportera  dans  la  communauté,  après  la  mort  de 
son  père,  les  seigneuries  de  Celles,  Enheid  et  Furfoz. 

1737,  21  févr.;  1745,  9  janv.;  1766 ,  10  juil.  Hilarion  comte 
de  Beaufort,  baron  de  Celles,  fait  relief  de  Celles,  Enheit  et 
Furfpzj  par  décès  de  Thierry  de  Celles,  son  père. 

1771,  22  nov.  ;  1772,  21  nov.  ;  1785,  20  mai.  Noble  et  illustre 

seigneur  Jacques  Ignace  comte  de  Liedekercke ,  grand-mayeur 

de  la  ville  de  Maestrecht,  mari  de  noble  et  illustre  dame  madame 

Robertine  comtesse  de  Beaufort,  fille  atnée  de  messire  Hilarion 

comte  de  Beaufort,  fait  relief  de  Celles,  Enheit  et  Furfoz. 

14 


CHAUMONT  ET  GHISTOUL  M. 


1!)4S  :  Lb  ville,  segnourie  et  justice  de  Chamont  en  Braibant  et  louttes  ses  appir- 
lennancBa  el  appcndiches,  Unt  en  cens,  renies,  comme  eo  quelconque  allre 
manier.  —  l.tgG  :  Haulteur,  revenues,  hommaiges,  elc.  —  t390  :  Le  terre  de 
ChamoDl,  forleresclie,  etc.  —  1431  :  Maison,  terres,  etc.  — 1431  :  Prés,  boa 
yauwes,  hdrilaiges,  huisinca  et  aullrcs  appartenances,  droitlnres  et  redeva- 
tililës,  etc.  —  1497  :  Moulin,  capons,  deismes,  etc.  —  1453  :  Glitistellcrie, 
jnstice  haulle,  moyenne  et  basse  de  Clialmonl,  terres  laborables,  huisinne,  bras- 
serie, plusseurs  HelTi,  etc.  —  1195  :  Baronnie,  etc. 

1315,  a  avr.  Arnoul,  avoué  de  Hesbain,  fait  relief. 

1356,  4  mai.  Lanbiert  d'Ouppey,  chevalier,  fait  relief  de  Cha- 
mont et  de  Gistoul  en  vertu  de  ses  conveaances  de  mariage  avec 
dame  Aelis  daine  de  Hermalles,  et  par  décès  de  celle-ci. 

1390,  4  oct.  Johans  ,  fils  de  feu  messire  Lambert  seigneur 
d'Uppey,  chevalier,  fuit  relief  par  reportation  de  messire  Adan 
seigneur  d'Uppey,  lils  aine  dudil  Lambert. 

1416,  7  févr.  Messire  Adam  d'Upey,  chevalier,  fait  relief  de 
Chamont  et  Gislou  par  décès  de  messire  Johan  de  Chamont,  son 
frère. 

1431,  21  mai.  Adam  d'Uppey  engage  pour  SOO  florins  à  Bau- 
duin  de  Glimes,  écuyer,  l'usufruit  qu'il  possède  sur  la  sei- 

(  I  :  Arrondi ssonent  de  Nivelles,  province  de  Brabant. 


—  227  — 

gneurie  de  Chaumonr,  réservé  le  douaire  de  dame  Ysabiaul  de 
Glymes,  tanie  dudit  Bauduin.  Le  29  juin  1422,  il  constitue  une 
nouvelle  engagère  pour  mille  florins. 

1431,  13  déc.  Jehan  seigneur  de  Thillich  et  d'Oprebais  , 
écuyer,  fait  relief  par  reportation  d'Yzabiaul  de  Glymes,  veuve 
de  Jehan  d  Uppey. 

1437,  5  mars.  Noble  dame  dame  Jehenne  de  Scoenevelle, 
veuve  de  messire  Renart  de  Mommalle,  seigneur  d*Eynetines 
et  de  Mouffrin,  chevalier,  et  Willeam  de  Mommalle ,  son  fils, 
après  avoir  fait  relief  de  la  seigneurie,  en  font  transport  à  noble 
homme  Bauduin  de  Sébourcq ,  seigneur  de  Fontaines  et  de  Me- 
len,  écuyer,  mambour  d'Yzabiaul  de  Glimes,  par  ordonnance 
de  la  cour  féodale  et  en  vertu  d'un  ancien  accord. 

1452,  20janv.  Frère  Jehan  Beauduin,  prieur  du  monastère 
Bonne-Espérance  en  Haynnau,  fait  relief  de  Chaumont  et  de 
Gistoul^  dévolus  audit  monastère  en  vertu  d*un  jugement  de 
la  cour  féodale. 

146S,  17  août.  Frère  Pierre  du  Fossé,  abbé  de  N.  D.  de 
Bonne-Espérance,  fait  relief. 

147S,  23  oct.  Jean  le  Hurt  de  Scboenneyck  fait  relief  de  la 
seigneurie  telle  que  la  possédait  Adam  d'Oupey. 

1497,  4  janv.  Messire  Nicolle  de  Merdorp,  abbé  de  Bonne- 
Espérance,  fait  relief. 

1810,  28  oct.;  1524,  21  juil.  Messire  Johan  Coirnu,  abbé  de 
Bonne-Espérance,  fait  relief. 

1S37,  29  juin.  Révérend  père  damp  Johan  d*Eppe,  abbé  de 
Bonne-Espérance,  fait  relief.  Le  23  août  1538,  le  même  abbé 
relève  Ghamont  et  Ghestoul, 

1552, 16  janv.  Jehan,  abbé  de  Bonne-Espérance  au  diocèse 
de  Cambrai,  fait  relief. 

1557,  23  oct.  Pierre,  abbé  de  Bonne-Espérance,  fait  relief  et 
donne  dénombrement  de  la  seigneurie. 

1576,  4  déc.  Révérend  père  messire  Jehan,  abbé  de  Bonne- 
Espérance,  fait  relief  et  donne  dénombrement. 


\ 


—  288  — 

1657, 27  oct.  Révérend  Augustin  de  Feleries,  abbé  de  Bonne- 
Espérance,  fait  relief.  ^ 

1671,  22  oct.  Révérend  Englebert  Maghc,  abbé  de  Bonne- 
Espérance,  fait  relief. 

,  1709,  22  août.   Très-révérend  frère  Jean  Patoul,  abbé  de 
Bonne-Espérance,  fait  relief. 

1725, 13  oct.;  1749,  lOnov.  Très-révérend  iseigneur  Jérôme 
Petit,  abbé  de  Bonne-Espérance,  baron  et  seigneur  de  Gbau- 
mont  et  Ghistoul,  fait  relief. 

1753,  31  août  ;  1766,  12  nov.;  1772,  19  sept.  Très-révérend 
seigneur  Adrien  Housse,  abbé  de  Bonne-Espérance,  fait  relief. 
(Dénombrement). 

1773,  i  août  ;  1788,  8  nov.  Le  révérendissime  seigneur  frère 
Bonaventure  d*Aublain,  abbé  de  Bonne-Espérance,  fait  relief. 
(Dénombrement). 


COLONSTER(i). 


IMO  :  Le  maisoD  de  Collonstar,  atout  1  bonniars  de  bois  tjul  priés  d'iceli  maiioa 
altinoant  jnsqaoB  m  rien  da  Florenville  el  XVi^  bonninrB  ds  terra  enille  en  denl 
piecbss,  desquelles  l'une  anoia  le  terre  de  Huy  el  l'autre  le  Cresseniere.  — 1U1: 
LaTarla  maison,  preis,  tarres,  boii,  appendices  et  apparlenances.  — 1691  :  Cher- 
nage,  profis,  ëmolumens.appeDdicBs  el  apparteacnces.  — IS73  :  bayes,  hdrilaiges, 
elc.  —  i638  :  Chesleau,  lerre,  haullear,  seigneurie,  etc.' — 1T61  :  baute,  moyinaa 
elbatM  justice,  etc.  —  1788  :  Chapelle,  biti mens,  lesTermes  deSart,  Tilff  et 
StÏDval  dite  Chainva,  deux  Iles  à  foia,  elc. 

1400,  âS  août.  Damme  Gécille,  fille  de  fëu  messire  Gilles 
Gillar,  chevalier,  avec  Johaa  Surlet,  chevalier,  son  mambour, 
fïiit  relief  par  décès  de  Radoul  de  Colonster,  son  cousin,  et  en 
vertu  du  testament  de  messire  Louys  de  CoUonster,  chanoine 
de  Liège,  lequel  avait  Tait  accord  avec  dame  Katherine,  mère  de 
ladite  Gécille. 

1457,  2  juil.  Stas  Chabot,  souverain-mayeur  de  Liège,  (bit 
relief  de  Golonster  et  de  tous  autres  biens  relevant  de  l'évéché 
de  Liège  et  du  comté  de  Looz. 

147S,  3  déc.  Olivier,  b(&tard)  de  Wezemale,  en  qualité  de 
mambour  de  Gerart  d'Odeur  dit  deWerfezées,  enfant  mineur, 

(<)  Arrcndisseneat  et  province  da  Liège.  (V.  iJadheby,  Bilicti,  etc.,  l.  111,  p. 
303;  Bori,  pronunadei,  oie.,  t.  Il,  p.  16S).  Ou  trouve  aussi  cesarmoirieschar- 
gées  en  char  d'an  pigeoo  d'or. 


~  230  - 

relève  la  maison  par  reportalion  de  vénérable  seigneur  messire 
Arnould  de  Hamalle  dit  d'Odeur,  chantre  de  St-Lambert, 
seigneur  de  Werfezées. 

1478,2  avr.  Messire  Willem  de  Sombreff,  chevalier,  seigneur 
de  Rekem  et  Kerpen,  fait  relief  en  vertu  du  testament  de 
damoiselle  EUis,  veuve  de  Stassin  Chabot. 

1484,  22  nov.  Messire  Ghisbrecht  van  Wachtendonck,  che- 
valier, comme  mari  de  dame  Marie,  veuve  de  Willem  deSom- 
breffe,  fait  relief;  après  quoi  il  fait  transport  à  Daniel  de  Noen- 
hem,  fils  de  Henri  de  Noenhem. 

1506,  15  déc.  Vénérable  homme  maître  Johan  Paell,  docteur, 
chanoine  de  Saint-Lambert,  relève  comme  il  Favait  fait  sous 
révoque  Jean  de  Homes.  Le  lendemain  ledit  Paell  et  noble 
homme  Daniel  de  Nonnengem  déclarent  s'en  rapporter  au 
jugement  de  la  cour  pour  le  procès  qu'ils  ont  au  sujet  de  la 
maison  de  Golonster. 

1512,  5  juin.  Noble  homme  Ëverard  comte  de  la  Marck 
d'Arembergh,  seigneur  de  Mirvvart,  etc.,  fait  relief  par  simple 
résignation  de  Daniel  de  Nuenhem.  Le  13  juin  suivant,  ledit 
Everard  transporte  le  lîef  à  Hubert  de  Fanchon,  le  jeune, 
mari  de  damoiselle  Magdalenne  de  Zuwinkeris,  pour  servir 
d'hypothèque  à  une  rente  de  500  florins  pendant  la  vie  de  la 
dite  Magdalenne,  à  telle  condition  que  si  celle-ci  venait  ii 
mourir ,  la  terre  retournerait  aussitôt  audit  comte  ou  à  ses 
hoirs. 

1516,  25  juin.  Noble  et  très-honoré  seigneur  monseigneur 
Everar  comte  de  la  Marck  d'Arembergh,  seigneur  de  Mirwart, 
Neufchastea,  Loingpreit,  Villance,  etc.,  déclare  que,  pour  la 
somme  de  100  florins  que  vient  de  lui  payer  Hubert  de  Fanchon, 
le  jeune,  il  accorde  à  celui-ci  pour  sa  vie  durant,  la  possession 
de  Golonster  qu'il  avait  achetée  de  ses  deniers  en  plein  siège  de 
mariage. 

1521,  21  juin.  Everart  comte  de  la  Marck  et  d'Arembergh, 
souverain-mayeur  de  Liège,  déclare  avoir  promis  à  damoiselle 


—  231  — 

Magdaleine,  sa  fille,  dans  ses  convenances  de  mariage  avec 
GerardfdeGoore,  500  florins  de  Brabant;  en  garantie  de  laquelle 
somme  il  lui  avait  engagé  sa  terre  de  CoUonster  pour,  à  faute 
de  payement,  en  prendre  possession  après  le  décès  de  Hubert 
de  Fanchon  et  de  Magdaleine  de  Zuynkeris,  jusqu'à  satisfaction 
desdits  SOC  florins;  cela  fait,  il  autorise  son  frère  monseigneur 
Robert  comte  de  la  Marck  et  d'Arembergh,  seigneur  d'Aigre- 
mont,  Bouchoult,  Humbeeck,  vicomte  de  Bruxelles,  haut-voué 
de  Hesbain,  maréchal  héréditaire  de  Hollande,  sénéchal  de' 
Lymborgh,  de  Dolhain,  etc.,  de  payer  audit  Gérard  et  à  sa  future 
épouse  les  susdits  500  florins  pour  être  lui-même  surrogué  en 
leur  lieu  et  place  dans  les  droits  que  ledit  comte  Everard  leur 
avait  donné. 

1524,  23  avr.  Everard  comte  de  la  Marck  et  d'Aremberck, 
fait  donation  de  CoUonster  à  Conrard  de  Horion,  mari  de  sa 
fille  Magdalenne. 

1538,  23  juin.  Conrard  de  Horion  fait  relief  à  la  joyeuse 
entrée  de  Cornille  de  Berghes,  évêque  de  Liège,  au  palais 
de  Liège. 

1575,  3  fév.  Damoisea  Guilheame,  fils  de  Conrard  de  Horion, 
fait  relief  par  décès  de  ses  père  et  mère. 

1613,  7  oct.  Noble  et  généreux  seigneur  Gérard  de  Horion, 
chevalier,  seigneur  de  CoUonster,  Angleur,  Ertenne,  dros- 
sart  du  comté  de  Looz,  etc.,  fait  relief  par  décès  de  son  père 
Guilheame. 

1638,  14  oct.  Révérend,  noble  et  généreux  seigneur  Jean 
d*Eldereu,  doyen  de  Saint-Lambert,  prévôt  de  Saint-Barthélémy 
et  conseiller  privé  de  S.  A.,  noble  et  généreux  seigneur 
Anthoenne  de  Haullepenne,  seigneur  de  Barveau  en  Condroz, 
Risbrouck,  et  révérend,  noble  et  généreux  seigneur  Ernest  de 
Rerkem,  seigneur  dudit  lieu,  chanoine  de  Liège  et  conseiller 
féodal,  tous  trois  mambours  de  noble  seigneur  Guilleame  de 
Horion,  fils  unique  et  mineur  de  Gérard  de  Horion,  font  relief. 


—  232  - 

1651,  4  dëc.  Généreux  seigneur  Guilleaume  de  Horion, 
seigneur  d*AQgleur,  Rettine,  etc.,  fait  relief. 

1690,21  mars.  Noble  et  illustre  seigneur  messire  Gérard  As- 
suer  baron  de  Horion,  seigneur  de  Colonster,  Hel,  etc.,  fait 
relief  par  décès  de  Guilleaume  de  Horion,  son  père. 

1726,  8  janv.  Noble  et  très-illustre  seigneur  messire  Gérard 
Assuer  baron  de  Horion,  seigneur  de  Hel,  époux  de  madame 
Marie  Hélène  Josine  baronne  de  Bentinck,  fait  relief. 
*  1769,  22  oct.  ;  1768,  21  août.  Très-noble  et  très-illustre  sei- 
gneur messire  Charles  François  Joseph  comte  de  Horion,  cham- 
bellan de  S.  M.  I.  R.  et  A.,  colonel  d'un  régiment  d'infanterie 
étrangère  portant  son  nom  au  service  de  S.  M.  T.  G.,  seigneur 
de  Colonster,  Angleur,  haut  drossart  du  comté  de  Home  et  de 
Looz,  fait  relief  par  décès  de  Son  Excellence  Haximilien  Henri 
Hyacinthe  comte  de  Horion ,  seigneur  de  Colonster  et  Angleur, 
grand  prévôt  de  Liège,  abbé  commenditaire  deN.  D.  de  Mouzon, 
prévôt  de  Maeseick  et  d*Hilvarisbeeck,  conseiller  d'Etat  de  feu 
l'empereur  Charles  VII,  grand-maitre  et  premier  ministre  de 
S.  S.  E.,  son  oncle. 

1768, 18  août.  Monsieur  Jean  Thomas  Dupont,  de  Tilff,  fait 
relief. 

1769, 8  déc.  Ch.  Fr.  Jos.  comte  de  Horion,  seigneur  de  Co- 
lonster, Angleur,  etc.,  cède  k  noble  et  illustre  dame  la  comtesse 
douairière  d*Arberg,  née  comtesse  de  Horion,  sa  sœur,  l'admi- 
nistration de  tous  ses  biens,  à  condition  de  payer  ses  dettes 
et  de  rétablir  ses  affaires. 

1771,  2  sept.  Marie  Anne  comtesse  de  Horion,  née  comtesse 
de  Yelbruck,  demande  l'exécution  d'une  promesse  de  6000  liv. 
de  France  lui  faite  comme  pension  par  Ch.  Fr.  Jos.  comte  de 
Horion. 

1774, 1"  mars.  Ch.  Fr.  Jos.  de  Horion,  conseiller  privé  de 
S.  A.,  grand  mayeur  et  souverain  officier  de  Liège,  engage 
à  monsieur  Jean  Guillaume  Arn.  de  Chockier,  chevalier  de  S. 
E.  R.,  seigneur  de  Geinglehein,  sa  maison  sur  la  Place-Verte, 


—  233  — 

à  Liège  et  tous  ses  biens»  pour  servir  d'hypothèque  à  une  rente 
de.240  florins  de  Brabant. 

1780,23  nov.  Le  curateur  des  biens  de  Gh.  Fr.  Jos.,  comte 
de  Horion  met  à  proclamation  le  château  de  Golonster,  lequel 
est  acquis  pour  i70,S00  florins  de  Brabant,  par  très-noble  et 
très-illustre  seigneur  Jean  Florent  Lamoral  Louis  Charles 
François  duc  de  Gorswareme  Looz,  lequel  fait  relief. 

1781,  29déc.  Le  duc  de  Gorswarem-Looz,  n'ayant  pas  à  sa 
disposition  la  somme  qu*il  avait  offerte  pour  la  seigneurie^ 
celle-ci  est  adjugée  à  très-illustre,  très-puissant  et  généreux 
seigneur  Benoit  Albert  Louis  Guislain  comte  de  Hamal,  vicomte 
de  Focan,  lequel  fait  relief. 

1789, 12  janv.  Le  vicomte  de  Focan,  seigneur  de  Jamblines, 
JamsouUe,  etc.,  haute  et  puissante  dame  madame  Marie  Mar- 
guerilte  Louise  Ângeline  Jean-Népomucène  comtesse  de  Hamal 
de  Focan,  sa  femme,  Ferdinand  François  Joseph  Alphonse 
Guislain  comte  de  Hamal  de  Focan,  leur  fils,  haute  et  puis- 
sante dame  madame  Marie  Charlotte  comtesse  de  Hamal,  née 
comtesse  de  Horion,  femme  de  ce  dernier,  haut  et  puissant  sei- 
gneur messire  Philippe  Alphonse  Maximilien  Joseph  Guislain 
comte  de  Hamal  et  du  S.  E., baron  de  Vierves,  etc.,  frère  dudit 
vicomte,  engagent  tous  leurs  biens  à  monsieur  Laurent  de  Las- 
sence,  ancien  capitaine  au  service  de  France,  pour  servir  d'hy- 
pothèque à  une  rente  de  262  florins. 

1783, 28  mai.  Messire  Ben.  Alb.  L.  Guisl.  de  Hamal,  seigneur 
de  Martusin,  des  Deux  Hours,  Havenne,  Golonster  et  Angleur, 
gentilhomme  de  TEtat  noble  du  pays  de  Liège ,  cède  à  haut, 
noble  et  puissant  seigneur  messire  Ferd.  Fr.  Jos.  Alph.  Guis, 
comte  de  Hamal  de  Focan,  grand-mayeur  et  souverain  officier 
de  Liège,  grand  bailli  des  comtés  de  Looz  et  de  Horne,  lieute- 
nant voué  de  Thorn,  conseiller  privé  de  S.  A.,  etc.,  son  fils, 
les  seigneuries  de  Golonster  elAngleur.en  échange  des  terres  de 
Jamblme  et  JarnsoulCy  réservées  dans  la  vente  faite  le  28  mars 
1783  à  haut  et  puissant  seigneur  messire  Pierre  Benoit  vicomtQ 


—  834   - 

de  Sandrouin,  seigneur  de  Villers-sur-Lesse.  Ledit  comte  de 
Hamal  de  Focan  fait  relief. 

1787,  9fév.  Le  comte  de  Hamal,  baron  de  Vierves,et  le  comte 
de  Hamal,  grand-mayeur  de  Liège,  époux  de  Marie-Charlotte 
comtesse  de  Horion,  cèdent  à  noble  et  honoré  seigneur  idon- 
sieur  Thomas  Mattias  de  Louvrex,  jurisconsulte,  avocat  et  an- 
cien bourgmestre  de  Liège,  le  fief  de  Golonster,  le  tiers  des  sei- 
gneuries de  Scry,  Abée,  Saint-Fontaine  et  Thôtel  de  Horion  sur 
la  Place-Verte  à  Liège,  à  condition  de  payer  les  dettes  de  feu  le 
comte  de  Horion. 

1788,  7  janv.  Le  comte  de  Hamal,  baron  de  Vierves,  cède  la 
seigneurie  aux  créanciers  du  comte  de  Horion. 


COURRIERE.C) 


13S0  ;  Terni  de  Bois,  de  Corrièns  et  àt  Brimaigne,  valans  Jiijii  libr.  terre  etxxviij 
bomincs.  —  1363:  La  flaf  de  Corières  dallés  Hailhen.  —  1319  :  Le  ville  de 
Conrièrea,  le  bawe  jnstisse  dou  liea  avoecq  iv  mnia  de  bleid  moitiilla,  mesure 
de  Hamar,  Tiij  cappoos,  xxvîij  s.  de  cens,  et  le  cana  des  Tacher,  etc.  —  13TS  ; 
Atout  haaleur,  ceos,  reaies,  elc.  —  iUi:  La  terre  de  Corires  séant  soor  la 
RendHrch,  etc.  —  i4HT:  Toute  la  terre,  hsalaur  el  seignourie  deCoriires  gissaat 
sourie  Raindarce,  etc.  —  1U7  ;  SeigneuriemoyeaDeel basse,  terres, preii, boiXt 
elc.  —  1619:  Viviers,  ctaerwaiges,  biens  hireiaublas  eDdépeadaae,  etc.  —  lllB: 
Chliloau,  elc.  —  l'ail  :  Uae  eoar  Téodale,  la  seigaearie  taacière  de  Triea 
d'AvilloD,  etc. 

1320,14  août.  Gillotin  dou  bois,  avec  Jean  Aigneas  deVivario, 
son  mamboiir,  fait  relief  de  Corrières,  Bois  et  Brimaigne,  par 
succession  de  son  père  Gtllotial,  fils  de  Gilles  dou  Bois. 

1353,  17  sept.  Gilloti:iu  dou  Bois  relève  par  reportation  de 
Hassotte  Pernode,  lequel  venait  de  faire  relief  par  succession 
de  son  père. 

1359,  5  mai.  Jehan,  fils  de  Lorechon  de  Sta,  de  Dinant,  fait 
relief  comme  mari  de  Ratlierinne,  et  par  reportation  de  Wautîer, 
fils  de  J.  Angneal,  fVëre  de  sa  femme. 

1360,  i"  déc.  Jehan  d'Orgol,  bourgeois  de  Dinant,  ftiit  relief 
par  reportation  de  Jehan,  fils  de  Lorechon  de  Stau. 

<l  )  Province  ai  arrondiasemeai  de  Namur. 


—  -236  — 

1372,  6jaRv.  Messire  Willem  de  Spontin,  relève  Corières  et 
Brumaing,  par  reportatioa  de  Willeme  Lardenois,  son  fils,  le- 
quel venait  d*en  faire  relief  par  décès  de  sa  mère. 

138S,  19  mars.  Messire  Willem  Lardenois,  seigneur  de  Spontin 
et  de  Wavere,  fait  relief  de  Corières  et  Brimaigne,  par  décès  de 
Willem  de  Spontin,  son  père,  sauf  ie  douaii  e  de  dame  Marie 
de  Borsseir. 

1404,  28  nov.;  1418, 16  août.  Jehan  li  Cherpentier,  de  Dynant, 
fait  relief  par  reportation  de  messire  Robert,  fils  aîné  de  Willem 
Lardenois,  sire  de  Spontin,  chevalier. 

1433, 4  oct.  Godeffroit  de  Foye  (ou  Soye?),  bourgeois  de  Dinant, 
relève  comme  mari  de  Santé,  fille  de  Jehan  le  Cherpentier,  en 
vertu  de  ses  convenances  de  mariage  et  par  reportation  faite 
par  daraoiselle  Margritte  d'Obrans  ,  femme  dudit  Jehan ,  de 
l'usufruit  qu'elle  possédait  sur  Corières  et  dont  elle  venait  de 
faire  relief  avec  Henri  de  Waurous,  son  gendre. 

1433, 16  nov.  Jehan  de  Coraine,  seigneur  de  Roynaingne  (ou 
Ounaingne  ?U  fait  relief  par  reportation  de  Ghodefroit  de  Foye. 

1457,  23  mai.  Thiry  de  Bastongne,  seigneur  de  Verinnes, 
écuyer,  fait  relief  comme  mari  de  damoiselle  Marie,  fille  de  Jehan 
de  Coraines. 

1479,  15  févr.  Guilleame  Lardenois  de  Spontin,  écuyer,  fait 
relief  par  décès  de  Marie  de  Coraines,  sa  mère,  fille  de  Jehan 
de  Coraines. 

1486,  26  août.  GodeflFroyd  d'Eve,  écuyer,  bailli  de  Namur  et 
prévôt  de  Poillevache,  fait  relief  par  transport  et  résignation  de 
Guillaume  Lardenoit  de  Spontin  ;  Ernoul  du  Ry  et  Jehan  Salmy 
renoncent  à  tous  les  droits  qu'ils  pouvaient  avoir  sur  la 
seigneurie. 

1527,  27  mai.  Franchoy  de  Bailhet,  écuyer,  seigneur  délie 
Bucke,  comme  mari  de  damoiselle  Margarittede  Spontin,  veuve 
de  Jehan  de  Glimmes,  relève  l'usufruit  que  sa  femme  possède 
sur  Coriers. 

1567,  14  juin.  Noble  homme  Jolian  de  Glimmes,  baron  de 


—  837  ^ 

Florines,  seigneur  de  Stave,  Spontin,  Corriers,  etc.,  fait  relief 
par  décès  de  Johan  de  Gliaimes,  seigneur  de  Spontin,  son 
père,  et  de  damoiselle  Margaritte  de  Spontin,  sa  mère. 

ië84,  S  oct.  Noble  homme  seigneur  Jacques  de  Glymes, 
seigneur  de  Spontin,  Corrière,  etc.,  fait  relief. 

1612,  6  oct.  Noble  dame  madame  Jenne  de  Berlaymont, 
veuve  de  noble  et  généreux  seigneur  messire  Jacques  de 
Glimme ,  baron  de  Florinne ,  seigneur  de  Corriers,  Stave,  etc., 
relève  son  usufruit,  puis  en  fait  transport  à  son  fils  noble  et 
généreux  seigneur  Guilheame  de  Glimme,  seigneur  de  Spontin, 
Corriers,  etc.  ;  celui-ci ,  après  avoir  fait  relief,  vend  pour  7000 
florins  de  Brabant  la  seigneurie  à  honorable  Jean  Mulinaire, 
marchand  deNamur,  lequel  fait  relief  à  son  tour. 

1614,  24  sept.  Noble  et  généreux  seigneur  messire  Gabriel  de 
Glimes ,  chevalier ,  baron  de  Florine ,  seigneur  de  Stave  , 
Soulraoy  ,  Vaulx ,  etc.,  ayant  par  purgement  et  retrait  lignager 
retiré  la  seigneurie  des  mains  de  Jean  Meulinaire,  lui  cède  de 
nouveau  tous  les  droits  qu*il  peut  y  avoir  pour  9600  florins  de 
Brabant. 

1626, 10  sept.  Le  seigneur  Jean  Muller  ,  apporte  en  mariage 
à  damoiselle  Andriane,  fille  de  feu  honnoré  seigneur  Jacques 
Zualart,  receveur  des  Etats  au  comté  de  Namur,  les  seigneuries 
de  Gorrier  et  Ivoy. 

1663,  22  oct.  Le  seigneur  Jean  François  Muller ,  écuyer , 
seigneur  de  Corière,  Trieux,  Avilion,  Faille,  etc.,  fait  relief. 

167S,  6  mai.  Le  seigneur  Jacques  Ignace  Muller ,  époux  de 
Marie  Isabelle  Sanchez  de  Salazar,  fait  relief  par  décès  de  Jean 
François,  son  frère. 

1700,  30  janv.  Don  Frédéric  de  Castro  ,  brigadier  au  service 
de  S.  A.  électorale  de  Cologne,  Léopold  de  Lebeau,  et  Pierre 
François  Woot  de  Trixhe,  seigneur  de  Soy,  héritiers  de  Jac- 
ques Ignace  de  Muller  vendent  aux  enchères  les  seigneuries  de 
Corière  et  Trieu  cPAmllon  au  seigneur  de  Castro  pour  18,000 
florins. 


—  238  — 

1725,  13  août.  Noble  seigneur  Bernard  de  Barsine,  second 
mari  de  Marie  Isabelle  Sanchez,  fait  relief. 

1726,  24  sept.  Marie  Is.  Sanchez  donne  la  seigneurie  en  ren- 
dage  pour  3780  florins  à  Marie  Marsine,  veuve  de  Philippe 
Burtombur. 

1741,  30  oct.  Bern.  de  Barsy  et  Anne  Barbe  de  Give,  sa 
femme,  vendent  la  seigneurie  à  George  Zoude,  bourgeois  de 
Namur,  pour  11,000  florins. 

1746,  4  avr.;  1776,  1«' juin;  1772,  4  sept.  George  Zoude, 
bourgmestre  de  Namur,  fait  relief. 

1760,  29  oct.  Georges  Zoude  apporte  la  seigneurie  en  mariage 
à  dame  Jeanne  Joseph  Richard,  veuve  du  sieur  Adrien  Joseph 
du  Monin,  écuyer,  seigneur  de  Rendeux. 

1773,  28  nov.  ;  1788,  11  janv.  Madame  Jeanne  Joseph  Richald, 
veuve  en  premières  noces  du  sieur  Adrien  Joseph  du  Monin, 
écuyer,  seigneur  de  Rendeux,  et  en  secondes  noces  de  Georges 
Zoude,  fait  relief. 

1791,  28  mars.  Monsieur  H.  J.  de  Severin,  membre  du  conseil 
de  Namur,  et  madame  M.  J.  Zoude,  sa  femme,  font  relief. 


CROIX  ('>. 


i3ii  :  Le  terre  de  Creu,  gisans  dallés  Cyney.  —  146i  :  Hantenr  et  seigneurie 
aoyecque  toates  ses  appartenances,  emprës  Ghinay.  —  1754  :  Creux  ou  Croix, 
appendices,  droitures,  aisemences  et  appartenances. 

1:^81, 23  août.  Wautier,  sire  de  Creu,  et  damoiselle  Marie,  sa 
femme,  reconnaissent  devoir  à  Jehan,  fils  d'Amélie  Royer,  et  à 
ses  compagnons  lombars,  180  francs  de  France. 

1385,  13  avr.  Willeme  de  Jamblines  fait  relief  du  fief  par 
reportation  de  Wautier,  sire  de  Creux  ,  lequel  le  tenait  par 
reportation  de  Willem  de  Herlenveaulx  (a). 

1391, 10  nov.  Hubien  del  Malaise  fait  relief  de  la  terre,  telle 
que  la  tenait  Wautier  de  Creux. 

1429,  17  avr.  ;  1457,  2  août.  Jehan  de  Creux  fait  relief  par 
décès  de  Hubin  de  la  Malaise,  son  père. 

1464,  23  janv.  Robert  de  Creu,  citain  de  Liège,  fait  relief  par 
décès  de  Jehan  de  Creu,  son  frère. 

1468  :  25  déc.  Messire  Johan  deBerloz,  seigneur  de  la  Vaulx, 
chevalier,  feît  relief  par  résignation  de  Robert ,  seigneur  de 
Creu. 

1478,  8  avr.  Damoiseal  Lambert  de  Mobertinghen,  seigneur 


(  I  )  Canton  de  Giney,  commune  de  Sovet,  province  de  Namur. 

(^)  Nous  trouvons  à  la  date  du  44  avril  1385  le  relief  suivant  :  Willem  de  Jam- 
blines, fait  relief  de  la  terre  de gisante  au  ban  de  Chiney  delez  Spontin,  par 

succession  de  messire  Gilles  de  Jamblines,  son  père,  et  de  messire  Tbiery,  son 
frère. 


—  uo  — 

de  Chestelineau,  fait  relief  de  la  seigneurie  par  reportation  de 
Gérard  de  Jassongne  dit  de  Champion,  auquel  elle  était  échue 
par  décès  de  Jean  et  de  Robert  de  la  Malaise. 

1487,  27  mai.  Dame  Ysabeau  Surlet,  veuve  de  Jehan  de 
Berlo,  seigneur  de  Laval,  fait  relief  par  décès  de  son  mari. 

1537, 28  févr.  Jehan,  fils  puiné  de  noble  homme  Johan  de 
Havereche,  seigneur  de  Presle,  etc.,  fait  relief  au  nom  de  noble 
homme  Everard  de  Méroede,  fils  mineur  de  Franehoy  de 
Méroede,  seigneur  délie  Vaul,  Béez,  Salsoire,  Croy,  etc. 

1839,  28  avr.  Everard  de  Mérode  fait  relief. 

1848,  7  mai.  Noble  damoiselle  Anne  de  Schauwenberch , 
douarière  délie  Vaul  et  de  Creu,  fait  relief  par  Philippe  de  Jan- 
blinne,  son  mambour,  des  terres  de  Creu  et  délie  Vaul. 

1869, 18  avr.  Noble  et  généreuse  Mechtel  Rougrave,  veuve 
d'Everard  de  Méroede,  fait  relief  de  son  usufruit  sur  les  sei- 
gneuries de  Creu,  délie  Vaul  et  sur  la  moitié  de  celle  d^Yproeve, 

1883,  22  juin.  Maître  Jean  Bachins,  chanoine  de  Sainte-Croix, 
tuteur  et  mambour  de  noble  seigneur  Robert  de  Mérode,  seigneur 
del  Vaulz,  Creu,  etc.,  fait  relief  de  Creu  et  de  la  moitié  d*Yprouoe, 

1890,  6  août.  Noble  et  honoré  seigneur  Zegher  baron  de 
Groisbeck,  seigneur  délie  Vaulx,  Creu,  Vaulx,  Yproeuve,  fait 
relief  de  Creu  et  de  la  moitié  à'Yprotwe  comme  mari  de  noble 
dame  madame  Anne  de  Méroede,  sœur  atnée  de  messire  Robert 
de  Méroede,  chevalier,  et  par  décès  de  celui-ci. 

1618, 4  mai.  Damoiselle  Catherine  Jacque,  veuve  d'honnorable 
homme  Henry  Gerlays,  échevin  de  Marche  en  Famenne,  femme 
du  seigneur  Françoy  de  Soy,  échevin  de  Marche ,  transporte 
à  honorable  Gielle  de  Soy,  fils  dudit  Françoy ,  son  beau-fils,  la 
moitié  de  la  seigneurie  que  Henri  de  Gerlays,  son  premier  mari, 
avait  achetée  le  8  mars  1610  à  noble  et  généreux  seigneur  Ernest 
de  Groisbeck,  seigneur  délie  Vaulx. 

1619,20  févr.  Honnorable  seigneur  Jean  G^ays,  seigneur  de 
Charnoy,  conseiller  ordinaire  de  leurs  altessesàu  c(Kiseiïprovin- 


—  241  — 

cial  de  Namur,  relève  la  moitié  de  la  seigneurie  par  décès  de 
Henri  de  Gerlays,  son  frère. 

1619,  2  sept.  Honorable  seigneur  Françoy  de  Soy  et  Gielle, 
son  fils,  font  transport  de  la  moitié  de  la  seigneurie  à  Jean 
Gerlays,  lequel  la  relève  en  entier. 

1684,  13  juil.  Le  seigneur  Jean  de  Clercq,  écuyer,  oncle  et 
tuteur  du  seigneur  Jean  Charles  de  Gerlais,  vicomte  d'Upigny, 
seigneur  de  Creux,  fils  aîné  de  Jean  de  Gerlaise  et  de  Marguerite 
de  Clercque,  fait  relief. 

1706,  13  déc.  Le  seigneur  Godefroid  de  Gerlaise  de  Corbion, 
partie  faisant  pour  sa  parente  noble  demoiselle  Françoise  Mar- 
guerite de  Gerlaise,  vicomtesse  de  Hupigny,dame  de  Creux,  fait 
relief  par  décès  de  noble  seigneur  Sébastien  Ignace  de  Gerlaise, 
seigneur  de  Creux,  vicomte  de  Hupigny,  frère  de  la  dite  dame, 
lequel  en  avait  hérité  par  décès  de  Charles  de  Gerlaise,  son 
frère. 

1722,  8  oct.  ;  1725, 18  sept.  Noble  seigneur  Jean  Charles  de 
Gerlais,  fait  relief  par  décès  de  Françoise  Marg.  de  Gerlais,  sa 
parente.  Dénombrement. 

1727,  16  mai.  Généreux  seigneur  messire  J.  Ch.  de  Gerlais, 
vicomte  d'Upigny,  seigneur  de  Croix,  Hame,  Stihelle,  Beauprez, 
etc.,  fait  transport  aux  révérends  seigneurs  messires  François 
et  Charles  François  Rossius  de  Liboy,  chanoines  de  Liège,  pour 
850  écus,  du  titre  honorifique  de  seigneurs  de  Croix,  avec  la 
cour  féodale  et  censale,  et  tous  droits. 

1740,  20  Janv.  Noble  seigneur  Charles  Antoine  de  Rossius 
d^Humain,  vend  pour  1538  florins  à  noble  seigneur  Jean  de  Na- 
mur, chevalier,  seigneur  de  la  Motte,  la  seigneurie  avec  tous 
droits  honorifiques,  prérogatives  et  émoluments. 

1744,  23  juin.  Jean  de  Namur,  fait  relief. 

1784, 28  mai.  Le  seigneur  Guilleaume  Hubert  de  Namur,  che- 
valier ,  seigneur  de  la  Motte    fait  relief  par  décès  de  Jean  de 

Namur,  son  père. 

iS 


—  248  — 

17S7,16juiD.  Noble  seigneur  Alber  de  Grady,  chevalierdu  S. 
E.  R.,  ancien  bourgmestre  de  Liège,  trésorier-général  des  États 
du  pays  de  Liège  et  comté  de  Looz,  et  le  chevalier  de  Nankur, 
son  beau-frère,  vendent  au  seigneur  Jean  Baptiste  d*0malius« 
seigneur  de  Ualloix,  pour  1535  florins  de  Brabant»  les  droits 
qu'ils  possèdent  sur  la  seigneurie. 

1765,  40  juil.  ;  1772,  7  mai.  J.  B.  d'Omalius  fait  relief. 

1778,  30  juil.  Monsieur  Jean  Baptiste  Jérôme  d*Omalius, 
ancien  officier  au  régiment  de  Vierset,  mari  de  la  demoiselle 
de  TEtache ,  transporte  la  seigneurie  à  monsieur  Guilleaume 
Bernard  Noël  d*Omaiius,  jurisconsulte  et  avocat ,  lequel  fait 
relief. 


CRUPET  (.). 


conrl  ivocc  ane  part  de  le  jastiche  de  Grippe  bilte  et  bisse  avoec 
•■l  ippendiches,  I  livrées  de  terre,  gisaas  on  le  ville  al  terrait  de 
Crippet,  sur  xl  bonniers  de  terre,  ij  bonniers  de  preia,  xx  bonniers  de  bois,  xv 
niuîs  de  bieid  de  reate,  Ix  sols  de  cens,  u  tant  csppons  corne  gelines.  —  i  3S9  : 
Un  manoir  et  telle  part  d'hdrilaige  que  i)  a  en  le  ville  et  teiroit  de  Crippey.  — 
1368  :  Tous  les  preis  gisans  sour  la  rivière  d'Yarwe,  yanives,  poailles,  etc.  — 
im  :  le  terre  de  Crippey,  ï  tontes  ses  apparteDïnces.  —  1481  :  Terre,  haulteur 
el  seigneurie  de  Cripey,  la  brassiniie,  cens,  rentes  et  redevablilez.  -^  1510  :  Les 
maieoa,  fortresse,  etc. — 1667  :  Fraoctie  taverne,  droits,  préminenne,  elc. — 1669: 
Chiileau,  etc.  — 1740  ;  Hanle,  moyenne  el  basse  josltce,  etc. 


1315,  33  jutl.  Wautier,  fits  de  feu  Franchois  de  Crippei,  fait 
relief  du  bien,  puis  l'assigne  en  douaire  à  sa  femme  Katherine  de 
de  LaLre,  fille  de  maître  Lambert  Manette,  de  Diiiant,  laquelle 


(i)  ArroDdissemeal  et  province  de  Namar.  —  (V.  Saunert,  DiUcei,  etc.,  I.  III, 
p.  0t).  —  On  tronve  aussi,  pour  les  armoiries,  les  lëoptirds  couronnés  d'or,  el  alias; 
d'arfent  à  deux  léopards  de  gueules. 


—  244  — 

déclare  l'accepter  avec  Jacke  de  Uffey  dit  de  Havelange  et  Jehan 
de  Latre. 

.    1359,  5  mai.  Willaume,  fils  de  Jehan  Agnial  de  Grippey,  fait 
relief  par  décès  de  son  père. 

1361,  24  mars.  Jehan  de  KoriouUe,  fait  relief  par  reportation 
de  Wattelet,  fils  d'Agneal  de  Crippey. 

1361,  9  sept.  Jehan  dou  Sta,  de  Dinant,  fils  de  Lorechon,  fait 
relief  de  la  part  d*Agneal  de  Crippey  dans  la  maison  de  Crippey, 
par  reportation  de  Jehan  de  Corioul. 

1368, 14  déc.  ;  1380, 12  août.  Messire  Willeames  del  Savenirs 
fait  relief  du  fief  d'Agneal  de  Crippey  par  reportation  de  Wau- 
tier  Sorinnes. 

1369,  27  avr.  Dame  Agnès,  veuve  de  Rymoy  de  Sorines  et 
femme  de  Willeme  del  Savenière,  chevalier,  fait  relief  de  son 
douaire  sur  Cripey. 

1385,  29  mai  ;  1390,  8  déc.  Michar  de  Warisoul  ,  fait  relief 
par  repoitation  de  Willeme  dele  Salvenière. 

1395,  3  janv.  Gilles  de  Wadrechées,  comme  mari  de  damoi- 
selle  Hechon,  fille  atnée  de  feu  Robert  d'Orgio  ,  fait  relief  des 
biens  autrefois  tenus  par  messire  Lowy  de  Crippey,  chevalier, 
et  Henri  son  fils ,  par  décès  dudit  Robert  ;  puis  il  en  tàii 
transport  à  Lowy ,  fils  de  Henri  de  Cripey. 

1424, 16  avr.  Willem  fils  de  feu  messire  Michel  de  Warissoul, 
chevalier,  fait  relief. 

1481,  27  janv.  Messire  Thomas  sire  de  Cripet,  chevalier, 
fait  relief  par  décès  de  Gille  de  Cripey,  son  père. 

1498,  9févr.  ;  1510,  22  janv.  Hubert  de  Montjoie,  bourgeois 
de  Huy,  fait  relief  comme  mari  dedamoiselle  Helwy  de  Cruppey 
par  décès  de  Thomas  de  Cruppey. 

1498,  24  avr.  Darame  Jehanne  de  Roley,  veuve  de  Thomas  de 
Crupet,  nomme  des  mambours  pour  plaider  en  son  nom  contre 
Hombert  de  Montjoy. 

1810,  22  fév.  Jehenne  de  Roley,  relève  la  seigneurie  par 


—  248  — 

décès  de  son  mari,  puis  en  fait  transport  à  Giile  délie  Loye, 
son  neveu,  en  se  réservant  l'usufruit.  Ledit  Gîlle  fait  relief. 

1S14 ,  30  juin.  Hubert  de  Rebellée  dit  de  Honjeoie  déclare 
qu'après  les  décès  de  Jehenne  de  Roley,  et  de  Helwy  de  Cruppey, 
veuve  de  Hubert  de  Monjoie ,  sa  mère,  il  relèvera  la  seigneurie 
et  en  fera  transport  à  Giles  de  la  Loye,  écuyer,  pour  1:20  muids 
d'épautre  de  rente. 

1523,  17  juil.  Damoiselle  Andriane  de  Huy ,  veuve  de  Gille 
délie  Loye,  relève  son  usufruit  par  Guilheame  de  Uosden, 
seigneur  délie  Chapelle  en  Gondros ,  son  mambour. 

1523,  4  nov.  Damoiseau  Guilleame  de  Bloes  fait  relief  comme 
mari  de  dame  Anne  de  la  Loye,  fille  de  Giele  délie  Loye  et  en 
vertu  de  ses  convenances  de  mariage. 

1525,  21  févr.  La  cour  féodale  approuve  le  testament  de  noble 
et  honoré  Giel  délie  Loie,  du  consentement  d'Adrienne  de  Huy, 
sa  veuve,  de  monseigneur  de  Montjoie  et  de  Robert  délie  Loie, 
mambours  de  la  flUe  dudit  Giel,  et  des  damoiselles  Jehenne  et 
Jacqueline  de  Waveroimont,  sœurs  de  celle-ci. 

1535, 4  nov.  Noble  et  vaillant  seigneur  sire  Guilleaume  de 
Bloys,  chevalier,  seigneur  de  Donstienne,  grand  écuyer  de  la 
reine  de  Hongrie ,  demande  à  être  investi  de  la  seigneurie  en 
vertu  de  la  donation  lui  faite  par  Adriane  de  Huy,  lors  de  son 
mariage  avec  dame  Anne  délie  Loye,  sa  fille. 

1537,  30  juin  ;  iS39.  Noble  dame  Anne  de  la  Loye,  dame  de 
Donstienne,  veuve  de  Guil.  de  Bloys,  fait  relief  de  son  usufruit 
sur  la  seigneurie,  laquelle  appartient  à  Franchoy,  son  fils. 

1549,  2  janv.  ;  1888,  30  janv.  Noble  et  hmioré  seigneur  mes- 
sire  Jehan Garondelet,  chevalier,  seigneur  de  Solre-sur-Sambre, 
Harveugh,  Merlain,  etc.,  fait  relief  comme  mari  d'Anne  de  la 
Loye. 

1568,  7  déc.  Madame  Anne  délie  Loye,  veuve  de  Jean  de  Ga- 
rondelet, douarière  de  Solre-sur-Sambre,  dame  de  Grupey,  Wa- 
vremont,  etc.,  relève  son  usufruit  sur  la  seigneurie,  puis  en  fait 


—  246  — 

transport  à  son  fils  noble  homme  Guilheame  de  Carondelel, 
écuyer,  seigneur  de  Crupey,  Wavremont,  etc.,  pour  ses  conve- 
nances de  mariage  avec  madame  Jelianne  de  Brandenborg, 
douairière  de  Celles.  Noble  homme  Jehan  de  Carondelet,  écuyer, 
seigneur  de  Solre-sur-Sambre,  Harveng,  Nueville,  les  Sartis, 
etc.,  frère  de  Guilheame,  donne  son  consentement  à  cet  acte. 
Ledit  Guilheame  assigne  la  seigneurie  en  douaire  à  ladite 
Jehanne,  sa  future  femme. 

1S73,  i  oct.  Guilheame  de  Carondelet  donne  la  seigneurie  en 
hypothèque  à  son  cousin  noble  homme  Jehan  de  Carondelet, 
écuyer,  seigneur  de  Potelles,  Annoilles,  Ausnoy  S*-Martin,  etc., 
dans  ses  convenances  de  mariage  avec  damoiselle  Marguerite, 
fille  de  noble  homme  Guilheame  de  Horion,  seigneur  de  Grand- 
Axhe,  Freloux,  Engy,  voué  de  Horion,  pour  servir  de  garantie 
à  une  rente. 

1884,  7  juil.  Monseigneur  Guilheame  de  Carondelet  fait  relief 
des  seigneuries  de  Crupet,  Ennehet,  Ceelles  et  Furfoz. 

1607,  13  juin.  Noble  et  généreux  seigneur  messire  Jean  de 
Carondelet,  chevalier,  seigneur  de  Solre-Sur-Sambre,  Harvin, 
Nuefvîlle,  la  Sarte,  fait  relief  en  vertu  du  testament  de  noble  et 
généreux  seigneur  Guilheame  de  Carondelet,  chevalier. 

1609, 12  juin  ;  1613, 11  oct.  Noble  et  généreuse  dame  madame 
Anne  de  Daure,  douairière  de  Solre-sur-Sambre ,  Harvin ,  les 
Sartis,  dame  de  Crupet,  vicomtesse  de  Wavremont,  fait  relief 
par  décès  de  son  mari  messire  Jean  de  Carondelet. 

1667,  a  mars.  Haut  et  puissant  seigneur  messire  Maximilien 
de  Mérode,  marquis  de  Deynse,  vicomte  de  Wavremont,  seigneur 
d^Assesse,  Crupet,  «te,  fait  relief  comme  mari  d'Anne  Françoise 
Hubertine  de  Carondelet. 

1669,  9  avr.  Noble  et  généreux  seigneur  messire  Ferdinand 
comte  de  Mérode  et  Montfort,  seigneur  de  Han-sur-Heur,  Oirs- 
chot,  Rocques,  haut-voué  de  la  ville  de  Fosse,  fait  relief  par 
décès  de  sa  mère  et  en  vertu  du  testament  de  Guil.  de  Caronde- 
let, son  grand  oncle, 


—  247  — 

1687,  4  mars.  Haut  et  puissant  seigneur  Maximilien  Albert 
libre  baron  comte  de  Mérode  et  Montfort,  marquis  de  Deynse, 
vicomte  de  Wavreumont,  seigneur  de  Gfupei  et  d'Han-sur-Heur, 
haut-voué  héréditaire  de  la  ville  de  Fosse,  fait  relief  par  décès 
de  son  père  Ferdinand  comte  de  Mérode ,  et  de  Madame  Géles-> 
Une  de  Longvalle. 

1740,  ISnov.;  1744,  12oct.;  1768,  2  sept.;  1773,  26 août. 
Noble  et  illustre  seigneur  Jean  Charles  Joseph  comte  de  Mé- 
rode et  du  S.  E.,  marquise  de  Deynse,  fait  relief  par  décès  de 
son  père. 

1774, 18  sept.;  1788,  24  nov.  Noble  et  illustre  seigneur  mes- 
sire  Balthazar  Philippe  comte  de  Mérode ,  de  Montfort  et  du  S. 
E.,  marquis  de  Deynse,  baron  de  Sautour,  vicomte  de  Wavre- 
mont  et  de  Jeherenne,  seigneur  de  Ham-sur-Heure,  Nalinnes, 
Régniez,  Grupet^  etc.»  haut-voué  héréditaire  de  la  ville  de  Fosse, 
fait  relief. 


DARION.H) 


139S  ;  Le  baallear  de  Derrioa,  avoecq  le  binMine,  moulliD,  cens,  raDles  ei  mllm 
appirlcnancas.  —  Terres,  prés,  paislchs,  yanwes  et  aaltrez  droilares.  — 1619: 
ieigneuric,  atc.  —  4649  :  terre,  chapona,  etc.  —  mO  :  Droit  de  baaaiild,  litm 
censsux,  huiseelBBes,  liera  de  commuae,  le  tiers  de  reodage,  readage  el  droit  de 
ptaetage,  bois,  étangs,  terres  labourables,  elc. 

1394,  âS  déc.  Lambiert,  lîls  de  Teu  messire  Ernoul  de  Haulte- 
penne,  chevalier,  fait  relief. 

1411, 38  mars,  ûhoderroit.fîlsde  feu  Lambiert  de  HarduemonI, 
eiifanl  mineur,  fait  relief  par  décès  de  son  père. 

Î451,  6  déc.  ;  1457,  l"  mars.  Jehan  de  Seraing,  seigneur  de 
Thinlou,  de  Hollongnes-sour-Geers  et  de  Boelle,  écuyer,  fait 
relief  comme  mari  de  damoiselle  Katherine,  fllte  aînée  de 
messire  Ghodefrotd  de  Harduemonl,  et  par  décès  de  celui-ci. 

152S,  10  oct.  ;  1538,  8  nov.  Franchoy.  fils  de  feu  Gilbert  de 
Seraing,  seigneur  de  Hollongne-sur-Geire,  Boilhe ,  etc.,  fait 
relief  par  décès  de  ses  ancêtres. 

1569,  33  nov.  Noble  dame  madame  Franchoised'Oxben,  veuve 
de  noble  homme  Franchoy  de  Serreis,  seigneur  de  Hollogne, 
relève  son  usufruit  en  compagnie  de  damoiseau  Godefroid  de 
Serreis,  son  flls. 

(  f  )  CominuDe  du  canton  de  Waremme,  proviace  de  Liège. 


—  249  — 

157S,  4oct.  ;  1583,  30  mars.  Godefroid  de  Seraing,  seigneur 
de  HoIlogne-sur-Geer,  Darion,  Boele,  etc.,  fait  relief  par  décès 
de  Franchoise  d'Oxhet,  sa  mère. 

4619,  S  nov.  Noble  et  honoré  seigneur  Jean  de  Seraing , 
seigneur  de  HoUogne  sur  Geer,  Darion,  Boeile,  etc.,  fait  relief 
par  suite  du  décès  de  son  père  Godefroid. 

1649,  14  nov.  Messire  Godefroit  de  Seraing,  seigneur  de 
Holloingne-sur-Geere,  Boelhe,  Darion,  Manixhe,  et  madame 
Hélène  Isabelle  de  Ponty,  sa  femme,  cèdent  à  leur  fils  aîné  Jean 
Englebert,  pour  son  émancipation,  les  seigneuries  de  Darion 
et  de  Boelhe,  lui  donnant  comme  mambours  messires  God.  de 
Seraing,  chanoine  de  S.  Paul,  et  Jean  de  Ponty,  seigneur  de 
Ponterasse,  grand  bailli  de  Pleury,  ses  oncles. 

1694,  29  nov.  Convenances  de  mariage  entre  noble  et  généreux 
seigneur  Ernest  Dominique  de  Serain,  baron  de  Hollogne-sur- 
Geere,  seigneur  de  Boilhe,  Darion  et  Many,  etc.,  et  noble  et 
vertueuse  madamoiselle  Odile  de  Labricque,  fille  de  noble  dame 
madame  Anne  Marie  de  Neufcourt,  veuve  de  noble  et  généreux 
seigneur  Guilleaume  de  Labricque,  seigneur  de  Lannois,  du 
Quinte,  de  Stienwortc,  etc. 

1700,  10  sept.  Ern.  Dom.  de  Seraing,  fils  de  Jean  Englebert, 
fait  relief. 

1721,  24  avr.  Illustre  dame  Odile  de  Labricque,  veuve  de 
Ern.  Dom.  de  Seraing,  relève  l'usufruit  de  la  seigneurie.  Le 
20  novembre  172S,  elle  fait  relief  de  la  seigneurie. 

1733,  2  mai;  1744,  26  mars.  Noble  et  généreux  seigneur 
François  Alexandre  baron  de  Seraing  et  de  HoUogne,  seigneur 
de  Boelhe,  Manil  et  Darion,  fait  relief. 

1754, 19  nov.  Fr.  Al.  baron  de  Seraing ,  cède  la  seigneurie  à 
noble  seigneur  François  Adolphe  baron  de  Bergh  de  Trips  , 
seigneur  de  la  franchise  de  Hemersbasch  et  Sindorf,  etc. 

1762,  9  août.  Fr.  Ad.  baron  de  Bergh,  recède  la  seigneurie 
à  Fr.  Al.  baron  de  Seraing,  lequel  fait  relief. 

1770,  il  oct.  Très-noble  et  très-illustre  seigneur  messire  Fr. 


—  230  — 

Al.  baroQ  de  Seraing,  seigneur  de  Mâffe  en  Gondroz,  etc.,  et 
dame  madame  Marie  *  El Lsabeth  Josephe  de  Senzeille,  baronne 
de  Soumagne,  sa  femme,  donnent  leurs  terres  de  Darion  et 
Boelhe  à  leur  second  fils»  le  seigneur  Pierre  Mathieu  Joseph 
baron  de  Seraing. 
1785, 18  déc.  Monsieur  P.  Maih.  Jos.  baron  de  Seraing  ,  fait 

relief. 


DIEPENBEECK  (.). 


1397  :  Tous  lesbienB  de  Dieppenbecqne.  —  1113:  Le  ville  et  5i|;notiri8  de  Dieppen- 
becque  à  loules  ses  appartenances.  —  I4M:  Terre,  haulleur,  juslica,  elc.  — 
{468  :  Patronage,  collllioasde  bénéfices,  appaitenances  et  appendices  de  Dypeo- 
beych,  avec  tous  pasiuniges,  les  c«ds,  rentes,  fyefs,  arier-fyefs,  homagas,  terres 
érales,  jardiens,  preis,  bail,  viviers,  jrawes,  mollins,  (bars,  bressinez,  auvies, 
chappons,  poilles,  oeCa,  lias,  chirres,  cspcisces ,  mortes- mains ,  loulnienx,  wy- 
Diges,  naleloles,  issîcses,  forigss,  gabelles,  mynncz,  corwëei  et  autrez  droi- 
tures. proDflIs,  avenlures,  fourfiictures  et  émolumens  quelconcques.  —  1E9S: 
Baronnie,  etc.  —  nS5  :  Chliteau,  etc. 

1323,  S  janv.  Louis  de  Dippembeke,  pair  de  S.  Lambert,  fait 
relief. 

1855  {f}.  Henri,  seigneur  de  Dieppenbeke,  avec  Jehan  de  Ber- 
nalmoitt ,  chevalier ,  son  mambour  ,  Tait  relief  par  décès  de  ses 
père  et  mère. 

1397,  8  févr.  Willem  de  Sombreffe  fait  relief  par  testament 
de  messire  Henri. 

1412, 16  oct.  Jean  de  Bavière,  évêque  de  Liège,  déclare  que 
messire  Baudewin  de  Honjardiii,  seigneur  de  Weyenhoven,  fait 
transporl  de  la  seigneurie  à  Joliaii  van  Schoenvorst,  borcbgrave 
de  Montjoye,  seigneur  de  Flammengeryeu  et  de  Walhain. 

(0  Commaae  de  la  province  de  Limbour^  —  (V,  SauuXï,  Wiic«,  t.  IV.  p.  369). 


—  282  — 

1420,  4  juil.  Jehan  de  Sconnenvorst  fait  relief. 

1444,  23  sept.  Jehan  de  Horne,  seigneur  de  Perweys,  Duf- 
fel,  Gheel,  etc.,  fait  relier  par  succession  de  damoisèlle  Je- 
henné  de  Ilochefort,  sa  tante,  veuve  de  Jehan  de  Scoenevorts. 

1448,  27  janv.  Damoisau  Jaque  ,  seigneur  de  Gaesbeke ,  de 
Steyn,  de  Putte,  etc.,  fait  relief  comme  mari  de  damoiselIe  Mar- 
gritte  de  Scoenevost,  fille  de  messire  Conrart  de  Scoenevoest, 
seigneur  d'Elslo ,  par  reportation  dudit  Conrart,  lequel  venait 
de  relever  la  seigneurie  par  décès  de  Jehan  de  Scoenevoest, 
son  cousin,  et  de  Jehenne  de  Rochefort. 

1447,  29  juin.  Damoiseau  Jehan  (Henri?)  de  Horne,  seigneur 
de  Pereweys,  Duffel,  Gheel,  Oxhen,  etc.,  fait  relief  par  décès 
de  damoiseau  Jehan  de  Horne,  son  père. 

1481, 18  déc.  Jehan,  seigneur  de  Méroede,  comme  mari  de 
madame  Aelis  de  Horne ,  fait  relief  par  reportation  de  damoiseal 
Henri  de  Horne,  seigneur  de  Perweys,  Gheel,  etc.,  frère  de  ladite 
dame. 

1488,  4  mars.  Margritte  de  Scoenvorst,  dame  de  Gaesbeycke, 
avec  Henri  de  Horne,  seigneur  de  Perweys,  de  Dufllel,  de  Gheele, 
d'Oxhen,  etc.,  chevalier,  son  mambour,  fait  relief  par  reporta- 
tion de  damoiseal  Jacque,  seigneur  de  Gaesbeyck,  son  mari. 

1488,  24  juil.  Messire  Johan  de  Gaure,  chevalier,  seigneur  de 
Keferinghe  et  de  la  Hetwilde,  conseiller  et  chambellan  de  mon- 
seigneur le  duc  de  Bourgongne  et  de  Braibant,  fait  relief  comme 
plus  proche  héritier  de  madamoiselle  de  Gaesbeecke,  sœur  de 
sa  femme. 

1489,  8  mars.  Messire  Jacques,  comte  de  Hurnes,  seigneur 
d'Altena ,  Montengny ,  Cranendonck  et  Corteshem  ,  fait  relief 
de  la  moitié  de  la  seigneurie  et  ville  de  Dypenbeec,  comme  plus 
proche  héritier  de  damoiseal  Jacque,  seigneur  de  Gaesbeecke, 
de  Pucte  et  Oxcoude. 

1473,  31  déc.  Herman  Geveros  alias  de  Utricht  relève  tous 
les  biens  que  feue  demoiselle  Johanne,  fille  de  Diest,  sa  femme 


—  283  — 

possédait  en  rentes  sur  la  seigneurie  de  Dyepembecke,  dévolus 
à  ladite  Johanne  par  décès  de  damoiselle  Johanne  de  Peruweys, 
sa  mère»  du  consentement  d'illustrissime  damoiseau  Joban, 
comte  deNassouwe  et  de  Sarbrugen  et  de  damoiselle  Johanne, 
fille  de  Heynsberghe  et  de  Diest,  gendre  et  fille  de  ladite  Jo- 
hanne de  Diest, 

147S,  17  août;  1485 ,  27  mai.  Âdriaen  ,  fils  de  feu  Jehan  de 
Gaure,  seigneur  de  Herinnes,  HeetPelde,  Elseloe,  etc.,  fait  relief 
par  décès  de  son  père  et  en  vertu  du  testament  de  Margueritte 
de  Schoenevorst. 

1493,  8  janv.  Messire  Jehan  d'Alffteren.  chevalier,  mambour 
des  enfants  de  feu  Adriaen  de  Gaure,  fait  relief. 

1813,  27  sept.  Erard  de  la  Marck,  évéque  de  Liège,  fait  savoir 
que  Conrardvan  Gaver  lui  a  demandé  l'investiture  de  tous  les 
biens  féodaux  délaissés  par  son  frère  Henrick  van  Gaver,  et 
qu'il  a  reçu  son  serment  de  fidélité. 

1814, 18  sept.  Johan  de  Grummelie,  mari  de  damoiselle  Marie, 
fille  d'Adriane  de  Gaure,  fait  relief  delà  moitié  de  la  seigneurie , 
lui  dévolue  en  vertu  du  testament  dudit  Adrianne  et  par  décès 
de  Henri  de  Gaure,  frère  de  ladite  Marie. 

1818,  27  avr.  Noble  damoiselle  Marie  ,  fille  de  feu  Andriane 
de  Gaver,  femme  de  Jehan  de  Grummelie,  demande  sentence  à 
la  Cour  féodale,  dans  le  procès  qu'elle  soutient  contre  noble 
homme  Conrard  de  Gavre ,  fils  aîné  dudit  Andriane,  son  frère , 
à  propos  de  la  moitié  de  la  seigneurie  qu'elle  réclame  comme 
héritière  collatérale  par  suite  du  décès  de.son  frère  Henri,  mort 
sans  hoirs,  tandis  que  le  dit  Conrard  réclame  la  seigneurie  en- 
tière par  suite  du  décès  de  son  père  ;  la  cause  est  remise  à  des 
arbitres. 

1524,  21  février;  1838,28  juin.  Damoiseau  Henri  de  Méroede, 
seigneur  de  Péterschen,  Dyepenbeeck,  Oerschot ,  Herlaer,  etc., 
fait  relief  de  Dypenbecke  et  de  la  forteresse  de  Herlaer  par 
suite  des  décès  de  ses  père ,  mère  et  prédécesseurs. 

1580, 28  janv.  Gonrart  de  Gaver,  chevalier,  seigneur  de  Eels- 


—  284  — 

lot,  Diepenbeick,  Peer,  etc.,  transporte  sa  maison  et  seigneurie 
de  lafranchise  de  Diepenbeick  à  son  fils  aîné  Johan,  en  accom- 
plissement de  ses  convenances  de  mariage  avec  damoiselle 
Anne,  fille  du  seigneur  deBellevye. 

4566,  21  mars.  Noble  et  honoré  seigneur  Johan,  fils  de  noble 
homme  monseigneur  Henri  baron  de  Méroede  et  de  Pétersem, 
seigneur  banneret  de  Leefdale,  DufTul,  Walhen,  relève  les  sei- 
gneuries de  Dipembeeck  et  de  Herlaer  et  la  moitié  de  celle  de 
Halleverembeeck,  lui  échues  par  décès  de  son  père  et  de  Richard 
de  Méroede,  son  frère,  seigneur  d'Oirschot,  chevalier. 

1S77,  2  mai;  1881, 15  hov.  Révérend  et  noble  seigneur  Con- 
rard  de  Gaver,  chanoine  de  Liège  et  prévôt  de  Saiot-Martin, 
relève  par  décès  de  damoisea  Jehan  de  Gaver,  son  frère. 

1588,  2  mai.  Jean  baron  de  Méroede,  seigneur  de  Pétersem, 
seigneur  banneret  de  Leefdael,  Duffle  et  Walhen,  fait  transport 
de  la  seigneurie  à  honoré  seigneur  Philippe  de  Méroede,  son 
fils.  Conrard  de  Gavre,  chanoine  de  Liège,  proteste  que  ce 
transport  ne  do.it  porter  préjudice  aux  droits  qu'il  a  sur  la  sei- 
gneurie. 

1591, 15  nov.  Révérend  et  illustre  Conrard  de  Gavre,  seigneur 
d'Esloe,  Diepenbeck,  Peer,  etc.,  transporte  la  terre  à  illustre 
seigneur  Gharle  de  Gavre,  seigneur  de  Frezin,  Craenwyck,  etc., 
fils  du  comte  de  Beaurieu,  son  cousin,  et  à  illustre  dame  madame 
Franchoise  de  Renty,  sa  femme. 

1594,  9  mars.  Noble  dame  madame  Henrica  de  Renesse,  dame 
de  Meer,  veuve  de  noble  et  honoré  seigneur  messire  Nicolas  de 
Gavre,  seigneur  de  Peer,  et  femme  en  secondes  noces  de  noble 
seigneur  Nicolas  de  Blitterswick  dit  Passart,  seigneur  de  Boerle, 
transporte  à  Gharle  de  Gavre,  comte  de  Fresingen,  et  à  Fran- 
choyse  de  Renty,  ses  droits  sur  la  seigneurie,  en  vertu  de  la 
cession  qu'elle  lui  en  avait  fait  le  25  septembre  1593 ,  pour 
25,000  florins. 

1598,  24  nov.  Révérend,  illustre  et  puissant  seigneur  Conrard 


-  285  - 

de  Gavre,  grand  prévôt  de  Liège,  baron  et  seigneur  de  Peer, 
Diepembeck,  Esloe  et  Hamale,  transporte  tous  ses  biens  à  noble 
et  généreux  seigneur  Charles  de  Gavre,  comte  de  Frezin,  baron 
de  Diepembeck  et  dlnchy,  seigneur  de  Rixensart,  Geneval, 
Griboval,  Craenwyok,  colonel  d'infanterie  wallonne  et  capitaine 
d'une  compagnie  ordinaire  au  service  de  S.  M.  G.  d'Espagne, 
sauf  la  seigneurie  de  Hamale  et  l'usufruit  de  Peer,  Diepembeeck 
et  Esloe. 

1601 ,  25  août  ;  1618,  1«'  déc.  Noble  et  généreux  messîre 
Philippe  baron  de  Meroede  et  de  Peterschem|,  comte  d'Oelen, 
seigneur  de  Han-sur-Heure,  Roxhegniez,  Saulthour,  Wester- 
lo,  etc.,  relève  la  moitié  de  la  seigneurie. 

1617,  30  août.  Charles  de  Gavre,  baron  de  Diepenbeeck,  etc., 
relève  la  moitié  de  la  seigneurie  par  décès  de  Conrard  de 
Gavre,  prévôt  de  Liège. 

1627,  17  avr.  Noble  et  généreux  seigneur  Florent  de  Meroede, 
baron  de  Pétersem ,  fils  de  Philippe  baron  de  Meroede,  relève 
la  moitié  de  la  seigneurie  par  décès  de  son  père. 

1638,  20  sept.  Florent  baron  de  Meroede,  marquis  de  Wes- 
terlo,  comte  d'Oelen,  Montfort,  etc.,  laisse  par  testament  à  son 
fils  aîné  Ferdinand  les  seigneuries  de  Mérode,  Westerloo^  Oelen, 
Mmtforty  Iselmonde,  Didderkerkem  et  sa  part  de  Diepenbeick  ; 
à  son  second  fils  Maximilien  la  baronnie  de  Pétershem,  et  à 
illustre  dame  madame  Anne  Maria  Sidonia  comtesse  de  Bron- 
chorst  et  Battenbourg,  sa  femme,  l'usufruit  du  tout. 

1646.  1"  fév.  An.  M.  Sid.  de  Bronckhorst,  vicomtesse  de 
Montfort,  baronne  de  Mérode,  Péterschem,  Steyn,  etc.,  relève 
son  usufruit. 

1648,  30  avr.  Messire  Raso  de  Gauvre,  marquis  d'Asseau, 
comte  de  fieaurieu,  chef  des  finances  de  S.  M.  C,  relève  la 
moitié  de  la  seigneurie  comme  tuteur  de  messire  Charles  de 
Gauvre,  comte  de  Peere,  baron  de  Hamal  et  Diepembeeck. 

1662, 1^'  mars.  Haut  et  puissant  seigneur  messire  Maximilien 


—  256  — 

libre  baron  comte  de  Mérode  et  de  Battembourgh  ,  baron  de 
Peterseem,  Steyne,  vicorate  d'Odherck,  etc.,  tuteur  de  très- 
illustre  et  puissante  damoiselle  Isabelle  Marguerite  Françoise 
libre  baronne  de  Mérode,  marquise  de  Westerloz,  comtesse 
d'Oelen,  etc.,  sa  nièce,  vend  au  révérendissime  et  illustrissime 
messire  Edmond  Godefroid  baron  de  Bochold  et  Oreye,  seigneur 
de  Grandville,  grand-commandeur  de  Tordre  teutonique  au  bail- 
lage  des  Joncs,  baron  de  Jemetz ,  Grutrode,  St-Pierre,  Fouron, 
etc.,  la  part  que  ladite  dame  possède  à  la  seigneurie  de  Dypem- 
beck  (elle  est  spécifiée  dans  l'acte)  pour  51,800  patacons. 

1678,  3  mai.  Haut  et  puissant  seigneur  messire  Charles  de 
Gavre,  comte  de  Peer,  baron  d'Engy,  Bois  d'Aras,  chevalier  de 
Tordre  de  Calatrava,  gentilhomme  de  bouche  de  S.  M.  G.,  etc., 
vend  à  Era.  God.  deBocholt,  grand-commandeur  de  Tordre 
teutonique,  commandeur  de  Maestreclit ,  baron  de  Gemert  et 
Diepembeeck,  seigneur  d'Ordenge,  Housselt,  Beverst,  conseiller 
de  S.  M.  I.,  etc.,  sa  part  delà  seigneurie  de  Diepembeeck  (aussi 
spécifiée  dans  Tacte;  pour  8,000  patacons.  La  Cour  opère  le 
transport  le  31  janvier  1679. 

1679,  3  févr.  Em.  God.  baron  de  Bocholt ,  fait  relief  de  la 
seigneurie. 

1689, 11  juin.  Em.  God.  de  Bocholt,  commandeur  de  Ramers- 
dorff  et  Holt,  chevalier  de  Tordre  teutonique,  baron  de  Essener, 
commissaire  déciseur  de  S.  A.  à  Maestreclit,  fait  relief. 

1725, 13  nov.  ;  1744,  4  mai  ;  1771,  29  août;  1773,  19  juin.  Le 
très-illustre  ordre  teutonique  fait  relief. 


DONSTIENNEO), 


143S:  Lo  ville,  Icrre,  h aolteur,  Justice  cl  segnourie  de  DouïtJev«ne,  avoecq  toultes 
sessppaflcaano^sel  appen<lichcs,  Uiol  de  maison,  jardin,  courtil,  lerres  i^rolle», 
preis.  bois,  yaunes,  cens,  renies  d'irgenl,  d'svaines  et  de  chippons,  ang  DouUin 
k  yauve,  coiaïae  en  pluiseure  hominagee,  mortemains,  meilleurs  chalet,  services 
d'irsiages  qoiinl  il  vonl  de  main  en  autre,  avoecq  pluiseurs  autres  droittures  et 
proafQs.  ^  15S1  :  maison,  chasieau,  etc.,  deDampstiepne,  avec  tous  les  HcEt 
amer-fieflz,  rentes,  revenus,  viviers,  hayes,  mellins,  nsinnea,  amendes,  rorTacbon, 
advenlurea,  etc.,  gissant  au  quarlier  d'entre  Sambre-el-Heuse.  — 1735:  Chilean 
présentement  rt!duil  en  masure  par  incendie,  haute,  moyenne  et  basse  justice, 
cour  féodale,  moulin  banal,  droits  seigneuriaux  de  lois  et  venles,  poules,  argent, 
ceuts,  lin,  droit  de  mortemant,  corvëes  de  bras  et  de  cbevaux,  jardin  potager,  etc. 


1435, 10  mars.  Guy  de  Barbenchon,  seigneur  de  Donstievene 
et  de  Vilamœont,  écuyer,  fait  relief  par  décès  de  messire  Jehan 
de  Barbenchon,  son  père. 

1448, 13  juin.  Jacke  de  Morialmés,  seigneur  de  LandilU«s, 
bailli  de  Thuing,  de  Coving,  de  Marcbiennes-au-pout,  et  mayeur 


le  de  ta  province  de  Hainaut,  arrondissement  de  Tbuin. 


—  258  ~ 

de  Fosses,  châtelain  et  gouverneur  d'Augimont,  lieutenant  en  ce 
cas  de  Jehan  de  Heynsberghe,  évêque  de  Liège,  fait  savoir  que 
noble  et  honoré  seigneur  messire  Jehan  de  Barbenchon,  dit 
Lardinois,  seigneur  de  Donstienne,  chevalier,  a  relevé  la 
seigneurie  par  décès  de  Ghuis  de  Barbenchon,  dit  Lardinois, 
son  père;  après  quoi,  du  consentement  de  damoiselle  Marie  (ou 
Katerine  ?)  de  Roisin,  sa  mère,  il  la  donne  en  hypothèque  à 
messire  Michiel  de  Lingne,  seigneur  de  Barbenchon,  chevalier, 
pour  une  rente  de  223  livres  tournois,  monnaie  de  Hainaut, 
rédimibledans  Tespace  de  12  ans. 

1488,  11  févr.  Monseigneur  Jehan  de  Barbenchon,  fait  relief 
de  la  seigneurie  mouvante  de  Févéque  et  de  Téglise  de  Liège,  à 
cause  de  sa  terre  de  Marchinnes. 

1492,  27  avr.  Messire  Adriaen  de  Blois,  chevalier,  seigneur 
de  Jumigny,  fait  relief  comme  mari  de  dame  Katherine  de 
Barbençon,  dite  Lardinois,  par  décès  de  Jehan  de  Barbençon, 
père  de  ladite  dame. 

1510,  27  janv.  Katherine  de  Barbenchon,  veuve  d'Adrianne 
de  Bloeze,  fait  relief  de  son  usufruit  sur  la  seigneurie. 

1534,  H  juin  ;  1539,  8  nov.  Vénérable  et  noble  seigneur 
Charle,  tils  d'Adrianne  de  Bloys,  chanoine  de  Liège,  fait  relief 
pour  sa  mère  Katherine,  de  rusufruit  que  celle-ci  possède  sur  la 
seigneurie. 

1556, 15  sept.  Charles  Bloys  engage  la  seigneurie  à  demoi- 
selle Jehenne  de  Fraipont,  veuve  de  Philippe  de  Gourtejoie,  et  à 
demoiselle  Marie,  sa  fille,  pour  servir  d'hypothèque  à  100  cou- 
ronnes d'or. 

1556, 13  oct.  Noble  et  vaillant  seigneur  Adrian  de  Bloese, 
chevalier,  seigneur  de  Waret,  Donstienne,  etc.,  fait  relief  par 
décès  de  Charles,  son  frère. 

1558, 2  nov.  Noble  et  honoré  seigneur  Richart  de  Blois, 
cède  pour  100  florins  de  rente,  à  messire  Adrian  de  Blois,  sei- 
gneur de  Warelles  ,  Hardelstein,  son  frère,  les  droits  qu'il  a 
sur  la  seigneurie. 


-  289  — 

1S61>  3  juil.  Noble  homme  et  capitaine  Andrian  deBlois,  laisse 
par  testament  la  seigneurie  à  noble  et  ^  honorée  dame  madame 
Marie  de  Goer,  sa  femme. 

1563,  23  oct.  Noble  homme  messire  Florent  d'Argentea, 
seigneur  de  Barges,  Rennes,  etc.,  mambour  de  noble  dame 
madame  Franchoise  de  Blois ,  fille  d'Andrian  de  Blois  et  de 
Catherine  de  Barbenchon,  fait  relief  par  décès  d'Andrian  de 
Blois,  son  frère. 

1863,  29  déc.  xMarie  de  Goer,  veuve  d'Adrian  de  Blois,  fait 
relief  et  donne  dénombrement  de  la  seigneurie. 

1564,  28  sept.  Franchoise  de  Blois  proteste  que  la  donation 
de  la  seigneurie  faite  à  noble  homme  Jacques  seigneur  de  Bethou, 
second  mari  de  Marie  de  Goer,  ne  peut  lui  porter  préjudice  ;  elle 
fait  transport  des  droits  qu'elle  peut  y  avoir  à  noble  et  vaillant 
seigneur  messire  Baulduin  de  Barbenchon,  chevalier,  seigneur 
de  Villamont. 

1566, 28janv.  ;  1582,  30  mai. Messire  Jacqued*Oyembrughen, 
chevalier,  seigneur  d*Orey,  fait  relief  comme  mari  de  madame 
de  Goer. 

1593, 19  mai.  Marie  de  Ghoer,  dame  de  Donstienneet  Betho- 
ven,  veuve  de  Jacque  d'Oyembrugge,  fait  relief. 

1597,  29  oct.  Marie  de  Goer,  dame  d'Orey,  suivant  la  faculté 
que  Jacque  d*Oyembrugge,  son  mari,  lui  en  avait  laissé  par  son 
testament  du  19  mai  1588,  désigne  parmi  ses  frères  et  sœurs 
pour  hériter  des  biens  dudit  Jacque,  noble  et  honoré  seigneur 
Dirik  de  Groesbeeck,  seigneur  d*Emptine,  mari  de  noble  dame 
madame  Cécile  de  Rougrave  ;  celui-ci  en  laisse  l'usufruit  à  ladite 
Marie,  ne  conservant  que  les  biens  provenant  de  noble  dame 
Marguerite  de  Horion,  mère  dudit  Jacque. 

1597,  13  nov.  Marie  de  Ghoer,  dame  douairière  d'Orey  et  de 
Wareille,  héritière  de  Donstienne,  Hardinstein  et  Bethoven, 
tutrice  de  feu  noble  et  honoré  seigneur  Herman  de  Ghoer,  che- 
valier, baron  de  Pesche,  seigneur  de  Williart,  Brouagnes, 


—  260  — 

Forges,  Andrimont,  etc.,  rend  compte  de  son  administration 
à  noble  et  généreuse  dame  madame  Loyse  de  Vienne , 
veuve  dudit  Herman  et  à  noble  et  honoré  seigneur  raessire 
Franchois  de  Bourzolies,  chevalier,  vicomte  de  Beaurepos, 
seigneur  de  Berbigniers,  Rosignhac,  Davignac,  la  Cassanse 
(pays  de  Périgord),  son  second  mari  ;  elle  leur  fait  transport  de 
la  seigneurie  de  Donstienne. 

1598,  9  avr.  Noble  dame  madame  Bonne  d'Ongnies,  vicom- 
tesse douairière  de  Dave,  Villemonl,  Moujardin,  Soy,  Seneffe, 
dame  de  Rôle,  veuve  de  noble  et  honoré  seigneur  messire 
Henri,  fils  de  Baulduin  de  Barbenchon,  avec  noble  et  honoré 
seigneur  Everard,  son  fils,  fait  relief  par  décès  dudit  Baulduin 
et  de  Marie  de  Ghoer. 

1599,  20  janv.  Noble  dame  madame  Franchoyse  de  Ghoer, 
femme  de  noble  et  généreux  seigneur  Herman  Dedricht  seig- 
neur de  Ghoer  et  Millendonck,  fait  relief  comme  nièce  de  Marie 
de  Ghoer. 

1601,  18  oct.  Henri  et  Philippe  de  Bloys,  fils  d'honorable 
Charles  de  Bloys  et  de  damoiselle  Marie,  fille  d'honorable 
homme  Philippe  Gourtejoie  et  de  damoiselle  Jehenne  de  Frai- 
pont,  ayant  obtenu  saisie  de  la  seigneurie;,  faute  de  payement 
d'une  rente  de  100  couronnes  d'or  et  de  relief  par  noble  et  gé- 
néreux seigneur  Arnuld  de  Marbaix,  seigneur  de  Loverval,  grand 
bailli  d'entre  Sambre-et-Meuse  et  séquestrateur  député  par  le 
prince  de  Liège  au  château  de  Donstienne,  ledit  Arnuld  en  fait 
purgement  et  rentre  en  possession  de  la  seigneurie. 

1604,  9  août.  Loyse  de  Vienne,  dame  de  BoursoUe,  Dons- 
tienne,  etc.,  fait  purgement  d'une  rente  due  aux  enfants  de 
Charles  de  Bloys. 

1607,  7  nov.  Le  seigneur  NicoUas  Brodart,  sieur  de  BoUand, 
ayant  obtenu  saisie  de  la  terre,  faute  de  payement  par  le  seig- 
neur et  la  dame  de  BoursoUe,  noble  et  généreux  seigneur  Hans 
Krafllde  Milendoncy,  baron  de  Pesclie,  en  fait  purgement. 


—  261  — 

1607, 10  aov.  Haas  Kraift  de  Milendonck  donne  pour  6000 
florins  de  firabant,  la  seigneurie  en  rendage  à  honorable  maître 
Johaii  de  Robault,  licentié  en  droit. 

1609,  22  juin.  Les  enfants  de  Charles  de  Blois  font  transport 
de  la  seigneurie  à  Franchoy  de  BoursoUe,  vicomte  de  Garlincx, 
baron  deBoirnier,  la  Gassangne,  etc.,  à  condition  de  leur  payer 
100  couronnes  d'or  par  an. 

1609,  28  août.  Sentence  arbitrale  prononcée  par  messire  Her- 
man  comte  Van  den  Bergh ,  marquis  de  Berghes ,  chevalier  de 
la  Toison  d'or,  gouverneur  général  des  duché  et  pays  de  Gueldres, 
au  sujet  de  la  possession  de  la  seigneurie  de  Donstienne  disputée 
par  Hans  Rrafit  baron  de  Milendonck,  Ghoer,  Pesche,  seigneur 
de  Willart,  Andrimont,  Homborgh,  Brouinne,  etc.,  et  Franchois 
et  Henri  de  Boursolle,  fils  de  noble  et  généreux  seigneur  messire 
Franchoi  de  Boursolle,  chevalier,  conseiller  du  roi  T.  G.  en  son 
conseil-privé  et  d'état,  vicomte  de  Garlux  et  Beaurepor,  baron 
de  Berbignites;  il  décide  que  ces  derniers  ont  droit  à  la  posses- 
sion jusqu'à  ce  que  les  héritiers  de  madame  de  Ghoer  aient 
payé  audit  seigneur  de  Boursolle  la  somme  de  12,000  florins  de 
Brabanl  suivant  un  acte  de  la  cour  féodale  du  13  novembre  1897. 

1609, 31  août.  Franchoy  de  Boursolle  cède  pour  12,000  florins 
de  BrabaiJt  tous  les  droits  qu'il  a  sur  la  seigneurie  à  noble  et 
généreux  seigneur  Jean  Jacque  comte  de  Beljoyeuse ,  seigneur 
de  Cliocquier,  Vaulx,  Borset,  etc.,  grand  bailli  d'entre  Sambre- 
et-Meuse ,  en  vertu  d'un  contrat  passé  le  13  novembre  1897 
entre  Marie  de  Ghoer  et  Loyse  de  Vienne.  Le  même  jour,  Phi- 
lippe d'Heur,  prélocuteur,  mari  de  Marie  Gourtejoie,  veuve  de 
Gharles  de  Blois,  et  Henri,  Gharles,  Philippe  et  Hermande  Blois, 
lilsdudit  Charles,  transportent  au  même  comte  de  Belle  Joyeuse, 
les  droits  qu'ils  peuvent  avoir  sur  la  seigneurie  du  chef  d'une 
rente  de  100  couronnes. 

1616,  27  oct.  Haut  et  puissant  seigneur  Albert  prince  de  Bar- 
bançon  et  d'Arein bergh,  comte  d'Aigremont,  pair  de  Uaynault, 


—  262  — 

vicomte  de  Dave,  haut  voué  de  Hesbaiiig  et  de  la  ville  de  Mons, 
fait  relief  comme  mari  de  haute  et  puissante  dame  madame  Marie, 
fille  d*inustre  seigneur  messire  Everard  de  Barbaoçon,  vicomte 
de  Dave,  seigneur  de  Montjardin,  Villaimont,  Jeneffe,  et  de 
haute  dame  madame  Lowyse  comtesse  d*Oostfrise ,  par  décès 
desdits  Everard  et  Lowyse. 

1631,  15  oct.  Illustrissime  seigneur  Adolphe  baron  de  Mil- 
lendonck,  seigneur  de  Ghoer,  Willart,  Andrimont,  etc.,  premier 
président  de  la  Chambre  impériale,  engage  tous  ses  biens  pour 
opérer  le  retrait  lignager  de  Donstienne  possédé  par  le  seigneur 
Ludovic  comte  de  Bellejoyeuse  ,  prétendu  héritier  de  Jean  Jac- 
ques de  Bellejoyeuse,  son  oncle,  et  par  les  seigneurs  Paul  de 
Berloz,  Jacques  Robaulx,  seigneur  de  Soumoy,  et  autres. 

1634, 16  mai.  Albert  prince  de  Barbenson,  fait  relief. 

1636, 11  juil.  La  cour  féodale  déclare  qu'au  mois  d*août  1630, 
Ad.  de  Millendonck  avait  versé  une  somme  d'argent  pour  opérer 
la  rédemption  de  Donstienne  hors  des  mains  de  noble  dame 
Anne  de  Pottiers,  dame  de  Vaulx,  Borset,  veuve  de  Jean  Jacques 
de  Bellejoyeuse,  seigneur  de  Ghockier,  conformément  à  la  sen- 
tence portée  en  sa  faveur  le  17  juin  1626  et  au  décret  du  13 
avril  1627. 

1644,  5  févr.  Albert  de  Lingne,  comte  d'Arenbergh,  d* Aigre- 
mont,  La  Roche,  haut  voué  de  la  cité  de  Liège,  de  Hesbaye, 
chevalier  de  Tordre  de  la  Toison  d*or,  gentilhomme  de  la 
chambre  de  S.  H.,  et  madame  Marie  de  Barbenson,  cèdent  la 
seigneurie  à  madame  la  comtesse  douairière  d*Oostraete,  leur 
fille,  au  lieu  d'une  rente  de  5,000  florins  lui  due  en  vertu  de  son 
contrat  de  mariage. 

1662,  25  sept.  Très-haute  et  très-illustre  dame  Marie  Isabelle 
d'Aremberghe,  duchesse  de  Wurtemberghe  (veuve  du  seigneur 
comte  de  Hoogstraten,  son  premier  mari?),  engage  sa  terre  de 
Donsteen,  dont  elle  avait  fait  l'acquisition ,  à  messire  Charles 
Florentin  Reinsgraff  comte  de  Salms',  pour  servir  de  caution, 
en  vertu  d'une  sentence  rendue  le  23. 


—  263  - 

1679, 30  déc.  Très-haute  et  très-illustre  princesse  Marie  Anne 
née  duchesse  de  Wirtembergh,  dame  de  Donstienne,  ayant  eu 
certaines  diflBcultés  avec  très-haute  et  très-illustre  dame  Marie 
Gabriele  de  Lalain,  comtesse  douairière  de  messire  Charles 
Florentin  comte  Sauvage  du  Rhin  et  de  Salm,  lieutenant-général 
de  l'infanterie  des  Etats  des  Provinces-Unies,  à  propos  du  tes- 
tament de  M.  Is.  d'Arembergh,  leur  mère,  la  seconde  renonce 
à  ses  prétentions  sur  la  seigneurie  de  Donstienne,  ne  se  réser- 
vant qu'une  rente  due  par  le  prince  de  Barbançon. 

1683,  11  nov.  Marie  Anne  duchesse  de  Wirtembergh  fait 
relief. 

1694,  16  déc.  Noble  et  illustre  seigneur  Louis  Alexandre  de 
Scockart,  comte  de  Tirimont,  seigneur  de  Dillebeke,  Itterbeke, 
Donstienne,  Harmignies,  Court  à  Ressey,  Presle,  Trahegnies, 
Resignies,  Bodeghen,  haut  voué  héréditaire  de  ThuUy,  conseiller 
au  conseil  suprême  des  Pays-Bas  près  du  Roi,  à  Madrid,  et  des 
conseils  d*Etat  et  Privé,  fait  relief  de  la  seigneurie  dont  il  avait 
été  mis  en  possession  par  sentence  de  la  cour  féodale  du  17 
mars  1694. 

1709, 19  juin.  Noble  et  illustre  seigneur  Alexandre  Louis  de 
Scockart,  comte  de  Tirimont,  baron  de  Gaesbeke,  etc.,  fait 
relief  de  la  seigneurie,  par  décès  de  Louis  Alexandre,  son  père. 

1725,  l"  mars  ;  1749,  9  oct.  ;  1771,  9  déc.  ;  1773,  12  juill. 
Noble  et  illustre  seigneur  Philippe  Charles  de  Scockart,  comte 
de  Thirimont,  baron  de  Gaesbeck ,  etc.  fait  relief  par  décès 
d'Alexandre  Louis,  son  père. 

1789, 17août.  Madame  Brigitte  Joseph  de  Scockart,  douairière 
de  Templeuve,  comtesse  de  Thirimont,  dame  de  Donstienne, 
etc.,  représentant  son  frère  Philippe  Charles,  fait  relief. 


9  9 


DORINES(i). 


1315  :  Tout  et  que  Baldric  de  Fontftioes  lenoit  dans  le  ville  et  territoire  de  Dorines 
en  Gondroz,  en  jastice^  hauteur,  maisons,  bois,  preis,  terres,  yawes,  cens  et 
rentes.  —  1428:  Terre,  signourie,  etc.  —  4591  :  Censés,  tenurres,  graingnes, 
estableries,  édifTices,  jardins,  terres  aux  champs  et  à  la  ville,  prearies,  haies, 
pasluraiges,  etc. — 1654  :  Haute ,  moyenne  et  basse  jurisdietion, aveclesS  censés, 
terres  labourables,  paxhis,  de.  —  1737  :  Droits  d'aSbrage,  etc. 

1314,  10  nov.  Jehan  Salemiés,  chanoine  de  Dinant,  relève  50 
muids  d*épeautre  de  rente,  sur  les  biens  et  droits  que  Michiel 
de  Fontaines  possède  dans  la  ville  de  Dorines. 

1315, 13  mai.  Leurens,  fils  de  Leuren  de  Stau,  bourgeois  de 
Dynant,  fait  relief  par  reportation  de  Bauldri  de  Fontaines. 

1428,  23  mars.  Jehan  de  Dorines,  bailli  de  la  terre  de  Florines, 
relève  la  moitié  de  la  seigneurie,  avec  tous  les  anciens  biens, 
pourpris,  etc.,  de  feu  Baudri  de  Fontaines,  seigneur  de  Dorines, 
par  décès  de  Willem  de  Dorines,  son  père,  et  de  Nycolle  de 
Dorines,  chanoine  de  Saint-Jean  évangéliste  à  Liège,  son  frère 
aine.  L'autre  moitié  de  la  seigneurie  était  entre  les  mains  du 
seigneur  de  Spontin. 

1430  ,  18  fév.   Willaume  do  Dorines ,  fils  mineur  de  feu 


(i)  Commune  de  la  province  de  Namur,  arrondissement  de  Dinant.  (V.  Saumery, 
DéiiceSj  etc.,  t.  IH,  p.  93)- 


—  265  — 

Jehan  de  Dorines,  fait  relief  avec  Got^biaul  de  Hollignoulle,  sou 
raambour,  de  la  moitié  de  la  seigneurie,  par  décès  de  son  père. 
Gillede  Dorines,  son  oncle,  là  présent,  reconnaît  n'avoir  aucun 
droit  audit  fief.  L'autre  moitié  de  la  seigneurie  était  toujours 
entre  les  mains  du  seigneur  de  Spontin. 

143<>,  2o  avr.  Damoisellc  Gertrud ,  fille  de  Jehan  Ghodissault, 
bourgeois  de  Dinant,  relève  50  muids  d'épeautre  que  son  mari, 
Willaume  de  Dorines,  lui  avait  assigné  comme  douaire  sur  la 
seigneurie. 

1456,  29  avr.  Jehan  Ghena,  bourgeois  de  Dynant,  relève  la 
moitié  de  la  seigneurie. 

1800,  26  mars.  Johan  Brant  d'Aysa,  écuyer,  fait  relief  de  la 
moitié  de  la  seij?:neurîe  comme  mari  de  damoiselle  Foilhine 
Ghena,  par  reportation  faite  par  Johan  Ghena,  receveur  de 
Dinanl  et  de  Fosse,  à  sa  fille  Foilhine,  dans  ses  convenances  de 
mariage. 

1834,  16  oct.  Jehan  Brand'Aysa,  l'aîné,  donne  àson  fils  Jehan 
Bran  d'Aysa,  le  jeune,  dans  ses  convenances  de  mariage  avec 
damoiselle  Jehenne  de  Forvie,  l'usufruit  qu'il  possédait  sur  la 
moitié  de  la  seigneurie. 

1559,  2  déc.  Loys  deBrandt,  fils  de  noble  homme  Johan  de 
Brandt,  seigneur  de  Dorines,  Odeur  en  Hesbaing,  relève  l'usufruit 
que  sa  mère  noble  dame  madame  Jehenne  de  Fourvoyé  possède 
sur  la  seigneurie. 

1564,  19  sept.  Jehenne  de  Forvie  transpoile  la  moitié  de  la 
seigneurie  de  Dorines  et  celle  d'Orf^wr  à  Louis  Brandt,  son  frère, 
lequel  cède  cette  dernière  à  son  frère  Erard.  Le  29  novembre 
1569  ladite  Jehenne  transporte  également  son  usufruit  audit 
Louis. 

1584,  28  nov.  Noble  homme  Louis  Brant,  relève  la  moitié  de 
la  seigneurie  et  l'engagea  noble  dame  madame  Anne  deZanzeilles, 
veuve  de  noble  homme  Hubert  de  Montjoie,  seigneur  de  Car- 
rière et  Evrehaille,  pour  servir  d'hypothèque  à  une  rente  de  20 
florins. 


—  266  — 

1591,  8  mai.  Louis  de  Braut,  écuyer,  seigneur  en  partie  de 
Donnes,  fait  transport  de  sa  part  de  la  seigneurie  h  noble  et 
honoré  seigneur  messire Nicolas  de  Salmyr,  chevalier,  seigneur 
de  Melroy,  Bremagne,  Ghalleux  et  Dorines,  pour  10,000  florins 
de  Brabant,  en  se  réservant  quelques  droits  qui  sont  spécifiés. 

1591,  25  mai.  Noble  et  honoré  seigneur  Rener  de  Rosé, 
seigneur  de  Ronchines,  grand  bailli  de  Hesbaing,  ayant  obtenu 
saisie  de  la  seigneurie  pour  faute  dn  payement  d'une  rente  de 
150  florins  par  Louis  de  Brand,  celui-ci  fait  purgement  et  est 
remis  en  possession  de  son  bien. 

1621,  2  août.  Noble  homme  messire  Charles  de  Salmir,  dit 
de  Melleroy,  seigneur  de  Dorines,  et  noble  dame  madame 
Margarine  de  Groisbeck,  sa  femme,  donnent  la  seigneurie  en 
rendage  pour  8,000  florins  à  haute  et  puissante  dame  madame 
Lamberte  de  Lique,  comtesse  d'Ostfrise  et  d*Emden,  marquise 
douairière  de  Saint-Martin,  femme  de  haut  et  puissant  seigneur 
messire  Christoff're  comte  d'Ostfrise,  chevalier  delà  Toison-d'Or, 
telle  qu'ils  la  possédaient  en  vertu  du  testament  de  Nie.  de  Sal- 
mier  et  de  madame  Agnès  de  Marbais,  ses  parents,  en  date 
du  20  octobre  1891. 

1622,  6  sept.  Noble  et  généreux  seigneur  Charles  de  Glime, 
chevalier,  seigneur  de  Limelette,Samart,  Fraire-la-Grande,  etc., 
mari  de  noble  dame  madame  Agnès  de  Salmier,  dite  de  Melroy, 
sœur  germaine  de  Charles  de  Salmier,  seigneur  de  Dorines, 
opère  le  purgement  de  la  seigneurie  hors  des  mains  deLamberte 
de  Lique  et  de  CristoffVe  d'Oetfrise,  seigneur  de  Stededorff*, 
Wittemont,  colonel  d'un  régiment  d'infanterie  allemande,  etc., 
pour  8,900  florins. 

1654,  8  juil.  Noble  dame  madame  N...  de  Salmier  de  Melroy, 
dame  douairière  de  Samaert, Dorines,  etc.,  veuve  de  Charles  de 
Glimes,  relève  son  usufruit. 

1664,  19  nov.  Noble  seigneur  Gilles  de  Glimes,  seigneur  de 
Samar,  Fraire-la-Grande,  Dorine  et  Souvet,  fait  relief  par  décès 
de  Charles  de  Glimes  et  d'Agnès  de  Salmier,  ses  père  et  mère. 


—  267  — 

171Î,  83  avr.;  1728,  25  sept.  Noble  seigneur  Philippe  de 
Baudrenghien,  baron  de  Samar,  seigneur  de  Cour,  Limelette, 
Fraire-la-Grande,  etc. ,  relève  Souvet  et  Dorinnes,  par  décès 
de  Gilles  deGlimes,  son  beau*père. 

1727, 16  janv.  Très-noble  et  très-illustre  seigneur  Philippe  de 
Baudrenghien,  libre  seigneur  de  Cour-sur-Heur,  fait  donation, 
pour  en  jouir  après  sa  mort,  à  très-nobleet  très-illustre  seigneur 
Ignace  François  comte  de  GlimesdeBrabant,  lieutenant-général 
des  armées  de  S.  M.  G.,  commandant-général  des  deux  Gastilles, 
commandeur  de  Tordre  militaire  d*AIcantara,  lieutenant-colonel 
des  gardes  wallonnes,  de  tous  les  biens  lui  laissés  par  très-noble 
et  très-illustre  dame  Anne  Marie  de  Glimes  de  Brabant,  sa  femme, 
entre  autres  Souvet  et  Dorinnes. 

1737,  18  juin.  Le  révérend  seigneur  Perpète  Renson,  abbé  du 
monastère  de  Leife,  fait  relief  de  la  seigneurie  acquise  par  lui  le 
23  septembre  1734. 

1747,  12  janv.  Ign.  Franc,  comte  de  Glimes,  seigneur  de  la 
Falize,  de  la  Neffe,  aînée  Limelette,  grand  d'Espagne  du  premier 
ordre,  gouverneur  et  capitaine-général  de  l'armée  et  principauté 
de  Catalogne,  fait  relief. 

1785,  30  mai;  1766,  12  juin;  1773,  8  juil.  Noble  et  illustre 
seigneur  Honoré  comte  de  Glimes  de  Brabant,  seigneur  de  la 
Falize,  de  la  Neffe,  Simar,  Fraire-la-Grande,  Gour-sur-Heurre, 
Limelette,  etc.,  maréchal  de  camp  des  armées  de  S.  M.  G., 
commandeur  de  Tordre  d'Alcantara,  gentilhomme  de  la  chambre 
du  roi  d'Espagne  et  capitaine  au  régiment  des  gardes  wallonnes, 
fait  relief  par  décès  de  son  père  Ignace  François. 


DOYON    (.). 


1.114:  Le  lierchcpartilele  ville  et  hiensde  Djon  en  Condro^,  tant  vn  terres,  prtis, 
cens,  cappons,  etc.  —  i:t68:  Le  Het  d'Oyon.  —  1119:  Le  haulIKur  el  juslice 
de  le  ville  d'Oyon  en  CondrOB,  maison,  pourpng  et  nssJHe.ete.  —  1491:  Sifeea- 
rie.  —  liSI  ;  Vivier»,  aie.  —  1613;  Terra,  maison,  cenae,  chepwsipe,  elc. — 
177â:  Cbileau.etc. 


1314,  14  juin.  Henry  de  Burs  fnit  relief  du  liers  du  fief,  tel 
que  le  possédait  Gérard,  son  père. 

1368,  28  mai.  Gilcboiis  de  Sergnoii  relève  le  lief  dont  une 
moilié  lui  était  dévolue  par  décès  de  sa  sœui'  damoiselle  Heiireit 
de  Sei^iioii,  et  l'autre  par  reportalioii  d'Auseaus  de  Sergnoii, 
son  frère  ahié;  puis  il  l'assigne  en  douaire  à  dainoisellc  Ysaii- 
beaut,  lille  de  Williaume  d'Acoctie,  sa  liaiicée. 

1376,  26  sept.  Jolian  de  Beei's,  le  jeune,  relève  le  fiol'  par  re- 
porlalioii  de  Gilclioii  de  Sergnoii  qui  venait  d'en  faire  relief  par 
reportalion  d'Ysabeal-d'Acoclie.  sa  femme. 

1419,  29  jaiiv.  ;  1420,  27  sept.  Ansiau  do  Siergiion,  de  Huv, 
relève  te  tiers  du  lie!'. 


—  269  - 

1423,  i9  janv.  Thieryde  Jambelinez,  nisdeGillede  Jamblines, 
fait  relief  des  deux  tiers  de  la  seigneurie,  par  reportation  de  son 
père,  lequel  après  s'en  être  devesti  par-devant  la  cour  allodiale, 
venait  d'en  recevoir  Tinvesiiture  comme  fief  de  Tévêque. 

1423,  28  déc.  Jakerain  de  For,  bourgeois  de  Huy,  relève  le 
liers  du  fief,  par  reportation  de  demoiselle  Maroye  de  Wasege, 
laquelle  venait  d'en  faire  relief  par  décès  d'Ansiaul  de  Siergnon, 
son  mari. 

1451,  8  mai;  1486,  22  août.  Gille,  seigneur  d'Oyon  et  de 
Myannoie,  fait  relief  des  deux  tiers  de  la  seigneurie,  tels  que  les 
possédaient  Thieryde  Jamblines,  son  père,  et  Gillede  Jamblines, 
son  grand  père,  plus  les  deux  tiers  de  la  seigneurie  de  Myannoie, 

1479,  8  févr.  Thiry,  fils  aîné  de  Gille  d'Oyon,  relève  les  deux 
tiers  de  la  seigneurie,  par  décès  de  son  père. 

1479,  16  mars;  1485,  10  nov.  Le  monastère  de  Notre-Dame 
de  Walincourt,  fait  relief  du  tiers  du  fief. 

1487,  26  mai.  Gilz,  seigneur  de  Myannoye,  fils  de  feu  Gilz, 
seigneur  de  Oyon,  relève  les  deux  tiers  de  la  seigneurie. 

1506,  26  oct.  Le  monastère  du  Val  Notre-Dame,  feit  relief  du 
tiers  de  la  seigneurie. 

1513,  29  juin.  Ernuldde  Sorée,  seigneur  de  Givongne,  déclare 
qu'il  avait  promis  à  son  père  Ansea,  de  récupérer  les  seigneuries 
de  Oyon  et  Myanoie  à  condition  que  Jehan,  seigneur  de  Sorée, 
son  frère,  y  contribuât  pour  sa  part. 

1525,  21  oct.  Le  monastère  du  Val  Notre-Dame  relève  le  tiers 
de  la  seigneurie. 

1613,  5  oct.  Noble  et  honoré  seigneur  Jean  de  Jamblines, 
écuyer,  seigneur  de  Doyon,  transporte  la  seigneurie  à  noble  et 
honoré  seigneur  Jean  de  Jambline,  son  fils,  pour  maintenir  la 
paix  entre  ledit  Jean  et  les  autres  enfants  qu*il  avait  eu  d'Ely 
d'Eynaten,  sa  première  femme. 

1651,  6  oct.  Jean  de  Jambline  fait  relief. 

1697,  21  mai.  Noble  et  généreux  seigneur  Jean  (Henri  Nicolas?) 
de  Jambline,  fait  relief  par  décès  de  Jean  de  Jambline,  son  père. 


—  270  — 

1726, 19  nov.  Noble  et  généreux  seigneur  Henri  Nicolas  de 
Jambline,  seigneur  de  Doyon,  relève  les  deux  tiers  de  la  seig- 
neurie. 

1736,  28  févr.;  1741,  13  janv.  La  damoiselle  Marie  Ursule 
Mectilde  d'Auvin,  héritière  de  H.  Nie.  de  Janablines,  relève  les 
deux  tiers  de  la  seigneurie,  déclarant  avoir  relevé  l'autre  tiers  à 
la  cour  féodale  de  la  prévoté  de  Poilvache,  à  Namur,  comme 
ravalent  fait  ses  prédécesseurs. 

1741, 13  janv.  ;  1745, 5  nov.  ;  1766, 15  févr.  Le  seigneur  Alard 
Laurent  Adrien  van  Byll  de  Joncholt,  seigneur  de  Doyon,  mari 
de  M.  Urs.  M.  d*Auvin,  fait  relief  des  deux  tiers  de  la  seigneurie. 

1768,  l^'févr.;  1772,  21  mai.  Madame  M.  Urs.  M.  d'Auvin, 
douairière  de  noble  seigneur  Al.  Laur.  van  Eyll,  relève  les  deux 
tiers  de  la  seigneurie. 

1772,  8  juil.  Noble  et  illustre  dame  M.  Urs.  M.  Dauvin  donne 
tous  ses  biens  à  son  fils  aîné  le  seigneur  Guilleaume  Alard 
Laurent  Nicolas  van  Eyll ,  fiancé  à  la  demoiselle  Marie  Anne 
Aldegonde  Van  der  Straten  de  Vaillet. 

1785,  2  juil.  J.  Al.  Nie.  van  Eyll  fait  relief. 


DROLENVAUX.(i) 


4391  :  Le  fief  de  Droienvaiilz  en  bao  de  Thene,  et  les  aywes  de  Lysche  devant 
Navaingoe.  —  i489  :  Le  terre,  haulteur  et  segnouriedeDrolenvanx,  située  ou  ban 
de  Soron,  marcbissante  an  pays  de  Franchimont.  — 4538  :  droicturres,  proufiicts, 
adventurres,  eawes,  pexheries,  accidens,  forfaicturres,  bois,  triexhes,  bayes, 
app.  et  app.  de  Drolenvanlx,  gissante  dessear  Pepinster. 


1391,  8  janv.  Arnus  de  Bubais,  bourgeois  de  Liège,  fait  relief. 

1482,  l«^févr.  Jehan  Lambinon,  fils  de  Jehan  Lambinon,  relève 
la  seigneurie  par  transport  de  Cristian  de  Ramelo,  auquel  elle 
était  dévolue  par  décès  des  héritiers  d'Ernoul  de  Ferme. 

1486,  2  oct.  Jehan  Lambinnon,  fils  de  feu  Lambinnon  de 
Houdeboulht,  fait  relief  de  la  seigneurie. 

1831,  30  nov.  Bartholomeus  Lyctzen,  chambellan  et  gentil- 
homme du  prince  de  Liège,  fait  relief  en  vertu  d'une  donation 
lui  faite  par  ledit  prince,  après  la  saisie  de  la  seigneurie  opérée 
pour  faute  de  relief  des  représentants  de  Jehan  Lambinon,  savoir 
Guillemin  le  Borguingnon  et  Marie,  sa  femme,  fille  du  dit 
Lambinon. 

1838,  1*'  juil.  Cornille  de  Berghes,  évêque  de  Liège,  en 


(  1  )  Arrondissement  de  Verviers,  province  de  Liège. 


—  272  - 

récompense  des  servions  que  lui  a  rendu  Roloff  de  Bever,  sou 
grand  ch  mbellan  et  gantilliomrae,  lieulienantde  sa  cour  féodale, 
lui  fait  donation  de  la  seigneurie,  laquelle  avait  été  saisie  faute 
de  relief  de  G.  le  Bourguignon  et  de  Marie  Latnbinon,  sa  femme. 
Le  10  juillet  suivant.  Corneille  de  Berghes  confirme  cette 
donation. 

1548,  10  août;  1569,  23  juil.;  158»,  14nov.  Maître Guiheame 
délie  Sarte,  au  nom  de  sa  femme,  demande  à  faire  hors  des 
mains  de  Berthelmi  Liclzeii  purgement  de  la  seigneurie  qui 
appartenait  à  Jehan  Bourguignon  et  à  Marie  l.amoinon,  tanlede 
sadite  femme.  Le  5  novembre  suivant,  il  est  mis  en  possession. 

1602,  17  août.  Honorable  homme  Henri  Sarta,  de  Havelange, 
fils  aîné  de  Thomas  Sarta,  seigneur  de  Drolenvaux,  engage  la 
seigneurie  à  vénérable,  noble  et  honoré  seigneur  Thiry  de 
Woestenraede,  chantre  de  Téglise  Notre-Dame,  à  Aix,  pour 
servir  d'hypothèque  à  une  rente  de  250  florins  de  Brabaut. 

1603,  15  nov.  Henri  Sarta,  grcflier  de  Havclange  ,  transporte 
la  seigneurie  à  Toussaint,  fils  de  Thiry  de  Drolenvaux,  par  voie 
d'échange. 

1613,  2  mai.  Honorable  Toussaint  de  la  Forge,  seigneur  de 
Drolenvaulx,  fait  relief. 

1630, 11  juil.  Tous,  délie  Forge,  par  Tentremise  de  noble  Jac- 
que  aux  Brebis,  vend  la  seigneurie  au  sieur  Bauduin  de  Ramée, 
capitaine,  fils  du  sieur  Laurent  de  Bamée,  bailli  du  pont  d'Amer- 
court,  pour  1374  florins  de  Brabant. 

1633,  9  sept.;  1653,  15  mars.  Honorable  Philippe  Van  der 
Haweycken ,  bailli  des  terres  d'Amercourt  et  capitaine  de  la 
compagnie  des  vieux  arquebusiers  de  Liège,  fait  relief  coiame 
mari  de  damoiselle  Catharinc,  fille  de  Laurent  de  Bamée,  et  par 
décès  d'honoré  seigneur  Bauduin  de  Ramée,  commissaire  géné- 
ral au  service  de  S.  M.  L  et  colonel  d*un  régiment  allemand,  son 
beau-frère. 

1661,  18  nov.  Phil.  Hauveghen,  autrefois  bailli  de  S.  A.  S. 


J 


—  273  — 

au  quartier  du  pont  d*Ainercœur,  vend  la  seigneurie  à  noble  et 
généreux  seigneur  messire  Nicolas  Herman  de  Woelmont,  seig- 
neur de  Soiron,  pour  1778  florins  de  Brabant. 

1663,  8  mai.  Noble  seigneur  Arnold  de  Thier,  échevin  de 
Liège ,  conseiller  féodal ,  comme  proche  parent  de  Phil.  Hay- 
weghen,  opère  le  retrait  llgnager  de  la  seigneurie  hors  des  mains 
de  Herm.  Nie»  de  Voelmont. 

1663,  15  déc.  Arn.  de  Thier  vend  la  seigneurie  à  révérend  et 
noble  seigneur  Laurent  de  Méan,  archidiacre  de  Haynault, 
écolâtre  de  St-Lambert,  prévôt  de  Tongres,  pour  660  florins  de 
rente. 

1710,  28  déc.  Noble  et  révérend  seigneur  Laurent  de  Méan, 
chanoine  de  Liège,  fait  relief  de  la  seigneurie  par  décès  de  son 
père,  monsieur  le  conseiller  baron  de  Méan,  seigneur  deXhosse, 
Atrin,  etc.,  lequel  Tavait  obtenue  par  décès  de  l'archidiacre 
Laur.  de  Méan. 

1721,  22  avr.  ;  1725, 15  nov.  Noble  et  illustre  seigneur  Pierre 
baron  de  Méan,  seigneur  de  Cornes,  commissaire  déciseur  de 
Maestrecht,  conseiller  privé  de  S.  A.,  fait  relief  de  Cornes  et 
Drolenvaux  par  décès  de  Laur.  de  Méan,  prévôt  de  St-Servais, 
à  Maestrecht,  son  oncle.  Dénombrement. 

1746,  26  avr.  Pierre  de  Méan,  comte  de  Beaurieu,  seigneur 
de  Saive,  Atrin,  Gutcoven,  commissaire  déciseur  à  Maestrecht, 
conseillé  privé  et  ordinaire,  fait  relief. 

1758,  23  déc.  ;  1768,  24  janv.;  1772,  15  mai.  Noble  dame 
madame  la  comtesse  de  Méan,  née  baronne  de  Waha,  douairière 
de  Pierre  de  Méan,  relève  son  usufruit. 

1777,  15  juil.  Noble  seigneur  François  Antoine  de  Méan, 
seigneur  de  Gossoncour,  fait  relief  par  décès  de  sa  mère. 


1 


' 


NOTE  SUR  LE  BARON  DE  WALEF. 


Une  bonne  fortune  et  Texquise  complaisance  de  M.  le  baron 
de  Potesta  de  Waleffe  in*ayant  permis  de  fureter  dans  les  ma* 
nuscrits  et  même  un  peu  dans  les  porte-feuilles  de  Tancien 
baron  de  Walef,  j'ai  découvert  sur  ce  soldat-poète,  notre  com- 
patriote, quelques  détails  inédits  ou  peu  connus,  qui  ne  paraî- 
tront peut-être  pas  dénués  d'intérêt  aux  yeux  des  amateurs  de 
notre  ancienne  littérature  e^de  notre  histoire  littéraire. 

Biaise-Henri  de  Corte,  dit  Guriius,  baron  de  Walef,  Bor- 
lée,  etc.,  était  fils  de  Pierre  de  Curtius,  seigneur  de  Petit  Aaz, 
Hermée,  etc.,  et  de  Marguerite  Victoire  de  Âlagon  (*). 

Il  naquit  en  1662  (s)  et  perdit  son  père  lorsqu'il  était  encore 

(i)  U appartenait  ainsi  par  sa  mère  k  la  lîoblesse  d'Espagne,  par  son  père  ii 
celle  de  Hollande.  Les  Gartius  étaient  seigneurs  k  Wisscherweert  et  d'Ysem  en 
Gueldre.  Us  avaient  émigré  dans  le  pays  de  Liège  pour  motif  de  religion  ;  j'ai  va 
les  parchemins  et  les  généalogies  des  deux  familles. 

(  t  )  Ici,  je  suis  en  désaccord  avec  tous  les  biographes.  Us  se  fondent  sur  certains 
passages  des  écrits  du  poète  dans  lesquels  celui-ci  dit  qu'il  avait  47  ans  ou  bien 
qu'il  avait  cinq  lustres  complets  lorsqu'il  publia  telle  ou  toile  pièce.  Or,  en  se  re- 
portant à  i7  ou  il  S6  ans  on  arrive  k  i65S. 

Cette  conclusion  serait  légitime  si  l'on  savait  avec  certitude  en  quelle  année  a  eu 
lieu  la  publication.  On  pourrait  dire  que  le  poète  s'est  trompé. 

Pour  moi,  je  base  mon  assertion  sur  cette  phrase  de  l'auteur  dans  le  Mémoire  de 
M»  le  baron  de  Walef  à  Messieurt  le  Président  et  les  Conseillers  du  Conseil  ordi- 
naire, oii  je  lis,  page  3  :  c  J'espère  que  vos  seigneuries  ne  trouveront  pas  mauvais 
que  je  joigne  aux  écrits  de  mes  avocats,  une  idée  de  la  manière  dont  j'ai  été  traité 
pendant  mon  enfance,,,»;  et  plus  loin  :  «  Il  n'y  eut  jamais  d'acte  concerté  avec  plus 
de  supercherie  que  la  transaction  que  mes  tuteurs  firent  fabriquer  le  9  de  juillet  de 
l'an  i677^  sur  le  prétexte  de  terminer  k  l'amiable  les  chicanes  que  me  fit  madame 


—  276  — 

en  bas  âge.  Il  acheva  fort  tôt  ses  humanités,  avec  plus  de  suc- 
cès que  d'application,  et  puisa  dans  la  lecture  assidue  des 
historiens  et  des  poètes  une  grande  érudition  et  ce  goût  de  la 
poésie  qui  ne  le  quitta  jamais. 

Aussitôt  après  avoir  épousé,  en  1679  (»),  Jeanne  de  Zual- 
lart(i),  il  entra  dans  un  régiment  d'infanterie  espagnole  dont 
il  ne  sortit  que  pour  être  coniet-colonel  de  M.  de  Bondi,  maître- 
de-camp  de  cavalerie  espagnole.  Il  quitta  cet  emploi  en  1682 
pour  aller  prendre  possession  d'une  compagnie  de  cuirassiers 
au  service  de  l'empereur,  que  le  prince  Auguste  de  Hanovre, 
frère  du  futur  roi  George,  lui  avait  donnée  dans  son  régiment. 

En  passant  par  Cologne  pour  se  rendre  en  Allemagne,  il  alla 
faire  la  révérence  au  vieil  Electeur  et  au  Cardinal  de  Furstem- 
berg,  qui  lui  dit  qu'il  valait  mieux  servir  son  prince  qu'un  autre, 
et  lui  offrit  de  la  part  de  â.  A.  I.  la  levée  d'une  compagnie  de 
dragons  dans  le  régiment  de  M.  delà  Salle,  ce  qu'il  accepta. 

La  paix  faite,  le  régiment  de  la  Salle  fut  congédié  en  1684, 
et  Walef  partit  immédiatement  pour  la  Hongrie  en  qualité  de 
major  dans  le  régiment  du  comte  de  Stirum.  De  longues  ma- 
ladies l'obligèrent  d'en  revenir  en  1686. 

Un  an  avant  cette  guerre,  qui  suivit  la  frimeuse  ligue  d'Augs- 
bourg  et  aboutit  au  traité  de  Nimègue,  le  comte  d'Asfeld, 
envoyé  extraordinaire  de  France  à  Liège,  lui  donna  commission 
pour  lever  une  compagnie  dans  un  régiment  étranger  (3).  Il  y 
resta  jusqu'en  1699. 

de  la  Raudière»  immédiatement  après  la  mort  de  Henri  de  Gartins,  notre  ayeoL.... 
Je  n'avais,  messieurs,  qae  douze  ans  quand  mon  bienfaiteur  mourut,  ce  qui  arriva  le 
jour  du  Noël  Tan  i674....  > 

Le  mot  douze  est  en  toutes  lettres,  il  n'y  a  donc  pas  de  faute  d'impression. 

Le  poète  peut  s'être  trompé  aussi  dans  son  Mémoire,  ce  qui  n'est  pas  probable  ; 
il  eut  donné  trop  beau  jeu  à  la  partie  adverse. 

(4)  Mémoire  de  M,  le  Baron,  etc. 

(f  )  Note  trouvée  dans  les  papiers  dt  M.  de  Flaveau,  neveu  du  poète. 

(>]  C'est  vers  ce  temps  (1694)  qu'eut  lieu  l'enlèvement  de  Proserpine,  à  Brëda, 
comme  on  le  voit  dans  la  pièce  publiée  en  1866,  par  M.  Xavier  deTbeux. 


—  277  — 

L*an  1700,  il  passa  en  Angleterre  où  Guillaume  III  lui  offrit, 
à  la  recommandation  de  l'illustre  Van  Keppel  (')»Iord  d'Albe- 
marie,  la  levée  d*un  régiment  de  dragons.  Il  partit  de  Londres 
par  ordre  de  S.  M.  pour  se  mettre  en  quête  de  bons  officiers. 
Au  commencement  de  Tannée  suivante,  il  lui  fut  ordonné  de 
retourner  en  Angleterre  pour  recevoir  les  ordres  du  souverain 
et  l'argent  de  la  levée  ;  il  y  arriva  avec  d'Albemarle  le  jour 
même  de  la  mort  du  roi.  Après  être  resté  quinze  mois  à  Londres 
dans  rassurance  qu*il  serait  bientôt  expédié  conformément  aux 
intentions  du  feu  roi,  on  lui  dit  que  la  reine  Anne  avait  fait  un 
traité  avec  les  États-généraux  pour  la  recrue  de  25,000  hommes 
aux  fï'ais  communs  des  deux  puissances  maritimes,  et  qu'il  de- 
vait être  compris  dans  ce  nombre. Il  se  rendit  avec  d'Albemarle 
à  La  Haye  où,  après  quelques  négociations  que  les  Hollandais 
firent  avec  les  Princes  de  l'Empire  pour  se  procurer  des 
troupes,  il  signa,  le  24  février  1703,  une  capitulation  pour  la 
levée  d*un  régiment  de  dragons.  Il  se  trouva  dès  lors  engagé, 
au  service  de  l'Angleterre,  dans  la  ligue  formidable  formée 
contre  la  France  et  dont  Guillaume  III  avait  été  le  principal 
promoteur.  Il  assista  à  plusieurs  batailles  et  entre  autres  à  celle 
de  Ramilies,  et  aida  même  plusieurs  fois  à  ravager  ses  propres 
terres.  Le  1*  janvier  1709,  il  fut  nommé  brigadier  par  Marlbo- 
rougli  qui  était  alors  au  camp  de  Marlebeek  (').  Six  mois  après 
son  fils,  François  de  Gorlc,  baron  de  Borlée,  qui  servait  dans 
son  régiment,  reçut  du  camp  d'Orchies  un  brevet  qui  le  nommait 
major  (').  Le  l"  janvier  1711,  les  plénipotentiaires  de  la  Grande 
Bretagne  et  les  députés  des  États-généraux  des  Provinces-Unies, 
au  nom  de  S.  M.  Impér.  et  Catholique  signèrent  (^)  à  la  confé- 

(')  H  s'agit  de  Van  Keppel,  le  favori  de  Gaillaume  III  qui  fut  battu  et  fait  pri- 
sonnier à  Denain ,  et  non  pas  de  Monk,  le  vainqueur  de  Tromp,  lequel  était  mort 
depuis  1610. 

(*)  Le  brevet  porte:  1708/9,  nouveau  style. 

(*)  Le  9/30  août  i709. 

(*)  Ëtait  signé:  Orreri,  Johan  Vandenbergh. 


.-  278  — 

rence  de  Bruxelles,  la  nomination  du  brigadier  de  Waler  au 
grade  de  général-major. 

En  1712,  la  reine  Anne  traita  de  la  paix  avec  la  France.  Les 
troupes  étrangères  furent  dispersées  et  se  remirent  chacune  aux 
ordres  immédiats  de  leurs  souverains  respectifs.  Hais  le  régi- 
ment de  Walef,avec  deux  régiments  deHolstein,  suivirent  à  Gaod 
le  duc  d'Ormonde,  généralissime  des  troupes  anglaises  dans  les 
Pays-Bas  (*).  Quoique  Walef  eut  toujours  reçu  directement  ses 
ordres  de  l'Angleterre,  on  lui  fit  un  crime  de  cette  obéissance. 
11  avait  eu  auparavavant  déjà,  le  malheur  de  se  brouiller  avec 
Marlborough  et  ses  croyances  religieuses  lui  avaient  attiré  des 
malversations  de  la  part  des  tories  qui  dominaient  alors. 

Victvne  dun  parti  violent^  emportéy  il  se  vit  forcé  de  donner 
sa  démission.  Sous  le  nom  de  Henry  S^-Pierre,  il  obtint  une 
pension  de  SOO  pièces,  sur  Tlrlande,  qui  ne  lui  fut  payée  que 
pendant  la  vie  de  la  Reine.  Il  continua  à  servir  pendant  quel- 
que temps  en  qualité  de  volontaire  sous  les  ordres  du  prince 
Eugène  de  Savoie.  Son  fils  prit  alors  le  commandement  du 
régiment  de  Walef  et  fut  nommé  colonel  par  le  duc  d'Ormonde 
au  camp  de  Gateau-Gambrésis,  le  li  juillet  1712.  Le  général  et 
son  fils  demeurèrent  en  Angleterre  jusqu'au  commencement  de 
1718  pour  y  solliciter  les  arrérages*d&s  à  leur  régiment  et  à 
eux-mêmes.  Us  n'obtinrent  rien. 

D'Angleterre,  le  général  se  rendit  à  Paris  où  des  affaires  d'im- 
portance, dit-il,  l'arrêtèrent  jusqu'en  1717.  G'est  ici,  me  semble- 
t-il,  qu'il  faudrait  placer  les  négociations  relatives  au  duc  et  à 
la  duchesse  du  Maine,  dont  parle  M"""  de  Staël  (M"^de  Launay) 
dans  ses  mémoires.  Je  n'ai  trouvé  aucun  document  qui  offrit 
des  données  positives  sur  cette  affaire.  —  En  1717,  il  fut  obligé 
d'aller  dans  plusieurs  cours  dltalie  et  de  là  en  Espagne  pour 
s'acquitter  de  quelques  commissions  auprès  de  S.  M.  Catholique 

(')  Od  donna  300,000  Uvr.  sterl.  pour  les  payer. 


—  279  — 

qui  fut  si  contente  de  ses  services  qu*elie  lui  donna,  le  30  janvier 
1719,  la  patente  de  lieutenant-général  de  ses  armées  et  y  joignit, 
la  même  année,  celle  d'inspecteur  de  Tinfanterie  et  de  la  cava- 
lerie de  ses  royaumes  (M.  Sou  fils  obtint  le  grade  de  brigadier 
et  mourut  peu  après  en  revenant  de  Ceuta,  à  Fàge  de  3S  ans, 
sans  laisser  d'héritiers. 

L'année  1724,  Walef  obtint  du  roi  Tautorisation  tant  d'aller 
solliciter  ce  qui  lui  était  dû  en  Angleterre  que  de  venir  régler 
ses  affaires  domestiques  dans  son  pays.  Il  fut  bientôt  accablé 
d'infirmités;  après  avoir  demandé  plusieurs  prolongations  de 
congé  et  voyant  que  ssr  mauvaise  santé  le  mettait  désormais  hors 
d'état  de  servir,  il  demanda  sa  démission,  qui  lui  fut  envoyée  de 
Madrid  le  20  octobre  1728. 

Plus  tard  pourtant,  il  voulut  encore  essayer  du  service  et 
obtint  par  l'entremise  du  prince  Eugène,  le  grade  de  feld-ma- 
réchal,  lieutenant  de  l'Empire,  avec  les  appointements  de  géné- 
ral de  bataille!!!  Ce  ne  fut  qu'une  sinécure. 

Walef  avait  environ  66  ans  quand  il  se  retira  dans  ses 
domaines  pour  n'en  plus  sortir.  Il  passait  l'hiver  à  Liège,  Tété 
à  Walef  S^-Pierre,  au  château  qu'il  avait  fait  bâtir  au  bout  d'une 
magnifique  allée  de  tilleuls  et  auquel  il  avait  donné,  sur  l'avis 
du  prince  Eugène,  des  proportions  extraordinaires  pour  le 
commencement  du  XVIII«  siècle. 

Il  s'occupa  avant  tout  d'un  long  et  scandaleux  procès  contre 
sa  belle-sœur,  M'"«  de  la  Raudière,  fille  d'un  premier  mariage 
de  son  père  avec  Marie-Jeanne  de  Henry,  dame  de  Louverval. 
Cette  sœur,  de  connivence  avec  les  deux  tuteurs  de  son  frère, 
l'avait  dépouillé  pendant  son  enfance  et  cherchait  à  absorber  par 
des  contrats  extorqués,  le  bien  qu'il  avait  acquis.  Elle  voulait  se 
dédommager,  comme  il  le  dit  lui-même,  «  des  biens  considé- 
rables qu'elle  a  consommés  par  les  mauvaises  chicanes  qu'elle 

(')  Les  patentes  officielles  sont  signées  du  Roi  et  datées  du  17  février  4731. 


—  280  — 

a  faites  sans  discontinuation,  pendant  plus  d'un  demi  siècle 
révolu,  contre  son  mari,  contre  ses  enfants  Tun  après  Tauirei 
et  enfin  contre  moi.  » 

Il  finit  par  se  réconcilier  avec  elle. 

C'est  alors  seulement  qu'après  bien  des  procès,,  des  chicanes, 
des  déboires  de  tout  genre,  après  avoir  sollicité  la  protection 
du  roi  George  d'Angleterre,  de  l'Empereur  d'Âutricbe,  du  prince 
Eugène,  il  parvint  à  se  faire  payer  de  ses  services  en  Angle- 
terre (')  et  en  Espagne. 

Il  entretint  une  correspondance  suivie  avec  plusieurs  grands 
personnages,  notamment  avec  le  prince  Eugène  de  Savoie  auquel 
ses  connaissances  stratégiques,  ses  nomt^reuses  relations  d'au- 
trefois avec  les  cours  d'Angleterre,  de  France,  d'Espagne,  etc., 
lui  permettaient  de  rendre  d'émineats  services. 

Il  employait  ses  loisirs  aux  travaux  qui  le  recommandent  tout 
spécialement  k  notre  attention,  à  la  poésie.  Il  retoucha  quel- 
que peu  ses  vers,  les  fit  imprimer,  en  composa  de  nouveaux. 
J'ai  lu  plusieurs  lettres  en  réponse  à  l'envoi  tantôt  d'une  épitre, 
tantôt  d'un  volume.  Elles  sont  en  général  sobres  d'éloges. 

De  la  lettre  de  Boileau,  pas  d'apparence.  On  l'a  lue  impri- 
mée ;  peut-on  croire  que  le  satirique  ait  écrit  bien  sérieu- 
sement ces  «  merveilleux  »  éloges?  Il  y  avait  deux  hommes 
en  Boileau  :  l'homme  de  société  et  l'homme  officiel.  Le  pre- 


(*)  Voici  tout  ce  que  j'ai  pu  lirer  d'ane  fonle  de  paperasses  :  comptes,  mémoires, 
lettres,  etc. 

L'ordre  fut  donné  de  payer  avant  le  1*^  décembre  1713  tous  les  régiments  déchargés 
du  service.  11  y  fut  contrevenu  au  sujet  du  baron  de  Walef.  Vers  4715,  le  quartier- 
maître  général  Ghaundon  perçut  la  solde,  la  passa  au  Hollandais  Sweet  qui  la  remit 
aux  banquiers  Cailland  et  Roux.  Hais  ceux-ci  firent  faiUite.  De  là  d'inextricables 
diffîcultés.  D'après  une  note ,  la  somme  s'élevait  pour  le  baron  de  Walef  seul  à 
46,318  fl.  2  i/â  sols  argent  cour,  de  Hollande.  On  retint  37,743  il. ,  paiements  de 
dommages  et  intérêts,  etc.;  si  l'on  défalque  du  reste  les  frais  de  trois  ou  quatre 
procès  en  Hollande,  les  voyages,  etc.,  on  trouve  que  cette  comédie  anglaise  ne  fut 
pas  «  As  you  like  it.  » 

Des  arrérages  d'Bspagne,  je  n'ai  trouvé  qoe  la  mention  da  fait,  mais  aucun  détail. 


1 

I 


—  281  — 

mier  écrivait  des  lettres  et  faisait  des  compliments;  il  disait, 
par  exemple,  que  Molière  était  le  plus  grand  homme  de 
son  siècle.  Le  second,  grand-maitre  du  Parnasse  français, 
écrivait  l'art  poétique  et  les  satires,  et  trouvait  que  le  grand 
comique  n*était  souvent  qu'un  grimacier  populaire  (V.  Art.  poét. 
Gb.  III).  — Le  comte  de  Zinzendorf,  ancien  commissaire  impé- 
rial à  Liège,  trouve  dans  le  Catholicon,  qui  lui  est  dédié,  «  beau- 
coup de  feu,  de  précision,  de  clarté  et  d'esprit.  »  C'est  dire  un 
peu  trop.  —  Voici  mon  opinion  :  Walef  est  philosophe  et 
observateur;  il  témoigne  d'un  bon  sens  exquis,  mais  souvent  de 
peu  de  goût.  Rien  de  plus  faisandé,  par  exemple,  que  la  des- 
cription des  Rîies  de  Madrid.  Maints  endroits  dénotent  une  ima- 
gination vive,  enjouée,  riante,  mais  parfois  mal  réglée.  La 
Métamorphose  de  Clytie,  F  Histoire  de  la  porcelaine,  fourmillent, 
comme  on  l'a  dit,  de  traits  charmants. 

En  voici  que  l'on  n'a  jamais  vus  ;  c'est  le  commencement 
d'une  épitre  au  prince  Eugène  : 


>  Déjà  Tastre  du  jour  plus  voisin  de  nos  Utes, 
Semble  avoir  des  hivers  écarlé  les  tempêtes. 
Une  douce  chaleur  succède  aux  noirs  frimats. 


Tout  germe,  tout  renaît  ;  du  sein  de  la  nature 

S'élève  à  pas  tardifs  la  riante  verdure; 

Son  invisible  main  ramène  dans  nos  champs 

Avec  un  ciel  plus  pur,  les  beautés  du  printemps. 

Tout  rit  dans  nos  jardins  ;  déjà  Zéphir  et  Flore 

Ont  parfumé  les  airs  des  fleurs  qu'ils  font  éclore  ; 

Le  sang,  rendu  plus  vif  par  le  froid  combattu, 

Retrouve  en  circulant  sa  première  vertu  ; 

La  bouillonnante  ardeur  dans  les  yeux  étincelle 

Et  le  cœur  en  reprend  une  force  nouvelle.  » 

11  est  en  général  dun  classissime  sévère,  celui  du  grand  siècle 
de  Louis  XIV.  On  pourrait  l'appeler  sous  certains  rapports,  le 
Boileau  Liégeois.  —  Un  Boileau  aux  petits  pieds,  pourtant.  — 
Gomme  le  satirique,  dont  il  savait  les  vers  par  cœur,  il  est 


—  282  — 

caustique  et  mordant  jusque  dans  Tode  et  Tépitre.  Tandis  que 
le  second  nous  étonne  parfois  parTétroitesse  de  ses  vues  et  l'in- 
justice de  ses  jugements  passionnés,  le  premier  demeure  tou- 
jours liégeois  et  soldat,  c'est-à-dire  franc  et  loyal.  Us  n'eurent 
la  chance,  ni  l'un  ni  l'autre,  de  corriger  qui  que  ce  fut  ;  il  faut  du 
cœur  pour  gagner  le  monde  et  Walef  et  Boileau  avaient  «  plus 
de  tête  que  de  cœur  {»).  »  —  Pour  moi,  j'aime  assez  bien  le 
Gatbolicon  quand  je  ne  le  regarde  pas  à  la  loupe  ;  c'est  le  vrai 
Higuiero  d'infiemOy  au  fin  sel.  Il  sent  son  Walef  d'une  lieue.— 
Les  chefs-d'œuvre  du  poète  liégeois,  ce  sont  ses  drames.  Je 
n'en  dirai  rien  de  mieux  que  l'intéressant  biographe  des  soi- 
rées bruxelloises  de  18S4.  —  Mais  il  n'eut  pas  dû  commettre 
tant  d'odes!  11  a  du  feu,  mais  pas  de  vrai  enthousiasme; 
s'il  lui  arrive  parfois  de  s*élever,  il  a  de  la  peine  à  se  soutenir  ; 
«  il  a  le  vol  court  (i).  »ll  est  telle  ode  où  l'on  ne  trouve  qu'un 
soupçon  de  poésie  délayé  dans  un  Océan  de  prose.  —  Voilà 
pour  le  fond.  -  Et  pour  la  forme  : 

Ses  vers,  comme  un  torrent,  coulent  sur  le  papier.  C'est  une 
abondance  qui  va  jusqu'à  la  prolixité;  Vers  peu  corrects,  peu 
châtiés,  répétitions,  chevilles,  etc.;  ils  me  rappellent  Grenet: 


Trop  paresseux  pour  abréger. 
Trop  occupé  pour  retoucher, 
Je  vous  livre  mes  rêveries 
Que  quelques  vérités  hardies 
Viennent  librement  mélanger . 
J'abandonne  l'exactitude 
Aux  geos  qui  riment  par  métier. 
D'autres  font  des  vers  par  étude 
J'en  fais  pour  me  désennuyer  ; 
Ainsi,  vous  ne  devez  me  lire 
Qu'avec  les  yeux  de  l'amitié... 
(les  ombres). 


(>)  De  Murait  :  Lettres  sur  les  Anglais  et  les  Français. 
(9)  De  Murait,  op.  cit. 


—  283  — 

Le  baron  de  Walef  mourut  à  Liège  le  ii  juillet  1734,  jour  de 
la  Madeleine.  Il  fut  enterré  le  lendemain  dans  Téglise  du  Collège 
des  Jésuites  de  Liège  (*).    . 

Un  mot  maintenant  des  œuvres  du  poète  que  j'ai  lues  ou  par- 
courues. Ce  sont  : 

L  Les  trois  tragédies  :  Electre,  Mahomet  II,  Annibal  à  Capoue. 
La  première  est  inprimèe,  les  deux  autres  sont  inédites. 

Il  y  avait  deux  MSS  de  Mahomet.  L*un  semble  beaucoup 
plus  ancien  que  tous  les  autres  MSS  de  Tauteur. 

Il  est  d'une  écriture  singulière,  oii  abondent  les  abréviations 
et  les  ligatures.  La  fin  du  cinquième  acte,  et  une  foule  de  correc- 
tions, sont  plus  récentes  et  de  la  main  même  du  poète.  J'étais 
parvenu  avec  beaucoup  de  peine  à  déchiffrer  et  à  transcrire  ce 
cinquième  acte,  qui  est  fort  beau,  lorsque  j*ai  trouvé  le  second 
MS ,  parfaitement  lisible ,  mais  sensiblement  modifié  par  la 
suppression  d'un  nombre  considérable  de  vers.  —  Cette  œuvre 
de  mérite  serait-elle  une  des  plus  anciennes  de  son  auteur?... 

Après  avoir  lu  les  soirées  bruxelloises  (1854),  on  ne  sera 
pas  fâché  de  trouver  ici  l'une  des  plus  belles  scènes  de  Maho- 
met, la  VIP  du  cinquième  acte.  Le  récit  de  la  mort  d'Irène  et 
du  vizir  Ibrahim. 

OssAR  (officier  du  térail),  RAClMA  (tuliane),  Fatime  (cot^fidente  d^Iréne), 

OSSAN. 

Ah  !  Madame,  cessez  de  répandre  des  larmes 

Je  viens  vous  annoncer  la  fin  do  vos  alarmes  : 

Le  sultan,  par  un  coup  dont  je  frémis  d'horreur, 

Du  peuple  et  des  soldats  a  calmé  la  Tureur. 

Tout  redoute,  tout  fuit  sa  funeste  colère... 

Mais,  Madame,  à  son  cœur  que  la  victoire  est  chère  ! 

Jamais  pour  en  jouir  un  plus  beau  sang  versé  ! 

Raqha. 
Qu'est-ce  donc?  apprends  moi  tout  ce  qui  s*est  passé. 

(*)  J'ai  ta  l'attestation  du  P.  Jésuite  chargé  de  faire  procéder  à  l'enterrement. 


—  284  — 

OSSAN. 

Madame,  le  sultan  s'avançait  vers  la  porte  ; 
D'habitants  du  sérail  une  nombreuse  escorte, 
Eunuques  et  muets,  tristes  et  vils  soldats, 
D'une  démarche  lente  accompagnait  ses  pas. 
Irène  le  suivait,  non  pas  en  suppliante 
Qu'étonne  du  péril  l'approche  menaçante  : 
Sa  fierté  qu'excitait  le  sultan  furieux, 
Nous  touchait  encor  plus  que  l'éclat  de  ses  yeux. 
La  garde  cependant,  de  tous  côtés  pressée. 
Aux  portes  du  sérail  allait  être  forcée. 
Quand  un  muet,  instruit  par  un  triste  signal, 
De  la  main  du  sultan  reçoit  l'ordre  fatal. 
L'esclave  aussitôt  ouvre  et  se  fait  un  passage. 
Irène  le  reçoit  sans  changer  de  visage  ; 
D'elle-même  elle  s'offre  au  fer  impatient. 
Et  ses  derniers  regards  insultent  son  amant.... 
Madame,  pardonnez  un  récit  trop  fidèle. 
Mais,  prêt  à  voir  tomber  une  tète  si  belle , 
Chacun,  saisi  d'effroi,  recule  épouvanté. 
L'esclave  cède  presque  à  tant  de  cruauté: 
Le  fer,  qui  suit  enfin  une  roule  incertaine. 
N'arrache  au  second  coup  la  tète  qu'avec  peine. 
Elle  tombe,  et  ses  yeux  où  brillaient  tant  d'attraits, 
A  la  clarté  du  jour  se  ferment  pour  jamais. 
Madame,  à  cet  objet  terrible  et  pitoyable 
Le  Sultan  seul  conserve  un  calme  redoutable. 
Mais  que  son  cœur,  ému  d'un  sang  si  précieux. 
Soutient  mal  la  fierté  qu'il  affecte  à  nos  yeux  ! 
«  Cher  Acomat,  dit-il,  la  résistance  est  vaine; 
»  Il  faut  aux  révoltés  abandonner  Irène  : 

>  Le  spectacle  sanglant  qu'on  va  leur  présenter 

>  Mieux  que  tous  nos  efforts  pourra  les  arrêter.  » 
Par  son  ordre  aussitôt  de  deux  côtés  on  s'ouvre  : 
La  porte  du  sérail  devant  nous  se  découvre  : 
L'ambitieux  Vizir  en  ce  même  moment 

Fait  un  nouvel  effort  et  l'enfonce  aisément. 
Il  entre  accompagné  d'une  foule  innombrable. 
Mais,  Ciel  i  pour  un  amant,  quel  objet  effroyable  ! 
Il  voit  le  corps  d'Irène  étendu  d'un  côté  : 
De  l'autre,  il  aperçoit  l'esclave  ensanglanté 
Dont  la  barbare  main  encore  toute  fumante 
Présentait  cette  tète  à  ses  yeux  trop  charmante.... 
Le  peuple  et  les  soldats,  également  surpris  ; 
L'honneur  et  la  pitié  s'emparent  des  çsprits. 


-  288  — 

Tout  frémit  à  l'aspect  d'une  telle  victime. 
L'infortuné  Vizir,  vainement  les  anime  : 
Tout  ce  camp  mutiné,  que  lui-même  a  eondnil, 
Déteste  sa  fureur,  disparait  et  s'enfuit. 
Le  peuple  plus  coupable  il  son  tour  l'abandonne. 
Un  gros  d'amis  resté  seulement  l'environne. 
L'intrépide  Sultan  s'avance  et  le  prévient  : 
c  Tu  vois,  dit-il,  le  sang  dont  ce  palais  est  teint; 

>  N'impute  qu'à  toi  seul  cet  affreux  sacrifloe. 

>  Traître,  viens,  de  ma  main,  recevoir  ton  supplice.  > 
A  ces  mots,  ces  rivaux  se  joignent  malgré  nous. 

En  vain,  nous  nous  jetons  au  milieu  de  leurs  coups  : 
Le  Vizir  est  ftrappé  d'une  atteinte  mortelle  ; 
Un  moment,  à  nos  yeux,  ce  perfide  chancelle  : 
Puis  enfin  il  expire,  et  son  sang  répandu 
Avec  le  sang  d'Irène  est'  bientôt  confondu.  . 

Raciha. 

Ossan,  de  ton  récit  interdite,  étonnée, 

Moi-même,  k  quels  transports  suis-je  donc  destinée? 

Fatime. 

Madame,  n'imputez  qu'à  la  nécessité 
Cet  exemple  étonnant  d'affreuse  fermeté. 


IL  Un  fragment  de  Comédie,  sans  titre.  Il  y  est  question 
d'une  vieille  coquette  indécise  sur  le  choix  d'un  amant.  On  y 
rencontre  des  traits  délicats.  C'est  un  manuscrit. 

III.  Le  Catholicon,  imprimé  et,  en  partie,  manuscrit.  La  pre- 
mière satire  ;  A  Paul,  mm  valet,  est  de  la  main  même  du  baron 
de  Walef.  C'est  la  seule  pièce  entière  qui  soit  de  sa  main  dans 
ses  cahiers. 

Harpagon,  lesNuie^,  Odes  sur  les  affaires  du  temps,  etc.  Le  siècle 
de  Louis  XIV,  Thémire,  les  rues  de  Madrid,  Histoire  de  la  porce- 
laine, la  Métamorphose  de  Clytie  en  fleur,  les  Titans,  les  Augures,  etc. 
Tous  imprimés  et  manuscrits. 


—  286  — 

La  préface  manuscrite  des  Titans  est  celle  de  l'édition  de 
Paris;  mais  elle  est  raturée  et  Ton  y  voit  des  corrections  comme 
celle-ci  : 

Au  lieu  de  : 

«  On  sait  que  ce  héros  (Herculej  avait  devancé  de  fort  peu 
d'années  ceux  que  Musée  fait  agir.  » 

Il  met  :  a  ceux  que  je  faU  agir  »  etc.,  phrases  qui  devaient 
servir  à  l'édition  de  Liège  : 

Le  Liégeois  né  malin.... 

n'eut  pas  accepté  pareil  conte  à  la  cigogne. 

L'édition  des  Augures  est  celle  que  mentionne  M.  Henri  Hel- 
big  dans  son  intéressant  article  publié  dans  l'Annuaire  de  la 
Société  d'Emulation  de  Liège  en  1863. 

lY.  Un  poème  que  je  crois  inédit  :  V Anarchie^  divisé  en  quatre 
chants  :  la  police,  la  morale,  les  juges j  lesjudicatures,  et  adressé 
au  Pays  de  Liège. 

Il  eut  fait  bonne  figure  dans  le  Gatholicon.  Il  abonde  en  traits 
malins  : 

Le  jour  au  (prand  soleil,  la  naît  à  la  lanterne, 
Je  cherche  ici  quelqu'un  qui  m^aide  à  pénétrer. 
Quel  est,  dans  ces  climats,  le  pouvoir  qui  gouverne 
Sans  que  jusqu'à  présent  j'ay  pu  le  rencontrer  ? 

Ou  plutôt  il  trouve  qu'il  n'y  a  pas  de  gouvernement  : 

J'y  suis  ;  c'est  un  précis  du  pouvoir  anarchique 
Ancien  gouvernement  à  nul  autre  pareil. 
Et  qui  ne  fut  connu  qu'au  temps  climatérique 
Des  deux  premiers  mille  ans  qu'éclaira  le  soleil. 

Puis  une  histoire  à  sa  mode,  du  gouvernement  des  pa- 
triarches. De  cette  anarchie  résulte  l'absence  de  morale.  Liège 
est  un  peu  comme  Paris  dans  la  satire  Ménippée  :  «  Une  spé- 
lonque  de  bétes  farouches,  un  asile  et  sûre  retraite  de  voleurs, 
meurtriers  et  assassinateurs.  » 


—  287  — 

L'affreuse  ivrognerie  et  l'horrible  chicane, 
Filles  de  l'Achéron  et  de  l'impiété, 
Dans  nos  mars  à  l'envi,  de  leur  souffle  profane, 
Ruinent  également  la  bourse  et  la  santé. 
Comme  si  nos  effets  étaient  leur  héritage. 
Voleurs  en  cent  façons  viennent  nous  insulter  ; 
Tranquillement  entre  eux  ils  en  font  le  partage, 
Sans  que  du  grand  chemin  ils  daignant  s'écarter  ! 

Pour  punir  la  licence  on  avait  jadis  inventé  les  juges  et  les 
judicatures,  mais  Liège  qui  pourrait  trouver  dans  ses  citoyens 
d'excellents  magistrats,  vend  ses  lits  de  justice  à  des  indignes  : 

Comme  si  l'argent  seul,  par  un  pouvoir  suprême, 
Tenait  lieu  de  savoir,  d'esprit,  de  probité. 

Et  la  plume  de  Fauteur  est,  comme  on  dit,  trempée  dans  le 
fiel,  lorsqu'il  décrit  les  graves  occupatisns  des  juges  liégeois  : 

Trois  mois  par  an,  après  longues  vacances. 

Nos  juges,  rafraîchis  quoique  altérés  de  frais, 
Chaque  jour,  bien  ou  mal,  prononcent  des  sentences. 
Matière,  la  plupart,  à  de  nouveaux  procès. 

Il  appuie  ses  assertions  de  faits  à  lui  arrivés  et  finit  en  rap- 
portant un  événement  que  Ton  connait  sans  doute  : 

Tremblez,  rappelez-vous  ces  grands  coups  de  tonnerre, 
Quand,  partageant  leur  gain,  quatre  juges,  jadis. 
Scélérats  qu'à  regret  avait  portés  la  terre 
Dans  un  de  nos  faubourgs  furent  anéantis. 

V.  Deux  satires  :  la  première  de  soixante  et  une  strophes  de 
dix  vers  chacune  :  Quatrième  Philippique  à  la  nation  française, 
dirigée  contre  le  Régent.  Elle  est  d'une  violence  sans  exemple 
dans  l'auteur;  que  l'on  en  juge  par  les  deux  premières 
strophes  : 

Toi  qui  confonds  les  incrédules. 


—  288  — 

Et  qui,  seuls,  sftos  pâsaioa, 
Da  ranlôme  des  vains  scrupules 
Sais  dissiper  rillasioo, 
Yérité  toujours  eflScace, 
Du  crime  affreux  qui  nous  menace 
Viens  développer  les  noirceurs. 
Pour  toucher  tant  d'&mes  ccaintives , 
Joins  tes  images  les  plus  vives 
A  la  force  de  mes  clameurs. 
L*attentat  n'est  plus  équivoque  : 
Un  prince,  l'objet  de  nos  vœux, 
Par  sa  mort  va  Axer  Tépoque 
Qui  fera  frémir  nos  neveux. 
Content,  désormais  sans  alarmes. 
Le  tyran  qui  pour  toutes  armes 
Ne  vous  connaît  qu'en  vos  chansons. 
Bientôt  de  l'Europe  étonnée. 
Par  ses  intriques  subornée 
Va  justifier  les  soupçons. 


Je  crois  que  cette  satire  est  encore  inédite.  L'autre  est  dirigée 
contre  son  médecin  nommé  Maguire  et  n'a  rien  de  remarquable. 

YI.  Trois  épttres  au  prince  Eugène.  J*ai  cité  le  commence- 
ment de  l*une  d'elles. 

VIL  Cinq  odes.  La  première,  où  Ton  trouve  tout  ce  que  Ton 
veut  excepté  ce  qui  constitue  une  ode  : 

Requête  en  faveur  de  la  demoiselle  de  M  arche  ^  sa  nièce,  qui 
transcrivait  les  poésies  de  son  oncle. 

Deux  autres  sur  Télection  de  Pologne. 

Une  quatrième,  sans  titre,  qui  a  été  imprimée,  je  pense,  sous 
le  titre  de  :  Lachute  des  anges,  etque  j'appellerais  plus  volontiers  : 
Origine  du  peuple  Anglais. 

Une  cinquième  enfin  :  Le  monde,  c'est  plutôt  une  boutade.  Je 
ne  sache  pas  qu'elle  ait  été  publiée. 

Je  compte  ces  deux  dernières  pièces  parmi  les  meilleures  du 
baron  de  Walef. 

VIL  Une  fable  de  deux  cent  soixante  six  alexandrins  de  long! 
Il  y  met  en  scène  quatre  grandes  bétes!  Le  lion,  le  taureau. 


—  Î89  — 

l'éléphant  et  le  sanglier  ;  elle  est  dédiée  au  prince  Eugène.  Elle 
ne  brille  pas  par  sa  clarté.  C'est  peut-être  la  pièce  intitulée 
Eglogue  de  la  guerre  pour  tan  1688,  imprimée  avec  les  Rties  de 
Madrid.  A  Liège,  chez  Guillaume-Ignace  Broncart...  en  Sou- 
verain-Pont, 1731,  et  que  possède  M.  Ferd.  Henaux. 

IX.  Une  chanson  originale,  mais  trop  longue  :  Le  couronne- 
ment de  Stanislas. 

Da  grand  comte  de  Leczinski 
Je  vais  chanter  Tbistoire, 
Ses  grands  exploits  et  son  retoar  en  France.... 

Pour  cause  de  maladie  ! 

On  dit  qu'il  a  joni  d'abord 

D'une  santé  parfaite; 
Mais  pour  peu  que  le  vent  du  Nord 
Pénètre  dans  sa  tête, 
Il  tombe  en  des  convulsions.  La  faridondaine 
Et  son  sang  est  engourdi,  biribi... 

A  son  retour,  il  fut  reçu  magnifiquement. 

Impatients  de  le  revoir 
Les  peuples  de  la  Loire 
Accoururent  partout  pour  le  voir... 
Comme  on  court  à  la  foire, 
En  criant  pleins  d'affection  :  la  faridondaine 

Bon  Dieu,  qu'il  a  bien  réussi,  biribi.... 

Ce  couplet  est  le  dernier  de  quarante  ! 

X.  Les  réflexions  sur  l'Iliade.  Prose  et  vers;  imp.  et  manusc. 

XI.  Le  Mémoire  (imprimé)  de  M.  le  baron  de  Walef  à  Me^- 
sieurs  le  Président  et  Conseillers  du  Conseil  ordinaire^  signalé  par 
M.  Polain  dans  les  Bulletins  de  l'Académie  de  Bruxelles. 

XII.  Une  lettre  «  au  Roy  »  George  d'Angleterre  pour  récla- 
mer ses  arrérages  (imprimée). 

—  Je  n'ai  rien  vu  du  combat  des  Echasses,  du  triomphe  des 
Médecins ,  du  supplément  aux  tableaux  de  Philostrate  (ni  du 
chat  volant  de  la  ville  de  Yerviers).  J'ai  cru  un  moment  être 

18 


—  290  — 

tombé,  dans  une  liasse  de  vieux  manuscrits,  sur  les  madrigaux 
et  les  pièces  de  jeunesse  dont  parle  Bruzen  de  la  Martinière; 
j'ai  acquis  plus  tard  la  conviction  que  ces  vers  ne  sont  pas  du 
baron  de  Walef.  Je  ne  sais  à  qui  attribuer  cette  charmante 
épitaphe  du  Parlement  : 

Sons  un  tout  petit  monument 

Gtt  monseigneur  le  Parlement, 

Qui  prétendait  —  Dieu  lui  pardonne  !  — 

Porter  le  sceptre  et  la  couronne. 

Le  fin  Choiseai,  par  ricochet, 

L'avait  poussé  tout  près  du  trône... 

Louis,  riant  de  ce  projet, 

Sans  invoquer  Mars  ni  Bellone 

L*ensevelit  sous  son  cachet. 

Ce  qui  eut  lieu  en  1771,  grâce  à  Maupeou. 

Enfin  je  mentionne,  pour  la  bonne  bouche,  le  résumé  des 
dernières  dispositions  d'un  projet  de  testament  (  *  ).  Elles  ont 
pour  nous  un  intérêt  tout  spécial. 

Le  poète  déclare  que  dans  le  cas  que  ses  héritiers  ne  vou- 
draient pas  accepter  son  héritage  ou  ne  Taccepteraient  que  sous 
bénéfice  d'inventaire,  il  les  en  prive  absolument,  et  entend 
qu'il  retourne  au  très-illustre  chapitre  cathédral  de  Liège  pour 
fonder  une  Académie  en  faveur  des  jeunes  gens  de  la  Princi- 
pauté de  Liège. 

Elle  serait  dirigée  par  le  grand  prévôt  de  Liège,  les  bourg- 
mestres régents  de  Liège  et  deux  autres  séculiers  qualifiés, 
sous  la  protection  de  S.  A.  le  prince  de  Liège.  On  ouvrirait 
quatre  concours  :  de  poésie,  d'éloquence,  de  sculpture ,  de 
peinture.  Ces  concours  seraient  annoncés  chaque  année,  six 
mois  avant  la  fête  de  la  Translation  de  St.-Lambert.  Les  prix 
consisteraient  chacun  en  une  somme  d'argent  et  une  médaille 


(>}  Je  dis  projet  :  le  document  que  j'ai  vu  n'était  ni  achevé,  ni  signé.  U  n'a  donc 
aucune  valeur. 


I 


—  291  — 

portant  d'un  côté  les  armoiries  du  fondateur  ('),  de  l'autre  les 
mots  :  Eloquentiœy  etc.  Ils  seraient  décernés  à  des  jeunes  gens 
appartenant  à  la  principauté  de  Liège  et  âgés  de  38  ans  au 
moins,  par  des  commissions  dont  feraient  partie  des  sculp- 
teurs, des  peintres,  le  P.  Jésuite  prédicateur  de  la  Cathédrale 
et  un  jésuite  entendu  en  poésie. 

La  distribution  se  ferait  à  l'Hôtel-de-Ville  et  les  lauréats 
assisteraient  à  la  procession  de  St.-Lambert  portant  au  cou 
leur  médaille,  et  à  la  main  un  cierge  et  une  branche  de  laurier. 

Le  P.  Recteur  du  Collège  des  Jésuites,  qui  aurait  eu  l'obli- 
geance de  prêter  deux  de  ses  religieux  aux  jurys  d'éloquence 
et  de  poésie,  recevrait  en  reconnaissance  vingt  écus  à  charge 
d'inviter  à  un  banquet  la  direction  de  l'Académie  liégeoise. 

On  voit  qu'il  a  conçil  la  première  idée  de  la  société  fondée 
plus  tard  par  le  prince  Velbruck. 

On  nous  saura  peut  être  gré  d'ajouter  ici  l'ode  fe  monde,  la 
lettre  au  Roy,  et  un  fac-similé  de  la  signature  du  baron  de 
Walef. 

Le  3  Décembre  1868. 


LE  MONDE. 

(ode) 

Que  le  mofide,  aux  vrais  philosophes 

Parait  renpli  d'ilhinons  ! 

Que  ses  diverses  catastrophes 

Font  naître  de  réflexions  ! 

Je  ne  vois  qu'imposture  étrange. 

Que  confusion,  que  mélange 

Dans  ses  points  même  les  plus  beaux  ; 

Le  premier  coup  d'œil  en  impose  ; 

Oh  !  les  dieux  ont  fait  peu  de  chose 

En  le  débrouillant  du  chaos. 


(i)  Us  Curtius  portaient  d'or  au  cerf  élancé  de  gueules. 


—  292  — 

L'homme,  enorgueilli  de  son  être. 
N'y  sent  que  peine,  que  doaleur; 
Et  le  moment  qui  le  voit  naître 
Est  le  premier  de  son  malheur; 
La  joie  est  courte  et  passagère, 
La  grandeur  fausse  et  mensongère. 
Tous  ses  plaisirs  sont  douloureux  ; 
II  naît,  vit  et  meurt  misérable, 
Et  l'on  a  recours  k  la  fable 
Pour  lui  trouver  un  jour  heureux. 


Que,  dans  Tenceinte  de  ses  villes, 
Il  cherche  la  société  : 
Il  trouvera  les  lois  civiles 
Contraires  à  sa  liberté; 
Tout  l'importune,  le  fatigue  ; 
Un  devoir,  un  rang,  une  brigue  , 
Troublent,  renversent  sa  raison  ; 
Son  bonheur  l'occupe  et  l'altère, 
Celui  d'autrui  le  désespère, 
Et  ses  jours  sont  pleins  de  poison. 


Dans  les  thébaides  retraites 
Qu'il  aille  porter  son  ennui. 
Les  passions  les  plus  secrètes 
Courent  s'y  cacher  avec  lui. 
Il  est  ambitieux,  avare. 
Rêveur,  taciturne,  bizarre, 
Il  regrette  tout,  il  se  hait  ; 
Là  s'évanouit  son  système  ; 
Il  voulait  se  chercher  lui-même, 
Et  ne  se  trouve  qu'à  regret. 


Que  plein  d'une  chaleur  guerrière. 
Il  aspire  au  nom  des  Césars, 
Que  dans  une  affreuse  carrière 
Il  coure  d'aveugles  hazards, 
Lorsqu'il  approche  du  tonnerre, 
La  mort,  qui  le  reporte  en  terre. 
Devient  le  prix  de  ses  travaux  ; 
Le  coup  part,  il  chancelle,  il  tombe.... 
Que  re8le>l-il?...  La  même  tombe 
Couvre  le  lâche  et  le  héros. 


—  293  — 

Je  veux  que  sur  son  mausolée 
Une  main,  traçant  ses  exploits, 
Grave  l'image  désolée 
Du  moDde  soumis  il  ses  lois. 
Croit-on  que  j'admire  Alexandre 
Qui  ravage,  met  tout  en  cendre, 
Charge  cent  peuples  de  ses  fers?... 
Taime  mieux  ce  vainqueur  barbare 
Sauvant  la  maison  de  Pindare 
Que  soumettant  tout  l'univers. 


Pour  hÂter  la  lente  fortune 

Qu'il  se  rende  esclave  des  rois  : 

Que  dans  une  cour  importune 

Il  s'élève  aux  premiers  emplois  : 

Les  faux  amis  l'environnent. 

Les  défiances  l'aiguillonnent  ; 

Il  ne  sait  que  craindre  et  craint  tout  ; 

Idole  de  la  flatterie, 

La  route  qu'il  suit  est  fleurie. 

Mais  le  précipice  est  au  bout. 


Heureux  que,  pour  le  satisfaire, 
Par  le  plus  illustre  présent. 
Le  sort  au  trône  de  Tibère 
Ait  placé  ce  nouveau  Séjan  ; 
Maître  enfin  de  la  terre  entière 
Il  voit  dessous  sa  vue  allièro 
Tout  par  ses  ordres  s'ébranler  ; 
Rien  au  dessus  ne  se  présente.... 
Et  sa  grandeur  le  £ait  trembler. 


Qu'il  aille,  en  de  lointains  rivages. 
Chercher  de  fugitifs  trésors  : 
L'air,  les  vents,  le  feu,  les  orages 
Le  réservent  à  mille  morts. 
Il  revient,  avec  la  tempête 
Son  bien  met  en  danger  sa  tète, 
Il  va  le  jeter  sous  les  flots  ; 
Touche-t-il  au  port  sans  disgrâce. 
Son  propre  succès  l'embarrasse. 
D'autres  soins  troublent  son  repos. 


—  294  — 

Hélas  !  quels  nouveaiui  caractères. 
D'un  naage  épais  entourés, 
Cachent  leurs  odieux  mystères 
Sous  des  dehors  mal  colorés  ? 
Chargés  de  brillantes  entraves, 
Des  hommes  servent  en  esclaves 
Un  maître  qu'ils  ont  obsédé  : 
Tous  se  masquent  comme  au  théâtre, 
Et  mes  yeux  reprochent  du  plâtre 
Au  visage  le  moins  fardé. 


Autour  d'une  foule  timide 
Je  vois  les  soucis  dévorants, 
La  crainte,  l'espérance  avide, 
Verser  leurs  poisons  différents  ; 
La  Fortune  agite  sa  roue; 
Celui-ci  tombe  dans  la  houe 
Dont  cet  autre  vient  de  sortir  ; 
Et  tous,  par  un  retour  frivole, 
Portent  leurs  mains  sur  cette  idole 
Qu'ils  ne  peuvent  assujétir. 


Celui-ci,  dont  l'ùme  effrontée 
Fait  en  un  jour  cent  faux  serments. 
Auprès  des  grands,  nouveau  Prêtée, 
Change  de  face  à  tous  moments. 
Cet  autre,  encore  plus  infftme, 
Veut  lui  prostituer  sa  femme 
Dans  l'espoir  d'un  gain  suborneur  ; 
Et  raffinant  sur  l'avarice 
Tirer  un  tribut  de  son  vice 
Et  subsister  du  déshonneur. 


Tarquin  parait  tyran  de  Rome, 
Quel  flot  de  vains  adorateurs  ! 
Rien  en  lui  qui  ne  passe  l'homme 
Si  j'en  crois  ses  adulateurs  ; 
Tout  est  vertu,  ses  vices  mêmes. 
Ses  impostures,  ses  blasphèmes. 
Jusqu'à  son  impudicité  !... 
Rome  vient  à  le  méconnaître. 
Et  Tarquin  cessant  d'être  maître 
N'est  plus  qu'un  monstre  détesté. 


—  298  — 

Quel  autre  spectacle  m'étale 

Rome,  vide  de  citoyens? 

César  dans  les  champs  de  Pharsale 

Vient-il  de  briser  ses  liens? 

Le  sénat  éperdu  l'adore, 

Il  l'avait  proscrit....  il  l'honore. 

La  liberté  n'a  pins  d'attraits  : 

César  règne Revers  funeste  ! 

firutus  poor  en  sauver  le  reste 
Couvre  ses  lauriers  de  cyprès. 

Un  peuple  entouré  de  victimes 
Inonde  de  sang  les  autels... 
Qu'entends-je?  Il  voudrait  à  ses  crimes 
Associer  les  immortels  ! 
Là  l'impureté  sacrifie, 
L'ambition  se  déifle. 
L'avarice  verse  l'encens, 
Et,  dans  ce  culte  mercenaire. 
L'homme  cherche  un  dieu  tutélaire 
A  l'erreur  qui  flatte  ses  sens  ! 

Où  sont  ces  héros  de  la  guerre 
Que  la  mort  semble  accompagner? 
Ciel  !  est-ce  en  dépeuplant  la  terre 
Qu'un  roi  doit  apprendre  à  régner  ? 
J'attends  derrière  nos  murailles 
Pour  qui  d'eux,  après  cent  batailles, 
Le  sort  voudra  se  déclarer  ; 
Et,  toujours  sûr  d'avoir  un  maître, 
A  peine  puis-je  reconnaître 
Le  dernier  qu'il  faut  adorer. 


Voici  la  lettre  au  Roi  d'Angleterre  George  I**',  qui  succéda 
en  1714  à  la  Reine  Anne-Stuart. 

AU  ROY. 

Sire, 

Je  viens  encore  me  présenter  aux  pieds  de  Vôtre  Majesté 
pour  la  suplier  avec  le  plus  profond  respect  de  me  faire  payer  de 


—  296  — 

mes  appointements  de  la  guerre  passée  comme  Brigadier  et 
comme  Mareschal  de  camp  ;  j'ay  cru  n'avoir  besoin  auprès  de 
Vôtre  Majesté  ny  d'appuy  ny  d'aucunes  lettres  de  recommanda- 
tion, et  j'ay  simplement  récours  à  sa  justice  ;  c'est  par  cette 
vertu,  Sire,  que  vous  avés  porté  la  gloire  de  Vôtre  Règne  plus 
loin  que  n'avaient  fait  les  Henrys  et  les  Elisabeths  ;  elle  vous  a 
attiré  la  confiance  de  tous  les  Potentats  de  l'Europe  et  c'est  par 
elle,  peut-être  encore  plus  que  par  la  considération  de  sa  puis- 
sance, que  vous  avez  rendue  l'Angleterre  arbitre  de  tous  leurs 
différends. 

La  Reyne  Anne,  Sire,  ordonna  plusieurs  fois  inutilement 
qu'on  me  satisfit;  j'avois  malheureusement  affaire  à  un  grand 
trésorier  d'Angleterre  (')  qui,  non  content  de  se  faire  un  plaisir 
de  mécontenter  tout  le  monde,  avoit  si  peu  d'attention  sur  soy- 
méme,  qu'il  trouva  le  secret  de  se  rendre  également  suspect 
aux  deux  partis. 

J'eus  bientost  l'honneur  de  m'addresser  à  Vôtre  Majesté  qui, 
sans  balancer,  trouva  ma  demande  juste  et  commanda  au  comte 
de  Bodmar  d'examiner  mon  compte,  en  me  faisant  espérer  un 
prompt  payement:  mais.  Sire,  j'avois  eu  le  malheur  d'être 
brouillé  avec  le  duc  de  Marlborough  qui  me  traversa;  ce  fameux 
Général,  plus  attaché  à  sa  nation  qu'a  un  Etranger,  avoit  avancé 
les  officiers  anglois  mes  contemporains  à  mon  préjudice; 
négligé  dans  touttes  les  promotions,  j'eus  la  mortification  de  les 
voir  Lieutenants  Gen.,  tandis  que  je  n'étois  que  Mareschal  de 
camp  ;  je  pourois  pourtant  alléguer.  Sire,  que  j'estois  plus  ancien 
que  la  pluspart  d'entre  eux,  puisque  le  Roy  Guillaume  m'avoit 
accordé  la  levée  d'un  Régiment  de  dragons  une  année  avant 
que  la  guerre  commençât.  Vôtre  Majesté  sçait  la  délicatesse  des 
hommes  de  nôtre  profession  en  matière  de  passe  droit;  quelque 
admiration  que  j'eusse  d'ailleurs  pour  le  mérite  et  pour  les 
grandes  actions  du  duc  de  Marlborough,  je  fis  céder  mes 

(*  )  Robert  Walpole  (note  de  Tédit.). 


—  297  — 

interests  à  mon  chagrin  et  je  m'opiniatray  à  ne  point  luy  faire 
ma  cour. 

J'étois  déjà,  Sire,  dans  le  cas  que,  par  une  prévention  inconce- 
vable, la  nation  du  monde  la  plus  généreuse  et  la  moins  suscep- 
tible de  faux  préjugés  m'avoit  fait  un  crime  de  mon  obéissance 
aux  ordres  de  la  Reyne,  quoyque  j'eusse  lieu  de  croire  que 
cette  même  obéissance  me  tiendroit  lieu  de  mérite  ,  puisque 
je  sacriâois  à  mon  devoir  le  fruit  de  trente  deux  ans  de  service, 
la  conservation  de  mon  Régiment,  un  établissement  sûr  dans  le 
Pais  bas  et  la  protection  du  Prince  Eugène  qui  m'honoroit  de  sa 
bienveillance;  quoyqu*il  paroisse  très  raisonable  qu'après  avoir 
eu  part  au  péril  on  doive  aussy  partager  la  recompense ,  je 
s'çavois  ,  Sire  ,  le  peu  d'égard  qu'on  à  pour  les  Catholiques  en 
Angleterre  et  cette  reflection  devoit  encore  augmenter  le  prix 
de  ma  fidélité. 

Yôlre  Majesté  avouera  sans  doute  qu'il  ne  me  convenoit  pas 
d'examiner  si  la  paix  (  i  )  que  la  Reyne  avoit  déjà  concertée  avec 
la  France  blessoit  la  gloire  et  l'Interest  de  la  nation  et  si  j*ay 
mal  fait  d'ôbeïr  ;  il  ny  avoit  point  d'Anglois  ,  Sire  ,  qui  ne  fut 
aussy  coupable  que  moy  ,  puisque  nos  engagements  étoient 
pareils  ;  je  ne  connoissois  comme  eux  d'autre  Souverain  que  la 
Reyne  Anne  et,  comme  eux,  j'etois  payé  et  reçevois  mes  Patentes 
de  la  même  puissance  ;  la  qualité  de  sujet  n'entraine  point  après 
soy  plus  d'obligations. 

Vous  sçavés.  Sire,  qu'il  ny  à  rien  de  plus  sacré  que  les  com- 
missions ;  les  Traités  que  les  Roys  font  entre  eux  sont  moins 
inviolables  ;  on  les  rompt  tous  les  jours  sur  des  légers  prétextes, 
au  lieu  que  dans  cette  espèce  de  con tract  que  les  Princes  font 
avec  les  particuliers,  ils  ont  attaché  la  mort  et  l'infamie  à  celuy 
qui  s'en  écarte  ;  plus  la  punition  est  grande  pour  rôfHcier  refrac- 
taire  et  plus  le  Souverain  est  fortement  obligé  d'accomplir  ses 

(f  )  Conclue  plus  tard  à  Utrecht  en  4713,  après  la  disgrftce  de  Mariboroagh  et 
l'avénement  des  tories, 


—  298  — 

promesses  et  de  luy  payer  exactement  le  prix  de  son  sang  et  de 
ses  services. 

I!  n'est  point  de  loix  ny  d'ordonnances  que  les  souverains  fas- 
sent observer  avec  plus  de  rigeur  que  celles  qui  regardent  la 
subordination  ;  leur  autorité  y  est  trop  intéressée  et  les  consé- 
quences eu  sont  trop  dangereuses  pour  se  relâcher  la  dessus. 
Je  prens  la  liberté  de  suposer  qu'un  officier  étranger  au  service 
de  Vôtre  Majesté ,  à  la  persuasion  de  quelque  autre  puissance 
prit  le  party  de  lui  obeïr  au  préjudice  des  ordres  contraires  que 
vous  luy  auriés  donné  :  quelque  penchant  que  Votre  Majesté  ait  à 
la  clémence,  elle  en  feroit  faire  un  châtiment  exemplaire;  je 
u'aurois  pas  été  moins  criminel  en  désobéissant  à  ceux  de  la 
Reyne,  il  est  seulement  étonnant  que  je  sois  obligé  de  me  jus- 
tifier là  dessus. 

Les  troupes  étrangères,  Sire,  qui  étoient  comme  moy  à 
Tarmce  pouvôient  et  dévoient  même  se  dispenser  d'exécuter  les 
ordres  de  cette  Souveraine,  puisqu'elles  avoient  leur  Prince 
dont  elles  dependoient  immédiatement,  en  vertu  des  commis- 
sions qu'elles  en  avoient  reçues  ;  leur  exemple  m'engageoit  à 
prendre  précisément  un  party  contraire  à  celuy  qu'elles  ont 
pris;  elles  obeissoient  à  leur  Maître  comme  j'obeissois  à  la 
Reyne,  ma  Maîtresse,  et  le  refus  d'abandonner  l'armée  des  alliés 
qui  était  à  leur  égard  une  marque  de  fidélité,  devenoit  pour 
moy  une  perfidie,  une  désertion  manifeste. 

Cependant,  Sire,  ces  mêmes  troupes  qui  avoient  marqué  si 
peu  de  complaisance  pour  la  Couronne  d'Angleterre  dont  elles 
etoient  soldoyies,  ont  étés  depuis  exactement  payées  :  les  deux 
Régiments  d'Holstein  qui  avoient  comme  moy  suivi  l'armée  de 
la  Reyne,  ont  été  de  même  entièrement  satisfaits  ;  par  quelle 
fatahté  que  je  n'ay  jamais  pu  comprendre ,  Sire ,  faut-il  que  je 
sois  traitté  différemment  des  officiers  qui  ont  refusé  de  suivre 
et  de  ceux  qui  ont  suiviîsi,  indépendamment  des  commissions, 
c'étoit  un  crime  d'obéir,  il  faloit  donc  punir  les  officiers  des 


—  299  — 

deux  Régiments  d'Holslein  ;  Vôtre  Majesté  les  a  fait  payer,  elle 
est  trop  équitable  pour  ne  pas  ordonner  que  Je  le  sois  aussy. 

S'il  y  avoit  eu  ,  Sire  ,  quelque  distinction,  quelque  preferance 
à  espérer,  j'estois  en  droit  de  l'exiger  plus  que  personne  puis- 
que j'estois  le  seul  Colonel  de  Tarmée  qui  eut  directement  ses 
Patentes  d'Angleterre  ;  j'ctois  comme  annexé  aux  troupes  de 
celte  Couronne  et  pour  ainsy  dire  naturalisé  Anglois;  cependant. 
Sire,  personne  n'a  eu  plus  de  sujet  de  se  plaindre  que  moy,  je 
n'ay  point  été  avancé  selon  mon  ancienneté;  j'ay  été  jusqu'icy(i) 
frustré  de  mes  appointements,  je  ne  suis  point  payé  de  la  pen- 
sion que  la  Reyne  m'avoit  donné  sur  l'Irlande,  et  les  officiers 
de  mon  Régiment  ont  été  méprisés  et  rebutés  honteusement 
malgré  les  promesses  les  plus  solennelles  qu'on  leur  avoitfaites, 
de  bouche  et  par  écrit,  qu'ils  seroient  tous  entretenus  pendant 
la  paix. 

J'ay  fait  voir  à  Vôtre  Majesté  ,  l'illusion  du  sujet  de  plainte 
qu'on  avoit  porté  contre  moi  ;  je  l'ay,  sire,  d'autant  moins  mérité 
que  j'avois  fait  tout  mon  possible  pour  ny  pas  donner  lieu  ; 
j'avois  fait  voir  au  Ducd'Ormond  les  suittes  fâcheuses  de  l'ordre 
qu'il  nn'avoit  donné  en  marchant  avec  les  troupes  qu'il  com- 
mandoit,  qu'un  Régiment  de  plus  ou  de  moins  ne  pouvoit  en 
rien  couti'ibuer  aux  desseins  que  la  Reyne  avoit  formé  de  faire 
la  paix  ,  que  les  officiers  de  mon  Régiment  étant  la  pluspart 
catholiques  ils  avoienl  sujet  de  craindre  qu'on  n'auroit  aucun 
égard  pour  eux  dans  un  Royaume  protestant  :  le  Duc  d'Ormond 
consentit  que  mon  Régiment  restât  à  l'armée;  My  Lord  Straford, 
qui  en  peut  rendre  témoignage,  s'y  opposa  et  j'obtins  seulement 
du  gênerai  et  de  l'Ambassadeur  de  la  Reyne  de  servir  le  reste 
de  la  guerre  en  qualité  de  volontaire  sous  les  ordres  du  Prince 
Eugène,  qui  me  parut  content  de  ma  conduite. 

Je  crois.  Sire,  qu'on  ne  pouvait  porter  la  délicatesse  plus  loin; 

(0  n  y  a  ici  contradiction  avec  le  mémoire  de  Jf.  le  Baron  etc.  qu'il  a  <  toujours 
été  payé  pendant  toute  la  guerre.  »  p.  26. 


—  300  - 

peu  occupé  de  mes  intérêts,  je  n'eus  en  vue  que  ma  réputation  et 
je  doute  que  tout  autre  eut  pu  mieux  se  comporter  dans  une 
conjoncture  si  délicate;  cependant  les  députés  des  estats  géné- 
raux, mal  instruits  des  obligations  d'un  officier  qui  avoit  ses 
Patentes  d'Angleterre,  vinrent  trouver  le  prince  Eugène  à  mon 
sujet  et,  sur  le  vain  prétexte  que  j'avois  donné  un  mauvais 
exemple  aux  troupes  des  alliés,  ils  le  pressèrent  si  vivement  de 
me  faire  sortir  de  l'armée  qu'il  m'ordonna  d'aller  joindre  le  duc 
d'Ormond  ;  ce  prince  me  fit  l'honneur  de  me  dire  qu'il  avoit 
longtems  résisté,  mais  que  dans  la  scituation  présente  des 
affaires,  eu  égard  au  besoin  que  l'empereur  avoit  des  Estats 
généraux,  il  n'avoit  pu  se  dispenser  d'avoir  cette  complaisance 
pour  leurs  députés. 

J'ay  resté.  Sire,  depuis  ce  temps  là  près  de  deux  années  à 
Londres  pour  y  solliciter  inutilement  les  arrérages  de  mes 
appointements.  J'y  ay  consumé  pendant  la  fin  du  règne  de  la 
reyne  Anne  et,  sous  les  heureux  commencements  de  celuy  de 
Votre  Majesté,  la  plus  grande  partye  de  mes  prétentions,  non 
sans  déranger  beaucoup  les  affaires  de  ma  famille  ;  je  suis  né 
dans  un  pays.  Sire,  ou  il  s'en  faut  bien  que  la  noblesse  ne  soit 
aussy  opulente  que  celle  d'Angleterre  ;  l'ambition  de  Louis  XIV 
en  a  fait  pendant  40  ans  le  théâtre  de  la  guerre  et  j'ay  moy  même 
dans  le  cours  de  plusieurs  campagnes  aydé  à  ravager  mes 
propres  terres. 

J'ay  crû,  Sire,  que  l'étroite  union  qui  règne  entre  Vôtre  Majesté 
et  le  roy  d'Espagne,  mon  maître,  m  offroit  une  conjoncture  favo- 
rable pour  obtenir  ma  demande  ;  j'ay  été  souvent  témoin.  Sire, 
avec  quelle  exactitude  dans  chaque  occasion  Monsieur  de  Stan- 
hope  a  obtenu  satisfaction  sur  tous  les  griefs  des  commerçants 
Anglois  dans  ce  pays  là;  la  promtitude  avec  laquelle  on  leur 
rendoit  justice  a  donné  plus  d'une  fois  sujet  de  se  plaindre  aux 
François  qui  de  tous  les  étrangers  semblent  devoir  être  les  plus 
favorisés  en  Espagne. 


—  301  - 

Je  suis,  Sire,  d'autant  plus  persuadé  du  succès  de  ma  préten- 
tion, que  mon  mémoire  lui  paroitra  nouveau,  et  que,  par  le  bon 
ordre  qu'elle  a  établi  en  Angleterre  aussy  bien  que  dans  ses 
Estats  d'Allemagne,  Votre  Majesté  a  prévenu  tout  motif  de 
plainte  semblable  à  celuy  que  j'ay  l'honneur  deluy  présenter  (i). 


Fae^mile  de  la  signature  du  baron  de  Walef. 


é^-^oÂf 


(  *  )  J'ai  tâche  de  transcrire  exactement  joaxte  la  feuille  imprimée  que  j'ai  tous  les 
yeux. 


^  s 


NOTICE  HISTORIQUE. 


SUR 


L'ABBAYE    DE  BEAUREPART 


A   LIISGR 


I. 


L*abbaye  de  Beaurepart  faisait  partie  de  Tordre  des  Prémon* 
très  fondé  par  S.  Norbert.  Ce  saint  naquit  en  1080,  à  Santen  au 
duché  de  Glèves,  de  Héribert  comte  de  Gennep  et  de  Hadwige 
de  la  maison  de  Lorraine.  Après  avoir  rempli  pendant  quelques 
années  les  fonctions  de  chanoine  dans  la  collégiale  de  Santen, 
il  s'adonna  à  la  prédication  et  à  Texercice  du  saint  ministère, 
avec  Tautorisation  des  papes  Gelase  II  et  Callixte  II.  Il  parcou- 
rut en  missionnaire  le  Languedoc,  la  Guienne,  le  Poitou,  TOr- 
léannais,  le  Hainaut,  le  Brabant,  le  pays  de  Liège,  et  convertit 
un  grand  nombre  d'hérétiques  et  de  pécheurs. 

Le  saint  comprit  bientôt  que,  pour  perpétuer  son  œuvre  et  en 
conserver  les  fruits,  il  était  indispensable  d'établir  des  maisons 
où  ses  disciples  se  formeraient  à  la  vie  religieuse  et  à  Texer- 
cice  du  saint  ministère.  Ces  maisons  seraient  tout  à  la  fois  des 
instituts  pour  la  vie  contemplative,  des  pépinières  pour  refour- 
nir les  rangs  du  cierge  paroissial,  et  des  maisons  de  retraite 


1 


—  806  — 

une  seigneurie  de  Téglise  de  Verdun  qui  y  possédait  aussi  de 
grands  biens  et  an  ch&teau  (*)• 

Wedericus  de  Prato,  avoué  de  Liège,  et  ses  deux  nièces,  Oda 
et  Beatrix,  donnèrent  avant  l'année  1160  Téglise  de  S.  Nicolas, 
Outre-Meuse,  aux  Prémontrés  de  Cornillon  pour  être  desservie 
par  eux.  On  voit  par  l'acte  de  donation  que  ces  Desprez  possé- 
daient le  droit  de  patronage  et  percevaient  même  les  revenus  de 
l'église  avec  la  charge  toutefois  de  donner  une  portion  congrue 
au  curé. 

L'empereur  Frédéric,  ayant  suscité  un  schisme  dans  l'église 
en  1159,  en  faisant  élire  par  trois  cardinaux  l'antipape  Victor 
IV,  convoqua  les  évéques  de  son  empire  à  Pavie  pour  faire 
approuver  cette  élection  ;  l'évêque  Henri  de  Leyen  s'y  rendit  en 
1160  et  l'approuva.  L'abbé  Lucas  a-t-il  accompagné  son  évêque 
au  conciliabule  de  Pavie?  Nous  l'ignorons,  mais  le  fait  est  que 
l'antipape  Victor  IV  donna  en  1160  un  bref  de  protection  et  de 
confirmation  au  couvent  des  Prémontrés  de  Cornillon.  Il  lui  con- 
firme, entre  autres,  l'église  de  S.  Nicolas  Outre-Meuse  et  celle 
de  S.  Bavon  à  Loverval. 

L'abbé  Lucas  fit  cultiver  les  sciences  ecclésiastiques  par  ses 
religieux  pour  les  rendre  propres  à  desservir  leurs  paroisses. 
Il  s'adonna  lui-même  à  la  prédication,  comme  le  prouvent  les 
sermons  qu'il  laissa  inédits.  La  dernière  mention  qu'on  trouve 
de  lui,  est  de  1178.  On  célébrait  son  anniversaire  dans  sa  com- 
munauté,  le  24  octobre.  On  lui  attribue: 

1^  In  Evatujelium  Matthœi  liber  unus  ; 
2"^  In  Evangelium  Johannis  liber  untis  ; 
3®  Sermones  ad  Fratres  ; 
4**  Epistolœ. 

Tout  cela  est  perdu  ;  mais  on  a  conservé  : 


(*)  Jupille,  ancien  domaine  de  Pépin  do  Herstal  ,  de  Charlcs-Marlel,  de  Pepio-le- 
bref  qui  y  naquit,  et  de  Charlemagne,  citait  en  i008  un  domaine.de  la  couronne  im- 
pt^riale  d'Allemagne.  Henri  U  le  donna,   cette  année,  h  l'église  de  Verdun. 


i 


—  307  — 

Summariola  Lucœ  abbatis  S.  Coiiielii  in  Aponii  commentaria 
in  Cantica.  Fribourg  1838,  réimprimé  dans  la  bibliothèque  des 
Pères. 

Gérard.  On  trouve  cet  abbé  cité  dans  une  charte  de  1187.  Ce 
fut,  en  cette  année,  qu'Albert,  grand-prévôt  et  archidiacre  du 
Hainaut,  incorpora  à  la  communauté  de  Gornillon,  deux  béné- 
fices simples  ou  autels  fondés  dans  Téglise  de  Loverval.  On 
ignore  en  quelle  année  mourut  Gérard ,  son  anniversaire  se 
célébrait  au  couvent  le  27  septembre. 

GosuiN.  Cet  abbé  est  cité  aux  années  1190,  1192, 1193,  1196 
et  1204.  Ce  fut  sous  cet  abbé,  à  savoir  en  1202,  que  Henri , 
duc  de  Lorraine,  exempta  de  toute  taille  et  de  toute  exaction 
injuste  les  terres  de  la  ferme  d'Archis,  sous  Herstal,  à  la  con- 
dition que  les  religieux  y  bâtiraient  une  chapelle  et  qu*un  d'eux 
y  dirait  chaque  jour  la  messe  à  Tintention  du  duc  et  de  sa  fa- 
mille. La  chapelle  fut  bâtie  et  dédiée  à  S.  Nicolas.  L'année 
suivante  (1203)  les  Prémontrés  cédèrent  à  l'évéque  leurs  terres 
de  Gonheries  et  Téglise  de  cet  endroit  pour  un  rente  annuelle 
de  six  marcs  et  l'exemption  de  tout  impôt  sur  leurs  terres  de 
Villers-rÉvéque.  Ce  fut  aussi  sous  l'abbé  Gosuin  que  le  couvent 
reçut  trois  nouvelles  églises  paroissiales  à  desservir,  à  savoir, 
celles  de  Boffoit  (Boffu  en  Condroz) ,  de  Simpelvelt  et  de  Sou- 
magne.  Nous  ignorons  â  qui  les  Prémontrés  durent  l'église 
de  BoiToet,  mais  celle  de  Simpelvelt  leur  fut  donné  en  1203  par 
Hugues  de  Pierrepont,  évéque  de  Liège,  et  celle  de  Souroagne 
leur  fut  cédée  en  1204  pour  une  certaine  somme  par  Winand, 
chevalier  de  Fechiers  (Fecher  sous  Soumagne). 

L'abbé  Gosuin  mourut  le  1*^'  mars  de  Tannée  1204  ou  1208. 

Alexandre.  Ce  fut  à  la  demande  de  cet  abbé  que  le  pape 
Innocent  III  confirma,  le  1®^  décembre  1208,  toutes  les  posses- 
sions de  l'abbaye,  notamment  l'église  de  S.  Nicolas  Outre- 
Meuse, celle  de  S.  Bavou  à  Loverval,  celle  de  S.  Lambert  à  Bofoet, 
celle  de  S.  Rémi  à  Simpelvelt,  celle  de  S.  Lambert  à  Soumagne. 


—  308  — 

Jean.  On  a  de  cet  abbé  une  charte  datée  de  1215.  En  1223 
Tabbaye  des  Prémontrés  reçut  encore  une  église  paroissiale  à 
desservir,  celle  de  Grimby.  Wiger,  chevalier  de  Lowaige, 
en  donna  le  droit  de  patronage  aux  religieux  Prémontrés,  avec 
le  consentement  de  son  épouse  Gertrude  et  de  son  fils  Louis. 

L'abbé  Jean  mourut  le  l""^  janvier,  mais  on  ignore  en  quelle 
année. 

Guillaume.  Cetabbé.originaire  deTongres,est  cité  aux  années 
1230  et  1235.  Lorsque  Tévèque  de  Liège,  Robert  de  Langres, 
se  rendit  au  concile  de  Lyon  où  l'empereur  Frédéric  1 1  fut 
déposé,  il  se  fit  problablement  accompagner  de  Fabbé  de  Cor- 
nillon,  car  c'est  de  Lyon  qu'est  daté  le  bref  du  13  février  1248 
par  lequel  le  pape  Innocent  IV  accorde  aux  Prémontrés  le  pri- 
vilège que. les  lettres  du  S.  Siège  ou  de  ses  légats,  obtenues 
contre  eux,  ne  pourraient  être  mises  à  exécution  à  moins  qu'elles 
ne  renferment  une  mention  expresse  des  Prémontrés  et  de  ce 
privilège.  L'original  de  ce  bref  se  trouve  au  archives  du  sé- 
minaire. " 

La  commémoration  de  l'abbé  Guillaume  se  trouve  au  22  jan- 
vier dans  le  nécrologe. 

Nicous.  Cet  abbé  est  cité  aux  années  1255  et  1260.  Il  obtint 
du  Pape  Alexandre  IV,  le  9  juin  1257,  plusieurs  privilèges  pour 
ses  religieux,  à  savoir  :  les  pensions  et  les  bénéfices  à  leurs 
collation  ne  pourront  être  conférés  par  le  S.  Siège  ou  par  ses 
légats,  à  moins  qu'il  ne  soit  fait  une  dérogation  expresse  à  ce 
privilège  ;  dans  les  paroisses  dont  ils  perçoivent  les  grandes 
dîmes,  ils  pourront  aussi  percevoir  les;dlmes  novales,  c'est-à- 
dire,  des  terres  nouvellement  mises  en  culture  ;  ils  pourront 
demander,  recevoir  et  retenir  tous  les  biens  qui  seraient  échus 
aux  religieux  profès,  par  succession  ou  par  tout  autre  titre,  s'ils 
étaient  restés  dans  le  monde,  excepté  les  biens  féodaux.  Le  6 
novembre  1257  le  même  Pape  confirma  les  libertés  et  les  exemp- 
tions d'exactions  séculières  qui  leur  avaient  été  accordées  par 
les  Pontifes,  les  Ëvêques  et  les  Princes. 


—  309  — 

L'abbé  Nicolas  mourut  le  14  septembre,  mais  on  ignore  en 
quelle  année. 

Jean  de  Fléron  (')  est  cité  comme  abbé  aux  années  1360, 
126S,  1268  et  1373. 

Guillaume, seigneur  de Bronckbort  et  de  Reickbeim, donna  en 
1360  à  Fabbaye  des  Prémontrés  le  droit  de  patronage  sur  l'église 
de  Reickbeim,  et  à  Fabbaye  des  Norbertines  les  revenus  de  la 
cure,  sauf  la  portion  congrue  du  curé  à  en  déduire;  il  greva  en 
même  temps  cette  donation  de  certaines  charges  religieuses. 

Depuis  cette  époque ,  les  Prémontrés  de  Corniilon  eurent  9 
églises  à  desservir,  savoir  :  celles  de  Notre-Dame  à  Jupille,  de 
S.  Nicolas  Outre-Meuse ,  de  Loverval,  de  S.  Nicolas  à  Ârchis , 
de  Simpelvelt,  de  Soumague,  de  Grimby,  de  Reckheim  et  celle 
du  couvent  des  Norbertines.  L'abbaye  de  Beaurepart  était  comme 
le  séminaire  qui  fournissait  des  curés  et  des  vicaires  h  ces 
^lises.  Aussi  les  études  de  philosophie  et  de  théologie  n'ont- 
elles  cessé  d'être  cultivées  dans  cette  maison.  L'abbé  Jean  de 
Fléron  assista  en  1365  au  Chapitre  général  de  l'ordre  qui  se  tint 
à  Prémontrés. 

Son  anniversaire  se  célébrait  au  5  septembre. 

Henri  de  Fexhe  et  Slins  est  cité  aux  années  1273, 1274, 1388. 

Les  églises  paroissiales  de  Jupille ,  de  S.  Remacle  au  Pont  et 
de  Grivegnée  se  trouvant  incorporées  au  décanat  de  Notre- 
Dame  à  Aix,  le  doyen  Garsilius  en  confia  en  1274  la  déserviture 
perpétuelle  à  Tabbé  des  Prémontrés  de  Corniilon,  en  lui  assi- 
gnant la  portion  congrue  fixée  par  les  statuts  du  diocèse,  à 
savoir  quinze  livres  (quidecim  libras  alborum)  ;  il  lui  céda  à  cet 
effet,  les  revenus  de  4  bonniers  de  terre,  les  dîmes  de  trois 
journeaux  de  terre  et  d'un  pré,  une  rente  de  deux  setiers 
d'épeautre  et  une  autre  de  quatre  solidi.  Cet  acte  ne  paraît  point 


(M  On  désignait,  à  cette  époque ,  chaque  religieux  par  le  nom  de  l'endroit  dont 
était  originaire. 


avoir  été  mis  à  exécution  ;  nom  ignorons  pour  quelle  raison. 

L'abbaye  de  Gornillon  et  ses  biens  furent,  à  cette  époque, 
Tobjet  de  tant  de  déprédations  et  de  dévastations  de  la  part  des 
brigands,  que  les  religieux  n'avaient  plus  de  quoi  subsister  et 
qu'ils  songèrent  à  abandonner  Gornillon  pour  se  retirer  dans 
d'autres  maisons  de  leur  ordre.  Jean  de  Flandre,  évêque  de 
Liège,  et  le  Chapitre  de  la  Cathédrale  vinrent  à  leur  secours. 
Ils  tirent  avec  eux  un  grand  échange  de  biens  en  1388  et  leur 
cédèrent,  entre  autres,  le  couvent  abandonné  de  Beaurepart  en 
'  Isle,  sur  les  bords  de  la  Meuse.  Les  Prémontrés  en  prirent 
possession  cette  même  année  ;  ils  en  augmentèrent  la  conte- 
nance par  l'achat  de  la  maison  dite  de  l'abbaye  de  Floreffej 
maison  qui  provenait  de  Henri  de  Flémalle,  chevalier,  et  qui  est 
aujourd'hui  l'habitation  de  Mgr  l'évéque. 

Le  couvent  de  Beaurepart  fut  bâti  sous  l'épiscopat  de  Jean 
d'Eppe  pour  y  établir  des  Frères  Mineurs.  Ces  religieux  l'occu- 
pèrent jusqu'au  mois  de  novembre  1234  qu'il  fut  réduit  en 
cendres  par  un  incendie  ;  ils  se  retirèrent  alors  dans  la  paroisse 
de  S.  Hubert.  Le  couvent  ayant  été  rebâti  par  Raoul  de  l'Isle, 
chevalier,  et  Gilles  Surlet  de  Hozémont,  chanoine  de  S.  Lam- 
bert, les  Frères-Mineurs  y  retournèrent  en  1235;  ce  fut  pour 
eux  un  beau-ietour  (bellus-reditus) ,  nom  qui  resta  au  couvent. 
Toutefois  leur  second  séjour  au  Beaurepart  ne  fut  pas  de  longue 
durée.  En  1243  ils  s'établirent  près  du  marché  dans  un  lieu 
nommé  Riche- fontaitie.  Le  couvent  de  Beaurepart ,  devenu  un 
domaine  de  l'évéque,  fut  mis  par  HQori  de  Gueldre,  en  1254,  à 
la  disposition  des  chevaliers  de  l'ordre  teutonique  du  Vieux- 
Jonc.  Ces  chevaliers  l'abandonnèrent  aussi,  mais  on  ignore  en 
quelle  année.  L'archidiacre  Baldard  l'acquit  alors  de  l'évéque  et 
du  Chapitre,  probablement  sous  la  conditiond'yétablir  des  reli- 
gieux et  de  les  doter  ;  ce  qu'il  fit  par  testament  en  ordonnant  d'y 
établir  de  chanoines  réguliers  de  S.  Victor  de  Paris.  Son  exécu- 
teur testamentaire  Godefroid  de  Fontaine,  chanoine  de  S.  Lam- 
bert, fit,  mais  inutilement,  des  instances  auprès  des  religieux  de 


—  ail  — 

s.  Victor  pour  qu'ils  y  établissent  une  cominuaauté  de  leur 
ordre.  Dès  lors,  le  couvent  de  Beaurepart  fit  retour  à  Tévéque 
et  m  Chapitre,  qui  y  établirent  en  1288  les  religieux  Prénoon- 
trés  de  Cornillon. 

Quant  aux  bâtiments  de  Cornillon,  Tévèque  en  fit  une  forte- 
resse pour  garantir  la  ville  contre  les  incursions  des  brigands. 
Cette  forteresse  ayant  été  détruite  plus  tard,  le  terrain  fut  donné 
aux  Chartreux  qui  s'y  établirent  en  1360. 

L'abbaye  de  Beaurepart  reçut  le  18  mars  1290,  du  pape  Nico- 
las IV,  le  privilège  de  pouvoir  célébrer  les  offices  divins  dans 
l'église,  mais  les  portes  closes,  dans  les  temps  d'interdit  géné- 
ral et,  le  13  avril  de  la  même  année,  elle  reçut  du  même  pape  la 
confirmation  de  ses  libertés  et  de  ses  exemptions. 

L'abbé  Henri  mourut  le  28  juillet,  mais  on  ignore  en  quelle 
année. 

ËYBARD.  On  trouve  cet  abbé  cité  aux  années  1293  et  1294.  Ce 
fut  sous  sa  prélature,  en  1296,  qu'Odon,  abbé  de  Saint- Victor 
à  Paris,  renonça  à  tous  les  droits  qu'il  pouvait  avoir  sur  le 
couvent  de  Beaurepart  en  vertu  du  legs  de  Tarchidiacre  Bal- 
dard.  Cette  même  année,  l'abbé  Evrard  assita  au  Chapitre 
général  de  l'ordre  qui  se  tint  à  Prémontré.  Il  est  à  présumer 
qu'en  passant  à  Paris,  il  obtint  de  l'abbé  de  St.-Victor  la  renon- 
ciation que  nous  venons  de  mentionner. 

Le  nécrologe  mentionne  la  mort  d'Evrard  au  8  janvier. 

Henri  de  Bonn  se  trouve  cité  à  l'année  1311.  Ce  fut  probable- 
ment sous  la  prélature  de  Henri  que  l'abbaye  obtint  des  éche- 
vins  de  Liège  l'érection  d'une  «  cour  jurée  de  tenants  héritables.  » 
On  la  trouve  mentionnée  à  l'année  1322.  La  principale  fonction 
de  cette  cour  était  de  réaliser  ou  d'euregistrer  tous  les  actes 
concernant  les  biens  et  rentes  de  l'abbaye  et  de  donner  ainsi  à 
ces  actes  un  caractère  d'authenticité. 

La  commémoration  de  Henri  se  faisait  le  20  mars. 

Henri  d'Archis,  élu  abbé,  on  ne  sait  en  quelle  année,  se  démit 


—  312  — 

de  la  prélature  avant  Tannée  1322.  Cinq  autres  abbés  sont  en- 
core mentionnés  dans  le  nécrologe,  mais  on  ignore  les  an- 
nées de  leur  prélature.  Ce  sont  Englebert  mort  le  6  mai,  Pierre 
mort  le  18  novembre,  Remband  mort  le  1  février  ,  Godefroid 
mort  le  12  octobre.  A  partir  de  Henri  de  Dison,  la  succession 
des  abbés  est  bien  connue. 

Henri  de  Dison  est  cité  aux  années  1321, 1323, 1326, 1329. 
1331, 1334  et  133S.  Cet  abbé  fut  accusé  au  Chapitre  général  par 
les  Nobertines  de  Reickheim  d*avoir  appliqué  à  son  abbaye  les 
revenus  de  leur  couvent.  Godefroid,  abbé  de  Floreffe,  délégué 
par  le  Chapitre  général  pour  examiner  cette  affaire,  rendit,  le 
7  déc.  1327,  à  chacun  des  deux  établissements  les  revenus  qui 
lui  appartenaient.  L*abbé  Henri  restitua,  avec  le  consentement 
des  religieux,  la  ferme  de  Bofœt  à  Gilles  de  Strees,écuyer,  et  lui 
céda  probablement  aussi  le  patronage  sur  l'église  de  l'endroit. 
L'argent  provenant  de  la  vente  fut  employé  à  acheter,  en  1334, 
des  terres  à  Villers. 

Cet  abbé  mourut  le  24  mai  1337.  Sa  pierre  sépulcrale  portait 
l'inscription  suivante  : 

Dum  ver  finitw\  hîc  Uetiricu8  sepelitury 
Qui  fuerat  dictus  de  Dison  sit  benedictus, 
Eixlesiœ  dignus  pater  exsiitit  atque  benigniis. 
M,  O^'  X  totidem  septem  jungantur  ibidem. 

Henri  de  Haccourt  est  cité  aux  années  1340, 1341  et  1342.  Ou 
ne  connait  rien  de  sa  prélature.  Il  mourut  le  13  juillet  1348. 

LiBERT  de  Corswarem  obtint  en  1351  du  Conseil  communal 
de  Liège  l'autorisation  de  faire  des  constructions  le  long  de  la 
Meuse,  même  sur  les  murs  de  la  ville.  Il  y  construisit  un  bâti- 
ment près  du  jardin  désigné  sous  le  nom  AAula  dans  son  épi- 
taphe  : 

Libertus  nomine,  quamvis 

Liber  et  ingenutis  frater,  supplex  adolescens 


—  313  — 

Prœpositus  juvenis^  aulœ  mr  conditar  abbas 
Uorto  canti^uœ  ;  majora  deinde  paraius 
JEdifkasse,  nisi  senio  prius  occubuisset, 
Suprema  samne  liber  requiescat  m  aula» 

Celte  épitaphe  indique  qu'il  était  d'une  famille  noble  et  que, 
dès  son  jeune  âge,  il  avait  embrassé  la  vie  religieuse  dans 
l'abbaye  de  Beaurepart,  où  il  mourut  le  18  septembre  1353,  dans 
une  grande  vieillesse. 

Nicolas  du  Pont  d'Isle  était  prévôt  ou  proviseur  de  l'abbaye 
en  1334.  Ce  fut  sous  sa  prélature  que  Catherine  Robechon  de 
Socke,  béguine,  fonda  et  dota  un  autel  en  l'honneur  de  S.  Jean- 
Baptiste  dans  l'église  de  S.  Nicolas  et  en  réserva  la  collation  à 
l'abbé  de  Beaurepart  et  au  curé  de  la  paroisse.  L'abbé  Nicolas 
exécuta  les  constructions  qu'avait  projetées  son  prédécesseur 
et  il  reçut  à  cet  effet,  en  l;^87,  l'autorisation  de  la  ville.  Il  con- 
sentit en  1362  à  ce  que  la  chapelle  de  S.  Hubert  à  Loverval  fût 
érigée  en  paroissiale  et  que  l'ancienne  église  paroissiale  dédiée 
à  S.  Bavon  y  fut  unie  avec  ses  revenus.  L'abbé  mourut  le  18 
août  1363. 

Jean  de  Liège, élu  en  1363,régitrabbaye  jusqu'au  28  décembre 
1387,  jour  de  sa  mort.  Son  inscription  sépulcrale  portait  : 

Ukjacet  daminus  Johannes  de  Leodio,  abbas  hujus  ecclesiœ^qui 
obiit  a  nativUate  Domini  nostri  Jesu-Christi  M.  CCC  octimgesitno 
septimo  28  decembris  ;  cujus  anima  per  misericordiam  Dei  requies 
cal  in  pacey  amen. 

Jean  de  Warnant  demanda  au  pape  Boniface  IX  le  privilège  de 
porter  l'anneau  pontifical.  Ce  pontife  le  lui  accorda  le  22  février 
1390. 

L'église  de  Liège  n'avait  pas  voulu  participer  au  schisme 
suscité  à  Rome  en  1378  par  le  Gouvernement  français  qui  avait 
fait  élire  l'antipape  Clément  VIIL  Honteux  de  ce  schisme,  le 
gouvernement  voulait  le  faire  cesser  tout  en  sauvegardant  son 


~  344    - 

honneur  ;  il  proposa  à  cet  eifet  que  les  deux  papes  donneraient 
leur  démission,  et  comme  ils  s'y  refusaient,  il  voulut  les  y  con- 
traindre en  se  soustrayant  à  leur  obéissance  et  en  proclamant 
la  neutralité  à  leur  égard.  Deux  embassadeurs  français  firent 
adopter  la  neutralité  par  l'église  et  le  pays  de  Liège  en  1399  ; 
toutefois  en  1405  le  clergé  et  les  fidèles  reconnurent  de  nouveau 
l'autorité  du  pontife  romain  Innocent  VII.  Ce  fut  à  ce  pontife 
que  s'adressa  l'abbé  de  Beaurepart  pour  obtenir  la  confirmation 
d'une  convention  conclue  avec  l'évéque  Jean  de  Bavière,  con- 
vention qui  portait  que  l'abbaye  lui  payerait  une  rente  annuelle 
de  8  florins  d'or  pour  tous  droits  de  cathedraiicum  et  de  visite. 
Innocent  Vil  confirma  cet  accord  le  23  mars  1406. 

La  cour  de  France,  après  avoir  gagné  quelques  cardinaux, 
fit  convoquer  le  conciliabule  de  Pise  pour  déposer  le  pape  Gré- 
goire XII  et  l'antipape  Benoît  XIII,  et  procéder  à  une  nouvelle 
élection.  L'abbé  de  Beaurepart  se  fit  l'eprésenter  h  ce  concilia- 
bule par  un  procureur.  Cette  assemblée  illégitime  augmenta  le 
schisme  en  élisant  un  second  antipape,  qui  fut  Alexandre  V. 
L'abbé  de  Beaurepart  ne  vit  point  la  fin  du  schisme.  Il  mourut, 
le  6  mai  1418,  et  fonda  par  testament  une  grand'messe  quoti- 
dienne au  maître-autel.  Déjà  à  cette  époque,  comme  on  le  vit  alors, 
s'était  introduit  dans  l'abbaye  l'usage  du  peculium.  L'exemple 
de  cet  abbé  fut  suivi  par  plusieurs  de  ses  successeurs  qui  firent 
des  legs  dont  les  revenus  servaient  à  l'usage  privé  des  religieux. 

Sur  son  tombeau  se  trouvait  l'inscription  suivante  : 

Hic  jacet  vetierabilis  pater  Johannes  de  Wamanto,  qui  obiit  anfw 
Domini  M.  CCCC.  XVIU  niemis  maii  die  VI. 

Pourrait-on  attribuer  à  notre  Jean  de  Warnant,abbé  de  Beau- 
repart, la  chronique  gesta  episcoporum  Leodietisium  (1247-1340) 
qui  est  aujourd'hui  perdue?  Tous  les  historiens  qui  en  ont  vu  une 
copie  manuscrite  disent  que  l'auteur  appartenait  à  Tordre  des 
Prémontrés.  Les  uns  le  citent  par  les  mois  Johamies  presbyter, 
les  autres  l'appellent  Johannes  de  Wamantio.  Aucun  écrivain 
ancien  n'a  dit,  je  pense,  qu'il  était  curé  de  Warnant. 


—  818  — 

Abnold  de  Wârnant,  parent  du  précédent,  avait  été  mayeur 
de  la  cour  jurée  de  Fabbaye.  Il  mourut  le  28  avril  1424. 

Nicolas  de  fiierset  mourut  le  3  mai  1430. 

Guillaume  de  Herck,  sacré  vers  la  Toussaint  en  1430,  mourut 
le  22  janvier  1436. 

Helin  de  Warnant  mourut  le  28  avril  1480. 

Jean  Drommaire  mourut  le  24  janvier  1482. 

Helin  Perlandi  de  Warnant  mourut  en  1466. 

Jean  de  Warnant  gouverna  de  1466  à  1469. 

Henri  Opprebais  dit  de  Bouillon  gouverna  de  1469  à  1491. 

Ce  religieux  qui  appartenait  à  Tabbaye  de  Floreffe,  fut  pré- 
posé à  celle  de  Beaurepart,  sans  doute  pour  y  rétablir  les 
strictes  observances  de  la  règle  qui  devaient  avoir  beaucoup 
souffert  des  guerres  civiles  et  de  la  destruction  de  la  ville  de 
Liège  en  1468.  Cet  abbé  s*engagea,  ainsi  que  ses  successeurs, 
à  célébrer  certains  oflSces  dans  la  collégiale  de  S*«  Croix  sous  la 
condition  qu*un  canonicat  serait  incorporé  à  la  mense  abbatiale. 

Dominique  Rovere,  légat  du  S.  Siège,  unit,  le  17  mars  1483, 
un  canonicat  à  la  mense  abbatiale.  Depuis  cette  époque  les  ab- 
bés de  Beaurepart  furent  aussi  chanoines  de  S'^-Croix  et  y  célé- 
brèrent les  principaux  offices.  L'abbé  Henri  mourut  le  18  avril 
1491.  Son  épitaphe  portait  : 

Hic  jacet  Henricus  de  Operbasio,  abbas  hujus  ecclesiœ  acceptus 
ex  Floreffia  qui  incorporavit  prœbendam  sanctœ  Cruds;  defunctus 
est  anno  DotnitH  M.  CCCC  nonagesimo  primo 

Bartholomé  Thtlens  de  Tongres,  mourut  le  7  juin  1498. 

GosuiN  Hemonnet,  élu  le  18  juillet  1498,  abdiqua  la  fonction 
d*abbé  en  1824,  et  mourut  le  9  janvier  1826. 

Martin  Deviller,  élu  en  1824,  mourut  le  10  août  1828. 

Léonard  de  Lymbourg  fut  élu  le  12  août  1828.  Il  jeta  les  fonde- 
ments de  la  nouvelle  église  de  l'abbaye  ,  mais  la  mort  qui  le 


—  316  — 

ravit  le  19  août  1846,  ne  lui  permit  pas  de  Fachever.  Elle  fut 
continuée  par  ses  successeurs.  C'était,  d*aprës  Langius  et  Sau- 
mery,  une  petite  église  gothique  qui  se  distinguait  par  ses  belles 
proportions  et  ses  riches  décorations. 

Pasghal  de  Gemeppe  mourut  dix-sept  jours  après  son  élection. 
Jacques  de  la  Boverie  :  24  octobre  1546—34  oct.  1853. 

Nicolas  Lymbourg  de  Bilstain  :  1553-— 3  mars  1566.  Il  mourut 
assassiné  par  son  domestique. 

Jean  de  Flémalle  :  1868—11  sept.  1871. 

Jean  deS^rt  :  1871-1884.  Cet  abbé  était,  dit-on,  très-versé  dans 
le  droit.  Il  reconstruisit  une  grande  partie  de  son  abbaye.  La 
mort  Tenleva  le  2  janvier  1884  à  l'âge  de  63  ans.  Sur  le  mau- 
solée qu'il  s'était  fait  dresser  dans  la  chapelle  de  la  Vierge,  son 
successeur  mit  l'inscription  suivante  : 

Hoc  mausolœum  sibi  struxit  Sartius  abbas^ 
In  vigili  Christi  dum  statione  manet. 
Quis  fuerit  ne  quœre  ;  docent  monumenta  ;  mb  ista 
Omnia  virtutum  nomina  mole  pretnit. 

Léonard  Lymbourg  de  Bilstain,  frère  de  Nicolas  :  1884-1614.  Il 
dressa,  dans  le  chœur  de  l'église,  un  mausolée  en  marbre  à 
son  oncle  Léonard  et  à  son  frère  Nicolas,  avec  l'inscription 
suivante  : 

D.  0.  M. 

Domino  Leonardo  pairuo  suo  et  Nicolao  Lymborch  fratri  suo, 
hujus  domus  abbatibus  ,  R.  D.  Leonardus  Lyrnboixh ,  ejusdem 
monasterii  abbasposuit.  Primus  obiit  anno  1846  augusti  19,  alter 
a  cubUario  trucidattis  3  martii  1868. 

L'abbé  Léonard  mourut  le  16  mars  1614,  à  l'âge  de  73  ans. 

Adam  Slins  :  7  avril  1614  -17  juin  1623. 

Jean  Snaep  :  22  juin  1623-17  avril  1638.  Cet  abbé  plaça  de- 


—  317  — 

vant  le  maltre-autel  une  pierre  sépulcrale  à  la  mémoire  de 
Léonard  Lymborch,  avec  l'inscription  suivante  : 

R,  D.  Leonardo  BUstain  abbati  quatidam  suo  R,  D.  Snaep^  etiam 
abbas  hujus  domus^  memoriœ  ergo  manumentum  hocposuit.  Obiit 
nie  anno  salutis  1614  martii  16,  hic  vero  anno  1638  aprilis  die  17. 
Leetar  utrique  bene  apprecare. 

Nicolas  deGomsée:  21  mai  1638— juillet  1657.  Vingt  religieux 
prirent  part  à  son  élection,  à  savoir  :  Louis  Dosin,  prieur,  Henri 
Slins,  prieur  de  Reickhem,  Amelius  Lairesse,  curé  de  Loverval, 
Nicolas  Bodson,  proviseur,  Antoine  Jamar,  curé  à  Simpelveld, 
Philippe  Sandron,  Mathias  Liverloz,  Gilles  d'Awans,  curé  de  S. 
Nicolas,  Henri  Hees,  curé  à  Reickhem,  Jean  Franck,  curé  à 
Soumagne,  André  Liverloz,  cellerier,  Servais  Crasier,  François 
Neuforge,  Jean  Materni,  Nicolas  Gomsée,  Pierre  TEspineUx, 
Henri  A.  Tornaco,  Norbert  Tronchon,  Godefroid  Maislre,et  Au- 
gustin Moséus. 

L'abbé  Gomsée  soigna  les  intérêts  temporels  aussi  bien  que 
les  intérêts  spirituels  de  son  abbaye.  Il  acquit  la  terre  et  sei- 
gneurie de  Rennes  (Hamoir)  et  fit  de  grandes  réparations  à 
l'église  et  au  couvent.  Depuis  cette  époque,  les  abbés  de 
Beaurepart  portèrent  le  titre  de  seigneurs  de  Rennes.  Gomsée 
mourut  le  S  juillet  1657. 

Antoine  Jahar  :  10  juillet  1657—31  décembre  1663.  Vingt  reli- 
gieux prirent  part  à  son  élection,  savoir  :  Ambroise  Dufresne 
prieur,  Henri  Slins,  prieur  à  Reickem,  Jacques  Latour,  sous- 
prieur,  Nicolas  Botson,  Mathieu  Liverloz,  Jean  Franck,  curé  à 
Loverval,  Jean  Materni,  curé  à  Simpelvelt,  Norbert  Tronchon, 
curé  à  Grimby,  Godefroid  Maistre,  Augustin  Moseus,  Norbert 
Fâbricius,  Léonard  Blanche,  curé  à  Soumagne,  Jean  Binne, 
Lambert  Delville,  Hugues  Hennin,  François  Henrici,  Waltère 
Hodeige,  Mathias  Loverix,  Jean  Steinart. 

Jamar  avait  fait  ses  études  à  TUniversité  de  Trêves  où  il  avait 
pris  le  grade  de  docteur  en  théologie.  H  fut  ensuite  successi- 


-  S18  - 

vemetit  président  du  collège  Norbertin  à  Cologne,  curé  à  Sirn- 
pelvelt  et  curé  à  S.  Nicolas. 

A  peine  é(u  abbé,  il  demanda  au  pape,  pour  lui  et  ses  succes- 
seurs, te  privilège  de  porter  la  nittre  et  la  crosse.  Alexandre 
VII  le  lui  accorda  par  un  bref  du  «  février  1688. 

Jamar  fit  pour  son  abbaye  Tacquisition  de  Hûup*Ie-loup  près 
de  Renne.  Il  moorat  le  21  décembre  1668  et  fut  enterré  devant 
le  maître-autel. 

Ambroise  Defraine  :  H  janvier  1664  —  30  mars  1695.  Vingt 
et  un  religieux  prirent  part  à  son  élection,  savoir  :  Augustin 
Moseus,  prieur  à  Reickhem,  Jacques  Latour,  sous-prieur,  Ma- 
thieu Liverloz,  Jean  Materni,  curé  à  Simpelvelt ,  Godefroid 
Maître,  Norbert  Fabricius,  curé  à  Soumagne,  Jean  Reyne,  Lam- 
bert De  Ville,  curé  à  Reickhem,  Hugues  Hennin,  vicaire  à  Sou- 
magne, François  Henrici ,  Waltere  Hodeige,  curé  à  S.  Nicolas, 
Mathias  Loverix,  vicaire  à  S.  Nicolas,  Georges  Vassal,  curé  à 
Lovervalz,  Norbert  Steinart,  curé  à  Grimby,  Alexis  Woet,  Guil- 
laume Schroets,  Thomas  Macors,  Hubert  Mawel,  Pierre  de 
Staël,  Henri  Gouverneur,  Gaspar  Fay  mon  ville. 

L'abbé  Defraine  reçut  du  prince-évéque  en  1664,  moyennant 
une  rente  annuelle  d'un  chapon,  Tautorisation  de  construire  un 
pont  au-dessus  de  la  rue  des  Prémontrés  pour  relier  la  maison 
au  jardin  situé  au-delà  de  la  rue.  Dès  que  le  pont  couvert  fut 
achevé,  Tabbé  mit  ce  jardin  à  la  disposition  de  ses  religieux  pour 
y  prendre  l'air  et  faire  leurs  promenades.  Ce  terrain,  occupé 
par  plusieurs  maisons ,  avait  été  acquis  successivement  par 
l'abbaye  dans  le  courant  du  XIV*^  siècle  et  converti  plus  tard  en 
jardin. 

L'abbé  Defraine  eut  un  long  procès  à  soutenir  contre  François- 
Goberl  d'Aspremont,  comte  de  Reickhem.  Celui-ci,  prétendant 
avoir  le  droit  de  patronage  sur  l'église  du  village,  chassa  le  curé 
nommé  par  Tabbé  de  Bcaurepart  et  le  remplaça  par  un  prêtre 
séculier.  Le  procès  parcourut  tous  les  degrés  de  juridiction  et 


-^  919  — 

dura  plusieurs  années.  Le  13  décembre  1686,  la  Chambre  impé- 
riale condamna  le  comte  de  Reickhem  à  rétablir  le  curé  légitime 
dans  la  possession  de  son  église. 
L'abbé  Defraine  mourut  le  30  mars  1695. 

Pierrb-Alexandre  de  Falloize  :  11  avril  1695-— 2  août  1706. 
Vingt-deux  religieux  prirent  part  à  son  élection,  savoir  :  Gilles 
Dalleur,  prieur,  Henri  Gouverneur ,  prieur  à  Reickhem ,  Lam- 
bert Labbeye,  sous-prieur,  Jacques  Latour,  proviseur,  Mathias 
Loverix,  Guillaume  Schroets,  chantre,  Hubert  Mawet,  Etienne 
Ghilsen,  curé  à  Reickhem,  Henri  Juliin,  curé  à  Soumagne, 
Herman  Gouder,  Pholien  Jenicot,  Jean  Gagheur,  pitancier, 
Balthazar  Denne ,  François  Lamotte,  curé  à  Loverval ,  Bartho- 
lomé  Petit,  curé  à  Simpelvelt,  Charles  Van  Pelt,  curé  à  Grimby, 
Louis  Dujardin,  Augustin  Withiau,  Norbert  Burnenville,  Ber- 
nard Lebruin,  Joseph  Camps,  Ambroise  Hodeige. 

A  répoque  de  son  élection,  De  Falloize  était  curé  à  S.  Nicolos 
Outre-Meuse.  Sa  prélature  ne  fut  point  exempte  de  tribulations. 
Le  comte  de  Reickhem  continuait  à  revendiquer,  même  devant 
le  tribunal  de  la  Rote,  à  Rome,  ses  prétendus  droits  sur  le  pa- 
tronage de  réglise  de  Reickhem.  L'abbé  dut  se  défendre  au 
procès,  et  ce  ne  fut  qu'en  1703  qu'il  parvint  à  faire  reconnaître  et 
sanctionner  ses  droits.  Mais,  cette  même  année,  ses  religieux 
se  plaignirent  de  ce  qu'il  n'était  pas  aussi  assidu  au  chœur 
qu'eux,  ni  aussi  fidèle  observateur  de  la  règle  et  de  la  clôture. 
Ces  plaintes  furent  suivies  de  conflits  auxquels  la  mort  de  l'abbé 
mit  un  terme  le  3  août  1706.  Le  tombeau  qu'il  s'était  fait  cons- 
truire, portait  l'inscription  suivante  : 

D.  0.  M. 

Monumentum  Iwc  frater  Petrm  Alexander  de  Falloisej  abbas 
hujm  eccksiœ^  vivens  et  expectans  remirectionem  morttwrum,  sibi 
posuit, 

Henri  Jullin  de  Liège  :  18  août  1706  — •  26  mai  1733.  Les  reli- 
gieux suivants  prirent  part  à  son  élection  :  Henri  Gouverneur, 


-  320  — 

prieur,  Gilles  d*Alleur ,  prieur  à  Reickhem ,  Lambert  Labbeye, 
sous-prieur,  Mathias  de  Louvrex,  Jean  Gagheur,  fialthazar 
Denne,  chantre,  François  Lamotte,  curé  à  Loverval ,  Louis  Du- 
jardin,  curé  à  S.  Nicolas,  Norbert  Burnenville,  vicaire  à  S.  Ni- 
colas, Augustin  Witbiau,  curé  à  Simpelvelt ,  Joseph  Camps, 
curé  à  Grimby,  Bernard  Lebrun,  curé  à  Reickhem,  Âmbroise 
Hodeige,  proviseur,  Michel  Le  Comte,  Jacques  Marneife,  Guil- 
laume Hecket,  François  TEvesque,  Joseph  Habets,  vicaire  à 
Simpelvelt,  Jean  De  Saive,  Antoine  Doya,  Frédéric  Maghin. 

Henri  Jullin  avait  été  successivement  professeur  de  philoso- 
phie et  de  théologie  dans  son  abbaye,  et  curé  de  Soumagne.  Élu 
abbé  à  Tunanimité  des  suffrages,  il  vit  Tunion  et  la  ferveur 
religieuses  renaître  d'elles-mêmes  dans  son  abbaye.  Il  y  réor 
ganisa  aussi  les  études  qui  avaient  souffert  des  conflits  élevés 
sous  son  prédécesseur.  Nous  y  voyons  enseigner  la  théologie 
en  1727  par  Mathias  Blochouse,  en  1729  par  Léon  Buisman. 

Le  prieuré  de  Reickhem,  c'est-à-dire  la  fonction  d'aumônier 
et  de  directeur  des  religieuses  Norbertines  de  cet  endroit,  étant 
tombé  vacant  au  mois  de  mai  1710 ,  l'abbé  y  nomma  le  plus 
distingué  de  ses  religieux,  François  Lamotte,  curé  de  Loverval. 
Celui-ci,  préférant  rester  dans  sa  paroisse,  implora  à  cet  effet 
la  protection  de  l'évêque  de  notre  diocèse  qui  se  trouvait  en  ce 
moment  à  Valenciennes.  Joseph-Clément  de  Bavière  vit  une 
atteinte  à  son  autorité  épiscopale  dans  la  révocation  du  curé  de 
Loverval;  il  croyait  qu'une  semblable  révocation  ne  pouvait 
avoir  lieu  qu'avec  son  consentement  préalable.  L'abbé  Jullin, 
de  son  côté,  était  convaincu  que  ce  consentement  n'était  point 
requis.  La  question  canonique,  soulevée  par  ce  conflit,  était 
grave  et  intéressait  particulièrement  la  discipline  monastique. 
Portée  devant  la  congrégation  des  évéques  et  réguliers,  elle  fut 
résolue  par  trois  sentences,  conformes  dans  ce  sens  qu'un  abbé 
peut  rappeler  au  couvent  un  religieux-curé,  après  en  avoir  averti 
l'évêque,  mais  que  le  consentement  de  celui-ci  n'est  point 
requis.  La  dernière  sentence  qui  est  du  1®'  décembre  1713,  fixa 


—  321  — 

la  jurisprudence  ecclésiastique  sur  cette  matière.  François  La- 
motte  s'y  soumit  et  rentra  au  couvent. 

L'abbé  Juiiin  mourut  le  26  mai  1733,  regretté  de  tous  ses 
religieux.  Il  avait  87  ans  d'âge,  67  de  profession  religieuse  et 
64  de  sacerdoce.  Fuit  prœsul  meritissimusy  disent  les  mémoires 
de  l'abbaye. 

Norbert  BuRNENviLLE  :  20  juin  1733—1748.  Trente  religieux 
prirent  part  à  son  élection,  savoir:  Jean  De  Saive,  prieur,  Jac- 
ques Detige,  prieur  à  Reickhem,  Godefroid  Detawe,  sous- 
prieur,  Louis  Dujardin,  curé  de  S.  Nicolas,  Joseph  Camps,  curé, 
à  Grimby,  Ambroise  Hodeige,  Antoine  Doya,  Augustin  Maillard, 
Bernard  Dufays,  Charles  Collin,  Daniel  Closset,  curé  à  Sou- 
magne,  Mathias  Blochouse,  curé  à  Loverval,  Joseph  Horren, 
Adrien  Fourneau,  curé  à  Reickhem,  Georges  Verlinden,  Otton 
Gadet,  Gérard  Jaspar,  Henri  Closset,  François  Tanneur,  Erasme 
Dans,  Léonard  Buysman,  Melchior  Barbier,  Balthasar  Andrietle, 
Philibert  Dumont,  Norbert  Mellin,  Libert  Egidii,  Herman  Mato- 
lin,  Gilbert  Bancx,  Frédéric  Spirlet. 

Burnenville,  né  à  Malmedy  le  30  avril  1664,  avait  rempli 
successivement  les  fonctions  de  vicaire  à  S.  Nicolas ,  de  sous- 
prieur,  de  maître  des  novices  et  de  curé  à  Simpelvelt.  Élu  abbé, 
il  continua  à  donner  l'exemple  de  toutes  les  vertus:  Qua  in 
digniiate,  disent  les  mémoires  de  l'abbaye,  ne  minimum  mutatus 
ab  illa  qua  erat  ab  adolescentia  optimœ  ac  genuinœ  candidissimce- 
que  indoUSy  probitate  prœclarus  ac  prœsertim  mansuetudine ,  et 
profundissimœ  humilitatis.  Ce  fut  sous  sa  prélature  qu'on  rebâtit 
l'aile  du  couvent  que  baignait  alors  la  Meuse. 

L'abbé  mourut  le  6  mars  1745. 

Daniel  Closset  :  30  mars  1745  —  3  juin  1749.  Vingt-cinq  reli- 
gieux prirent  part  à  son  élection,  savoir:  Godefroid  Detawe, 
prieur,  Gérard  Gaspar,  sous-prieur,  Antoine  Doya,  proviseur, 
Augustin  de  Maillardor,  curé  à  Grimby,  Bernard  Dufays,  prieur 
à  Reickhem,  Mathias  Blochouse,  curé  à  S.  Nicolas,  Joseph  Ho- 


—  322  — 

rens,  Otton  Gadet,  Henri  Glosset,  curé  à  Reickhem,  Léonard 
Buysman,  curé  à  Loverval,  fialthasar  Ândriette,  Norbert  Melen, 
professeur  de  théologie,  Hubert  Egidii,  Herman  Hathelin,  vicaire 
à  Soumagne,  Gilbert  Bancx,  curé  à  Simpelvelt,  Gilbert  Gulpen, 
professeur  de  théologie,  Thomas  Giouts,  vicaire  à  Simpelvelt, 
Augustin  Gillet ,  chantre ,  Ludolphe  Mastiaux ,  Bartholomé 
Ernon,  vicaire  à  S.  Nicolas,  Albert  De  Ghequier,  Lambert 
Fromenteau,  Deodat  De  Praille,  Ambroise  Broackart. 

De  temps  immémorial,  les  abbés  de  Beaurepart  devaient  faire 
confirmer  leur  élection  par  le  chapitre  de  la  cathédrale  et  par 
révéque.  Les  droits  de  chaacellerie  à  payer  au  premier  mon- 
taient en  1745  à  la  somme  de  205  florins,  ceux  à  payer  au  second 
montaient  à  la  somme  de  1556  florins.  Les  droits  de  chancel- 
lerie, pour  la  prise  de  possession  du  canoaicat  de  S'^'-Groix, 
montaient  à  la  somme  de  325  florins.  La  courte  prélature  de 
Glosset  ne  nous  fournit  aucun  fait  remarquable. 

Léonard  Buisman  :  1  juillet  1749—31  juillet  1762.  Parmi  les 
25  religieux  qui  prirent  part  à  son  élection  ,  on  remarque  les 
nouveaux: André  Culoz,  Michel  Dethier,  Gilles  Groulard, Daniel 
Valiez,  Jacques  Renson,  Joseph  Piron. 

Ge  fut  sous  la  prélature  de  Buisman,  à  savoir  en  1760,  qu'on 
commença  la  reconstruction  de  Téglise  d'après  un  plan  de 
l'architecte  Dignefle.  Les  travaux  durèrent  dix  ans.  Les  écono- 
mies et  les  revenus  ordinaires  de  Fabbaye  n'y  suffirent  point  (  i  ); 
les  religieux  empruntèrent  des  capitaux  dont  les  intérêts  annuels 
montaient  encore  en  i  784,  à  la  somme  de  2340  florins.  Ge  ne 
fut  que  le  25  janvier  1770  que  la  nouvelle  église  fut  bénite. 

Buisman  mourut  le  31  juillet  1762. 

Mathieu  Blochouse  :  1 1  août  1762  —  13  janvier  1763. 
Augustin  Gilet  :  24  janvier  1763  —  1789.  Les  religieux  qui 


(  *  )  L'abbaye  avait  an  revenu  annuel  de  20,000  florins  de  Liège,  sans  déduction 
des  charges.  La  communauté  comprenait  en  moyenne  une  trentaine  de  personnes. 


—  323  — 

prirent  part  à  son  élection  furent  les  suivants  :  Daniel  Valiez 
prieur,  Jacques  Renson,  sous-prieur,  BalthasarAndriette,  prieur 
à  Reickhem ,  Norbert  Melen ,  Herman  Mathelin ,  curé  à  Sou- 
magne,  Gilbert  Gulpen,  curé  à  Grimby,  Thomas  Clouts,  curé  à 
Reicklxem,  Ludolphe  Masteau  ,  Bartholomé  Ernon ,  Lambert 
Fromenteau,  curé  à  S.  Nicolas,  Deodat  Praille,  André  Guloz,  Mi- 
chel Delhier,  Gille  Groulard,  proviseur,  Joseph  Piron,  chantre, 
Augustin  Sougnez,  Norbert  Despa,  Ferdinand  Olislagers,  Léo- 
nard Salm,  Antoine  Lejeune,  Théodore  Lejeune,  Nicolas  Defize, 
Godefroid  DemoUin,  Hyacinthe  Sauveur. 

Un  des  premiers  soins  du  prélat  se  porta  sur  les  études  théolo- 
giques. Il  nomma  d'excellents  professeurs  de  théologie  et  veilla 
à  robservation  des  statuts  qui  ordonnent  aux  religieux  d'assis- 
ter aux  cours  de  théologie  et  d'Écriture  sainte;  l'achèvement 
de  l'église  et  son  ameublement  furent  aussi  l'objet  des  soins 
assidus  de  l'abbé  Gilet. 

Le  plan  de  l'église  est  conçu  dans  des  proportions  assez 
vastes  ;  il  présente  à  l'œil  la  forme  d'une  croix  latine  dont  la 
partie  prolongée  forme  le  chœur  et  le  sanctuaire  ;  les  deux  bras 
de  cette  croix  se  terminent  en  demi  cercles,  ainsi  que  la  tête,  où 
se  trouve  la  porte  d'entrée  ;  le  transept  qui  est  de  forme  cir- 
culaire est  surmonté  d'une  haute  coupole.  L'église  n'est  point 
orientée  ;  le  maltre-autel  se  trouvant  à  Toccident  et  la  porte 
d'entrée  à  l'Orient.  Elle  est  éclairée  par  deux  rangées  de  fe- 
nêtres de  forme  carrée,  séparées  l'une  de  l'autre  par  une 
corniche  continue.  Des  colonnes  plattes ,  engagées  et  peu 
saillantes  soutiennent  la  corniche,  mais  ces  colonnes  ne  sont 
point  couronnées  d'un  entablement. 

Sous  les  fenêtres  du  chœur ,  l'abbé  Gillet  plaça  les  tableaux 
qu'il  avait  fait  peindre  par  Latour  et  qui  représentent  des  sujets 
de  l'ancien  testament.  Ces  tableaux  n'offrent  aucun  mérite  artis- 
tique. Il  n'en  est  point  de  même  de  la  Descente  de  croix,  par  Ber- 
tholet,  qui  fut  placé  à  l'autel  du  bras  droit  du  transept,  ni  de  la 
Vierge  donnant  F  habit  à  S.  Norbert,  parWaltëreDamery,  qui  fut 


—  324  — 

placé  à  Tautel  du  bras  gauche  du  transept.  Les  deux  tableaux 
que  Henri  Deprez  avait  été  chargé  de  peindre  furent  placés 
dans  l'hémicycle  où  se  trouve  la  porte  d'entrée.  L'un  représente 
les  Vendeurs  chassés  du  temple  l'autre  Jésus  enseignant  au  temple. 
Le  maitre-autel  fut  surmonté  d'un  beau  groupe  de  sculpture  de 
style  romain  qui  représente  S.  Norbert  foulant  aux  pieds  l'hé- 
résiarque Tanchelin.  La  voûte  de  la  coupole  fut  peinte  par  Louis 
Dreppe. 

Ce  qui  distingue  cette  église,  ce  sont  ces  belles  proportions, 
c'est  l'unité  et  l'harmonie  qui  règne  entre  toutes  ses  parties. 

L'abbé  Gillet,  après  avoir  achevé  l'ameublement  de  l'église, 
commença  en  1788  la  reconstruction  de  l'aile  du  Nord-est  de 
l'abbaye,  d'après  un  plan  de  l'architecte  Digneffe.  L'abbé  en  posa 
la  première  pierre  le  7  avril  de  cette  année  ;  mais  il  n'eut  pas  le 
bonheur  de  la  voir  achevée  ;  il  mourut  le  27  février  1789.  Cette 
aile  de  bâtiment  ne  fut  entièrement  achevée  qu'en  1793  ;  elle 
coûta,  non  compris  les  bois  fournis  par  Tabbaye,  la  somme  de 
41,745  florins  de  Liège. 

Jacques  Renson  :  11  mars  1789—1795.  Les  religieux  suivants 
prirent  part  à  son  élection  :  Nicolas  Defize,  prieur,  Bernard 
Romsée,  sous-prieur,  B.  Ernon,  Lambert  Fromenteau,  Deodat 
Prailles,  André  Cuioz,  Michel  Dethier,  Augustin  Sougnez,  Nor- 
bert Despa,  Léonard  Saim,  Mathieu  Serwier,  Henri  Stracman, 
Corneille  Lacroix,  Cyprien  Lembrée,  Lambert  Delvaux,  Hubert 
Bellefroid,  Dominique  Cajot,  Joseph  Warnier,  Isfride  Drion, 
Adrien  Eggen,  Tossain  Sior. 

Defeller  annonça  cette  élection  dans  le  Journal  historique 
dans  les  termes  suivants  :  «  Les  religieux  Prémontrés  de  cette 
ville  ont  choisi  hier  Jl  mars)  pour  leur  abbé  M.  Jacques  Ren- 
son, homme  exercé  dans  la  pratique  des  vertus  religieuses  et 
des  vertus  pastorales,  successivement  professeur,  vicaire,  prieur 
et  curé  et  qui  a  rempli  ces  fonctions  avec  les  éloges  les  plus  mé- 
rités. Ce  qui  a  fixé  dans  cette  circonstance  l'attention  du  public, 


—  328  — 

c'est  réloignement  décidé  qu'ont  montré  les  religieux  de  profiter 
de  l'occasion  de  relâcher  les  liens  de  la  discipline  et  d'adoucir 
l'austérité  de  la  règle.  » 

L'abbé  Renson  ne  démentit  point  sa  conduite  antérieure  ;  il 
ne  cessa  de  donner  l'exemple  de  la  régularité  monastique  qu'il 
maintient  dans  son  abbaye. 

Pendant  la  révolution  Liégeoise  de  1789  à  1791,  l'abbaye  fut 
contrainte  de  faire,  le  18  avril  1790,  un  don  patriotique  en  faveur 
de  la  révolution  de  292  florins.  Ce  ne  fut  pas  là  le  seul  sacrifice 
qu'elle  dût  lui  faire  ;  «  le  29  avril  1790,  disent  les  mémoires  de 
l'abbaye,  nous  avons  pris  à  frais  à  mademoiselle  la  veuve  Jacques 
Dechéae  deux  mille  florins  à  3 1/2  pour  cent.  Les  insurgents,  non 
contents  de  cette  somme,  ont  exigé  encore  deux  mille  et  le  30 
dito  nous  avons  eu  encore  deux  mille  florins  à  la  dite  demoiselle 
par  acte  séparé.  En  deux  créations  les  Etats  nous  ont  donné  un 
billet  par  lequel  ils  s'engagent  à  nous  payer  4  pour  cent.  )>  Au 
mois  de  juin  1790  les  prémontrés  durent  encore  emprunter  2000 
florins  à  la  demoiselle  Gathon,  au  mois  de  juillet  2000  florins 
au  bénéficier  Paquet,  et  3000  à  Léonard  Rigo,  et  au  mois  d'août 
2000  florins  à  Henin,  pour  avancer  ces  sommes  aux  révolution- 
naires contre  des  billets  des  Etats. 

Pendant  l'occupation  du  pays  par  le  général  Dumouriez,  de 
nov.  1792  au  5  mars  1793,  les  soldats  Français  malades  ou  blessés 
furent  logés  dans  la  nouvelle  aîle  de  l'abbaye.  Les  bureaux  de 
payement  pour  les  fournitures  y  furent  également  établis.  Dès  le 
13  novembre  1792,  les  religieux  avaient  mis  leurs  archives  en 
sûreté  ;  ils  les  avaient  déposées  chez  Spirlet,  à  Maestricht. 

Le  3  mars  1793,  l'avant-veille  du  départ  des  Français,  les 
révolutionnaires  massacrèrent  trois  prêtres  de  la  manière  la 
plus  barbare  pour  avoir  refusé  de  prêter  le  serment  civique.  Un 
de  ces  trois  martyrs  fut  enterré  dans  un  caveau  particulier  de 
l'église  des  Prémontrés.  Un  témoin  occulaire  en  a  fait  la  relation 
suivante  :  «  Le  dimanche,  3  mars  1793,  vers  une  heure  après 
midi,  quatre  Liégeois  de  la  paroisse  de  St-Pholien,  se  sont  pré- 


—  326  — 

sentes  chez  la  veuve  Wilmotte,  dont  le  fils  est  sacristaia  de 
cette  paroisse  et  où  se  trouvaient  logés  MM.  Martin  Dupuù^  curé 
de  la  paroisse  de  St-Nicaise  du  diocèse  de  rMlons-sur-Marne, 
Louis  Lemoinne,  curé  de  celle  de  Coligny  au  même  diocèse,  et 
Jean  Guidcl^  chanoine  régulier,  prémontré  de  la  maison  de  Pont- 
à-Mousson.  L'un  de  ces  Liégeois  était  armé  d'un  sabre  nu.  Tous 
étaient  également  furieux.  Que  voulez-vous?  leur  dit  la  maîtresse 
de  la  maison,  en  les  voyant  entrer  chez  elle;  ils  répondent  :  on 
nous  a  dit  que  vous  recelez  chez  vous  des  espions,  des  émigrés  : 
nous  voulons  les  voir;  si  cela  est  vrai,  ils  passeront  par  nos 
mains.  Cette  femme  a  beau  s'écrier  qu'elle  n'a  point  d'espions 
chez  elle  ;  ils  la  repoussent,  forcent  les  portes  et  entrent  avec 
violence  dans  la  chambre  des  ecclésiastiques.  Que  fais-tu  là?  dit 
un  de  ces  Liégeois  à  celui  des  ecclésiastiques  qui  se  présente 
le  premier.  Celui-ci  lui  répond  sans  s'émouvoir  :  nous  sommes 
tranquilles  et  nous  ne  voulons  mal  à  personne.  Vous  êtes  des 
espions,  réplique  le  Liégeois,  il  faut  que  vous  fassiez  le  serment 
civique  ou  nous  allons  vous  mener  à  la  municipalité.  Nous  ne 
sommes  point  des  espions,  dit  l'ecclésiastique,  nous  avons  nos 
papiers  en  régie,  si  vous  voulez  les  voir,  vous  en  êtes  les 
maitres  ;  quand  au  serment  que  vous  nous  demandez,  il  ne  nous 
est  pas  possible  de  le  faire  ;  nous  sommes  sortis  de  France  pour 
l'avoir  refusé  et  ne  sommes  pas  venus  à  Liège  pour  le  prêter;  il 
est  contre  la  conscience,  contre  la  religion  et  contre  les  lois  d'un 
bon  gouvernement;  nous  aimerions  mieux  mourir  que  de  le 
prêter.  Loin  de  s'adoucir  par  ces  raisons,  les  quatre  Liégeois 
traitent  les  ecclésiastiques  d'insolents  et  les  forcent  de  les 
suivre  à  la  municipalité.  Mais  pourquoi,  reprennent  ces  prêtres, 
voulez-vous  nous  mener  à  la  maison  de  ville?  Nous  n'avons  rien 
fait  de  répréhensible.  Pour  l'amour  de  Dieu,  laissez-nous  tran- 
quilles.—Pour  l'amour  de  Dieu,  reprit  avec  rage  un  de  ces  sélé- 
rats,  nous  ne  connaissons  point  de  Dieu,  il  n'y  en  a  pas.  Jusqu'à 
ce  moment  la  dame  Wilmotte  n'avait  rien  négligé  pour  sauver 
ses  hôtes;  elle  avait  été  repoussée  plusieurs  fois  avec  les  plus 


-  327  - 

violentes  menaces  ;  mais  sa  peine  fut  à  son  comble,  lorsqu'elle 
vit  qu'ils  allaient  lui  être  enlevés.  M.  Guidel  lui  dit  en  sortant  : 
courage,  Madame,  nous  reviendrons  ;  nous  n'avons  rien  à  notre 
charge;  et  nous  sommes  sans  crainte.  Arrivés  à  la  maison  de 
ville,  au  milieu  d'une  populace  immense  que  leur  passage  avait 
attirée,  on  les  conduit  aux  oiBciers  municipaux  que  la  révolu- 
tion venait  de  lui  donner.  On  les  leur  présente  comme  des 
hommes  qui  refusaient  le  serment  et  de  qui  il  fallait  l'exiger. 
Les  officiers  municipaux  leur  font  les  questions  suivantes  aux- 
quelles M.  Guidel  répond,  au  nom  de  ses  deux  confrères  comme 
au  sien  propre  :  avez-vous  prêté  le  serment?  — Non,  monsieur. 
— Voulez-vous  le  prêter  et  on  vous  renverra? — Non,  monsieur. 

—  Pourquoi  ne  voulez-vous  pas  le  prêter?  —  Parce  que  notre 
conscience  ne  nous  le  permet  pas,  et  qu'il  vaut  mieux  obéir  à 
Dieu  qu*aux  hommes.  —  Hé  bien,  reprend  un  membre  de  la 
municipalité,  vous  allez  voir  ce  qui  vous  en  arrivera.  —  Peuple, 
dit  un  autre,  que  faut-il  faire  de  ces  gens-là?  Après  un  instant 
de  silence,  on  entendit  une  voix  crier  :  il  faut  les  guillotiner. 

—  Non,  reprennent  quelques  municipaux,  il  vaut  mieux  les  en- 
voyer en  prison ,  on  les  examinera  ;  et  s'ils  sont  coupables,  on 
les  punira.  Aussitôt  des  gardes  nationaux  français  mêlés  avec 
des  Liégeois,  se  saisissent  de  ces  trois  victimes,  les  conduisent 
vers  les  prisons,  au  milieu  des  huées,  des  cris  du  peuple  et  des 
outrages  de  tout  genre,  les  menaçant  à  chaque  instant  de  leur 
donner  la  mort.  Il  est  impossible  de  dire  combien  ils  reçurent 
d'injures,  d'insultes  et  de  coups  de  sabre  dans  ce  trajet.  Ils 
arrivèrent  aux  portes  de  la  prison  S.  liéonard  tout  ensanglantés 
et  soutenant  avec  leurs  mains  déchirées  les  lambeaux  de  chair 
qui  se  détachaient  de  leurs  visages.  L'officier  national  qui  les 
conduisait  avait  à  peine  fait  ouvrir  la  première  des  portes  de  la 
prison  qu'il  disparut,  abandonnant  ainsi  les  trois  prêtres  à  toutes 
les  fureurs  des  assassins  qui  le  suivaient.  Déjà  cependant  les 
trois  généreux  confesseurs  sont  entrés  et  parviennent  à  la 
chambre  des  prisonniers,  lorsque  les  assassins,  craignant  que 


-"  328  — 

ces  victimes  ne  leur  échappent,  redoublent  de  fureur,  courent 
à  elles,  les  tirent  de  cette  chambre  et  les  entraînent  devant  la 
porte  du  concierge.  Là  ils  leur  demandent  de  nouveau  le  ser- 
ment, mettant  à  ce  prix  leur  délivrance.  Là  aussi  ces  héros  de 
la  foi  lui  rendent  un  nouvel  et  dernier  hommage.  —Non,  répon- 
dent-ils, nous  devons  plutôt  obéir  à  Dieu  qu'aux  hommes  ;  notre 
corps  est  entre  vos  mains,  mais  notre  âme  est  à  Dieu.  Â  ces 
mots,  on  les  fait  mettre  à  genoux  ;  on  leur  demande  leurs  effets, 
montres,  argent,  etc.  Ils  les  donnent;  à  peine  l'ont-ils  fait  que 
des  volontaires  du  bataillon  de  Paris  leur  portent  les  premiers 
coups  de  sabre.  Cet  exemple  est  bientôt  suivi  par  d'autres.  Tous 
veulent  avoir  part  à  une  aussi  horrible  action.  La  prière  que 
font  ces  martyrs  à  leurs  assassins,  de  leur  conserver  la  vie  ou 
au  moins  de  leur  donner  le  temps  de  se  confesser,  ne  les  touche 
pas.  Point  de  grâce,  s'écrient-ils,  point  de  grâce  !  —-  Tiens,  dit 
l'un  de  ses  meurtriers  en  allongeant  un  coup  de  sabre,  cela  te 
tiendra  lieu  de  confession  ;  et  il  disait  plus  vrai  qu'il  ne  le  pen- 
sait. Leur  supplice  dura  environ  une  demi-heure.  On  épuisa 
sur  eux  tous  les  raffinements  de  la  cruauté.  Les  uns  leur  je- 
taient des  pierres  ;  les  autres  les  frappaient  à  coups  de  crosses 
de  fusil  ;  ceux-ci  leur  assénaient  des  coups  de  sabre  sur  la  tête  ; 
ceux-là  leur  plongeaient  le  glaive  dans  le  corps  à  plusieurs  re- 
prises pour  les  faire  souffrir  davantage  ;  et  coupant  des  lam- 
beaux de  leurs  chairs,  ils  les  hachaient  en  pièces.  M.  Guidel 
reçut  un  coup  de  sabre  à  la  joue,  un  à  la  gorge;  six  autres  tant  à 
la  poitrine  qu'au  ventre  et  un  à  la  cuisse.  Gomme  il  respirait  en- 
core, un  chasseur  lui  tira  un  coup  de  fusil  chargé  de  deux  balles 
qui  mit  fin  à  sa  carrière  glorieuse.  M.  Lemoinne,  entre  autres 
coups  dont  il  était  entièrement  couvert,  eut  tout  le  corps  percé 
d'outre  en  outre  d'un  coup  de  sabre  qu'on  retournait  dans  la  plaie 
pour  l'élargir  davantage.  Il  n'est  pas  besoin  de  dire  les  paroles 
atroces  et  les  blasphèmes  abominables  dont  ces  massacres  furent 
accompagnés.  Ce  qu'il  y  a  de  consolant,  c'est  que,  pendant  tout 
ce  temps,  nos  généreux  martyrs  n'ont  pas  cessé  de  demander 


—  329  — 

pardon  à  Dieu  pour  eux  et  leurs  bourreaux.  Les  dernières  pa- 
roles qu'on  ait  recueillies  de  Af .  Dupuis  sont  celle-ci  :  loué  soit 
Jésus-Christ. 

Tant  d'horreurs  ne  pouvaient  encore  assouvir  la  rage  de  ces 
furieux.  Ils  la  poussèrent  jusque  sur  les  corps  morts  de  ces  vic- 
times. Ils  coupèrent  la  tête  de  M.  Dupuis,  la  mirent  au  bout 
d'une  pique,  la  promenèrent  dans  la  ville  et  sur  la  place  du 
marché.  Elle  y  fut  jetée  dans  la  boue  et  roulée  à  coups  de  pieds  ; 
mais  vers  la  fin  du  jour,  le  vicaire  de  Saint-André  vint  la  prendre 
avec  vénération  et  Tensevelit  honorablement.  Le  reste  du  corps 
et  ceux  des  deuxautresmartyrsavaient  été  totalement  dépouillés 
et  jetés  au  bas  des  prisons,  dans  les  fossés  du  rempart.  Ils  y 
sont  restés  depuis  le  dimanche  jusqu'au  mercredi.  Ce  sont  MM. 
les  curés  de  St-Thomas  et  de  St-Pholien  qui  les  ont  recueillis, 
après  la  retraite  des  Français  et  qui  leur  ont  donné  leshonneurs 
de  la  sépulture.  Ceux  qui  ont  été  chargés  de  les  retirer  des  fossés 
et  de  les  ensevelir,  ont  trouvé,  en  ôtant  la  boue  qui  les  couvrait, 
qu'ils  n'exhalaient  aucune  mauvaise  odeur  et  qu'ils  étaient  aussi 
sains  que  s'ils  venaient  de  mourir.  Après  avoir  été  d'abord  dé- 
posés dans  l'église  de  St-Thomas,  ils  ont  été  transportés  avec 
un  grand  concours  de  peuple,  accompagné  d'un  nombreux  clergé 
et  au  son  des  cloches,  dans  l'église  de  St-Pholien,  leur  paroisse. 
Ce  spectacle  édifiant  a  fait  couler  les  larmes  de  tous  ceux  qui 
en  ont  été  les  témoins.  Les  corps  de  MM.  Dupuis  et  Lemoinne 
reposent  dans  un  caveau  de  la  chapelle  des  Carmes,  près  du 
confessionnal  de  M.  le  curé  de  St-Pholien.  Quand  cette  funèbre 
cérémonie  fut  achevée  à  St-Pholien,  on  porta  le  corps  de  M. 
Cuidel  à  l'abbaye  de  MM.  les  Prémontrés  de  cette  ville  qui  l'a- 
vaient  réclamé.  Cette  communauté  lui  rendit  tous  les  devoirs 
de  la  confraternité  et  Tinhuma  dans  un  caveau  particulier.  » 

Nous  n'avons  point  pu  découvrir  ce  caveau  particulier  dans 
l'ancienne  abbaye  des  Prémontrés  ;  celui  de  l'ancienne  église  de 
St-Pholien  qui  renfermait  les  restes  de  Dupuis  et  Lemoinne  est 
également  inconnu  aujourd'hui,  cette  église  ayant  été  démolie 
en  18S3. 


-  330  - 

Lorsque  les  Français  s'emparèrent  une  seconde  fois  de  notre 
pays  au  mois  de  juillet  1794,  les  Prémontrés  émigrèrent  empor- 
tant leurs  effets  précieux  et  leurs  archives  en  Allemagne  ;  mais 
ils  purent  rentrer  au  commencement  de  179S ,  et  Turent  re- 
mis dans  la  possession  de  leur  maison. 

L*abbé  Jacques  Renson  mourut  au  mois  de  novembre  1798. 

Gyprien  Lembrée,  élu  le  10  décembre  1795,  vit  la  suppression 
et  la  dispersion  de  sa  communauté  à  la  fin  de  Tannée  1796.  Les 
religieux  acceptèrent  tous  leur  bon  et  s'en  servirent  pour  ra- 
cheter les  biens  de  leur  communauté  ainsi  que  les  meubles  de 
leur  maison  et  de  leur  église.  Toutefois  il  ne  purent  racheter  la 
maison  elle-même  qui  fut  réservée  à  un  service  public.  Elle 
servit  successivement  de  boucherie,  de  magasin  de  peaux,  de 
magasin  de  poudre  et  de  salpêtre  et  enfin  de  salle  d'armes. 

Tous  les  religieux  Prémontrés  restèrent  fidèles  à  leur  devoir 
et  refusèrent  en  1797  de  faire  le  serment  de  haine  à  la  royauté. 
Serwier  le  combattit  vigoureusement  dans  la  célèbre  conférence 
ecclésiastique  du  14  septembre  1797,  et  prit,  avec  son  confrère 
Sclain,  une  part  active  à  la  polémique. 

Par  un  décret  du  11  juin  1809,  daté  de  Schœnbrunn  près  de 
Vienne  en  Autriche,  l'empereur  Napoléon  donna  l'abbaye  des 
Prémontrés  pour  servir  de  séminaire  et  de  palais  épiscopal  : 
«  L'église  des  ci-devant  Dominicains  de  la  ville  de  Liège,  dit  le 
décret,  sera  remise  à  la  disposition  du  ministre  de  la  guerre 
pour  compléter  l'établissement  d'artillerie  formé  dans  le  dit 
couvent  qui  restera  définitivement  affecté  à  ce  service.  Le  cou- 
vent des  ci-devant  Prémontrés  avec  ses  jardins  et  dépendances 
est  affecté  au  logement  de  l'évéque  de  Liège  et  à  l'établissement 
de  son  séminaire.  En  conséquence  le  ministre  de  la  guerre  fera 
mettre  à  la  disposition  dudit  évèque  toute  la  partie  de  ce  cou- 
vent qui  avait  été  affectée  au  service  de  l'artillerie  pour  y  cons- 
truire des  salles  d'armes  par  décret  du  10  thermidor  an  XI 
(29  juillet  1803).  Celte  remise  n'aura  lieu  qu'à  l'époque  où  la 
nouvelle  salle  d'armes,  qui  doit  être  placée  dans  l'ancien  couvent 


—  331  — 

des  Dominicains,  sera  terminée.  Les  frais  d'arrangement  de  la 
nouvelle  salle  d*armes  et  du  transport  des  effets  d'artillerie  de 
son  ancien  local  au  nouveau,  seront  à  la  charge  de  Tévèque  de 
Liège.  » 

A  partir  de  cette  époque,  les  faits  qui  concernent  la  maison  des 
Prémontrés,  appartiennent  à  l'histoire  du  séminaire. 


III 


DOCUMENTS  HISTORIQUES. 


«01. 


Frédéric,  prëv6t  de  S.  Lambert,  donne  à  Ciilebert  et  à  son  épouse  Àva,  cinq  bon- 
niers  de  terre  situés  k  Lantin,  ea  conditione  ut  nunquam  amplius  ad  placitum  ville 
inde  veniant  et  III  solidos  et  VI  denarios  census  inde  tantuanodo  persolvant  in  dte 
festivitatis  S.  Andrcae  camerario  fratum  S^-Lamberti....  Hujus  rei  testes  sunt  :  ego 
Fredericus  prsepositus  et  mecum  Henricus  decanus,  Petrua^  Godescalcut,  Àmuipkus, 
Stephanus,  Stepelinus^  Evrardus,  Godescalcus,  Reinzo,  Emmo,  Henricus,  Nizo^ 
Reimbaldus  et  cseteri  fratres...  Acla  sunt  hsec  Leodii  anno  ab  Incarnatione  Domini 
M.  G.  primo,  indictione  IX,  régnante  Henrico  imperatore  IIIo,  anno  imperii  ejas 
XLVI»,  episcopatus  autem  Oberti  XI».  Cartulaire,  fol.  52  v®. 

Noie.  L'avoué  d'un  village  en  était  le  protecteur.  Il  présidait  chaque  année  à  la 
réunion  générale  des  habitants  {piacitum),  où  se  faisaient  la  réparation  des  torts  et 
les  restitutions.  En  récompense  de  sa  protection,  il  percevait  un  cens  soit  de  cha- 
que famille,  soit  à  raison  de  chaque  pièce  de  terre. 

Les  chanoines  de  S.  Lambert  sont  appelés  ici  fratres.  A  icette  époque,  ils  vivaient 
encore  en  communauté. 

me. 

Charte  d Albert^  évêque  de  Liège.  Il  exempte  le  mont  Camilion  de  toute  autre  juri- 
diction que  de  la  sienne.  Il  se  réserve  la  collation  de  l'église  qu'il  consacra  en 
l'honneur  des  SS.  apôtres.  Il  la  dote  de  XX  solidi  à  tusage  des  religieux  et  de  V 
solidi  ad  noetumum  luminare. 

In  nomine  Sanct»  et  Individiue  Trinilatis.  Notum  sit  omnibus  tam  poslerîs  quam 
prœsentibus  quia  dnus  Obertus  Leodiensis  episcopus,  postquam  totum  montenr 


—  332  — 

Cornelium  ita  liberum  fecit  ut  quicoioque  frater,  abjectis  negotiis  sjecularibus  Deo 
militaturus,  deinceps  illic  praeesse  debuerit,  tantammodo  a  manu  Leodiensis  poDti- 
ficis  doDum  accipiat,  postea  oratorium  sanctorum  apostolorum  in  eo  dedicavit.  Qai 
etiam  pro  salate  anime  sas  constituit  de  soo  theoloneo  sin^^lis  annis  solvendom 
XX  solidos  ad  usus  fratrom  Deo  sanclisque  apostolis  ibidem  servientiom  et  V  solidos 
ad  nocturnum  luminare.  Quod  ut  salutiferum  pis  imitationis  exemplum  tam  suis 
successoribus  quam  cseteris  Dei  cuUoribus  ûeret  littcris  annotavimus.  Et  ut  raUim 
inviolatumque  permaneat  prflesenti  sigillo  ejusdem  praesulis  muniri  Tecimus.  Actom 
est  hoc  anno  ab  Incarnatione  Domini  M.  C.  XVIo,  indîctione  nona,  régnante  impera- 
tore  Henrico  hujus  nominis  quarto,  sub  testimonio  eorum  quorum  nomioa  subscripta 
sunt  :  Fredericus  prsepositus  de  St<»  Lamberto,  Henricus  decanus  et  archidiaconi 
AndreciSf  Henricus,  Alexander,  AUmcmnwf^  Sieppo  et  nonnuUi  confratres  ejusdem 
congregationis,  cœterarumque  congregationum  Leodiensium  testes  sunt  hujus  rei. 

Cartul.  fol.  47. 


1124. 


Charte  dAlberon,  évoque  de  Liège,  qui  comprend  la  dotation  primitive  du  couvent. 

In  Domine  sanet£  et  individu»  Trinitatis.  Notitise  simul  et  memoris  tam  postero- 
rum  quam  prsesentium  commendatum  esse  volumus  quod  ego  Albero  Dei  misericordia 
Leodiensis  episcopus  ecclesiam  sanctorum  Apostolorum  in  Cornelio  monte  sitam  sub 
sola  manu  episcopoli,  sicut  erat  ex  quo  dedicala  fuerat,  liberam  omnino  constitui  et 
in  synodo  generaii  quam  primam  in  ecclesia  St'  Lamberti  Deo  largiente  celebravi, 
jttdicio  et  auctoritate  synodalis  sententiœ  eamdem  libertatem  banno  confirmavi.  Hujus 
conflrmationes  testes  et  cooperatorcs  sunt:  prspositus  et  archidiaconi  Andréas, 
Henricus,  Alexander,  Almannus,  Steppo;  Goyfridus  archipresbyter  de  SancU 
Maria  et  cœteri  canonici  Sancti  Lamberti  ;  dein  abbates  Oubbertus  de  Sancto  Jacobo, 
Bobertus  de  Sancto  Huberto,  Rodulphus  de  Sancto  Trudone,  cœterique  abbates  et 
decani  tam  claustrales  quam  parochiales  cum  clericis  et  presbyteris,  sicut  et  laici 
nobiles  et  principes  :  comes  namurcensis  Godefridus,  comes  Otto  de  Giney,  aliique 
tam  liberi  quam  de  familia  sancti  Lamberti  innumerabiles  ;  et  ut  compendio  dicttur 
omnes  fere  sunt  testes  hujus  rei  qui  cldem  sanctœ  synodo  interfuerunt.  Âctum  est 
hoc  anno  dominiez  incarnationls  M.  G.  XXIIIIo  indictione  secunda,  régnante  Henrico 
quinto  imperatore  Augusto. 

Eodem  anno  camerarius  nosler  Oudelinus  de  Villeir  beneficium  quod  episcopali 
dono  tenebat  in  manum  meam  reddidit  postulans  ut  prœfatse  conferretur  ecdesic 
quod  ego  prumpta  voluntate  pro  salute  tam  mes  quam  illius  anims  tradidi  sanctis 
apostolis  super  altare  in  liberum  allodium  perpétua  et  légitima  delegatione  multo 


—  333  — 

meorom  fldelium  Um  clericorom  quam  laicoram  cetu  saffiraganle.  Idem  etiam  Oude- 
linus  et  uxor  ejus  Helindig  amplius  se  commendantes  sanctis  aposioiis  obtuleront  eis 
de  allodio  suo  II  boDaria  et  plus  quam  dimidium  cum  ancilla  una  nomine  Fromodis 
qiue  ad  festum  Sti  Lamberti  solvet  unom  denarium  singulis  annis.  Similiter  et  Bono 
presbyter  natus  de  Viller  patrimoDium  suum  quod  ibidem  habebat,  obtulit  sanctis 
apostolis,  quod  eidem  ecclesise  tam  ego  quam  advocatus  Wigerua  ita  libéra  traditione 
eoDcessimus,  al  quidquid  nostri  juris  in  eadem  terra  fnerat  in  perpetnum  remitte- 
remos.  Non  minus  et  Lambertus  de  Mosa  tam  uxore  carens  quam  soboleut  sibi  face- 
ret  amicoB  qui  et  ipsum  et  suos  reciperent  in  aetema  taberacula  obtulit  super  altare 
sanctorum  apostolorum  curtem  unam  cum  terra  quam  tenebat  apnd  Lantint  et  cen- 
sum  unius  domus  ultra  Mosam  ad  nocturnum  luminare,  domum  cum  hortis  sub  ipso 
monte  qnos  emeral  ad  opus  ecclesiae  ;  redditum  etiam  duarum  forensium  mensarom 
ad  salem  emendum;  de  quibus  et  ego  quod  mei  juris  orat  remisi  Deo  et  sanctis 
apostolis.  Harum  traditionum  quas  praedicti  fidèles  Ghristi  ob  spem  et  amorem  œternae 
hœreditatis  et  apostolicœ  societatis  eum  omni  devotione  Deo  et  sanctis  ejus  apostolis 
contulerunt,  testes  sunt  Andréas  prœpositus  et  archidiaconus,  Henricus  archidiaco- 
nus  et  caeteri  archidiaconi,  canonici  Amulphus,  Gerardm,  Joannes  et  alii  multi  tam 
clerici  quam  laici,  comes  Amulphus  de  Los,  comes  Lambertus^  Wigerus  advocatus 
Wigerus  de  Til^  Wederictt»  de  Prato,  Niso,  Albertus,  Franco^  Wazelinus,  Lanifridus 
et  quaroplures  alii.  Actum  hoc  anno  qui  prœdictus  est  H.  G.  XXIIIl ,  dominicse  in- 
carnatioDis,  iudictione  secunda,  régnante  Henrico  hujus  nominis  Vo  imperatore 
aogusto.  Si  quis  prsedictam  libertatem  ecclesiœ  vel  collatas  ei  traditiones  infringere 
temptaveril  anathema  slt.  Fol.  47. 

Note,  L'archidiacre  qui  faisait  chaque  année  la  visite  de  chaque  paroisse,  réunissait 
tous  les  paroissiens  k  l'église  ei  y  établissait  une  espèce  de  tribunal  dont  il  était  le 
premier  Juge.  Il  s'adjoignait  trois  ou  quatre  paroissiens  des  plus  probes  et  des  plus 
notables  qui  étaient  appelés  judices  synodales,  La  réunion  elle-même  s'appelait  Sifno- 
dus.  Ces  juges  connaissaient  de  tous  les  péchés  publics  et  en  punissaient  les  cou- 
pables. Les  nobles  n'étaient  point  soumis,  sous  ce  rapport,  à  la  juridiction  de 
'archidiacre. 

L'évêque  tenait  chaque  année  une  réunion  générale  (synodus  generalis)  des  nobles 
du  diocèse  exempts  de  la  juridiction  arcbidiaconale,  pour  connaître  de  leurs  péchés 
publics,  les  en  punir,  et  les  contraindre  à  réparer  leurs  injustices.  C'est  dans  ces 
synodes  que  des  établissements  ecclésiastiques  faisaient  souvent  approuver  leurs 
dotations  pour  les  garantir  contre  les  déprédations  des  nobles. 

Les  hommes,  désignés  dans  cette  charte  par  les  mots  defamiiia  sancti  Lamberti^ 
sont  aussi,  à  mes  yeux,  des  nobles,  mais  qui  relevaient  de  l'église  de  S.  Lambert  à 
l'un  ou  l'autre  titre,  par  exemple,  parce  qu'ils  tenaient  d'elle  de  grands  fiefs,  ou  qu'ils 
étaient  ses  baillis,  ses  mayeurs,  ses  avoués  dans  ses  seigneuries. 


—  334  — 

Le  revenu  de  deux  tables  au  marché.  Le  droit  de  dresser  uoe  table  au  marché 
pour  y  vendre  des  marchandises  ne  pouvait  être  accordé  que  par  le  prince.  Les  con- 
cessions de  ce  genre  se  faisaient  contre  une  rente  annuelle  it  payer  ou  un  droit  de 
station. 

H40. 

Gûiebert,  seigneur  de  Reckheim,  donne  th&pital  gu*il  a  fondé  dans  ce  viliage  à 

l'église  de  Comillon, 

In  nomine  sanctae  et  individus  Trinitatis,  amen.  Remedium  peccatorum  et  etiam 
patrocinium  ad  Tugiendam  venturam  iram  est  eleemosyna,  unde  institutio  evangelica 
nos  admonet  ut  faciamus  nobls  amicos  de  mammona  iniquitatis  qui  nos  recipiant  in 
seterna  tabernacula  ;  recipere  autem  nos  possunt  pauperes  spirîtu  quorum  gratiam 
dummihi  reconciliare  vellem,  ego  Gisleberius  de  Radekeym  feci  hospitale  in  posses- 
sione  mea,  quse  ^st  in  prefata  villa  ad  receptioncm  pauperum  et  ad  providendum 
nécessitât!  eorum.  Partem  prsediorum  vel  reddituum  meorum  donavi  illic  quod 
annotabimus  :  dimidium  decimse  mese  quae  est  in  Radekeym,  excepta  redemptione 
fétus  vaccarum  et  equarum,  et  excepta  décima  mellis  ;  caeterarum  vero  rerum  decim» 
cédant  in  usus  hospitalîs  in  tantum  ut  tota  décima  cororium  silvestrium  animalium 
quae  sunl  in  parco  meo  et  décima  aquorum  illuc  deferatur;  duo  etiam  bonarîa  ccnsum 
illuc  solvant,  tertium  verobonarium  tradidi  liberum  ut  hospitale  propria  sua  caruca 
excolat  illud;  duos  mansos  alterum  in  Bruchene,  altérum  in  viMuArle  quœest  dyocesis 
de  Orscolh  ea  legc  ut  de  omni  jure  suo  et  debito  illic  respondeant  Hoc  autem  tan- 
tillum  pretli  quo  comparare  volui  regnum  Dei ,  cavi  mihi  ne  pcrderem  ;  itaqne 
dispensatorem  hujus  beneGcii  alium  prsefeci  quam  me  ;  tradidi  enim  domum  illam 
hospitalem  cum  omnibus  appendiciis  suis  praetaxatis  ecclesis  Cornelii  Montis  qus 
est  in  conflnio  civitalis  Leodiensis  bac  ratione  ut  abbas  hujus  loci  domus  illius  sit 
provisor  et  ordinalor  tamquam  possessor  ecclesiœ  sus  ;  cui  etiam  donavi  hortam 
ad  prseparnndum  habitaculum  sororibus  prsedicts  ecclesise.  Concedimus  etiam  ut  si 
provision!  necessariae  pauperum  hospitalis  seu  sororum  in  loco  prsdicto  Deo  servien- 
tium  aliquid  abundaverit,  Uberam  potestatem  habeat  abbas  transferendi  ad  osum 
suorum  fratrum  ;  si  autem  aliquid  ipsis  defuerit  banc  vicissitudinem  rependat  ut  eis 
suppléât.  Hujus  autem  doni  ,  quod  ego  feci  ,  retinui  advocatiam  mihi  et  hsredibtts 
meis.  Gujus  traditionis  testa  sunt  archidiaconi  ecclesiœ  Leodiensis  sciiicet  Libertus, 
RegneruSy  Jokannes  de  Lovirvals  ;  Henricus  prsepositus  sanctse  Marise  de  Tngecto, 
Rimbaldus  prsepositus  sancti  Jonnnis  in  Insula  ;  et  de  liberis  hominibus  Theodorieus 
de  Argentealj  Gerardus  de  Baronvihte,  Vado ,  Sebertus  ,  milites  ;  de  familia  sancti 
Lambert!  Conrardus  custos.  Et  ut  nostra  donatio  firma  et  inconvulsa  permaneat. 


-  336  — 

faeians  banc  oostne  paetionis  ctrtam  fldeliter  mnniri  sigillo  domîni  AlberonU 
secondi  Leodiensis  episcopi.  Facte  est  antem  b»c  traditio  anno  ab  inearnatione 
Domioi  M.  C.  XL.  indictione  tertia,  régnante  Conrardo  rege  angnsto  romanoram, 
Alberone  aecondo  Leodiensi  episeopo.  Aclum  Leodii  féliciter.  Fol.  'ISi. 

Note.  Les  seigneurs  de  Reckheim  qui  s'étaient  emparé  de  la  dime  de  l'endroit , 
l'avaient  étendue,  comme  on  le  voit,  aux  agneaux,  aux  veaux,  aux  poulins,  au  miel. 
lis  y  avaient  aussi  un  grand  parc  rempli  de  gibier  et  de  bâtes  sauvages. 

Le  mansus  comprenait  une  douzaine  de  bonniers.  ArU  où  Tun  de  ces  mansut 
était  situé,  me  parait  être  un  hameau  de  la  paroisse  d'Oirschot  appelée  ici  diœcetit. 

Cette  charte  a  servi  de  modèle  k  la  pièce  apocryphe  faite  au  XVI*  siècle  par  un 
prétendant  au  comté  de  Home  pour  établir  sa  descendance  d'un  comte  de  Looz.  Nous 
avons  publié  cette  pièce  dans  le  Bulletin  de  la  Société  du  Limbourg  tom.  V.,  p.  159. 

4  mai  1143. 

Priviléget  du  Pape  Innocent  11. 

Innocentiua  episoopus  servus  servorum  Dei,  dilectis  filiis  Luc»  abbati  ecclesi» 
sanctorum  aposiolorum  in  monte  Cornelio  juxta  Leodiom  sits  ejusque  frairibus  tam 
prseaentibus  quam  futuris  regularem  vitam  professis  in  perpeluum.  Ad  hoc  nobis 
Ëcdesis  catholicœ  aura  a  summo  paatore  Deo  comaûssa  est  ut  Dei  servos  pronis 
affectibns  diligamua  et  eo  ampUus  studeamus  ipsorum  devotionem  modis  omnibus 
confover^,  qno  ferveatius  ipsi  disciplinis  ecclesiasticis  et  aanctoram  Patmm  regulis 
inhaerere  noscuntur;  tune  enim  Deo  gratus  apostolicus  impenditur  famalatus,  si 
aanctoram  locorum  aalubris  institutio,  rigor  et  ordo  nostris  patrociniis  in  religionis 
purilate  faerint  conservata.  Eapropter  dilecti  in  Domino  ftlii,  vestris  justis  postnla- 
tionibaa  clementer  annuimua  et  prœfatam  ecclesiam  in  quo  divino  mancipati  estia 
obsequio  sab  beati  Pétri  et  nostra  prolectione  suscipimus  et  priesenlis  scripti  privi- 
légie communimus,  stataentes  nt  quascumque  posseasiones,  quiecumque  bona  inprœ- 
sentiarum  juste  et  canonice  possidet  aat  in  futurum  concessions  pontificum,  largitione 
regum  vel  principam,  oblatione  ftdelinm  seu  aliis  justis  modis  Deo  propitio  poterit 
adipisci,  firma  vobia  veslrisque  successoribus  et  illibata  permaneant,  in  quibos  hsc 
propriis  duximus  exprimenda  vocabolis  :  in  Viler  qui  diciiur  epincopi  terram  Oudelini, 
Gitleberti  et  Hillini  cum  domibus,  cortiliis  et  pratis  ;  in  urbe  Leodio  XXV  solidos 
quos  de  suo  theloneo  singulis  aonia  Otbertus  episcopus  in  dedicalione  ecclesi»  vobis 
donavit,  domum  quam  dédit  Lambertus  de  Mosa  et  duas  roensas  forenses  et  bortum 
monti  ecclesiœ  vestrae  a^jacenlem  et  IV  solidos  Rodulphi  de  Vico  St>  Johann is  quos 
pro  anima  sua  ecclesiœ  vestrœ  donavit;  terram  quam  dédit  supradictus  Lambertus 
de  Mota  in  villa  quœ  dlcitur  Laniint  cum  domibus  et  cortiliis;  terram  quam  dédit 


—  336  — 

TObis  Fredericuê  villicos  de  Jupilia  et  uxor  ejos  MabUia  in  eadem  villa  LonftiM, 
terram  etiam  qaam  dédit  vobis  GUbertui  et  uxor  ejus  RieheldU  ia  villa  qnœ  dieiUir 
HoUonia  super  Jecoram  et  iD  altéra  villa  qas  dicitur  Hasiaplet^  cam  domlbns,  eor- 
tiliis,  pratis,  censu  denarioram  ;  prsterea  quidquid  habetis  in  villa  quœ  appellatnr 
Richen,  scilicet  in  ecclesia,  in  censn  denariorum,  in  terra  arabili,  in  silvia,  in  praUs, 
terris  cuUis  et  incultis  ;  quidqnid  etiam  habetis  in  villa  que  dicitur  Meicherul  et  in 
sarto  quod  appellatur  Tôlières  et  in  loco  qui  dicitur  Heys  sive  curtis  Aujridi  et  in 
villa  quœ  dicitur  Gonherys,  scilicet  in  ecclesia  beat!  Pétri  et  sancti  Georgii,  in 
décima,  in  censu  denarioram,  in  terra  arabili,  in  sylvis,  pratis,  pascuis,  terris  cultis 
et  incultis  ;  et  in  villa  quse  appellatar  Radekeym,  scilicet  domum  hospitalem  cnm 
suis  pertinentiis.  Sane  iaborum  vestrorum  qoos  propriis  manibus  aut  sumptibus  co- 
litis  sive  do  nulrimentis  vestrorum  animalium  nuUus  omnino  clericus  vel laicus  décimas 
a  vobis  exigere  présumât.  Ordinem  quoque  ac  propositum  vesirum  canonice  Vivendi 
secundum  beati  Auguslini  regulam  etinslitulionem  prsemonstratensis  ecclesifenolius 
audeat  immutare  vel  super  vos  ordinem  alterius  professionis  inducere.  Nnlli  eliam 
fralrum  vestrorum,  post  factam  ibidem  professionem  absque  abbatis  et  capituli  suî 
licentia  iiccal  ex  eodem  clanstro  discedere^discedentemautem  nuUus  audeat  retinere. 
Oleum  autem  inflrmorum,  consecrationes  altarium  vel  ecclesiarum  ac  ordinationes 
clericorum  a  dioecesano  episcopo  accipiatis,  si  gratiam  sedis  apostolics  habuerit  et 
ea  vobis  gratis  et  sine  exactione  aliqua  exhibere  voluerit,  alioquin  eadem  a  quolibet 
catholico  accipiatis  episcopo  qui  nostra  fultus  auctoritate  quod  postulatur  indnigeat. 
Porro  libertatem  ecclesiae  vestrse  ab  episcopis  O^f rro  eiAlberone  privilegio  determi- 
natam  atque  firmatam  assensu  Leodiensis  ecclesiœ  vobis  auctoritate  apostolica 
conlirmamus.  Decernimus  ergo  ut  nuUi  omnino  hominum  liceat  praefatam  ecciesiam 
temere  perturbare  aut  ejus  possessiones  auferre  vel  ablatas  retinere,  minuere  aut 
aliquibus  vexalionibus  fatigare,  sed  omnia  intégra  conserventur  eorum  pro  quorum 
gubernatione  et  sustentatione  concessa  sunt  usibus  omnimode  profutura ,  salva 
diœcesani  episcopi  canonica  justitia.  Si  qua  igitur in  futuram  ecclesiastica  sœcularisve 
persona  banc  nostrœ  constilutionis  paginam  sciens  contra  eam  temere  venire  tem- 
ptaverit,  secundo  terliove  commonita,  si  non  satisfoctione  condigna  emendaverit, 
poteslatis  bonorisque  sui  dignitate  careat,  reamque  se  divine  judicio  existere  de 
perpétra  ta  iniquitate  cogooscat  et  a  sacralissimo  corpore  et  sanguine  Dei  ac  Domini 
Redemptoris  nostri  Jesu-Christi  aliéna  flat,  atque  in  extremo  examine  districts 
ullioni  sufaijaceat.  Cunctis  autem  eidem  loco  justa  servantibus  sit  pax  liomioi  Nostri 
iesu-Christi  quatenus  et  hic  frnctum  bonœ  actionis  percipiant  et  apud  districtum 
judicem  prsemia  seternœ  pacis  inveniant.  <\men,  amen,  amen.  Fol.  39. 

1146. 

Alberon  évèque  de  Verdun  autorise  k  perpétuité  les  prémontrés  de  Gormllon  de 


-  337  — 

prendre  chaque  joar  du  bois  de  la  charge  de  deox  Anes  et  cinq  fois  par  année  deux 
on  trois  charretées,  et,  en  outre,  tout  le  bois  nécessaire  pour  les  constructions  de 
leur  couvent,  dans  sa  forêt  de  Bruest  ou  dans  toute  antre  ressortissant  k  la  cour  de 
Jnpille.  roL  48. 


1146. 


Henri  évèque  de  Liège  déclare  que  Galterus,  chevalier,  homme  libre  de  Bauiniê 
s*est  donné  et  son  alleu  de  Boffoit  avec  les  serfs  et  serves  attachés  à  l'alleu,  à  l'église 
de  Gorniilon.  Témoins  de  cette  donation  :  de  Téglise  de  S.  Lambert  Alexandre 
prévôt  et  archidiacre,  Dodon  archidiacre,  Reinier  archidiacre,  Philippe  archidiacre, 
Amairicus  archidiacre,  Tkeodorieus  prév6t  de  Huy,  Ulric  abbé  de  Ste-Marie,  Ato 
doyen  de  S.  Paul  ;  des  hommes  libres  Gerardtu  de  Bacaweez  qui  supradictum  dnnum 
recepit  de  manu  mea,  Amulphus  de  Artcothy  Guilkelmus  de  Cuigni,  Amulphue  de 
Estreies^  Guilhelmus  de  Pontilhat,  Memerus  de  Sania,  Godefridus  de  Resmale,  Ge- 
rardui  de  Flemaley  Anselmu*  de  Fallemaigne,  Ebrœnuë  de  Sceaborch;  de  familia 
aatem  S.  Lamberti  Guedericue  de  Prato  et  filius  ejus  Lambertue,  Lamberîu»  et  Ar- 
nulphus  de  Hoyo,  Pneterea  Robertm  de  Fretin  dédit  eeliam  de  Radekeyn  qu»  per- 
tinel  ad  supradictam  ecclesiam  per  manum  Ludovici  comitis  de  Lm  mansum  unum 
allodii,  videlicet  XII  bouaria  et  curtem  unam  inter  Halincourt  ei  Haêbinet  et  IV  de 
bmilia  saa  II  serves  et  totidem  ancillas  pro  anima  sua  et  pro  animabus  pnedeces- 
sorum  saorum  et  pro  uxore  sua  vocata  Iturabilit  qu»  se  spontanea  voluntate  et 
eonsenstt  mariti,  assumpto  habitu  religionis,  ad  ordinem  Sancti  Augustin!  in  eaden 
cella  reddIidiL  Fol.  ISd. 

Note,  Cette  charte  fut  donnée  probablemeut  dans  un  synode  général  auquel  assis- 
tèrent les  nobles  du  pays. 

La  eella  de  Radekeim  n'est  autre  que  le  couvent  des  religieuses  NorbeKines.  Les 
serfs  et  les  serves  attachées  à  une  terre  étaient  appelés  aussi  de  familia  du  pro- 
priétaire comme  on  le  voit  par  cette  charte. 

H48-H83. 


Le  pape  Eugène  III  confirme  tous  les  privilèges  et  toutes  les  possessions  des  Pré- 
montrés de  Comillon  ;  il  y  énumère  toutes  celles  qui  se  trouvent  dans  le  bref  d'Inno- 
cent II  et  encore  quelques  autres,  savoir  :  in  eodem  foro  (Leodiensi)  seplem  meosas 
tam  panes  quam  subtelares  vendentium,  les  donations  d'Albéron,  évèque  de  Verdun, 
et  de  Walteri  militis  de  Battines.  Fol.  40  v«. 


-  338  — 


im. 


Albérony  évoque  de  Verdun,  donne  Ciglise  de  Notre-Dame  â  Jupille  aux  Prémontrit 

de  Comillon, 

la  nomine  sancUe  et  individus  Trinitatis.  Ego  Àlbero  Dei  gratia  Virdoneosis 

episoopus  tam  futuris  quam  prssentibus  in  perpeluum.  Notitis  simul  et  mcmoric 

tam  prœseolittin  quam  fulurorum  commendatum  esse  voiumus  quod  oratorium  saocte 

Mariae  quod  est  in  curia  nostra  Jupiliœ  eo  tcnorc  donavimus  abbati  de  Corne  iio  monte 

ut  videlicet,  ipse  eidem  oratorio  per  Tratres  suos  divinum  exbibeatservitittm,scilicet, 

in  quadragesima,  in  Adventu  Domini.  in  dominicis  diebus,  feriis  sextis  et  sabbalo 

et  in  festis  quœ  in  episcopio  a  populo  celebrantur  et  quoliescumque  ibi  présentes 

Tuerimus.  Et  quia  secundum  Ëvangelium  Ghrisli  dignus  estoperarius  mercedesua, 

nos  lalem  eidem  abbati  et  fratibus  ejus  pro  exhibilione  supradicti  divini  servilii 

reddimus  retributionem  ut  singulis  annis  XX  solidos  in  expensas  fralrum  suorom 

habeat  et  sex  ascialas  Ugnorum  in  syiva  quœ  appellalur  Bruest  aut  in  alla  syiva  ad 

curiam  Jupiliœ  pertinente,  quotidie  si  opus  fuerit,  accipiat.  Ut  autem  lucidius 

appareat  unde  hi  XX  solidi  venerint  hoc  praesenti  scripto  breviter  explicamus  : 

praedeoessor  noster  borne  memoriae  Theodoricus  episcopus  praedictum  oratorium 

construxit  et  doli  alla  ris  XII  solidos  de  censu  suos  assignavit.  Nos  etiam  II  solidos 

quos  praedictus  abbas  pro  medietate  cujusdam  molendini  in  curia  Jupiliae  légitime 

acquisiti  nobisdebebat  superaddidimus,  VI  denique  reiiquos  solidos  Fredericus  villi- 

eus  noster  de  Jupilia  sœpediclo  abbati  et  fratibus  ejus  dédit  quatenus  beatam  I>ei 

genitricem  cui  in  sœpedicto  oratorio  fratres  serviuot  in  die  judicii  nobiscum  propicen 

exoratricem  inveniat  ;  hi  vero  sex  solidi    sunt  de  censu  quse   ecclesiœ  saocls 

Mariae  Magdalenas  Virdunensis  in  curia  nostra  Jupilias  habnit  et  commun!  eapituli 

consensu  Frederico  vendidil.  Gujus  emptionis  (estes  existant  quorum  nomina  subs 

cripta  sunt:  ego  Albero  Dei  gratia  Virdunensis  episcopus  qui  eumdem  censom  eidem 

Frederico  auctoritate  sigilli  meiconllrmarvi,  Andréas  majoris ecclesise  archidiaconoâ 

et  supradictae  ecclesiae  praepositus,  Hescelo  decanus,  Herbert u$  canlor,  Vsembardus 

scolasticus,  cseterique  Tralres  sanctae  Mariae  Magdalenœ  Virdunensis  ecclesise.  De 

majori  vero  ecciesia  Albert  us  primicerius,  Ricardus  arcbidiaconus,  Johannes  arcbi 

diaconus,  i/u^o  ihesaurarius.  Utaiitem  ab  abbate  et  fratribus  ejus  hoc  beoefi  ;ium 

solide  et  quieto  perpetuo  possideatur ,  lestes  idoneos  subscribentes  imaginis  nos- 

trœ  sigillum  scripto  huic  apponimus  et  eos  qui  fratres  super  possessions  hac  inqoie- 

taverinl,  donec  resipiscant  et  salisfaciant,  analhematis  vinculo  innodamus.  Testes 

Bartholomeus  alîbas  St'  Pauli,  Cono  abbas  S.  Vitlouis,  Theobaldus  abbas  S.  Agerici, 

Albertus  primicerius ,    Wilhelmus   decanus  ,  Johannes  archidiaconus ,  Emetinut 

magister  scolarum,  Rohardus  sacerdos  et  porlarius,  Warinus  capellanus,  Johannes 


—  339  — 

celiererius,  Stephanut,  Petrus,  Cono  subdiaconi.  Actum  est  hoc  anno  dominic»  in- 
carnationis  M.  G.  LU  indictione  XY  concurrente  II ,  epacta  XII.  Ego  Herberias 
cancellarias  recognovi.  Fol.  49. 

H59  (?). 

WedericMS  de  Prato^  avoué  de  Uége  et  $et  niéees  Oda  et  Beatrix  donnent  t église 
de  S.  Nicolas  y  Outre-Meuse,  aux  Prémontrés  de  ComiUon. 

in  nomine  sancUe  et  individaœ  Trinitatis.  Quam,  quœ  naturaliter  caduca  sant, 
si  litteris  fuerint  commendata,  quodammodo  reddunlur  perpétua  ;  Ego  Rodulphus^ 
Dei  gratîa  Leodiensis  episcopus  qualiter  ecclesia  beati  Nicolai  transmosana  data 
ItaerH  fratibus  ecclesie  beatorum  apostolorum  Corne Iti  Montis  teropore  bons 
menioris  Henrici  prsedccessoris  mei  (1145-1164)  boc  scripto  notum  facio  prssen- 
tibus  et  futoris  fidelibus  :  Wedericus  de  Prato  Leodiensis  advocatus  moriturus  con- 
sensu  uxoris  suae  Hawidis  et  liberorum  suorum  et  propinquoram  très  partes  prse- 
dictae  ecclesise  quae  sui  juris  erant  apostolis  libère  tradidit,  Oda  vero  neplis  pr^e- 
dicti  Wedereci  dimidietatem  quam  babebat  in  quarta  parte  supradictœ  ecclesise  pro 
peccatis  sais  nuUo  contradicente  beatis  apostolis  postea  donavit.  Beairix  autom 
soror  ejusdem  Odse  et  Hel'mus  filius  ejus  portionem  quam  habebanl  in  prœdicta 
quarta  parte  marcha  vendiderunt  Tralribus  ecclesise  apostolorum  in  ecclesise  S.  Lam- 
berli  anle  altare  S.  Martini,  Brunone  archidiacono,  Huberto  decano,  Helino  celle- 
rario  de  sancto  Jobanne,  Uenrico  decano  de  sanclo  Paulo,  Theodorico  advocato  et 
Wederico  fratre  ejus  prsesentibus,  bac  conditione  quod  in  vita  sua  mater  et  filius 
solummodo  de  reddetibus  praedictœ  ecclesise  haberent  VI  solidos  et  libram  cerae 
singulis  annis  in  vita  sua.  Hoc  quicumque  infringere  volueril,  anatbema  sit. 

Fol.  96. 

Note.  Ce  Wedericus  on  Wigerus  de  Prato,  avoué  de  Liège,  figure  déjà  avec  ce 
titre  dans  la  charte  de  11i4  et  c'est  sans  doute,  à  raison  de  cette  fonction,  qa*il 
figvre  parmi  les  hommes  defamilia  sancti  Lamberti  dans  la  charte  de  1146. 


H63. 


Alberoo  évèqne  do  Verdun  déclare  que  Fredericus  de  familia  Juppiliœ,  mintsteria- 
lis  ejus,  a  donné  aux  Prémontrés  deux  mansus,  un  situé  k  Lantin,  l'autre  à  Aas  avec 
la  charge  de  dire  chaque  jour  la  messe  dans  la  chapelle  de  l'évèque  de  Verdun  à 
Japille.  Fol.  60. 


340  - 


1158. 


Henri  II  évftqne  de  Liège  confirme  à  l'abbaye  des  Prémontrée  dnoe  mansos  terre 
qaos  ei  dederunt  Frederiew  villicus  deJuppUia  et  oxor  ejue  MabiUa;  horamigitnr 
maueornm  unus  est  in  villa  qaœ  appelatnr  LaRrfii«,alter  in  villa  qnœ  appeUatar  Àat; 
SOQS  la  condition  de  célébrer  cbaqae  jour  la  messe  dans  la  chapelle  de  l'évâqne  de 
Verdnn  k  Jupille.  Testes  sunt  Àlexander  prspositus  Àibertui  archidiaconos,  Re^fue- 
rus  archidiaconus»  Ahnaricus  archidiaconns»  Baiduinui  archidiaconos»  Philippus 
archidiaconus,  Bruno  archidiaconus,  Hubertus  decanns;  capellani  episcopi  Henri- 
cus  et  Godefriduê.  Facta  est  hsec  confirmatio  anno  ab  Incarnatione  Domini  M.  C.  LV 
indiclione  tertia,  concurrente  IllI  epacta  XVa,  régnante  Prederico  romanomm  rege, 
anno  regni  ejus  tertio,  prœsulatus  vem  nostri  Xo.  Fol.  49  v«. 

Note.  Ce  Frédéric  n'était  point  on  serf  de  l'église  de  Verdun;  il  était  le  mayeur  de 
la  Cour  de  Jupille  dont  l'évâque  de  Verdun  était  le  seigneur  ;  c'est  à  ce  titre  de 
mayeur  on  de  fonctionnaire  que  Frédéric  est  dit  minUterialù  episcopi, 

1188. 

Àmoul  de  Heuenie  restitue  la  dime  de  Boosrheim  à  tabbaye  des  Prinumtrés, 

In  nomine  sanct»  et  Individus  Trinitatis.  Sapienti  consilio,  de  discreta  providen- 
tia  pnedecessores  nostri,  ea  quœ  gessemnt  nobis  scripta  reliquerunt,  quia  quidqûd 
ab  eis  prudentflr  actum  esse  cognoscitur,  facillime  a  nostra  memoria  laberetur  nisi 
sacras  scripturae  testimoniis  de  privilegiis  sanctonim  episcoporum  auctoritste 
conflrmatum  commendatum  retineretur.  Propterea  ego  Uenricux  Dei  gratia  sancts 
Leodiensis  ecclesi»  episcopus,  notum  facio  omnibus  tam  futuris  quam  prmsentibas 
quod  Rogerus  de  Hassenic  vir  magns  nobilitatis  quondam  dederat  pro  anima  soa 
etanimabtts  antecessoram  suorum  ecclesiœ  sanctorum  apostolorum  mentis  Comelii 
decimam  de  Borsis^  sed  Gislebertus  flrater  ejus  et  nepos  ejus  Amulphus,  sinisths 
consiliis  intorcurrentibus,  alienaverunt  eam  ad  tempus  a  supradicta  ecclesia.  Nnnc 
autem  Amulphus  recogooscens  te  in  hoc  facto  realiter  deliquisse  pmnitentia  ductos 
reddidit  atque  donavit  per  manum  meam  eamdem  decimam  supradict»  ecclesie  coi 
antiquittts  donata  fuerat  ab  avunculo  suo  Rogero,  Postes  vero,  sicut  consuetudo  est 
coram  omnibus  qui  adorant,  werpivit  atque  effestucavit  eamdem  decimam;  hiyiis 
igitur  decims  donationem  ego  accepi  de  manu  Amulpkiy  et  quia  comes  Godejndui 
de  Duras  prmsens  aderat»  rogavi  eum  ut  ejusdem  decimm  donationem  de  manu 
Amulpki  mecum  susciperet  quatenus  eamdem  donationem  ecclesia  sanctorum  apos- 
tolorum firmiusin  perpetuum  possîderet.  Postes  qussivi  ab  archidiaoonts,  ab  abbatibw 


—  341  — 

etlîberis  hominibas  et  his  qui  de  Emilie  eniot  atrum  deberem  bannum  meum  mittere 
saper  islam  decimam  quœ  tam  légitima  affectatione  afTectata  erat  sapradictœ  eccle- 
si»,  qnibos  omnibus  hoc  judicantibus^  ex  auctoritate  Dei  et  Sanctœ  Mariœ  et  omnium 
sanctonim  et  domini  Papœ  et  archiepiscopi  Coloniensis  et  mea  in  banno  posui  omnes 
illos  malefactores  qui  a  die  illo  et  deinceps  auderent  prsdiclam  decimam  aut  vio- 
lenter invadere  aut  «upradict»  ecclesiœ  machinationibus  malis  enferre.  Hujus  actio- 
nis  testes  existunt  qui  présentes  fuerunt  quorum  nomina  sunt  hœc  :  Elbertm  archi- 
diaconus,  Beynerus  archidiaconus,  Almaricm  archidiaconus,  Philippus  archidiaco- 
nus,  Hugberius  decanus  de  S.  Lamberto,  Drogo  abbas  de  Sancto  Jacobo,  Gerlandua 
ahbas  de  Floreffia,  Philippus  abbas  de  Parco,  Gerardu»  abbas  de  Helechines,  Lucan 
abbas  de  Cornelie  Monte,  Henricus  comes  de  Gelre,  Godcfridus  cornes  de  Duras  ; 
liberi  homines  Gerardut  de  Baronufeiea,  Philippus  de  Thinleu,  Conon  de  Repes^ 
Henrieus  de  Mânes;  de  familia  Wedericus  de  Prato^  Lambertus  et  Arnulphus  de 
Hoyo,  et  alii  fere  omnes  qui  eadem  convenerant  ad  placitum  christianitatis  in  eccle- 
sia  Sanctie  Maris.  Nunc  igitur  secundum  auctoritatem  oflBcii  mei  praedictam  deci- 
mam pnefat»  ecclesi»  conflrmo  et  sigilli  mei  appositions  consigne,  ne  quis  in 
posterum  ausu  temerario  audeat  scepedictam  decimam  a  prsefat»  ecclesia  separere, 
abstrahere  aut  divellere.  Higus  coniirmationis  testes  snnt  Reinerus  archidiaconus, 
Àlmaricus  archidiaconus,  Balduinus  archidiaconus,  Hugbertus  decanus;  liberi 
homines  Eustacius  advocatus  de  Hasbania,  Oliverus  de  Tis  ;  de  familia  Lambertus 
et  Omulphus  de  Hoyo.  Facta  igitur  est  h»c  legiiima  confirmatio  anno  ab  incarna- 
tione  Domini  M.  C.  LV  indictione  quarts,  concurrente  quinta  epacta  ;  XXVI  régnante 
fomanorum  imperatore  Frederico,  anno  imperii  ejus  primo,  pnesuiatus  vero  nostri 
anno  XI.  Fol.  i!25. 

Note,  La  réunion  générale  des  nobles  du  diocèse  sous  la  présidence  de  l'évoque 
est  appelée  ici  placitum  chrisHanitatis.  Arnulphus  de  Hessenic  y  fut  contraint  de 
restituer  à  l'abbaye  des  Prémontrés  la  dime  de  Boorsheim  dont  il  s'était  iojustement 
emparé.  Le  batinus  epiwupults  n'est  autre  chose  que  la  sentence  d'excommunica- 
iîon  lancée  contre  ceux  qui  usurperaient  la  dtme. 


1158. 


Charte  du  chapitre  de  Notre-Dame  à  Aix...  Franco  miles  de  Evregneis  fliins  quon- 
dam  Evemini  mililis  de  Fierons  relicta  sseculari  miiitia  venit  ad  conversionem  ad 
ecclesiam  sanctorum  apostolorum  Montis  Cornelii,  sed  antequam  conversus  fleret, 
quidquid  ei  in  ssculo  ex  paterna  successione  proveniebat  totum  prsesenlibus  el  col- 
laudantibus  fratribus  et  parentibns  suis  prsefatsB  ecclesi»  condonavit ,  deinde,  sicut 
nos  est  militibus,  deposito  gladio  seipsum  ad  altare  reddidit.  Parmi  ces  terres, 


-^  342  - 

il  y  avait  18  booniers  sitaés  entre  Retinnu  et  Evregneu  qui  était  un  fief  do  chapitre 
d'Aix  et  sur  lesquels  il  percevait  la  dixième  et  la  cinquième  gerbe.  L'abbé  Imcm 
et  le  convers  Franco  se  rendirent  à  Aix  et  y  reçurent  Tinvestiture  de  la  terre  da 
doyen  Richer.  Le  chapitre  d'Aix  avait  aussi  la  dime  des  animaux  de  la  ferme  à  Cor- 
nillon  et  celle  du  vignoble  de  Wez  au  pied  de  la  montagne  ;  il  en  exempte  Tabbaye 
pour  une  rente  annuelle  de  trois  pièces  d'or  (nummi  aurei).  Fol.  ilS. 


1160. 


Charte  des  Prémontrés  de  Gornillon.  Cea  veuve  de  Roland  donna  à  l'abbaye  sep- 
tem  bonaria  terrs  cum  duabus  curtibus  sibi  invicem  contiguis  in  villa  quse  didtor 
Mirmort ,  sous  la  charge  de  deux  anniversaires.  Témoins  Lucas  abbas  ejoadea 
ecclesi»,  Lambertus  prier,  Johannes  supprior,  Wiicelinut  sacerdos,  Godeseakut 
sacerrios,  Adelardua  sacerdos,  Ulricui  sacerdos,  Philippu»  sacerdos,  Grtgorint 
sacerdos,  Servatius  sacerdos,  Albertua  sacerdos,  Lieboldus  diaconus,  Gerardut 
dyaconus,  Franco  dyaconus,  Reynaldus  dyaconus,  Wedericus  subdyaconus,  Ebroywu 
subdiaconus,  Johantiet  subdyaconus,  WUheimui  subdyaeonna,  Elbertus  aocolytns. 

Fol.  55. 

Charte  de  Tabbé  Lucas.  Pierre  de  Jupille  fils  de  Godefroid  de  Beneis  a  donné  avec 
le  consentement  de  son  épouse  Yda,  YI  bonniers  allodianx  et  un  demi  bonnier  de 
terre  censale  à  l'abbaye.  Témoins  :  de  militibus  Ludovicus  frater  ipsius  Pétri  et 
Reumerus  et  Godefridus  et  Fredericus  de  Atrio,,,  mater  etiam  ipsius  Pétri  OdHia 
et  filia  sua  Gila.  Fol.  56. 


1170  (?). 

Arnulphus  évèque-  élu  de  Verdun  et  successeur  d'Alberon  son  parent,  se  trouvant 
à  Jupille,  le  ii  avril  1170?  confirme  les  donations  faites  par  son  prédécesseur 
aux  Prémontrés  de  Cornillon.  Actum  Juppiliœ  ,  Tyburtii  martyris ,  régnante 
Frederico  romanorum  imperatore  et  existente  Rodulpho  in  Leodiemi  urbe  episcopo 
et  Henrico  majoris  ecclesi»  prœposito  atque  archidiacono  et  Baldueno  archidia- 
cono  et  magistro.  Testes  Hugo  cancellarius  ecclesise  S.  Marie  in  Yirdunensi  urbe, 
Ponzardus  subdiaconus  ejusdem  ecclesiae,  Ouo  marescalus,  Wilhelmua  camerarius, 
Segardut  de  Fraxino  miles  et  liber  homo  ;  Theodoricua  advocatus  et  Wedericnt 
frater  ejus,  Gerardus  scabinus,  Boso,  Wascelinut,  Albricus  decanus,  Lamberttu  de 
Fleron,  Fol.  48  v». 


343 


H75. 

Les  serfg,  lei  serves,  les  donnés  que  Féglise  de  Verdun  possède  à  JupiUe,  ne 
pourront  contracter  mariage  qu'entre  eux. 

In  Domine  sanclae  et  individuse  Trini^tis^  Ego  Amulphus  Dei  gratia  sanctae  Yir- 
dunensis  ecclesi»  electus,  homioum  aostrorum  de  Jupilia  rationabili  petitioni  ac- 
quiescens,  coDcessi  at  bona  eorum  que  de  ratioDe  nos  contingebant  pro  disparitate 
conjugii»  eis  remittererous,  ea  videlicet  conditione  ut  quicumque  eorum  fllios 
genuerint  de  quatuor  duos  vel  de  tribus  aut  daobus  unum,  ad  restaurationem  patris, 
in  matrimonio  copularent  roulieribus  de  familia  sanctse  Marise  Virdunensis.  Hoc 
eliam  adjicientes,  eorumdem  hominum  laude  et  assensu,  ut  neminl  eorum  liceat 
ducere  uxorem  nisi  de  familia  sanctae  Marise  Virdunensis  et  hoc  cum  laude  et  assensu 
episcopi.  Si  qui  hujus  statuti  transgressores  exstilerint,  concessione  universorum, 
persoDse  cum  rébus  et  posscssionibus  in  manu  episcopi  sine  judicio  erunt.  Hujus 
rei  testes  exislunl  qui  praesentes  afTuerunt  :  Hugo  cancellarius,  Cono  decanus  et 
magisler  lieyneru^  de  Quarnay,  Lucas  abbas  montis  Gornelii,  Albertus  sacerdos, 
Amulphus  sacerdos,  Wedericus  Ponzardus  liber  homo,  Herebrardus  miles,  Gisle- 
bertus  de  Chayneis,  Ebroinus  de  Fleron  et  frater  ejus  Fredericus  Ludovicus  ;  sca- 
bini  GerarduSf  Wascelinus,  Johannes^  BosOy  Godelirs,  Albricus,  HenricuSy  Lam- 
bertus.  Actum  Jupiliœ  anno  ab  incarnatione  Domini  M.  G.  LXXV»,  indiclione  VIII, 
régnante  Frederico  romanorum  imperalore  et  existente  Rodulpho  in  Leodiensi  urbe 
episcopo.  Fol.  54  v». 

Note,  L'ëglise  de  Verdun  possédait  ii  Jupille  des  serfs  et  des  serves.  Il  y  avait , 
en  outre,  des  personnes  de  condition  libre  qui  s'étaient  données  avec  leurs  descen- 
dants à  l'église  de  Verdun  pour  jouir  de  sa  protection,  moyennant  un  cens  annuel. 
Ces  serfs  et  ces  censitaires  étaient  de  familia  ecclesiœ;  ils  ne  pouvaient  contracter 
mariage  qu'entre  eux.  Nous  croyons  qu'il  ne  s'agit  que  de  ces  deux  classes  de  per- 
sonnes dans  cette  charte. 


1176. 


L'évéque  Raoul  confirme  les  possessions  des  Prémontrés  de  CorniUon, 

. . .  Ego  Rodulphus  Dei  misericordia  sanctœ  Leodiensis  ecclesia  episcopus  notom 
volo  fieri...  quod  ecclesia  sanctorum  aposlolorum  montis  Corneiii...  quasdam  pos- 
session^s  allodiprum  à  diversis  possessoribus  acquisierit  et  ad  uberiorem  cautelam 


-  344  — 

nomma  possessorom  et  nomemni  bonariorum  prsesenti  pagin»  inscribi  fecerit  :  ab 
Olivero  de  Hermees  libero  homine  et  ejjus  uxore  Mathilde  XIII  bonaria  allodii  jaxta 
Grihardi  montem  jacentia  ;  ab  Ebroino  fratre  Theobaidi  de  Singeis  Vil  bonaria 
allodii  et  dimidium  ;  ab  eodem  Theobaldo  de  Singeis  homine  libero  et  ejus  fratribns 
Holya,  Elberto  et  fVilberto  XXVII  bonaria  allodii  et  dimidium  tam  in  terris  coUis 
qoam  incultis,  pratis,  sylvis  et  curtibus  apud  ff^rme/^  jacentia  :  ab  Andréa  milite  de 
Hermeet  IX  bonaria  allodii  et  dimidium  ;  a  Francone  advocato  de  Harsial  V  jugera 
allodii,  et  a  Daniele  de  Herèa  l  bonarium  allodii  prsedicta  ecclesia  acquisivit  légi- 
time. Et  Peirus  miles  dp  JupiUa,„\l  bonaria  allodii  apud  ^arxto/ jacentia  et  III 
solides  census...  pnedicts  ecciesise  in  liberam  iraditionem  afTectavit.  Omnes  etiam 
praedicti  quidquid  jnris  in  prœdictis  posscssionibus  habebant  ordine  débite  et  jure 
consuetudinario  effestucaverunt  et  ea  libertale  qua  ipsi  eas  possederant,  heredîbos 
eorum  astantibus  et  consentientibus  et  favorabiliter  cooperantibus,  per  manus 
Winandi  de  Ochsen  liberi  hominis  bas  traditiones  recipientîs  ad  altare  apostoloram 
in  legitimam  possessionem  affectaverunt....  Testes  hi  sunt  :  Henricus  S.  Lamberti 
ecciesise  prspositns  et  archidiaconus,  Almaricus  archidiaconus  et  abbas,  Batduimut 
archidiaconus,  Bruno  archidiaconus,  Hodulphus  archidiaconus,  Theodoricus  archi- 
diaconus, Oito  archidiaconus,  Sinlo  ejusdem  ecclesiae  decanus,  Walurus  diaconns, 
liobertus  cantor  et  cameriarus,  Sephridus,  Petru»  de  Mommalia^  Johannes  de  Co- 
ionia,  Henricus  de  Donglebert,  WalteruSy  Alardus  cellerarius.  De  personis  civi- 
tatis  testes  sunt  :  Hugo  abbas  ecclesiae  S.  Jacobi,  Everlinus  abbas  ecclesis  S. 
Laurentii,  Bartholomeus  abbas  ecciesise  S.  £gidii«  franco  decanus  ecciesise  S.  Pé- 
tri, Arnulphus  decanus  ecclesiae  S.  Martini,  Henricus  decanus  ecclesiae  S.  Pauli, 
Gislebertus  decanus  ecclesiae  S.  Cnicis,  Benedictus  decanus  ecclesis  S.  Johannis, 
Otto  decanus  ecciesise  S.  Dionysii,  Fredericus  decanus  ecciesise  S.  Bartholomei.  De 
ecclesia  S.  Apostoloruro  Montis  Cornelii  testt-s  sunt  :  Lucas  ejlisdem  ecclesi»  abbas, 
Lambertus  prier,  Johannes,  Godefridus,  Godescalcus,  Gislebertus,  Philippus  et 
Arnulphus,  Testes  sunt  liberi  homines  :  Winandus  de  Waldenmonte^  Gerardus  de 
Upeie,  Gossuinus  nepos  ejus,  (Miverus,  Fastrardus  frater  ejus  et  Angerus,  De  fami- 
lia  ecciesise  sancti  Lamberti  sunt  testes  :  Theodoricus  de  Prato,  Wedericus  dapifer 
frater  ejus,  WUhelmus,  Lebuinus  frater  ejus,  Godinus  de  Hosemont  et  Boddo  fira- 
terejus,  ^ndreas  de  Hermees^  f'onrardus  de  Lonc'en;  Reinerus  villicus  Leodien- 
sis,  scabini  Hellinus,  Notgerus,  Lambertus  et  alii  quamplures.  Facta  sunt  haec  anno 
dominicse  Incarnalionis  M.  C»  LXXVI,  indictione  IX,  imperanle  Frederico  semper 
auguste,  anno  autem  episcopatus  nostri  VIII».  Fol.  54. 

yote,  —  Cette  charte  parait  avoir  été  donnée  dans  une  réunion  générale  des 
nobles  tenue  k  Liège  sous  la  présidence  de  l'évèque.  Les  hommes  àtfamilia  ecclesiœ 
S,  Lamberti  qui  y  furent  présents,  étaient  de  grands  vassaux  ou  des  fonctionnaires 
de  l'église  de  S.  Lambert. 


-  348  — 


1178. 


Donation  tTun  alleu  de  dou%e  bonniers  faite  aux  Prémontrés  de  ComiUon, 

....  Ego  Emtm<f M  oobilis....  mansom  allodii  in  villa  Haburg  juxta  Udenchouen 
et  bonariam  in  Tr^jecto  dedi  ecclesiœ  beat!  Servatii  ad  usum  fratrum  solvenlia  V  so- 
lidos  et  V  denarios  pro  salute  animae  meae  in  anniversario  meo  ita  ut  nulli  exaction! 
nollt  juri  advocati»  sobjaceant ,  solnmmodo  ad  conventum  pnefat«  ecclesiœ  res- 
pectam  habentia.  Statni  postea  ut  post  abitum  nieum  sive  successoris  mei  V  solidos 
et  qnioqac  denarios  et  ama  vini  et  sextarium  decano  pro  investitura  persolvantur. 
Nullus  bsredttin  meorum,  si  super  bac  hsereditate  pulsatus  faerit,  alias  quam  in  ca- 
pitulo  rcspondebit.  Pro  boc  itaque  beneficio  ecclesia  mibi  et  posteris  meis  concessit 
ot  sapranominattc  hsereditatis  coUor  in  usuariis  mortui  ligni  et  cœteris  utilitatibus 
eommunîonem  haberet  in  curia  villœ  Mekheren  cum  aliis  mansionariis.  Ego  vero 
Sifridua  Dei  gratia  prsefat»  ecclesise  deeanus  notum  facio  omnibus  tam  posteris 
quam  pressent ibus  quod  post  decessum  prœdicti  Emundi  bon»  mémorise  baeredes 
ejus  se  capilttlo  nostro  représentantes  prsefatum  allodium  resignaverunt  et  Lucas 
venerabili  abbati  Cornelii  montis  illud  ad  usum  cœnobii  et  fratrum  snorum  contule- 
mnt,  ita  pneserlim  ut  abbas  praedictus  nobis  singuUs  annis  debitum  censum  per- 
solvat;  post  ipsum  autem  successor  ejus  a  decano  investituram  in  capitule  recipiens 
V  solidos  et  V  denarios  et  aroam  vini  fratribus  et  sextarium  decano  persolvat,  Hujus 
verilatis  testes  sunt  hi  :  de  fratribus  5f/rt(f  m  deeanus,  Thomas,  Gerlacus,Gettehardu8 
cantor,  Henricus  de  Binga,  Uenricus  Hensewike^  Retherus,  Godefridus,  Alewinus, 
Lamberiuê,  Henricus^  cellarius,  Henricun^  Adam,  Alexander;  et  isti  de  laicis, 
Bertholdus  Suable  cum  omnibus  scabinis  et  alii  quampinres.  Acta  sunt  bœc  anno  ab 
locamaione  Domini  M.  G.  L\XVIIi<>  indictione  111,  régnante  Frederico  romanorum 
imperatore,  Rodulpko  Leodiensi  episcopo,  Garundonio  Mantuano  episcopo  eccle- 
sise beat!  Servatii  existente  pneposito.  Fol.  436. 

Sote,  Ce  noble  Emandus  ne  donna  ni  la  propriété  ni  Tusufruit  de  son  alleu,  à  l'é- 
glise de  S.  Servais  ;  il  le  chargea  seulement  d'une  rente  en  sa  faveur,  —  et  à  raison 
de  celte  rente,  Talleu  était  exempt  de  tout  droit  d'avoué,  par  suite  des  privilèges 
de  celte  église  et  ressortissait  à  sa  cour  de 'justice.  —  La  euria  villas  de  Melcheren 
n'est  autre  que  la  ferme  du  chapitre  avec  tous  ses  biens  ;  les  mansionarii  étaient  les 
habitants  qui  cultivaient  ces  biens  ;  un  mansus  était  une  terre  d'une  douzaine  de 
bonniers  et  un  mansionarius  le  fermier  qui  exploitait  une  telle  terre. 


-  346  — 
1187. 

Albert  grand-prévôt  et  archidiacre  du  Hainaut  unit  deux  béuifiees  timpUe  de  Lo- 

verval  au  couvent  de  Comillon, 

In  nomiDe  sanctœ  et  individu»  Trinitatis.  Ego  Albertus  Dei  gratia  Leodiensis 
ecclesi»  msgor  prspositos  et  archidiaconus  tam  prsesentibus  quam  futuris  in  perpe- 
tuam.  Jastis  petenlium  desideriis  facilem  decet  nos  prœbere  assensum  et  vota  qa« 
a  rationis  tramite  non  discordant  effectu  prosequente  complere.  Quaproptcr  ad  cha- 
rilatem  et  hamilitatcm  ecclesis  quœ  in  honorera  apostolorum  in  Gornelio  Monte  sita 
est  respicientes  et  piam  inibi  famulantium  Deo  devolionem  attendentes  eorumdem 
religiosorum  desiderio  nequaquam  obniti  oporlere  judicavimus,  videlicet^  necessi- 
tati  ipsorum  quibus  digne  subveniendum  eral  obtempérantes,  ad  petitionem  saam, 
praefatam  ecclesiam  in  Gornelio  Monte  sitam  duobas  altaribus  de  Lovervals,  que 
sunt  in  nostro  archidiaconalu,  quod  quidem  nostrse  poteslatis  erat,  perpetuo  imper- 
sonamus.  Quod  ut  ratum  et  inconvulsum  omnibus  evis  pennaneat,  sigilli  nostri 
impressione  et  testium  annotatione  eamdem  prœfatae  ecclesiœ  factam  investituram 
corroboravimus.  Actum  est  publiée  in  concilio  nostro  Florinensi  anno  dominic»  In- 
caroationis  M.  G.  LXXXVIlo.  Hujus  rei  testes  sunt  magister  Evrardus  abbas  Geller. 
Peirus  canonicus  de  Sancto  Petro,  magisler  Gerardus  Scladensis  ecclesiac  canoni- 
cus  ;  de  concilio  Florinensi  Waliems  decanus,  Nicolaas  Fossensis,  magister 
Johannes  CéiL,  Wamerus  de  Bomereies,  Johannes  de  Ërchenines,  Thomas  Flori- 
nensis.  Fol.  iS6. 


H92. 


Henri  duc  de  Limbourg  fait  condonation  à  l'abbaye  des  Prëmontrés  d'une  rente  de 
X  muids  d'avoine  qu'elle  lui  devait.  Témoins  :  de  majori  ecclesia  Albertus  de  Cuek 
archidiaconus,  Gualterus  archidiaconus,  Sijmon  decaous,  Bertholdus  custos  eccle- 
sise ,  Henricus  cantor ,  Daniel,  Arnulphus  decanus  S.  Martini  el  alii  plures.  De 
ecclesia  apostolorum  Gossuinus  abbas,  Arnulphus  prior,  Heynoldus  supprior,  Godet- 
calcuSf  Johannes f  Wiricus,  sacerdotes  lotusque  conventus.  De  nobilibus  hominibus 
Wtjnandus  de  Woldavynont  et  Theodoricus  de  Uuffalise,  De  familia  S.  Lamberti 
Wedericus  dapifer  episcopi  et  filius  suus  Rodulphus,  ÂlTuerunt  etiam  Everardus  de 
SuinheiSj  Winandus  de  Richem  et  multi  de  familia  nostra.  Actum  est  hoc  anoo 
Incarnationis  dominiez  M.  G.  LXXXXII  iodictione  IX.  Fol.  60. 

Note,  Le  duc  Henri  dit  que  rnulti  de  familia  «ua  étaient  présents;  il  entendait  par 
là  les  dignitaires  de  sa  cour  et  ses  grands  vassaux;  Wédéric  de  Pré  et  Raoul  son  fiU 
étaient  de  familia  Sancti  Lamberti  k  raison  de  leurs  dignités  et  de  leurs  fiefs. 


—  347  -^ 
1193. 

Henri  de  Louvain  seigneur  de  HersUd  confirma  en  1284  les  exemptions  accordées 
par  son  père  et  son  grand  père  à  l'abbaye  louchant  ses  terres  d'Archis.  Sa  veuve 
Elisabeth  reconnut  cette  exemption  en  iS93,  lorsque  Jean,  duc  de  Lorraine,  de 
Brabant  et  de  Limbourg,  mit  sur  ces  terres  un  impôt  de  60  marcs  de  Liège. 

Fol.  59. 


1193. 


Charte  de  Gosuin  abbé.  André  chevalier  de  Hermée^  déclare,  en  présence  de  ses 
fils  Wédéric  et  Walter,  de  son  gendre  Frédéric  et  de  Wédéric  dapifer  que  des  six 
bonniers  de  terre  qu'il  a  vendus  k  l'abbaye  des  Prémontrés,  trois  sont  allodiaox  et 
trois  sont  un  fief  de  l'évèquf'.  «  Tria  vero  bonaria  feodi  posuemnt  in  manu  et  pro- 
lectione  domini  Wederici  loco  ecclesise ,  déterminantes  ut  si  quis  heredum  suorum 
ea  voluit  redimere  se  pro  eisXi  marcas  reddituram,  coUatis  intérim  fructibus  eorum 
ob  salulem  suam  ecclesise.  Nos  igitur  pacis  amatores  et  bonam  voluntatem  ac  neces- 
sitatem  eorum  considérantes,  patrem  in  tM>nsortium  noslrum  recepimus,  vestes  ei  de 
nostro  emimus,  filiis  X  solidos  dedimus....  De  ecclesia  nostra  Lambertus  prier, 
WedericuSy  Petrus,  Symotiy  Laurentius,  OHverus^  Franco^  Johannet,  De  militibus 
Wedericus  de  PratOy  Fredertcus,  Conrardus,  Mascelinus,  Andréas^  H'edericuê^ 
Walteruêy  Benricus  de  Hollengnoule  et  alii  multi.  Aclum  est  anno  Incarnalionis 
Dominiez  M.  C.  XG  lllo.  Fol.  54  v«. 


1200. 


In  nomine  sanctse  et  individuae  Trinitalis.  Ego  lienricus  Dei  gralia  dux  de  Lem- 
bourg  et  marchio  de  Erlons...,  Notum  facio  omnibus  me...  terras  quas  prsefata 
ecclesia  (montis  Cornelii)  apad  villam  de  Lantins  possidet  ad  curiam,  scilicet,  de 
Jupilia  spectantes  ab  omni  exaclione  et  a  jure  advocatiœ  perpetualiter  libérasse.... 
Acla  sunt  hsc  anno  Incarnalionis  Dominicœ  M.  GC^.  Fol.  53  v». 

Note.  L'.  glisede  Verdun  possédant  beaucoup  de  biens  et  de  rentesaupays  de  Liège, 
avail  fait  établir  à  Jupillo  une  cour  à  laquelle  ces  biens  et  rentes  ressortissaient. 
Les  membres  de  celle  cour  étaient  nommés  par  i'évêque  de  Verdun  ;  leurs  fondions 
étaient  d'enregislrer  tous  les  actes  qui  concernaient  ces  biens  et  renies  et  de  faire 
la  recette  des  rentes  et  peut-être  aussi  celle  des  fermages.  C'est  cette  cour  qui  est 
dés^ignée  ici  par  caria  de  Jupilia,  —  Le  duc  de  Limbourg  était  l'avoué  des  biens  et 
renies  que  Téghse  de  Verdun  possédait  à  Jnpille  et  ailleurs. 


348  — 


1202: 


Henri  due  de  Ixnrraine  exempte  de  touu  taiile  les  terres  de  la  ferme  d'krchis  mous 
Herstal.  Les  rdigieux  y  érigent  la  chapelle  de  S.  Nicolas  dans  laqueUe  ils  disent 
chaque  jour  la  messe  à  f  intention  du  due. 

In  oomioe  saocte  et  individoe  TriniUlis,  amen.  Ego  Henrieus  Oei  gnitia  du 
Lotharingiœ  et  Marchio  Autwerpiœ  omnibus  Christi  fldelibus  in  perpetnom.  Quia 
facta  hominom  aocceaaione  temporia  e  memoria  hominum  facile  elabantur,  niai 
per  scripturam  ad  memoriom  revocentur,  ideo  prudens  auctoritas  antiquornm  ina- 
tituit  benefacta  que  digna  sunt  memoria  vivaci  litterarum  tealimonio  commendare 
et  ad  stabile  monimen  sigillo  et  tealimoniis  probabîliam  virorum  approbare.  Nos 
igitur  eorom  exempla  sequentes  notum  esse  volumus  tam  apud  ftiiuros  quam  ad 
présentes  qaod  fratribns  Coroelii  Montis  remisimus  et  a  saccessoribus  nostris  in 
perpetuum  remissnm  esse  volumus  in  cnrte  de  a  rchitse  quam  tenent,  tallias  et 
omnes  exactiones  injustas  prêter  solum  censum  quem  juste  debent  de  terris  qaas 
in  eadem  curte  tenent.  Hoc  aulem  contnlimus  eis  in  eleemosynam  communi  conseaso 
et  voto  ego  et  usor  mea  Machuldis  ob  remedium  et  salutem  animarum  nostrarum  et 
palris  et  matris  mee  et  omnium  antecessorum  noslrorum.  PredicU  vero  fkutres 
banc  eleemosynam  cum  gratiarum  actiooe  recipientes,  ne  ingrati  vedeaniur  feco- 
runt  ecclesiam  in  eodem  loco  de  Arsich  in  honorem  Dei  et  Sancte  Marie,  S.  Nico- 
laii  et  omnium  sanctorum  in  qua  constitnerunt  unum  presbyterum  de  fratribns  sais 
qui  ibidem  cotidie  divins  celebrabit  et  pro  nobis  et  antecessoribus  nostris  indesi- 
nenter  orabit.  Ul  autem  sepe  dicti  fratres  in  pace  gaudeaot  in  perpetuum  bac  dona- 
tione,  ut  nuUus  sucessorum  oostrorum  atlemptet  eos  inde  sinistro  aliccgns  consilio 
infringere,  necessarium  duximus  hiyus  rei  veritatem  scripto  commendare  et  sigillo 
noslro  confirmare.  Hujus  rei  testes  sunt  :  Enghelbertus  decanus  Lovaniensis, 
Franco  capellaous,  Renerus  notarius,  Godefridus  de  Breda^  Amoldus  de  WizemaU, 
Godefridus  frater  ducis,  Tarius  de  Testela,  Robinus  de  Thenis,  Henricus  de  HuUe- 
berghe,  Wilhelmus  de  Gestele  et  alii  quamplures  ;  de  hominibus  vero  de  Harstal, 
Simeon  de  Villeif^  Darthohmeus  de  Rocour,  Wiricus  de  Horion^  Reinerus  de 
Monte,  Winandus  villicus,  Lebuinus,  Henricus,  Franco,  Amulphus,  Robertut, 
Franco,  Lambertus  scabini.  Acta  snnt  hec  anno  Incarnationis  dominice  H.  CC.  11. 

Fol.  59. 

En  4âdd  le  duc  Henri  renouvela  cette  charte  à  peu  près  dans  les  mfimes  termes  : 
concessimusque  in  perpetuum,  ajoute-t-il,  ut  sine  investitura  et  placiUs  sint  terre 
eornm.  Les  témoins  sont  :  Godefridus  abbas  de  Everbodio,  Evrardus  abbas  de  UeUe- 


—  349  — 

ekiMj  Emgtlbertuê  dectniis  Lovaniensts,  magister  Boiduimuê  et  magister  Aenervf 
clericii  mai.  Ibidem. 

Note,  Dans  celle  charVe  le  moi  curtU  désigne  la  ferme  d'Archis  avec  toates  les 
terres  qni  y  sont  caltivées. 


1203. 


Hugnes  de  Pierrepont  donne  aux  Prémontri»  de  ComUlon  FéglUe  de  SimpelveU. 

In  nomine  sanctœ  et  individo»  Trinitatis.  Hugo  Dei  gratia  Leodiensis  episcopus, 
tam  fniuris  quam  pnesentibas  in  perpelaum.  Dlctis  ac  factis  bominum  scriptune 
aUeslatio  torris  fortitudinis  est  à  facie  inimici  omnem  veritatem  pietati  et  mîseri- 
cordise  annexam  subvertere  semper  intendenlis.  Oculo  quidem  pietatis  tenuilatem 
remm  ccclesise  apostolorum  Cornelii  Mentis  considérantes  el  devotionem  fratrum 
ibidem  Deo  servientam  dévote  attendeotes  eorum  fraternitatem  nobis  et  snccesso- 
ribus  nostris  in  perpetuum  suscipimus.  Eorum  adjuvandi  in  eadem  ecclesia  meritis 
et  precibus  qnibus  nititur  Deo  constitaenle  principibus,  et  nos  maoum  a(i|jutricem 
eis  porrigentes  ecclesiam  sancti  Remigii  de  Simplici  Via  quod  in  vulgari  corrapte 
sonat  de  Saint  Ptovoir  cum  omni  dote  et  appcndiciis  suis  nobis  vacantem  assensu 
maoris  ecclesise  eis  in  perpetuum  babendam  ad  sustenlationem  eorum  libère  et 
canonice  donavimus,  salvo  jure  archidiaconi  in  obsoniis,  et  cathedratico  episcopi. 
Unus  de  fratribus  ad  electionem  ecclesis  curam  animarum  de  manu  arcbidiaconi  sine 
cootradictione  et  rcpulsa  suscipiet  qui  per  se  vel  per  alium  prout  ecclesia  ordinavit 
in  eadem  ecclesia  deservire  poterit.  Ecclesia  qooque  de  omnibus  fhiclibus,  prout 
visum  sibi  fuerit,  ordinabil,  hoc  à  nobis,  prsordinato  quod  in  anniversio  die  decessus 
nostri  pro  commémora tione  fratres  in  refectorio  V  solides  de  fructibus  ejusdem 
ecclesiœ  annuatim  habebunt,  qui  annuam  etiam  commemorationem  omnium  succès- 
sorum  nostrorum  solemniter  celebrabunt  ;  quamdiu  autem  viximus  ter  singulis  aunis 
laissam  de  sancto  spiritu  ad  augmentum  salotis  nostre  in  conventn  solemniter  canta- 
bnnt.  Hsec  quoque  devotio  et  consuetudo  ad  successores  nostros  stabit  et  inconcussa 
pormanebit.  Ut  hoc  oblivione  vel  levitate  aliqua  non  deleatur,  tam  posteromm  quam 
pnesentium  mémorise  présent!  pagina  sub  sigillé  nostro  et  majoris  ecclesise  et 
aliarum  Leodiensium  ecclesiarum  imprimimos  ;  anne  Verbi  iocarnati  M.  CG.  III^. 
Testes  sunt  de  mijori  ecclesia  Walterus  decanos  et  archidiaconus  et  abbas,  Rodul' 
phus  archidiaconus,  Johannes  archidiaconus,  Helias  de  Builhon,  Henricus  de  Don* 
glebert,  Raduiphun  pnepositus  S.  Pauli  sanctique  Johannis,  Lambertuê  prepositus 
sancti  Pétri,  Thomas  prepositus  Sancta  cruels,  \iilhelmu8  de  Heers,  Amulphus, 
Symo»,  Lambertu»  et  alii  quamplores.  Fol.  113. 


—  380  — 
1203. 

Us  religieux  de  Comiiltm  échangent  leur  terre  de  Gonrieux  et  FéglUe  de  cet  en- 
droit avec  tévêque  Hugues  de  Pierrepont  contre  une  rente  annuelle  de  six 
marcs. 

In  nomiDe  sanct»  et  individus  Trinitatis.  HugOy  Dei  gratia  episcopus  Leodiensis 
tam  faturis  quam  praesenlibus  in  perpetuom.  Opus  nostrom  vivere  cupientes  inper- 
petuum  quod  quanto  est  salubrius,  tanto  esse  débet  et  firmios.  Notitiœ  tam  postero- 
rum  quam  madernorum  praesenti  scripto  tradimus  in  quem  modum  cum  ecclesia 
apostolornm  Cornelii  Montis  convenimus  :  ecclesi»  prsedictae  allodium  erat  et  curia 
cum  ecclesia  in  villa  quadam  in  Tirascia  Gonherie  videlicet,  quse  propler  intervalla 
locorum  minus  providentiae  habens,  minus  utilitatis  et  plus  laboris  et  tarbationis 
habebat  fratribus  ecclesise  Mariam  imitari  habenlibus  sedentem  ad  pedes  Domini  e( 
audientem  verbum  iliius  ;  qui  paci  suae  et  quieti  et  utililati  providentes  in  perpetutuB 
commuai  deliberatione  et  assensn  nobis  et  sucessoribus  nostris  episoopis  Leodien- 
sibus  per  commatationem  et  recompensationem  aliorum  bonorum  allodium  illud  el 
curiam  cum  ecclesia  et  omnibus  attinentiis  suis,  censu,  campis,  pratis,  sylvis,  pas- 
culs,  cullis  el  incultis  solemniter  et  libère  contulerunt.  Cum  aulem  ab  antiquo  dona- 
tione  prsedecessorum  nostrorum  XXV  soUdos  nostrse  monel»  Leodii  da  thelooeo 
nostro  per  manus  thelonearii  nostri  annuatim  recipiunt  in  capite  jejunii,  V[  marcas 
ejnsdem  monetae  illis  addentes  in  eodem  iheloneo  simili  modo  annuatem  recipiendas 
eis  assignavimus,  videlicet,  III  marcas  in  vigilia  Natalis  Domini  et  III  in  nativitate 
Jobannis-Baptist»  récipient.  Prsterea  curiam  eorum  et  omnes  possessiones  qoas 
habent  in  villa  nostra  Villari  ab  omni  exactione  el  censu  et  redditibus  alils  et  omni 
servilio  libéras  omnino  in  perpetuum  fecimus  ut  sll  liberum  eorum  allodium  qnod 
ibi  nobis  tenebalur  annuatim  ad  censum  el  servilium.  Gurtem  unam  et  modicQin 
lerrse  curli  adjacenli  de  eleemosyna  Bercholai  miliUs  habent  ipsi  in  eadem  villa  qose 
de  feodo  noslro  eral  ;  servilium  ilKus  in  melius  commutantes  et  pro  eo  orationcs  fra- 
trum  expelenles  abbatem  inde  capellanum  nostrum  instiluimus  ut  eo  sit  nobis  et 
successoribus  nostris  dcvotior  quo  majori  beneficio  nobis  tenebilur  aslriclior. 
Omnes  vero  qui  de  cslero  contra  hsec  omnia  in  detrimentum  ecclesiœ  et  rerum  sua- 
rum  msichinabnntur,  publicae  excommunicalioni  usque  ad  condignam  satisfactionem 
subjecimus.  Actum  est  istud  anno  incarnationis  Dominicae  M.  CC.  \l\^  in  prssentia 
et  asscnsu  majoris  ecclesiœ  nostrse  et  aliarum  ecclesiarum  Leodiensium  ;  unde  testes 
"sunt  :  de  majoris  ecclesia   ÏV altéras  decanus  et  archidiaconus  et  abbas,  Rodulphut 
archidiaconus,  Johannes  archidiaconus,  Helyas  de  Builhotiy  Eenricus  de  Dongleberl, 
Rodulpkus  pra^positus  S.  Pauli  sanclique  Johannis,  Lambertus  prsepositus  Sancli 
Pétri,  Thomas  prspositus  Sanctse  Grucis,  Wilhelmns  de  Heers,  AmulphuSySymon, 


—  881  --- 

M9rèerimê  el  alii  qttui^ww.  fi«  liharia  hottîiMiMift  Utéovimt  «omet  4*  I.M*  Tl^od^ 
rieus^àe  Walcnarty  Atuelmu*  de  Sademaingne,  De  laniUia  8«Deti  LamlMrii  G^rardwt 
de  llèjemoiii,  Libertut  de  Geneèe,  Riguldun  de  teMi/,  fi9«triNf««  <i«  Ibwtricoiiri  el 
aii  quemplores.  Fol.  78  v^. 

yote.  —  La  ferme  avec  ses  biens  que  les  Prdmonlrds  avaient  à  Gonrieox  est  dësi- 
gnëe  dans  celte  charte  par  le  mot  curia,  ainsi  que  leur  ferme  de  Villers-nvèqae.  — 
Ils  avaient  aussi  à  \illers  un  champ  entouré  d'une  haie  vive  (que  nous  appelons 
enclos,  blook)^  désigne  dans  cette  charte  par  le  mot  curtis.  Dans  la  charte  sui- 
vante nous  trouvons  le  même  mot  curti»  avec  la  mdroe  signification.  Maia  dans 
d'autres  chartes  nous  trouvons  le  mot  curtit  pour  désigner  une  simple  maison,  une 
habitation. 

i  190-1  ao4. 

L'abbé  Gossuin  et  ses  religieux  déclarent  que  BarthoUmeus  miles  el  Ttfa  vxor 
ejiis  nnllam  habentes  sobolem...  ecclesi»  nostre...  IIII  bonarla  allodii  in  Villari 
domîni  episcopi  contnlerunt  in  eleemosynam,  in  cespile  et  in  aliis  modis  quibus 
allodia  soient  conferri  et  reportaverunt  in  manns  domini  Wiriei  dapiferi  snb  tesli- 
roonio  homînum  mullorum  domini  episcopi  Leodiensis  ad  usus  nostros  et  efféstuca- 
verunt  et  reportaverunt  super  altare  principale  nostnim  snb  presentia  totius  capituli 
nostri.  Domum  etiaro  suam  in  Villari  et  curtem  et  pomerium  et  pratum  quoddam  et 
quandam  etiam  lerram  arabilem  ibi  adjacentem  in  augmenlum  prsedictse  eleemosyose 
légitime  nobis  contnlerunt....  Hujus  rei  testes  sunt  de  migori  ecclesia  Walterus 
decanus,  Barthohmeus,  LudoiphuSy  Radulphus,  Johannts  archidiaconi,  Henricus  de 
Dùngtebert,  Helyat  de  Bouilhon,  Thomas,  Lambertut  de  UVahart,  De  nostra  domo 
Johannes  prier,  Wiricus  sapprior,  Beynerus,  Godefricus,  Cmtrardus  sacerdotcs, 
Johannea,  Severinun^  Ludovicut,  diaconi. —  De  militibus  vero  Wincut  dapifer  epis- 
copi, Wameru9  de  NivetlOy  Doddo  de  Honémoni  et  alii  quamplures.      Fol.  8i  V«. 


1204. 


Winand  chevalier  de  Feoher  cédé  Vé^litê  de  Soumûgme  pùur  mu  certaim  prU 

aux  Prémontrés  de  Cornillon, 

In  nomine  sancte  et  individuœ  Trinilatis.  Hugo  Leodiensis  episcopus  tam  nituris 
quam  presenlibus  In  perpeluum.  Contra  pericula  de  facili  emergentta  (irroamentiim 
veritati  tuend»  est  11  liera  attestationc  roborata.  Inde  est  quod  litterœ  commiltimus 
ecclesiam  aposlolorum  Cornelii  Montis  cl  Winandum  militeni  de  Fechien  in  hune 
modum  convenisse  :  jus  quidem  palronatus  habebat  pnediclus  Winandus  in  ecclesia 


—  382  — 

s 

de  SommaigfM  ad  medieitten  eaio»  uliuà  medieUlem  aeqvisiertt  sibi  ecclesia  a^- 
tolofum  in  eodem  jore  patronatas,  quidqold  ipsom  Winandnm  et  fllioa  crjus  cosUih 
gebat  ifi  ]iairona(a  itlo  unde  partem  acquisierant  fllii  ejas  Bonifaebtê  H  Nieolams  à 
Godino  patrno  sqo  légitime,  et  qaiquid  etiam  ad  ipstim  patronatam  tam  in  deeioia 
quam  îd  aliis  commodis  apectabat,  prsedictus  Wiaandas  cum  flliis  suis  mutttavit 
ecc  eai»  pnedict»,  Winandus  cum  filiis  suis  saper  altare  apostolorom  reportavii  et 
snb  pneaeDlia  liberorom  honinam  et  bominom  de  faodilia  Sancti  Lamberti  inter  eccle- 
siam  Beatse  Marias  et  ecelesiam  Beati  Lamberti  effestncavit,  exceptionem  qaamdan 
faciens  de  décima  quadam  quam  a  sancto  Alberto  tenet;  filii  ejus  prsterea  décimas 
quatuor  curtilinm  infra  parocbiam  illam  ab  abbate  in  feodum  et  hominium  sibi  et 
posteris  suis  susceperunt  ;  hominum  qui  ad  altare  attinent  censum  babebit  ecclesia 
apostolomm,  jnstitiam  Winandus  et  fllii  ejus.  Curtem  quoque  nnam  quam  Winandus 
pro  duobus  denariis  et  duobus  caponibus  ibi  tenebat,  sibi  et  suis  retinuit,  ecclesic 
censum  pnedictum  soluturus  in  Natali  Domini.  Introitum  quoque  et  exilom  ecclesis 
cum  corte  sua  sibi  suisque  reservavit.  Prsetei*ea  avus  ejus  V  solidos  census  annua- 
tim  pro  se  et  suis  ad  luminare  ecclesis  legaverat,  censum  hune  ecclesia  habebii 
sed  justitiam  sibi  et  suis  Winandus  retinuit.  Debentur  etiam  IV  solidi  anouatim  ad 
reparationcm  fenestrarum  vel  parietum  quorum  duos  débet  idem  Winandus,  census 
erit  ecciesise,  justitia  Winandi  et  suorum.  Fralernilalis  beneficium  idem  Winandus 
ab  ecclesia  suscei  it  ;  oui  ecclesia  unanimi  consensu  ut  cum  vale  mundo  diccre  ins- 
pirante gratia  Dci  voluerit,  in  consortium  Tralrum  suscipiatur.  In  recompensatione 
prœdictorum  bonorum  sic  ecclesis  à  Winando  et  liberis  ejus  coUatorum,  ecdesii 
XVI  modios  annuatim  Winando  et  posteris  in  perpetuum  assignavit,  allodio  pro 
allodio  commulalo  in  bonis  suis  de  Hermees  Leodium  ubi  voluerit  sumptibus  eccle- 
sise  adducendos,  videlicet,  VIII  sunt  spellœ  et  VIII  avens  quorum  XIII  modii  et  tria 
sextaria  pertinent  ad  Winandum  pro  jure  hœreditatis  sue  et  residium  pro  parte  fra- 
tris  sui  God'mi  quam  fllii  sui  sibi  acquisicrant.  Hoc  ut  flrmum  et  inconvulsum  per- 
maneat  sigillé  nostro  et  msgoris  ecclesis  et  sigillé  ecclesis  apostolornm  communi- 
tum  est  lam  ecclesis  quam  ipsi  Winando  et  posteris  suis.  Testes  sunt  EverninuM  de 
FUron  et  Amelinus  fllius  ejus,  (iarnerus  de  Nivella^  Raduiphus  de  Prato^  Renenu 
de  Fleron  et  fllius  ejus  Retterus  ;  Bcutianu»  de  Chienees,  Henricus  Cossius,  Henricut 
de  Melen  milites;  de  civibus  Ludovicus,  Renerus  SureaU,  Thomas  et  alii  quamplu- 
rcs.  Aclum  est  anno  Incamationid  Dominice  M.  CC.  IV.  Fol.  406. 

yote.  Il  y  avait  des  hommes  qui  s'étaient  donnés  à  Téglise  de  S.  Lambert  à  Soa- 
magne  avec  leurs  descendants  ;  par  cet  acte  ils  s'étaient  placés  sons  la  protection 
des  chefs  de  cette  église  et  n'étaient  justiciables  que  d'eux;  mais  en  retour  de  cette 
protection,  ils  payaient  chacun  une  rente  annuelle  à  l'église.  Ces  hommes  sont  appe- 
lés dans  celte  charte-ci  homitœs  ad  altare  attinenies  et  dans  la  suivante /ami/ia  ad 
altare  eccletiœ  beati  Lamberti  de  Sumania  pertinent,  —  Ces  hommes  payeront  leur 


—  353  — 

rente  k  Tëgliee,  mais  il8  devront  assister  chaque  année  aux  plaids  tenus  |»ar  Tavoui; 
de  Soumagne  qui  n'est  autre  que  Winand  et  lui  payer  te  droit  de  protection  ;  ce 
droit  de  protection  est  appelé  ici  juêtUia.  Le  principal  devoir  de  l'avoué  était  de 
protéger  les  personnes  et  les  biens  et  de  faire  réparer,  surtout  an  réunions  gêné- 
raies  des  habitants,  les  torts,  les  injustices  et  les  dommages.  Comme  récompense 
de  Taccomplissement  de  ce  devoir,  il  percevait  une  certaine  somme  d'argent  soit 
par  personne  soit  par  biens.  Cet  argent  s'appelle  justUia,  On  voit  dans  la  charte 
suivante  comment  l'abbé  des  Prémontrés  a  protégé  les  homines  de  familia  eccletiœ 
contre  les  injustes  exactions  de  Winand  et  de  ses  fils. 

1218. 

Jean^  abbé  des  PrémomréSy  protège  les  censitaires  de  Féglise  de  Soumagne, 

In  nomine  sanclse  et  individuae  Trinitalis.  Ego  J.  Dei  gratia  abbas  Montis  Cor- 
nelii  et  conveotus  notum  facimus  tam  prsesentibus  quam  Tutaris  quod  miles  quidam 
éeFechirs^Winandus  nomine,  familiam  ad  altère  ecclesise  beati  Lamberti  de  Sumania 
pertinentem  quse  nostri  juris  esse  dinoscitur ,  persuadentc  diabolo  et  propria  ini- 
quitate  ad  servilem  conditionem  et  iniquas  exacliones  nomine  advocati»  protrahere 
volebat;  cumque  eos  aliquanlo  tempore  vexasset  injuste,  urgente  infirmitate,  cnm  de 
prsescnti  vita  desperaret,  de  misericordia  et  bonitate  Dei  dcsperarc  noluil,  scd  re- 
conciliari  ei  satagens,  convocatis  reliçio.sis  viris  pluribua  sncerdolibus  elericis  cl 
laicis  tam  de  parochia  quam  de  vicinia  cum  prcdecessore  noslro  et  fratribus  ecclesi.T 
nostrae  in  prsesentia  omnium  injuriam  suam  spontc  recognovit  filiisque  suis 
Boni  facto  et  yicholao  cum  magna  precum  instantia  pracepiL  ut  apud  dictam  familiam 
vice  sui  veniam  peterent  et  satisfacerent  super  ir^uslis  vexationibus  quas  eis  inlu- 
lerat  et  ut  de  cœtero  liberos  et  in  quicta  pace  vivere  eos  pcrmitterent  imperavit;  qui 
favorabiliter  extremae  patris  voluntali  assensum  prsebentes  aliquamdia,  dum  dolor 
patemse  mortis  recens  esset,  in  bac  bona  voluntate  perseverarc  sluduerunt.  Tandem 
instinctu  diabolico  unus  fillorum  miles  lionifacrnSySiUo  scilicel  fratre  Nicholao  in 
bono  proposito  persévérante,  ad  vomilum  proprii  et  alieni  pcccali  rediensvexationem 
pristinam  in  jam  dictam  beati  Lamberti  familiam  renovare  praesumpsit.  Nos  vero 
^us  crrorem  attendentes  et  super  hoc  ei  condolentes  sœpe  numéro  ut  ab  incepta 
perversitatc  desisteret  ammonere  cnravimus  ;  qui  tandem  inspirante  divina  elemen- 
tia  amraonitionibns  nostris  ad  se  reversus,  in  plena  sanitate  et  juvenlute  injuriam 
suam  recognoscens  cum  uxore  et  fratre  ad  ccclesiam  beatorum  apostolorum  accessit 
et  de  pcccalo  suo,  id  est,  de  iqjusta  vexalione  quam  prsedictse  famili»  intulerat  ante 
majus  altare  beatorum  apostolorum  nobis  cum  conventu  pnesentibus  huroiliter  ve> 
niampetiit  et  quod  deioceps  peccatum  istud  vitaret  promisit.  Nos  vero  ad  ejns  pe- 


^   354  - 

titionem  anatemaUft  mnodaiiooeni  intorposumas  oMnes  excoanBonietHoni  softsii- 
cieDtesqnipnBdietanifUDiliaiii  i^juate  vextre  vel  nolestare  pnesoupsarint,  dooac 
peccatam  siiom  congroa  saiisfaelione  delere  atudueriat  et  boc  non  ooaira  anctori- 
iate,  aed  donini  Fape  qni  non  solua  rea  eoclaaie  nostne,  sed  totiaa  ordtnis  nostri 
in  baaii  Pétri  el  ana  protaclione  reeepit.  Ut  aotem  plenius  q«e  ait  pnedictâ  fkniiUa 
cogQoacatur,  propria  eorum  vocabala  io  preaentt  earta  dtatiaguera  curavimna  :  fllii 
Bttcele  de  Sorecker,  RobertiUf  Liberfus  et  Liebertun  fratrea  et  aororea  eoras 
Berêendiê,  Maria  ei  Belmdis  cnm  libaris  earum  ;  item  (Minun  de  Herves^  Sêneàk- 
lu*  de  Ainos  corn  reliquia.  Acla  autea»  aiint  hcec  anno  Inoarnationia  dominiez 
M.  ce.  XV.  Original  aux  archives  do  Séminaire. 

Mai  1218. 

Eustache  de  Fooz  donne  à  Vévéque  tavouerie  de  Villert-VEvéque  qu*il  tenait  en  fief 

de  l'avoué  de  la  Hesbaye, 

Hugo  Dei  gratia  Leodiensis  episcopus  omnibus  prsesentem  paginam  inspecturis 
eternam  in  Domino  salutem.  Ut  ea  quse  aguntur  in  tempère  non  labanlur  cum  tem- 
pore,  scripti  debent  munimine  roborari.  Nolum  igitur  ait  tam  futuris  quam  piv> 
sentibos  quod  Eustatius  de  Foos  advocatiam  de  nostro  Villari  qnam  de  advocato 
Hasbaniensi  in  feodum  lenebat,  intuita  Dei,  nobis  et  ecciesise  Leodiensi  contulitel 
eam  coram  hominibus  nostris  el  homlnibaa  advocati  guerpivil  et  efTestucavit  et  sibi 
adjudicari  fecil,  tam  a  nobis  quam  a  succeasoribus  nostris  jure  perpetuo  possidea 
dam,  lali  inlerposita  conditione  quod  neque  per  nos  neque  per  successores  nostros 
neque  per  ecclesiam  Leodiensum  coicumque  poterit  alienari  nec  alicui  in  feodon 
sive  in  homagium  dari.  Si  vero  advocatns  Hasbaniensis  homagio  pro  dicta  advoca- 
tia  carere  nolucrit ,  episcopus  ei  proinde  per  unum  de  hominibus  suis  homagium 
fleri  faciet.  Ut  autem  pium  factum  istud  inviolabile  et  sine  uUa  immutatione  obser- 
vetur,  prœsentem  paginam  sigilli  nostri  et  sigilli  majoris  ecciesise  in  Leodio  muni- 
mine  fecimus  roborari.  Inhibantes  sub  interpositione  excommunicationis  ne  quis 
de  CJBtero  illud  immutare  vel  infringerc  praesumat.  Actum  anno  Domint  M.  CC.XVIII 
mense  maio.  Fol.  84  V^. 

1223. 

Wi9<fr,  chevalier  de  ïjnvaige^  donne  aux  Prémontrés  son  droit  de  patronage  sur  l'église 

de  Grimby, 

In  nomine  sanctœ  et  individus  Trinitatis  amen.  Hugo  Dei  patientia  Leodiensis 
episcopus  universis  ad  quos  pnesens  scriplnm  pervenerit  salotem  in  Domino.  Nolam 


-  388  - 

esse  volomiis  tan  pr«8entibQS  quam  fùtoris  qaod,  cam  fVigerus  miles  Dei  Wege  io 
leclo  egritadiiiis  jac6ret  a  timoré  Domini  spirilam  salatis  concipiens,  sapienti  usus 
concUio  ad  eeclesiam  sanetoram  Apostolonim  in  Monte  Cornelio  nna  :um  uxore  sua 
Gertrude  et  Lodovico  fliio  sno  accessit  et  jns  patroDalas  ecclesiœ  de  Grembedef\w^ 
habebat  cum  omoi  integritate  ad  opas  ecclesiae  saoctonim  Apostolorum  ïd  manus 
abbatis  ejnsdem  ecclesiœ  de  consensa  et  yolantate  pnefatie  uxoris  sus  G.  et  lllii 
sui  L.  pro  suoram  remedio  peccamioum  libère  et  absolute  resignavit,  dicte  ecclesise 
orationes  humiliter  expetens  et  ibidem  sibi  eligens  sepulturam.  Postmodum  vero 
eodem  Wigero  defuncto  et  sepnlto,  prtefatus  Ludovicujt  filius  ejus,  ne  processu  tem- 
poris  quod  Tactum  fuerat  calompniam  recipereU  ad  praesentiam  nostram  in  ecclesia 
S.  Lamberli,  multis  astaotibus  accessit  et  quod  a  pâtre  suo  Wigero  factum  fuerat 
recogoosceos,  quidquid  juris  io  eodem  patrooatu  habebat  vel  habere  se  dicebat  ad 
opus  prsefatse  ecclesiae  sanctorum  Apostolorum  ia  eleemosynam  tam  pro  sua  quam 
pareatum  suorum  salute  reddidit.  Quam  donationem  tam  prœfali  Wigeri  et  uxoris 
suae  qoam  filit  sui  Ludovici  postmodum  ad  mtyus  robur  flrmitatis  factam,  ratam  ha- 
bemus  modis  omnibus  et  acceptam  et  episcopali  auctoritele  confirmamus  sub  iotermi- 
natione  divini  judicii  districtius  inhibentes  ne  quis  dictam  sanctorum  Apostolorum 
eeclesiam  super  jure  patronatus  pnefatœ  ecclesiae  de  Grembede  de  cœtero  molestare 
aliquatenus  audeat  vel  gravare.  Ut  autem  que  nostris  geruntur  tempçribus  perenni 
vigeant  memoria  praesentem  cartam  rei  gests  seriem  continenlem  sigilli  nostri  nec- 
non  et  m^joris  ecclesise  in  Leodio  munimine  duximus  roborandam.  Acluro  anno  ab 
incarnatione  Domini  MXC.XXIII».  Testes  Johannes  msyoris  ecclesiœ  in  Leodio  pne- 
positus,  Theodoricttt  decanns,  Herbaldus  archidiaconus. 

Fol.  IW. 

Juin   1330. 

GUlebert,  seigneur  de  Radekeym^  vend,  pour  XLI  livres  de-Liége  molendinum  de 
Witeseche  et  vivarium  cum  curte  attinenle  et  spatio  loci  in  quo  domus  molendioi 
sedificeUir ,  la  moitié  à  l'abbaye  de  Uerckenrode  et  si  l'église  de  lyickswje,  l'autre 
moitié  à  l'abbaye  de  Reiekheim,  Uiec  aulem  omnia  ad  coniirmationera  veritatis  in 
altari  Beatœ  Mariae  in  Herckeorode  corani  conventu,  multis  preesentibus  manu  propria 
propria  reportavit.  Fol.  118  v». 

Août  1235. 

Charte  de  Guitiaume  abbé  de  Comillon  et  d'Ode  abesse  do  Hocht.  L'abbesse 
renonce  à  toute  prétention  sur  le  patronage  de  Téglise  de  Grembede.  L'abbé  de  son 


T66 


côté  reconnaii  que  1  abe^tsc  est  la  Dame  de  Grembede,  que  le  curé  lui  doit  à  ce  titre 
une  rente  annuelle  du  cinq  salidi ,  et  que,  si  le  carë  difi^re  le  payement,  la  Dane 
peut  l'y  contraindre  en  fermant  l'église  et  en  emportant  les  clefs,  ce  qui  a  déjà  ea 
lieu  quelquefois.  Fol.  4S4. 

Pierre  Lentasse^  chanoine  de  S.  Denis  à  Liège,  était  à  cette  époque  coré  de  Grem- 
bede et  avait  obtenu  la  cure  de  l'abbesse  de  Hocht. 

Janvier  1237  (1238). 

Ego  WitkehnuH  miles  dictas  de  Tongres,.,  ob  salntem  animse  mese  et  uxoris  me» 
Gertrudis  etfilii  meî  WilkelmL,,  contuli...  duo  bonarta  terne  quorum  fnictas  per- 
cepit  Helena  soror  nobilis  viri  domini  Gisleberii  domini  de  Bronckhortt  quoad  yixit, 
ecolesis  sanctse  Magdalenae  in  Hadekeym...  tali  conditione  quod  si  contingat  nobilem 
virum  dominum  Gislebertum  de  Bronckhortt  vel  ejus  hseredes  ad  hsereditatem  de 
Badekeym  redire  et  elcemosyaam  à  me  factam  approbare  voluerint ,  ipsi  supraedictae 
eccicsiae  vcl  abbati  Cornelii  Montts  VI  marcas  de  mea  pecunia...  persolvent  nt  ex  his 
marcis  aliam  terram  idem  abbas  valeat  comparare...  FoLiâi  v*. 


1360. 


Antoine  dit  Moreal,  Stastin  et  Libert  de  Lantin,  frères,  reconnaissent  qu'ils  ne 
possèdent  aucun  droit  d'avouerie  sur  les  terres  de  Prémontrés  de  Gornillon  sises  à 
Lantins,  à  Aas,  à  Hermée^  à  MUmort.  Wilhelmus  de  Aweuis  et  Eustachius  dictas  le 
Frans  Bonsse  de  HolUngnouUe  et  Hubertus  dictus  Wonne  milites,  promettent  lear 
secours  à  Tabbé  contre  Antoine  Morcal.  Actum  cl  datum  anno  Incarnationis  domi- 
nicœ  M.  CG.  LX  Mense  Maio.  Fol.  53. 

Août  1260. 

L'abbaye  de  Val-Benoit  percevait  les  deux  tiers  des  dîmes  de  Simpelveli  et  devait 
payer,  à  ce  titre,  les  deux  tiers  du  cathedraticum  et  de  Vobsonium,  L'abbé  de  Beau- 
repart  se  charge  de  les  payer,  et  l'abbaye  de  Val-Benoit  lui  cède,  en  forme  d'échange, 
quelques  rentes.  Fol.  H3  v<». 

Note.  L'année  bissextile,  les  curés  payaient  une  rétribution  appelée  cathedraticum, 
qui  était  de  20  tolidL  Les  deux  tiers  en  étaient  pour  l'évèque,  le  restant  devait  être 
partagé  entre  l'archidiacre  et  les  doyens,  à  savoir:  deux  tiers  pour  rarchidiacre  et 
un  tiers  pour  les  doyens.  L'année  qui  précède  hi  bissextile,  les  curés  devaieot 
payer  une  rétribution  appelée  obsonium  et  fixée  à  la  moitié  du  cathedraticum;  celte 


—  357  — 

réiribniion  élait  répartie  comme  j^uit  :  ie^*  deux  liers  pour  Farchidiacre,  le  restant 
poor  les  doyens  ruraux. 

S9  octobre  l!260. 

Guillaume  de  Bronckkorst  donne  tégline  de  Reckheim  à  tahbaye  det  Prémontrés  et 

au  couvent  des  Norbertines, 

in  Domine  Domini  amen.  Universis  ad  quos  prsesentes  litteras  contigerit  pervenirc. 
Wilhelmus  vir  nobilis  dominus  de  Bronckehor&t  et  de  Badekeym  întelligere  quaeDei 
sant  et  sapere  verilalem.  Prœsentfbus  notum  esse  volamus  et  post  futaris  quod  nos 
pia  miseratione  inducti  paupertati  dominarum  clanstri  de  Hadekeym  ordinis  prae- 
monstrateosis  Leodiensis  dîoecesis  suromopere  compassi,  jus  patronatus  ecclesis 
parochialis  villse  nostrœ  de  Hadekeym  domino  Johanni  Cornelil  Montis  abbati  suis- 
que  successoribus  abbalibus  et  ipsam  ecclesiam  cam  suis  redditibus  quos  hactenus 
nostri  progenltores  alicui  personœ  consueverunt  conferre  loco  et  tempore  de  con- 
sensu  et  voluntate  nostrœ  legitimse  coi^ugis  Ermengardùs  et  de  consilio  et  consensu 
domini  Gixleberti  pnepositi  eeclesi®  Embrkevsis  et  archidiaconi  Trajectensis  fratis 
nostri,  necnon  et  pia  voluntate  matris  nostrse  domina}  Cunegondix  in  piam  et  perpé- 
tuais eieemosynam  contulimus  ad  usus  cotidianos  conventus  sororum  clausiri  de  Ra- 
dekeym,  deductis  expensis  compeientis  sncerdolis  idonei  loco  et  tempore  in  dicta 
ecclesia  ab  abbale  constituendi  et  oneribus  qus  forsan  episcopi  autoritate  vel  archi- 
diaconi vel  quocumque  casu  emergentibus  incumbant  ecclesiœ  memoratie  ;  tta  bœc 
provide  et  libcraliter  facientcs  ecclesiae  quod  dominus  abbas  prsedictus  et  conventus 
ecclesiae  Montis  Cornelil  et  dictus  conventus  de  Hadekeym  avo  Wilhelmo  et  avisp 
Gertrudij  Gilberto  patri,  Cunigondœ  matri  nostris,  Gilberto  praeposito  frati,  nobis- 
quc  Wilhelmo  et  Ermengardi  uxori  nostrse  et  iiberis  nostris  fhiternitatem  plcnariam 
contulerlnt  et  omnium  h'^v  i uni  spiritualium  eorumdem  claustroruro  perpetuam  par- 
ticipationem  communisquo  sui  ordinis  procurabunt  ;  couvenlus  quoque  de  Hadekeym 
perpetuo  annuatim  Y^  feria  proxima  post  festum  Micbaelis  solemnes  vigiiias  cum 
nota  et  IX  leclionibus  decantabunt  et  sexta  feria  sobseqoenti  roissam  pro  defunctis 
cum  solemni  commendalione  animarum  avi  et  avise  nostrorum  ac  si  corpora  ipsorum 
essent  in  perpelualiter  inhumata  facient  et  servabunt.  Similiter  feria  quinta  et  sexta 
post  festum  omnium  sanctorum  flet  in  eodem  claustro  pro  patris  domini  Gilberti  ma- 
trisqoe  nostrse  dominse  Gunegondis  animabus  in  selernum.  Pro  nobis  vcro ,  domino 
Gisleberco   praeposito  ,  Wilhelmo  et  Ermengarde  uxorc  nostra  liberisque   nostris 
quoadusque  vixerimus  sexta  feria  post  octavas  Pentecostes  decantabitur  solemniter 
missa  de  Spiritu  Sancto  in  praedicto  claustro  de  Hadekeym  pro  vitic  nostrse  salule  et 
bono  fine,  nobisque  mortuis  flot  quinta  feria  et  sexta  post  octavas  Pentecostes  ibidem 


--  S88  -> 

pdk'peiéo  cam  exèQafis  sotêHiKBibas,  sicut  pnescriptimi  mt  de  avic  et  avi»  et  paire 
nostris,  ac  si  defuncii  prœsenles  easemus  ;  dictia  tribus  terminis  aexlia  ftriia  post 
festum  beaii  Michaelis,  posi  fesium  oœniam  sanctorum  et  post  oclavas  Pentecoates 
qoalibet,  videlicet,  feria  sexta  iileasomtia  à  niagistro  claastri  adminiatrabitor  coiiven- 
tui  de  Radekeym  dimidia  marcha  in  qoibuscumque  oti  voluerint  de  dictis  provenUbus 
ecclesiœ  pro  consolatione  ;  treaque  solidi  paup^ribJQS  distribueqlur  siagalis  dictis 
terminis  quolibet  videlicet  termine  memorato  ati  voluerit  dominas  de  Badekeym  vel 
SOUS  ballivus  infra  claustrum  vel  exlra.  Pro  hujusmodi  praedictis  dominua  Jokannts 
abbas  et  quitibet  abbas  suus  successor  in  Monte  Cornelio;  quia  provisQres  sont  con- 
ventus  sororum  claustri  de  Badekeym  pro  loco  et  tempore  fidelitatem  praestabuot 
perpetuam  domino  de  Radekeym  quem  sibi  et  suis  Isgitimis  familiaribus  assistent 
consiliis  et  auxiliis  pro  posse  et  nosse.  Sacerdos  quem  constituet  abbas  ecclesise 
praedictae  de  Badekeym  ad  regendum,  si  domino  non  placuerit,  ipso  amoto,  infra  XL 
dies,  ad  voluntateip  abbatis  aller  idoneus  substituetur.  Couventus  quoque  sine  aUqua 
diminutione  quœ  et  secundum  quse  hactenus  in  aliis  percipere  consuevit,  de  caelero 
et  perpetuo  percipiet  dicta  ipsi  collata  eleemosyna  in  earumdem  reddituum  supple- 
mentum  eril,  nec  occasione  istius  nostra:  collationis  aliquem  habebîl  dereclum.  In  bis 
vero  supradictis,  si  defectus  fuerit  et  non  serventur  sicut  pnescriptum  est,  irritum 
erit  et  tune  dominium  et  jus  patronalus  ad  nos  revertentur  si  hoc  probari  valeat  es 
rationibili  veritaie.  Ut  autem  hsec  rata  maneant  et  in  perpetuum  ineonvulsa,  sigilUs 
nostris  et  Ermengardii  uxoris  noslrœ,  domini  Gilberti  fratis  nostri  prsepositi  Embri- 
censis  et  matris  nostrse  dominas  CunegondU  prœsens  scriptum  fecimus  commnniri. 
Praesentibus  autem  nobiscum  constitutis  domino  Johanne  abbate  Cornelii  Montis, 
domino  GUberto  archidiacono  et  praeposito  Embricensi,  Johanne  praBpoaito  Montis 
Cornelii,  fratre  Henrico  teutonico,  fralre  Reinoldo  magistro  de  Radekeym,  et  fratre 
Conrardo,  lotoque  conventu  sororum  claustri  de  Radekeym,  necnon  et  domino  Her- 
manno  milite  de  Steyne^  Bogero  et  Àmoldo  laycis  et  aliis  quamplurimis.  Actom 
anno  Domini  M.  GG.  LX  in  crastino  apostolorum  Symonis  et  iudae.         Fol.  446. 

Le  vicaire-général  Beinietf  écoUtre  de  Tongres,  approuva  la  donation  en  4363, 
l'archidiacre  Eyngard  de  Ytenbrouc  en  lâ6£  et  l'évèque  Henri  de  Gueldre  en  4â6S. 
Henri  y  chanoine  d'Embrica  et  curé  de  Reckheim,  résigna  la  cure  en  4S65  et  depuis 
cette  époque,  elle  fut  desservie  par  des  chanoines  prémontrés. 

Juillet  1!273. 

Charte  de  Balduin  Davomjhte^  chanoine  et  officiai  de  Liège.  Contestation  entre 
l*abbaye  de  Gornillon  et  Henri  de  PevUke  fils  de  Waltir  touchant  «  III  pièces  de 
terre  qui  gisent  ens  en  le  terre  entre  la  maison  de  Cornilhona  et  Wei% ,  desquelles 
m  pièces  de  terre  li  une  est  une  court  n  sus  il  sieut  II  fontaines  et  les  âultre  II  piè- 


--  9m  - 

ces  gisent  &e^s  le  eonr  li  use  d'une  pkH  et  li  autre  d'antre  paH  et  desqueUfs  lil 
pi^es  fl  sont  VI  jernanhc  peu  plus  ou  pau  moins  »  .  .  .  .  Ukmbert  de  iViMirtf ,  prieur 
de  hi  maison  et  Ti/mait  Du  Freit,  chevatier  ftirent  choisis  comme  arbitres.  La  seu- 
tenee  arbitrale  fat  proDonc<Je  eo  prdsenœ  de  seigneur  Emoul  et  seigneur  Thiri  de 
Preit  frères  et  chevaliers,  Johan  le  fils  monseigneur  Thiri  de  Preit,  lacqnemin 
Judas ^  Henri  Wilove,  Michiel  Lentailheur,  Godefroid  Harduin,  tenans  del  maison  de 
Cornilhon  et  plusieurs  autres  qui  leurs  drois  eo  eurent.  >  Fol.  80  v^. 


1274. 


Le  doyen  d'A  ix  donne  aux  Prémonirés  la  déterviture  perpétuelle  des  églises  de 

Jupiile,  de  S,  Remacle  et  de  Grivegnée. 

Garsilius  Dei  gratia  decaous  ecclesise  aquensis,  Leodiensis  diœce&is,  omnibus  et 
singulis  praisentes  litteras  inspecturis  seternam  salutem  in  Domino.  Universis  et 
singulis  notnm  esse  volumus  quod,  cum  capella  S.  Femacli  et  de  Grivegnée  extra 
rauros  Leodieuses  decanatui  ecclesiœ  nostrae  aquensis  unacum  matrice  sua  ecclesia 
de  Jupilia  &tnt  annexas ,  nos  attendentes  quod  in  majori  nostra  ecclesia  aquensi  ac 
in  ipsius  dccanatus  dignitate,  cujus  curam  et  regimen  gerimus,  nos  personaliler 
deservire  oportet,  juris  in  hac  parte  requirentes  documenta,  virum  religiosum  domi- 
nam  Johannem  Cornelii  Montis  abbatem,  ordinis  prœmonstralensis,  ipsum,  silicet, 
et  successores  sucs  quoscumque  ubi  esse  contigerit,  abbates  in  dictis  capellis  per- 
petuos  vicarios  constituimus,  ut  quiiibel  abbas  per  se  sive  per  unum  de  canonicis  ad 
hoc  idoneum  perpétue  deserviat  in  eisdem.  Et  cum  os  bovi  non  debeat  ligari  tritu- 
nanti  et  qui  altari  servit  de  altari  debeat  vivere  ,  dicto  abbati  pro  se  vel  per  idoaeum 
canonicum  suum  deser vient i  assignamus  de  proventibus  earundem  ecclesiarum  por- 
tiooem  congruam,  videlicet,  qiiindecim  Ubras  alborum,  quœ  competens  est  portio  ta- 
libus  ecclesiis  per  dominum  episcopum  loci  Ordiuarium  statuta,  qua  portions  débet 
esse  contenlus  idem  abbas,  in  bonis  solum  obligantes,  scilicet,aarumdem  capellarum 
et  in  quibusdam  aliis  bonis  pertînentibus  ad  capellam  de  Grivegnée^  quœ  sunthœc  : 
tria  bonariatamterraearabilis  quam  prali sila  juxta  Grivegnée;  item  unum  bonarium 
in  Hasbania  silum  apud  Laniin  ;  item  unum  bonarium  quod  colit  Petrus  ;  item  dé- 
cima trium  jornalium  quae  lenent  Johannes  de  Prato  et  Renvoi  de  Chaynée  ;  item 
décima  prati  quod  Peiri  mililis  de  Hatnbrius  (?)  ;  item  duo  sextaria  speltse  super 
unojornali  juxta  Àngleur ,  item  quatuor  solidi  leodicnses,  quos  legavit  dominas 
Renerus  de  Grivegnée  ;  bonis  aliis  ad  bas  capellas  et  ad  matriccm  ecclesiam  prœdic- 
tam  majore  ,  scilicet  et  minuta  décima  et  aliis  quibuscumque  proventibus  ipsi  eccie- 
siae  aquensi  et  decanatui  per  omnia  salvis  ;  ita  tamen  quod  si  prsedictis  datur  vel 
legatur  aliquid  in  eleemosynam,  percipiet  dictus  abbas  convertendum  in  augmenlum 


\ 


—  360  — 

sue  portioDîs  prsedictae.  PnedicU  autem  fecimus  de  consensu  ,  volnntate  et  lotort- 
tale  capituU  nostri  et  nos  capitalam  confltemar  io  pnedictis  nos  oonsensisse.  Id 
biyos  aulem  rei  testimoniiua  pnesentibos  lilteris  sigilU  nostra  apposoimos  ;  tenore 
eanimdem  sub  sigillo  pnedicU  abbalis  et  conventus  nobis  retento.  Datam  feria 
quiiita  aute  Pentecosten  anno  Domini  H.  GG.  LXXIV». 

Mai  1274, 

Winandf  (ils  et  héritier  de  Boniface  de  Feckiers^  chevalier  et  de  Lutgarde  épouse 
de  ce  dernier,  déclare  que  son  père  Boniface  donna,  il  y  a  32  ans,  à  l'abbaye  des 
Prémontrés  une  pièce  de  terre  et  de  bois  qui  était  son  alleu.  Etaient  présents  à  cette 
déclaration  Henri  abbé,  Gilles  curé  de  Soumagne,  Lutgarde  épouse  de  Winaod,  Henri 
leur  fils,  Àleide  leur  fille  béguine.  Fol.  407  V». 

iV6r«.  Voici  un  fragment  généalogique  tel  qu'il  résulte  des  chartes  de  Beaurepart  : 
Winand  ,  chev9lier  de  Fechier  et  son  frère  Godin,  cités  en  1904.  Le  premier  eut 
deux  fils  nommés  Boniface  et  Nicolas  et  mourut  avant  4845. 

Boniface  y  chevalier  de  Fechier,  épousa  Gertrude  dont  il  eut  Winand  qui  suit  et  trois 
filles  dont  une  épousa  Francon  Davis,  une  autre  Olivier  chevalier  do  Goleppe  et  la 
troisième  Heori  chevalier  d'Evregnies. 

IFinanc/,  chevalier  de  Fechier,  eut  pour  épouse'une  dameGertrode  dont  il  «uideu 
fils,  Guillaume  et  Henri  et  cinq  fiUes  Isabelle,  Marguerite,  Helwide,  Catherine  et  une 
autre  qui  épousa  Nicolas  de  Rummoseis. 


Janvier  1277  (1278). 

Charte  do  la  Cour  allodiale.  Gossuin  dit  Creanche  cède  à  l'abbaye  des  Prémontrés 
la  troisième  part  de  sa  petite  dtme  sous  Soumaguc  qui  était  son  alleu  et  que  Johan 
dit  Maies  de  Feckiers  tenait  en  fief  de  lui,  pour  un  demi  bonnier  de  terre  qui  était 
Talleu  de  l'abbaye  et  que  Gossuin  donna  aussitôt  en  fief  à  Johan  Malea,     Fol.  407. 

Février  1277  (1278). 

Charte  de  la  Cour  allodiale.  Oliviers  de  Goleppe  cède  à  l'abbaye  des  Prémontrês 
les  deux  tiers  de  sa  petite  dlme  sous  Soumagne  qui  était  son  alleu  et  que  Serrais  fils 
de  Johan  de  Maies  tenait  en  fief  do  lui,  pour  un  bonnier  de  terre  qui  était  l'alleu  de 
l'abbaye  et  qu'Olivier  donna  aussitôt  en  fief  à  Servais.  Fol.  107. 


—  361  ^ 
Septembre  1878. 

G.  Abbesse  de  Hocht  renoDcc,  en  présence  de  l'archidiacre  Gérard  de  yastowe  k 
tout  droit  qa'ellc  pouvait  avoir  sur  le  patronage  de  l'église  de  Reickheim,  retentis 
nobis  omnibus  juribos  que  habebamus  tam  in  décima  dictse  parocbiœ  quam  in  panibas 
qui  ofTeruntur  ad  altare  diclse  occlesise  ;  elle  consent  à  l'institution  du  curé  Gérard 
chanoine  Prémonlrë.  Fol.  •IIS. 

35  avril  1281. 

Otto  de  Wikerode  vir  nobilis  tutor  et  mombordus  cognati  mei  Otionis  hcredis  et 
doioini  de  Wikerode  et  nos  Otto  hères  et  dominus  de  Wikerode  jam  diu  plene  adul- 
ons nna  euro  prsedicto  tutorc  noslro,  notum  Tacimus  quod....  (ils  renoncent  à  leurs 
prétentions  sur  les  dîmes  de  Simplevelt  et  reconnaissent  que  celles-ci  appartiennent 
aux  abbayes  de  Cornillon  et  de  Val-Benoit.)...  Prœdicti  veroordinis  prsemonstralen- 
sis  canonici  et  moniales  cistnrcicnses  nos  ci  nostros  caritate  voluntaria  prosequcntcs 
honcstse  dominai  Sophiœ  nostri  senioris  Ottonis  matri  et  nobis  ambobus  et  domino 
Gerardo  de  Manso  militi  et  fldeli  nostro  communionem  orationam  suarum  et  bono- 
nim  omnium  quœ  in  ipsorum  et  ipsarum  flunt  ordine  ac  roonasteriis  misericorditer 
concesserunt.  Hnjus  rei  testes  suntdictus  Gerardu^t  de  .Varuo^Johannes  de  Lotburg^ 
Gerardux  de  Schoxlferg,  Conrardun  de  Wiere  milites  et  fidèles  nostri.  Item  Wilhel- 
tnujt  de  Candenbnme ,  Uercholphus  de  Beureode ,  Gerardus  de  Keukelberghe,  Wil- 
helmm  de  Walhoni  ,  Theodricm  dictus  Steynart  fidèles  nostri....  Nos  vero  Otto 
junior  quia  adhuc  sigillé  caremus  proprio  reverendum  parentem  nostrum  domi- 
Dum  Thcodoricum  de  Wikerode  canonicum  et  scolasticum  Santensem  et  insuper 
canonicuro  ad  majorera  ecclcsiam,  îd  est,  ad  sanctum  Petrum  in  colonia  et  ad  sanc- 
tum  Lambertum  in  Lcodio  et  dilectum  avunculum  nostrum  Fredericum  de  Wikerode 
qui  est  canonicus  ad  sanctum  Gereooem  in  Colonia  et  investitus  de  Herle  rogavimus 
et  rogamus  ut  sua  sigilla  appendanthis  litteris  vice  nostra Fol.  114. 

1285. 

Godard  de  Arxich  et  Ueiuidis  eon  épouse  donnent  à  l'abbaye  domum  suam  et  cur- 
tem  sitas  in  Arsich  contiguas  doroui  seu  curti  diclorum  religiosorum  et  tous  leurs 
autres  biens,,  sous  la  charge  de  services  religieux.  Fol.  58. 

1277-1790. 

le  magistrat  de  Liège  donne,  en  iâ77,  ^  Thierri  de  Ftemalle,  chevalier  «  en  héri- 


—  362  - 

taige  la  pièce  de  terre  qui  gist  entre  la  maison  de  £raeul  de  Treiste  qui  Ja  fat  et 
Beaure paire  dele  fermeté  sur  Moose  de  cy  à  LX  pieds  près  de  la  perte  de  Beaure- 
paire  qui  ore  est,  pour  1 1  sols  de  cens  par  an.  « 

Les  exécuteurs  teslamentaires  de  Thierri  de  Fle^nalle  mirent,  en  iS79,  l'abbaye  de 
Florennes  en  possession  de  la  maison  de  Thierri,  située  près  de  Tabbaye  deBeaare- 
parl,  à  Liège. 

En  12S8,  l'abbaye  de  Florennes  ne  pouvant  payer  ses  dettes,  vendit,  poqr  SÛO 
marcs  de  Liège,  aux  prémontrés  de  l'abbaye  de  Bcaurepart,  la  maison  et  le  jardin 
provenant  de  Tbierf  i  de  Flemalle  donum,  manerium  et  assisiam  et  eorum  appendicia, 
quae  dudum  fuerant  Theodorici  de  Flemalle  militis.  Les  cautions  furent  Jean^  évèque 
de  Liège,  Johannes  de  Cambiis  decanus  Leodiensis,  Renerus  de  Viseio  miles  mares- 
calcus  prsedicti  dni  Leodiensis  episcopi^  Johannes  Surlet  viilicus  et  scabinas,  Ludo- 
vicus  ejus  (rater  scabinus,  Everardut  de  insula  scabinus. 

La  pièce  de  terre,  cédée  par  le  magistrat  en  1277,  à  Thierri  de  Flemalle ^  ayant  été 
autrefois  un  chemin  public,  les  prémonlrés  de  Beaurepart  demandèrent  à  l'empereur 
Rodophe  la  confirmation  de  l'acquisition  qu'ils  en  avaient  faite.  L'empereur  la  leur 
accorda,  le  il  mai  1290,  par  diplôme  daté  d'Ërfurl.  Fol.  61-65. 

Avril  1288. 

Charte  de  la  Cour  allodiale  (homines  de  capitagio  Dei).  A  la  demande  des  prémoo- 
trés  et  sur  le  rapport  de  Jean  de  Saint  Martin,  la  cour  déclare  k  l'unanimité  (per 
plenam  sequelam  hominum  de  capitagio  Dei)  que  l'évoque  et  le  chapitre  peuvent, 
d'après  la  loi  et  le  droit  du  pays,  échanger  les  biens  de  l'Eglise  contre  d'autres. 
L'évèque  et  le  chapitre  donnèrent  aux  prémontrés  (fecerunt  investiri  abbatem  et  con- 
ventum  tamquam  de  suo  bono  allodio;  affaitarenl  et  fisent  affaitir  si  comme  bons 
allons  aile  abbé  et  couvent)  les  biens  suivants  :  la  maison,  la  court,  le  lieu,  Tassiese 
qu'on  dist  de  Biaurepaire  qui  siel  à  Treiste  à  Liège  avec  toute  leurs  appendices, 

droiteurs  et  pertenances  entièrement Item  le  molin  dei  Wege  ainsy  comme  il  siel 

descur  et  desoubs  a  tout  ses  appendices  en  tel  signourie  et  en  teil  droit  que  nostre 
sire  levesque  le  tenoit  et  par  teil  condition  oussi  que  les  manants  des  villes  dei  Wege, 
de  Villcr  levesque,  de  r^aweroule  et  de  leurs  appendices  doient  moure  au  devant  dit 
molin  pour  ban....  —  L'abbé  et  le  couvant  donnèrent  à  l'évèque  et  à  son  chapitre 
comme  bons  alleux  les  biens  suivants  :  la  maison  de  Cornilhon,  XX.V  bonniers  de 
terre  gisant  entour  Cornilhon,  le  molin  de  Grivigneis....,  le  court  de  Mecheroule  et 
IX"  bonniers  do  terre;....  le  court  de  Wargnicfossc  et  C  et  XV  bonniers  de  terre;... 
le  court  de  Richen  et  LX  bonniers  de  terre...  —  Les  hommes  de  la  cour  allodiale 
étaient  Johau  des  Camrjes  doyens,  maislre  Johaii  de  Liele  archidiacre,  singneur 
Alexandre  ÛQ  Brunshove^  maistre  Estievenoity  singneur  Nicolon  de  Parme ^  singneur 


-  ses  - 


Hernmm  de  kavmuUrge,  mistreloiiaftGrflait,  ateynew  WiXkamêitEppe^  suiyttMr 
Jokan  Dtl  Yaux^  maisCre  Gilon  Fmtin  et  singneor  hi^ttl  éè  tkmexke  eftMiKS  ée 
TëgUse  SaÎDl^Lanbert  4t  Liégt  ;  fluiistre  ioban  Ruitel  offlcial  de  la  ooert  de  Liëge, 
Biagneiir  Johan  arohipreatre  de  Liège,  siogneiir  Jokan  de  Tmoin  le  plébiB  ;  mon- 
aeigneiir  Brnold  de  Skendrtmah  eC  dooDsingneur  ifemir  de  KîMif  nareacault  dei 
eTeaquye  de  Liège,  chevaliers;  Johan  de  S.  Martin,  Ewerari  d*Ule,  Joban  SnrUt  et 
Jolum  de  Larditr  eschevin»  de  Liège;  Joktm  de  CeiAeAeei,  Pramam  avoué  de  FUrom, 
Thùri  sot  frère,  Wilheame  de  Bruiff ,  Godard  de  Hâr^ial^  Johan  ifaseif,  Thlri  aea 
frère,  rkonetit  de  F^tneinM,  Gj/Zoït  fUs  monsieur  rilmoR  de  Pmti,  WaUer  Pi^^i  de 
rr7l<r,  ft«ijt0e#orf«  d'Odeur.  M.  66. 

L*évêqae  et  le  chapitre  avaient  délégué  Jean  de  Gambiis,  doyen  et  W.  d'Arras, 
chanoine  de  la  cathédrale  ponr  négocier  cette  permutation. 

Le  4  avril  42S8,  il  fut  convenu  en  outre  entre  les  deux  parties  que  les  religieux 
pourraient  emporter  leurs  meubles,  entre  autres,  ceux  qu'ils  ont  in  omnibus  curtibus 
sois  de  qtiibos  in  dicto  tractatu  habetur  mentio.  —  Item  condictum  est  quod  man- 
siones  existentes  in  ouriis  ipsorum  religiosorum,  videlicet,  Mecheroule,  Wargnifosse 
et  Richen  eslimari  tenebuntur  in  pecunîa  per  probos  viros  h  nobis  et  ab  ipsis  reli- 
l^iosis  députâtes,  cnjus  quidem  estimationis  pecunias  nos  Johannes  episcopus  eisdem 
religiosis  solvere  tenemur.  Fol.  73. 

L'évëque  Jean  de  Fiandre,  le  prévôt  Qurchard  et  le  doyen  Jean  Det  Cainges  char- 
gèrent en  avril  1388  Guillaume  de  Selins  bailli  de  S.  Lambert  et  châtelain  de  Fran- 
chimont  et  Baudouin^  son  frère,  do  mettre  les  prémootrés  en  possession  des  biens 
leur  donnés  en  échange.  Ils  l'annoncèrent  aux  mayeurs,échevins  et  autres  seingncurs 
roasuwirs  et  tenants  de  Frères,  de  Tongres,  de  Lowaige  et  de  Viliers-l'évèque  et  les 
prièrent  de  réaliser  les  actes  y  relatifs  a  des  biens  que  nous  tennons  en  vos  cours  et 
en  vos  terrois  et  justices,  n  Fol.  75  v®. 

Jean,  évèque  de  Liège,  acheta,  pour  sa  mense  épiscopale,  en  1288.  des  prémon- 
trés de  Beaurcpaire  aedificia  curtum  de  Mecheroul ,  de  Wargniefosse  et  de  Bichen 
(sous  Soumagne)  pour  la  somme  de  600  livres  de  Louvain.  Fol.  6-1 . 

Avril  1288. 

l'évéque  transfère  la  communauté  des  prémontrés  de  Comillon  à  Beaurepart. 

Johannes  Dei  gratia  Leodiensis  episcopus  universis  Cbristi  fldelibus  salutem  in 
Domino  sempiternam.  Cura  et  sollicitudioe  pastorali  loca  religiosa  et  eorum  persous 
sludiosios  laboravimus  semper  ab  impiorum  incursibus  eripere  et  ut  divin»  con- 
templationi  Ubj^rius  vacarent  in  pacis  tranquillitate  coUocare.  Cum  igitur  dilecU  filii 


—  364  ^ 

abbates  et  conventas  ecclesis  Montis  Goraelii  noslne  diocMiis  ordinis  pnemonsln- 
tensis  in  rébus  ei  oorporibas  et  moleatiis  et  inacorsibua  mak>nifl[i  bominum  et  pfedo- 
Dum  ad  dictum  locam  Montia  Cornelii  cotidiè  confloeotiom  jyluriea  depredati  et  ipasi 
penitua  ezlnaDili  tôt  et  tantas  i^jttriaa  et  dampoa  io  ipao  loco  toierarunl  quod  ibiden 
paciftce  vivere  et  religionis  auae  régulas  et  profeasionea  noo  poteraut  comnoda 
observare,  auotoritate  pootificali  dictis  abbati  et  conventui  ad  eorum  et  aliorom  pro- 
borum  aapplicatiooea  inatautea  conceaaimua  et  concediaius  ut  de  dicto  loco  Moslis 
Cornelii  vieinis  predonibua  ad  locum  dictum  de  BelUredita  in  insula  Leodii  pacifioan 
et  relîgioni  congruum  ae  et  sua  transférant  cum  omnibus  privilegiis,  indulgenliis, 
gratiis ,  eleemoaynis ,  concesaionibns  et  aliis  quibuaconique  juribua  qnocuaqoe 
nomine  censeantur  quie  ipsis  abbati  et  conventui  nomine  ecclesis  Montis  Cornelii 
competebant  perpétue  moraturi.  Et  nos  dictum  locum  de  Bellireditu  cum  ecclesia, 
claustro,  refeclorio,  dormitorio,  domo  dicla  de  Florioes,  eorum  ambitu,  prociocturis, 
appeoditiis  et  pertinentiis  universis,  cum  omnibus  privilegiis,  iodulgentiis,  gratiis, 
eleemosynis,  concessionibus  ac  aliis  quibuscumque  juribus  quocumque  nomine  cen- 
seantur quae  ipsis  abbati  et  conventui  ratione  ecclesiae  Montis  Cornelii  competebaal 
et  ratione  ecclesis  de  Bellireditu  cum  bonis  a  nobis  abbate  et  conventu  permutatis 
compelunt  et  competere  possunt,  rébus  et  bonis  (>ornelii  Montis  expressis  in  Utleria 
super  boc  confectis  qus  dicti  religiosi  in  nos  ex  permutationc  super  boc  facta  Irans- 
tulernnt  dumtaxal  exceptis,  ipsis  abbati  et  conventui  de  Bellireditu  incorporavimus, 
incorporamus  et  adnnimus  et  nostra  auctorilate  ponlificali  ordinaria  conflrmamns. 
In  quorum  testimonium  et  munimen  prssentes  litteras  sigilli  nostri  appensioae 
corroboravimus.  Actum  et  datum  anno  Domini  M.  CC.  LXXXVin«  mense  aprili. 

Fol.  68. 

Avril  1289. 

Acte  de  partage  de  la  forêt  Bamelve  à  Seraing-Sur-Meuse  entre  i'ëvèqae  et  «  les 
masuwirs  del  court  de  Seraing  sour  Mouse.  »  Les  abbés  de  S.  Jacques  et  de  S. 
Gilles,  à  Liège,  ëiaient  masuwirs  de  cette  cour;  ils  appendirent  leurs  sceaux  ù  TacU 
pour  eux  et  pour  les  autres  masuwirs.  Fol.  83  v«. 

âO  septembre  1294. 

Everard  dit  de  Franehimont^  citoyen  de  Liëge,  dote  d'un  revenu  de  S6  moids 
d'épeautre,  l'autel  de  St«-Catherine  dans  Téglisc  de  S.  Nicolas-Outre-Menao  arec  la 
cbarge  de  4  messes  par  semaine  ;  il  rtisen-e  la  collation  de  ce  bénéûce  à  l'abbé  de 
Beaurepart.  FqI.  97  v«. 


—  368  ^ 


i3H. 


Ittm  dit  Fofrri,  cl«rc  de  Liège,  fonde  le  i>ënéBoe  ainple  ^e  Rotre-Deffle  dans 
rëglise  de  S.  Nicolas-Oatre-Mease.  Fol.  98  v*. 

1296. 

Vabhé  de  S,  Victor  à  Paris  rentmce  à  sei  droits  sur  le  couvent  de  Beaurepart. 

Cniversis  pnesentes  litteras  inspectnris  frater  Odo  hQmilU  ftbbas  Monasterii  Saocti 
Victôris  Parisiensis,  totasque  ejQsdem  loci  conventos  seteroam  in  Domino  salvlem. 
lïoveriiis  universi  quod  cum  dominus  Baidardus  qaondain  archidiacooos  Leodiensis 
locnm  de  Belliredila  sive  de  beaurepaire  in  insoia  Leodiensi  situm  salis  insignem  ab 
episcopo  et  capitule  Leodiensi  aequisierit  atqne  dotaverit  et  in  extremis  laborans  in 
eodem  loco  canonicos  regulares  noslri  ordinis  et  de  domo  nosira  Deo  famulalaros 
ibidem  instituerit  atque  mandaverit  ordinari  et  per  venerabilem  virum  magistram 
Godefridum  de  FontanU  caoonicnm  Lcodiensem  dictus  locus  de  fiellireditu  cam  per- 
tinentiis  suis  juxta  ordinalionem  prsefati  archidiaconi  Leodiensis  instantissime 
nomine  executorio  ipsios  archidiaconi  dictom  locum  nobis  obtulerit  cum  effecta  et  ut 
assensum  nostrum  prseberemus  studiosissiroe  laboraverit.  Nos  matura  et  muitiplici 
deltberaliono  super  hoc  prsehabita  nnanimî  nostro  consensu  loco  prsedicto  de  fiellire- 
ditu cnm  periiDenliis  suis  et  aliis  bonis  occasione  dicti  loci  et  pcrsonarum  noslrarum 
acquisllis  renunciamus  sine  \e%Q  aliqua  repetendi.  Attendentes  quod  viri  religiosi 
abbas  et  conventus  quondam  Montis  Cornelii  juxta  Leodium  ordinis  priemonstratensis 
de  voluntate  et  assensu  episcopi  et  capitnli  Leodiensis  ad  ipsum  locum  de  fiellireditu 
se  Iranstulerint  permutando  clanstrnm  suum  Montis  Cornelii  pro  loco  prœdicto  de 
fiellireditu  sive  de  fieanrepaire  ibidem  perpetuo  Deo  famulaturi.  Nos  vero  de  dicta 
transUitione  gaudentes  ac  eorum  justis  desideriis  annuentes  ipsum  locum  prsdictum 
de  fieaurepaire  cum  omnibus  pertinentiis  suis  quantum  in  nobis  est  conferimus  et 
per  présentes  tolaliter  cedimus,  praeroissa  omnia  a  nobis  penitus  abdicantes  et  in  eas 
transfcrentes.  Gonstituimus  etiam  nicholiminus  ipsos  religiosos  donatarios  procura- 
lores  et  dominos  tamquam  in  res  suas  et  ponimus  eos  in  locum  nostrum  mandatîs  et 
cessis  direclid  et  utilibus  actionibns  ut  amodo  possint  suo  nomine  agere,  experiri,  se 
tueri,  excipere,  replicare  et  omnia  facere  tamquam  quis  in  re  sua  facere  potest  et 
débet.  Quam  donationem  et  liberalitatem  in  dictos  religiosos  dilucide  et  spontanée 
collatam  promittimus  ratam  et  firmam  habcre  et  observare  sine  lege  aliqua  repetendi 
et  eam  non  iufringere  vel  rovocare  aliquo  ingénie  sive  casu.  In  quorum  testimonium 
Cl  robur  Qrmilatis  sigilla  nostra  praesentibus  duximus  apponenda.  Datum  et  actum 
anno  Domini  M.  CC.  LXXXXVI»  mense  martio.  Fol.  73  v«. 


—  366  — 
Fé^Tier  4300. 

Les  msUres,  écbevins,  jorës  et  it  comnMiMnittf  de  la  eké  d«  Liéfpe  autorisant  les 
religienx  k  arotr  des  jours  et  à  faire  des  constructions  du  côcë  de  )a  Meuse  qai  bti* 
gne  les  murs  de  la  maison,  moyennant  une  rente  annuelle  de  Xil  deniers. 

Fol.  74. 

i  aoiit  1300. 

Giêlêberî,  seigneur  de  Bnnckhùrsi^  vend  à  l'abbftye  de  BeanrepuitroiabooDiers 
<le  terre  silaës  devant  la  porte  du  couvent  de  Raickheim  pour  la  soome  de  trente 
mares  de  Brtbant  et  une  renie  aanaeUe  de  trois  deniers.  Fol.  12S  v«. 

10  mars  1313  (1312). 

Charte  d'Adolphe  de  la  Marck,  évèqne  de  Liège.  Rato  châtelain  de  Hermie, 
ëcuyer,  partage  entre  ses  deux  fils  Gilles,  ccclesiastiqae,  et/ean^dix-bnit  bonniers 
qu'il  tenait  en  fief  de  l'ëvèque  de  Liëge.  Celui-ci  y  consent  et  reçoit  le  relief.  Forent 
présents  à  l'acte  Johannes  de  Wilenbringes,  Libertus  de  Landris  canonicus  ecclesis 
nostrse  Leodiensis,  necnon  Johannes  de  Landrùt,  Thomas  de  Dyest  mitites,  ÊAtdmri- 
eus  dictus  Poillons  civis  Leodiensis  et  Conrardus  natus  Henrici  de  ïjingius  nilitis. 
nostri  féodales  homines.  Fol.  935. 

Septembre  1322. 

Chirographe.  L'abbaye  de  Beaurepart  donne  en  bail  empbythëotique,  quatre  bon* 
niers  de  prés  «  a  couvent  de  frères  et  sœurs  malades  et  haities  del  maison  de  Cor- 
nilhons  deleis  Liège  »  dont  les  mambours  pour  le  temps  étaient  Fastreit  Bareit 
eschevin  de  Liège,  Alisandre  de  Feciers,  Gerar  de  Pistrin  le  bolenger,  Goffin  del 
Lion  le  corhesir,  <  parmi  L  fais  de  four  de  boin  paiement  cbascun  an  ».  Le  bail  est 
réalisé  devant  la  cour  jurée  de  Tabbayo  qui  est  composée  de  :  soigneur  Joban 
Coingnoule  le  prestre  notre  mayeur,  Rassekin  de  Preit,  Thirion  son  fils,  Pirnial 
Hoghel,  Pieron  del  Chace,  Johan  de  Franchimont,  Julin  de  Herves  et  GiUebar  de 
Vhoke  nos  tenants  jureis  beritaubles  de  notre  court.  »  Fol.  8i  v«. 

Dans  un  acte  de  4  357  on  voit  que  la  cour  jurée  de  l'abbaye  était  composée  de  : 
«  Jakeme  de  Stavelot  proviseur  du  couvent,  mayeur ,  Hasson  dele  Cange  chevalier, 
es  shevin  de  Liège,  Gilon  dit  Surelet ,  Julin  de  Iferves^  Thiri  Bin  ,  Colart  de  Sewes^ 
iMmbert  de  Satvechi  et  Hannekinet  dit  del  Pont  dyle  tenans  hirtaubles  de  celle 
meismes  court  jureie.  Fol.  88  v<> 


—  367  — 


1313. 


Charte  de  la  cour  aliodiale.  €  Wiileame  de  FUmaU  aflUtat  à  l'abbaye  de  BeaoK- 
paîre  IL  deniers  de  bonne  monnoye  et  iV  capone  ^de  cena  hëriteble  par  an  que  les 
dits  abbeil  et  couvent  dévoient  an  dict  Wilbealnie  heritablettent  sour  une  court  en 
Araich  joittdani  de  leur  court  meiames,  lesquelles  XL  deniers  et  ilil  capons  sont  et 
estoient  au  dit  Wilhealme  tout  allouz  et  ne  scavoit  qu'il  fust  de  rins  encombrais  si 
qu'il  cognât  par  devant  nous.  Fol.  60  v«. 

12  décembre  1326. 

■ 

Adolphe  de  la  Marck,évéque»  investit  l'abbé  de  Beanrepart  de  huit  bonniers  de  fief 
situés  à  Frères  qu'il  a  achetés  de  GiUesde  Uermées  clers  fils  de  Rassekin  de  Uertnées, 
L'inve/»tlture  eut  lieu  au  ch&teau  de  Huy  le  i3  décembre  iSâS,  par  plaiae  suitle  dea 
hoiQmes  de  fief  présents  :  Adoulphe  de  Waideke  notre  cousin  prévost  défie  église 
Itotre-Oaine  de  Namur,  Libier  de  Landris  vice-doyen  prévost  del  ^ise  de  Fosse, 
JohanM  Biel  chanoine  de  nostre  église  de  Liège,  IZfiitV  des  Falites  canoine  et  éco- 
lastre  de  nostre  église  saint  iohan  de  Liège,  mesir  Johan  de  Faus  chevalier,  Pirlot 
de  Barian  notre  maieur  de  Huy,  Eraoul  Carpiei  de  HaUoy,  Daniel  de  Freires  condist 
le  petit,  Henri  Godenul  de  Wihongney  Eustace  son  frère.  Fol.  91 . 

août  1889. 

L'abbd  et  les  religieux  Prémontrés  donnent  à  Thomas  Ma$iet  de  Vil^  l'Evèque 
«  nostre  court  ensi  quels  est  en  close  et  en  baye  niante  .desous  le  mostier  delo  dite 
ville  de  YUler  entre  ywcrtMîoii.deleis  le  coti^t  damme  Annes  femme  jadis  Johan  de 
Fejphe  et  ses  enC^nts  dung  costeit  et  le  court  damme  YuabelU  femme  jadis  B€nier  de 
Dommartin  del  autre  costeit,  à  tenir  tonte  le  dite  court  hirtable  de  nous  et  nostre  église 
parmi  VII  muids  de  spelte  hiretable  chascun  an....  >  Fol.  85  v« 

6  juillet  1334. 

Nous  Adolphe..,  évesques  de  Liège...  faisons  savoir  à  tous  lie  nostre  âmes  fiables, 

mesaire  Libers  de  Viler  chevaliers  reporta  sus  en  nostre  main,  werpit,  effestuca  et 

quitta  beritaoblement  a  tous  jours  a  oes  de  Eustasse,  Emoul,  Oude,  Marie,  Çlarifu 

el  Mabtie  ses  eofans  la  pressas  rechevans  et  acoeptans  tous  ses  umiers  et  son  viage 

.  que  il  avçit  et  avoir  pooit  u  devoit  en  sis  bonniers  de  terre  eruile  gisant  en  plusors 


—  368  — 

pieches  sa  territoire  de  Viller. Desquels  umiers  et  vîage  de  ches  sis  booniers 

de  terre  H  dits  messire  Liber$  de  Vileir  pooit  faire  sa  YOlonteit  par  le  congiet  qae 
nous  U  avtes  sur  che  donneit  par  nos  autres  lettres  sur  ce  faictes  seieUees  de  notre 
seiel  en  son  plain  mariage,  lesquels  sis  booniers  de  terre  U  dits  sis  enfants  relevèrent 
de  nous  en  fief  cascuns  pour  sa  part  et  nous  en  fiseot  feauteit  et  bomaige  li  dit 
Eu4iat$e  et  ErnouU  frère  pour  eaus  et  pour  lor  quattre  serours  comme  lor  mamboors 
a  cbe  donnes  et  livres,  ensi  comme  il  est  us  et  costume  de  cbe  faire,  fiûsant  feanteil 
et  bomaige  a  mains,  a  boucbe  et  a  sains...  »  Ces  six  enfants  vendirent  les  six  boo- 
niers à  Tabbaye  de  Beaurepart  qui  les  acheta  des  deniers  provenant  «  de  la  court  de 
Bofait  que  li  dits  abbeii  avoit  vendu t  sî  comme  il  dist  4  Gitechon  de  Strees  esquyer.  • 
L'abbé  les  releva  en  fief  par  un  mambour.  c  A  ces  œuvres  furent  présent  avec  noos 
notre  ameit  fiable  messire  Gerart  de  le  Marke  sire  de  Radichem  nos  oncles  cheva- 
liers, messire  Reniers  de  Ohore  canones  de  Cologne  coustres  de  Walecourt,  Jehaat 
de  le  âtarke  canones  de  notre  église  Saint- Jehan  de  Liège,  Tkilmans  de  Roesmar 
nostre  recheveurs  eskevins  de  Liège ,  Ernouls  de  Oborne ,  Domicien  Borivin ,  Lam- 
bert li  mambours  borgois  de  Huy  et  Herman  Hinxi  nostres  camberlens....  Données 
et  faictes  à  Liège  en  la  maison  del  dit  Jehan  de  le  Marke  lan  de  la  nativiteit  nostre 
Seigneur  H.  CGC.  XXXIIII,  le  VI  jour  dou  mois  de  Jule.  Fol.  88. 

38  juin  1335. 

Adolphe  de  la  Marck,  évèque  de  Liège,  donne  à  l'abbé  de  Beaurepart  l'investiture 
de  huit  bonniers  de  biens  féodaux  situés  à  Frères  que  Jehan  de  Ilermée,  fils  de  Ras- 
sekin  de  Uermée,  lui  avait  vendus.  A  ces  choses  furent  présents  vénérables  et  saige 
hommes  messire  li  abbé  de  S.  Gil,  messire  Adoulphe  de  Waltedech  abbé  séculier  de 
Notre-Dame  de  Namur,  messire  Gerar  Doxhen  abbé  séculier  de  Notre-Dame  de  Ciney, 
messire  Ubier  de  Landris  prevost  délie  église  de  Fosse,  Johan  le  Biaus  prevost  de 
S.  Jean  de  Liège,  maistre  Johan  de  Corswaremme  et  Sandres  de  Pliron  canones  de 
S.  Johan.  Kem  nobles  hommes  messire  Gérard  del  Marche  sire  de  Radechem,  mes- 
sire Aiissandre  de  S.  Servaes  et  messire  Johan  Surele*,  chevalier;  fait  en  jardin  del 
abbie  Saint  Gile  en  Puilhemont «  Fol.  90  et  92. 

a  mai  1340. 

Charte  d'Adolphe,  évèque  de  Liège.—  Henri  fils  Danial  jadis  le  petU  Je  Frwts 
ayant  vendu  à  l'abbaye  de  Beaurepart  la  moitié  de  son  moulin  de  Frères  qui  était  bo 
fief  du  prince-évèque,  se  rendit  à  Liège,  où,  en  présence  de  l'évèqueetde  ses  hommes 
de  fief,  il  c  reporta  sus  en  notre  main,  werpit  et  eifestuoa  »  au  profit  de  Tabbaye,  la 


—  369  — 

moitié  da  moulin.  L'évéqve  la  rendit  à  Tabbaye  poor  la  tenir  en  fief  de  loi.  L*abbé 
constitua  Henri  de  Pênes  fils  jadis  GodmgnouU  mambour  dnfief  «  qui  pour  le  dit  fief 
bien  desservir  ainsi  qu*il  aflBert  comme  mambour  du  dit  abbé  en  ce  cas  le  releva  de 
nous  en  fief,  faisant  à  nous  serment  de  feanltë  et  d'hommaige  aile  usaige  de  notre 
court...  k  ces  choses  furent  présent  Johati  dit  le  esquevins,  Servaus  de  H'ardreceu 
eschevins  de  Dynant,  Johan  de  WardrecheU  avowis  des  maues  clers,  Buvechùnt  des 
Camges  citains  de  Liège  frères  du  dit  abbé  Henri,  Herman  de  Roiel  eacuiers,  Johan 
dit  Chandoiteal  de  Liège  et  plusieurs  aultres  nos  feable....  » 

Fol.  78. 

8  février  13W. 


Les  habitants  de  Villers  TEvèque  et  de  Naweroule  ayant  refusé,  de  faire  moudre 
leurs  grains  au  moulin  de  Lowaige  furent  cités  devant  les  échevins  de  Villers,  mais 
ceux-ci  jugèrent  en  faveur  des  habitants.  Les  Prémontrés  interjetèrent  appel  devant 
la  cour  des  échevins  de  Liège.  Ceux-ci  reconnurent  que  «  ce  moulin  movait  en 
alluens  »  de  la  cour  allodiale  ;  ils  jugèrent,  le  5  février  4341,  raffaire  :  c  nous  ensei- 
gnamesy  dîsent-jls,  et  rechargeâmes  aux  eschevins  de  Villers,  en  la  présence  des  par- 
ties, par  loi,  et  par  Jugement  le  molin  del  Wege  estre  et  devoir  demorer  bannal  è 
perpétuité  et  que  tous  les  masuwirs,  les  moulans  et  les  habitants  de  Viller  le  vesque 
et  de  Navreroule  doient  à  ce  molin  moulre  par  ban  a  droit  moulnaige  tcil  qu'ils  l'ont 
paiet  anchiennement,  foursmis  et  exceptés  prostrés,  clerques,  chevaliers  enfants  de 
chevaliers,  lesquels  on  ne  peut  constraindre  s'ils  ne  veullent  ;  et  ceulx  tant  seulement 
exceptés,  tous  les  autres  sont  tenus  de  là  moulre  par  ban  et  nient  aultrepart  et  tous 
ceux  qui  n'y  moulront  doient  estre  al  amende  de  VU  solz  de  bonne  monnoie  tant  fois 
quant  fois  le  moulnicrs  de  ce  moulin  sen  deplenderat  ;  >  les  amendes  seront  pour  les 
Prémontrés.  Fol.  76  v«. 

Note»  Pourquoi  cette  contestation  ful-elle  portée  dans  lajustice  ordinaire  de  Villers 
et  en  appel  devant  la  cour  des  échevins  de  Liège,  quoique  le  moulin  fût  un  allên 
mouvant  de  la  cour  allodiale  de  Liège  ?  Etait-ce  parce  que  la  cour  allodiale  ne 
ouissail  pas  encore  d*nn  véritable  pouvoir  judiciaire  et  qu'elle  ne  pouvait  que 
réaliser  les  actes  de  mutation  concernant  les  alleux  ?  Etait -ce  parce  que,  dans  des 
constestations  touchant  la  propriété  et  les  obligations  des  alleux,  les  parties  pou- 
vaient s'adresser  de  commun  accord  aux  tribunaux  ordinaires  ?  Nous  sommes  por- 
tés à  croire  que,  dans  le  cas  présent,  on  a  suivi  le  principe  actor  sequitur  forum  rei; 
les  coupables  étaient  les  habitants,  qui  n'étant  justiciables  que  dans  la  cour  de 
Villers,  ne  pouvaient  être  attraits  que  devant  elle. 


-  370  — 
Décembre  1334. 

Les  mtltres,  tes  échevins,  les  jurés,  le  cooseil  et  toute  la  ODiversitë  de  la  cité  de 
Liège  autorisent  les  prémootrés  à  avoir  «  k  tous  jours  mais  leurs  aisements  ens  en 
murs  de  notre  cité  qui  sont  sur  House  auxquels  joingt  leur  abbie,  par  ainsi  qa'iiâ 

puissent  sus  et  ens  maisonner  et  édifier  à  leur  plaisir Ce  fut  donne  et  ottroyet 

en  plein  siège  k  la  Violette  dacort  commun  et  par  pleine  siete  de  jurés  et  des  quatre- 
vingt....  » 

Pàque  1351. 

Les  maîtres,  les  jurés,  le  conseil  et  toute  la  université  de  la  cité  de  Liège  autorisent 
les  prémontrés  k  avoir  c  à  tous  jours  maies  leurs  aisements  ens  en  murs  de  notre 
cité  qui  sont  sur  Mouse  auxquels  joiogt  leur  abbie,  par  ainsi  qu'ils  puissent  sus  et 
devent  maisonner  et  édifier  k  leurs  plaisirs.  >  Fol.  74  \^, 


1362. 


Translation  de  t église  paroissiale  de  LoveruaL 

Universis  présentes  litteras  inspectoris  et  audituris.  Enghelbertus  Dei  gratia 
Leodiensis  episcopus....  ad  universorum  igilur  notiliam  cupimus  perveoire  quod 
venerabilis  et  religiosus  vir  fréter  Nicoolaus  de  Ponte  InsuUe  abbas  Monasterii  Bel- 
lireditus  Leodiensis  prœmonstratensis  ordinis  parochialis  ecclesise  seu  quartœ  capel- 
be  sancti  Bavonis  de  Lovirvals  Leodiensis  didscesis  et  capells  S.  Hubert!  in  eaden 
villa  consistentis  solus  et  in  solidum  jam  dicli  monasterii  ratione  patronus  ac  nobiiis 
vir  dominus  Engelberius  de  Marcha  miles  patruus  nosler  clarissimus  dicts  ville  de 
Lovirvals  dominus  lemporalis,  necnon  frater  JoAanrte.}  de  A/irmorr  canonicus  régula- 
ris  dicti  monasterii  reclor  ad  praesens  ecclesiae  parochialis  et  capeliae  praedicloram, 
nobis  exponere  curaverunt  quod  ecclesia  memorata  sila  est  prope  castrum  ipsias 
villœ  de  Lovirvals  super  rupem  et  in  ioco  minus  compétente  et  apto,  necnon  diflBcili 
incolis  dictae  villœ  prsesertim  tempore  hyemaii  et  quod  propter  ejusdem  loci  seu  nipis 
duritiem  haberi  non  potest  locus  aptus  pro  csmeterio  in  quo  parocbianorum  dicte 
ecclesise  defunctorum  corpora  sepeliri  valeant,  ordinando  ;  sed  oportuit  hacteous 
hujusmodi  ix>rpora  in  caemeterio  juxta  capellum  S.  Huberti  prstactam  existeote 
deportari  et  ibidem  ecciesiaslicse  tradi  sepulturae,  quodque  dictarum  ecdesiœ  et  capel 
lœ  fructus,  redditus  et  proventus  adeo  tenues  sunl  et  exiles  quod  pariter  adunati  et 
conjuncti  vix  sufficere  possent  ad  sustenlalioncm  et  regimen  unius  personae  dum- 


-  371  — 

taxât,  ut  pata  L  floremoram  aureoruiu  icgalium  summam  annuam  nullatenus  exce- 
deDtes  ;  et  quod  dicta  capella  pro  incolis  dictœ  villae  6îta  est  in  loco  longe  magis 
congnio  et  quod  magis  esset  parochianis  prsdictis  competens  et  apta  quam  ecelesîa 

memorata Unde  nos  Engelbertas  episcopus de  consensu  domini  Lanrentii 

decani  Florinensis  concilii ecclesiam  seu  qaartam  capellam  pi  ochialem  S.  Bavonis 

et  capellam  S.  Hoberli  de  LovirvalscumaDiversisetsingulisearnairedditibusetbonis 
ad  invicem  in  Dei  nomine  conjangimus  et  unimus  et  pnedictam  S.  Haberti  capellam  in 
ipsîDs  viltee  de  Lovirvals  parochialem  ecclesiam  coostituimas  et  ordinamus,  êede- 
siamque  sea  qnartam  capellam  S.  Bavooisaatescriptam  simplicem  capellam  sen  allare 
sine  cara  disponimus  et  facimus  ;  ac  volomns  qnod  deinceps  et  in  perpetaum  unum 
damtaxatbeneficiamecclesiasticam  censeatur  et  existât  ecclesiaparochialis  et  capella, 
qnodque  solus  rector  admittatur  per  decanum  pnelibatam  concilii  Florinensisad  illaset 
instituator  in  eisdem  ad  prœsentationem  dicti  abbatis  monasteriiBellireditasqoieam- 
que  foerit  pro  tempore  sollos  et  in  solidum  hujusmodi  beneficii  patron!....  Prseterea 
\olumus  quod  campanse  de  prasenti  pendentes  in  dicta  ecclesia  seu  capella  sancti 
Bavonis  ac  fontes  baptismales  existentes  ibidem  transferantor  et  deportentur  ad 
ecclesiam  parochialem  sanctoram  Bavonis  et  Huberti  pradictam.  Insuper  concedimus 
quod  praenominatus  noster  patruns  in  prtetaclo  suo  Castro  de  Lovirvals  suis  sompti- 
bus  novam  capellam  construi  et  sediRcare  facere  ac  de  bonis  ejus  proprlis  dotare 
valeat  ;  quodque  dictus  rector  ipsius  parocbialis  ecolesiœ  de  Lovirvals  in  recompen- 
sam  offlcii  quod  in  ipsa  capella  S.  Bavonis  facere  debebat,  posait  redditum  annunm 
et  perpetuum  VI  modiorum  speltœ  mensur»  dicti  loci  delranis  ac  fructibus  et  reddi- 
tibus  dictse  ecclesiae  parocbialis  ad  ipsius  novœ  capell»  dotem  applicare  et  conferre 
sub  modo  et  forma  superius  declaratis....  Datum  et  actom  anno  à  Nativitate  Domini 
M.  CGC.  L\I1  mcnsis  aprilis  die  nona.  Fol.  iS6  v«. 

7  octobre  1384. 

Catherine  fille  de  Robert  Robechon  de  Socke  béguine  fonde  un  autel  en  léglise  de 
S.  Nicolas  en  l'honneur  de  S.  Jean-Baptiste  et  de  Marie  Madeleine  et  le  dote  de 
1  i/2  muids  d'épeautre  ;  elle  en  réserve  la  collation  à  l'abbé  de  Beaurepart  et  au 
curé  de  S.  Nicolas.  Fol.  100. 

13  novembre  1368. 

habeal  fille  de  Johan  dit  le  Veghay  fonde  deux  bénéfices  simples  an  même  autel 
en  l'église  de  S.  Nicolas  et  les  dote  chacun  de  XII  marcs  de  cens  déritable ,  sous  la 
charge  d'une  messe  quotidienne  à  dire  allemativemept  ;  elle  en  réserve  la  collation  à 
ses  plus  proches.  Fol.  iOO  V«. 


—  372  - 
8  février  1658. 

Le  pape  accorde  le$  privUéges  de  la  crotte  et  de  la  miire  à  tabbé  de  Beaurepart, 

Àleiandef  episcopos,  servas  servoram  Dei....  Exhibita  siqâidem  iiobis  nnper  pro 
parte  dilecti  filii  ADtoDit  Jamar  modérai  abbatis  monaaterii  BelUreditoe  Leodieosis, 
pnemoDSlrateDsis  ordinia  petitio  continebai  quod,  cum  dictum  monasteriam  ioter 
însigoia  civiiatis  Leodiensia  moDasleria  annumeretnr  et  ipaios  decori  et  aplendon 
boc  deeaee  videatnr  qnod  ipaius  abbas  pro  tempore  exislens  mitra  Don  utiliir,  qn 
utendi  privilegiom  siabbati  bojusmodi  concederetur,  profecto  id  non  aolum  iomonas- 
terii  et  ordinis  prœtactorom  majus  ornamentum  et  majorem  splendorem  sed  etiam 
in  diviDi  cultos  aogmentum  et  majorem  decorem  cederet,  qaarc  pro  parte  cyasdem 
Antonii  abbatis  nobis  fuit  bumiliter  supplicatam  quateous  in  pnemissis  opportune 
providere  de  benignitate  apostolica  dignaremur.  Nos  Igitur....  hajusmodi  sopplica- 
tionibas  inclttati  dicto  Antonio  et  ejus  soccesaoribas  pro  tempore  existentibus  dieti 
monaaterii  abbatibus  hujuamodi ,  ut  tam  in  ipso  monaaterio  qoam  in  quiboscumque 
monasteriis ,  prioratibus  ,  ecclesiis ,  capellis  illi  subjectis  et  ab  co  dependentibus  ac 
proceasionibus  ac  aliis  actibus  aolemnibus,  mitra,  annulo,  baculo,  pastoralibus  san- 
daliis,  chirotecis,  aliiaque  pontificalibus  insigoiis  uti  et  in  eis,  dum  Antontam  abba- 
tem  et  sucessores  in  pontificalibus  celebrare  contigerit,  benedictionem  solemnem 
post  miaaarum  aliorumque  divinorum  oSiciorum  celebrationem  super  populnm  tune 
ibidem  existeotem,  dummodo  aliquis  antites  seu  sedis  aposlolicse  legatus  ibidem 
praeaens  non  sit,  seu  si  prssens  fuerit,  ejus  ad  id  expressus  accédât  aasensus,  elar- 
giri,  accruees,  pallas,  vestes,  capsulas,  patenas,  calices  et  alia  ornamenta  et  vesli- 
menla  ecclesiastica  divine  cultui  dicata ,  in  quibus  sacri  olei  aut  cbrismatis  unctio 
non  requiritur  cum  solitis  solemnitatibus  et  cieremoniis  juxta  ritum  sanctse 
romanœ  ecclesiae  benedicere  ac  dicli  Bellireditus  et  aliorum  monasteriorum  et  prio- 
ratnum  illi  subjectorum  hujusmodi  omnesque  et  singulas  alias  s^culares  et  regulares 
ecclesias  eidem  tamen  monasterio  subjectas  et  ab  eo  dopendentes,  illarum  que  cae- 
meteria  sanguinis  vel  seminis  humani  effusione  poUutas  vel  polluta ,  aqua  tamen 
prius  per  catholicum  antistitem  ut  moris  est  benedicta ,  reconciliare  libère  et  licite 
possint  et  valeant,  dummodo  vcnerabilis  fratris  noslri  episcopi  Leodiensis  ad  hoc 
accédât  assensus,  apostolica  auctoritate  tenore  prœsentium  earumdem  perpétue 

concedimus  et  indulgemus Datum  Rom»  anno  incarnationia  dominicse  4658 

octavo  idusfabroarii....  Fol.  103. 


NOTE 


SUR  L'ANCIENNE  EGLISE  DE  BEAUREPART, 


La  vue  de  rancienne  église  de  Beaurepart  qui  accompagne 
cette  notice,  est  faite  d*aprës  un  calque  pris  par  M.  le  chanoine 
Henrotte  sur  le  dessin  d*un  manuscrit  de  Charles  Langius, 
écrivain  liégeois  du  XVP  siècle.  On  n*en  connaît  pas  d*autre. 

Lnngius  accompagne  son  croquis  des  réflexions  suivantes  : 

«  La  maison  dite  vulgairement  Beaurepart  à  Liège,  est  un 
très-beau  monastère  de  Tordre  des  Prémontrés  ;  il  y  a  un  prélat 
non  mitre.  Ln  maison  est  médiocrement  riche  et  Tabbé  peut 
avoir  pour  son  plat  SOOO  ducats  passés  de  revenu.  Elle  est  située 
en  un  lieu  fort  plaisant,  du  côté  du  midi,  ayant  tout  du  long  la 
rivière  de  Meuse  qui  lui  donne  un  aspect  fort  agréable.  La  mai* 
son  est  rebâtie  à  la  moderne,  fort  commode  et  belle,  ayant 
beaux  vergers  et  jardins. 

L'église  est  irès-somptueusement  ornée  en  dedans,  de  marbre 
blanc  et  noir,  de  jaspes  et  autres  pièces  singulières  ;  entre  les 
choses  remarquables  est  le  docsal,  élevé  sur  piliers  de  marbre 
noir  curieusement,  et  taillé  au  milieu  avec  les  soubassement  et 
piédestal  ;  puis  le  frontispice  orné  de  plusieurs  belles  statues  et 
d'histoires  de  Tancien  et  du  nouveau  Testament,  fort  riche  et 
plaisant  à  voir.  Aussi  est  la  table  et  Tornement  du  grand  autel 
fort  rare,  d*albâtre  et  autres  pièces  artificiellement  besognées. 
Bref,  nul  endroit  de  Liège  n'a  plus  riche  parure  de  pierres 


-  374  — 

taillées  ou  de  peintures ,  de  façon  que,  pour  sa  petitesse,  le  de- 
dans n'a  pas  de  semblable  à  Liège. 

L'église  est  dédiée  à  Saint  Gornel,  pape;  le  peuple  avec 
grande  affluence  et  dévotion  y  fait  de  fréquentes  visitations, 
trouvant  presque  journellement,  par  longue  expérience,  les  ma- 
lades être  guéris,  particulièrement  du  haut  mal,  par  les  mérites 
et  intercessions  de  Saint  Gornel. 

Les  religieux  étaient  à  Gornillon  avant  que  ce  lieu  ne  fut  for- 
tifié pour  la  garde  de  la  cité,  environ  1289. 

Des  abbés  qui,  avant  ce  transport,  ont  gouverné  la  maison,  il 
ne  s'en  trouve  presque  nul  mémoire  ;  même  leurs  archives  (selon 
que  je  me  suis  enquêté)  ne  sont  guère  plus  anciennes,  leur  mo- 
nastère de  Gornillon  ayant  été  brûlé  entièrement  dans  les 
guerres  des  Limbourgeois,  par  quoi  furent  contraints  de  se 
retirer  à  la  cité.  Toutefois,  dans  une  ancienne  chronique  de 
Liège,  vers  l'an  1131,  se  trouve  un  abbé  de  Gornillon  qui  rendit 
de  grands  services  aux  Liégeois  devant  le  château  de  Bçuillon. 
Je  n'ai  sceu  retrouver  aussi  la  liste  des  abbés  qui  ont  gouverné 
la  maison  depuis  ladite  translation  ;  en  l'église  cependant  se 
voient  quelques  marbres  et  épitaphes  d'anciens  abbés,  lesquels 
j'ai  aussi  décrits.  » 

Deux  colonnettes  en  marbre  noir  du  maltre-autel  de  cette 
église,  portant  les  armoiries  de  la  famille  de  Limborg,  sont 
conservées  au  Musée  archéologique  de  Liège.  » 


! 


N 


QUELQUES  MOTS  SUK  GRÊTRY 


â  prop08  de  bi  IVotfce  qae  lui  consacre  la  Biof^aphiê  vmhreruUe  des  Musiciens, 


Un  honorable  membre  de  l'Institut  archéologique  Liégeois 
s'adresse  à  moi,  comme  au  dernier  survivant  des  amis  deGrétry, 
pour  connaître  mon  opinion  sur  les  allégations  de  la  Biographie 
universelle  des  musiciens^  dont  l'auteur  dit  que  l'illustre  compo- 
siteur liégeois  n'a  point  écrit  les  Essais  sur  la  musique,  et  le 
peint  en  outre  comme  un  ignorant  et  un  égoïste. 

J'ai  ouvert  l'ouvrage  de  M.  F.-J.  Fétis,  que  je  n'avais  jamais 
eu  l'occasion  de  consulter,  et  j'ai  trouvé  l'article  dont  je  m'oc- 
cupe empreint  d'une  malveillance  dont  il  m'est  impossible  de 
découvrir  les  causes.  J'y  lis  en  effet  les  passages  que  je  vais 
reproduire  : 

((  Malgré  ses  prétentions  à  l'esprit,  sa  conversation  était  plus 
fatigante  qu'agréable,  parce  qu'elle  n'avait  et  ne  pouvait  avoir 
que  lui  ou  ses  ouvrages  pour  objet.  II  y  revenait  sans  cesse,  et 
l'habitude  qu'il  avait  de  vivre  entouré  d'amateurs  passionnés  de 
sa  musique,  qui  ne  l'entretenaient  que  de  choses  dont  son 
amour-propre  était  flatté,  lui  rendait  tout  autre  entretien  insup- 
portable. Bien  qu'il  attacha  beaucoup  d'importance  à  sa  qualité 
d'écrivain,  son  ignorance,  en  ce  qui  concerne  l'histoire,  la  litté- 
rature et  le  mécanisme  du  style,  était  complète.  En  1789,  il 
publia  à  Paris  un  volume  in-8<>,  sous  le  titre  de  Mémoires  pu 


—  376  -^ 

Essais  sur  la  Musique.,.  En  1797  (an  V)  il  obtint  du  gouverne- 
nement  français  la  réimpression  gratuite  à  Fimprimerie  natio- 
nale de  cet  ouvrage,  auquel  il  joignit  deux  nouveaux  volumes... 
Grétry  n'a  point  écrit  les  trois  volumes  qui  portent  son  nom  : 
il  n*en  a  jeté  que  les  idées  informes  sur  le  papier.  Ge  fut  un  de 
ses  amis,  nommé  Legrand ,  ancien  professeur  au  Collège  du 
Plessis,  qui  leur  donna  la  forme  qu'ils  ont  aujourd'hui.  » 

L'auteur  de  la  Biographie  dit  en  parlant  d'André  Joseph 
Grétry  :  «  Aveugle  presque  de  naissance,  et  littérateur  sans 
talent,  il  passa  presque  toute  sa  vie  dans  un  était  de  malaise  et 
de  souffrance  dont  son  oncle  aurait  pu  le  garantir  si,  moins 
complètement  égoïste,  celui-ci  avait  voulu  faire  usage  de  son 
crédit  pour  lui  faire  accorder  par  le  gouvernement  quelque  por- 
tion des  secours  destinés  aux  gens  de  lettres  malheureux.  Tombé 
dans  la  plus  affreuse  misère,  cet  infortuné  est  mort  d'hydropisie 
à  Paris,  le  19  avril  1826.  » 

Au  jugement  de  M.  Fétis  sur  la  conversation  de  Grétry,  j'op- 
pose celui  de  la  Biographie  universelle  de  Michaud  :  «  La  con- 
versation de  Grétry  était  attachante  ;  elle  offrait  un  mélange  de 
réflexions  philosophiques  et  d'aperçus  plein  de  finesse;  il  citait 
souvent  ses  ouvrages  avec  une  franchise  qui,  dans  tout  autre, 
aurait  passé  pour  de  la  vanité  ;  et  quoique  sa  musique  soit  gé- 
néralement gaie ,  on  remarquait  dans  son  caractère  une  légère 
teinte  de  mélancolie.  » 

Cette  mélancolie  avait  pour  cause  la  mort  de  ses  trois  char- 
mantes filles  et  s'était  augmentée  après  la  perte  de  sa  femme. 
Et  pourtant  il  avait  le  plus  aimable  abandon  dans  le  commerce 
habituel  de  la  vie. 

Ce  célèbre  compositeur  vivait,  entouré  surtout  des  membres 
de  sa  famille  et  d'un  petit  nombre  d'amis,  et  non  d'amateurs 
passionnés  de  sa  musique.  J'ai  vu  chez  lui  le  médecin  liégeois 
Nysten,  Nicolas  Bassenge,  le  bibliophile  Van  Hulthem,  Hya- 
cinthe Fabry,  ces  trois  derniers  alors  députés  au  Corps-Légis- 
latif. L'ancien  ministre  Lambrechts,  (dont  Larevellière-Lépeaux 


—  377  — 

dit  dans  ses  Mémoires  inédits  :  s  Jamais  la  justice  n*eut  un  mi- 
nistre plus  digne  d'elle  »  )  venait  chaque  année  passer  quelques 
ours  à  FErmitage,  où  j*ai  rencontré  l'aimable  M">^  Kirckpatrick, 
femme  du  consul  anglais  à  Malaga,  et  dont  la  petite  fille  est 
aujourd'hui  l'impératrice  des  Français.  Ces  personnes  n'étaient 
pas  plus  que  mon  père  des  amateurs  passionnés  de  la  musique 
de  Grétry,  et  néanmoins  les  entretiens  qu'il  avait  avec  elles  ne 
lui  étaient  pas  insupportables.  Grétry  lisait  beaucoup  ;  il  savait 
en  histoire  et  en  littérature  ce  que  savent  la  plupart  des  gens 
du  monde:  Montaigne  était  son  auteur  favori. 

Les  Esêais  sur  la  Musique  appartiennent  bien  à  notre  compo- 
siteur. Le  manuscrit  de  cet  ouvrage  existait  encore  en  1811. 
À-t-il  été  détruit  lorsque  son  auteur,  aidé  de  mon  père ,  a 
brûlé,  l'année  suivante,  un  grand  nombre  de  papiers?  je  l'ignore. 
J'ai  vu  de  loin  en  loin  Legrand  chez  Grétry,  je  me  suis  rencontré 
avec  lui  sous  la  Restauratiou,  et  même  après  la  révolution  de 
1830;  nous  parlions  souvent  de  l'auteur  des  Essais^  et  pourtant 
il  ne  m'a  jamais  dit  un  mot  de  sa  prétendue  collaboration  à  ce 
livre.  Grétry  était  d'ailleurs  trop  délicat  pour  s'approprier  le 
travail  d'autrui  et  il  ne  nomme  pas  Legrand  dans  son  avant- 
propos  ;  je  suis  même  convaincu  que  ses  relations  avec  lui 
étaient  postérieures  à  1789,  date  de  la  publication  du  premier 
volume  des  Essais, 

IjBS  écrivains  les  mieux  informés,  et  qui  étaient  ses  collègues 
à  l'Institut,  ne  lui  ont  point  disputé  ce  travail.  La  Harpe  en 
parle  en  ces  termes  :  «  Je  savais  bien  que  l'auteur  était  non 
seulement  un  grand  artiste,  mais  homme  de  beaucoup  d'esprit; 
je  ne  savais  pas  qu'il  fut  écrivain,  et  il  l'est.  Il  m'avait  toujours 
paru  celui  de  nos  compositeurs  qui  avait  eu  le  plus  d'esprit  en 
musique  ;  mais  j'ai  vu  en  le  lisant ,  qu'il  en  a  aussi  beaucoup 
dans  son  style,  et  je  suis  bien  aise  d'avoir  cette  occasion  de  l'en 
féliciter.  >y  (Cours  de  littérature,  édit.  de  F.  Didot,  tom.  XII, 
p.  233). 

«  Nous  ferons  surtout  observer,  dit  M.-J.  Chénier,  avec 


—  378  - 

quelle  élégance  facile  M.  Grétry  a  traité  de  Tart  musical,  qu'il 
a  longtemps  honoré  sur  nos  deux  scènes  lyriques,  par  des  pro- 
ductions dont  la  mélodie  et  la  vérité  ne  sauraient  vieillir.  » 
(Tableau  de  la  littérature  fraticaise,  édit.  de  1821,  p.  âl). 

L'auteur  des  Essais  en  a  peut-êlre  lu  des  fragments  à  Legraud 
comme  il  les  communiquait  à  mon  père;  mais  ce  n'est  pas  à 
dire  pour  cela  qu'il  ait  eu  des  collaborateurs,  llaurait  seulement 
suivi  le  précepte  de  Boileau  : 

Faites-voos  des  amis  prompis  ù  vous  censurer  ; 
Qttlls  soient  de  vos  écrits  les  confidents  sincères... 

S'iL  n'avait  fait  que  jeter  sur  le  papier  des  idées  informes,  il 
aurait  sans  doute  confié  le  soin  de  leur  donner  une  forme  défi- 
niiive  à  un  littérateur,  par  exemple  à  Tabbé  Morellet,  qui  avait 
été  l'un  des  témoins  de  son  mariage,  le  3  juillet  1771,  et  qui, 
comme  lui,  devint  membre  de  l'Institut. 

En  effet,  et  cette  remarque  n'est  pas  sans  importance,  M.Fétis 
sait  mal  ce  qu  il  rapporte.  Ainsi,  Charles-Alexandre  Legrand, 
dont  il  foit  un  ancien  professeur,  était  un  avocat  à  la  Cour  im- 
périale de  Paris,  inscrit  sur  le  tableau  de  l'Ordre  à  la  date  de 
1799,  comme  on  peut  le  voir  en  ouvrant  un  almanach  impérial 
ou  un  almanach  royal. 

Dans  le  même  article,  M.  Fétis  dit  encore  :  «  Un  de  ses  voi- 
sins, meunier  de  profession  et  au-dessus  de  son  état  par  son 
éducation,  fut  assassiné  dans  son  moulin,  le  30  août  1811.  Dès 
ce  moment  Grétry  ne  fut  plus  tranquille  chez  lui.  »  Ce  meunier, 
nommé  Pierre  Duhamel,  qui  fut  tué,  à  l'aide  d'une  arme  à  feu, 
dans  la  nuit  du  30  au  31  août  1811,  n'avait  point  reçu  d'éduca- 
tion et  n'était  nullement  au-dessus  de  son  état. 

Enfin,  M.  Fétis  écrit  :  «  M.  Flamant  (lisez  Flamand),  époux 
de  la  nièce  de  Grétry,  etc.  »  Il  aurait  dû  dire  :  époux  de  Yune 
des  nièces,  car  Grétry  en  avait  quatre,  ce  que  n'ignorait  aucun 
de  ceux  qui  avaient  avec  lui  ces  relations  qui  seules  permettent 
de  connaître  le  caractère  n^oral  d*Mne  personne.  I^'auteur  de  la 


—  879  — 

Biographie  universeile  des  mmeiclenB  n'avait  pas  ces  relations  avec 
nUustre  artiste  liégeois,  aussi  rien  de  plus  mal  fondé  que  le 
reproche  d'égolsme  qu'il  adresse  à  Toncle  à  l'occasion  de  l'un  de 
ses  neveux. 

Le  frère  atné  de  Grétry  avait  eu  sept  enfonts  de  la  demoiselle 
Marie  Marguerite  Kempener,  et  il  mourut  cependant  sans  ravoir 
épousée. 

Grétry  prit  à  sa  charge  ces  sept  enfants  et  leur  mère,  quil 
installa  chez  lui,  même  du  vivant  de  sa  femme,  et  bien  que  la 
Révolution  lui  eut  enlevé  une  grande  partie  de  sa  modeste  for- 
tune. Il  maria  et  dota  les  filles,  à  Texception  de  la  troisième, 
qui  ne  le  quitta  jamais.  L*atné  des  garçons  se  maria  malgré  sa 
cécité.  Mais  la  loi  française  n*accorde  aux  enfants  naturels  aucun 
droit  sur  les  biens  des  parents  de  leurs  père  et  mère,  et  si 
Grétry  était  mort  sans  avoir  fait  de  dispositions  testamentaires, 
sa  succession  eut  été  recueillie  par  ses  plus  proches  parents, 
à  l'exclusion  des  enfants  de  son  frère.  Pour  assurer  sa  succes- 
sion à  ces  enfants,  il  fit,  selon  les  conseils  de  mon  père,  un  tes- 
tament par  lequel  il  les  institua  ses  légataires  universels.  Ce  tes- 
tament, déposé  chez  M""  Lahure,  notaire  à  Paris,  le  28  septembre 
1813,  est  ainsi  conçu  : 

«Je,  soussigné,  André-Ernest-Modeste  Grétry,  membre  de 
rinstitutet  de  la  Légion-d'honneur,  demeurant  à  Paris,  boule- 
vard des  Italiens,  n<»  7, 
Je  fais  et  institue  : 

1<^  André-Joseph  Grétry,  né  à  Boulogne-sur-mer,  le  vingt  no- 
vembre 1774,  aveugle,  homme  de  lettres; 

2°  Marie-Marguerite-Ernestine  Grétry,  née  à  Gand,  le  18  août 
1776,  et  mariée  avec  Louis-Victor  Flamand,  le  H  pluviôse 
an  IV  ; 

3"  Marie-Jeanne-Françoise  Grétry,  née  à  Gand,  le  4  mars 
1779: 


—  380  — 

¥  Jean-Joseph-Alexis  Grétry,  ingénieur  des  poots*et*<îhai]S- 
sées,  né  à  Gand,  le  31  janvier  1783  ; 

5^"  Jeanne-Marie  Grétry,  née  à  Paris,  paroisse  de  la  Made- 
leine, le  23  février  1788,  mariée  avec  Pierre-Joseph  Garnier, 
le  7  septembre  180S  ; 

6»  Gabriel-Honoré  Grétry,  né  à  Paris,  paroisse  Saint-Rocb, 
le  26  mai  1791,  actuellement  élève  à  TEcole  militaire  de  Saint- 
Cyr; 

7''  Marie-Augustine  Grétry,  née  à  Paris,  place  des  Italiens, 
le  7  août  1793; 

Tous  enfants  de  mon  frère  atné  Jean-Joseph  Grétry,  et  élevés 
par  moi  depuis  leur  enfance,  mes  légataires  universels  de  tous 
mes  biens,  meubles  et  immeubles,  qui  m'appartiendront  au  jour 
de  mon  décès,  pour  en  jouir  par  eux,  à  compter  dudit  décès, 
en  toute  propriété,  comme  de  chose  appartenant  à  eux  incom- 
mutablement. 

Je  déclare  au  surplus  confirmer,  entant  que  besoin  est,  le  con- 
trat de  mariage  de  Pierre-Joseph  Garnier  et  de  la  dite  Jeanne- 
Marie  Grétry,  passé  devant  Rouen  et  son  confrère,  notaires  à 
Paris,  le  18  fructidor  an  XIII. 

En  conséquence,  j'entends  que  tous  les  susnommés,  enfants 
de  mon  frère,  viennent  recueillir  directement,  chacun  leur  part 
égale  dans  ma  succession,  sans  être  tenus  de  la  demander  à  la 
dite  Jeanne-Marie  Grétry,  leur  sœur. 

A  regard  des  vingt  mille  francs  qui,  par  ledit  contrat  de  ma- 
riage, doivent  rester  es  mains  de  madame  Garnier,  pour  servir 
la  rente  stipulée  par  le  même  acte  en  faveur  de  madame  Defran, 
sœur  de  feue  ma  femme,  je  veux  qu'il  en  soit  fait  emploi  pour 
assurer  ledit  capital  et  le  service  de  la  dite  rente,  si  mieux 
n'aime  madame  Garnier  donner  caution  solvable. 

Fait  à  l'hermitage  de  J.-J.  Rousseau,  commune  de  Montmo- 
rency,  département  de  Seine-et-Oise,  le  neuf  juin  mil  huit  cent 
neuf. 

(Signé)  Andrê-Ernest-Modbste  GRÉTRY. 


—  381  - 

P.  S.  Je  déclare  avoir  confié  le  double  dece  testament  à  mon 
ami  M.  Regnard,  juge-de-paix  en  la  commune  de  Montmorency. 

(Signé)  GRÉTRY. 

Gomme  on  le  voit,  les  sept  enfants  de  Jean-Joseph  Grétry 
ont  recueilli  la  succession  du  frère  de  leur  père,  non  comme 
héritiers  du  sang,  mais  comme  légataires  universels,  c'est-à- 
dire  pas  le  seul  effet  de  la  volonté  du  testateur. 

Ainsi,  pendant  sa  vie,  le  grand  artiste,  si  durement  critiqué 
par  M.  Fétis,  a  fait  les  plus  grands  sacrifices  pour  élever  et  éta- 
blir les  enfants  de  son  frère,  et,  après  sa  mort,  il  leur  a  assuré 
tout  ce  qu'il  possédait. 

J'ai  entendu  mon  père  parier  des  démarches  de  Grétry,  (dont 
le  crédit  était  nul  sous  un  gouvernement  qu'il  ne  fiai  ta  jamais), 
pour  obtenir  du  prince  primat,  grand-duc  de  Francfort,  des  se- 
cours en  faveur  de  son  neveu  l'aveugle.  J'ai  possédé  longtemps 
un  exemplaire  d'une  pièce  de  vers  adressée  par  ce  dernier  au 
grand-duc,  en  témoignage  de  reconnaissance.  Cette  pièce  de 
vers  est  insérée  dans  le  Portefeuille  de  la  jeunesse,  par  A.-J. 
Grélrj'.  Paris,  Freschet,  1810,  2  vol.  in-12. 

L'aveugle,  dont  la  femme  manquait  d'ordre,  tomba,  il  est 
vrai ,  dans  la  misère  vers  la  fin  de  sa  vie  ;  mais  comment 
reprocher  à  Grétry,  mort  depuis  treize  ans,  le  dénuement 
dont  il  ne  fut  pas  témoin,  quand  on  n'a  pas  une  parole  de  blâme 
pour  les  enfants  et  les  frères  et  sœurs  de  l'infortuné  qu'ils  lais- 
saient sans  secours. 

Je  termine  ces  longues  explications  en  affirmant  que  l'illustre 
compositour,  par  ses  qualités  morales,  avait  laissé  à  tous  ses 
amis  les  plus  durables  et  les  plus  précieux  souvenirs. 

E.  REGNARD, 
ancien  maire  de  Montmorency. 


MENUES  INSCRIPTIONS 


DU  MUSÉE  DE  LIEGE. 


(3*  ARTICLE.) 


Monnaies    dn  cimetière  Belgo-Romain   de  Juslenville. 


Dans  un  précédent  article  («),  il  avait  été  annoncé  une  notice 
ultérieure  sur  la  détermination  de  Tépoque  où  la  nécropole 
de  Juslenville  servit  de  dernier  asile  aux  habitants  Belgo* 
Romains  de  la  contrée^  les  fouilles  importantes  qui  ont  été 
faites  en  cette  localité,  pendant  riii ver  de  1868-1869,  permettent 
de  réaliser  cette  promesse. 

Un  grand  nombre  de  monnaies  nouvelles,  plusieurs  sigles 
figulins  (expression  conventionnelle  pour  désigner  les  marques 
de  fabrique  apposées  sur  les  vases  par  les  potiers),  ont  été  révé- 
lés par  ces  fouilles  ;  les  déductions  à  tirer  de  Tensemble  de  ces 
trouvailles  ont  par  là  acquis  un  caractère  plus  marqué  de  pro- 
babilité, et  le  moment  paraît  venu  de  les  présenter  au  public. 

Parlons  d'abord  des  monnaies. 

Vers  1828,  une  découverte  d'antiquités  eut  lieu  à  Juslen- 

(«  )  Bull,  de  Vlmt.  archéol.  liég.,  VUI,  p.  209. 


—  384  — 

ville  ;  quant  aux  six  médailles  découvertes,  elles  sout  restées 
muettes  (i). 

Les  fouilles  opérées  il  y  a  environ  vingt  ans  au  cimetière  de 
Juslenville  avaient  fourni  deux  monnaies  dont  une  portant  un 
Hercule  au  revers.  Or,  il  est  tout  à  fait  inexact  de  dire,  avec 
M.  Roulez,  que  ce  type ,  pendant  le  Haut  Empire,  appartient 
seulement  à  Hadrien  et  Commode;  car  nous  le  retrouvons  aussi, 
dans  le  Haut  Empire,  sous  Yespasien  (s),  sousTrajan  (s),  sous 
Antonin-Pie(i),  empereurs  auxquels  peut  donc  appartenir  le 
type  indiqué. 

Ces  mômes  fouilles  opt  encore  fourni  quatorze  monnaies  pré- 
cédemment décrites,  et  ainsi  réparties  : 

Six  monnaies  frustes  ;  une  de  Yespasien,  une  de  Domitien, 
deux  de  Trajan,  une  d'Hadrien,  une  d'Antonin-Pie,  deux  de 
Marc-Aurèle  (s). 

Ces  monnaies,  a-t-il  déjà  été  dit,  embrassent  la  période  qui 
s*écoula  entre  Tan  70  et  l'an  180  de  Tère  chrétienne. 

C'est  à  peu  de  chose  près,  au  moins  quant  au  minimum  d'an- 
tiquité, la  période  déterminée  par  les  monnaies  qui  furent  ex- 
humées pendant  l'hiver  de  1868-18C9. 

A  peu  d'exceptions  près  (celles-ci  en  grand  bronze),  toutes 
les  monnaies  trouvées  dans  les  sépultures  de  Juslenville  étaient 
en  moyen  bronze. 

Des  12  premières  monnaies  trouvées,  cinq  étaient  frustes  dont 
trois  semblaient  être  un  Domitien,  uu  Hadrien  et  un  Antoniu. 

La  parcelle  n"»  788  (cadastr,  )  a  fourni  le  S3,  le  H  et  31  oc- 
tobre trois  monnaies  frustes  d'Hadrien  (n*»»l3,  14,  et  18);  on  a 


(i)  BhU.  de  rinêt.  archéoL  tiég.  IX,  p.  iU  (Rapport  de  M.  Bormans). 

(t)  Cohen,  n<»  4120,  I,  p.  'i%i. 

(s)  lD.,no383,  H,  p.  6!2. 

(4)  ID.,  0*  538,  II,  p.  354  ;  n»  616,  ibid.  p.  365. 

[s)  Le  Bull.  Iiist.  archéoL  liég,,  IX,  p.  444  porte  par  erreur  deux  Antonio  et  un 
Marc-Aurèle  ;  l'erreur  provient  de  ce  que  le  n«  4  de  M.  Antooin  ^Marc-Aurële)  a  élé 
attribué  à  T.  Antonin-Pie. 


—  388  — 

trouvé  une  monnaie  id.  du  même  prince  le  9  décembre  (n*  48), 
et  le  4  et  le  6  novembre,  ont  été  exhumées  deux  monnaies  id! 
de  Trajan  (n»  21),  et  d'Antonin  (n«  24)  {*). 

Indépendamment  des  monnaies  frustes,  ou  décrites  ci-après , 
les  fouilles  en  ont  mis  au  jour  deux  qui  sont  indéterminables ,  à 
défaut  d'analogues  annotés  par  les  recueils  de  numismatique. 

Ces  deux  monnaies  (dont  l'une  porte  à  la  face....  ia  {ou  in).... 
ce  (auG  cos  ou  flttc  g^w?)...  —  Tête  à  gauche),  ont  au  revers  :  S 
il  C.  —  Un  personnage  à  gauche  tenant  de  la  main  droite  une 
couronne,  et  de  la  gauche  une  lance.  Or  Cohen,  parmi  les  revers 
des  médailles  qui  ont  pour  toute  légende  S  ||  C  dans  le  champ 
en  grands  caractères,  et  qui  sont  nombreux,  surtout  sous  le 
tout  Haut  Empire,  n'en  donne  aucun  qui  corresponde  au  per- 
sonnage représenté. 

Ces  deux  monnaies  (n"»  28  et  39)  ont  été  trouvées  le  6  et  le 
18.novembre. 

Omettons  en  passant  le  a"  62,  découvert  le  21  janvier 
(cadastre,  n"  789),  qui  est  une  monnaie  moderne,  et  passons  à 
l'examen  des  médailles  qui  ont  pu  être  déterminées,  en  les 
classant  en  ordre  chronologique,  d'après  les  règnes  sous 
lesquels  elles  furent  frappées. 


(*)  Les  autres  monnaies  frustes  découvertes  sont  les  n^  i6  (âS  octobre-,  47 
(30  id.)î  27  (6  novembre),  29,  30  et  32  (7  id.);  86  et  37  (42  id.)  ;  40,  44  (20  id.); 
43,  44  (3  décembre);  46  (7  id.);  47  (9  id.);  49,  50  (49  id.);  64  i30  id.J;  57  (5 
janvier);  60  (45  décembre);  63  (24  janvier);  65  (4«r  février);  66  (5  id.);  69  (46 
janvier,  n<>  944,  cadastre). 

Les  monnaies  muettes,  que  l'on  n'avait  pas  à  ménager,  puisqu'elles  refusaient  obs- 
tinément de  répondre,  interrogées  d'après  les  procédés  déjà  indiqués,  ont  été  trai- 
tées à  l'eau  forte  mélangée  d'eau,  selon  le  degré  de  force  qu'on  voulait okonir;  on  doit 
avoir  soin  de  les  retirer  du  dissolvant  dès  que  l'ébuUition  passe  du  blanc  au  rou  - 
geàtre,  indice  que  le  cuivre  même  de  la  pièce,  et  non  l'oxyde  qui  l'encroûte,  est  atta- 
qué. Beaucoup  de  pièces,  déjà  usées  avant  leur  enfouissement,  on  minées  par  l'oxy- 
dation, ont  encore  résisté  à  ce  dernier  et  suprême  effort. 

Si  l'on  di^sire,  à  l'aide  de  l'eau  forte  mélangée  d'eau,  faire  parler  telle  partie  spé- 
ciale d'une  médaille,  il  est  bon  de  couvrir  le  surplus  de  graisse,  d'une  pommade 
quelconque,  pour  le  protéger  contre  l'attaque  de  l'acide. 


—  888  — 

Toutes  les  monnaies  ci-après»  sauf  deux  qui  seront  indiquées, 
sont  de  moyen  bronze  : 

AUGUSTE  (an  29  av.  J.-C.  à  an  10  de  J.-C). 

(N*»  28,  7  novembre). 

Face  : Tête  laurée  à  droite. 

jR^.  :  ROMBTAVG  (à  Texorgue)  —  Autel  entre  deux  colonnes. 

Les  monnaies  avec  Tautel  de  Roma  et  Augustus^  élevé  par  les 
trois  provinces  de  la  Gaule,  au  confluent  de  la  Saône  et  du 
Rhône,  près  de  Lyon,  sont  spéciales  aux  règnes  d'Auguste  à 
Néron  (  i  ) . 

Or,  parmi  ces  princes,  celui  dont  le  profil  ressemble  le  plus 
à  la  tète  de  la  face,  est  Tibère  ;  il  est  donc  vraisemblable  qu'il 
faut  voir  dans  notre  pièce  le  n""  44  de  Cohen  (I,  p.  123)  : 

Face  :  ti  gaesar  avgvst  f  imperator  vu  —  Sa  tète  laurée  à 
droite. 

Rev.  :  ROM  et  avg  —  Autel  entre  deux  colonnes  surmontées 
chacune  d*une  victoire.  (Frappée  à  Lyon,  sous  Auguste,  en  Tan 
10). 

CALIGULA  (an  37  à  41). 

N«  2,  3  décembre  1868  (parcelle  n^  910). 

Face  :  ...  anicvscaestiavgvst...  diviavgn  —  Tête  à  gauche. 

Rev.  :  ccaesaravggermanigvsponmtrpot  —  S  ||  G  (dans  le  champ). 

La  légende  de  face  doit  être  complétée  par  le  ir  2  de  Gdhen, 
(I,  p.  138,  avec  même  revers),  de  laquelle  elle  diffère  cependant 
par  la  tête  à  gauche,  et  par  avgvst  pour  avg  :  gbrmanigvs  cae- 
SAR  Tf  AVG  F  Divi  AVG  N  (Têtc  à  droitc).  Notro  monnaie  est  donc 
une  variété  nouvelle  ;  elle  est  de  Tan  37,  à  moins  qu'on  n'ait 
omis  le  chiffre  de  la  IV  puissance  tribunicienne  de  Galigula 
(Caius  Gaesar),  laquelle  est  de  l'an  38  ou  39. 

(1  )  Cohen,  I,  p.  71,  n^  274  ;  p.  iSS/no  44  ;  p.  163,  n»  85  ;  p.  204,  n<»  Î41. 


—  387  — 

NÉRON  (an  84  à  68). 
(N*  34,  11  novembre). 

Face  :  ...  iier)ocAESKRk\G?pn{ax...  —  Tête  à  gauche. 

Revers  Truste,  mais  laissant  soupçonner  dans  le  champ  les 
lettres  S  ||  G,  à  raison  desquelles  il  est  permis  de  supposer  que 
cette  monnaie  est  le  n^  254  de  Cohen  (I,  p.  206)  : 

Face  :  imp  nero  gaesar  avg  p  max  tr  p  p  p  —  Sa  tète  nue  à 
gauche  ;  dessous  un  globe. 

Rev.  :  S  ||  G  —  Victoire  s*élevant  en  Tair  à  gauche,  et  tenant 
un  bouclier  sur  lequel  on  lit  :  s  p  ||  q  r 

N«81  (19  décembre). 

Face:  ...  ESARAVGGERP.VT... — Tètc à  gauchc. 

Revers  du  précédent. 

G*est  probablement  le  n""  249  de  Cohen  (1.  cit.  )  : 

Face  :  nero  glavd  gaesar  avg  ger  p  m  tr  p  imp  p  p  —  Sa  tète  nue 
à  gauche  ;  dessous  un  globe. 

Revers  du  n'  34. 

Cette  pièce  était  comme  soudée,  par  Foxydation  du  métal,  h  la 
suivante  ;  deux  monnaies  de  Néron  se  sont  donc  trouvées  dans 
la  même  sépulture. 

N"  82  (19  décembre). 

Face:  ...  p...  ogaes...  avgpma..  .  —  Tête  à  droite. 
Rev.  :  des  deux  précédents. 
C'est  le  m  283  de  Cohen  (1.  cit.)  : 

Face:  imp  nero  gaesar  avg  p  max  tr  p  p  p  —  Sa  tête  nue  à 
droite  ;  dessous  un  globe. 
Revers  du  n"*  34. 

N<»  85  (30  décembre,  parcelle  n»  788).    - 

Face  :  nerocaesa...  gbrm  (p  m,  ou  ani?)  —Tête  h  gauche. 
Revers  fruste. 


—  388  — 

Peut-être  le  n«  247,  le  seul  qui  concorde  quelque  peu  avec 
notre  monnaie,  de  Cohen  (1.  cit  )  : 
Face  :  nero  caesar  avg  germ  imp  —  Tête  laurée  à  gaucha. 
Revers  du  m  34. 

N«  88  (9  janvier). 

Face  :....  caesâravggerm  — Tête  à  gauche. 

Revers  des  précédents. 

Ce  revers  existe  jusqu'à  Domitien  qui ,  lui  aussi,  portait  le 
surnom  de  Germanicus;  cependant  le  masque  indique  Néron, 
et  Domitien  n'a  pas  non  plus  une  légende  de  face  concordant 
avec  la  nôtre. 

C'est  donc  un  Néron  ;  mais  la  tête  à  gauche  qui  n'existe  pas 
chez  Cohen,  constitue  une  variété  du  n»  281  (I,  206),  de  cet 
auteur  : 

Face  :  imp  nero  caesar  avg  germ  —  Tête  à  droite. 

Revers  des  précédents. 

N»  61  (19  janvier). 

Face:  ....roc.  av..  caesaravg...  —  Tête  à  gauche. 

Revers  des  précédents. 

C'est  probablement  le  n^"  249  de  Cohen,  déjà  cité. 

N«.64  (l*»^  février). 

Face  :....  —  Tête  de  Néron  à  droite. 
Reversées  précédents. 

VESPASIEN(aii69à79). 
N^  67  ^6  février). 
Face.,..  SPAS....  —  Tête  à  droite. 

Rev.  :....  EQviTAs  avgvsti  —  S  ||  C  —  Déesse  à  gauche  tenant 
de  la  main  droite  un....,  et  de  la  gauche  une  lance. 


—  389  — 

C'est  le  n»  338  de  Cohen  (I,  p.  297)  : 

Face  :  imp  caes  vbspasian  avg  cos  ii  —  Sa  tête  laurée  à  droite. 

Rev.  :  AEQVITAS  AVGvsTi  —  S  OC  —  L'Equité  debout  à 
gauche,  tenant  une  balance  et  une  haste.  (De  l'an  70). 

Il  ne  serait  pas  impossible ,  vu  la  difficulté  de  distinguer  les 
traits,  que  cette  monnaie  ne  fût  un  Titus ,  dont  le  m  137,  chez 
Cohen  (I,  p.  3S6),  porte  à  la  face  t.  caes.  vespasian^  etc.,  avec 
le  même  revers. 

N  •  68  (6  févfîer,  parcelle  n»  788). 

Face  :  ....  esve....  pasi...  {aug....      Tête  laurée  à  droite. 

Rev.  :  AEQV...  —  S  ||  C  —  L'Equité,  etc.  (comme  au  précé- 
dent). 

La  face,  aussi  peu  reconnaissable  que  pour  la  précédente,  est 
plutôt  celle  de  Vespasien  que  celle  de  Titus,  qui  manque  du 
reste  delà  qualification  avg  dans  ses  revers  avec  l'Equité. 

Cfr.  le  n»  qui  précède. 

TRAJAN  (an  98  à  H6). 
N«  20  (4  novembre). 

Face  :...  vaetkaianoavgger  —  Tète  laurée  à  droite. 

Rev.  :...  RiNGiPi  — S  ||  C  —  Déesse  debout  à  gauche,  tenant 
la  main  droite  étendue,  et  de  la  gauche  une  corne  d'abondance. 

Très  probablement  le  n«  480  de  Cohen  (II,  p.  71). 

Face  :  imp  caes  nervae  traiano  avg  ger  dag  p  m  tr  p  cos  v  p  p  - 
Son  buste  lauré  à  droite. 

Rev.  :  s  p  Q  R  optimo  principi  —  S  ||  C  —  L'Équité  debout  à 
gauche,  tenant  une  balance  et  une  corne  d'abondance.  (An  104 
à  110;. 

N«  23  (6  novembre). 

Face  :...  nervatraian  —  Tête  à  droite. 

Rev.  :  TR  POT.  ..   |  S  ||  C  -  Victoire  marchant  à  gauche  et 


—  390  — 

tenant  de  la  main  gauche  une  palme  et  de  la  droite  un  bouctter 
sur  lequel  on  lit  :  s  p  1  q  r 

C'est  lé  revers  du  n<>  8  de  1851  (Bull,  de  FlnstiM  archéoL 
liégeois,  VIII,  p.  215),  qui  se  retrouve  chez  Cohen,  avec  cos  ii  pp 
(n*  516,  II,  p.  81\  cos  m  pp  (n»  585,  p.  82),  cos  ini  pp  (n*  686, 
p.  84).  (An  98, 100,  ou  10M02). 

N"  33  (11  novembre). 

Face  :  impcacsnervatrâ —  Buste  lauréà  droite. 

Rev.  :  TR..  cos  un...  —  Même  sujet  que  le  précédent  (Voir  ce 
dernier).  (An  101  ou  102). 

N«  38  (13  novembre) 
Face  :  impcaes...  va....  anavg...  pm  —  Buste  lauré  à  droite. 
Rev.  :  ...  os  n  pp  >  8  II  G  —  Même  sujet  que  les  précédents, 
à  comparer  à  ceux-ci.  (De  Tan  98) 

HADRIEN  (an  117  à  138). 
N*»  8  (11  septembre). 

Face  :  hadrianvs  avgvstvs  —  Tète  à  droite. 

Rev  :....—  Personnage  debout  à  gauche  tenant  de  la  main 
gauche  une  lance. 

Aucun  moyen  bronze  avec  cette  légende  de  face  ne  présente, 
chez  Cohen,  un  revers  avec  personnage  tenant  une  lance  dans 
la  main  gauche. 

Mais  nous  savons  par  sa  préface  (I,  p.  vi),  que  Cohen  nomme 
sceptre  la  baste  sans  pointe  qu'on  a  appelée  tantôt  haste  pure,  et 
tantôt  simplement  haste,  et  qu'il  réserve  ce  dernier  nom  à  la 
haste  avec  pointe. 

Donc  il  y  a  lieu  de  rechercher  les  moyens  bronzes  avec  la 
face  de  notre  monnaie,  et  un  revers  avec  personnage  tenant  un 
sceptre  de  la  main  gauche. 

L'espace  plus  grand  à  gauche  du  champ,  fait  donner  la  pré- 
férence au  n*"  1108  de  Cohen  (II,  p.  242)  : 


—  391  — 

Rev.  :  sALTs  avgvsti  cos  m  —  S  ||  C  —  Le  Santé  debout  à 
gauche  nourrissant  un  serpent  enroulé  autour  d'un  autel  et 
tenant  un  sceptre. 

N'  22  (4  novembre,  parcelle  788». 

Face  :  hadrianvs —  Tête  à  droite. 

Rev.  :  cos  .  .  .  .  —  se  (en  exergue)  —  Un  vaisseau. 

Probablement  le  n^"  750  de  Cohen  (II,  p.  194)  : 

Face  :  hadrianvs  avgvstvs  —  Sa  tête  laurée  à  droite. 

Rev.  :  cos  m  —  SC  —  Vaisseau  avec  des  rameurs  et  un  pilote, 
allant  à  droite;  la  poupe  est  ornée  d'un  acrostolium  et  la  proue 
d'un  mât  penché  avec  une  voile. 

Cette  monnaie  n'est  pas  commune.  (De  l'an  119  à  138). 

N^  31  (7  novembre). 

Face  :...  rianvs  avgvstvs  —  Tête  adroite. 

Rev.:  COS..  n  pp  >-  S  ||  C  —  Divinité  debout  tenant  de  la 
main  droite  une  lance,  de  la  gauche  une  corne  d'abondance. 

Le  titre  de  pater  patriae  qui  se  lit  au  revers  fut  déféré  à 
Hadrien  en  l'an  128;  jl  faut  donc  lire  cos  m,  puisque  le  IIP 
consulat  d'Hadrien  date  de  l'an  119. 

Cette  monnaie  correspond  ainsi  au  no  784  de  Cohen  (II,  p. 
194): 

Face  :  hadrianvs  avgvstvs  —  Sa  tête  nue 

Rev.:  cos  m  p  p  —  S  ||  C  —  La  Valeur  (ou  Rome?)  casquée, 
en  habit  militaire,  debout  à  droite,  te  pied  sur  un  casque,  tenant 
une  haste  et  une  corne  d'abondance. 


No  42  (26  novembre), 
(grand  bronze). 
Face  :...  ianvs  hadrianvs..,  —  Tête  laurée  à  droite. 


—  392  — 

Rev.  :..  BERTAS..  BLicA  —  S  G  (cH  exergue)  —  Déesse  assise 
à  gauche. 

C'est  le  n»  964  de  Cohen  (II,  p.  323)  : 

Face  :  imp  caesar  traianvs  hadrianvs  avg  p  m  tr  p  cos  m  — 
Sa  tête  laurée  à  droite. 

Rev,:  L1BERTAS  pvBLicA  —  SC  —  La  Liberté  assise  à  gauche, 
tenait  une  branche  de  laurier  et  un  sceptre. 

ANTONIN  PIE  (an  138  à  161). 
N*»  8  (7  septembre). 

Face  :  antoninvs  avgp.  vspp  —  Tète  laurée  à  droite. 
Rev.  :  ....  Rpo...  cos  m  —  S  ||  C  —  Personnage  .courant  à 
droite,  et  portant  un  objet  sur  Fépaule  gauche. 

C'est  le  m  890  de  Cohen  (II,  p.  399). 

Face  :  antoninvs  avg  pivs  p  p  —  Sa  tête  laurée  à  droite. 

Rev.  :  TR  POT  cos  ni  —  S  ||  C  —  Romulus ,  nu-tête,  courant 
à  droite  et  portant  une  haste  et  un  trophée. 

Cette  monnaie  n'est  pas  commune.  (An  140  à  143). 

N*»  6  (9  septembre). 

Face  :  antoni....  —  Tête  laurée  à  droite. 

Rev.  :  trpo...  —  S  C  (en  exergue)  —  Un  couteau,  un  asper- 
soir,  un  vase.... 

C'est  le  n""  893  de  Cohen  (ibid.)  ; 

Face  :  antoninvs  avg  pivs  p  p  —  Sa  tête  laurée  à  droite. 

Rev.  :  TH  POT  cos  m  —  S  C  —  Couteau  de  sacrificateur,  asper- 
soir,  vase  à  sacrifice,  bâton  d'augure ,  simpule  (Cohen,  II,  pi. 
XV,  n®  887,  donne  le  dessin  de  ces  objets,  qui  correspond  par- 
faitement avec  ce  qu'on  peut  voir  au  revers  de  notre  monnaie 
qui  n'est  pas  commune).  (An  140  à  143). 


—  393  — 

N*»  12  (f). 

Face  :  ...  ninys  avg  p(t ..)  m  --  Tête  laurée  à  droite. 

Rev.  :  sALv...  vgvsti  —  La  Santé  assise  à  gauche,  le  coude 
gauche  appuyé  sur  le  dossier,  offrant  de  la  droite  une  patère  à 
un  serpent  sortant  d'un  autel.  (Pas  de  trace  de  S  G.  ;  mais  peut- 
être  ces  lettres  ont-elles  été  placées  à  Texergue  qui  est  usé). 

Cette  monnaie  n*est  décrite  par  Cohen  ni  pour  Antonin-Pie 
ni  pour  Marc-Aurële ,  non  plus  que  pour  Commode  ,  Garacalla 
ou  Elagabale. 

La  probabilité  est  pour  Antonin-Pie  dont  les  traits  se  recon- 
naissent assez  bien  du  côté  de  la  face  ;  la  monnaie  serait  donc 
une  variété  inédite  du  n""  792  avec  la  face  du  n""  793,  de  Cohen 
(II,  p.  387)  : 

Face  :  antoninvs  avg  pivs  p  p  tr  p  cos  ni  —  Sa  tète  radiée  à 
gauche. 

Rev.  :  SALYS  avgvsti  -  S  ||  C  —  La  Santé  assise  à  gauche  don- 
nant à  manger  à  un  serpent  enlacé  autour  d*un  autel,  et  ap- 
puyant le  coude  gauche  sur  son  siège.  (An  140  à  143). 

N*  38  (12  novembre). 

(De  la  sépulture  du  11  B  ,  d*après  une  annotation  de  M.  Ph. 
de  Limbourg). 

Face  :  ...  vsavgpivs cosui  —  Tète  laurée  à  droite. 

Rev.  :  S  0  C  -  Déesse  à  gauche  tenant  de  la  main  droite  une 
patère,  de  la  gauche  une  lyre. 

C'est  exactement  le  n«  801  de  Cohen  (II,  p.  388)  ; 

Face  :  antoninvs  avg  pivs  p  p  tr  p  cos  ini  —  Sa  tête  laurée  à 
droite. 

Rev.  :  S  I  C  —  Apollon  en  femme,  tenant  une  patère  et  une 
lyre. 

Cette  monnaie  n*est  pas  commune.  (An  148  à  161). 

(M  Une  certaine  confusion  s'esl  opérée  entre  les  étiquettes  des  iS  premières 
monnaies  exhumées  ;  celle-ci  pourrait  bien  avoir  eu  la  sienne  échangée  avec  celle 
du  no  4. 


—  394  — 

N®  48  (5  décembre). 

Face  : ....  vsavg  pivs  pp  (îr  p)  —  Tête  laurée  à  droite. 

Jfl^.  :  S  H  G  —  Un  personnage  debout  à  gauche,  sacrifiaDt 
sur  un  trépied. 

Inéditfài&oinsquela  légende  autour  du  revers,  dont  il  n'existé 
pas  de  trace,  n'ait  disparu.  Les  revers  d*Antonin  debout,  sacri- 
fiant sur  un  trépied,  portent  toujours  une  légende  :  cos  m,  vot. 
DBCENN,  etc.,  et  leur  légende  de  Oace  ne  se  termine  pas  du  reste 
à  TR  p,  où  semble  s'arrêter  notre  monnaie. 

N«  86  (4  janvier). 

Face  :...  an...  oninvs....  — Tête  laurée  à  droite. 

Revers  : ni....  —  avg?  (à  l'exergue)  —  Déesse  assise  à 

gauche  ;  devant  elle,  à  ses  pieds,  une  sorte  de  corbeille. 

Probablement  cette  monnaie  est  le  n»  482  de  Cohen  (II,  p.  346): 

Face  :  imp  caes  t  ael  hadr  antoninvs  avg  pivs  p  p  —  Sa  tête  lau- 
rée à  droite. 

Rev.  :  ANNONA  AVG  (à  l'exergue),  tr  pot  xnii  cos  ini  (à  Tentour) 
-~  S  II  G  ==  L'Abondance  assise  à  gauche,  tenant  deux  épis  et 
une  corne  d'abondance;  devant  elle  le  modius  plein  d'épis  (De 
l'an  181). 

N»  89  (H  janvier). 

Face  :  ...  va  favs  .  .  i  .  .  a  —  Tête  â  droite. 

Rev.  :  .  . .  STA  --  S  I  G  —  Déesse  <iebout  à  gauche,  tenant  un 
objet  dans  sa  main  droite  levée. 

A  sa  coiffure  sur  le  sinciput,  se  fait  reconnaître  FausUoe, 
épouse  d^Antonin  Pie. 

Gette  monnaie  est  sans  doute  le  n""  190  de  Gohen  (II,  p.  443): 

Face  :  diva  favstina  —  Son  buste  à  droite. 

Rev.  :  AVGvsTA  ~  S  ||  G  —  Gérés  (?)  debout  à  gauche,  tenant 
une  torche  et  relevant  sa  robe. 

Gette  monnaie  n'est  pas  commune.  (Depuis  l'an  141). 


—  395  — 

MARC-AURÈLË  (an  161  à  180). 
N*»  15  (27  octobre,  parcelle  n«  758). 

Face  :  impcaesmavrel...  —  Tête  laurée  à  droite. 

Rev.  :  SALV...  avg...  —  S  ||  C  —  Déesse  à  gauche. 

Probablement  est-ce  le  n»  629  de  Cohen  (II,  p.  544)  : 

Face  :  inp  gaes  m  avrel  antoninvs  avg  p  m  —  Sa  tête  laurée  à 
droite. 

Rev,  :  sALyi  avgvstor  tr  p  xvii  cos  m  —  S  ||  C  —  La  Santé  de- 
bout à  gauche  tenant  une  patère  à  laquelle  vient  manger  un  ser- 
pent enroulé  autour  d^un  autel  allumé,  et  un  sceptre.  (De  Tan 
163). 

N*  26  (6  novembre). 

Face  :  ...  AVREL  ...  invs  —  Tête  à  droite. 
Rev.  : ...  LVTi  avg...  —  S  ||  C  — 

(Test  la  même  monnaie  que  la  précédente.  (Gfr.  aussi  Cohen, 
1.  cit.,  n<»?  627  et  630  (tête  nue  ou  radiée). 

N«  1  (28  août). 

Face  :  favstina  avgvsta  —  Tête  à  droite. 

Rev.  :  FE...  VN...  AE  —  S  II  C  —  Divinité  debout  tenant  deux 
enrants,  deux  autres  sous  les  lettres  S  C. 

C'est  le  n«  162  de  Cohen  (II,  p.  596)  : 

Face  :  favstina  avgvsta  —  Son  buste  à  droite,  les  cheveux 
ondes. 

Rev,  :  FFxvND  avgvstae  —  S  ||  C  —  La  Fécondité  debout  à 
gauche ,  entre  deux  jeunes  filles,  en  tenant  deux  autres  dans 
ses  bras. 

Les  jeunes  filles  représentées  sur  le  revers  sont  sans  doute, 
Aurélia  Sabina,  Fadilla,  Domitia  Fauslina  et  Lucilla,  que  Faus- 
tine  jeune  donna  à  Marc-Aurële;  la  naissance  de  la  plus  jeune 
de  celles-ci,  si  elle  était  déterminée,  pourrait  servir  à  fixer 


—  396  — 


la  date  de  la  pièce,  qui  est  en  tout  cas  postérieure  à  Fan  159  où 
le  titre  d'Atigtuta  fut  donné  à  Faustine  jeune,  et  antérieure  à 
Tan  175,  époque  de  la  mort  de  cette  princesse,  et  de  son  titre 
de  Diva. 


No  53  (22  décembre), 
(grand  bronze  aplati  en  ellipse). 

Face  :...  Tête  de  femme  à  droite. 

Rev.:...  Déesse  à  gauche,  tenant  de  la  main  droite  une  patère 
et  de  la  main  gauche  une  lance  (?);  à  ses  pieds  un  oiseau  à 
gauche. 

La  coiffure  avec  chignon  à  Tocciput  permet  de  reconnaître 
Faustina,  épouse  de  Marc-Aurèle. 

C'est  donc  le  n"  173  de  Cohen  (II,  p.  597)  : 

Face  :  favstina  avgvsta  —  Son  buste  à  droite,  coiffé  en  che- 
veux avec  deux  rangs  de  perles. 

Rev,  :  ivNo  —  S  ||  G  —  Junon  voilée  debout  à  gauche,  tenant 
une  patére  et  un  sceptre;  à  ses  pieds  un  paon. 

COMMODE  (an  180  à  192). 

No  10  (14  septembre). 

Monnaie  en  très-mauvais  état,  mais  où  Ton  a  cru  lire  : 

Face  :  .  .  .  modvs  .  .  .  Tête  laurée  à  droite. 

Rev.  : —  Déesse  casquée  assise  à  gauche  tenant  de 

la  main  droite  un  .  .  .,  de  la  gauclie  une  lance  (?);  un  bouclier 
contre  le  siège. 

Le  seul  moyen  bronze  avec  le  nom  de  commodvs  en  entier, 
qui,  chez  Cohen,  corresponde  à  ce  signalement,  est  le  u"  825 
III,  p.  181): 

Face  :  m  commodvs  antoninvs  avg  pivs  —  Sa  tête  laurée  à  droite. 

Rev,  :  TR  p  vini  imp  vi  cos  jui  pp  —  S  ||  C  —  Rome  casquée 


—  397  — 

assise  à  gauche,  tenant  une  Victoire  et  une  haste  ;  à  côté  d*elle 
un  bouclier.  (De  Fan  184). 

Quelles  conclusions  tirer  de  ces  monnaies  ? 

Les  monnaies  trouvées,  dit  M.  Bormans  dans  son  intéressant 
Rapport  ('),  viennent  confirmer  les  conjectures  émises  précé- 
demment sur  rage  de  rétablissement  de  Juslenville.  Et  il  ajoute 
en  note  :  «  Peut-être,  cependant,  y  aurait-il  lieu  de  rapprocher 
un  peu  de  nos  temps  le  minimum  d*antiquité  du  cimetière.  » 

Telle  est  en  effet  la  conséquence  du  travail  d'analyse  qui  vient 
d'être  présenté. 

Mais  parlons  d'abord  de  monnaies  les  plus  anciennes;  celles- 
ci  permettent  de  supposer,  mais  n'impliquent  pas  nécessai- 
rement, l'existence  du  cimetière  de  Juslenville  dès  le  temps 
d'Auguste,  de  Galigula  ou  de  Néron;  à  l'appui  du  système  de  M. 
de  La  Saussaye  (*),  que  les  monnaies  sépulcrales  de  l'époque 
romaine,  indiquent  la  date  réelle  de  la  sépulture,  on  peut  bien 
citer  ce  fait,  du  reste,  remarquable  de  la  trouvaille  de  deux  mé- 
dailles de  Néron  dans  le  même  tombeau  (n*"  51  et  53  ci-dessus), 
et  cet  autre  fait  que  certaines  parties  du  cimetière,  ont  été  si- 
gnalées plus  particulièrement  par  des  monnaies  d'Hadrien  ; 
mais  toutes  les  monnaies  de  Juslenville  n'ont  pas  été  perforées 
auprès  des  défunts,  à  titre  de  naulus  ou  d'obole  à  Garon  ;  à  en 
juger  par  des  trous  dont  quelques-unes  avaient  été  préparées 
avec  intention ,  ou  par  le  raplatissemenl  des  bords  de  telle 
autre,  elles  avaient  été  portées  comme  ornements^  soit  enfilées 
à  un  cordon,  soit  serties  dans  une  monture  quelconque  ;  or 
bien  ceitainement,  celles-là,  portées  pendant  la  vie,  ne  peuvent 
servir  à  indiquer  la  date  de  la  mort ,  et  leur  possesseur  avait 
pu,  à  sa  fantaisie,  les  choisir  de  tel  règne  plutôt  que  de  tel  autre, 
pour  se  rappeler  un  souvenir  d'enfance,  etc.,  etc.  Du  reste, 

(  « }  Bull.  Intt.  arch,  liég.,  IX,  p.  i83. 

(*)  Bull,  det  Committiotts  royales  tfart  et  d'archéologie,  II,  p.  i66,  note  4. 


—  398  - 

môme  pour  les  monnaies  sépulcrales  proprement  dites,  le  sys- 
tème de  M.  de  la  Saussaye,  n*est  encore  jusqu'à  présent  qu'une 
hypothèse  non  démontrée,  et  les  monnaies  impériales,  à  quelque 
règne  qu'elles  appartiennent,  ayant  eu  cours  pendant  les  quatre 
premiers  siècles,  ont  pu  parfaitement  être  en  usage,  pour  les 
sépultures,  longtemps  après  leur  émission. 

Cette  dernière  considération  ne  permettrait  pas  de  limiter  ab- 
solument au  règne  de  Commode,  la  date  où  le  cimetière  de  Jus- 
lenville  cessa  d'être  affecté  aux  sépultures  ;  cependant  le  fait 
qu'une  seule  monnaie  de  cet  empereur  a  été  trouvée,  donne  à 
cette  limitation  un  très-grand  caractère  de  probabilité. 

Remarquons  le  ;  l'ensemble  des  monnaies  connues  de  Jus- 
lenville  présente  une  série  presque  complète  depuis  Auguste 
jusqu'à  Commode,  et  cette  série  fait  un  brusque  arrêt  au  règne 
de  ce  dernier  prince  : 

Auguste  1 

Caligula  1 

Néron  7 

Vespasien         3 

Domitien  3 

Trajan  7 

Hadrien  10 

Antonin  10 

Marc-Aurèle      6 

Commode  1 

Cette  série  aurait  sans  doute  été  complétée  et  rendue  plus 
significative  encore,  si  toutes  les  monnaies  frustes  avaient  pu 
être  lues  ;  en  tout  cas,  leur  éiat  autorise  à  supposer  qu'elles 
étaient  en  général  les  plus  anciennes  du  dépôt,  et  qu'elles  n'au- 
raient pas  dérangé  la  conclusion  à  tirer  de  l'ensemble. 

Or,  comment  expliquer  cette  monnaie  unique  de  Commode, 
sinon  par  un  événement,  ayant  dispersé  vers  la  fin  du  II*  siècle, 
les  populations  groupées  aux  environs? 
A  raison  de  la  date  de  ce  Commode,  l'événement  recherché 


—  399  — 

n'est  pas  Tinvasion  des  Ghauques  en  Belgique,  à  laqudle  Didius 
Julien  résista  avec  avantage,  en  Fan  178,  invasion  à  laquelle  on 
a  cru  pouvoir  attribuer  la  destruction  des  villas  de  la  Hes- 
bayeC). 

Les  Ghauques ,  dans  leur  invasion,  ont,  selon  toute  vraisem- 
blance, suivi  la  grande  voie  romaine  de  Gologne  à  Bavay,  par 
Haestricbt,  où  ils  traversèrent  la  Meuse  pour  se  répandre  dans 
la  Hesbaye  et  peut-être  pour  se  répandre  dans  les  Flandres, 
témoin  ce  riche  trésor  de  monnaies  d'or  de  Domitien  à  Marc- 
Aurële  trouvées  à  Mespelaer(*),  et  dénotant  quelque  événement 
de  guerre,  etc.,  qui  causa  leur  enfouissement. 

Dans  cette  hypothèse,  les  contrées  de  la  rive  droite  de  la 
Meuse  restèrent  non  inquiétées  et  échappèrent  à  Tenvahisse- 
ment;  mais  pendant  combien  d'années? 

Les  historiens  ne  nous  font  connattre  que  d'une  manière 
toute  sommaire  les  efforts  pour  se  soustraire  au  pouvoir  de 
Commode,  faits  par  les  habitants  des  provinces,  et  notamment 
de  la  Germanie  dont  une  partie  de  la  Gaule  Belgique  portait  le 
nom,  et  ils  nous  disent  que  ces  efforts  furent  comprimés  par  les 
généraux  romains. 

Mais  la  lutte  entre  les  Belges  et  les  Germains  d'Outre-Rhin 
exista  constamment. 

Gésar  en  parle  :  «  Belgae  proximi  sutU  Gemumis  qui  trans 
Rhenum  ineolunt  quibcjscum  gontinenter  bellum  gbrlnt.  » 

Et  quand  Glaudien  plus  tard  veut  porter  le  comble  à  l'éloge 
de  Stilicon ,  c'est  en  le  vantant  d'avoir  assuré  des  relations 
pacifiques  entre  les  Belges  et  les  Ghauques  : 

ut  jam  trans  floviam,  non  indignante  Cauco 
Pascal  Belga  pecus.... 

Ne  serait-ce  pas  une  nouvelle  invasion  des  peuples  d'Outre- 
Rhin  qui,  sous  Gommode,  exerça  ses  dévastations  sur  la  rive 

i^  )  0k//.  det  comm.  roy,  (tArt  et  d'archéologie ^  V,  p.  Ki3;  VI,  p.  295. 
(*)  Revue  numitmatiqiie  belge,  5*  série,  t.  I,  p.  998,  note  I). 


—  480  — 

droite  de  hi  Meuse,  oomme  l'invasimi  des  GtMuqaes  de  178  s'é- 
tait  réptfidue  sur  la  rive  gauche? 

Ce  n'est  là  éYÎdemaient  qu'une  supposition  ;  aucun  te^te  po- 
sitif ne  Fautorise  ;  mais  comment  expliquer  autrement  ce  brus" 
que  arrêt  de  la  série  des  monnaies  à  Commode? 

En  attendant  que  de  nouvelles  déeouvertes  analogues  soient 
signalées,  il  est  bon  de  tenir  note,  sinon  de  la  réponse  qui  ne 
peut  pas  eneore  être  donnée  d'une  manière  pertinente,  au  moins 
de  la  question  même  pour  faire  ultérieurement  les  rapproche- 
ments que  les  progrès  de  la  science  archéologique  permettront. 

Il  est  nécessaire  de  ne  pas  omettre  l'observation  suivante  : 
à  Juslenville  même,  non  loin  du  cimetière  on  a  trouvé  un  assez 
grand  nombre  de  monnaiesdeMagnenceetdeDécence,  qui  nous 
reportent  à  des  temps  beaucoup  plus  récents  (').  Mais  il  paraît 
de  toute  évidence  que  ce  dépôt  est  absolument  indépendant  de 
ceux  du  cimetièi'e  :  ne  serait-ce  pas  un  hasard  trop  singulier 
que  celui  d'une  môme  population  plaçant  dans  ses  tombeaux 
toutes  monnaies  du  Haui-Empire,  et  laissant,  dans  les  ruines  de 
ses  habitations,  toutes  monnaies  de  la  décadence  ? 

Au  surplus,  l'usage  de  l'incinération,  la  forme  des  objets  dé- 
couverts, confirment  la  date  des  monnaies  du  cimetière,  et  in- 
diquent que  celui-ci  a  bien  probablement  été  en  usage  aux  deux 
premiers  siècles,  et  non  en  deçà. 

L'étude  des  sigles  figulins  trouvés  à  Juslenville,  confirmera 
encore  cette  déduction. 


{*)  Bull,  Irut.  ArchéoL  liéy.^  1\,  p.  i54.  En  outre,  à  Theux  même,  ont  éU 
trouvées  des  monnaies  que  possède  M.  Philippe  de  limbourg,  et  parmi  lesquelles 
il  en  est  de  Constantin  [Revue  de  la  Numismatique  belge,  1.  cit.,  p.  âlS). 


QUAxND  EST  NÉ  LE  BAKON  DE  WALEF? 


Les  amateurs  de  notre  histoire  littéraire  ont  lu  avec  intérêt, 
une  notice  qui  porte  le  titre  modeste  de  :  Note  sur  le  baron  de 
Walef(^).  On  y  rencontre  quelques  faits  biographiques  qui 
étaient  peu  ou  point  connus,  ainsi  que  plusieurs  pièces  iné- 
dites du  poète  liégeois  ('). 

Parmi  ces  dernières,  il  faut  regretter  que  Fauteur  de  la  no- 
tice n'ait  pas  communiqué  en  entier  le  poème  intitulé  F  Anarchie 
et  qui  abonde,  assure-t-il,  en  traits  malins.  Il  n*en  adonné  qu*nn 

(  *)  y.  pp.  S75-8<M  dn  présent  volume. 

(*]  i«a  Goiiffii98iûa  diiBoUfltin  «  reçu  de  l'unleur  de  la  Metice  sur  le  beroa  de 
Walef,  à  laquelle  M.  Helbig  fait  allusion,  la  rectiAcation  suivante  qu'elle  s'empresse 
d'insérer  ici. 

«  Jfe  viens  de  fiiire  uoe  découverte  ;  celle  d'une  erreur  dans  ma  lettre  auf  lel^a- 
ron  de  Walef.  —  J'ai  parlé  d'une  satire  intitulée  :  Quatrième  Philippique  à  la  na- 
tim/Hoiçèise,  Cette  sanglante  diatribe,  quoique  écrite  k  la  manière  de  Walef,  n'Ml 
pas  de  lui.  Quelques  vers  le  montrent  à  l'évidence  : 

Mon  cœur  facile  k  s'alarmer 
Pour  sauver  ma  triste  patriej 

Voulut. 

A  travers  Ue  liquidu  plaget, .. 
Je  fus  traîné  dont  lescaekôt$„,. 
Trop  heureux  si  dans  ces  lieu^  soq^res.... 
Le  ciel  m'eùt  ouvert  un  tombeau... 
Français  proscrit  lassé  de  vivre... 

Or,  voue  savei  que  Lagrange-Chancol,  auteur  dramatique,  composa  contre  le  Ré- 
gent Philippe  d'Orléans  cinq  mauvaises  odes  qu'il  fit  courir  manuscrites  sous  le 
nom  de  Philippiques.  Il  fut  eiilé  à  Sainte -Marguerite,  là  où  fut  détenu  autrefois 
l'homme  eu  masque  de  fer.  La  pièce  en  question  serait  donc  la  quatrième  des  cinq 
Philippiques  de  Lagrange-Chancel. 

iS  mai  1869.  H.  M. 


—  402  - 

très-petit  nombre  de  vers.  Peu  importe  si  la  forme  de  ce  poème 
laisse  à  désirer  et  si  l'on  y  trouve,  comme  dans  une  grande  par- 
tie des  ouvrages  de  Walef,  des  négligences  de  style.  Il  eut  été 
très-intéressant  de  connaître  ce  qu*il  pensait  des  lois  de  sa 
patrie 

Quant  aux  faits  biographiques ,  le  plus  important  est  incon- 
testablement celui-ci  :  Fauteur  de  la  notice  croit  pouvoir  affir- 
mer qu'il  faut  avancer  de  dix  années  Tépoque  assignée  à  la 
naissance  du  baron  de  Walef,  et  la  fixer  à  l'année  4662  au  lieu 
de  1682.  Il  ne  nous  donne  malheureusement  aucune  preuve, 
mais  seulement  une  induction,  pour  étayer  celte  assertion.  Il 
s'appuie  sur  \e  Mémoire  du  baron  de  Walef  à  MM,  les  Président 
et  Conseillers  du  Conseil  ordinaire,  où  il  est  dit  qu'il  n'avait  que 
douze  ans  lors  de  la  mort  de  son  ayeul,  Henri  de  Gurtius,  le 
jour  de  Noël  de  Tan  1674. 

Henri  de  Gurtius,  comme  on  peut  le  vérifier  par  le  Recueil 
des  Bourgmestres  de  la  noble  àté  de  Liége^  mourut  en  effet  en 
1674.  Si  Walef  n'était  âgé  alors  que  de  douze  ans,  il  ne  doit  être 
né  qu'en  1662,  cela  est  clair.  Mais  cette  indication  du  gentil- 
homme liégeois  est  contredite  par  lui-même,  en  d'autres  cir- 
constances, comme  nous  allons  le  voir. 

En  effet  si,  à  l'induction  d'après  laquelle  Walef  serait  né  en 
1662,  je  ne  puis  opposer  des  preuves,  que  j*ai  cherchées  en 
vain,  je  suis  du  moins  en  état  de  citer  un  grand  nombre  d'autres 
inductions  qui  semblent  justifier  l'opinion  générale  qui  fixe  l'é- 
poque de  sa  naissance  en  1652.  Il  y  en  a  tant  qu'on  peut  se  con- 
tenter d'en  alléguer  quelques-unes. 

En  premier  lieu,  do  Walef  assure  qu'il  composa  son  poème 
des  Echasses  en  1669,  lorsqu'il  n'avait  que  dix-sept  ans.  Or  le 
poète  liégeois  aimait  beaucoup  à  faire  ressortir  la  précocité  de 
son  talent  poétique.  Il  ne  se  serait  donc  pas  vieilli,  mais  plutôt 
rajeuni.  On  n'oserait  certes  soutenir  qu'il  a  écrit  ce  poème  et  le 
sonnet  fort  galant  à  Chloris  qui  le  précède,  à  l'âge  de  sept  ans  ! 
On  m'objectera  peut-être  qu'il  y  a  erreur  dans  la  date  de  1669  et 


-  403  - 

qu'il  faut  lire  1679  ;  —  que  d'ailleurs  anciennement,  les  combats 
des  échasses  se  livraient  à  Namur  chaque  année.  Oui,  mais  le 
combat  célébré  par  la  muse  naissante  de  Walef  eut  lieu  avec 
une  solennité  tout  extraordinaire,  à  Foccasion  de  la  visite  de 
l'archiduc  Albert.  Et  si  le  poète  en  citant  ^cette  circonstance, 
s'était  trompé,  comme  au  bout  de  tant  d'années,  cela  pouvait 
trës*bien  lui  arriver,  il  eut  été  sans  doute  relevé  par  les  savants 
historiens  Namurois.  Or,  c'est  ce  qui  n'a  pas  eu  lieu  :  tous  ces 
historiens  locaux,  depuis  Gailliot  jusqu'à  l'illustre  Jérôme  Pim- 
purniaux  citent  cet  événement  sous  la  date  de  1669.  —  Quant  à 
la  toute  première  édition  du  poëme  des  échasses^  dont  deux  ont 
paru  à  l'insu  de  l'auteur,  elle  n'a  pu  être  retrouvée  jusqu'ici  ; 
peut-être  eût-elle  éclairci  le  fait. 

Ensuite  M.  le  docteur  Kuborn  qui,  lui  aussi,  a  eu  à  sa  dispo- 
sition les  papiers  de  la  famille  de  Walef,  dit  que  notre  poète 
liégeois  entra  en  1670,  en  qualité  de  capitaine,  au  service  du 
prince  évéque(').  Je  sais  que  les  princes  de  la  maison  royale  de 
Prusse  sont,  d'après  un  ancien  usage,  créés  sous-lieutenant  à 
l'âge  de  dix  ans  accomplis  ;  mais  je  doute  que  l'on  ait  nommé  à 
Liège  un  bambin  de  huit  ans  au  grade  de  capitaine,  eut-il  été 
d'une  famille  princière,  tandis  que  de  Walef  était  d'une  noblesse 
ni  bien  haute  ni  très  ancienne. 

Enfin  Fauteur  même  de  la  note  sur  Walef  nous  apprend  que 
celui-ci  se  maria  en  1679.  S'il  est  né  en  1663,  il  devait  donc 
alors  avoir  à  peine  dix-sept  ans.  Beaucoup  de  demoiselles,  mais 
bien  peu  de  jeunes  hommes,  s'ils  n'appartiennent  à  des  maisons 
souveraines,  se  marient  à  un  âge  aussi  tendre.  N'est-il  pas 
beaucoup  plus  probable  que  Walef  épousa  Jeanne  de  Zuallart, 
lorsqu'il  avait  27  ans? 

On  en  conviendra,  il  est  beaucoup  plus  vraisemblable  d'après 
ce  qui  précède,  que  l'époque  de  la  naissance  de  Biaise-Henri  de 
Walef  doit  être  fixée  à  1653  et  non  à  1662.  Néanmoins  et  mal- 

(  *  )   Soirées  Bruxelloises ^  p.  iOO, 


_  404  — 

grë  (ootes  ces  apparences,  il  est  possible  que  ràutèo^  de  la 
notice  oit  liaison.  Seulement  il  est  bien  à  regretter,  qu'ayant  en 
ta  peruiiesiOQ  de  futîeter  dans  lei  tùM^sicriis  et  les  portefeuilles 
de  H  tàitùillBi  et  se  trouvant  en  dëdaccord  avec  tous  les  bio- 
gràplies  précédents,  il  n*ait  pas  jttgé  h  propos  de  chercher  à 
approfondir  le  fisiit.  Il  n*ést  guère  à  dôUter  (pfn  ne  soit  parvenu 
à  trouver  au  moins  des  inductions  plus  fortes  que  la  seule  qu'il 
allègilre. 

Je  t\ié  prétends  pas  qu'il  aurait  reiicontré  racte  de  naissatiee 
du  gentilhomme  liégeois,  qui  seul  serait  une  preuve  irréftitable 
et  qui  doit  ceha4neftieut  être  plus  facile  à  trouver  que  celui  de 
TempéreUr  Gharlemagne.  Hais  d'autres  papiers  auraient  pu 
mettre  sur  la  voie.  Et  à  défaut  de  ceux-ci,  le  beau  portrait  de 
Blaisé-HeUri  de  Walef,  que  l'on  conserve,)dit-on,  au  château  de 
Wàlef-St-Pierre,  donnerait  peut-être  la  solution  du  problème. 
On  sait  que  les  anciens  portraits,  très  souvent,  portaient  non- 
seulement  la  date,  mais  encore  Tâge  du  personnage  représenté. 

dette  petite  discussion,  puisqu'elle  ne  conclut  point,  est  assez 
stérile,  j'en  conviens.  Aussi  pour  y  joindre  un  peu  d'utilité  pra- 
tique, je  vais  communiquer,  pour  la  première  fois,  l'acte  de  décès 
du  poète  liégeois,  où  j'ai  espéré,  mais  en  vain,  découvrir  la  men- 
tion de  son  âge.  Je  transcris  cet  acte  tel  qu'il  est,  avec  toutes 
ses  incorrections,  ainsi  que  ses  abréviations  ;  je  crois  devoir  en 
prévenir,  pour  ne  pas  devoir  ajouter  le  mot  êic  à  chaque  instant  : 

«  L^  33  Juillet  1734  est  morte  son  Excellence  Messire  Biaise- 
Henri  de  Cor  te  ^  baron  de  Walef  St  Pierre,  Borléet  cet.,  générale 
felt  maréchal,  lieutenant  des  armées  de  sa  majesté  impériale  et 
cathoHque,  administré  de  tous  les  S""^  de  N^^  mère  la  S^  Eglise 
et  est  entefré  dans  P Eglise  des  R"^*  pères  Jésuitte.  » 

Ge  qui  précède  est  extrait  du  registre  de  la  paroisse  de  Notre- 
Dame-aux-Fonts,  qui  est  conservé  à  l'hôtel  de  ville.  C'est  en  vain 
que  ce  même  registre  a  été  consulté  pour  y  découvrir  l'acte  de 
naissance  de  Walef.  On  n'y  trouve  rien,  ni  en  1652,  ni  en  lt>63. 

En  compulsant  les  registres  des  81  autres  paroisses  de  la 


—  406  — 

ville,  ce  qui  ne  serait  pas  une  petite  besogne,  il  ne  serait  certes 
pas  ioapossible  de  découvrir  Tannée  natale  du  poète  ;  mais  cela 
n*est  pas  certain  non  plus.  Biaise-Henri  de  Walef,  bien  que  tous 
les  biographes  le  supposent  être  né  dans  la  capitale  même  de  la 
principauté,  peut  très-bien  avoir  reçu  le  jour  aux  environs,  dans 
l'un  des  châteaux  assez  nombreux  qui  appartenaient  à  sa  famille. 

rengage  toutes  les  personnes  qui  auraient  Toccasion  de  s'as- 
surer de  cette  année  natale,  à  se  donner  quelque  peine  à  cet 
effet  et  à  faire  connaître  le  résultat  de  leurs  recherches,  si  ce 
résultat  aboutit. 

Dix  années  de  plus  ou  de  moins  dans  la  vie  d'un  homme ,  ce 
n'est  pas  chose  indifférente.  Il  n'est  pas  indifférent  non  plus 
qu'un  auteur  ait  composé  un  ouvrage  dix  ans  plus  tôt  ou  dix  ans 
plus  tard. 

Il  serait  heureux  pour  la  mémoire  de  baron  de  Walef,  que 
Ton  pût  constater  qu'il  faut  s'en  tenir  à  l'opinion  commune  sur 
l'époque  de  sa  naissance.  Le  mauvais  choix  qu'il  a  fait  souvent 
lors  de  la  publication,  très-tardive  dans  tous  les  cas,  de  ses 
œuvres  et  l'extrême  faiblesse  de  ses  dernières  productions,  se 
trouveraient  ainsi  à  la  fois  expliqués  et  en  partie  excusés. 

H.  HELBIG. 


OEUVRE  DE  NATALIS. 

(suite) 

Seconde  partie  de  la  galerie  Justinienne. 

Passons  à  la  seconde  partie  de  l'œuvre  de  Sandrart* 
La  3^  feuille  après  la  planche  du  titre  et  Texposé  du  livre, 
présente  le  portrait  de  Joseph  Justinianus  Benedicti  filius,  signé 
Mich.  Natalis  sculp.  Voir  aux  portraits  n<*  152.  A  la  5^"  feuille  est 
le  portrait  de  Benedidus  S.  R.  E.  Card  Justinianus  Joseph  filius, 
signé  M.  Natalis  fec.  Voir  aux  portraits  n»  153. 

118. 

N<»  7.  Buste  de  Cicéron.  Joachino  Sandrartdel.  Miehael  Natalis 
fe.,  largement  traité,  à  10  c.  de  hauteur;  sur  la  même  planche 
est  un  second  buste  dont  la  tète  à  12  c.  de  haut.  Le  blason  des 
Justîniani,  sous  ce  dernier,  est  aussi  largement  fait. 

116. 

N"  9.  Deux  bustes;  celui  du  haut  est  en  profil,  la  tête  mesure 
13  c.  Il  est  posé  sur  un  socle  où  sont  le  blason  et  les  mots  Jo. 
Thysidius  Guidus  deL  M.  Natalis  f.  Le  buste  du  bas  porte  une 
cuirasse.  Tous  deux  sont  vigoureusement  traités,  celui  du  haut 
est  charmant  d'exécution. 

117. 

N*  11.  Deux  bustes,  celui  du  haut  est  de  Caroc^ai/a,  celui  du  bas 
d'ttn  enfant.  Assez  bien  faits.  Entre  les  deux  figures  sont  : 
l'arme  et  les  mots  Joachino  Sandrart  del.  M.  Natalis  seulp. 


—  408  — 


118. 


N""  12.  Deux  bustes.  Cette  planche  doit  élre  aussi  de  Natalis, 
son  travail  le  dit  ;  cependant  elle  n*est  pas  signée  en  toutes 
lettres  comme  d'habitude  chez  notre  graveur ,  mais  par  Tini- 
tiale  M,  au  milieu  de  laquelle  est  une  barre  verticale  donnant 
Faspect  des  deux  N  réunis  et  contrariés.  La  première  figure  est 
signée  aussi  Joachino  Sandrart  del,  et  porte  Farmoirie  sur  le 
bord  de  la  draperie  qui  couvre  l'épaule.  L'autre  porte  le  bla- 
son à  la  partie  inférieure  postérieure.  Toutes  deux  manquent 
d'élégance. 

H9. 

N""  15.  Deux  bustes  portant  cuirasse.  Même  monogramme 
qu'à  la  planche  précédente,  accompagné  des  mots  :  Jo.  ThyMius 
(iuidns  del,  La  figure  du  haut  est  parfaitement  réussie  de  des- 
sin et  de  gravure  ;  son  aspect  est  distingué. 

120. 

N""  34.  Deux  bustes,  le  premier  à  longue  barbe  et  bandelette 
retenant  les  cheveux,  dont  de  longues  mèches  descendent  sur  la 
poitrine.  Le  second  ressemble  à  Homère  ;  il  porte  les  mots  : 
Michael  Natalis  fe.  Tous  deux  sont  armoriés. 

ISl. 

N""  43.  Deux  bustes,  le  supérieur  idst  Par»  portant  la  cbifAire 
traditiofinetle;  au  bas  sont  les  mots  :  lûoehino  Sandrar  dél.;pm^ 
l'arme  et  Michael  NataUs  f.  Le  buste  do  basent  une  tété  de  femme 
à  coiffure  de  forme  élevée  et  bizarre  ;  die  parait  être  d'une 
cariatide.  Une  bande  ondulée  couvre  les  ohevèiit  tfiiMn  hrge 
rebord  surmonte  ainsi  que  la  passe  d'un  chapeau;  le  tout 
parait  avoir  porté  une  corbeille.  Au  bas,  envahissant  le  buste, 
est  le  blason.  Ces  figures  sont  bien  dessinées  et  gravées; 
t^aris  est  bien  modelé,  par  tailles  hardies  et  d'une  grâce  parti- 
culière. 


—  409  — 

N*»  48.  DeurbUÈteSj  le  premier  :  tête  héroïque,  coiffée  d*un 
casque  irès-orné;  elle  peut  personnifier  Rome  antique.  Cepen- 
dant les  cheveux  sont  courts  comme  ceux  d'un  homme  ;  elle 
pose  sur  un  petit  socle  armorié.  La  deuxième  tête  est  d'un 
vieillard  coiffé  d'un  chapeau  bas  semblable  à  ceux  de  nos  bouil- 
leurs; une  draperie  est  nouée  h  l'épaule  gauche,  la  droite  et 
une  partie  de  la  poitrine  sont  nues.  Entre  ces  figures  sont  les 
signatures  :  Jo.  Thysidius  guidus  del.  Mel  Natnlissculp.  Le  tout 
bien  exécuté. 

123. 

N'  47.  Deux  bustes  de  Faunes,  le  premier  dans  la  pose  du 
Laocoon,  peut  être  Marsias  ;  il  a  de  longues  oreilles  et  de  petites 
cornes; la  barbe  est  petite,  partagée  sur  le  menton,  séparée  des 
favoris  et  des  moustaches.  L'armoîrie  est  posée  au  bas  de  la 
poitrine.  Le  buste  du  bas  est  d'un  Faune  coiffé  de  pampres, 
laissant  à  découvert  àe  longues  oreilles.  Sur  ses  épaules  ^ 
une  peau  de  chèvre;  le  blason  parait  supporter  cette  figure  ;  aux 
côtés  sont  les  noms  :  Joaehino  Sandrart  deU  Jtf **  Ntaalis.  La 
première  de  ces  têtes  est  bien  dessinée  et  gravée. 

N''  86.  t)eux  bustes  de  femmes;  le  premier  a  les  cheveux  sim- 
plement divisés,  rautre  poine  à  leur  séparation  une  perle  et  un 
ruban  passant  sur  le  front,  et  retombe  derrière  les  oreilles  sur 
les  épauleâ.  Cette  planche  porte  le  tnonogramme  M.  N.  f.,  les 
deux  initiales  enchevêtrées  et  surmontées  d'une  barre  et  d'un 
point. 

Ttùntiupicéê. 

Les  Pleurs  de  Phylomèle  (B). 

128. 

Cette  planche  en  tafiU^  douce  est  très-rntérèssattêe  parce 


—  410  — 

qu*elle  a  été  gravée  par  Natalis  h  Vàge  de  quinze  ans,  et 
par  son  exécution.  Elle  sert  de  flrontispice  à  l*œuvre  de  deux 
auteurs  liégeois,  Remacle  et  Jean  Mohy  du  Rond-Ghamp,  et 
présente  une  ordonnance  architecturale  composée  d'un  socle 
à  consoles  et  cartouche,  portant  deux  pilastres  unis  au  haut  par 
un  entablement  dorique  et  entre  lesquels  un  rideau  porte  le 
titre  de  Touvrage.  En  avant  du  pilastre  de  gauche  se  voit  un 
arbre  au  pied  duquel  rampe  un  serpent  ;  au  faite  est  un  oiseau, 
la  Philomèle  du  poète.  Au  devant  du  pilastre  de  droite  se  tient 
Eve,  debout ,  portant  une  ceinture,  les  mains  croisées  sur  la 
poitrine  et  y  soutenant  une  couronne  d'épines.  Elle  regarde 
le  ciel  où  paraît  Dieu ,  entouré  d'une  gloire  et  de  nuages  qui 
envahissent  la  corniche  de  Tédicule. 

Voici  le  titre  écrit  sur  le  rideau  :  Les  Pleurs  de  Phylomèle, 
contenant  les  odes  pèlerines,  les  regrets  et  les  pleurs  de  Messire  Re- 
macle Mohy  y  assemblez  par  Messire  Jean  Mohy,  son  frère.  Seconde 
édition  dédiée  au  Roi  catholique.  A  Liège  de  Fimprimerie  Léonard 
Streel,  imprimeur  juré.  Au  bas  est  la  signature  :  Fait  par  Mi- 
chel Noël  1626. 

Agréable  d'aspect  et  de  même  travail  que  les  planches  de 
H^  Noël,  cette  œuvre  est  faible  de  dessin;  les  mains  de  Dieu  le 
père  sont  lourdes  ainsi  que  la  figure  d'Eve.  Nous  ne  connais- 
sons qu'un  exemplaire  de  cet  ouvrage  (à  la  bibliothèque  royale 
de  Bruxelles),  divisé  en  quatre  parties  parsemées  de  vignettes 
sur  bois  de  sujets  religieux.  La  première  et  la  seconde  partie 
contiennent  des  dédicaces,  des  sonnets,  des  odes  à  diverses 
vierges  miraculeuses  et  des  chansons  souvent  notées.  La  se- 
conde partie  est  intitulée  :  Le  bouquet  aux  Roses  choisies  entre 
les  fleurs  des  chansons  spirituelles,  dont  aucunes  sont  nouvellement 
tournées  de  sujets  prophanes  par  Messire  Mohy  de  Rond-Champ 
1627.  Il  se  dit  le  très-humble  chapelain  de  ceux  auxquels  il  dé- 
die ces  ouvrages ,  à  savoir  :  le  Roi  de  France,  les  Prévôt  et 
Doyen  du  Chapitre  de  St-Lambert  et  Jean  Robert,  prélat  de  Flo- 
reffe,  auquel  est  adressée  la  3""  partie  ou  Paraphrases  sur  Us  lita- 


—  411  — 

nies  de  N,  D.  de  Loretteet  autres  oraisons  pieuses.  Cette  partie  est 
en  latin  ainsi  que  la  4«  contenant  des  litanies  de  la  Vierge  et 
autres  sujets  analogues. 

12S  Ms. 

Du  poème  italien  intitulé  :  la  Giuditta  (Judith). 

88  —  6,  7  (Tychon.  MP.) 

L'héroïne  biblique  y  est  représentée  à  mi-corps,  le  sein  dé- 
couvert et  la  tête  ornée  de  panaches  ;  elle  tient  sur  un  linge 
la  tête  d'Holopherne.  Ce  groupe  se  détache  sur  un  fond  sombre  ; 
le  tout  très-vigoureux  d'effet,  en  taille  douce,  et  d'un  dessin 
assez  élégant. 

Au  dessous  de  la  gravure  on  lit  ces  mots  : 

Pudica  vincit  impudieutn  dextera. 
Pia  impium  necat  ebriosum  sobria. 

Leody,  M.  Natalis  /.  A^'  1629. 

Cette  pièce  orne  un  petit  volume  ayant  pour  titre  :  la  Gui- 
ditta  e  le  rime  sacre,  morali  e  varie^  et  Antonio  Abbondanti  da 
Imola Dedicate a  Fil'' et  R'  Mgr,  Pietro  Luigi  Carafa^  Vescovo  di 
Tricarico  et  Nunzio  Apostolico.  —  lAége  Giovanni  Ouwrex  1630. 

Le  poème  est  précédé  d'une  épitre  dédicatoire,  de  pièces  de 
vers  Avançais  et  latins  et  d'une  autorisation  par  laquelle  on  voit 
que  l'auteur  habite  Liège  et  est  secrétaire  de  Mgr.  Carafa,  nonce 
résident  à  Liège. 

Après  huit  pages  non  numérotées  vient  la  gravure;  outre  le 
susdit  poème,  ce  volume  contient  de  nombreuses  pièces  de  poé- 
sie adressées  à  des  artistes  et  hauts  personnages  Liégeois;  on 
y  trouve  le  gracieux  éloge  fait  à  Michel  Natalis  cité  dans  notre 
notice  biographique.  D'autres  épitres  à  des  dames  sont  compo- 
S('^es  par  un  ami  d'Abondanti. 

Celui-ci  n'était  pas  seulement  poète  ;en  effet  il  signa  comme 
inventeur  une  œuvre  exécutée  par  le  second  Valdor,  le  n»  50, 
frontispice  de  la  biographie  du  cardinal  Bellarmin.  Elle  est  si- 


:i 


—  4\i  — 

gnëe,  comme  suit  :  D.  Antonim  Abmdantij  immt,  M.  PoiOîawf , 
pinxit  j  /.  Valdor ,  seulp.  Ge  poète  si  bienveillant  pour  nos 
célébrités  liégeoises  mourut  à  Liège;  sa  tombe  se  voit  à  Saint- 
Paul,  dans  la  chapelle  du  Saint-Sacrement.  Nous  n'avons  ren- 
contré son  poème  que  chez  M.  Tychon,  vicaire  de  Saint-Remacle 
à  Verviers;  madame  Parmeatier  possàde  la  gravure  seule. 

1*8. 

Sanctorum  quinquagirUa  Jurisetc. 

de  Jean  Roberti. 

10.5  —  6,  3  —  (NH  I  UL  I  UC  en  vol.) 

Dans  un  paysage  maritime,  au  fond  duquel  est  une  ville  for- 
tifiée, deux  dauphins  voguent  sur  \m  flots,  portant  chacun  sur 
le  dos  un  homme  de  petite  proportion.  Sur  le  ciel  se  détache  un 
ange  tenant  de  la  main  droite  une  balance,  de  la  gauche  un 
tableau  surmonté  d'une  armoirie  et  sur  lequel  on  lit  ce  titre  : 
Elogia  quinquaginta  S.  S.  Juris  peritorum  auth.  Jobanns  RoberH 
Societ.  Jesu  Th^oL.  Doc.  Au  dessous  de  la  gravure,  à  droite, 
sont  les  nonxs  :  Leody  M.  Natalis  in.  et  f.  Le  blason  est  écartelé: 
aux  1«'  et  4  d'argent,  fascé  de  sable  de  huit  pièces,  k  un  lion 
d'argent  couronné  brochant  sur  le  tout.  Aux  2  et  3  d'argent 
à  trois  fuseaux  de  gueules  qui  est  de  Fléron. 

Cette  pièce  en  taille-douce  est  très- vigoureuse  de  clair-obscur; 
la  partie  inférieure  satisfait  l'œil  ;  l'ange  est  massif  et  maniéré 
de  pose. 

Le  volume  auquel  cette  planche  sert  de  frontispice  a  pour 
titre  :  Sanctomm  quitiqtiaginta  juris  peritorum  elogia  contra  po- 
pulare  commentum  de  solo  Ivone  publieata  a.  il.  P.  Johanne 
Roberti  Societatis  Jesu  doct.  theoL  Leody  typis  Joannis  Ouwerx 
1632.  Un  petit  poème  intitulé  :  Emblematis  capiti  prœfixi  expia- 
natio  et  signé  Henricus  D'Oupey,  renferme  l'explication  de  ce 
frontispice  symbolique. 


—  413  - 

12ii. 
Lt  Triomphe  des  AbeiUes. 

26,6  —  20  -^  (C  des  E  I  NH  I  Ui). 

PaUas  assise  sur  uq  trophée  d'armes ,  de  casques,  de  oui* 
rasses,  etc.,  couronnée  de  lauriers,  tient  d'une  main  une  palme, 
de  Fautre  un  hoiiclier  aux  armes  de  Barberini  :  en  ebef  à  la  oroix, 
en  pointe  à  Irois  abeilles ,  le  tout  surmonté  d'un  chapeau  à  9 
houppes  et  d'une  croix  épiacopale.  Aux  bas  cotés  du  groupe 
sont  attachés  deux  vaincus.  Le  tout  se  détache  sur  un  hémicicle 
architecture  et  pose  sur  une  base  guirlaudée  portant  cette  ins- 
cription :  Apum  Triumphus  Franeiwo  Card.  Barberim  S.  R.  C. 
Vice  Cane.  Emodutatus  Dum  in  Collegio  ClementinoP.P.  congre- 
goHonis  somasehtB  PhUoêophioBS  Assertionee  Propugnaret  Anîonius 
Lancens  Florent.  Au  bas,  en  dehors  du  champ,  est  la  signature 
Fran  Rommell.  VUerb.  del.  Miekaet  Natalis  fec,  Romœ, 

Keffet  de  cette  planche  est  mœlleux  et  gracieusement  traité, 
mais  le  dessin,  sur  plusieurs  points,  manque  de  distinction. 

lae. 

PkHosaphiae  triplex,  etc. 
23  —  18.2  (C  des  E). 

Dansua  jardin  orné  de  bosquets  eu  arcadeset  de  pavillons  sont 
trois  femmes,  Tune  guidant  les  autres  qui  conduisent  une  char- 
rue. Celles-ci  sont  richement  vêtues  et  foulent  aux  pieds  un 
être  fantastique  à  torse  humain  et  à  queue  de  dragon.  Trois 
gros  papillons  nocturnes  sont  atelés  à  cette  charrue ,  deux  au 
joug,  le  troisième  au  sommet  du  soc  dont  le  tronc  est  fait  d'un 
bois  brut.  Il  est  orné  d'un  blason  à  un  dextrochère  dont  la  main 
est  surmontée  d'une  étoile  posée  en  chef.  Le  papillon  du  soc 
et  la  première  femme  tiennent  à  deux  un  fouet;  celle-ci  a  dans 
la  main  gauche  une  branche  feuillue  et  semble  vouloir  frapper 
du  poing.  Des  deux  autres  femmes  la  première  tient  le  bras  de 


--  414  — 

rhomme  terrassé  dont  le  poignet  est  serré  par  des  cordes  ;  la 
seconde,  couronnée,  et  tenant  de  la  main  droite  un  sceptre, 
porte  un  voile  noir  couvrant  sa  tête.  Au  dessus  de  l'arcade  cen- 
trale du  fond  est  le  blason  des  Barberini,  timbré  du  chapeau  et 
de  la  croix  épiscopale  ;  à  Tentour  des  troncs  d'arbre  composant 
le  bosquet  sont  des  rubans  portant  Tinscription  :  PhUosaphiae 
triplex  auspiciis  Emin.  Prindpis  Francisci  Card.  Barberini  propu- 
gnata  a  Francisco  Retigo  Coll.  S.  Hieron.  Mattheior  alumno. 
Les  frises  des  petits  pavillons  flanquant  le  berceau  du  milieu, 
portent  chacune  deux  mots  :  Hic  domus.  L'horizon  est  limité 
par  un  édifice  modeste;  à  Tétage,  des  abeilles  voltigent  au  des- 
sus du  tout.  Au  bas,  à  droite,  la  planche  est  signée  :  Matheo 
Pagani  del.  M.  NataUs  F.;  en  dehors  sont  les  mots  :  DisputabUur 
publiée  in  Col,  Rom.  Soc.  Jesu  Anno  M  DGXXXIII  mense^ 
die,  hora. 

Cette  pièce  est  d'un  style  peu  artistique  et  sans  parti  pris 
dans  son  effet  général. 

131. 

Afbeeldinghe  van  d^eerste^  etc. 

16  — 11,5— (NH|B). 

Cette  planche,  titre  d'un  volume  in-4'',  présente  sur  un  sodé 
orné,  un  piédestal  portant  le  titre  de  l'ouvrage.  Il  est  surmonté 
d'une  femme  assise  regardant  le  ciel,  ayant  le  nom  de  Jésus  sur 
la  poitrine,  soutenant  dans  le  brasier  d'un  autel  antique  un  globe 
surmonté  d'une  croix.  De  la  main  gauche,  elle  tient  un  livre 
ouvert  où  sont  les  mots  :  Ad  Majorem  Dei  Gloriam.  Trois 
femmes  l'environnent,  chacune  lui  offrant  une  couronne.  La 
figure  de  gauche,  le  visage  entouré  de  rayons,  tient  un  livre; 
celle  du  haut,  une  épée  entourée  d'oliviers  et  une  palme.  La  troi- 
sième porte  un  miroir  concave  et  un  lys.  Aux  côtés  du  pié- 
destal sont  debout,  à  gauche,  l'Église  personnifiée,  tenant  de 
la  main  droite  la  croix  pontificale  surmontée  d'une  colombe,  et 
de  la  gauche  la  thiare.  A  droite  une  femme  debout  embrasse  un 


—  41B  — 

Cruciflx  qu'elle  tient  en  mains;  à  ses  pieds  gisent  un  cha- 
peau épiscopal  et  une  mttre.  Le  socle  sur  lequel  pose  cette 
composition  offre  comme  bas-relief,  à  gauche,  le  Temps,  couché 
avec  un  C  sur  la  tête,  à  droite  TEnvie,  coiffée  de  serpents  et 
mangeant  un  cœur.  Un  cartouche  séparant  ces  deux  figures 
porte  les  mots  :  TAntiverpen  in  de Plantiinsche DruckeriieTADC^; 
plus  bas,  sur  la  gravure,  A  Diepenbeke  del.  M^  Natalis  fe.  Le  titre 
du  livre  ornant  le  dé  du  piédestal  susdit  se  lit  dans  un  oval  en- 
cadré par  un  serpent  qui  se  mort  la  queue  :  Afbeeldinghe  van 
fTeerste  eevive  der  Sodeteyt  Jesu  vor  ooghen  ghestelt  door  de  Duyts- 
Neederlantsche  Provincie  der  selver  Sodeteyt. 

Cette  gravure  n'est  pas  artistique,  les  draperies  sont  peu  dis- 
tinguées. 

132. 

Evangelium  secundum  Matthceum  ab  Alexandre  Pelegrino. 

33  _  23  —  (C  E). 

Dans  le  ciel  d'un  paysage  se  voit  l'Arche  d'alliance  où  sont 
trois  livres  ;  elle  est  portée  par  les  emblèmes  des  Evangéiistes 
avec  cette  particularité  que  l'ange  est  représenté  par  un  homme 
barbu.  Sur  l'autel  de  l'arche  est  assis  un  adolescent,  la  tête 
rayonnante  et  tenant  de  la  main  droite  un  flambeau  ;  au-dessus 
de  lui  plane  le  St-Esprit.  Une  trompette  paraît  flotter  ;  à  gauche 
descendent  des  éclairs  frappant  une  statue  de  Jupiter  tenant  des 
foudres  et  brisée  sur  le  sol.  A  droite  une  harpie  se  tord  en  gri- 
maçant. L'aigle  et  le  lion  emblématiques  soutiennent  une  dra- 
perie où  on  lit  :  Evangelium  secundum  Mathœum  paradoxis 
Ulustratrum  ab  Alexandre  Pelegrino  e  Societate  Jesu  tom  II;  et 
au  bas  :  Laureti  P,  Augustmum  Griseum  1645  supetioii  punissa 

M.  Natalis  f. 

.  133. 

Histoire  de  Liège  par  le  P.  Fisen. 

26,  5  — 17,  8  (CE  I  UL  I  NH  I  UC  I  B) 

Dans  cette  composition  complexe,  l'église  personnifiée  est 


-  416  — 

debout,  coiffée  du  trirègne,  tenant  la  croix  pontificale.  Elle 
regarde  le  ciel  où,  sur  des  nuages,  est  un  groupe  composé  de 
la  Vierge  avec  renfant  Jésus.  A  l'entour  sont  les  Ëvéques  de 
Liège ,  Materne ,  Servais,  Lambert  et  Hubert.  L'église  semble 
s'adresser  à  la  Vierge  et  de  sa  bouche  sortent  ces  mots  :  Haec 
est  dikcta  parenti  fiUa.Ea  face  une  femme  drapée,  personnifiant 
Liège,  tient  une  crosse  épiscopale  ;  elle  dit  :  tu  mihi  diva  parens, 
A  ses  pieds  est  un  génie  agenouillé,  tenant  une  mitre  et  regar- 
dant la  figure  de  l'église.  A  droite ,  sur  toute  la  hauteur  de  la 
planche,  s'élève  le  perron  de  Liège.  Son  fût  est  accompagné  de 
six  médaillons  attachés  à  des  rubans  que  tient  un  génie;  un 
autre  entoure  le  péron  d'une  guirlande  retombant  sur  le  pié- 
destal, au  devant  duquel  est  assis  un  troisième  génie,  tenant  un 
feuillet  sur  lequel  il  écrit  ce  titre  du  volume  :  Bartholomtui 
Fisen,  Leodiemis  e  Sodetate  Jesu.  Saticta  Legia  Romanae  Ec- 
clesiae  filia,  sive  Historia  Eccksiae  Leodiensis, 

Le  paysage  est  orné  de  la  tour  de  l'ancienne  cathédrale  de 
Saint-Lambert  ;  en  avant  est  une  tour  ronde  au  bord  de  la  Meuse 
et  sur  la  colline  du  fond  se  voit  un  édifice  quarré.  Les  six  mé- 
daillons appendus  aux  côtés  du  péron,  représentent  :  l*"  au 
haut  à  gauche,  un  soleil  avec  légende  :  Sine  nube;  2*  une 
colonne  avec  les  mots  Noîi  moveor;  3°  un  ciel  sombre  avec 
sept  étoiles  et  Signo  viam;  du  côté  opposé  sont  :  4"^  un  croissant 
avec  Milii  lumen  ab  illo;  S°  un  obélisque  entouré  d'un  ceps  de 
vigne  et  Te  stante  virebo  ;  6°  une  boussole  et  Secura  sequor.  Au 
bas  et  dans  le  cadre,  on  lit,  en  lettre  romaine;  Leodii  e  typo- 
grapheo  Joannis  Toumay  MDGXLII,  à  droite  du  même  champ  : 
Michael  Natalis  invent t  et  sculpsit. 

Cette  planche  est  intéressante  pour  le  double  mérite  de  l'in- 
vention et  du  travail;  les  groupes  y  sont  bien  variés  de  carac- 
tères ;  le  supérieur  vaporeux,  le  second  plein  de  force,  mais  pré- 
sentant quelque  sécheresse  sur  plusieurs  points. 


—  417  — 

134. 

La  paix  et  la  guerre.  —  Thèses  des  Rosenberg, 
\  mètre  23  —  68,  8  —  en  deux  feuilles  (UL  ]  NH). 

Nous  voici  en  présence  de  l'une  de  ces  œuvres  qui  mettent  le 
sceau  à  la  renommée  d'un  artiste.  Nalalis  Taccomplit  avec  une 
audace  et  un  succès  merveilleux.  Malgré  les  proportions  gran- 
dioses du  travail,  tout  est  grâce,  harmonie,  largeur  d'effet. 
Le  naturel,  le  modelé,  la  vigueur  de  chaque  détail  et  la  variété 
d'expression,  font  voir  combien  le  burin  de  Natalis  était  magis- 
tral et  moelleux  tout  à  la  fois. 

Dans  un  paysage  maritime,  s'élève  un  piédestal  sur  lequel  est 
debout,  l'empereur  Ferditiand  III,  comme  le  dit  l'inscription 
qui  est  à  ses  pieds  :  Ferdinando  Tertio,  Bello  et  Pace  justitiœ 
defensori.  11  est  en  grand  costume  impérial  et  mesure  35  c.  de 
hauteur.  Contre  le  piédestal,  en  avant,  est  assise  la  Justice, 
les  yeux  bandés,  une  épée  sur  les  genoux;  elle  parattimplorer 
le  souverain.  Près  d'elle  est  un  génie  tenant  une  balance,  por- 
tant dans  ses  plateaux  égalisés,  d'un  côté  les  insignes  de  l'Em- 
pire et  de  l'autre  le  blason  d'Autriche ,  de  gueules  à  la  fasce 
d'argent;  sur  la  ceinturo  du  génie  sont  les  mots  :  Justum  est. 
Au  dessus  de  Ferdinand  est  le  foyer  circulaire  d'une  gloire, 
lançant  des  rayons  de  toute  part;  dans  leur  centre  est  une  ba- 
lance dont  chaque  plateau  porte,  l'un  les  mots  :  Noctetnq,  Diemq; 
le  fléau  Aequat  et  le  billet  au-dessus  :  Radiisvidet  utraque  redis. 
Sur  le  ciel  passe  une  zone  portant  les  signes  du  zodiaque  de  la 
vierge  et  du  scorpion.  De  chaque  côté  du  piédestal  est  un  per- 
sonnage en  costume  civil  s'adressant  à  l'Empereur  et  tenant 
d'une  main  un  tableau  à  inscription,  début  de  la  thèse  que 
chacun  présente.  Le  ciel  est  peuplé  de  génies  portant  des 
tablettes  où  se  trouve  la  citation  des  points  de  la  dite  thèse. 
Le  premier  plan  est  tout  occupé  par  des  groupes  de  génies 
tenant  des  armoiries  décrites  plus  loin. 


—  418  — 

L'intérêt  de  la  composition  étant  divisé  entre  la  Paix  et  la 
Guerre,  celle-ci  sert  d'action  à  tous  les  personnages  de  gauche 
occupés  aux  travaux  de  Mars,  dont  ils  portent  les  emblèmes  et 
les  instruments,  se  détachant  sur  une  scène  d'incendie.  Le 
côté  droit  de  la  gravure  représente  la  paix;  tous  les  groupes  et 
accessoires  y  respirent  la  quiétude  de  la  ville  et  des  champs,  et 
les  personnages  y  sont  occupés  d'agriculture,  de  commerce  et 
d'art.  Ces  deux  tableaux  sont  séparés  par  les  figures  de  la  Jus- 
tice et  de  Ferdinand,  à  côté  desquels  se  voient  en  pied  les  deux 
personnages  qui  doivent  être  des  portraits,  nu-têtes  et  avec 
chevelures  assez  amples. 

Un  tableau  de  gauche  porte  cette  inscription  : 

De  Jure  belli  thesis,  bellum  est  publicorum  armarum  juste  sus- 
cepta  et  rite  denuntiata  contentio.  Eius  suscipiendipotestas  tantum 
Principi  superiorem  non  recognoscenti  regulariter  convenu  tùsi 
aliud  speciali  permittatur  privilegio,  Hinc  si  subditi  Ulud  auctori" 
tate  propria  aut  summum  contra  prindpem  aut  contra  Rempubli- 
camsusdpere  tentent  perduellionis  rei  extremo  supplicio  et  bono- 
rum  omnium  confiscatione  ipso  iure  contingente  negata  etiam  iibe- 
ris  légitima  plectuntur.  Les  bannières  et  piques  que  portent  les 
génies  voisins  de  ce  tableau  sont  entourées  d'un  ruban  où  sont 
les  mots  :  Recta  IHi  sunt  Cœsaris  arma. 

Le  tableau  que  soutient  le  personnage  de  droite  dit  :  De  jure 
pacis  Thesis.  Pax  quœ  belli  optabilis  finis  est  publica  perpetuo  ab 
armis  desistendi  conventio.  Ab  judidis  utpote  certis  temporum 
limitibus  circumscriptis  differt.  Eius  imponendœ  polestas  supremo 
tantum  Principi  per  inde  ut  Belli  indictio  competit,  communiter 
autem  vel  ab  ipso  Principe  vel  ejus  Legatis  pertractanda  suscipitur. 
Hi  fines  mandati  quod  speciak  desuper  requirimus  accuratissime 
observent  oportet,  Unde  cansectaneum  nec  Provinciarum  Admini- 
stratoresnec  Belli  duces  quantumvis  mandatum  générale  etiam 
cum  libéra  potestate  habentes  Vacem  iticonsulto  Pnncipe  valide 
concludere  posse.  Les  six  tableaux  que  se  montrent  les  génies  du 
haut  continuent  de  chaque  côté  rampliricaiions  de  ces  écrits 


—  419  — 

selon  leur  caractère  et  par  les  numéros  II,  III,  IV.  Au-dessus 
du  groupe  de  droite  un  ruban  flottant  porte  les  mots  :  Sacra 
tenety  concordia  rectum. 

Nous  avons  dit  qu*à  la  base  de  ces  allégories,  des  génies  sou- 
tenaient des  blasons  ;  cette  partie  de  Tœuvre  est  très-riche  par 
elle-même.  Elle  est  faite  d'un  socle  orné;  le  centre  est  occupé  par 
l'écusson  d'Autriche,  élevé  par  deux  génies,  la  fasce  portant  les 
mots  :  una  est  régula  ;  Técu  est  timbré  de  la  couronne  impériale. 
A  droite  et  à  gauche  des  génies  étalent  un  ruban  avec  les  mots  : 
Austriacis  Justitia.  Aux  angles  extrêmes,  à  droite  et  à  gauche, 
sont  deux  blasons  semblables,  rappelant  les  deux  orateurs  mis 
en  scène  ;  ils  portent  écartelé  au  l"*'  et  4  de  gueules  à  un  soleil, 
aux  2  et  3  à  un  torse  d'homme  nu,  de  gueules,  tenant  en  la  main 
droite  deux  flèches  et  de  la  gauche  un  arc.  En  cœur  une  tente 
dans  laquelle  est  une  rose.  Ces  armes  sont  timbrées  de  deux 
casques  se  regardant,  à  couronne  faite  de  grands  et  petits  fleu- 
rons alternés;  celle  de  dextre,  surmontée  du  soleil  et  celle  de 
senestre  de  l'homme  de  Técu. 

Sur  le  seuil  où  s'élèvent  ces  divers  groupes  sont  les  vers  sui- 
vants, rangés  deux  par  deux  : 

Candida  purpureum  distinguens  régula  campum 

Insigne  Austriaco  Justitiaeq.  datum  est. 
Candida  pax  tUriusq^  bonum  est  :  si  cogis,  uterque 

Bella  sed  in  tutnidos,  sanguinolenta  geret^ 
Régula  justa  tamen  Pacem  disunget  ab  armis^ 

Omnibus  insigne  hoc  Regibus  esse  velim. 

Et  sur  le  socle  inférieur  :  Ad  publia  juris  Bello  et  Pace  tute- 
lamsese  promptes  sese  totos  dant  dicant  cansecrant  JoannesMichael 
et  Ferdinandus  Morel  Prœsidibus  Clarissimis  viris  D,  D.  Jacobo 
Sanivort  et  Théodore  Tuldeno  I.  V.  Doctorib,  et  Profess.  Primariis 
Lovanii.  Anno  Christi  MDGXLV.  A  droite,  sur  la  gravure,  sont 
les  signatures  :  Abraham  à  Diepenbeke  delitieavit.  Michael  Natalis 
sculpsU  Antverpiae. 

Cette  œuvre  grandiose  est  traita  avec  une  rare  vigueur  de  bu- 


—  4M  — 

rin;  les  demi-teintes  y  gazent  parfaitement  le  texte  intercallé. 
L'écueil  des  tables  portées  par  les  génies,  est  admirablement 
évité  pour  ne  laisser  dnns  la  lumière  que  les  figures  dont  la 
variété  et  l'animation  sont  fort  heureuses. 

138. 
Conférences  théologiques  du  P.  Mathias  Hauzeur. 

27  —  19,8  —  (CE  I  UL  I  NH  I  UC). 

Dans  un  bel  intérieur,  se  trouvent  rangés  de  nombreux 
personnages  ecclésiastiques  ;  au  fond  sont  des  évéques  et  des 
cardinaux;  dans  les  plans  plus  rapprochés ,  des  religieux  ,  dont 
plusieurs  nymbés.  Au  centre  est  une  chaire  d'où  Jésus  paraît 
écouter  les  discours  de  plusieurs  religieux  de  la  bouche  desquels 
sortent  des  billets.  Le  premier  personnage  à  gauche,  ayant  une 
étoile  au  front  et  d'autres  sur  les  vêtements  dit  :  Suffiât  Alenm; 
le  second:  Plus  consonat pietati  S  d.  i.  le  S""  Videtur  insipientiœ 
meae  p,  2  q.  91.  Le  4^  :  Si  non  répugnai  ecdesiœ  3  d.  3.  Sur  la 
table  devant  laquelle  ils  se  trouvent  sont  inscrits  ces  noms  : 
S.  Bonavent,  doc.  Seraph.  F.  Alex,  Alensis  Patriarcha  theoL  f. 
Joan.  Duns  scotus  doctor  subtilis.  Saint-Augustin  en  costume 
épiscopal  est  debout  près  de  la  chaire  sur  laquelle  est  l'inscrip- 
tion :  Unus  est  magister  noster.  Au  premier  plan  sont  assis,  à 
droite,  un  docteur;  à  gauche,  un  jésuite;  entre  eux,  au  centre, 
est  un  ange  couronnant  et  tenant  un  grand  ovale  à  fond  blanc, 
où  se  trouve  le  titre  du  livre,  que  voici  :  Collatio  totius  Theologiœ 
inter  majores  nostros  ad  mentetn  5.  Augu^tini ,  sut  magisterio 
christi  et  ecclesiœ  per  duos  tomos.  Contra  omhes  et  salas  Haereses 
ac  opiniones  censuratas.  Thomus  1  per  F.  Matthiam  Uauzeur 
Theologum  Franciscanum  proviiuAœ  Flandriœ,  Typis  ejusdem  Au- 
gustœ  Eburotium  1682.  Natalis  fe. 

Cette  planche  contient  de  belles  choses  ;  l'ensemble  laisse  à 
désirer  comme  clair-obscur.  Au-dessus  du  tout,  au  centre,  sur 
une  tablette,  se  lit  le  titre  principal  du  sujet  :  Jésus  seu  veritas 


—  421  — 

m  medio  doctot'um  Luc  â.  Aux  colés ,  se  détachant  sur  des  ri- 
deaux relevés,  sont  deux  petits  anges  portant,  celui  de  gauche, 
le  blason  de  TÉglise  Romaine  avec  la  légende  qui  ecclesiam  non 
audierit;  celui  de  droite  les  armes  de....  avec  les  mots  sine 
prejudicio.  Cette  même  gravure  orne  le  tome  second  de  Touvrage; 
seulement  on  a  collé  sur  l'ovale  qui  porte  un  autre  ovale  conte- 
nant après  les  mots  opinianes  censuratas  cette  ajoute  linia  col. 
536  contra  novas  calumnias  kotreticas.  t.  II,  etc. 

136. 

L'Académie  de  Flémal  au  pays  de  Liège ^  par  Edmond 

Breuché  de  la  Croix. 

11.3  — 7,3  (UL  en  vol.  |  NH). 

Dans  un  paysage  montagneux,  s*élève,  au  premier  plan,  une 
pyramide,  au  bas  de  laquelle  un  génie  agenouillé  sculpte  une 
armoirie  surmontée  d*un  chapeau  épiscopal.  Du  bas  de  Técu 
descend  une  croix  d'honneur.  Uarme  porte  :  un  chevron  avec 
une  étoile  de  chaque  côté,  en  pointe  une  tète  de  maure  avec 
bandeau.  Auprès  du  génie  gisent  un  arc  et  un  carquois;  plus 
vers  la  gauche,  sur  le  sol,  un  serpent  se  mord  la  queue  et  du 
milieu  de  son  cercle  s*élève  une  plante  de  pensées.  Le  haut  de  la 
pjTamide  est  couvert  par  un  groupe  composé  de  deux  génies 
soutenant  le  blason  des  comtes  d*Egmont  surmonté  d'une  cou- 
ronne ducale,  et  portant  aux  l'*'^  et  4  de  gueules  à  cinq  chevrons 
d'argent  aux  2  et  trois  d'azur  h  deux  fasces  d'argent  cont'-ebre- 
tessées  en  cœur  à  deux  lions  affrontés.  Au  second  plan  s'élève 
un  édifice  auprès  duquel  est  la  statue  de  l'Hercule  Farnèse; 
la  toiture  est  surmontée  d'une  couronne  ducale,  accompagnée 
de  palmes.  Au  dessus  flotte  un  ruban  portant  ce  jeu  de  mots  ; 
Haec  munda  Edmunde.  La  gravure  est  signée  Mel  Natalis  inve. 
et  fec.  En  dessous  est  l'inscription  suivante  : 


—  42Î  — 

Qui  cherche  en  son  ouvrage  une  immortelle  gUAre^ 
Travaille  vainement  et  se  rend  criminel^ 
Un  nom  fameux  {)érit  au  temple  de  Mémoire^ 
Dans  le  livre  de  vie,  il  devient  Etemel. 

Cette  planche  est  finement  exécutée  et  d'un  clair-obscur 
très-gracieux;  le  tout  est  bien  groupé  et  dessiné.  On  croirait  le 
génie  du  bas  modelé  par  Duquesnoy.  Saumery  dit  que  Natalis 
grava  le  portrîfit  de  Lambert  de  la  Mothe  pour  être  mis  à  la  tète 
d*un  livre  avec  le  quatrain  qui  précède,  et  qui,  dans  le  volume 
que  nous  avons  sous  les  yeux  n'accompagne  aucun  portrait. 
Cette  planche  se  trouve  en  tête  d*un  petit  in-S*»  intitulé  :  F  Aca- 
démie de  Flemal  au  Pays  de  Liège  établie  par  le  S^  Edmond  Breu- 
ché  de  la  Croix^  Aumônier  et  Prédicateur  de  son  Altesse  RoydUe 
Madame,  Duchesse  dC Orléans^  Conservateur  des  privilèges  de  Malte 
et  Pasteur  des  Flemals.  A  Liège  B.  Brotickart^  Imp.  9 1683.  (Prés 
de  Liège  sont  les  villages  de  Basse  et  Haute-Flémale).  L*ouvrage 
débute  par  une  dédicace  à  Mgr.  le  Prince  de  Gavre. 

L'épttre  est  suivie  d'une  seconde  gravure  de  Natalis,  posée 
en  tête  du  premier  sonnet  de  ce  recueil  ;  on  peut  l'intituler  : 

137. 

Le  soleil, 
9.  4  _  6.  9  —  (UL). 

L'astre  brille  dans  un  paysage  maritime  orné  de  forts.  Au  pre- 
mier plan  s'élève  un  cadran  solaire,  posé  sur  un  pied  Mi  de 
deux  syrènes  ailées  ;  entre  leurs  tètes  et  le  cadran  se  détachent 
des  billets  sur  lesquels  sont  les  mots  :  Aspice  ut  aspidar^  nil  sine 
te.  Sur  la  gravure,  au  bord  inférieur  on  lit  :  Ta  clarté  fait  valoir 
mon  ombre.  A  l'angle  de  droite  :  Natalis  inv.  Cette  planche  est 
bien  exécutée. 

Le  second  sonnet ,  ayant  pour  titre  Echo,  est  précédé  d'une 
gravure  que  l'on  peut  intituler  ; 


—  M3  — 

138. 

Echo. 

9.  4  —  6.  9  (UL). 

Dans  un  paysage  agreste,  traversé  par  deux  cours  d*eau,  en- 
tre lesquels  est  une  grotte,  une  bergère  portant  houlette,  con* 
duisant  des  moutons,  dit,  par  un  billet  sortant  de  sa  bouehe  : 
Clama.  Dans  la  grotte  Echo  représenté  par  une  femme  à  genoux 
répond  Ama.  Cette  fois  la  signature  est  posée  verticalement  sur 
le  côté  droit  en  dehors  de  la  gravure,  à  l'angle  inférieur,  et 
sans  prénoms  :  Naialis  fe.  Cette  petite  pièce  est  très-agréable, 
forte  de  clair-obscur  et  la  figure  d'Echo  annonce  la  maturité  du 
burin  de  son  auteur. 

Le  volume  de  Breuché  contient  une  4«  gravure  qui  suit  la 
préface  et  précède  l'épitrc  en  vers  intitulée  :  Les  Bergen  de  la 
Meuse  présentant  le  livre  cTErgaste  à  Monseigneur  le  Prince  de  Ga- 
vre  sous  le  nom  de  Cloridon.  Cette  œuvre  est  par  Michel  Natalis; 
nous  l'avons ,  comme  on  a  vu,  attribuée  à  son  père. 

i'69. 

Diptychon  Leodiense. 

36  —  Î6  -«  (NH.  I  UC  en  vol.) 

C'est  le  titre  appliqué  à  la  reproduction  des  bas-reliefs  en 
ivoire  portant  les  anciennes  commémorations  faites  dans  la  Ca- 
thédrale de  St-Lambert,  à  Liège,  et  présentant  les  deux  plaques 
grandeur  de  l'original,  36  c.  de  hauteur  sur  12,5,  chacune.  La 
composition  est  symétrique  dans  ces  deux  œuvres  du  quatrième 
siècle.  Les  trois  quart  à  peu  près  de  la  hauteur  sont  occupés 
par  un  personnage  consulaire,  assis  sur  un  trône  ou  siège,  à 
fronton,  orné  d'anges  drapés  en  pied,  formant  cariatide.  Les 
dignitaires  richement  vêtus  d'étoffes  à  grandes  rosaces,  semblent 
donner  le  signal  des  jeux  du  cirque  dont  on  voit  les  scènes  bar- 
bares dans  les  compartimens  inférieurs  du  bas-relief.  Au-dessus 
des  firontons  des  sièges  consulaires  sont^  pour  chacun,  trois 


—  424  -- 

médaillons  circulaires  contenant  des  busles,  deux  de  femme  et 
un  d'homme.  Chaque  bas-relief  est  en  outre  surmonté  d'une  ta- 
blette avec  inscription  en  lettres  romaines,  disant,  la  première  : 
FI.  Afiastasius.  Paul,  Prous.  Savinianus.  Pomp.  Anast.  La  se- 
conde :  F.  incl.  corn,  domest  equit.  et  cons.  ord.  Au  bas  de  la 
planche  est  le  titre  précité,  à  gauche  est  le  nom  :  M.  Naialis 
delin.]  à  droite  i).  CoUin  sculp.  (* ) 

Les  plaques  originales  sont  aujourd'hui  l'une  au  Britisch  Mu- 
séum à  Londres  et  l'autre  au  Musée  de  Berlin. 

Cette  pièce  fut  faite  pour  illustrer  le  volume  in-fol.,  dédié  à 
Laurent  de  Méan,  chanoine  et  écolâtre  de  St-Lambert,  intitulé  : 
Dyptielion  Leodiense  ex  consulari  factum  episcapale  et  in  iUud 
Commentarius  R,  P,  Alexatidri  Wilthemii  Societatis  Jesu  Près- 
byteri  Leodii,  apud  Joannem  Matthiam  HoviumyStdfsignoParadm, 
Terrestris .  MDCLIX  Superiarum  permissu. 

140. 

lUC). 

Le  même  ouvrage  reproduit  aussi,  comme  rapprochement,  le 
dyp tique  de  Bourges  presqu'idcntique  de  composition  et  de  sculp- 
ture ;  cette  seconde  planche,  sans  nom  de  dessinateur  ni  de 
graveur,  doit  être  attribuée  aux  auteurs  de  la  première. 

fil. 
Titre  du  Diurnal  des  Chartreux. 

10  —  6,  3  -  (U  L,  1  état  1  N  H,  ^2  étal) 

Au-dessus  d'un  paysage  maritime  s'élève  un  groupe,  au  pre- 
mier plan  duquel  est  un  chartreux  à  genoux.  Un  ange  lui  pré- 
sente une  grande  feuille  de  papier  déroulée,  que  montre  du 


(*)  On  saii  aussi  que  Richard  Gollin,  d'une  famille  originaire  du  Luxembourg, 
habita  Rome  et  travailla  sous  la  direction  de  Saodrart  avec  Nalalis. 


-  425  — 

doigt  St-Jean,  debout  derrière  le  religieux.  Au  haut,  sur  des 
nuages,  la  Vierge  est  assise,  tenant  Tenfant  Jésus  ;  auprès  sont 
trois  têtes  d'ange.  Au  dehors  de  la  gravure,  à  Tangle  inférieur 
de  droite ,  sont  les  noms  d'auteurs  :  Bertholet  in,  Natalis  Fe. 
Cette  feuille  porte  le  titre  suivant  :  Diumak  cartimsiense  cum 
parvo  officio  Beat.  Virg.  ManoBy  sept,  PsaL  posnitet  officio  defunct. 
Pafisiis,  sump.  J.  Dupuis  sacri  ordinis  Cart,  Bibliopolae  ordifiarii 
1661  (*). 

Cette  petite  planche  est  brillante  et  gracieuse,  d'un  modelé 
délicat;  elle  dénote  la  plénitude  du  talent  de  Natalis. 

Annales  Ecclesiastici  Britannorum^  etc. 
34  —  21  -  (NH  I  UC). 

Au  centre  d'une  composition  multiple,  s'élève  la  croix  oii 
s'étale  un  linge  portant  le  titre  du  livre  :  Annales  Ecclesiastici 
Britaniiorunij  Saxonum  et  Anglorum.  Au  pied  de  la  croix  est 
assise  Minerve,  tenant  un  sceptre  et  un  bouclier  où  est  figurée 
la  carte  de  la  Grande  Bretagne,  entourée  de  ces  mots  :  Dos 
Mariœ.  Innova  dies  meos  sicut  in  prindpio  8  Thre  26.  Autourde  ce 
groupe  central  sont,  debout  ou  agenouillés  des  pereonnages  re- 
gardant le  ciel  où  sur  des  nuages  se  voyent,  à  droite  et  à  gauche, 
les  saints  Pierre  et  Paul;  au  centre  la  Vierge  que  la  T.-S. 
Trinité  couronne,  le  tout  entouré  d'anges.  La  légende  donne  au 
moyen  de  numéros  les  noms  des  illustrations  représentées  dans 
le  groupe  inférieur,  accompagnées  de  blasons  ou  insignes  : 

I.  Eleutherius  PP.  "2  Gregorius  PP. 

3.  Alexander  3u.v  PP. 

4.  Fugotius  et  Damianus. 

5.  S.  Augustinus  Epis.  Apost. 

Angliœ  6  Conttan.  Itnp. 

Leodii  apud  Joannem  Mathiam  llovium  ad  insigne  Paradisi  tei'- 
restris,  MDCLXIII.  berth.  Ftemale  delin.,  Natalis  fec. 
Ce  travail  très-compliqué,  est  trop  symétrique. 

{'  )  L*exemplaire  de  rUoiversité  ue  porle  pas  co  titre. 


i .  Luciua  Brito  Rex. 

±  Ethelbertm  Saxo  Rex. 

3.  Guilietmus  iu8  Nnrmannus  Rex. 

4.  Helena  impe  : 


-  426  — 

148. 

PostiUon  Divin,  par  Antoine  Delva. 

IS  —  9  (NH  I  U  C.  2  vol.) 

L'Eglise,  personnifiée  par  une  femme,  est  assise,  portant  le 
tri-règne  et  le  costume  pontifical,  dans  un  fauteuil  posé  à  gauche 
d*une  salle  architecturée  ;  la  main  droite  tient  la  croix  à  six  bras 
d'où  descend  un  ruban  avec  le  verset  :  Legem  requirent  de  ore 
ejuSf  Mal.  3  (il  faut  3).  Sur  la  main  droite,  que  l'Eglise  étend  au 
dessus  d'un  autel  antique,  est  une  lampe  allumée,  aussi  de 
forme  antique  et  d'où  ondule  un  billet  avec  les  mots  :  iMcema 
pedibus  mets  verbum  /tium,  ps.  118.  L'autel  de  forme  circulaire, 
est  orné  de  guirlandes  et  de  têtes  d'agneau  ;  le  dé  porte  cette 
inscription  :  Inteiroga  patrem  tuum  et  annunciabit  tibi  ;  Majores 
tuos  et  dicent  tibi.  Deut  32.  Sur  la  gravure,  à  l'angle  inférieur  de 
droite,  est  le  nom  :  Natalis  f.  Cette  planche  sert  de  frontispice  à 
un  petit  volume  in-S*"  intitulé  :  le  Postillon  Divin ,  portant  aux 
Reformés  la  pure  parole  de  Dieu....  Par  Antoine  Del  Va,  pasteur 
d'Aulne  contre  les  ministres  d  Hollande.  A  Uége  Henri  Hoyom  ja- 
dis de  la  Vefve  B.  Bronckart,  à  St- François-Xavier,  1666. 

Il  existe  un  état  qui,  en  dehors  au  bas,  porte  un  cartouche 
ovale,  orné  de  feuilles  d^acanthe,  et  portant  au  centre  les  mots  : 
A  Liège  chez  Jean-François  de  Milst,  imprimeur  de  S.  A.  S.  E.;  il 
servait  de  frontispice  au  petit  volume  in-S""  intitulé  :  La  vérité 
de  la  Religion  Catholique  par  de  Mdhis.  Liège  J.F-.  de  Milst,  171 1. 

144. 

Blason  du  Pape  Innocent  X. 

18  8  —  12,8  -   (CE  I  UL  I  UC  I  NB). 

Le  pape  se  détache  en  clair  sur  un  fond  d'un  rang  de  tailles 
horizontales,  surmonté  du  trirègne  et  accompagné  des  clefs, 
en  sautoir.  L'écu  porte,  en  cher,  un  lambel  et  trois  fleurs  de  lys, 
et  en  pointe  à  une  colombe,  tenant  un  rameau  d'olivier  ;  le  tout 


i^- 


■,'f>*. 


'I,',, 


—  447  — 

sans  indication  d'ëmanx.  Au  bas,  à  droite,  est  signé  iTf«*  NaiaHs 
fee. 

Cette  pièce  est  d*un  burin  plein  de  fhinchise,  et  d'un  effet 
très-saillatit.  Elle  orne  les  ouvrages  du  P.  Pierre  de  Hsilloix,  né 
à  Liège,  et  intitulés  :  Origines  défendus  rive  Origenis  Adamaniii 
Presb.  amatoris  Jetsu  vita  virtutcs  documenta.  Item  veritiUis  super 
qus  vita  doctrina  statu  exacta  disqwritio.  Auctore  R.  P.  Petro 
Halloix  Leodienri  sodetatis  Jesu  Theologico  ad  sanctisrimum  D. 
N.  Papam  Innocentium  X^  Leodii  ex  offic.  Henrid  et  Joannis 
Mathiae  Hcviorum  1648. 

Au  bas  du  blason  sont  imprimés  ces  vers  : 

Cemis  oliveferam  formosa  in  luee  columbam 

Naufraga  que  vidit  scecula ,  talis  erat 
Cemis  ter  germinos  florum  quoque  Lilia  reges 

Utraque^  fortunœ  signa  faventis  habent. 
liUa  Regum  apices,  Paeem  desianat  Oliva 

Esse  procul  pugnas  blanda  Columba  tubet. 
Mis  ergo  auspiciiSy  orbem  Pax  aima  reviset, 

Festaque  regales  dnget  olima  comas 
Hoc  âge  Romulœ  Pater  Urbis  et  arbiter  Orbis 

Implebis  numeris  sic  bene  stemma  suis. 

C.  W.  S.  I. 
14S. 

» 

Blason  de  Hubert  de  Suetendael. 
15—  10.8  — (UC  en  vol.) 

Sur  uu  lambrequin  orné,  se  détache  Técu,  écartelé  aux  l«r  et 
4  d*argent  à  deux  ceps  de  vigne,  couverts  de  grappes,  enlacés 
et  couronnés.  Aux  3  et  3  de  pourpre  à  3  fleurs  de  lys  d'argent, 
3  et  1 .  Ce  blason  broche  sur  une  crosse  à  bannière  et  une  épée 
posé  en  sautoir,  le  tout  surmonté  d*une  mtire.  La  légende  dit  : 
Omnia  suaviter.  Cette  pièce  est  signée  :  Leodii,  Michael  Natalis 


—  428  — 

sculpsit.  Elle  précède  l'épttre  dédicatoire  d'un  in-4*  intitulé  : 
Jacobi  Lobetii  Leodietisis  e  societate  Jesu  speciUumecclesiasticarum 
ac  Religiosorum  et  in  eo  monumerUa  veiierandœ  antiquitas  oppartu- 
naque  morum  documenta  in  lucem  édita  anno  sœculari  conditœ 
sodetatis  Jesu  1640.  Leodii  typis  Joannis  Ouvrex,  1640. 

146. 

Blasons  de  la  famille  Tassts. 

36,8  -2-2  1/2  large  ^CE  2  étals  |  N.H.  3«  état). 

Au  centre  est  un  large  écusson,  tenant  le  tiers  de  la  hauteur 
de  la  gravure;  dans  la  partie  supérieure,  ajourée,  passe  une 
draperie  que  soutiennent  à  droite  le  Temps,  à  gauche  une 
femme  âgée,  drapée,  portant  un  diadème  et  une  broche  à  crois- 
sant. Au  haut  du  blason  est  la  Renommée  lançant  de  sa  trom- 
pette des  flots  ressemblant  à  de  la  fumée.  Cinq  génies  voltigent 
au-dessus  du  tout,  celui  du  milieu,  soutenant  un  blason  cou- 
ronné à  six  fleurons,  coupé  en  chef  au  demi  double  aigle  nymbé; 
en  pointe,  à  un  blaireau  posé  en  abîme.  Â  gauche  mêmes  gé- 
nie et  blason.  Au-dessus  un  génie  tenant  un  blason  écartelé  au 
premier  du  sujet  ci-dessus  au  second  fascé,  en  chef  au  lion 
passant,  en  pointe  à  trois  chevrons,  au  S^",  au  lion  issant;  au 
4«  quadrillé  et  fascé.  Le  génie  supérieur  de  droite  tient  un  tro- 
phée fait  de  trois  mitres,  deux  bâtons,  deux  crosses  dont 
une  à  bannière  et  une  croix  épiscopaie.  Le  5*  génie,  posé  à 
droite,  porte  deux  clefs,  un  caducée  et  de  la  main  gauche  trois 
couronnes,  deux  bâtons  â  pomme  ou  couronne ,  trois  plus 
petits  sans  ornement  et  deux  croix  fleurdelysées.  Ces  génies 
ainsi  que  la  renommée  se  détachent  sur  une  gloire  et  des 
nuages.  Au  fond,  à  gauche,  est  un  édifice  corinthien,  armorié 
du  premier  blason  cité,  au  balcon  se  voient  quatre  person- 
nages, les  deux  plus  grands  coiffés  de  chapeaux  empennés. 

Toute  cette  composition  a  pour  base  un  socle  couvert  d*un 


--  429  — 

tapis  fraugé  où  posent  les  figures  et  le  blason;  ce  tapis  Jescend 
jusqu'au  bas  de  Tœuvre.  La  face  de  ce  tapis,  tenant  le  tiers  de 
la  hauteur  de  la  gravure,  est  ornée  de  deux  rangées  de  blasons, 
T  au-dessus,  8  au-dessous  dont  deux  demi,  tous  parti,  portant 
le  sujet  précité  à  dextre  pour  les  3%  4%  6. 10,  H,  12,  13, 14  ; 
à  semestre  pour  les  1,  2,  S,  7,  9  et  15.  Les  autres  champs  sont 
tenus  par  les  armes  de  familles  alliées.  Au  pied  de  cet  ensemble 
broche  un  petit  cartouche  central  sans  sujet. 

On  ne  trouve  aucune  lettre  à  cette  pièce  sur  l'exemplaire  du 
Cabinet  des  estampes.  Le  dessin  des  génies  rappelle  l'école  de 
Rubens,  la  figure  du  Temps  est  la  mieux  dessinée  d*entre  les 
grandes.  Le  burin  s*y  montre  à  la  fois  hardi  et  soigné. 

Cette  œuvre  sert  de  frontispice  à  un  in-f>  intitulé  :  Les 
marques  dChoniieur  de  la  maison  de  Tassis.  Ce  titre  est  reproduit 
aussi  dans  le  cartouche  central  du  second  état  ;  le  cartouche 
du  bas  porte  :  A  Anvers^  en  timpnmerie  Plantinienne  de  Balthon 
sar  Moretus.  M.DC.XLV.  Au  bord  inférieur,  sur  la  gravure  Nie. 
van  der  Horst  delin.  Michael  Natalis  sculpsit. 

Le  même  volume  contient  sur  la  feuille  qui  précède  le  titre  : 
1»  un  blason  gravé  par  R.  Collin  calcogr.  Reg.  fecU  Bruxellœ 
1680;  2°  à  la  4«  feuille  précédant  TépUre  dédicatoire,  un  grand 
portrait  de  Lamoral  III,  comte  de  Tassis,  dessiné  et  peint  par 
Nicol.  van  der  Horst  et  gravé  par  Paul  Pontius  ;  3«  d'autres 
planches  et  blasons  par  C.  Galle,  P.  de  Jode,  Van  den  Schoore. 
T.VanMerlen,  L.  Neefs,  W.  Hollar  1648,  M.  Borrekens,  P. 
Richolle. 

147. 

Blason  de  Guillaume  Natalis. 

27  —  19.  8  (N  H  I  UC). 

Cette  belle  planche  représente  Tarmoirie  historiée  de  Guil- 
laume Natalis,  abbé  de  St-Laurent,  à  savoir  :  deux  lions  afiVon- 
tés  élevant  entr'eux  un  cœur  avec  la  légende  Corde  et  anima. 


—  430  — 

Mitre  et  crosse  ea sautoir;  le  tout  entouré  de  rubans  floitans, 
de  palmes  et  de  branches  d'olivier.  Au-dessus  du  blason  est  un 
petit  ovale  portant  les  initiales  G.  N.  ou  Guillaume  Natalis,  et 
auprès,  sur  la  zone  d*une  coquille,  est  le  nom  du  graveur  M. 
Natalis  f.  Au  bas  est  la  vue  du  monastère  de  St-Laurent  ;  sur  le 
mur  de  clôture  la  date  1663.  Guill.  Natalis  mourut  le  l*'  sep- 
tembre 1686. 

148. 

Blason  de  Guinaldus  de  Nuvolara, 

17  _  \i  — (UL). 

Sur  unriche  lambrequin  se  détache  le  blason,  sans  indication 
d'émaux,  chargé  d'un  croix  l'écartelant  et  dans  chaque  quartier 
au  dragon  ailé  ;  en  cœur,  brochant  sur  le  tout  :  d'argent  fascé 
d'azur  de  7  pièces  ;  l'écu  est  timbré  d'un  casque  de  face,  à  9 
grilles  avec  couronne  de  marquis,  surmontée  de  nombreux  pa- 
naches. Au  bas  de  l'estampe  une  tablette  à  fond  blanc  porte  : 
Admodum  il  ^°'  et  Nobilis  />"°'  Guiualdus  a  Nuvolara  Eques  Fret- 
onotarius  Aplicus  Praepositus  Mechedemis  necnon  EccUanm 
S^  Joannis  Leodietisis  et  S^  VUtori^  Moguntiae  Canondus  M^^  Na- 
talis Fe. 

Cette  pièce  très-bien  gravée,  réunit  le  moelleux  la  vigueur. 

149. 

Blason  de  Xhenceval. 
iâ—  lO  —  (UC). 

Ecartelé  au  l""'  à  trois  merlettes  ^  et  1  ;  aux  3  et  3  fascé  de 
sept  pièces,  au  4  à  un  capuchon  de  profil  (sans  émaux).  Il  est 
timbré  d'un  casque  ^t  ctmé  d'une  merletle;  le  tout  entouré  de 
lambrequins.  Au  bas,  à  gauche,  sont  les  mots  :  Leodii  m.  A'a- 
talis  fecit. 

Une  note  manuscrite  dit  :  Ces  armes  sont  celles  d'Erasme  de 
Xhenceval,  chanoine  de  la  Cathédrale  de  Liège,  en  163G. 


SECOND  RAPP(>RT 


HVR  IkS 


FOUILLES  ARCHEOtOGigyES  K  JDSIERVILLE 


Dfoiid  avons  suivi ,  Jour  par  joor,  les  travaut  exécutëà  dans 
hlÀ  pstttt^s  «>'  786  et  787  (').  Getté^  Mtélie,  qùî  amenait  de 
Ifélciuentesf  et  Wétitàbfes  redites,  avait  cependant  son  utilité 
elfi  de  qtlé  Tort  porfVaît  se  réfnrfre  un  ôbfnpte  i  peu  près  exact  rfe 
Hi  dîspôsitioit  générale  du  cimetière  ((ue  lioùs  explorons. 

Il  rf  y  à  iJEkàltteuréuseïnent  pbà  Irëu  de  continuera  procéder  dé 
la  sorte  pouf  te  paiccéffe  tt^  788  qui  fait  l*ôbjét'  dé  ce  second 
tàpptjftik  Qm  Vcfti  se  i^appelle,  eu  etfét,  la  première  ôircbnstânce 
qui  û  ^rfeusetâent  éveillé  Sui'  JusIe'nVilté  rattenlîon  des  àrchéô- 
loguëâ^:  Éfl  11^46,  an  valet  de  ferme,  âuberl  Hardy,  rencontre, 
ett  hboui'àtit  cette  parcelle,  une  tombe  formée  de  dalles  dié 
pierre  ;  tt  Ik  fouille  et  trouve  des  vases  ;  Hardy  èrôit  être  sur  la^ 
trace  d'un  trésor,  non  pas  afrchéologique,  mais'  en  bonnes 
espèces  sonnantes  —  me  gode  faur.  -^  Il  ne  parle  à  personne 
dé  sa  trouvaille  et  retourné  te  lendemain  à  Touvrage;  it 
décotrvre  de  nouvelles  tomber  contenaht  encore  des  vases» 
wà\s  ni  or  ni  argent.  Gomme  ôe  ne  sont  pas  des  poteries  que 
Hardy  cliercKe,  il  les  brise  ou  lés  rapporte  à  ses  enfants  pour 

[*  )  Voir  l'extrait  du  cadastre  à  la  page  140  de  ce  volume  ;  les  parties  poiotilldes 
indiqueat  la  place  des  explorations. 


~  432  — 

leur  servir  de  jouets.  Cette  attention  paternelle  fut  cause  que 
Texistence  du  cimetière  Belgo-Romain  de  Juslenville  parvint  à 
la  connaissance  de  MM.  d*Ândrimont  et  de  Thier,  puis  du 
public. 

Quelques  explorations  plus  ou  moins  régulières,  bientôt  aban- 
données, reprises  pendant  31  jours  en  1851  sous  la  direction 
de  rinstitut  archéologique  liégeois,  amènent  alors  des  résultats 
fort  curieux  (*). 

Cependant  Hardy  auquel  on  n*avait  pu  persuader  que  les  lois 
somptuaires  de  Rome  défendaient  le  dépôt  d'objets  précieux 
dans  les  sépultures  des  sujets  de  l'empire ,  peu  soucieux  d*un 
autre  côté  des  intérêts  de  la  science,  continuait  et  continua 
pendant  de  longues  années  encore  ses  fouilles  personnelles.  Il 
le  faisaitsansbeaucoup  de  peine  :  la  dalle  supérieure  des  tombes 
se  trouvant  en  général  à  une  faible  distance  de  la  surface  du 
sol,  le  soc  de  la  charrue  ne  pouvait  manquer  de  la  rencontrer 
et  avertissait  Hardy  de  la  présence  d'un  dépôt  ;  aussitôt  il  pro- 
cédait à  son  examen.  Le  champ  tout  entier  a  été  de  cette  manière 
soumis  à  ses  investigations  ;  les  tombes  ont  été  détruites  et  les 
antiquités  qu'elles  renfermaient  brisées  ou  perdues. 

C'est  sur  ce  terrain  dévasté,  n'offrant  aux  recherches  que  peu 
de  chances  de  succès,  que  l'Institut  a  porté  ses  travaux.  Toute- 
fois deux  considérations  entretenaient  nos  espérances  :  en  pre- 
mier lieu,  le  peu  de  soin  que  Hardy,  préoccupé  de  toute  autre 
chose  que  d'archéologie,  mettait  à  vérifier  le  contenu  des  tom- 
beaux; ensuite  l'existence  des  sépultures,  non  entourées  de  dalles, 
révélée  par  la  parcelle  737;  Hardy  n'ayant  aucun  moyen  d'aper- 
cevoir celles-ci,  étant  même  loin  de  soupçonner  leur  présence, 
elles  avaient  échappé  à  son  vandalisme.  Et  puis,  n'était-ce  pas 
là  qu'on  avait  ramassé  la  pierre  portant  l'inscription  de  Vervec- 
cus,  et  le  miroir  romain  qui  éveille  toujours  et  si  fort  la  curio- 
sité des  visiteurs?  Il  fallait  à  tout  prix  en  avoir  le  cœur  net. 

*)  Voir  pages  137  à  144  de  ce  volume. 


—  483  — 

* 

Vous  poarrez  constater.  Messieurs ,  par  la  simple  énuméra- 
lion  qui  suit,  que  nous  n'avons  qu*à  nous  féliciter  de  notre  per- 
sévérance; vous  avez  compris  aussi  pourquoi  il  devient  inutile 
de  suivre  pas  à  pas,  dans  les  tranchées  qu'il  creuse  ou  les 
sondages  qu'il  pratique,  l'ouvrier  que  vous  employez  à  Juslen- 
ville. 

Après  avoir  obtenu  de  M.  F.  Lejeune,  propriétaire,  l'autori- 
sation de  fouiller  la  parcelle  n""  7S8,  et  avoir  pris  des  arrange- 
ments avec  le  sieur  Elias,  locataire,  H.  Philippe  de  Limbourg 
fit  commencer  les  travaux  le  20  octobre  1868.  Dès  le  premier 
jour,  Wathelet  rencontra  des  sépultures  ;  il  a  été  constaté  qu'ici 
les  inhumations  étaient  beaucoup  plus  rapprochées  les  unes 
des  autres  que  dans  la  parcelle  n""  787,  sans  pouvoir  s'assurer 
si,  comme  cela  avait  lieu  là,  les  tombes  et  les  sépultures  se  trou- 
vaient à  peu  près  alternées.  Quoiqu'elles  eussent,  comme  nous 
l'avons  dit,  échappé  aux  perquisitions  de  Hubert  Hardy,  elles 
n'étaient  cependant  pas  intactes  ;  le  soc  de  la  charrue  et  les 
sabots  des  chevaux  avaient  depuis  longtemps  brisé  les  plus 
grandes  pièces  qui  se  trouvaient  pour  ainsi  dire  à  fleur  de  terre; 
c'est  pour  ce  motif  que  peu  de  poteries  sont  entières  ;  mais 
grâce  au  soin  que  l'on  a  mis  à  recueillir  les  moindres  débris, 
presque  toutes  ont  pu  être  reconstituées  par  le  docteur 
Alexandre,  aidé  cette  fois  d'un  jeune  amateur,  M.  H.  Francotte; 
en  revanche  on  a  pu  récolter  une  grande  quantité  de  monnaies, 
de  flbules,  et  d*autres  menus  objets  oubliés  ou  inaperçus  parmi 
les  ossements  calcinés.  L'ouvrier  a  rencontré  aussi,  mais  en  fort 
petit  nombre,  des  tombes  que  Hardy  ne  s'est  pas  donné  la  peine 
de  démolir  ;  l'absence  du  couvercle  et  de  tout  objet  à  l'in- 
térieur, prouve  qu'elles  n'avaient  pas  échappé  aux  recherches 
du  malencontreux  chercheur  de  trésors. 

Les  fouilles  pratiquées  dans  cette  parcelle,  ne  donnant  pas 
lieu,  pour  le  moment  du  moins,  à  d*autres  observations  géné- 
rales, je  vais  tâcher  d'énumérer  systématiquement  les  objets 
qu'elles  ont  produit  et  qui  figurent  aujourd'hui,  classés  et  éti- 


\ 


—  434  — 

• 

qwUia,  daa$^  le  Musée  arcb^loeique  da  Liéger  Hft  tftdie  ne 
sdra  pas  lourde  :  les  planches  dont  l'Institut  a  décidé  la  gra- 
vure, auraient  au  besoin  suffi  pour  faire  juger  de  rimportaaee 
40  nos  trouvailles;  elles  font  connatlre»  mieux  que  m  saurait  le 
faire  aucune  description,  le  caractère  et  les  formes  de  ces 
objets;  je  n'ai  plus  qu'à  en  indiquer  la  nature.  Mais  comme  on  ne 
peut  tout  reproduire  par  le  dessin,  un  texie  est  nécesâaîre  pour 
donner  une  statistique  complète.  Vous  jugerea,  Messieurs,  que 
pai*  le  grand  nombre  des  antiquités  rccuerUies,  la  belle  conser- 
vation d'une  partie  d'entre  elles,  l'extrême  rareté  de  quelques- 
unes— les  statuettes,  la  pierre  gravée  en  intaille,  l'urne  histo- 
riée»  les  fragments  d'inscriptions,  sont  des  spécimens  pres- 
qu'uniques  dans  les  musées  de  nos  provinces  et  même  de  la 
capitale  —  les  fouilles  de  Juslenville  se  placent  au  premier 
rang  parmi  celles  qui  ont  été  faites  en  Belgique. 

0]3|Jets  en  verre. 

l""  Une  perle  sphérique  en  émail  bleu  très-foncé,  polie  et 
brillante,  percée  dans  son  axe  (1  centim.,  6  millim.  de  diamè- 
tre). Quoique  l'on  n'y  remarque  aucune  trace  de  garoiture,  on 
peut  croire  qu  elle  servit  de  pendant  d'oreille  ;  peut-être  aussi 
faisait-elle  partie  d'un  collier. 

V  Un  flacon  à  base  carrée  avec  anse,  en  verre  légèrement 
verdàtre,  transparent,  irisé  près  du  goulot  (9  centim.  de  hau- 
teur, 5  de  largeur.  PI.  Y  fig.  2  ).  Trois  cercles  concentriques 
que  l'on  remarque  sur  le  fond  extérieur,  prouvent  qu'il  a  été 
coulé  dans  un  moule.  Il  ne  porte  aucune  marque  de  fabrique. 
L'absence  de  ifonty  au  culot  indique  que  la  fiole  était  attachée  à 
la  canne  du  souffleur  par  le  goulot  (M-  On  rencontre  très-sou- 

(*)  V.  DE  Càylus.  Becueil  cTantiquUés  égyptiennes,  étrusques,  grecques,  romai- 
nés,  1. 1,  S78  à  380,  qaî  signale  l'absence  de  cassures  sous  le  culot  comme  un  signe 
caractéristique  de  la  verrerie  romaine,  procédé  auquel  on  était  revenu  au  sièele  passé. 
Le  même,  t.  VII,  p.298  etauiv.,  cite  cependant  des  verres  romains  avec  «painlis». 


FOUiULES    DE    JuSl.EfJVILLE. 


Fouilles    de  Juslehvtlli 


(§ 


438 


vent  oeUe  forme  de  fldcon  (teDs  les  sëpulUires  romaines  ;  le 
Musée  de  Liège  en  possède  plusieurs  de  différentes  dimensione, 
notafluneot  oeluî  qœ  fui  trouvé  k  Jusleavilto  daus  la  percdlle 
fi^"  Wi,  plus  sraud  que  celui-ei  et  d'un  vert  très*foûcé.  Le  plus 
grand  que  IV>n  rx)nnai8se  en  Belgique»  de  forme  hexagone»  pro** 
vient  d*un  tumulus  de  la  Hesbaie  et  est  conservé  chea  M'*' 
Jamar  au  château  de  Hasselbrouck  :  il  est  d*une  capacité  d'en- 
viron six  litres  ( '  ). — On  ignore  au  juste  à  quel  usage  ces  vases 
pouvaieiU  servir;  ils  étaient  peut-être  enoqployés  pour  servir  le 
vin  à  table  ;  remarquons  toutefois  qu'un  de  ceux  que  Ton  voit 
au  Musée»  provenant  de  la  tombe  d*Omale,  contient  encore  une 
matière  grasse  qui  tache  le  papier. 

3"  Coupe  à  ventre  rentré,  à  large  ouverture»  à  pied  bas  et 
étroit,  d'une  forme  très*élégante ,  en  verre  blanc-verdàtre» 
mince  et  transparent  (9  ^  centim.  de  hauteur,  10  de  diamètre  à 
l'orifice.  V.  PI.  V,  fig.  8;.  Cette  coupe  ou  verre  à  boire  {pocu- 
lum)  était  brisée  en  un  grand  nombre  de  morceaux  lors- 
qu'on l'a  retirée  de  terre;  mais  elle  a  été  reconstruite  avec 
l>eaucoup  de  bonheur  et  d'adresse;  un  seul  petit  fragment 
manque. 

4<»  Une  charmante  patelle  en  verre  blanc  laiteux,  épais  et 
presque  opaque.  (PI.  VI,  fig.  2).  Elle  est  en  forme  de  cône  tron- 
qué renversé,  avec  un  large  bord  à  moulure,  retourné  de  l'in- 
térieur à  l'extérieur  à  son  exlrème  circonférence;  le  fond  plat 
est  muni  d'un  surélèvement  circulaire  qui  lui  sert  de  base.  Cet 
ol^t  très^reurarquabie,  et  qui,  par  ses  proportions  mignonnes, 
est  un  véritable  objet  de  bazar,  ne  paraît  pas  avoir  servi  à  un 
usage  domestique  ;  on  est  tenté  de  supposer  que  ef'était  un 
jouet  de  luxe  el  qu'il  faisait  partie  d'un  petit  ménage  d'enfant. 
Une  superstition  très-répandue  chez  les  Remains  s-altaebait 
aux  jouets  de  l'enfance  (firepundia)  ;  on  les  conservait  toute  la 
vie  comme  des  amulettes  ;  il  n'y  a  donc  rien  d'étonnarnt  h  ce 

{*)  V.  Bul(.  des  Comm.  royales  d'art  et  dCarchéol.y  l.  iV,  p.  369«  pi.  1,  fig.  :2. 


—  436  — 

que,  à  la  mort  d*ua  enfanU  ses  jouets  fusseat  déposés  à  côté  de 
lui  dans  sa  tombe  (  i  ). 

S'»  Bix-sept  anneaux  de  diverses  grandeurs  en  verre  transpa- 
rent bleu,  jaune  et  gris  (PI.  VII,  flg.  2);  trois  d*entre  eux,  à 
moitié  fondus ,  sont  adhérents  les  uns  aux  autres  Ces  anneaux 
faisaient  sans  doute  partie  de  colliers  de  femme. 

6"»  Petits  débris,  entre  autres  un  goulot  de  bouteille,  en  verre 
blanc  laiteux,  très-mince  et  très*fragile,  de  la  même  nature  que 
la  coupe  figure  3  (i)  de  la  planche  I.  Ces  verres  ont-ils  toujours 
été  opaques  ou  bien  les  sels  contenus  dans  la  terre  ont-ils  pu 
agir  sur  une  certaine  espèce  de  verre,  de  façon  à  les  rendre 
tels,  de  transparents  qu'ils  étaient.  Un  examen  attentif  de  la 
coupe  ronde,  remplie  d*ossements  que  Ton  a  trouvée  dans  la 
parcelle  7S7,  fait  reconnaître  une  décomposition  ayant  pour 
effet  de  rendre  le  verre  opaque  ;  cette  coupe,  transparente  dans 
certaines  parties,  surtout  vers  le  bord,  ne  Test  plus  dans  les  au- 
tres où  s'est  opérée  la  dévitrification  f)  ;  on  a  constaté  du  reste 
que  celle-ci  provient  d'un  excès  d'alumine  dans  la  composition 
du  verre  (%  La  fabrication  de  l'émail  blanc  ou  verre  opaque  était 
néanmoins  connue  des  Romains  ;  ils  la  formaient,  comme  cela 
se  fait  aujourd'hui,  avec  de  l'oxyde  d'étain  (*). 


(  i)  Le  Masëe  possède  oo  véritable  hochet  romain  trouvé  à  JupiUe,  coasistaot  en 
nne  boule  de  terre  coite,  creuse  et  reafermaut  trois  petits  cailloux  do  quartz  qui 
•'eotrechoquent  et  font  du  bruit  lorsqu'on  agite  la  boule. 

(9  )  U  fiudralt  4  pour  se  rapporter  au  texte  de  mon  premier  rapport.  Les  chiflhvs 
8  et  4  doivent  changer  de  place  entre  eux. 

(s)  V.  à  la  p.  448  de  ce  volume. 

{*)  V.  BulL  des  Comm,  roy,  éCartet  dTarchéoL  t.  VIII,  p.  149  et  423  ;  ib,,  t.  Ul, 
p.  317,  n»  III;  ibid.  t.U,  p.  445,  note  4. 

(  *)  Analyse  faite  par  M.  Girardin,  Mémoires  de  Vàead,  des  inêeripthtu  (présen- 
tés par  divers  savants),  4^*  série,  L  Yl  (i860;,  p.  83}.  C'est  par  erreur  que  Toa 
avance  dans  le  BulL  des  Comm,  roy,  d'art  et  d'archiol.f  qae  la  Tabrication  deTémail 
blanc  dans  lequel  il  entre  de  l'oxyde  d*étain,  eét  moderne  (V.  ce  même  BuiL  de» 
Cpmm.^  etc.  t.  V|1I,  p.  4»), 


Fouilles   de  Juslenville. 


f 


—  437    - 

T"  Une  trentaine  de  masses  de  verre  fondu.  Les  objets  en 
verre  étant  généralement  fort  minces  subissaient  très-vite  Fac- 
tion du  feu,  soit  qu*on  les  plaçât  simplementà  côté  du  bùcber  où 
l'on  consumait  les  morts  avant  d*inhumer  leurs  cendres ,  soit 
qu'on  les  lançât  dans  le  bûcher  même  comme  peut  le  faire  pré- 
sumer la  présence  de  quelques  débris  d'ossements  humains 
incrustés  dans  deux  ou  trois  de  ces  blocs.  Lorsque,  en  les 
contemplant,  on  pense  aux  nombreux  et  magnifiques  vases  que 
ces  masses  formaient  avant  leur  fusion,  on  éprouve  un  vérita- 
ble chagrin  ('). 

Objets  en  bronse. 

l^  Vingt-deux  fibules  et  fragments  de  fibules  arquées  (PI.  VIII; 
PI.  V,  fig.  3);  deux  d'entre  elles,  recouvertes  d'une  magnifique 
patine,  sont  si  parfaitement  conservées  qu'elles  semblent  être 
sorties  récemment  des  mains  de  l'ouvrier  (Fig.  i  et  4).  Presque 
toutes  difrérentes  de  grandeur  et  de  forme,  les  unes  fort  simples, 
les  autres  très-ouvragées,  elles  se  distinguent  en  général  par 
l'él^ance  du  dessin.  L'une  d'elles  étaitornée  de  trois  cabochons, 
pierres  taillées  ou  émaux  qui  ont  malheureusement  disparu  (Fig. 
S)  ;une  autre  présente,  dans  trois  triangles  isocèles  placés  1,  2 
el3,  comme  dirait  l'héraldiste,  un  émail  cloisonné  jaune  et 
rouge  (Fig.  10)  ;  une  troisième  est  remarquable  par  tix)is  petites 
marques  qui  paraissent  être  la  représentation  de  fers  à  cheval  (*). 

(  1  )  J'^joule  ici  une  observation  qai  aurait  dû  trouver  sa  place  dans  mon  premier 
rapport,  assavoir  que  la  fiole  en  verre  fig.  ^,  pi.  I,  contient  une  matière  qui  n'a  pas 
encore  été  soumise  à  l'analyse  chimique  et  dont  l'élément  principal  parait  (tre  un 
corps  gras  ;  il  semble  du  reste  qu'il  doit  en  être  ainsi  puisque  tout  autre  liquide  se 
serait  évaporé.  C'était  probablement  un  baume  ou  un  onguent  pour  la  toilette,  ou 
bien  une  drogue,  collyre  ou  autre  préparation  médicale. 

(1)  n  y  a  controverse  relativement  à  l'existence  des  fers  à  cheval  de  la  forme  ac- 
tuelle chez  les  Romains.  H.  Nicard,  dans  une  dissertation  toute  récente  publiée  dans 
les  mémoires  des  antiquaires  de  France ,  1866,  t.  XXXIX ,  p.  64,  soutient  que  nos 
fers  à  cheval  étaient  inconnus  aux  Romains.  M.  dk  Gauwont  a  depuis  adopté  cet 
avis. 


-  438  — 

(Fig.  1)  ;  une  qu^f^rj^e»  eofio,  (Umt  iipris  pe  ppasMow  qu'une 
p^rM^P  p^niU  9VQ|r  ^t^  étamée  ;  49  ^w  jwr9  on  dirait  «lu  pb- 
que  (Fi|f.  7). 

io  Un  gr^r^d  frdfjfiQeut  d'un^  bpHçlQ  (4^  çeja^uipe!),  trèsrbM 
travaillée,  lo^unie  d'un  re93Qrt  }i  lMM,idiii  (fi.  V^  tig^  4). 

3<»  Trois  jépingles  à  cbev^,^x,  d,Q^t  di^iix,  quoiqu'au^si  nûnces 
qup  des  aiguille^.sont  assez  biop  (H^^ervée^  (Pl.  VI(I,  fig.  U). 

A^  Trois  cuillers  ^  ps^rf^qis  f^  petites  (jli(pepsioo3  (PI.  VU, 
fig^4et5). 

5"*  Deux  miroirs  en  bronze  argenté  semblables  ft  o^iii  qai 
a  été  trouvé  en  18S1  dans  le  même  terrain.  Chaque  miroir 
se  compose  de  deux  disques  assez  minces,  indépendants  Tun  de 
l'autre,  légèrement  convexes,  portant  sur  chaque  face  plusieurs 
e^es  pu  strias  concentriques  faits  au  tour,  excepté  sur  la  foce 
CQOl^e  de  Tun  des  disques,  qui  seul,  servait  à  réfléchir  rimage 
par  le  poli  qu'on  lui  avait  donné.  Ce  poli  qui,  de  blanc  qu'il 
ét^t  a^ps  doute  d'abord  est  devenu  noir  ~  semblable  à  un  ver* 
ni9  PU  à  un  émail  très-luisant  -^  par  suite  de  l'action  du  temps 
4t  de  l'humidité  sur  l'argent,  était  tellement  beau  et  boa  que 
l*i]|rt  4^  ce^  miroirs  pourrait  encore  aujourd'hui  servir  à  l'usage 
auqjie)  ii  était  destiné.  Le  disque  strié  sur  ses  deux  faces  ser- 
vait 4e  couvercle  à  l'autre ,  en  ce  sens  que  le  côté  poli  et  con- 
vexe 4u  nûroir  venait  reposer  dans  le  côté  concave  du  cou- 
verple;  les  bords  de  celui*ci  étant  un  peu  plus  relevés  que  ceux 
de  l'^fHre,  il  y  avait  du  jeu  entre  les  deux  disques  et  le  poli  ne 
souffrait  aucun  dommage  puisqu'il  n'y  avait  pas  de  contact;  il 
était  en  néme  temps  préservé  de  tout  accident  venant  de  l^xté- 
rieur  et  méqde  de  l'action  du  soleil  (  i  ). 

l^  deu;;^  miroirs  mis  au  jour  à  Jusleavilie  sont  de  dimeosioos 


(f)  Il  D*«8t  peat>élre  pas  hors  de  propos  de  citer  ici  la  description  doimée  par 
WlRCaMAIRf,  Dewctipthn  des  pierres  gravées  du  baron  de  Stoseh,  p.  116,  p®  54S, 
dn  miftm  qve  lisot  ea  main  une  Vdnns  Anadyomène  :  «  Ce  miroir  est  fait  comme 
eaMaiat  ttêrohv  de  poche  qui  sont  ronds,  et  sur  qui  le  couvercle  ferme;  noire  Vénus 
UtBt  donc  son  Kiroîr  ouveri  et  le  tient  k  la  main  par  le  couvercle.  > 


Fouilles    de  Juslenville 


-  439  — 

différentes  ;  le  plu4  beau  m^ure  lOi  Q^tim.  de  diamètre  ;  il  est 
inlacl  saur  une  brèche  au  cK^uyercle;  le  poli  eu  est  magnifique; 
mais  son  long  séjour  en  terre  y  a  occasionné  quelques  petits 
éclata  et  &it  naître  en  certains  points»  sur  les  autres  faces,  une 
patine  qui  paraît  toutefois  avoir  eu  de  la  peine  à  se  produire,  à 
cause  de  la  présence  de  l'argent. 

Il  doit  probablement  sa  parfaite  conservation  à  la  nature  du 
terrain  dans  lequel  il  était  enfoui.  La  position  qu*il  occupait  dans 
la  sépulture  mérite  d*être  signalée;  chaque  disque  recouvrait  de 
sa  faoe  concave  des  ossemenis  calcinés  déposés  sur  deux  pierres 
isolées  ;  dans  Tuoe  des  deux  poignées  d*08sements  se  trouvaient 
aussi  une  fibule  et  deux  petits  anneaux  en  verre. 

L'autre  spécimen  a  plus  souffert  du  temps  et  des  hommes;  le 
couvercto  brisé  pitr  un  coup  de  pique  et  tordu  comme  si  on  avait 
voulu  reconnaître  la  nature  du  métal,  adhère  au  miroir  par  un 
cOté  ;  les  deux  disques  sont  presqu'entièrement  recouverts  d'une 
patine»  même  sur  la  fiu^  autrefois  polie.  Tous  les  fragments,  au 
nombre  de  cinq,  ont  été  recueillis  (i). 

Ces  deux  pièces  figurent  parmi  les  plus  intéressantes  qu'aient 
produites  les  fouilles  de  Juslenville. 

&"  B$  monnaies  romaines,  toutes  plus  ou  moins  endommagées, 
classées  sous  les  n<>«  13  à  68.  Une  notice  détaillée  sur  toutes  les 
9M>anaies  trouvées  jusqu'aujourd'hui  à  Xuslenvilie  a  été  insérée 
il  la  page  383  du  présent  Bullelîn  ;  il  n'y  a  rien  k  y  ajouter  ;  je 
me  bornerai  à  eu  donner  un  résumé  en  ee  qui  concerne  la  par«< 
celle  dont  nous  nous  occupons. 

1  Auguste  (n^"  28). 

7  Néron  (n<>'  34,  51,  82,  8S,  88>  61,  64).  Les  monnaies 
n"^  50,  51  et  52  étaient  placées  en  pile. 

2  Tespasien  (n«'  67,  68). 

5  Trajan  (n»>  20,  21,  23, 33,  38).  Le  n»  38  a  été  trouvé  placé 
sur  une  rondeUe  de  plomb  percée  dans  son  milieu. 


_  440  - 

7  Hadrien  (n-  43, 14,  18,  22,  31,  42,  48). 
S  Antonin  Pie  (n»>  24, 35,  48,  86,  89  . 
3  Marc-Aurèle  (n««  26,  27,  83). 
2  monnaies  présentant  des  types  inconnus  (n'*''  28,  39). 
33  monnaies  frustres. 
Divers  petits  fragments  de  menus  objets  indéterminés. 

Objets  en  fer. 

1»  Sept  lames  et  fragments  de  lames  de  grands  couteaux  dé- 
signés depuis  longtemps  dans  les  livres  d'archéologie  sous  le 
nom  de  couteaux  de  sacrifice. 

2*"  Un  demi  fer  h  cheval. 

3»  Des  masses  agglomérées  de  clous  rouilles  et  autres  fer- 
railles indéterminées.  La  présence  fréquente  de  cette  grande 
quantité'  de  clous,  en  général  fort  gros,  dans  les  sépultures 
romaines,  a  beaucoup  intrigué  les  curieux.  Parmi  les  supposi- 
tions que  l'on  a  faites  à  ce  sujet,  celle  qui  nous  paraît  la  plus 
satisfaisante  est  que  ces  clous  servaient  à  maintenir  les  diffé- 
rentes parties  de  la  charpente  du  bûcher  sur  lequel  on  brûlait 
les  cadavres;  après  la  crémation,  on  recueillait  en  un  tas  les  cen- 
dres et  les  débris  pour  les  déposer  dans  la  tombe,  renfermés 
dans  une  urne  ou  simplement  à  côté  de  divers  objets  cbers  au 
défunt,  des  débris  du  repas  funèbre,  etc.  Il  est  évident,  en  effet, 
que  toutes  les  ferrailles  ramassées  dans  le  cimetière  de  Juslen- 
ville  ont  subi  l'action  violente  du  feu. 

Olyets  en  terre. 

Terre  rouge  fine,  à  couverte  rouge  brillante  et  glacée. 

i*"  39  patères  ombiliquées  en  terre  rouge,  dite  samienne  ou 
sigillée,  à  couverte  glacée  rouge,  mesurant  entre  17  et  20  cen- 
timètres de  diamètre.  Quelques-unes,  moins  bien  cuites  sans 


Fouilles  de  Juslenville 


—  441  — 

doute  que  les  autres  ou  faites  avec  une  terre  moins  floe,  ont 
perdu  leur  couverte  entièrement  ou  en  partie. 

La  forme  de  ces  vases  est  bien  connue  ;  on  les  rencontre  par- 
tout où  il  reste  quelque  vestige  du  séjour  des  Romains  ;  Topi- 
nion  la  plus  répandue  est  qu'ils  servaient  d*assiettes. 

Toutes  cespatères,  à  rexceptiond*une  seule  portent  le  nom  du 
potier  qui  les  a  fabriquées;  mais  plusieurs  sont  tellement  frustes 
qu*il  faut  une  grande  habitude  et  beaucoup  de  sagacité  pour 
les  déchiffrer.  De  même  que  cela  a  été  fait  pour  les  monnaies, 
une  étude  particulière  vous  sera  présentée  sur  les  sigles  figulins 
des  poteries  trouvées  à  Jusienviile.  Je  ne  crois  pas  déflorer  le 
sujet  en  notant  ici  les  marques  dont  la  lecture  offre  le  moins 
de  difficultés  :  AMATVS  (?)  —  ATT...FE  —  BIGA.FEC  — 
CARATILLI  —  CATVS.F—  CATVS  —  CAT  ..F  —  CAVANNVS 
—  COSILVS  -^  ERICI.M  —  GINVS.F  —  IMA...F  (?)  — 
UPVCA.F  —  MONTANI.O  —  MONTANI  -  MVCCALA.F  — 
OCCISO  —  REMIC.F  —  TOCCA.F  -  VIREC.F  (?). 

On  a  recueilli  un  grand  nombre  de  fragments  de  patères, 
parmi  lesquels  on  en  remarque  un  en  terre  très*flne,  qui  porte 
sur  le  bord  extérieur  huit  caractères  tracés  à  la  pointe  en  écri- 
ture cursive.  On  peut  lire  LIBOLIKO  en  un  seul  mol  ou  le  mot 
UEO  répété»  mais  avec  le  second  B  inachevé  ;  c'était  probable- 
ment le  nom  du  propriétaire  du  vase  (PI.  VII,  flg.  1). 

Le  cas  s*esi  présenté  deux  fois  que  d'autres  vases,  une  patelle 
et  une  olla,  avaient  été  mis  en  terre,  placés  sur  une  patère. 

i^  Cinq  patères  rondes,  dont  une  à  bord  renversé  chargé  de 
feuilles  de  lotus  (PI.  VI,  fig.  8)  :  les  poteries  qui  portent  cet 
ornement  sont  en  général  en  terre  très-fine,  et  constituaient 
des  objets  de  luxe.  Celle-ci  porte  la  marque  AMMIVS  (?);  une 
autre  GOBUNA.FE;  je  ne  puis  lire  les  trois  qui  restent. 

3""  Dix-sept  patelles  rondes,  variant  pour  la  grandeur  entre 
8 1/2  centimètres  et  14  centimètres  de  diamètre  d'ouverture. 
Six  sont  biiobées  :  les  deux  plus  remarquables  présentent,  Tune 
un  bord  renversé  orné  de  feuilles  de  lotus  (PI.  VI,  flg.  1),  l'autre  un 


—  442  — 

bord  renversé  avec  deux  petites  anses,  et  portant  survie  fond 
une  rosace  (PI.  IX,  fig.  3);  les  vases  aveoanses  sont  fort  rares.  B 
estànoter  que  tes  patelles  à  bord  renversé  sont  moins  communes 
que  les  autres  et  paraissent  avoir  aussi  été  des  objets  de  luxe 
chez  les  Romains;  on  en  a  ramassé  à  Jusleavilie  un  fragment 
qui  est  sans  analogue  dans  notre  Musée  pour  la  finesse  et  la  du- 
reté de  la  terre,  la  beauté  et  le  brillant  de  la  couverte;  c'est 
probablement  là  de  la  véritable  terre  de  Samos,  et  on  peut 
croire  qu'il  avait  été  importé  d'Italie  ou  d'Espagtie,  où  existaient 
du  temps  des  Romains,  les  fabriques  de  vases  en  terre  Samienne 
d'Arezzo,  de  Sagonte,  etc.  Presque  toutes  ces  patelles  pré- 
sentent au  fond  intérieur,  un  petit  cercle  tantôt  isolé,  tantôt 
accompagné  d'un  sigle;  parmi  ceux-ci  on  distingue:  OCISO.F 
—  aVCCA.M  —  ...RINI.M. 

4<»  Quatorze  patelles  tronooniques,  ayant  de  8 1/3  à  lîcentim. 
de  diamètre  k  leur  bord.  Une  de  ces  patelles,  malheureusement 
fort  ébrêchée,  présente  un  bord  renversé  orné  de  feuilles  de 
lotus  ;  c'est  le  seul  spécimen  de  cette  tocme  que  Ton  possède  au 
musée.  (PI.  V,  fig.  4).  Notons  le  sigle  très-remarquable 
ARVERNIGI  qu'on  lit  sur  un  autre  de  ces  vases. 

&"  Deux  patines  rondes,  dont  l'une  mesure  19  centim.,  Tautre 
14  centim.  de  diamètre  à  Touverture  ;  les  flancs  extérieurs  de  la 
première  sont  ornés  de  bas-reliefs  représentant  un  lion  courant 
entre  deux  colonnêttes  ;  ce  sujet  se  reproduit  quatre  fois  sur  la 
circonférence  du  vase,  séparé  par  un  médaillon  où  figure  une 
tète  d'bomme  assez  grossière.  Ge  bas^relief  se  déroule  entre 
deux  guirlandes  dont  la  supérieureest  formée  d'une  série  d'ovcs, 
celle  d'en  bas  d'un  ornement  grec.  (PI.  IX,  fig.  3).  Ge  magnifi- 
que vase,  trouvé  en  quatre  fragments  a  pu  être  parfiûiemeiH 
reconstitué;  la  position  des  fragments,  quand  on  lésa  recueillis, 
prouve  que  cette  patine  renversée  couvrait  une  pafteiTe en  t^re 

rouge. 

La  seconde  de  ces  patines  portait  également  un  sujet  où 
l'w  distingue  aussi  une  série  d'oves»  et  une  suite  d'animaux 


Fouilles    de  Juslenvjlle  . 


—  443  — 

séparés  par  une  espèce  de  fleur  ;  où  n*y  voit  auenne  ttraeé  de 
médaillon.  La  disparition  de  eeâ»  bas^-reliefs  est  presque  com- 
plète; il  ne  reste  à  la  place  oii  ils  se  trouvaient  qu'un  contour 
plus  ou  moins  accusé  par  rabsesoe  de  couverte;  cette  circons- 
tance seaiUeveAiràrs^puide  l'opinion  d^à  émise  <]fQe  les  iïRiilies 
de  lotus  sur  les  bords  des  vase»  se  disaient  à  la  betrbotine 
de  la  même  manière  que  le»  siQets  en  sucre  représeint^  sur 
ceri  ai ues  pâtisseries^  moderoes.  Cependant  depuis  que  Ton  a 
trouvé  des  moules  au  moyen  desquels  on  faiurîquait  les  poteries, 
cette  hypothèse  est  difficile  à  soutenir  pour  les  reliefs  k  l'exté- 
rieur des  bols.  Les  deux  procédés  étaient,  parai  tri  ^  employéi^ 
simultanément.  Les  frac^flaeiiCs  de  ees  sortes  de  vases  sont  aseec 
communs  ;  on  en  rencontre  dans  presque  toutes  les  fouilles  ; 
mais  ceux  que  l'on  a  pu  reconstituer  en  entier  sont  fort 
rares  (  *  ). 

Terre  blanche  ou  grise«  sans  eouverte. 

l^"  Dix-huit  épichysis  mesurant  entre  31  et  18  centim»  de 
hauteur  ;  la  terre  en  est  fine»  lisse  et  polie,  sauf  deux  qui  sont 
faites  avec  une  terre  rose,  mais  que  nous  comptons  avec  les 
autres  épichysis  pour  ne  pas  les  séparer  de  ce  type.  Toutes 
sont  difTérentes  de  forme,  avec  des  goulots  plus  ou  moins  longs,, 
à  une,  (feux  ou  trois  phalanges,  des  ventres  plus  ou  moins  ren- 
flés, des  bases  plus  ou  moins  larges,  etc.  La  plus  haute  de  toutes 
est  celle  qui  a  la  base  la  plus  étroite,  et  Ton  se  demande  com- 
ment on  pouvait  se  servir  de  ce  vase  sans  le  renverser;  deux 
de  ces  épichysis  sont  munies  de  deux  anses;  les  autres  n'en  ont 
qu'une.  Efles  étaient  probablement  destinées  à  contenir  des 
boissons. 

2^  Deux  tèles  mesurant  22  centim.  de  diamètre  à  l'orifice,  et 

/i)  DE  âAST,  antiquité»  de  ia  Flandre ^  en  cite;  DE  ReNBSSE,  vente  de  iS64,  S« 
partie,  p.  âl,  n<»  284,  385,  295  ;  Catalogue  du  Munie  Hoy.  ^antiquité»  de  Bruxel- 
te»,  p.  175. 


—  444  - 

munies  d'un  déversoir  ;  la  terre  qui  les  compose  est  à  peu  près 
de  la  même  nature  que  celle  des  épichysis,  peut-être  un  peu 
moins  fine. 

3^  Neuf  plateaux  à  bords  verticaux  en  terre  grise,  mesurant 
entre  22  et  12  centim.  de  diamètre.  La  forme  et  la  matière  de 
ces  plateaux  sont  extrêmement  grossières  et  Ton  peut  croire 
qu'ils  étaient  fabriqués  sur  les  lieux  mêmes  ;  c'est  l'avis  de  M. 
de  Tbier  qui  pense  avoir  trouvé  à  Juslenville  les  traces  d'un 
four  à  cuire  des  poteries. 

4''  Il  en  est  de  même  de  six  urnes  en  terre  grossière  grisâtre, 
mesurant  10  à  15  centim.  de  hauteur,  11  à  16  centim.  de  dia- 
mètre à  l'orifice,  y  compris  un  petit  rebord  plat.  La  matière  de 
ces  vases  ressemble  beaucoup  à  la  composition  avec  laquelle 
on  fait  de  nos  jours  les  vases  appelés  pots  en  pierre,  sauf  qu'ils 
n'ont  pas  de  vernis  ;  c'étaient  probablement  des  ustensiles  de 
cuisine,  servant  à  mettre  de  la  graisse,  de  l'huile,  etc.;  il  est 
possible  aussi  qu'elles  appartenaient  au  mobilier  funèbre  dont 
on  se  servait  au  repas  des  funérailles.  L'une  d'elles  contenait 
les  débris  de  son  couvercle. 

5°  Deux  petites  urnes  en  terre  jaunâtre,  fine  et  lisse,  à  flancs 
rebondis,  fort  gracieuses  de  forme. 

6*  Huit  perles  en  terre  cuite,  couvertes  d'un  vernis  et  ornées 
de  rainures  parallèles  à  leur  axe.  On  suppose  que  ces  perles , 
trop  grosses  et  trop  pesantes  pour  avoir  servi  de  collier,  ornaient 
les  victimes  destinées  aux  sacrifices  i*).  (PI.  VI  fig.  4). 

7"*  Deux  statuettes  en  terre  blanche  faites  et  peut-être  cuites 
dans  des  moules  fermés  ;  cette  terre  diffère  essentiellement  de 
celle  qui  a  servi  à  faire  les  différentes  poteries  énumérées  ci- 
dessus  ;  elle  est  très-fine  et  a  la  blancheur  du  papier  ;  c'est  peut- 
^tre  du  plâtre  et,  dans  ce  cas,  les  statuettes  n'auraient  pas  été 
soumises  à  la  cuisson.  Elles  représentent  toutes  deux  une 
femme  assise  et  drapée,  la  tête  couverte  d'une  coiffure,  consis- 

(*)  BuU.  des  Corn,  roy,  d'art  etdarck.,  t.  VIU,  p.  il3. 


-  448  — 

tant  en  un  voile  qui  retombe  sur  les  épaules  et  lui  forme  une 
espèce  de  pèlerine.  Dans  chacune  des  deux  mains  appuyées 
sur  les  genoux,  elle  tient  un  objet  rond;  la  plus  grande  des 
deux  statuettes  dififôre  seulement  de  l'autre  en  ce  que  le  per- 
sonnage qu'elle  représente  a  sur  les  genoux  un  chien  couché. 
Toutes  deux  sont  creuses  à  l'intérieur  et  munies  d'une  base 
carrée  (Planche  photographiée). 

La  ressemblance  qu'elles  offrent  avec  celles  que  l'on  a  trou- 
vées en  France  peut  faire  supposer  qu'elles  proviennent  de  la 
fabrique  découverte  dans  le  département  de  l'Allier  (*). 

Toutes  ces  statuettes  sont  probablement  des  Lares  ou  Pé- 
nates, quelques  fois  des  génies  ou  des  divinités  topiques;  cette 
dernière  supposition  est  moins  probable  cependant  puisque, 
moulées,  on  les  fabriquait  en  grand  nombre,  ce  qui  suppose  un 
emploi  vulgaire  et  en  quelque  sorte  banal,  excluant  la ^^cia/tï^, 
caractère  essentiel  des  divinités  topiques  d'un  lieu  déterminé. 
Remarquons  toutefois  que  le  chien  est  l'emblème  de  notre 
déesse  Nehalennia  ^Zélandaise)  ('). 

Terre  blanche*  noire  ou  rouge  à  couverte  noire  ou  grise. 

1^  Deux  urnes  en  terre  noire,  fine,  terne,  à  ventres  rebondis 
sans  rebords;  elles  mesurent  toutes  deux  il  cent,  de  hauteur; 
Tune  d'elles  porte  en  guise  de  borbure  à  la  circonférence  exté- 
rieure près  de  l'orifice,  une  série  de  petites  stries  verticales 
placées  à  distances  égales. 


(*  J  Edm.  Tudot,  Collection  de  figurines  eHargiie,eic.  iQ-4o.  Paris,  4860. 

[*}  Catitlogue  du  Mutée  de  Bruxelles,  §  10,  p.  170,  S«  édit. 

Un  détait  important  nous  avait  éehappé  lorsque  nous  parlions  dans  notre  pre- 
mier rapport  de  la  Vénus  Anadyomène  trouvée  dans  la  parcelle  vf*  7K7  ;  c'est 
qu'elle  lient  dans  sa  main  droite  un  objet  très-vagvemeni  marqué  mais  qui  parait 
être  rond;  c'est  probablement  le  miroir  avec  lequel  cette  déesse  est  ordinairement 
représentée  (Winckelmamn,  ouvrage  cité  p.  116,  n«  548).  La  gravure  que  l'on  en  a 
donnée  n'étant  pas  satisfaisante,  une  photographie  destinée  à  la  remplacer,  en  a  é 
faite  par  ordre  de  la  Société. 


—  446  — 

S°  Diif-haM  oUa  eti  terré  blanche  et  couverie  noire,  teroé, 
sauf  deux  spécimens  ob  la  couverte  est  luisante  et  glacée,  et 
uni  troidièitte'  dont  la  terre  est  rougeitre.  Elles  mesurent  de  S 
à  13  eenc.  de  hauleur,  et  de  4  à  8-  centim.  de  diamètre.  Dôttze 
dé  ce»  olia^  ùttt  les  flancs  presque  diroits,  arinelinârnt  légère- 
ment téP9  rîntérietir  h  mesure  qu'ils  s'approchent  dé  rorifice, 
et  sont  dépourvus  de  bords  ;  iesl  autreis,  à  flancs^  rebondis,  sont 
munis  d'un^  bwd  recourbé.  On  remarque  parmi  les  premières, 
an  vase  qui  porte  sur  le  flâne  en  guise  d'ornements,  deux  guir- 
landes consisteini  en  deux  cordons  entrelacés  et  quel^i^  fl* 
gtfires  tracéeië  eii  M^nc  m  pMcean;  ces  flgnres  isotées  res- 
semblent paifaitement  k  desi  B  majuscules  dtt  caractère  appelé 
ponde.  Trois  autres  préiséntént  des  guillochis  plus  ou  moins 
compliqués  Cels  que  ceux  q'ui  sont  représentés  à  la  planche  IV, 
fig.  3  (').  Deux  enfin,  très-fragmentés  offrent  en  bas-relief  des 
chasses  d'animaux  sauvages.  (PI.  V,  Ôg.  1  et  Pî.  VII,  fig.  3). 

3^  Netiif  vases  de  formes  diverses,  sortant  tout-à-fait  des 
types  ordinaires  ;  comme  il  serait  fort  difficile  d'en  donner  une 
description  satisfaisante,  la  Société  les  a  fait  reproduire  par  la 
gravure  (PI.  X,  fig.  1,  2,  4  et  5,  PI.  XI).  Six  d'entre  eux  sont 
en  terre  blanche  très-fine  à  couverte  noire  ;  un  autre  (PL  IX, 
fig.  4)  est  foiMé  d'une  terre  rougefttre,  presque  rose  et  porte 
également  une  couverte  «loire,  très-fine  aussi,  k  couverte  terne; 
la  forme  de  ce  vase  semble  se  rapporter  plBt6t  à  l'époque 
firan(pie  qu'à  l'époque  gallo-romaine  ;  un  autre  encore  (PL  VI, 
fig.  3)  est  en  terre  grise,  à  peu  {près  de  la  même  nature  que  les 
vases  n*"  4  mentionnés  sous  le  titre  tert*e  blanche  ou  griscj  sam 
couverte. 

Objets  en  ^erre. 

Il  me  reste  à  mentionner  deux  objets  qui  sont  de  nature  à 
exciter,  au  plus  haut  point,  la  curiosité  des  archéologues,  non 

(  1  )  Voir  le  premier  Rapport. 


Fouilles  de  Juslenville  , 


Del  !t  Li'h  A  ;:in'l^b 


—  447  — 


-  * 


pour  les  renseignements  nouveaux  qu'ils  pourraient  donner  au 
point  de  vue  historique,  mais  ^  cause  de  leur  extrême  rareté. 

i®  On  se  souvient  que  Hubert  Hardy  ramassa  avant  Tannée 
181(1  une  pierre  brute  sur  laquelje  était  tracée  à  la  pointe  Tins- 
cription  incomplète  VIIRVIICCO,  pierre  qui  fut  ensuite  achetée 
par  If.  de  Thier  et  offerte  au  Musée  de  Liège.  Il  eut  été  extrô- 
ment  précieux  pour  nous  de  retrouver  le  complément  de  cette 
inscription  qui,  dans  Tétat  où  elle  se  trouve,  n'a  aucune  signifi- 
cation. L'attention  de  M.  de  Limbourg  avait  été  particulièrement 
attirée  sur  ce  point  et  toutes  les  pierres  qui  ont  été  déterrées 
furent  de  sa  part  l'objet  d'une  vérification  scrupuleuse;  toutefois 
il  restait  peu  d'espoir  de  rien  découvrir  ;  le  fragipent  du  Musée 
avait  fait  partie  du  couvercle  d'une  tombe  ;  or,  comip^  on  Ta  vu 
plus  haut,  à  peu  près  tous  ces  couvercles  avaient  été  arrachés 
précédemment  et ,  suivant  la  coutume  des  cul^vateurs  ,  jeté^ 
hors  du  champ,  puis  emportés  et  brisés  pour  remplir  les  or- 
nières des  chemins. 

Quelles  ne  fUrent  pas  notre  suprise  et  notre  joie,  lorsque  M. 
de  Limbourg  npus  fit  savoir  le  38  octobre  que  deux  nouvçl)es 
pierres  à  inscription  venaient  4*étre  découvertes  !  Si^iyant  les 
ren^eigoaments  que  nous  avons  reçus,  elle  m  se  trouvaient  pas 
ense.mble;  Tune  d'elle  gisait  4ans  une  tombe  dont  elle  avait 
formé  le  couverde  et  qui  contenait  en  outre  une  petite  épichysis 
à  bec,  deux  patelles  en  terre  rouge  et  deux  monnaies  ^les  n""  17 
et  18).  Aucune  des  deux  n'appartient  à  l'inscription  de  Ver- 
veccus  ;  elles  n'appartiennent  même  pas  l'une  à  l'autre;  en  effet 
et.d'abord,  les  deux  fragments  ne  s'adaptent  pas  l'un  à  l'autre; 

ê 

ensuite,  les  caractères  qui,  d'un  côté,  ont  été  péniblement  et  à 
plusieurs  reprises  marqués  avec  un  outil  émoussé,  se  voient,  de 
rauire  gravés  d'un  seul  trait  par  une  main  ferme  avec  un  ins- 
trument aigu  et  tranchant.  Malheureusement,  comme  la  pre- 
mière, les  deux  nouvelles  inscriptions  sont  très-incomplètes; 
de  plus,  la  nature  des  pierres,  brutes ,  inégales,  raboteuses, 
éclatées  en  certains  endroits,  laissent  à  peine  deviner  ce  qui  y 


~  448  — 

était  inscrit.  On  y  distingue  toutefois  assez  pour  pouvoir  certi- 
fier que  nous  possédons  le  commencement  d*une  inscription  et 
la  fin  d*une  autre  (PI.  XII,  fig.  i(et  3).  Celle-là  se  reconnaît  à  une 
croix  pattée  qui  se  trouve  en  tête  (*)  et  par  les  lettres  DM 
(Diis  manibus)  que  Ton  voit  dessous  :  puis  des  traces  de  carac- 
tères insaisissables.  Celle-ci,  plus  grande,  laisse  lire  ce  qui 
suit  : 

ACC  .  .  . 
ACC  .  .  . 
F      I      ifieri  jussit). 

Une  feuille  de  lolus,  tracée  sous  la  lettre  I,  un  peu  à  droite, 
indique  la  fin  de  cette  inscription,  comme  la  croix  pattée  indique 
le  commencement  de  Tautre.  Il  est  inutile  de  se  livrer  à  des 
conjectures  qui  ne  peuvent  être  appuyées  sur  rien  de  certain. 
En  attendant  que  Ton  puisse,  au  moyen  de  l'analogie,  arriver  à 
un  résultat  satisfaisant,  il  faut  se  contenter  de  deviner  ;  ce  qui 
jusqu'aujourd'hui  paraît  le  plus  probable,  est  que  ACC  .  .  . 
ACC  .  .  .  {Accius  .4cm  ?)  indiquent  des  noms  propres  (•). 

^»  J'examinais,  il  y  a  quelques  jours,  la  collection  d'antiquités 

de  Juslenville  en  compagnie  de  M.  Alexandre  et  d'autres  per- 
sonnes, et  je  prenais  des  notes  pour  la  rédaction  du  Rapport 
que  j'ai  l'honneur  de  vous  lire ,  lorsque  notre  attention  se  porta 
sur  les  masses  de  fer,  formées  pour  la  plupart  de  clous  oxydés, 
et  recueillies  en  grande  quantité  dans  les  sépultures.  Sachant 


(i)  La  croix  pattëe  en  forme  de  Tace,  leUre  de  l'alphabet  phëDieien,  se  (roave 
sur  plusieurs  monuments  Romains.  Baoul-Rochette,  Uémoiret  de  VAcadémk  des 
inscription» f  les  Jaiirbùeher  des  Vereins  von  tdurthums  freunden  im  Bheiulande, 
M.  DE  Mertillet  ;  le  signe  de  la  croix  avant  le  christianisme,  onl  reproduit  différents 
signes  semblables  qui  n'ont  pas  par  eux-mfimes  la  valeur  d'un  indice  de  christia- 
nisme. 

(  *  )  Les  fouilles  de  Juslenville  ont  eu  les  honneurs  de  la  mystification  :  un  jour  M. 
de  Limbourg,  allant  inspecter  les  travaux  dans  le  terrain  Lejenne,  trouva,  sur  une 
pierre  placée  en  évidence  et  qui  ne  portait  rien  la  veille,  l'inscription  suivaote  habî- 
lemeol  tracée  :  lYLIANiVILLA. 


449 


qu'une  bague  en  cuivre  portant  uue  inscription  qui,  quoique 
parfaitement  lisible,  esC  restée  inexplicable  jusqu'aujourd'hui  ('), 
avait  été  trouvée  dans  un  amas  semblable,  j'engageai  notre 
courrère  à  faire  subir,  par  acquit  de  conscience  ,  à  toutes  nos 
ferrailles,  l'opération  du  lavage.  Je  n'avais  pas  achevé  mon 
exhortation,  que  M.  Alexandre,  brisant  entre  ses  doigts  un 
amalgame  de  rouille,  vit  apparaître  une  pierre  ovale  noirâtre  , 
opaque ,  avec  une  couche  laiteuse  transparente  ,  qui ,  dégagée 
de  son  alvéole ,  se  trouva  être  un  jaspe-calcédoine  gravé  en 
intaille,  parfaitement  conservé  (PI.  XII,  fig.  3).  Une  trace  de 
monture  en  fer  disparut  dans  l'opération.  Après  un  succès 
aussi  inespéré,  toutes  les  agglomérations  de  fer  furent  immé- 
diatement soumises  à  un  examen  minutieux  ;  mais  elles  ne 
fournirent  plus  rien  qu'une  fibule. 

Le  sujet  que  représente  notre  intaillc  est  une  divinité  assise, 
appuyée  sur  un  bouclier,  la  tête  armée  d'un  casque  ;  de  la  main 
gauche,  elle  semble  retenir  une  pique  placée  entre  ses  jambes; 
sur  la  droite  étendue,  s'élève  une  petite  statuette  tenant  une 
couronne.  Ce  sujet,  qui  se  voit  aussi  sur  certaines  monnaies 
romaines,  a  été  remarqué  sur  d'autres  pierres (*)  ;  il  est  connu 
sous  le  nom  de  Rome  nicéphore  (•). 

Cette  pierre  n'a  rien  de  remarquable  sous  le  rapport  de  l'art  ; 
mais  elle  est  pour  nous  extrêmement  précieuse  parce  que  c'est 
la  seule  à  votre"  connaissance,  qui  jusqu'ici  ait  été  trouvée  dans 
notre  province. 

Telle  est.  Messieurs,  la  liste  aussi  complète  et  exacte  que 
possibledes  objets  recueillis  à  Jusienville  dans  le  terrain  Lejeune, 
parcelle  n*»  758  du  cadastre.  En  voyant  ce  que  nous  y  avons  glané. 


(  1  )  V.  BuU.  des  Comm,  royales  d'art  et  d'archéoL  t.  VU,  p.  54. 

f  3)  De  Crassier,  Descriptïo  brevi*  gemmarum,  elc.  Leodii,  4740,  p.  63  ;  Winc- 
KCLVAHiv,  oavrage  cité,  p.  430,  n»»  i44  et  145.  Ce  dernier  auteur,  p.  64,  n«  203, 
cite  aussi  une  Minerve  représentée  de  la  même  façon  avec  une  victoire  sur  la  main. 


—  450  -~ 

ou  se  demaûde  ce  que  devait  élre  la  moisson  ;  mais  les  regrets 
sont  inutiles  et  nous  devons  déjà  nous  estimer  heureux  du 
résultat  obtenu.  Tout  n*est  pas  dit  d'ailleurs  pour  le  cimetière  ; 
les  parcelles  n^  759,  760*  et  762*'  attendent  encore  des  explora- 
tions qui,  grâce  au  subside  de  500  francs  que  le  gouvernement 
a  bien  voulu  nous  accorder  pour  cet  objet ,  pourront  se  faire 
aussitôt  que  la  culture  de^  terres  le  permettra. 

Les  fouilles  dirigées  avec  un  dévouement  et  un  zèle  au-dessus 
de  tout  éloge  par  M.  Phil.  de  Limbourg,  ont  été  terminées  dans 
la  parcelle  n<^  758 ,  le  6  février  1869.  M.  Grandgagnage,  prési- 
dent de  la  Société,  M.  le  baron  de  Sélys,  vice-président,  M. 

w 

Alexandre,  conservateur  du  Musée,  M.  Noppius,  architecte  de 
la  province  et  d'autres  membres  de  l'Institut,  se  sont  à  diffé- 
rentes fois,  rendus  à  Juslenville  pendant  les  travaux. 

Liège,  le  l»^'  juillet  1869. 

le  Secrétaire^ 
S.  BORMANS. 


SKIGNEURIKS  FÉODALES 

DE   L'ANCIEN    PAYS   DE    LIÈGE. 

(suite) 


EHEIN  <*). 


4634  :  Terre,  hanlteùr,  selgoéôrie,  appendices  et'apparto'riamèe  d*Ahin  (var.  Êhin) 
avec  les  revenues  et  dépendances  d'icelles,  gissante  près  de  la  NeufFville  en  Gon- 
droz,  avecque  les  bolx,  droix  de  poisseries  de  la  rivière  de  Meuse  aussy  loing 
que  ladite  seigneurie  s'eztend,  et  de  tous  autres  ruisseaux  extants  en  icellc, 
chalRbrs,  cenis,  rentes,  chapons  et  tous  autres  droix  en  dépendans;  hatite,  moyienne 
et  basse  juridiction. 

1634,  18  sept.  Noble  dame  madame  AnnadeBliterswick,  com- 
tesse de  Hozémont,dame  douariëre  de  Hermalle,  veuve  de  noble 
et  généreux  seigneur  Jean  baron  de  Berlo,  comte  de  Hozémont, 
seigneur  de  Hermalie ,  fait  relief  de  la  seigneurie  en  vertu  du 
testament  de  son  mari  ;  après  quoi  elle  en  fait  transport ,  du 
consentement  de  noble  et  généreux  seigneur  Guilleaume  de 
Berioz,  seigneur  de  Hermalie,  son  fils  atné,  en  faveur  de  noble 
seigneur  Sébastien  Daems,  seigneur  de  Noirmont,  pour  24,000 
florins  de  Brabant.  Dénombrement. 


(*)  Commune  rurale  de  la  province  de  Liège,  arrondissement  de  Huy,  éanton'de 
Nandrin.  —  V.  d'autres  reliefs  à  Hermalie, 


452 


16B4,  28  mai.  Noble  et  généreux  soigueur  don  Petro  Galio 
de  Salamanca,  seigneur  de  Lavant,  Ramaigne  et  Ehin,  fils  de 
don  Petro  Gallo  de  Salamanca  et  de  dame  Thérèse  Hensia  de 
Pastrana,  relève  en  vertu  du  testament  fait  par  sou  oncle 
Sébastien  Daems,  le  19  décembre  1651. 

1679,  15  avril.  Noble  dame  madame  Thérèse  Patraua  ,  veuve 
de  Pedro  Gallo  de  Salamanca,  relève  son  usufruit. 

1691,  26  avr.La  Cour  féodale  décrète  la  saisie  d*£hiu  faute  de 
relief;  le  sieur  Bartholomé  Masset  en  opère  le  purgemenl  à 
titre  d'une  rente. 

1697,  23  mai.  Mentia  Theresia  Pastrana  transporte  les  sei- 
gneuries d*Ehin ,  l^val  et  Remaigne  à  son  fils ,  don  Pedro 
Gallo  de  Salamanca. 

1697,  9  juil.  Noble  seigneur  don  Pedro  Ferdinando  Gallo  de 
Salamanca,  baron  de  La  Val ,  vend  la  seigneurie  à  honoré  sei- 
gneur Bartholomé  Masset,  bourgmestre  de  Liège ,  lequel  fait 
relief  le  23  décembre  suivant. 

1699,  25  mai.  Pedro  Ferd.  Gallo  de  Salamanca  renonce  pour 
1200  florins  de  Brabant  à  son  droit  de  purgement,  eu  faveur  du 
seigneur  Masset. 

1702,  21  mars.  Noble  et  généreux  seigneur  don  Léonel  Gallo 
de  Salamanca,  baron  de  Noirmont  et  brigadier  au  service  de 
S.  M.  C,  fils  de  don  Antonio  Gallo  de  Salamanca  (fils  de  don 
Francisco  Gallo  de  Salamanca  et  de  Marie  Daems),  et  de  Marie 
Caroline  de  Lima ,  relève  la  seigneurie  comme  proche  parent 
de  don  Pedro  Gallo  de  Salamanca. 

1711,  18  nov.  Contestation  touchant  retendue  de  la  juridic- 
tion d*Ehin. 

1724,  25  févr.;  1725, 15  févr.  Noble  dame  madame  An^ela  de 
Masset,  douairière  de  noble  seigneur  Conrard  Joseph  baron  de 
Haxhe,  seigneur  de  Bierset,  bourgmestre  de  Liège,  député 
perpétuel  aux  États  du  pays  de  Liège,  seigneur  d*Ehin  en  Gon- 
dros,  fait  relief. 


—  488  — 

1733,  23  avr.  Madame  Angeline  de  Masset,  héritière  d*£hia 
par  la  mort  de  Bartholomé  Masset,  son  père,  cède  Tusufruit  de 
la  seigneurie  à  noble  seigneur  Hyacinthe  Bartholomé  baron  de 
Haxhe,  sou  fils,  chanoine  de  la  cathédrale  de  Liège  :  celui-ci 
fait  relief  et  engage  les  terres  d'Ebin  et  de  Biet^set  à  noble  et 
généreuse  demoiselle  Marie  Éléonore  baronne  de  Goer  de 
Hervé,  pour  servir  d'hypothèque  à  une  rente. 

1745,  8  janv.  Madame  Angela  de  Masset  fait  relief. 

1789, 11  mai.  Noble  seigneur  Ferdinand  Courard  baron  de 
Haxhe,  seigneur  de  Hamal,  chanoine  de  la  cathédrale  de  Liège, 
fait  relief, 

1789,  16  août.  Noble  seigneur  Pierre  Joseph  baron  de  Boi- 
leau,  seigneur  de  Vien,  chanoine  de  la  collégiale  St.-Paul,  fait 

relief. 

1761,  28  avr.  P.  Jos.  baron  de  Boileau,  fils  de  Madame  Claire 
fille  de  don  Louis  Gallo  Salamanca  (lequel  était  frère  de  don 
Pedro  Gallo  Salamanca,  héritier  de  Sébastien  Daems),  ajourne 
le  chanoine  de  Haxhe  de  Hamal  pour  exhiber  les  titres  en  vertu 
desquels  il  détient  la  seigneurie  ;  la  cour  féodale  en  adjuge  la 
propriété  audit  baron  de  Boileau. 

1766,  17  juin;  1772,  7  août  ;  1789. 1«'  juil.  Ferd.  Conr.  baron 
de  Haxhe  fait  relief. 


EMEVILLE  C'). 


1349  ■■  La  naiBOD  et  haullenr  d'Eimeville  en  Condroi,  ivoeeque  les  hommei  de  Ihb 
âi  aallres  apparienunces  «t  i  bonierB  de  terre  de  poarprls.  —  13SI  :  Le  cbu- 
tiaa  et  assise,  hauUeurel  sifnonrie.  —  1414  :  Le  Tortresse  dsKeTille  A  loos  te* 
appsrlenancheg.  —  1633  :  Le  cheetein,  fortereue,  marson,  jardius,  homagei, 
etc.  d'Emeville.  —  1~9I  ■  Basse-cour,  ceos,  moulins,  brassine ,  jardin  ■henière. 
prei,  terres,  irixhes,  bois,  Slangs,  raisseam,  chasse,  pesche  et  Ioh  droit*  boBO- 


1349,  6  mars.  Henri  de  Hartîns  Tait  relief  par  reportaiioa  de 
dame  Marie  dite  Bellesuer  d'Emeville. 

1349,  29  mai.  Aelis,  fllle  de  Slassin  des  Preis,  fait  relief  par 
reportation  de  Harie  Bellesuer,  laquelle  se  réserve  l'usufhiit 
du  bien. 

1381, 17  mai.  Jehan  de  ftamelhous  fait  relief  par  décès  de 
demoiselle  Aellis  d'Emeville,  sœur  de  damoiselle  Haroie  des 
Preis,  sa  femme. 

1399,  13  nov.  Jehan  de  Ramelhu  fbit  relief. 

1414,  IS  déc.  Herman  de  Horion  fait  relief  par  reportation  de 

(  >  )  Emeville  ou  Eminville,  dépendance  de  la  commune  de  Flosloy,  provinee  de 
HuBiir,  atroDdiasement  de  Dinanl,  eaiiUD  de  Cinay. 


—  488  — 

Joban  de  RAraelhoeU  lequel  venait  liii-mâme  de  relever,  te  fief 
par  reportation  de  Joban  de  RameIgnoaU  son  père.. 

1497,  l2avr.  Willeamede  Horion,  écuyer,  fait  relief  pour 
son  fils  Herman,  de  la  forteresse  que  celui-ci  possédait  par  re* 
portation  de  son  oncle,  Herman  de  Horion,  échevin  de  Huy. 

1478,  20  sept.  Jehan  Scailt>ert,  mari  de  damoiseHe  Pirktne 
de  Nettines,  fait  relief  par  décès  de  Hustin  de  Nettines,  père  de 
la  dite  Pirkine,  lequel  avait  acquis  le  fief  de  Herman  de  Horion. 

1838, 19  juin.  Robert  de  Tîribu  fait  relief  par  décès  de  Johan 
de  Tiribu,  son  père. 

1846,  3  avr.  Cloes  de  Tiribu ,  boui^eois  de  Huy,  fait  relief 
par  décès  de  son  frère  Robert. 

1888,  l*"  juii.  Johan,  fils  de  Gtoes  de  Tiribu,  relève  Tusufruil 
de  damoisdle  Anne,  sa  mère. 

1888,  31  janv.  Anne,  veuve  d'honorable  homme  Cloes  de  Ty-^ 
ribu,  fait  relief. 

1866,  22  juin.  Guilleaume,  fils  de  Cloes  de  Tiribu,  relève  Tu- 
sufruit  de  sa  mère. 

1880,  22  oct.  Honorable  homme  Guilieame,  fils  de  Cloes  de 
Tiribu,  seigneur  d'Emeville,  fait  relief. 

1883,  16  mars.  Le  seigneur  Johan  de  Tiribu,  fait  relief. 

1888, 2  sept.  Les  enfants  de  Guilleaume  de  Tiribu,  font  relief. 

1617,  3  juil.  Noble  et  honoré  seigneur  Théodore  de  Crissen- 
gnée,  seigneur  de  Sure,  et  mademoiselle  Anne  de  Mozet,  veuve 
de  Guilleaume  de  Tiribu,  font  relief. 

1633, 17  janvier.  Noble  seigneur  Guilleaume  Gaiffier,  seigneur 
d'Emeville,  Bonine,  voué  de  Merdo,  jadis  bourgmestre  de  Huy, 
fait  relief  comme  mari  de  noble  dame  madamoiselle  Anne  Marie 
de  Tiribu. 

1706,  24  nov.  Noble  seigneur  Guilleaume  Théodore  de  Gaif- 
fier, seigneur  d'Emeville  et  haut-voué  de  Mierdo,  fait  relief  par 
décès  de  Guilleaume  de  Gaiffier,  son  père. 

1711, 16  févr.  Guil.  Théod.  de  Gaiffier,  lègue  le  château  à 
Pierre  Paul  de  Gaiffier,  son  cousin. 


-  466  — 

i712,  22  avril.;  172S,  4  déc.;  ITSO,  24  mars;  1765,  7  août. 
Le  seigneur  Pierre  Paul  de  Gaiffier,  Tait  relief. 

1763-1771.  Jean  Joseph  Guilleaume  de  Gaiffier  de  Bonnine, 
seigneur  d'Emenville,  et  Marie  Justinne  baronne  de  Woot  de 
Tinlol,  sa  femme,  engagent  la  seigneurie. 

1773,  20  mars.  Jean  Jos.  Guilleaume,  fils  de  Pierre  Paul  de 
Gaiffier,  fait  relief. 

1790,  19  févr.  Madame  la  baronne  douairière  de  Woot  de 
Tinlot  de  Braive,  née  comtesse  de  Nassau-Corroy,  ayant  été 
mise  en  possession  de  la  seigneurie  le  2  septembre  1789,  en 
vertu  de  la  cession  de  monsieur  de  Gaiffier,  seigneur  d'Emen- 
ville,  capitaine  au  service  de  LL.  HH.  PP.,  et  de  monsieur  L. 
B.  Hairs,  son  gendre,  vend  à  proclamation  le  fief  pour  260,000 
florins  de  Brabant,  à  très-noble  et  généreux  seigneur  messire 
Joseph  Wenceslas  comte  de  Turhem,  chambellan  de  S.  M.  I.  A. 
et  romaine,  lequel  fait  relief  le  31  mars. 


ENGIS<'). 


i375:  Toute  la  terre  de  Engis  à  tontes  ses  appendices,  en  hauteur,  justice,  sei- 
gnerie,  terre  «  preis,  pessen'es,  bois,  cens,  rentes  en  bleis,  chapons  et  autres 
rentes.  —  4410  :  yauwes,  revenues,  prouffls  et  émolumens,  hérctaiges,  etc.  — 
1476  :  Engys  sur  Moeze. —  4606  :  minéraux  terrions  et  soublorriens,  coup  ë'eaue, 
droitz  de  pexherie,  etc. 

1375,  4  févr.  Honorable  homme  et  discret  Istasdit  Franshons, 
fils  d*Arnult  Corbeal  de  Holleingnoule,  déclare  que,  sa  femme 
dame  Ratheline,  fille  de  Johan  Hochet  et  dame  d'Enghis,  lui 
ayant  fait  don  de  la  terre  d'Engis,  il  y  renonce  en  faveur  des  héii- 
tiers  de  Johan  Hochet,  lesquels  sont  :  Johan  Hochet,  chanoine 
de  Sainte-Croix;  sire  Johan  de  Villeir,  chapelain  de  Saint  Jean  en 
Ile,  etc.  ;  ceux-ci  à  leur  tour  en  font  ti*ansport  h  Herman  de 
Colongne. 

1410,  26déc.  Herman  de  Horionfait  relief,  comme  plus  proche 
héritier  de  Herman  de  Coulongne,  son  grand  père. 

1445, 15  avr.  Messire  Willeaumede  Horion,  seigneur  d*01ey, 
chevalier,  fait  relief  par  décès  de  Herman  de  Horion,  seigneur 
d'Emeville,  son  oncle. 

1476, 1"  oct.  Messire  Guilleaume  de  Horion,  chevalier,  fait 

(i)  Commune  rurale  de  la  province  de  Liège,  canton  de  HoUogne-aux-Pierrcs. 
V.  Deltadx,  Ùicèion,  géogr,  etc.,  t.  Il,  p.  66.  —  V.  d'antres  reliefs  il  AmrSf  Betw- 
J'raiponi,  Frehux,  Haulteperme  et  Lover vaL 


458 


relief  de  la  moitié  de  la  seigneurie  par  décès  de  Guilleaume  de 
Horion,  seigneur  de  Granl-Axhe,  son  père. 

i53i,  88  juil.  Noble  homme  Guillaume,  fils  de  Guilleaume  de 
Horion ,  fait  relief. 

1574,  20  févr.  Noble  homme  Glaude  de  Berlaimont,  écuyer, 
apporte  en  mariage  à  demoiselle  Marie  de  Brimeu,  dame  de 
Humbercourt,  fille  de  Messire  George  de  Brimeu,  les  seigneu- 
ries d'Eogys,  Haultepenne  et  Kermpt,  lui  dévolues  par  le  décès 
de  messire  Loys  de  Berlaimont,  son  flrère. 

1882,  7  mai.  Noble  et  vaillant  seigneur  Glaude  de  Bairlaimont, 
relève  les  droits  qu'il  peut  a.voir  sur  la  seigneurie. 

1583,  24  mars.  Noble  dame  madame  Margarite,  fille  ainée  de 
Guill.  de  Horion,  avoué  de  Horion,  seigneur  d'Engys,  Oleye, 
Grantaxhe,  et  veuve  de  noble.et  généreux  seigneur  messire  Jean 
de  Carondelet,  chevalier,  seigneur  de  Potelles^  Anvoilles,  Asnoy, 
S*-Martin,  gouverneur  de  Landrecy,  relève  la  moitié  d'Engys- 
sur-Meuse,  Freloux,  Pas-S^-Martin  et  Tavouerie  de  Horion,  par 
décès  de  Guilleaume  de  Horion,  son  frère. 

1887,  22  juil.  Monseigneur  l'illustrissime  et  révérendissime 
archevêque  et  duc  de  Cambrai,  prince  du  S.-E.,  comte  du  Cam- 
bresis,  relève  Engys,  Haultepenne  et  la  Motte  par  décès  deGlaude 
de  Berlaimont,  son  frère. 

1603,  l*'  juin.  Marguerite  de  Horion  transporte  Engys,  Pas- 
S^'Martin,  et  les  château  et  avouerie  de  Horion  à  noble  dame 
mademoiselle  Catherine  de  Garondelet,  sa  fille. 

1606,  29  févr.  Noble  et  généreuse  demoiselle  Catherine  de 
Garondelet,  dame  de  Horion,  Engys,  Oley  et  Grant-Axhe,  cha- 
noinesse  de  S^^'-Waudru,  reporte  la  moitié  de  la  seigneurie  au 
seigneur  Guilleaume  de  la  Marck,  seigneur  d*Olhée. 

1607,  7  févr.  Noble  et  honoré  seigneur  Ferri  de  Garondelet, 
chevalier,  seigneur  de  Pottelz,  renonce  en  faveur  de  noble  et 
honoré  seigneur  Jean  de  Heahoveu,  seigneur  d'Oley  et  Gand- 
Axhe,  au  droit  de  retrait  Hgnager  qu'il  a  contre  Guilleaume  de 
la  Marck. 


—  459  — 

1610,  8  juil.  Gaiberine  de  Garondelet  transporte  Engis,  Pas- 
St'Martiîi  et  Tavouerle  de  Horion  à  son  frère  Ferri,  seigneur 
des  Annoilles,  Baudengnée,  la  Chapelle,  Liemeux,  etc. 

1614,  13  avril.  Ferier  de  Garondelet  relève  Engis,  Pas-St- 
Martin  et  Horion, 

1614,  11  juin.  Le  seigneur  Servais,  fils  de  Guilleaume  de  la 
Marek,  seigneur  d*Othëe,  relève  les  droits  que  son  père  peut 
avoir  sur  la  moitié  d*Engis. 

1680,  12  déc.  ;  1653,  18  déc.  ;  1662,  2  déc.  Noble  seigneur 
Charles  Artus  de  la  Marck,  seigneur  de  Harduemont,  relève  la 
moitié  d*Engis  par  décès  de  son  père  Servais. 

1652,  20  juin.  Le  seigneur  Jean  Fi^ançois  de  Plancbon  et  ma- 
demoiselle H.  de  Falloize,  sa  femme,  ayant  été  mis  en  posses- 
sion d'Engis  et  de  Haultepenne  en  vertu  du  purgement  qu*ils  en 
avaient  fait  en  Tan  1648,  les  vendent  à  S.  Ex.  monseigneur  le 
prince  de  Gavre  pour  17,000  florins  de  Brabant. 

1654,  17  déc.  Noble  et  généreux  seigneur  Ferdinand  baron 
de  Mérode,  gouverneur  de  ville  et  château  de  Huy,  relève  Pas- 
St-MartiHy  Tavouerie  de  Horion  et  la  moitié  d*Engys,  comme 
tuteur  des  enfants  de  Pierre  de  Garondelet  et  de  noble  dame 
Anne  de  Mérode. 

1671,  22  oct.  Noble  dame  la  veuve  de  noble  seigneur  Guil- 
leaume François  de  Harchies,  seigneur  de  Moullîn,  ayant  le  1^' 
décembre  1667  et  9  janvier  1669  intenté  une  action  à  Charles 
Artus  de  la  Marck,  baron  d'Othée  ,  seigneur  d*Engis,  pour 
faute  de  payement  et  de  relief,  fut  mise  en  possession  de  la 
seigneurie  le  30  janvier  1670  ;  le  seigneur  Martin  de  Loncin  en 
opéra  le  purgement  à  raison  d'une  rente  qu'il  avait  acquise  des 
enfants  du  seigneur  Arnold  de  Thier,  échevin  de  Liège. 

1672, 16  mai.  Le  sieur  Adam  Mercier  engage  tous  ses  biens 
au  seigneur  Jean  Dominique  de  Nave,  seigneur  de  Constantin 
pour  servir  d'hypothèque  à  une  rente. 

i688,  4  févr.  Martin  de  Loncin  remet  entre  les  mains  de  la 
Cour  féodale  tous  les  biens  dont  il  a  été  mis  en  possession,  en 


460 


faveur  des  seigneurs  de  Harchies,  Biderant  et  autres  créanciers 
qui  pourraient  y  prétendre. 

1693,  8  nov.  Le  seigneur  Gilles  d*Otbée  vend  au  seigneur 
Charles  Antoine  Salms  les  rentes  qu'il  possède  sur  la  seigneu- 
rie d'Engis,  à  condition  de  payer  les  frais  des  saisies  exécutées 
pour  faute  de  payement  contre  les  sieurs  Mercier,  Bîderan, 
Mombeeck,  Nivolara,  Martin  de  Loncin  et  de  Bertincourt;  item 
ceux  du  procès  intenté  par  le  M.  de  Loncin  contre  le  baron  de 
Pôtelle,  moulant  le  tout  à  la  somme  de  9600  florins  de  Brabant. 

1698,  31  janv.  Haut  et  puissant  seigneur  Procope  Français 
comte  d'Egmont,  prince  de  Gavre,  relève  Haultepenfie,  la  terre 
délie  Motte,  dite  dWwir-Ste'Mark,  et  la  moitié d'Engis,  par  dé- 
cès de  haut  et  puissant  seigneur  Philippe  comte  d*Egmont, 
prince  de  Gavre,  son  père. 

1653,  13  oct.  Noble  et  illustre  dame  Marie  Margarite  de  Ber- 
lemont,  comtesse  d*Egmoiit,  donne  Haultepenne  et  Engis  à  son 
fils  unique  haut  et  puissant  seigneur  Philippe  comte  d*Egmont, 
prince  de  Gavre. 

1698,  8  nov.  Les  demoiselles  Marie  Catherine  et  Catherine 
Jenne,  filles  de  Ch.  Ant.  Salms  et  dlsabelle  Garanette,  relèvent  la 
moitié  d*Engis  par  décès  de  leur  père ,  lequel  en  avait  obtenu 
saisie  le  iO  avril  1693  contre  les  seigneurs  Bertincourt  et  Bi- 
derant, faute  de  payement  d'une  rente  lui  due  comme  représen- 
tant Gille  d'Oliiée  en  qualité  de  resaisi  es  biens  d*Adam  Mercier, 
qui,  à  son  tour,  réprésentait  Anne  Marguerite  de  Mérode , 
dame  de  Horion  et  son  fils. 

1699,  16  nov.  Le  seigneur  Pierre  Joseph  de  Héan,  seigneur 
de  Meer  et  BoUer,  fils  aine  du  seigneur  Jean  de  Méan  (fils  de 
Pierre  de  Méan,  seigneur  de  Meer  et  de  Boller,  et  deLudegai*de, 
fille  de  Balthasar  Boux  de  Falle  et  de  demoiselle  Barbe  fille  de 
Jean  Thomé)  et  de  demoiselle  BarbeElisabeth  de  Macours,  relève 
différentes  rentes  que  Catherine  Goé,  veuve  de  Jean  Jean,  et 
Gérard,  son  fils,  avaient  transporté  le  1*"'  juillet  1580  à  Jeau 
Thomé, 


—  461  — 

1720,  20  juil.  Le  baron  de  Loverval,  mari  de  madame  Salms 
veuve  de  noble  seigneur  Michel  Henry  de  Rosen,  échevin  de 
Liège,  relève  la  moitié  d'Engis,  Chinstrée,  Reepen  et  Voroux. 

1745,  9  janv.  Noble  seigneur  Henri  Joseph  de  la  Raudière, 
baron  de  WalefTe.Borlé,  etc.,  relève  Engis,  Chinstrée  et  Repen, 
au  nom  de  sa  mère,  veuve  en  premières  noces  du  seigneur  de 
Rosen,  et  en  secondes  de  noble  seigneur  Philippe  Jacques  de 
Heni7  de  la  Raudière,  baron  de  Loverval. 

1747, 8  juin.  Noble  seigneur  Michel  Henry  de  Rosen,  seigneur 
de  Reepen,  Engis,  Borckharen,  etc.,  fils  de  madame  de  Salms, 
relève  Engis,  Chinstrée  et  Bepen. 

1766, 11  avr.  ;  1772, 4  août  ;  1785, 10  août.  Madame  la  douai- 
rière de  Michel  Henry  de  Rosen  relève  son  usufruit  sur  la  moitié 
d'Engis,  Chinstrée  et  Reepen. 

4787,  12  mars.  Monsieur  Charles  Servais  baron  de  Rosen, 
seigneur  de  Reepen  et  Haren,  relève  la  moitié  d*Engis  au  nom 
de  sa  mère  la  demoiselle  Marie  Hélène  veuve  du  baron  Mich . 
Henry  de  Rosen. 


fm^ 


ENHETC) 


i4âl  :  Le  ville,  ban,  haulteup  et  justiche  de  Ëynhen,  S80  boniers  de  bois,  10  cha- 
rées  de  fuere,  3  reis  d'avoine  de  toulniers.  —  d487  :  Eynhe,  3  viviers,  etc.  — 
4493  :  Terre,  saingnorie  etc.,  d'Eynehe. 

1421,  2  juil.  Ernoul  dele  Malaise  relève  le  fief  par  reportation 
de  Henry  de  Fourfous,  lequel  venait  d'en  faire  relief  par  trans- 
port de  Libiert  de  Forfous,  son  père  ;  celui-ci  en  était  proprié- 
taire par  suite  du  décès  de  Henry  dele  Monsée,  son  père. 

1422,  16  juin.  Rigaut  d'Ohay  ayant  opéré  le  retrait  lignager 
du  fief,  Ernoul  dele  Malaise  lui  en  fait  transport. 

1487,  28  nov.  Jehan  d'Ohay  fait  relief  par  suite  des  décès  de 
Libiert  de  Ramonzet,  dit  de  Furfouz,  son  cousin  germain,  et 
de  messire  Hausse  de  Hourle,  chevalier,  son  plus  proche  parent. 
Ledit  Hausse  avait  relevé  par  décès  de  Jehan  Hausse  de  la 
Monzée. 

1493,  20  mai;  1811,  3 avril,  Olivier,  fils  de  Jehan  d'Ohay, 
écuyer,  seigneur  d'Eynhe,  fait  relief  par  décès  de  son  père. 


(*)  Dépendance  de  la  commune  de  Chevetogne  ,  province  de  Namar,  arrondisse- 
ment de  Dinant,  canton  de  Ciney.  —  V.  d'antres  reliefs  à  Cellet  et  Crupet, 


-  463    - 

iSll,  26  juiL  Louis  de  Geelles  relève  la  seigneurie  d'Eaheit 
qu'il  avait  achetée  à  son  cousin  Olivier  d'Ohet. 

i553,  27  mai.  Olivier  délie  Halle,  bourgeois  de  Liège,  fait 
relief  par  suite  des  décès  de  ses  grand  père  et  grand  mère  Oli- 
vier d*Ohay  et  Marie,  sa  femme. 

1596,  27  nov.  Olivier,  flls  de  «fean  délie  Halle,  et  petit-fils 
d*01ivier  delle  Halle,  fait  relief. 

1598,. 25  févr.  Marie,  veuve  d'honorable  Jean  delle  Halle,  fils 
d'Olivier,  relève  son  usufruit ,  puis  en  fait  transport  à  son  fils 
Olivier. 

1616,  23  mars.  Noble  et  honoré  seigneur  GuiUeaume  de 
Geelles,  seigneur  d'Enhet,  fils  aîné  de  noble  et  honoré  seigneur 
Louys  de  Celles,  baron  de  Geelles,  seigneur  de  Steabali,  fait  re- 
lief de  la  terre  que  son  père  lui  avait  donnée  dans  ses  conve- 
nances de  mariage  avec  noble  dame  madame  Jehenne,  fille  de 
noble  et  géitéreuiD  seigneur  Richart  de  la^  Rivière,  baronile 
Heers,  en  juin  1614. 


FARCIENNES   ('). 


131i  :  Lb  juUiclie  de  Favrechioes  sour  Sambre  et  300  livrées  de  terre.  —  13V1  ; 
La  maison  de  Faverchiiies,  ville  el  apptndicbe«,  avoec  40  boniers  de  terre  lïfulle, 
80  boniers  de  bois,  40  cippon»  ;  60  gelines,  80  poulies,  KO  livre»  (Le  lin,  le  pes- 
kerie  ea  le  rivière  de  Sambre.ivecle  jastichehalleet  basas,  nairie  et  eskeviaiBe 
«I  les  masuyers  dele  ville  de  Fsverrhipes.  —  tS&B  :  Cha^liau,  (erre,  baullenr, 
ne.  —  1368  :  Sigaerye ,  etc.  —  i380  :  Forlereche  el  wariion.  —  iSiO  -.  Preis, 
terres,  boix,  iiiolliaB,bn[sslnea,  wjnaiges,  sflbnifBs,  etc.  —  (897  :  La  Iboar, 
cbesleau,  court,  maison,  jardins,  viviers,  etc.  —  4613  :  ceos,  rentes,  droix 
d'homaigea  ,  revenues,  émolunienlg ,  etc.  —  1687  :  basse-court,  colombier,  etc. 
(détail  de  tout  les  droits,.  —  1700  :  autorite  de  créer  officier,  bally  et  sergent,  el 
d'émettre,  pardonner,  exécuter  tous  méfais,  droit  de  chasse,  soit  bètes  grocsea  oa 
rouges  et  i  sa  garaine,  sa  vollerie,  passage  d'eau,  et  autres  droits. 

1314,  26  mai.  Ueari  de  Favrechines  fait  relief. 

1325,  4  juil.  Henri  de  Faverchines,  écuyer,  fait  relief  par  re- 
poi'talioii  de  Gille  de  Loviervaux. 

1368,  10  août  ;  13t}9,  37  avr.  Messire  Jehan  de  Mirbais,  le 
jeune,  chevalier,  sire  de  Luteaus,  Hiit  relief  comme  mari  de 
Marie,  fille  de  Thiry  de  Faverchines. 

1377, 11  mars.  Messire  Thiri  de  Rochefort,  chevalier,  f^it 
rehef  par  décès  de  sa  cousine  dame  Marie,  femme  de  Jehan  de 
Marbais;  charte. 

1380.  7  nov.;  1391,  12  juil.  GhodefTroit,  fils  de  messire  Gho- 
deffroit  de  SombrefTe,  chevalier,  relève  par  décès  de  son  père, 

(  <  )  Commune  de  la  province  de  Baintut,  arrondissement  et  canton  de  CJurleroy. 
V.  SAumaï,  Dtlicti,  t.  Il,  p  3Î7. 


-  465  — 

sauf  les  usufruits  de  Jehan  de  Marbais  et  de  dame  Izabiaul  de 
Ottengnies,  dame  de  Hairipont,  sa  mère. 

1392,  8  oct.  Jean  de  Bavière,  évêque  de  Liège,  déclare  que 
messire  Otte  dit  Scochar  de  Forvye,  chevalier,  mari  de  dame 
Marie,  fille  de  Godefroid  de  Sombrelfe,  a  relevé  une  rente  de 
60  florins  hypothéqués  sur  la  seigneurie  et  dûs  à  messire  Johan 
de  Marbais,  chevalier,  en  vertu  de  son  contrat  de  mariage. 
Ledit  Godefroit,  seigneur  de  Faverchines,  reconnaît  celte  rente. 

1396,  21  juil.  Bobert  deSpontin,  sire  de  Wavre,  comme 
mari  de  Marie  Sombreife,  relëye  60  florins  hypothéqués  sur  la 
seigneurie. 

1405,  18  sept.  Jehan  de  Sombreflè  fait  relief  par  décès  de 
messire  Ghodefi'roit  de  Sombreife,  son  père,  et  d*Izabiel  d'Ot- 
tîgnies,  sa  mère. 

1423,  29  août.  Jehan  de  Sombreife,  écuyer,  fait  relief. 

1426,  22  août.  Jakeme,  seigneur  de  SombrefTe  et  de  Rixen- 
save,  écuyer,  fait  relief  par  reportation  de  Jehan  de  Sombrefiis, 
le  vieux,  son  oncle,  auquel  il  reconnaît  l'usufruit  de  la  sei* 
gneurie  ;  puis  il  donne  en  douaire  cent  mailles  de  Hollande  à 
demoiselle  Marie  de  Longcbamps,  femme  du  dit  Jehan. 

1448,  l""'  décembre;  1459,  23  mai.  Noble  Robert  comte  de 
Vernenbourg,  seigneur  de  Saffenbourg,  fait  relief  par  reporta- 
tion de  damoisiaul  Jehan  de  Sombrefie,  le  jeune,  son  beau- 
frère,  fils  de  demoisiau  Jacques  de  Sombreife. 

1468,  8  juil.  Dame  Marguerite  de  Sombreife,  veuve  de  Robert 
de  Vernenborgh,  relève  Tusufruit  de  la  seigneurie  dont  la  pro- 
priété appartient  à  monseigneur  Philippe  comte  de  Vernenborgh, 
son  fils. 

1471,  16  oct.  Messire  Giles  de  Brandembourg,  second  mari 
de  Marguerite  de  Sombreife,  relève  la  seigneurie  dont  Tusu- 
fruit  appartient  à  sa  femme. 

1500,  12  juil.  Philippe  de  Vernenborch  déclare  que  messire 
Gile  de  Brandeborch,  chevalier,  son  parâtre,  n*a  aucun  droit  à 


-  466    - 

la  sejigneurie,  mais  queparcondiiescendance  il  lui  en  laisse  Tusa- 

fruit. 

1S09,  5  août.  Phil  de  Vernenbourgh  fait  relief  par  décès  de 
ses  parents  et  de  Giiie  de  Brandeb.orgh. 

1818,  25  févr.  Illustre  et  très-honoré  seigneur  Goenne,  fils 
de  Phelippe  comte  de  Vernembourgb,  fait  relief  par  décès  de 
ses  parents. 

1518,  6  nov.  Goenne  de  Virnembourgh  engage  la  seigneurie 
à  noble  homme  Adrian  Bran,  seigneur  d'Aza,  pour  servir  d'hy- 
pothèque à  une  rente  de  40  florins. 

1520,  22  juil.  Noble  homme  Goene  ou  Gonrard  de  Vernen- 
bourg,  seigneur  de  Favrechines,  vend  pour  360  florins  une  rente 
de  20  florins  hypothéquée  sur  la  seigneurie,  à  Adrian  Bran, 
lequel  fait  relief. 

1524,  27  juin.  Illustre  et  honoré  seigneur  Goenne  comte  de 
Vernerabourghe ,  seigneur  de  Sombreffe  et  de  Paverchinnes, 
déclare  avoir  vendu  à  honorable  homme  Nicolas  Rifllart,  sei- 
gneur de  Tongre-saint-Martin,  en  Hainaut,  receveur  général 
du  pays  et  du  comté  de  Namur,  pour  la  somme  de  2250  florins, 
une  rente  de  90  florins,  hypothéquée  sur  la  seigneurie. 

1531,  20  août.  Damoîselle  Jehenne  Bernard,  veuve  de  Nycolas 
RiflClart,  demande  à  être  mise  en  possession  de  la  seigneurie 
pourfaqte  de  payement  d'une  rente  par  Goene  de  Vernembourgb« 
seigneur  de  Rixensart,  Mostier,  etc. 

1532,  11  janv.  Noble,  illustre  et  puissant  seigneur  de  Goene 
de  Vernembourg,  seigneur  de  Sombrefle,  Grantleez ,  Oitigoies, 
etc., donne  la  seigneurie  en  douaire  à  noble,  il}MStre  et  très- 
honorée  dame  madame  Jozinne  comtesse  de  la  Marck  et  d*A- 
rembergh,  sa  femme. 

1535,  30  juil.  Goene  de  Vernembourg  et  de  Neunart,  seigneur 
de  Sauflenborgbe,  Sombrefle,  etc.,vendàdamoiseaTiri  deLyn- 
den  ,  châtelain  de  Mirwart,  et  à  damoiselle  Marie  d*OJeur,  sa 
femme,  pour  2400  florins,  une  rente  de  150  florins  hypothéquée 
sur  la  seigneurie. 


—  467  — 

153i6, 11  août.  Jozine  de  la  Marck  renonce  à  son  douaire  et 
ratifie  l'accord  ci-dessus. 

1840,  3  août.  Coene  comte  de  Virnerabourch ,  Nyewart  ou 
Neuvenart,  engage  la  seigneurie  pour  3S0  Garolus  d*or,  à  haut 
et  puissant  seigneur  Adriaen  de  Groy ,  comte  de  Roeulx ,  che- 
valier de  Tordre  de  la  Toison  d'or,  grand  maître  d'hôtel  de 
rempereur,  maréchal  de  son  armée,  gouverneur  et  capitaine 
'général  des  pays  de  Flandre,  d'Artois,  Lille,  Douay,  Orchies, 
etc. 

1542,  i  mai.  Andrian  de  Groy,  obtient  la  saisie  du  fief  pour  - 
faute  de  payement  d'une  rente  par  Goene  de  Virnembourg.  Le 
Sjuinilen  demande  prise  de  possession,  et  le  11  juillet  et 
il  obtient  une  sentence  d'exécution. 

1554,  8  janv  ;  1888, 14  févr.  Madame  Glaude  de  Melein,  com- 
tesse douarière  de  Roeulx,  dame  de  Reminghen,  Rixensart, 
Gevenal,  Farchiennes,  veuve  de  très-noble  et  de  très-louable 
mémoire  monseigueur  et  messire  Adrian  de  Groy,  chevalier, 
etc.,  fait  relief. 

1876,  2i  mai.  Madame  Glaude  de  Melin  relève  son  usufruit, 
puis  en  fait  transport  à  haut  et  puissant  seigneur  messire  Johan 
de  Groy,  comte  de  Roeulx,  seigneur  de  Rixensard,  Geneval, 
Farchines,  Beauraing,  etc.  ;  celui-ci  après  avoir  fait  relief,  vend 
la  seigneurie  à  noble  homme  Johan  de  Hylle,  seigneur  d'Othéé, 
pour  29,000  florins. 

1881,  23  nov.  Noble  et  honoré  seigneur  messire  Joban  de 
Hylle,  seigneur  d'Othée  et  de  Farchynnes,  fait  relief. 

1883,  22  juin.  Le  seigneur  Gharles,  fils  de  monseigneur  Johan 
de  Hylle,  fait  relief. 

1896,  22  févr.  Noble  et  honoré  seigneur  Gharles  de  Hylle  et 
damoiselle  Agnès  d'Amstenroede,  sa  femme,  transportent  le  fief 
à  noble  et  généreux  seigneur  messire  Gharles  de  Billehe,  cbe- 
valiei*,  seigneur  de  Soiron  et  conseiller-privé  de  S.  A. 

1896,  31  déc.  Noble  et  généreux  sei(j;neur  monseigneur  Louis 


--  468  — 

Biglia,  comte  de  Seronna  et  Gerolle,  colonel  d'un  r^iment 
haut-allemand  pour  le  service  de  S.  M.  C. ,  fils  de  noble  et  gé- 
néreux seigneur  messire  Balthasar  comte  de  Biglia  et  de  noble 
dame  madame  Magdalenne  Di  li  Affetady,  rachète  la  seigneurie 
pour  41,000  florins  par  voie  de  retrait  lignager. 
1897,  7  nov.  Messire  Louis  de  Biglia  fait  relief. 

1606,  16  oct.  Noble  et  généreuse  dame  madame  Joanna 
Sterck,  comtesse  de  Biglia,  dame  de  Farihine,  Tergnies,  etc., 
fait  relief  par  décès  de  Louis  Biglia,  son  mari. 

1607,  14  août.  Illustrissime  seigneur  Baltazar  comte  de  Bi- 
glia, constitué  par  révérendissime  et  illustrissime  seigneur 
comte  Jean  Baptiste  de  Biglia,  référendaire  du  pape,  fait  relief. 

1610. 17  août.  Joai.na  Sterck,  dame  de  Farchine,  donne  le 
fief  à  noble  seigneur  Albert  de  Longueval,  fils  de  haut  et  puis- 
sant seigneur  messire  Charles  de  Longueval,  chevalier  et  com- 
mandeur de  l'ordre  de  Galatrava,  comte  de  Bucquoy,  baron  de 
Vaulx,  capitaine  général  de  Tartillerie  et  gentilhomme  de  la 
Chambre  de  LL.  AA.  SS.  de  Brabant. 

1613. 18  juin.  Charles  de  Longuevalle,  chevalier  de  la  Toison- 
d'or,  du  conseil  deguerrede  S.  M.C.,  capitaine  d*une  compagnie 
d*hommes  d*armes,  grand  veneur  et  grand  louvier  du  comté 
d'Arthois,  relève  Farchiennes  et  Tergnies  pour  son  fils  Albert. 

1618,  i  mai.  Johanna  Sterck  confirme  à  Albert,  fils  de  Charle 
de  Longueval  et  de  noble  dame  Magdeleine  de  Biglia ,  sa 
femme,  la  donation  de  la  seigneurie. 

1671,  7  janv.  Haute  et  puissante  dame  madame  Marie  de 
Croy,  comtesse  douanière  de  Busquoy,  fait  relief. 

1673,  6  juin.  Haut  et  puissant  seigneur  messire  Ferdinand 
comte  de  Méroede  et  Monfort,  marquis  de  Deyns,  et  haute  et 
puissante  dame  Marie  Christine  de  Longueval,  déclarent  avoir 
reçu  certains  biens  que  Marie  de  Croy  leur  mère,  veuve  de 
haut  et  puissant  seigneur  messire  Charle  Albert  de  Longueval, 
comte  de  Bucquoy,  Grathem  et  Rosemberg,  baron  de  Vaulx, 
chevalier  de  la  Toison  d*or,  gentilhomme  de  la  Chambre  de 


—  469  - 

LL.  MM.  II.  et  G.,  leur  avaient  assignés  le  38  novembre  1660  à 
leurs  convenances  de  mariage. 

1676,  25  févr.  Contrat  de  mariage  entre  haut  et  puissant  sei- 
gneur messire  Albert  comte  de  t'Serclaes  de  Tilly,  maître  de 
camp  d*inranterie  wallonne  au  service  de  S.  M.  G.,  et  très- 
illustre  demoiselle  Marie  Madeleine  Wandru  de  Longue  val, 
chanoinesse  de  Ste-Waudru  ;  le  premier  apporte  la  seigneurie 
de  Montigny-sur-Sambre  et  sa  part  des  biens  de  messire  Jean 
comte  de  t*Serclaes. 

1687,  18  mars.  Noble  et  illustre  seigneur  messire  Gharles 
Philippe  de  Longueval,  comte  de  Bucquoy,  Gratzen  et  Rosem- 
berg,  baron  de  Vaux,  seigneur  de  Libregis,  Farchine  et  Ter- 
gny,  gentilhomme  de  la  Gbambre  de  S.  M.  I.,  capitaine  d'une 
compagnie  au  service  de  S.  M.  G.,  en  Flandre,  chevalier  de 
Galatrava,  relève  Farcienne  et  Tergny,  par  décès  du  comte 
(Ferdinand?)  de  Bucquoy,  sou  frère. 

1687,  5  oct.  Noble  dame  madame  Marguerite  née  comtesse 
â*Abensberg  et  de  Traun,  veuve  de  haut  et  puissant  seigneur 
Ferdinand  de  Longueval,  comte  de  Bucquoy,  Grazen,  Rosem- 
berg,  baron  de  Vauz,  seigneur  de  Farchiennes,  Golsin,  etc., 
gentilhomme  de  la  chambre  de  S.  M.  I.,  fils  de  madame  Marie 
de  Groy,  fait  relief. 

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